Kdramas : Guide des genres

Plusieurs personnes autour de moi m’ont confiées qu’elles étaient un peu paumées en débarquant sur mon site sans bien connaître ce qu’est un Kdrama. Heureux les innocents, vous ne savez pas encore dans quel piège vous êtes tombés.

Je voulais néanmoins faire une sorte de guide du néophyte, même si c’est un peu présomptueux (je ne suis pas non plus une experte en la matière, juste une amatrice bien informée). Je ne revendique aucune espèce de professionnalisme, et le contenu de cette page reste le produit de mes observations et réflexions limitées par ma vaste ignorance du marché télévisuel Sud-Coréen. La Corée du Sud est surtout connue en Asie et au-delà pour ses fameuses comédies romantiques pétillantes et ses mélodrames à faire pleurer sincèrement un crocodile. Mais je me souviens que lorsque j’ai commencé à regarder des Kdramas en 2007, une fois que j’avais fait le tour de topics « tops dramas » sur D-Addict je voulais absolument savoir ce qu’il y avait au-delà de Goong, Winter Sonata, Full House et My Girl. Cet article a été écrit pour répondre en quelque sorte à ce que j’aurais aimé avoir à ma disposition en débutant.

NB : Pour chaque genre et chaque sous-genres, je vous propose de les découvrir à travers dix ou cinq dramas représentatifs et salués suffisamment largement pour valoir le coup d’œil. Ces listes ne sont évidemment pas exhaustives et je vous renvoie à mon classement ou aux sites qui figurent dans mes liens pour plus de choix.

Sommaire :

I. L’histoire (Daeha)

1) L’histoire moderne

2) Le sageuk classique

3) Le fusion sageuk

II. La famille (Kadjok)

1) Home Sweet Home

2) Soap, makjang et drames familiaux

III. L’amour (Sarang)

1) La comédie romantique

2) le mélodrame

IV. L’action

1) Le revenge thriller

2) Le policier

4) Le gambling

5) Les arts martiaux

V. Le monde professionnel

1) Le drama culinaire

2) Le drama médical

3) Le drama de journalisme

4) Le drama musical

5) Le drama de sport

6) Le Law Drama

7) Le drama politique 

VI. Les genres marginaux

1) Le high-school drama

2) Le drama dit « d’ajhumma »

3) L’horreur

4) La comédie

5) Et la religion ?

VII. Des formats à part : le special, le daily et la sitcom

I. L’histoire : le daeha (reconstitutions en costumes)

Abordée sous toutes les coutures, l’histoire du pays représente une portion de l’offre télévisuelle  non négligeable en Corée du Sud, un genre à part entière qui n’a pas attendu l’Occident pour s’y mettre. Toutes les périodes y passent, de l’Antiquité à l’après-guerre des années 60 en passant par l’ère Joseon et l’occupation Japonaise. On pourrait comparer cette passion à celle qui anime les Britanniques, également très attachés à leurs séries historiques. Le genre flirte avec la légende, soit parce que l’époque est assez lointaine et mythifiée dans les textes pour pouvoir en faire une adaptation libre, soit parce que le thème lui-même touche à l’horreur ou au merveilleux. Le daeha et en particulier le sageuk, sous-catégorie de daeha peut donner l’impression parfois d’être un genre inaccessible et très figé, mais il est beaucoup plus malléable et ouvert qu’on ne le croit.

Source : « Sageuk, Korea’s 80 Year Long Love for History« 

Le tout premier sageuk jamais diffusé serait A Far Away Land en 1964. C’était une adaptation de l’histoire d’amour impossible entre le prince Hodong de Goguryeo et la princesse Nangnang qui aurait selon la légende détruit les tambours et trompettes qui servaient à donner l’alarme à son peuple en cas d’invasion, permettant ainsi à son amant de conquérir la capitale (cette histoire a été réadaptée de manière fantaisiste en 2009 avec Princesse Ja Myung Go, qui prend le parti de donner une incarnation humaine au fameux tambour). Dans les années 70, à cause de la censure, de la dictature et de la crise dans laquelle était entrée la production cinématographique il ne restait guère au public que le petit écran comme source de divertissement. C’est à ce moment là que les sageuks (filmés comme des pièces de théâtre en raison du budget quasi inexistant) sont devenus, avec le mélodrame, le type de drama populaire par excellence. Dans les années 60 ils étaient surtout basés sur les grands textes historiques officiels, mais dans les années 70 on a commencé à adapter les légendes et les mythes. D’une part ils étaient plus propices au mélodrame et laissaient plus de place à l’imagination, et d’autre part ça évitait aux scénaristes d’avoir à demander des autorisations gouvernementales pour consulter les textes officiels, parfois exclusivement rédigés en Hanja (caractères Chinois).

La décennie suivante a vu l’émergence de sageuks plus érotiques et réalistes au cinéma (une tendance encore dominante aujourd’hui) et la réalisation de grandes fresques de qualité sur l’ère Joseon, souvent polémiques (The Foundation de KBS glorifiait le coup d’Etat du fondateur de Joseon, et le parallèle avec le coup d’Etat du dictateur Chun Doo Hwan soulève la question de la propagande). Les années 80/90 sont souvent considérées comme l’âge d’or du sageuk (jetez un oeil à la page de Dramawiki sur le projet monumental 500 Years of Joseon Dynasty), et les grandes reconstitutions ont obtenu des chiffres d’audiences considérables. A la fin des années 90 le genre a commencé à perdre son public, et les grands noms de l’industrie ont eu une idée de génie pour relancer le marché : conquérir le jeune public en délaissant la peinture des grands évènements historiques pour se concentrer sur les aventures et le succès des hommes partis de rien qui gravissent les échelons sociaux de manière fulgurante (on peut comparer avec le cycle scénaristique connu sous le nom de « The Hero’s Journey« ). Le fusion sageuk était né. Un réalisateur emblématique de ce genre est Lee Byung Hoon avec Heo Joon, Sangdo et bien sûr la carton international Dae Jang Geum. Le public féminin a enfin pu se retrouver dans une héroïne carriériste en lieu et place des épouses, mères parfaites et concubines qui dominaient jusque-là la population féminine des sageuks. 

MBC a été le grand novateur de cette période et même si KBS a tenté de faire de même, cette chaîne a continué à tourner en priorité des épopées classiques. On a vu aussi apparaître ce qu’on appelle les hybrides (inspirés à la fois des grandes épopées et des fusion sageuks de MBC) comme Immortal Lee Soon Shin et Shin Don.  En 2003 Damo a marqué de manière plus forte l’entrée du sageuk dans la modernité (et lancé le genre que j’appelle « sageuk trendy », voire plus bas) : un format plus court, un scénario tiré d’un manhwa, un casting jeune et trendy, une histoire fictive et très romantique, des scènes d’action inspirées du cinéma Hong-Kongais. C’était la première fois qu’un drama était tourné en HD, la première fois qu’on entendait des guitares électriques dans le soundtrack d’un sageuk. Une nouvelle génération allait pouvoir s’intéresser à des sageuks plus proche de ses goûts. 

A la fin des années 2000, Goguryeo, Baekje & co sont revenus à la mode grâce à l’immense succès de Jumong.

Qu’en est-il aujourd’hui ? Force est de constater que la formule du fusion sageuk trendy est en train de se démoder, et les récents succès de Dong Yi et de The Moon Embracing the Sun montrent un regain d’intérêt du public pour les intrigues de Cour. L’avenir nous dira si nous allons continuer à voir ces cycles de mode se perpétuer ou si des genres nouveaux vont apparaître. 

1) L’histoire moderne : hommages sporadiques

Ce type de daeha, beaucoup plus rare que les sageuks est souvent présent sous la forme de grands projets anniversaires ou hommages qui célèbrent les grandes dates et les grands thèmes de l’histoire récente de la Corée du Sud, du déclin de l’ère Joseon à nos jours (l’occupation, la résistance, la modernisation du pays, la guerre, les grandes marches étudiantes, etc). Si certains transpirent un peu trop le patriotisme exacerbé et les bons sentiments, la plupart d’entre eux proposent un regard suffisamment critique pour être appréciés de tout public. Les précurseurs Sandglass et Eyes of Dawn de Song Ji Na ont eu tellement d’impact que la dénonciation de la corruption est quasiment devenue la règle. Le dernier bastion qui résiste au réalisme est l’occupant Japonais, rarement dépeint avec objectivité. C’est l’équivalent de l’émissaire Chinois dans les sageuks, souvent fourbe, ridicule et méprisant. La majorité de ces daeha sont à prendre au premier degré, mais des projets satyriques existent comme Kyung Sook’s Father dont l’humour noir a été très discuté.

Kyung Sook’s Father (la vie d’une petite famille pendant la guerre de Corée)

Giant (La modernisation de Séoul des années 60 jusqu’à aujourd’hui à travers les yeux d’une fratrie)

Fashion 70′ (l’histoire d’amis d’enfance qui ont grandi pendant la guerre de Corée et qui se retrouvent adultes dans les années 70)

Comrades (1950-1953, la guerre de Corée)

My Sister’s March (1960, la protestation des étudiants à Masan contre le gouvernement corrompu, violemment réprimée)

Capital Scandal (1930, Résistance à l’occupation Japonaise)

Jejungwon (L’histoire du premier hôpital de Corée et de son ouverture à l’Occident en plein déclin de l’ère Joseon, de l’occupation Britannique du port Hamilton en 1885 à la guerre Russo-Japonaise en passant par l’assassinat de l’impératrice Min)

Freedom Fighter Lee Heo Young (1910, Résistance à l’occupation Japonaise)

Seoul 1945 (De la libération de l’occupation Japonaise en 1945 à l’armistice entre les deux Corées de 1953)

2) Le sageuk classique : Du grand spectacle au mépris de la logique

J’imagine que ces sageuks représentent pour les jeunes Sud-Coréens un peu ce que pouvait signifier pour moi la saga des Rois Maudits, quand mes parents m’en parlaient. Ou la lubie de mon père pour les téléfilms historiques. Quelque chose de figé, de pompeux, de rébarbatif. Bien sûr tout passe mieux à l’écran quand on embauche un bel acteur, mais quand même. Heureusement qu’il y a les fusion sageuks, sinon je crois que je n’aurais jamais eu le courage de me lancer dans ce genre de drama. Si vous voulez profiter à fond d’un bon sageuk classique, mieux vaut faire abstraction de toutes vos connaissances historiques et techniques, parce que c’est sans aucun doute l’un des genres les plus barrés et les plus spectaculaire, souvent au mépris de la logique et de l’acuité historique (on mélange allègrement et sans s’en cacher le fait avéré et la fiction). Le réalisme n’est pas le sujet, il s’agit de raconter une belle histoire, comme un mythe. 

Un genre de sageuk classique récurrent : La biopic

Repérable immédiatement grâce à son titre peu ambigu (« Empress Chun Chu », « Kim Su Roo », « Yi San », « Hwang Jin Yi », « Shin Don », « Marchant Kim Man Deok », « Dong Yi », « King Geunchogo »…) c’est l’un des genres historiques le plus récurrent (si ce n’est le plus récurrent). On en trouve en moyenne trois par ans. On constate années après années une alternance entre domination féminine (Queen Seon Duk, Empress Chun Chu, Dong Yi, Jang Hee Bin) et masculine (King Gwanggaeto, King Geunchogo, GyeBaek, Sejong). Qu’il s’agisse d’un grand roi, d’un eunuque, d’un moine ou d’un courtisane a peu d’importance puisqu’on choisit de dépeindre la vie d’une personnalité célèbre dont le nom est resté gravé dans les mémoires. La plupart du temps une biopic classique comptera environ 80 épisodes, parfois 50, et ceux qui en comptent moins font figure d’exceptions.

Une biopic, comme tout sageuk de grande envergure misera souvent sur un gros budget, indispensable pour réaliser les grandes scènes de batailles, les décors et les nombreux costumes, et surtout pour embaucher ses stars, indispensables à moins de vouloir prendre des risques en lançant des acteurs moins connus. La plupart du temps ce type de sageuk reste fidèle à une politique mesurée et peu avide d’imprévus. Avec l’importance grandissante du marché des idoles nous assistons a un phénomène de mode qui consiste à embaucher ces jeunes stars inexpérimentées pour jouer des rôles plus ou moins secondaires. Ça peut leur donner de l’expérience sans pour autant mettre en danger le drama. Jouer dans ce type de  sageuk au casting large peut constituer une stratégie intéressante pour les plus jeunes acteurs, indispensables pour incarner les rois, princesse et généraux dans leur enfance ou dans leur jeunesse. S’ils se font repérer et sont populaires auprès du public, ils ont de grandes chances d’être appelés pour d’autres rôles plus consistants (Comme Yoon Seung Ho et Moon Geun Young). Pour leurs aînés habitués aux trendies la transition entre des rôles contemporains et des rôles historiques est un véritable test, et comme on dit, ça passe ou ça casse. Un rôle dans un sageuk demande une énergie toute particulière, exige une verve et un maintient difficiles à maîtriser. Le style de langage et la diction classique très particulière peuvent représenter un obstacle pour certains.  

Les thèmes abordés en général par ces dramas sont l’héroïsme, la gloire, le patriotisme à travers les grandes batailles de l’histoire, la stratégie politique, le commerce, la diplomatie, et tout ce qui concerne la politique extérieure et intérieure. L’amour peut être au centre d’une biopic, mais c’est beaucoup plus rare, souvent limité à celles qui sont centrées autour des grandes courtisanes ou concubines royales. Le scénariste peut prendre des libertés et broder pour combler les lacunes des textes. La plupart du temps il fera en sorte de créer le plus possible d’obstacles à franchir pour le personnage principal, même si souvent rien ne permet de supposer qu’ils ont eu à affronter tels complots ou telles mésaventures. Il peut aussi très bien arriver qu’un sageuk tourne au makjang. 

Toutes les biopics ne portent pas obligatoirement le nom de la personne dont elles retracent la vie, et inversement tous les sageuks qui portent le nom de leur héros ne sont pas toujours des biopics classiques. Les fusion sageuks comme par exemple Iljimae et Hong Gil Dong sont tirés de divers feuilletons populaires parfois très anciens. Certains fusion sageuks sont plus complexes à déterminer : ainsi le guerrier Baek Dong Su a bel et bien existé, mais le drama est adapté d’un manhwa. Enfin, nombreux sont les fusion sageuks qui brodent autour de l’assassinat du prince Sado et du prince Sohyeon (que je confonds tout le temps d’ailleurs) et d’autres affaires mystérieuses comme Strongest Chil Woo ou Chuno en inventant de toute pièces leurs héros. Malgré le succès récent des fusion sageuks, la biopic a encore de beaux jours devant elle grâce au succès de Jumong, Queen Seon Duk et plus récemment Dong Yi. Longue vie au roi…

Jumong

Shin Don

Hwang Jin Yi

Sangdo

Emperor of the sea

The King and I

Legendary Doctor Hur Joon

3) Le sageuk trendy, un fusion sageuk plus fun et juvénile

Souvent confondus, fusion sageuk et sageuk trendy sont imbriqués mais pas toujours équivalents. On différencie la fusion sageuk du sageuk classique d’abord parce qu’il se détache de la grande histoire pour s’attarder sur des quêtes d’accomplissement individuelles, et seulement ensuite on peut le qualifier parfois de trendy (« qui suit la mode ») lorsqu’il introduit des éléments modernes dans sa conception : des expression plus courantes, de la musique pop/rock, des techniques de réalisation qui s’éloignent du théâtre et qui se rapprochent du cinéma d’action. Enfin il s’adresse à un public plus jeune, plus friand d’action et d’humour. Le format court le rend plus accessibles, et on n’hésite plus à choisir des jeunes acteurs dans le vent même peu expérimentés pour incarner les héros. La majorité des scénarios sont tirés de manhwas, nouvelles, et légendes populaires.

L’une des caractéristiques du sageuk trendy est sa malléabilité. Puisqu’il est né contre la tradition, il peut se permettre à peu près toutes les excentricités. L’exemple le plus éclatant est sans aucun doute Strongest Chil Woo, qui penche souvent du côté de la série B. Aventure, vengeance, art, mystère, romance, gender blender, arts martiaux, tout est permis. Mais contrairement à ce qu’on pourrait penser, ce type de sageuk n’est pas plus irrationnel que le sageuk classique, au contraire : les réalisateurs s’attacheront parfois à déconstruire le mythe pour toucher une vérité plus profonde. 

Damo

Tamra The Island

Legend of Hyang Dan

Return of Iljimae

Hong Gil Dong

Warrior Baek Dong Su

Chuno

Sungkyunkwan Scandal

Un genre de fusion sageuk très prisé : le sageuk « thriller » (mystères, enquêtes, vengeance, frisson)

C’est encore une sous-catégorie de sageuk, un fusion sageuk un peut à part. Lorsqu’il s’agit de faire un cop show à la sauce historique les héros font souvent partie de la police de Joseon et travaillent pour le roi. L’exemple le plus bateau est Joseon Police, décliné en trois saisons, mais on trouve des variantes plus diverses qui peuvent se permettre de mélanger les genres (Tree With Deep Roots, Damo) ou qui se concentrent sur un mystère en particulier (Conspiracy in the Court, Eight Days).

On trouve même des sageuks qui se mêlent de phénomènes surnaturels (Joseon X-Files). Le folklore Coréen regorge de monstres légendaires, de fantômes et de créatures mystiques. Ne cherchez pas une bande de démons (yokais) comme le Japon en regorge, les monstres Coréens se rapprochent plutôt des monstres et fantômes Chinois. Parmi les adaptations récentes ont peut citer les deux séries Hometown Legends (2008/2009), et plus récemment la série Gumiho : le conte de l’enfant renard, qui a introduit une dimension plus humaine dans la conception de la fameuse renarde à forme humaine.

Bien sûr ces trois genres ne recouvrent pas tous les sageuks jamais tournés. On trouve des sageuks qui partent d’une légende populaire, mais qui sont réalisés comme des sageuks classiques. Inversement on trouve des dramas qui partent de l’histoire livrée par les textes des historiens officiels et qui choisissent une esthétique très moderne. La plupart du temps on peut tout ranger dans l’un ou l’autre catégorie, mais la frontière entre les classiques et les modernes se fait de plus en plus floue à mesure que les deux genres s’inspirent l’un de l’autre. Il n’y a pas de déchirure ni véritablement de conflit entre les deux, mais plutôt un enrichissement mutuel au profit de chacun.

II. La famille

Contrairement à nos sociétés Occidentales où la famille nucléaire est de plus en plus éclatée, recomposée, dispersée, la famille Sud-Coréenne suit encore un modèle patrilinéaire et patriarcal très uni qui peut nous surprendre au premier abord. Même si la vie urbaine et l’influence du modèle Américain entraînent des évolutions, le modèle traditionnel, basé sur des valeurs confucéennes est encore très ancré dans la culture et les mentalités. Plusieurs générations peuvent cohabiter sous le même toit, et le fils aîné et sa femme se doivent de perpétuer le nom du père, de produire un héritier mâle (indispensable à la continuité du culte des ancêtres), de reprendre l’affaire paternelle, de soutenir les anciens. Les dramas centrés sur la famille peuvent être assez différents entre eux, mais ils ont tous le point commun de se concentrer sur la cellule familiale, sa formation, son évolution, son éclatement, sa reconstruction. C’est un genre souvent déprécié à cause de son manque d’ambition, mais cathartique par excellence.

1) La comédie familiale, ou Home drama : Le clash des familles ?

Le mariage est souvent le moteur du genre (quand ce n’est pas l’héritage). Tous ses aspects sont décortiqué. Par principe impossible, les héros tombent quand même amoureux malgré tout ce que les opposent. Pensez simplement à la légende fondatrice : la Corée a sa propre histoire de Roméo et Juliette, celle du noble Mong Ryong et de la fidèle Chun Hyang. Je vous recommande le film d’Im Kwon Taek, une sublime introduction à cette légende et à l’art du Pansori, dans le style naturaliste du réalisateur :

Le jeune noble qui tombe amoureux de la fille d’une courtisane est une histoire très populaire, on le retrouve sous d’autres formes (je pense à l’histoire Indienne de Devdas) mais la particularité de Ghun Hyang Jeon est sa fin heureuse. Chun Hyang endure les coups mais elle tient bon, reste fidèle, et Mong Ryong vient la sauver. Nous tenons le schéma de base de beaucoup de Home Dramas, et l’opposition des jeunes par rapport aux anciens est un thème récurrent quoi qu’on puisse en penser : l’amour triomphe sur l’obéissance que l’on doit aux parents (même si il faut tout de même obtenir leur aval). J’ai remarqué souvent que les parents qui s’opposent au mariage de leur enfant admettent à un moment donné qu’eux-mêmes se sont mariés contre la volonté de leurs propres parents, et les mariages arrangés ne sont pas présentés comme des réussites dans la majorité des cas. 

Les Home dramas représentent un défi pour le néophyte : la longueur, le choc des cultures (il faut accepter qu’ils ne raisonnent pas comme nous sans tomber dans des jugements de valeur hâtifs, et ce n’est pas toujours évident), le budget moindre, les twists à n’en plus finir pour faire tenir le scénario sur la longueur, et une surcharge fatigante de dialogues, de non-dits, de conflits et de hurlements. Ces dramas sont faits pour être regardé à un rythme lent (deux épisodes par semaine) pour oublier un instant ses problèmes et se concentrer sur ceux d’une famille, que les scénaristes tentent de rendre soit le plus similaire possible à la réalité, soit au contraire le plus exotique ou terrifiante possible pour dépayser et rassurer le spectateur, soulagé d’avoir un foyer réconfortant par contraste. Le point fort : les 20 premiers épisodes ne sont pas évidents à encaisser, mais au-delà lorsque le drama est vraiment bon l’attachement qu’on a construit pour les personnages paie et la relation de fidélité que l’on entretient avec eux est très forte. La famille du drama devient une sorte de seconde famille, et la séparation peut laisser un profond manque affectif, comblé en recherchant un autre Home drama satisfaisant. Vous aurez deviné les thèmes récurrents : le mariage contrarié, les disputes et réconciliations. Ajoutez-y la réussite sociale, les belles-mères tyranniques et…je crois que j’ai fait le tour.

Family’s Honor

Assorted Gems

Life is Beautiful

Sons of the Seol Pharmacy

Ojakgyo Brothers

2) Makjang delight


Les Sud-Coréens sont très friands de ce nous appelons le « soap ». A entendre le mot souvent utilisé pour désigner ce genre de dramas, on pourrait croire que le mot « makjang » désigne un soap, mais il s’agit en réalité à l’origine d’une expression populaire qui signifie « aller jusqu’au bout des choses, sans se soucier de ce qui adviendra ». Personnellement je comprend les conséquence de cette attitude comme ce que nous appellerions en Français « l’effet boule de neige », et le cinéma Sud-Coréen regorge d’exemples de ces situations qui dégénèrent au cauchemar souvent pour des histoires d’argent et de pouvoir (la fin de City of Violence est particulièrement représentative, on peut citer également les films de Park Chan Wook qui aime pousser les choses jusqu’aux extrêmes limites de la descente aux enfers).

Cependant en matière télévisuelle le mot « makjang » est employé pour désigner un procédé scénaristique qui consiste à tout mettre en œuvre pour garder l’attention du spectateur. Le twist makjang par excellence est le secret de naissance, mais tout est potentiellement « makjang » quand il s’agit de sortir de sa manche n’importe quelle révélation extrême qui va forcer le spectateur à attendre une « révélation » ou une « rétribution » (souvent par la vengeance ou le triomphe final des gentils sur les méchants). Plus le secret ou le malentendu est gros, plus la « révélation » sera spectaculaire. Quelques exemple de twists typiquement « makjang » pour vous donner une idée : le viol, le mariage forcé, le meurtre, les enfants abandonnés, l’amas de coïncidences trop grosses pour être crédibles, l’amnésie totale ou sélective, l’héritage usurpé, les possibilités d’inceste, le kidnapping, l’adultère, les maladies incurables…tout est bon pour garder captif le spectateur. On peut aussi parler d’un véritable code scénique « makjang » (gestuel, langagier..) avec la gifle, les cris, les yeux exorbités, les torrents de larmes, les grandes tirades très sérieuses, et tant d’autres.

Je peux vous citer le début de Man of Honor comme un exemple canonique de délire « makjang » : Par peur de se faire emprisonner pour malversations Seo Jae Myung provoque la mort de son patron et indirectement le coma de la femme de ce dernier, soudoie son chauffeur pour qu’il fasse disparaître l’héritière amnésique dans un orphelinat, usurpe la place de directeur, se débarrasse de son chauffeur lorsque celui-ci menace de tout révéler. Le chauffeur a pris soin de subvenir aux besoins de l’héritière et celle-ci est persuadée d’être sa fille cachée et revient habiter à son foyer, en prenant son potentiel amoureux pour son demi-frère. Et je n’ai même pas cité toutes les autres coïncidences. Gloria a également un superbe exemple de makjang avec le frère de Kang Suk qui provoque la mort de sa femme, se débrouille pour faire taire sa maîtresse qui perd la mémoire et ses facultés intellectuelles, tue ses parents dans le même procédé et tente de l’enfermer à vie dans un isoloir. Et je n’ai même pas parlé de toutes ses tentatives de soudoyer la quasi-totalité de son entourage et de supprimer son nouveau rival amoureux. Il est important de retenir que ce ne sont pas les actes eux-mêmes qui sont « makjang », mais la manière dont ils sont traités (par exemple The Duo commence par un échange de bébés, mais l’échange lui-même et ses conséquences n’ont absolument rien de « makjang »).

Comment reconnaitre un drama à potentiel makjang ? Fiez-vous à l’affiche. Si vous voyez que les personnages se lancent des regards torturés et emprunts de rivalité, de gravité et de suffisance, et qu’une atmosphère mystérieuse se dégage de l’ensemble, vous êtes à la bonne enseigne. Mais méfiez-vous, une affiche tout à fait gaie et réjouissante peu cacher le pire soap. En conclusion ? Tout « drame familial » n’use pas obligatoirement de ce procédé, mais il y a des chances qu’ils soit présent lorsque vous voyez un drama décrit comme un « drame » ou un « mélodrame ». Avec l’expérience on apprend à reconnaître les scénaristes qui se sont fait une véritable spécialité dans les dramas à tendance makjang. La plupart du temps vous avez intérêt à les fuir. Pendant longtemps le terme « makjang » a été péjoratif, mais il connaît une seconde vie avec l’apparition de ce que certains appellent le « Haut Makjang », un genre de drame qui emploie les caractéristiques du procédé mais qui les traite avec beaucoup d’adresse et de pertinence comme Flames of Desire (véritable hommage cynique au genre) ou Royal Family (une version plus aristocratique et distinguée je dirais). On peut également distinguer d’autres catégories comme le cosy makjang (grand public, bourré de clichés et de bons sentiments, très manichéen) et le makjang trash (on fait dans la surenchère d’horreurs quitte à donner dans le Grand-Guignolesque. Voir par exemple le début de Feast of the Gods). 

Temptation of Wife (Trash)

Baker King Kim Tak Gu (Cosy)

Flames of Ambition (Haut)

III. L’amour

Ah la romance et les Kdramas, une grande histoire…d’amour. D’amour fou presque puisqu’il est quasiment impossible de trouver un kdrama qui ne mette pas en scène au moins une histoire de cœur. On peut tout à fait partir du principe qu’il n’existe qu’un seul genre à la télévion Sud-Coréenne : la romance, et les autres ne sont que des déclinaisons qui viennent s’ajouter par-dessus. J’exagère le trait, mais prenez une seule liste dramawiki des Kdramas diffusés sur un an, et vous verrez que les dramas dénués d’intrigues amoureuses se comptent sur les doigts de la main. L’amour est avec l’argent et la famille l’un des thèmes les plus prisés et les plus omniprésents.

1) La comédie romantique : un peu de tout, beaucoup de n’importe-quoi

Depuis l’expansion de la screwball comedy à l’échelle internationale, son principe de base indémodable en digne descendant de l’indétrônable Pride and Prejudice (un homme et une femme qui se détestent tombent amoureux malgré eux) ne quitte plus le petit-écran Sud-Coréen. Ce genre très élastique s’adapte à tous les autres types de dramas. Certains clichés usés jusqu’ à la corde continuent d’être employé : les réalisateurs et scénaristes se creusent les méninges pour trouver une façon originale de les mettre en scène, à tel point qu’ils deviennent cultes (piggy back ride, back hug, fish kiss). Actuellement c’est le genre le plus populaire sur la toile, et ses conditions de tournage sont en général peu compliquées et peu coûteuses. C’est aussi un genre malléable, et c’est difficile de trouver une RomCom « pure » qui ne soit pas complétée par d’autres thèmes. Enfin, la censure télévisuelle étant particulièrement lourde en Corée du Sud, les rapports physiques restent en général très chastes. C’est comparable au Code Hays américain des années 50. 

Il existe une multitude de sous-genres de comédies romantiques, mais la plus populaire est la fameuse histoire de cohabitation forcée/faux contrat de mariage, souvent mélangée avec une histoire de Cendrillon des temps modernes. J’ai essayé de distinguer les grandes tendances qui reviennent régulièrement.

Les contraires s’attirent (Chaebol rencontre Cendrillon)

Il est riche, prétentieux, maniaque, parfois misogyne, cynique, égoïste et fainéant. Elle est pauvre, rigolote, désordonnée, forte tête, optimiste, travailleuse et pleine de bonne volonté. Étaient-ils faits pour se rencontrer ? Absolument pas, mais à Kdrama-land il y a de bonnes chances pour qu’ils tombent (parfois littéralement) l’un sur l’autre, et se plaisent mutuellement. Souvent monsieur cache une blessure secrète, Cendrillon est la seule à le comprendre, et ça facilite les choses. 

Les variantes : Superstar rencontre Cendrillon, Prince rencontre Cendrillon, Garce Riche VS Gentil Garçon.

Kim Sam Soon, Old Miss, les Bridget Jones Sud-Coréennes

Elle est accro à son travail, workaholic, blasée, trentenaire voire plus, en jogging et couettes de petite fille chez elle, goinfre et souvent frustrée. La gente masculine ne lui a jamais fait de cadeau. C’est implicitement lié à un père absent qui peut être mort, tyrannique, adultère, en fuite pour échapper à des créanciers ou en goguette. Elle habite avec sa mère et éventuellement ses sœurs. Jugée trop grosse, trop naïve, trop vieille, trop autoritaire, tout le monde trouve à critiquer sur son comportement et son apparence d’autant plus qu’elle a dépassé cette absurde « date de péremption » pour être bankable sur le marché du mariage. Heureusement un ange descendu du ciel, jeune, beau mais pas toujours très bien installé financièrement va débarquer dans sa vie et faire en sorte qu’elle ne finisse pas par mourir seule dans son appartement dévorée par des bergers Allemands.

Plus sérieusement, la plupart des dramas de ce genre mélangent deux thèmes : la crise de la trentaine/quarantaine et cette fameuse relation noona/dongsaeng, mais on peut trouver chaque genre clairement séparé de l’autre.

Le drama « fondateur » : la sitcom Old Miss Diary, adaptée en film.

My Name is Kim Sam Soon

Baby-Faced Beauty

What’s Up Fox ?

Dal Ja’s Spring

Still, Marry Me

Le slice-of life et la comédie de mœurs


Ce sont les pendants réalistes de la comédie romantique (dans la mesure où l’ont peut faire du réalisme avec ce genre). La sexualité y est abordée en général avec plus de liberté, et l’individualisme à l’occidentale a une influence majeure. C’est un peu le « drama de bobo », en opposition aux romances plus idéalistes qui sont susceptibles de faire rêver un large public. La chaîne tvN en a fait sa spécialité. 

Triple

I Need Romance

Soulmate

My Sweet Seoul

9 Ends 2 Outs

Can We Get Married ?

Le « reverse harem »

J’emprunte une expression largement utilisée par le néo-vocabulaire propre aux animes, en particuliers ceux construits sur le modèle de Love Hina (un homme en échec sentimental, social et professionnel se retrouve à s’occuper d’un groupe de nymphettes qui tombent toutes amoureuses de lui). Dans le monde de la japanimation on parle de « reverse harem » (harem inversé) pour parler de la même situation, en échangeant les sexes : une jeune femme timide et en échec blah blah blah (ou pas) se retrouve au milieux d’un groupe de flower boys qui tombent tous plus ou moins amoureux d’elle. 

You’re Beautiful

Boys Before Flowers

Flower Boys Ramyun Shop (et tous les dramas du projet Oh ! Boy en général)

Sungkyunkwan Scandal

Les dramas « fondateurs » (ceux qui ont lancé des modes) :

Dans les années 90 : Star In My Heart, Jealousy, Feelings, Happy Together.

Dans les années 2000 : Attic Cat, Delightful Girl Chun Hyang, Full House, My Love Patzzi, My Name is Kim Sam Soon, Coffee Prince, Boys Before Flowers.

Dans les années 2010 : Secret Garden, Answer Me 1997, You From Another Star. 

2) Le mélodrame : It Hurts So Good

Le mélodrame est le pendant mélancolique du drama romantique. Genre ultra-classique avec ses propres codes propulsé an Asie par les « Season Dramas » (Winter Sonata, Autumn in My Heart, etc.), il est entré en crise vers 2005, victime de ses propres cliché. Depuis le début de la nouvelle décennie le genre a fait joli comeback. Reprenons. De 2005 à 2010 nous avions vu un essor formidable dramas plus optimistes, plus modernes et mieux adaptés à la nouvelle génération. 2006 a marqué le succès fracassant de Goong (le HEA -Happily Ever After- est à la mode, on ne veut plus de fin tragique), 2007 a vu se développer plus de mélos « alternatifs » qui rejetaient les vieux codes (Crazy For You, Flowers For My Life), 2008 a été le boom du fusion sageuk (Hong Gil Dong, Iljimae, Painter of the Wind, Strongest Chil Woo, The Legend), Boys Before Flowers et You’re Beautiful ont pris la relève de Goong en 2009, et en 2010 on a commencé à s’inquiéter : mais où est passé le mélo ? Le genre est-il définitivement jeté aux oubliettes ? Mais après avoir observé les cycles de la mode, on pouvait prévoir un retour en force. En effet, des scénaristes spécialisées dans le mélodrame sont revenues avec des titres qui ont su raviver l’intérêt du public (Lee Kyung Hee, Noh Hee Kyung). La suite a confirmé cette tendance d’un mélodrame plus sombre, plus axé sur la psychologie des personnages que sur leur drame familial. 

Il était indispensable de faire cette petite chronologie. Sans cela, il est difficile de se prononcer sur le genre lui-même puisqu’il est en pleine transition/renaissance. Le mélodrame pourtant conserve un trait constant : c’est la mise en exergue de la beauté des sentiments. Exacerbée, cette mise en scène peut donner l’impression que l’équipe du drama se complaît dans le pathétique, et donne à voir une esthétique de la souffrance qui peut exaspérer. Que sera le mélodrame de demain ? Il ne parlera sans doute pas des mêmes sujets, ne se finira pas forcément par la mort, mais une chose est certaine : les grands héros de mélos n’ont pas fini de se jeter des regards embués de larmes sur une musique déchirante. Fais-moi souffrir, ça me fait plaisir…

Sorry, I Love You

Glass Slippers

Did We Really Love

Que Sera Sera

There is No Such Thing as Nice Guys

IV. L’action

La plupart des dramas d’action sont plus longs, plus compliqués et surtout plus coûteux à tourner. par conséquent ils sont sporadiques (on compte en moyenne cinq gros projets par an, mais le câble est en train de bousculer les chiffres) et précédés d’un buzz important qui doit intéresser le public, en espérant au moins rembourser les frais engagés.

1) Le Revenge Thriller : Vengeance du père et frères ennemis

Avec l’apparition des nouvelles technologies de l’image (caméra Matrix, Effets spéciaux…), le drama d’action devient plus crédible et/ou plus spectaculaire. Tout a commencé avec All In en 2003, avec Lee Byung Hun et un budget qui permettait pour la première fois quelques folies comme des tournages à l’étranger. Le « Revenge Thriller » Sud-Coréen a commencé à s’actualiser, conséquence naturelle de l’influence occidentale.  En 2010 l’arrivée d’IRIS sur les petits écrans a changé une nouvelle fois la donne, mettant à jour les effets spéciaux. Impressionné de voir en drama ce qu’il voyait d’ordinaire au cinéma, le public (international) a été oublieux des lacunes du scénario. Mais l’illusion n’a pas fait long feu et les tentatives de surfer sur la vague de l’espionnage teinté de patriotisme sur le principe de James Bond (beaucoup d’explosions et de jolies filles) ont reçu une pluie de mauvaises critiques justifiées par les mauvais scénarios (Athena, Man Called God, Fugitive Plan B dans une moindre mesure). Finalement un retour salvateur a été opéré en 2011 grâce à City Hunter, qui reprend l’héritage laissé par les grands succès télévisés du revenge thriller tout en y incluant ces fameuses nouvelles techniques. L’échec cuisant de Poseidon a marqué la fin de l’ère « poudre aux yeux » et le succès de City Hunter a prouvé que la qualité du scénario n’est pas optionnelle pour porter un bon drama d’action sur la longueur.

NB : on trouve parfois des héros qui travaillent pour le NIS (National Intelligence Service) et le thème des relations avec la Corée du Nord revient souvent.

Resurrection

The Devil

Time Between Dog and Wolf

City Hunter

Story of a Man

2) Le drama policier : « Super-Homicide-Investigation-Crime-Special Affairs-Team- Squad »

Un genre plus discret en raison de la plus grande popularité des héros marginaux, hommes de l’ombre voire hors-la-loi (mafieux, vengeurs masqués, détectives défroqués, espions, agents sous couverture…). Les seuls dramas dont je peux parler étant donné ma découverte récente des Kdramas sont ceux sur lesquels ont sent beaucoup l’influence des séries Américaines comme CSI & co. Les Sud-Coréens sont particulièrement intéressés par les possibilités d’une collaboration des forces de police avec la médecine légale puisqu’ils pratiquaient déjà des autopsies sous l’ère Joseon. Le drama Sign par exemple est tout entier consacré à la gloire du NFS (National Forensic Service, affilié au ministère de l’administration et de la sécurité publique qui gère également le KNPA). Même si on peut avoir un vague sentiment de propagande politique, la critique, principalement de la corruption des dirigeants, est bien présente. D’autre part un pan entier des dramas policiers est consacré à des unités d’élites, crées spécialement pour résoudre des homicides particulièrement complexes. Lorsque vous voyez des titres comme « Homicide Investigation Team », « Life Special Investigation Team », « Special Affairs Team Ten », Special Crime Squad MSS », vous brûlez.

Le drama de « gambling »

Un petit sous-genre en hiatus depuis Tazza qui va probablement revenir mais surement de façon accessoire ou même sous la forme de simple clin d’œil dans des dramas d’espionnage.

Les arts-martiaux

Encore un petit sous-genre qui se fait discret. Je ne vois que le drama Fight, et récemment les sageuks Warrior Baek Dong Su et Return of Iljimae qui prennent le thème au sérieux. Encore une fois on pourrait faire des subdivisons avec les fusion dramas d’action (Chuno, Iljimae & co) mais ce serait un peu vain étant donné que les trois-quart des sageuks comportent beaucoup de scènes de combats, de guerre, de stratégie.

VI. Le monde professionnel

Le drama qui prend pour thème central une profession particulière mise sur un public à la fois composé de professionnels et d’amateurs qui doivent pouvoir s’y retrouver, et de néophytes à impressionner. Le mot d’ordre est l’acuité technique (même si parfois on a l’impression d’entendre du technoblabla), et diversité : le grand nombre de sous-catégories est potentiellement inépuisable. Cela peut être la cuisine, la musique, la haute couture, la politique, la médecine, etc. Un aspect souvent inévitable qui peut agacer : on nous présente la plupart du temps les héros comme des génies de leur profession, préférant ainsi le spectaculaire au réalisme. En ce qui concerne les intrigues ça tourne souvent autour de la recherche de la vérité ou de l’excellence, du sabotage, de l’espionnage industriel, de la rivalité professionnelle, de la corruption. Je m’attarde sur quelques sous-genres bien représentés comme le drama médical ou le drama de sport. 

Gourmet (Cuisine)

On Air (Les métiers du drama)

President (Politique)

White Tower (Médecine)

Taerung National Village (Sport)

Le drama culinaire

Popularisé par le carton Dae Jang Geum, il a été à nouveau à la mode récemment avec le succès des films de la licence « le grand chef », adaptation d’un scénario Japonais. Adaptée sur le petit écran sous le titre de « Gourmet », elle a eu son quart d’heure de gloire. Il n’est pas étonnant que nous Français soyons moins dépaysés devant l’importance accordée à la culture culinaire et au repas de famille en Corée que les Anglo-Saxons, mais le choc est tout de même important pour peu que l’on ne connaisse la cuisine asiatique qu’à travers les traiteurs Chinois et les sushis-bars. Mais les choses marchent aussi dans l’autre sens : influencés par la cuisine occidentale, les dramas se sont mis à parler de pain, de pâtes, de vin. Véritable torture pour le spectateur affamé, ces dramas célèbrent le plaisir des sens. Encore une fois,ce type de drama est rarement pur de mélanges (soap et romance s’invitent volontier à la dégustation). On peut noter également que certains Home dramas accordent une place importante à la cuisine, comme Jewel Bibimbap ou Tales of Gisaeng. L’expression « food-porn » est souvent employée pour désigner l’abondance de nourriture typique de ces dramas.

Le drama médical

Un genre qui revient de temps en temps sans provoquer de vagues d’audience impressionnantes comme aux Etats-Unis mais qui a l’avantage d’avoir un public déjà acquis. A chaque nouveau projet il s’agit de trouver le domaine qui intéressera le public, et petit à petit chaque spécialisation est explorée : médecins sportifs, neurochirurgiens, cardiologues, légistes…Le genre a toujours été propice à l’hybridation, notamment avec la reconstitution historique (le premier fusion sageuk Heo Joon est l’histoire d’un médecin), le makjang et le drama de sport.

Le drama de journalisme

Un genre peu populaire qu’on associe aux flops qu’ont été Spotlight et Hero. Même le câble ne s’y risque pas (pour l’instant). On retrouve des journalistes dans les dramas policiers et les romances, et partout où il y a du business ou du show-business, mais ils ont rarement le beau rôle.

Le drama musical (et artistique en général)

Il a connu un véritable boom ces dernières années avec l’influence de plus en plus importante de la Kpop (et de la scène indie dans une moindre mesure). Il nous parvient par le biais des projets nombreux qui se sont enchaînés avec plus ou moins de succès (Dream High, Heartstrings, The Musical…) et on remarque tout de même que (pour l’instant) la Kpop et la musique classique (Beethoven Virus) se vendent beaucoup mieux que la comédie musicale et la musique traditionnelle. Les dramas sur l’art en général sont peu nombreux. A part le fusion sageuk Painter of the Wind je ne vois pas de grands dramas sur la peinture, et c’est pareil pour la danse. Par contre les « dramas dans les dramas » ont un public (Worlds Within, On Air, King of Dramas). En général, ces thèmes s’imbriquent dans une comédie romantique (Mary Stayed Out All Night, Oh ! My Lady, etc). Quant à leur pertinence, comme pour tous les genres ça dépend vraiment si le spectateur est expert, amateur ou néophyte. Par exemple je ne peux pas m’empêcher de trouver que les acteurs qu’on essaie de faire passer pour des chefs d’orchestres sont ridicules et c’est difficile de faire passer Min Hyo Rin pour une patineuse artistique de compétition.

Le drama de sport

Comme partout, au cinéma comme en littérature ou même en animation, le genre sportif connaît ses hauts et ses bas. Les dramas sportifs qui marchent réalisent de gros chiffres, et dans les années 80/90 les chiffres d’audience ont été importants, notamment par le biais de la mode des jeunes rebelles basketteurs, boxeurs ou joueurs de baseball. Mais les flops en série des ces dernières années (Dream, Alien Baseball Team, Heading to The Ground, etc) ont vite évacué le come back de la série sportive du petit écran. Le golf a vaguement tenté de percer à travers quelques dramas, mais n’a pas franchement réussi. Reste le centre national d’entrainement aux jeux olympiques qui continuent de passionner un petit public d’amateurs fidèles.

Le Law Drama

Les Sud-Coréens adorent leurs hommes de loi, en particuliers leurs procureurs (Geom Sah). Dans la liste des gendres idéaux (si on prend les dramas comme indicateurs), le procureur arrive en seconde place, entre les chaebols (dans le sens vulgaire d’homme d’affaire richissime) et les médecins (Ui Sah). Les avocats (Byeonoh Sah) sont aussi présents, mais sont moins populaires. Le diplôme de procureur semble (en plus des relations) être une voix royale vers les hautes sphères du pouvoir, comme le démontrent des dramas comme Yawang et Incarnation of Money. Ce n’est pas sans poser des questions sur leur impartialité, et lorsqu’une enquête est bloquée dans un Kdrama policier vous pouvez être certains qu’un procureur véreux préfère fermer les yeux plutôt que se monter contre l’homme politique qui lui a garanti son poste. Le public affirme naturellement une préférence pour les affaires qui relèvent du pénal (plus spectaculaires) mais parfois on peut rencontrer au détour d’une comédie romantique des avocats et procureurs qui se penchent sur des affaires qui concernent le quotidien de la population (Can’t Lose, I am Legend même si ce n’était pas ce qu’on lui demandait, Prosecutor Princess malgré sa procédure Nawak, etc). Malheureusement je n’ose pas vraiment vous conseiller les quelques « Law Dramas » spécialisés sur le sujet (Partner, Lawyers, A New Leaf…) en raison de leur (relative) médiocrité. Messieurs les scénaristes, il reste à écrire le « White Tower » du Law Drama. Qui s’y colle ?

PS : j’exclue Prosecutor Princess (le métier de procureur pour les bisounours) et Vampire Prosecutor. C’est plus un cop show qu’un law drama, exception faite de l’excellent quatrième épisode.

Le drama politique 

Il me semble que c’est un phénomène nouveau. En 2009 on était plutôt au niveau de la mairie et de l’éternel problème de la corruption des élus (City Hall, Story of a Man) mais en 2010 on passe au niveau supérieur avec pas moins de deux dramas sur le président de la République (une femme dans Daemul, un homme dans President). On continue la tendance avec Yawang en 2013, Prime Minister and I en 2014, et le cinéma et également très friand de fresques politiques. 

VI. Les genres marginaux

1) Le High-School drama : Un genre plus ou moins importé de plus en plus populaire.  

On trouve comme au Japon le High School drama, même n’aborde pas les même thèmes. Les seuls High School dramas à la Japonaise qu’on peut trouver sont justement des adaptations de doramas ou de mangas Japonais (God of Study, Boys Before Flowers, Playful Kiss. On a parlé récemment d’adapter HanaKimi, Zettai Kareshi et Proposal Daisakusen). Autrement on trouve surtout les lycéens dans les dramas musicaux (Dream High, Dream High 2, Monstar, et j’ai envie de citer Heartstrings et What’s Up même si ce sont des étudiants), dans les sitcoms, les Homes dramas en personnages secondaires (je pense à Assorted Gems). Mais le lycée est très rarement le centre des préoccupations des scénaristes qui choisissent plutôt de traiter en priorité les premiers émois amoureux (Mackerel Run) et le soutient des mères pour l’éducation de leurs enfants (My Mom Supermom, To Catch a Kangnam Mother). Les profs ont rarement un rôle important, même si on peut trouver des dramas qui les prennent comme personnages principaux (I am Sam, Biscuit Teacher, School 2013). Le « super prof » typiquement Japonais qui a reçu sa vocation comme une véritable révélation, n’est pas une figure très populaire en Corée du Sud, et je ne pense pas que des doramas comme Gokuzen aient des chances d’êtres adaptés. Depuis 2012/2013 le câble a relancé le genre avec des dramas comme Shut Up ! Flower Boy Band et la licence Answer Me

2) Le drama dit « d’ajhumma » : Grandes Hystériques et Néo-Cendrillons


Attachez vos cheveux, préparez vos rouleaux à tartes et aiguisez vos ongles, il va y avoir du crêpage de chignons. C’est un genre encore marginal qui met au centre de son scénario soit les mères au foyer qui passent leur temps à se casser du sucre sur le dos, soit une catégorie souvent déconsidérée dans l’opinion générale : les mère célibataires, veuves ou divorcées. La plupart du temps la vaste majorité présente des femmes seules avec des enfants à charge et sans père de famille pour les soutenir, qui doivent faire face au dédain et à la répugnance que leur statut continue malheureusement d’inspirer. Le Home Drama est actuellement littéralement envahi par des histoires de ce genre, en raison de son public largement féminin.

3) L’horreur : Le vide, ou presque.

Le genre marginal par excellence se fait particulièrement discret, sans doute en raison de l’accessibilité d’une population de tous les âges aux principaux réseaux horaires de diffusion des grandes chaînes publiques (sans oublier la censure). Pour l’instant les seuls que je peux citer sont Coma (drama pionnier de la chaîne OCN) et Hon (MBC), mais les thrillers du câble penchent parfois vers ce genre par le biais du surnaturel (Vampire Prosecutor 1 et 2, Joseon X-Files).

4) La comédie : un aspect ou un genre ?

Même si la comédie en tant que procédé scénique est omniprésente, les dramas purement comiques sont difficiles à trouver. On peut citer Harvest Villa, petite perle de comédie burlesque, et My Country Calls dans le genre bouffon mais ce sont des mélanges avec le mystère et le policier. La romance occupe également une importance majeure, et c’est difficile de les qualifier de comédies pures. Il reste la sitcom, mais encore une fois son format long la fait plutôt entrer dans la catégorie « comédie humaine » ou « comédie romantique ». Ces réflexions me poussent à m’interroger sur l’existence d’un genre comique à part entière : dans tous les cas même au cinéma le genre en lui-même n’est quasiment jamais « pur », et le critère que j’utilise est celui de ma propre réaction au drama. S’il provoque régulièrement quelques fous rires, je décide que le drama est une « comédie » « … » : comédie policière, romantique, humaine, satyrique, de moeurs, noire, familiale, etc. A noter que les dramas à fort tendance comique maintiennent rarement le ton jusqu’au bout. Les sœurs Hong par exemple sont réputées pour la partie comique de leurs dramas qui démarrent très forts, mais ne sont pas très douées en général pour les développements plus tragiques. Pour conclure sur la comédie comme un genre « marginal » je dirais que c’est un ton omniprésent et très malléable qui se manifeste rarement sous la forme d’un genre à part entière.

5) Et la religion ?

Elle se fait plutôt discrète, même si on peut se poser des questions sur une idéalisation du Christianisme dans beaucoup de dramas. Le Shamanisme, religion originelle de la péninsule Coréenne a commencé à reculer au gré des différentes occupations. La Chine a apporté le Bouddhisme et le Confucianisme, le Japon et les missionnaires Occidentaux ont apporté de multiples dérivés du Christianisme. L’étude de la religion en Corée du Sud (oui Corée du Sud, ce n’est pas avec le culte personnel de Kim Jung Il et de ses descendants au Nord qu’on va aller très loin) est particulièrement intéressante dans la mesure où aucune religion ne s’est définitivement imposée à l’intégralité du peuple depuis ses origines. Il y a un bouillonnement des religions impressionnant, qui divise la population sans pour autant que les frontières soient clairement délimitées (combien de fois avons nous entendu les héroïnes de Kdramas appeler tous les Dieux de la constellation à leur secours ?).

Pour l’instant la religion n’est pas très présente dans les drama. On voit de plus en plus de bonnes sœurs (You’re Beautiful, Man of Honor), des femmes qui viennent à la messe avec leur famille, et certains dramas commencent même à parler des problèmes de pédophilie des prêtres. Le discours sur les religions est encore très libre, même si le vocabulaire de la culpabilité et du péché commencent à empoisonner le vocabulaire (mais il faudrait vérifier que ce ne sont pas les traducteurs Anglais qui déforment les notions Coréennes). Bref pour l’instant il y a idéalisation mais pas vraiment de propagande Chrétienne sur le petit écran (par contre le cinéma n’est pas épargné), et les moines Bouddhistes et les Shamans ont encore de beaux jours devant eux dans les sageuks.

VII. Des formes un peu particulières de dramas : le special et le daily


En marge des formats standards qui comptent entre 16 et 80 épisodes de 55 minutes chacun, les chaînes produisent régulièrement d’autres formes de fictions télévisuelles, parfois beaucoup plus courtes, parfois beaucoup plus longues. La plus petite forme de drama est le « special ». MBC a son « Best Theater », KBS ses « Drama Specials » et SBS son « Telecinema ». Chaque chaîne ayant ses particularités et chaque « special » ayant ses propres réalisateurs/scénaristes/acteurs, ces dramas d’un à huit épisodes peuvent très bien être des téléfilms médiocres ou de véritables courts-métrages de grands auteurs. D’où la nécessité de faire le tri. Vous pouvez tomber sur de véritables gemmes comme sur de gros navets. L’exploration est encore inachevée, et il en reste beaucoup à découvrir. Il existe également d’autres dramas de petit format, souvent de deux à quatre épisodes qui ne dépendent pas de ces projets comme Hyunhaetan Marriage War, Running (MBC) ou The Miracle of Love (SBS).

A l’autre extrême, on trouve les « dailies » diffusés du lundi au vendredi, qui comptent plus de 100 épisodes, parfois plus de 200 selon leur succès. Comme pour les minis, chaque chaîne a ses spécificités. Ainsi KBS produit des dailies majoritairement légérs, qui ressemblent beaucoup aux Home Dramas du Week End, mais souvent aux budgets moindres et castings peu prestigieux, comme I’m Glad I Loved You ou Sweet Palpitation et parfois alterne avec du soap à tendance makjang comme The Tale of Two Sisters ou I’ll Give You Everything. MBC et SBS ne proposent pas à proprement parler de « dailies » mais compensent largement le week-end en diffusant ce qui s’en approche le plus : des home dramas des plus de 100 épisodes. On trouve encore beaucoup de soap (While You Were Sleeping, I Believed in Men) ou du home drama (Give Me Food, Enjoy Life, Three Sisters). SBS a investit dans le filon « Temptation of Wife » et a enchaîné les mélos tragiques depuis. Ces dramas sont tellement longs qu’ils occupent leurs horaires pour une moyenne de cinq mois, et chaque chaîne en propose en moyenne six par ans pour deux horaires différents (deux de front). Très peu traduits, sans casting prestigieux, Ils sont rarement synonymes de qualité. Calibrés pour être regardés en famille ou par les femmes qui restent à la maison, ils n’ont pas particulièrement vocation à être exportés et peuvent rebuter en raison de leur discours souvent très conservateur.

Les sitcoms sont peu nombreuses en Corée du Sud et elles étaient exclusivement diffusées (à ma connaissance) par MBC (All My Love, Hello Franceska, More Charming By The Day, les High Kicks, etc) jusqu’à ce que jTBC et MBN s’y mettent avec Vampire Idol, Bolder By The Day et I Live in Cheongdam-Dong qui marque le retour du scénariste de la sitcom culte Old Miss Diary. Souvent très populaires, les sitcoms comptent plusieurs saisons quand la première a eu du succès. Il s’agit bien sûr de saisons selon le sens asiatique, c’est-à-dire d’une reprise de la licence avec d’autres acteurs et un autre scénario. Les sitcoms Sud-Coréennes les plus connues en Occident sont celles qui ont lancéesbeaucoup des acteurs que nous retrouvons aujourd’hui, à savoir les six saisons de Nonstop (dont Nonstop 6 aka Rainbow Romance) et les trois High Kicks (Unstoppable/Through the Roof/Revenge). Mais vous avez sans doute déjà regardé sans le savoir une sitcom Sud-Coréenne : Le drama plébiscité Soulmate en est une, un peu particulière, sans rires pré-enregistrés. Malheureusement le projet n’a pas eu le succès escompté. La deuxième saison a été annulée, et avec elle les espoirs d’autres projets dotés du même format (plus court, plus moderne). Il faut surtout retenir qu’en Corée du Sud la sitcom est un format importé, très mouvant, qui ne ressemble pas du tout aux sitcoms Américaines même si des projets récents lorgnent vers cette source d’inspiration.

Conclusion

La difficulté de mettre par écrit l’état des lieux des tendances de la télévision Sud-Coréenne repose dans son évolution perpétuelle. Néanmoins, chaque décennie se base sur des grands succès d’audience pour déterminer ses projets futurs et il en découle une certaine cohérence qui permet de créer des catégories, des genres et des sous-genres. Il y a des grands genres qui ne disparaîtront jamais comme la romance, la comédie, le drame, et d’autres plus spécifiques qui vont rapidement devenir obsolètes (comme tout ce qui touche le monde professionnel). L’observation des tendances est passionnante en ce qu’elle reflète les aspirations, les rêves et même parfois la réalité de la société Sud-Coréenne, voire même à un niveau universel (ce qui explique le succès impressionnant des Kdramas dans des pays extrêmement variés). J’espère que ça pourra intéresser néophytes et amateurs, et que ça vous donnera envie de partir à la découverte de nouveaux genres !

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12 réflexions sur “Kdramas : Guide des genres

  1. Salut Mina!
    Wow!!!!C’est un travail monstre que tu as fait!!je n’ai pas encore fini de tout lire mais je suis impressionnée.j’ai trop envie de regarder Old miss diary ,y’a quelques bouts dans you tube mais je suis pas encore tombée sur la série complète
    J’ai trop ri quand j’ai lu ta première phrase quand tu dis » heureux soient les innocents ,vous savez pas encore dans quel piège vous êtes tombés ».Tu as trop raison .Je me suis déjà demandé ,comme je pense tout le monde qui regarde les dramas à quoi ressemblait ma vie avant que je découvre les dramas.En tout cas,elle était plus facile à gérer .Tu as vu les nouvelles sur le prochain drama avec Ha Ji Won et Lee Seung Gi ?soit ça va être génial soit on y croira pas du tout je crois .Mais que ce soit Brilliant legacy ou My girlfriend is a gumiho,il ne m’a pas déçu alors je reste positive.En ce qui concerne Ha Ji Won, je l’aime beaucoup mais elle n’était pas bien mise en valeur dans Secret garden,son perso était moins exploité que celui de Hyun Bin

    • Hello Flora merci pour ton commentaire ! Pour l’instant le seul drama que j’attends avec impatience c’est Operation Proposal (Dream High 2 éventuellement), sinon tout ce que je veux voir est sorti (Moon/Sun, Salaryman, What’s Up, etc). En fait je suis plus curieuse de voir Rooftop Prince que The King, je préfère ses acteurs et son scénario !

  2. Eh bien, tu as peut-être mis un an à l’écrire mais il vaut le détour cet article! Je pense être sortie de la catégorie des néophytes à présent, mais j’ai appris plein de choses!
    Merci pour les éclaircissements sur les dramas « historiques » notamment. J’en raffole, mais j’avais un peu du mal à placer les fusion sageuk. Heureusement je suis actuellement plongée dans un (gros) livre qui retrace l’histoire de la Corée, ça me permettra de faire le tri entre la fiction et les faits historiques. En moment, je brûle de jeter un coup d’oeil à The Moon Embraces the Sun malgré la présence redoutée d’Han Ga-in….
    Parmi les catégories que tu cites ci-dessus, je dois avouer que j’ai un gros faible pour les dramas d’action toutes sous-catégories comprises. Ce sont les seuls avec les historiques que je termine sans difficultés!
    Quoi que… Bon allez, je le dis, je me suis récemment retrouvée complètement accro à un daily drama à ma très grande honte!

    Quant aux comédies romantiques, si j’aime bien les reverse harem (j’adore encore plus le nom) je me surprends de plus en plus à regretter que les second lead féminines ne soient pas un peu plus sympas et ne reçoivent pas un peu plus d’amour. Un drama avec des personnages secondaires solides et consistants est tellement plus divertissant. Même s’il faut un antagoniste pour remuer un peu les choses, je regrette vraiment les carrés amoureux figés. Mais bon, j’ai bon espoir avec la montée en puissance des chaînes du câble qui vont (croise les doigts) peut-être nous dépoussiérer tout ça!

    En tout cas ton article est à lire pour tous, mais surtout les gens qui pensent que les dramas ne sont que des niaiseries! Je vais de ce pas rajouter un lien sur ma page d’accueil ^-^

  3. Bien pire! Un daily mélo: Pink Lipstick. Toutes ces histoires de coups fourrés, de vengeance et ces personnages perfides, c’est à s’arracher les cheveux (et complètement décérébrant ) mais je pouvais pas m’empêcher de lancer l’épisode suivant.
    Verdict: Dans 40 ans je serai comme mon arrière grand-mère => Accro aux feux de l’amour…

    • L’avantage avec les Dailies Coréens, c’est qu’on peut en voir le bout sans que les acteurs ne vieillissent trop en court de route ! Je suis toujours traumatisée par le nombre de saisons des soaps Américains et le temps sur lequel ils s’étalent 0_0

  4. Mais cette article est une tuerie, à mettre dans les mains de tous dramavores ou en devenir!
    Une tuerie, ma chère, une vraie!
    Tu as dû travailler dur, c’est juste excellent, bravo!
    Ca me souleve le coeur en meme temps, ça me rappelle des trucs, wow, bravo!

  5. Ouaw, quel billet documenté passionnant et passionné. Un grand merci pour cette analyse des genres. J’y ai appris un tas de choses et cela m’a donné quelques pistes à suivre de plus près. Je ne manquerai pas de faire suivre le lien dès que j’en aurai l’occasion tant il brosse l’ensemble de la situation. Bravo !

    • Merciii Kerydwen >_< Je suis ravie que ça puisse servir à quelqu'un =) D'ailleurs ça me fait penser j'avais déjà lu ton dossier sur le Japones doramas il y a un moment mais tu as parlé de le revoir ! J'ai hâte de lire ça =)

  6. Bon j’ai pas tout lu, mais c’est un article intéressant et surtout INSTRUCTIF !

    Pour tout dire je ne suis pas franchement drama (j’ai tendance à avoir du mal à les finir) pas parce que je n’aime mais plutôt en raison de la longueur des épisodes. J’ai dû en commencer des dizaines mais je n’en ai finis que 3 ou 4.
    Ton article m’aideras surement à en trouver des suffisamment passionnant pour me tenir jusqu’à la fin sans me lasser.

    Au final, je voulais surtout dire : Merci ! Pour avoir mis de l’ordre dans ce dédale que sont les dramas.

    PS : en cherchant, j’ai été surprise de constater que les dramas chinois et japonais étaient moins diversifiés et nombreux (pour le genre historique en tout cas) que les coréens.

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