Séries US/Autres

Broadchurch S1 (2013) – 5

 

De quoi ça parle ? Sur la plage de Broadchurch, le corps sans vie d’un petit garçon est découvert. Si ce n’est pas un suicide, comment est-il arrivé là ? Quels secrets cache la communauté locale ? Qui en sait plus qu’il ne le laisse paraître ? C’est ce qu’Ellie et Alec essaient de comprendre à travers leur enquête, et rien ne sera plus jamais pareil à Broadchurch. 

Broadchurch est un show qui a du très bien fonctionner en diffusion semaine après semaine, mais elle supporte mal le binge-watching. D’abord, six épisodes auraient largement suffit pour trouver le coupable. Huit c’est trop, et le rythme de la série en souffre. Ensuite, le scénariste a privilégié une approche sensationnaliste en nous noyant dans les fausses pistes, pour ne lâcher le (gros) morceau bien juteux qu’à la toute fin du show. Le twist ne vient pas de nulle part, mais on se demande bien quelle était l’utilité d’accumuler tous ces suspects en trompe-l’œil pendant toute la série, si c’est pour prendre le public en queue de poisson à la fin. Un autre problème est Broadchurch elle-même : si la ville côtière choisie comme cadre est superbe, sa communauté fictive d’habitants a complètement échouée à me toucher. Et vous avez intérêt à apprécier le drama de la famille de la victime, parce que vous allez vous le manger pendant huit épisodes. Peut-être que j’aurais réagit différemment si j’avais ressenti plus d’empathie pour la famille Latimer, mais beaucoup de scènes avec eux m’ont parues manipulatrices. En fait j’ai été jusqu’au bout pour le duo de flics principal, Ellie et Alec. Si le reste des personnages m’ont laissée froide, je les ai trouvé très bien écrits, parfaitement joués, et extrêmement attachants. Ce serait pour eux que je regarderai éventuellement d’autres saisons, en espérant que les prochaines enquêtes soient plus réussies…

The Kettering Incident (2016) – 8

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De quoi ça parle ? Au début des années 2000, Anna et Gillian sont parties se balader en vélo dans la forêt de Kettering (Tasmanie), et une seule est revenue. 15 ans plus tard Anna Macy, devenue médecin après s’être expatriée à Londres, a des vertiges et des amnésies parcellaires. Après l’un de ses black-outs elle se réveille dans la ville son enfance. Elle n’est pas la bienvenue parmi les locaux qui la jugent responsable de la disparition de Gillian, mais lorsqu’une autre jeune fille disparaît dans des circonstances similaires, Anna comprend qu’elle n’est pas là par hasard.

J’aime énormément les histoires de meurtres et de disparitions qui se déroulent dans des environnements à l’atmosphère particulière, comme True Detective, et comme celle-ci. Les choses commencent très fort et très vite à Londres, où notre héroïne voit sa vie déraper. Le rythme ralenti progressivement après son retour à Kettering, mais en même temps l’intrigue devient de plus en plus complexe et ramifiée. La série rend très bien l’ambiance morbide et étouffante de cette petite ville du bout du monde où tout le monde connaît tout le monde (et accessoirement a couché avec le mari/la femme de tout le monde), où échapper à son passé relève de l’impossible, et où la nature sauvage semble se rebeller contre la présence humaine. La jeune génération souffre beaucoup de la dureté de cet environnement isolé, et on comprend vite pourquoi Anna, mais aussi Chloe et Lize sont aussi pressées de partir.

The Kettering Incident commence comme l’un de ces thrillers récents à la mode où l’on suit l’enquête du point de vue de l’une des femmes impliquées de près à l’affaire (type Girl on the Train, All the Missing Girls, etc.), mais évolue en quelque chose de très différent, et arrivé à la fin on peut même dire qu’on change de genre. Par contre, il faut savoir avant de commencer que ça se termine sur un gros cliffhanger, et pour l’instant nous ne sommes même pas certains d’avoir une suite un jour.  Même si certaines choses sont clarifiées beaucoup de questions sont laissées sans réponses, et si ce genre de chose vous frustre je conseillerai d’attendre la confirmation d’une seconde saison avant de commencer. Mais indépendamment de son final, c’est un bon thriller à l’ambiance glauque très réussie, qui vous fera réfléchir autant que frissonner. 

Stranger Things (2016) – 8

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De quoi ça parle ? Dans les années 80, à Montauk (Indiana), trou paumé des US où il ne se passe jamais rien et où tout le monde se connaît, un petit garçon disparaît. Sa mère, son grand-frère et ses trois meilleurs amis mettent tout en œuvre pour le retrouver. Ils sont rejoins par une étrange petite fugueuse terrorisée, et par le chef de la police, interpellé par les phénomènes inexplicables qui coïncident avec les évènements.

C’est facile de dire que Stranger Things est d’abord un hommage aux films et séries centrées autour de l’étrange des années 80 : X-Files, les films de Spielberg et les adaptations des romans de Stephen King, comme l’ont été récemment Super 8 et Midnight Special. Mais cette série à son propre mot à dire. Le pilote n’est pas très impressionnant, nous partons de personnages-types qu’on connaît bien : la bande de copains geeks, la famille monoparentale en galère versus la famille de banlieue cossue, la grande-sœur en pleine crise d’ado qui sort avec un crâneur, le flic écorché de la vie…même les phénomènes étranges qui surviennent et l’organisation de scientifique ultra louche sont familiers. Mais les choses deviennent beaucoup plus intéressantes quand « 11 » ou « EL » entre en scène. La jeune actrice a un charme magnétique, et son personnage est immédiatement intrigant et attachant.

A partir de son entrée en scène son histoire (et la vérité sur les phénomènes) est racontée de manière subtile via des flashbacks, et on comprend progressivement ce qu’il se passe à Montauk, en même temps que les personnages qui veulent retrouver Will. J’ai été impressionnée par l’efficacité et la dextérité de la structure narrative, qui ne laisse rien au hasard sans pour autant rendre l’histoire artificielle ou trop calculée. C’est aussi une série qui ne prends pas ses spectateurs pour des imbéciles, et qui les laisse faire les liens logiques entre les différents éléments du scénario sans tout expliciter. Les acteurs sont tous bons et bien dirigés, avec une mention spéciale pour Winona Ryder, impeccable dans ce rôle de mère au bord du gouffre qui refuse d’abandonner tout espoir de retrouver son fils. La série raconte une histoire complète, mais laisse quelques portes ouvertes pour une possible suite, que j’espère voir un jour réalisée.

Wayward Pines S1 (2015) – 7

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De quoi ça parle ? Ethan Burke, agent secret et père de famille, a un grave accident de voiture. Il se réveille dans la petite ville « idyllique » de Wayward Pines (Idaho), où il retrouve une collègue et ancienne maîtresse. Il n’ arrive à joindre personne en dehors de la ville, qui a des règles très strictes et contraignantes de surveillance généralisée. Au fur et à mesure qu’il essaie de retrouver ses proches et de sortir de cette prison dorée qu’est Wayward Pines, Ethan comprends qu’il est tombé dans un piège qui dépasse tout ce qu’il aurait pu imaginer.

Difficile de parler de cette série et de ses thèmes sans révéler les twists du scénario. Shyamalan a toujours été un grand amateur de mindfuck, et on comprend pourquoi il a été attiré par les romans de Blake Crouch. La série a une dizaine d’épisodes pour jouer avec nos attentes, nos nerfs, et nous surprendre. Toute la première partie, intrigante et déroutante, est vécue à travers les yeux d’un héros complètement dépassé par les évènements. Ethan est coriace et débrouillard, mais il est obligé de revoir en permanence sa perception du village et de ses habitants. Une gestion très efficace du suspense rend la série immédiatement prenante, tandis qu’on s’attache progressivement à Ethan et ses alliés.

Si la première partie est basée sur la découverte de Wayward Pines, la seconde s’intéresse plus à ses conflits politiques internes et à la rébellion qui se met en place. Le final très marquant parle de conflit inter-générationnel, et montre la dangerosité de l’endoctrinement juvénile. Il existe une seconde saison, mais malheureusement le feu vert a été donné trop tard pour que ce soit une véritable suite, et c’est une espèce de reboot. Le réalisateur et la majorité des acteurs ont quitté le projet, qui a beaucoup déçu. Dans tous les cas la saison 1 se suffit largement à elle-même, je conseillerai de la regarder, de zapper la seconde et de lire les romans si vous voulez en savoir plus sur le monde créé par l’auteur.

The Strain S1 (2014) – 6

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De quoi ça parle ? Un avion atterrit en urgence à l’aéroport JFK. Tous les passagers et l’équipage sont morts dans d’étranges circonstances, et les meilleurs agents du CDC (centre de contrôle des épidémies) sont envoyés sur place. Le chef de la team Ephraim Goodweather et sa collègue Nora Martinez deviennent les témoins impuissants de l’expansion d’un virus hors-normes, jusqu’à ce qu’ils croisent le chemin d’un vieil homme familier de l’épidémie. Rapidement ils comprennent qu’en plus de ces infectés « vampires », ils vont devoir également affronter les humains qui veulent en profiter directement ou indirectement, appâtés par le pouvoir ou l’argent.

Il faut être Guillermo del Toro pour utiliser deux des vilains de fiction les plus surexploités qui soient, les nazis et les vampires, et réussir à en faire quelque chose d’original et de stimulant. Les vampires en particulier sont les stars du show : très bien designés, ils évoquent à la fois le rat-taupe nu, la plante carnivore et le reptile. Le lore de ces créatures un mélange de références au canon (l’argent, la lumière, le cercueil…) et d’éléments complètement nouveaux. Leur aspect le plus curieux est de s’en prendre en priorité à ceux qu’ils ont aimé quand ils étaient humains, ce qui rend la série particulièrement déchirante et tendue quand un personnage est contaminé. L’un des principaux attraits de cette première saison est de découvrir à quoi ces monstres ressemblent, comment ils fonctionnent, qu’est-ce qu’ils veulent, etc. Le suspense est très bien géré, c’est tout à fait le genre de série qu’on veut regarder d’un trait.

Son défaut principal, qui l’empêche d’être plus qu’un bon divertissement : elle ne renonce pas à certains clichés pesants. On a le héros-père de famille affecté de l’exaspérant White Knight Syndrome, le gosse à protéger, le triangle (carré ?), amoureux inutile. Malgré un solide casting secondaire (on peut dire qu’ Abraham Setrakian, un vieil arménien juif revenu des camps reconverti en chasseur de vampires, est le véritable héros de la série) et des méchants funs à détester, dès que la série se concentre sur Eph, son fils et ses histoires de famille, elle devient trop conventionnelle et perd beaucoup de son attrait. L’inventivité du scénario (qui relance l’intrigue grâce à quelques twists bien placés), les bons personnages secondaires (Nora, Fet, Abraham, Dutch, Eichorst…) et une réalisation solide aident à compenser.

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