Cinéma

Bienvenu dans la section consacrée aux films Sud-Coréens aka Kmovies ! Je signale les mises à jour sur twitter.

Système de notation :

5/5 : Chef d’œuvre, ou énorme coup de cœur
4/5 : Très bon film
3/5 : Bon film
2/5 : Médiocre ou inégal
1/5 : Mauvais film ou pur navet
0/5 : Insultant.

Toutes les critiques rédigées par Minalapinou, sauf celle de You’re My Pet rédigée par Kaa. Les films sont rangés dans un ordre chronologique.

Avant de commencer à écrire sur ces films j’en avais déjà vus et notés un certain nombre. Je vous les liste ici pour que vous ayez un aperçu de mes préférences :

5/5

My Sassy Girl  : Mon premier film Sud-Coréen ! Il a très bien vieilli.

Poongsan Dog  : Très réminiscent de 3 Iron du même réalisateur, mais avec un message et une performance d’acteur encore plus puissants.

Castaway on the Moon : Génial. L’une de mes romances favorites tous pays/années confondus, et l’un de mes films préférés tout court.

Le Chant de la Fidèle Chun Hyang  : Un classique du cinéma Sud-Coréen adapté lui-même d’un classique de la littérature Coréenne. Un peu dur de rentrer dans la narration Pansori au début, mais le jeu en vaut la chandelle. Pour une version plus moderne et subversive de l’histoire de Chun Hyang, voir The Servant.

Feathers in the Wind : Il faut que je le revois, mais j’en garde un excellent souvenir.

Christmas in August : L’ultime mélodrame, simple mais dévastateur sur un photographe qui tombe amoureux alors qu’il sait qu’il est en train de mourir. J’ai pleuré. Beaucoup.

4/5

Old Boy : La fin OTT m’a sortie du film, mais sinon c’est un chef-d’œuvre. Je ne pense pas que c’est un si bon film que ça pour quelqu’un qui n’a jamais vu de films Sud-Coréens (ça a tendance à laisser les gens sur une impression très marquée, et ils ont du mal à admettre après que ce n’est pas représentatif du style de toute l’industrie).

My Mother, The Mermaid : Thème très original sur les fantasmes qu’on peut avoir sur l’histoire d’amour de ses parents, superbement exécuté. Lumineuse, extraordinaire Jeon Do Yeon.

The King and the Clown : Superbe fresque sur le pouvoir, le désir de possession contre celui d’être libre, et la force dangereuse et subversive de la satire des politiques.

Flying Boys : Solide film de Yoon Kye Sang sur le passage à l’âge adulte. C’est l’antithèse de la teenage comédie vulgaire, et ils se débrouillent même pour subvertir quelques clichés. 

Windstruck/Cybor Kanojo : Les deux autres volets de la trilogie du souvenir commencée par My Sassy Girl. Les trois films se complètent bien.

Bittersweet Life : Parfaitement réalisé, Lee Byung Hun plus charismatique que jamais.

3 Iron

Crying Fist

Crush and Blush : Histoire d’amitié peu conventionnelle, drôle et émouvante entre une lycéenne et une prof de Russe complexée. Gong Hyo Jin et Seo Woo ont une étonnante alchimie.

3,5/5

Duelist : Vaut le coup d’œil pour les superbes visuels inégalés, mais en dehors de l’esthétisme c’est un peu vide.

Dasepo Naughty Girls : Incisive sex-comedy, inventive et pleine d’humour, pas aussi scabreux que le titre et la promo le suggèrent et probablement trop éparpillée.

Femme Fatale : Huis-clos à se pisser dessus de rire.

Crazy Lee  : 100% d’autodérision et de parodie du genre action/espionnage, 100% de fun.

Thirst, this is my Blood : Beaucoup trop long, mais très intéressant à décortiquer et réalisation sublime.

I’m a Cyborg, But That’s OK : Essaie un peu trop d’être « bizarre » visuellement mais n’en n’est pas moins très beau et touchant.

3/5

The Good, the Bad and the Weird : Un peu creux mais remplit bien son contrat de film popocorn divertissant.

April Snow : Excellent scénario, rendu un peu anodin et longuet qui réussi tout de même à toucher. Son Ye Jin et Bae Young Joon sont très beaux à regarder.

Lump of Sugar  : Scénario ultra basique qui m’a fait pleurer comme une idiote dans la salle de cinéma, mais je pleure en général dès que c’est des histoires de chevaux. Je suis tout sauf objective par rapport à ce film, un peu facile et tire-larme, mais la réalisation (surtout au début) est magique.

City of Violence  : A voir pour la réalisation et le thème de la violence qui engendre la violence.

Speedy Scandal : Super fun et super mignon, Cha Te Hyeon et Park Bo Yeong sont adorables.

My Wife is a Gangster/My Scary Girl : Deux romances très inconventionnelles, inversion des rôles.

Old Miss Diary (Film-doudou, mon équivalent de Bridget Jones en Kmovie)

200 Pounds Beauty : Aussi fun que crétin, performance mémorable de Kim Ah Jung.

Babo/Miracle of Giving Fool : A failli être totalement oubliable, mais CETTE FIN et Cha Te Hyun font en sorte que non.

2,5/5

Please, Teach Me English! : J’ai vu ce film et je l’ai apprécié, si j’en crois mes notes. Impossible d’en avoir un souvenir précis, mais il me semble que c’était fun.

Frozen Flower : Jo In Sung et Song Ji Hyo ont brûlé mon écran. Mais le reste est comme le titre : très beau, très froid.

She’s on Duty : Pas spécialement brillant, mais c’est mon interprétation préférée de l’infiltration d’un lycée par un adulte avec Kim Sun Ah déchaînée et Gong Yoo à croquer.

Bichunmoo : Beau, long, ultra dramatique, à voir pour les combats, les costumes, la réalisation. Couple de nobles idiots frustrants.

The Harmonium in my Memory : Très joli et émouvant, mais difficile de s‘immerger dans ce film quand on ne fait pas partie de la génération qu’il veut rendre nostalgique. Aurait pu être intemporel, mais a manqué le coche.

My Tutor Friend

Antartic Journal : Commence très fort, part très vite en sucette pour se finir de manière déroutante. Une opportunité manquée de faire un grand film, mais réussi à faire réfléchir sur le thème de la folie et de la monstruosité.

My Mother’s House Guest (2007) : Encore une comédie romantique originale, un peu anecdotique mais intéressante. 

2/5

Into the White Night : Beaucoup trop froid, au point où ça devient impossible de s’investir pour les personnages. Son Ye Jin est glaçante.

My Little Bride : Je me souviens juste que Moon Geun Young était mignonne. Le reste ? Quel reste ? Et Dieu merci la mode des comédies romantiques basées sur ce genre de mariage arrangé est terminée.

Rules of Dating : J’ai eu énormément de mal à surmonter mon aversion pour les personnages principaux, mais une fois la première partie passée j’ai trouvé le film plus appréciable.

100 Days with Mr. Arrogant/The Art of Seduction : Deux exemples de comédies romantiques que j’ai regardées parce qu’elles étaient recommandées, sans jamais réussir à en comprendre l’intérêt ou le charme. M’ont aussi appris que la promotion de ce genre de films peut violemment contraster avec la réalité du résultat.

Attack on the Pin-Up Boys : Complètement débile et violemment amateur, mais c’est assumé et je n’oublierai jamais la scène où Hee Chul est enchanté parce qu’il va se prendre des excréments en pleine face.

1,5/5

Cyrano Dating Agency : Se repose trop sur son gimmick, pas aussi drôle que je l’espérais, et j’aurais aimé qu’il se concentre davantage sur le personnage d’Uhm Tae Woong. Lee Min Jung et Daniel Choi m’ont laissée indifférente.

1/5

Happy Erotic Christmas : Je suis venue pour les acteurs, mais je n’ai eu qu’un enchaînement de gags pas drôles et de blagues douteuses sans aucun scénario digne de ce nom pour tenir le tout.

A Millionaire’s First Love : La version commerciale et téléphonée du mélodrame « maladie terminale » avec une Lee Yeon Hee qui en était encore à se demander ce qu’elle faisait sur un plateau de tournage (et nous avec). A totalement échoué à me toucher, alors que je suis plutôt bon public pour ce genre de scénario.

Virgin Snow : Aucune idée de comment j’ai fait pour terminer, je crois que je l’ai fais en plusieurs fois. Après une introduction plutôt sympathique, devient criminellement long, niais et nous assomme de pathos sans aucune subtilité. Lee Jun Ki a joué dans d’autres films moins abrutissants, ça ne vaut pas la peine de s’infliger celui-là.

My Wife got Married (W.T.F)

0,5/5

Marrying the Mafia : Je méprise ce film, tellement, tellement profondément. Il y a une romance plutôt mignonne entre Kim Eun Jung et Jung Jun Hoo perdue là-dedans, mais le reste est à vomir.

The Beast and The Beauty (2005, Lee Gye Byeok)

Synopsis : Dong Gun (Ryu Seung Beom) double des monstres de Sentais et s’est toujours vu comme un monstre à cause de son physique un peu particulier. Il sort avec Hae Ju (Shin Min Ah), une jeune pianiste de jazz devenue aveugle dans son enfance et prend soin d’elle en se décrivant lui-même comme doté des traits d’un ami de lycée séduisant, Jun Ha (Kim Kang Won). Lorsqu’elle retrouve la vue, elle ne le reconnaît pas à cause de ses mensonges. Embarrassé il lui fait croire qu’il est parti en voyage, mais il continue de la voir en se faisant passer pour quelqu’un d’autre. Hae Ju ne comprend pas ce qui se passe et son copain lui manque énormément, tandis que Jun Ah qui la rencontre tombe amoureux d’elle.

En quelques phrases : Ce film est sans hésitation l’une de mes comédies romantiques 100% fluffy préférées. Je peux le regarder plusieurs fois sans me lasser et je commence à connaître par cœur les scènes et certains dialogues. Pourtant il n’a vraiment rien d’extraordinaire, l’histoire est assez banale (un homme n’assume pas son apparence et fuis la confrontation avec sa copine) et relativement prévisible, mais j’adore le message qu’il véhicule. C’est ce que l’héroïne essaie de faire comprendre à son copain complexé : ton apparence est secondaire, le plus important c’est de ne pas me laisser toute seule. Il y a des moments vraiment charmants, comme Hae Ju qui apprend à lire et à écrire rapidement pour correspondre avec Dong Gun, ou Dong Gun qui lui décrit des tableaux mornes comme de vrais paysages. L’humour est assez simple mais très efficace, grâce notamment à un chef de gang revanchard ordurier et à la rivalité hilarante entre Dong Gun et Jun Ha qui a des techniques de drague assez…maladroites. Beaucoup de romances Sud-Coréennes ont tendance à sous-développer les personnages secondaires mais ici ils sont très bien exploités. L’héroïne faussement naïve est jouée de manière charmante par Shin Min Ah, et j’ai découvert l’excellent Ryu Seung Beom grâce à ce rôle. Le rythme ne souffre d’aucun temps mort, le film n’ambitionne pas d’être autre chose qu’une romance légère et enchaîne scène adorable sur scène adorable jusqu’à la fin.

Verdict : Une romance originale qui change un peu la formule habituelle meet-cute/cohabitation/séparation/retrouvailles avec un couple déjà formé qui se chasse l’un l’autre avec célérité. Pas de pathos inutile, un humour efficace, c’est adorable sans être niais. La romance Cute & Funny réussie par excellence. 3/5

My Mighty Princess (2007, Kwak Jae Yong)

Synopsis : Soo Hee (Shin Min Ah) est une prodige des arts martiaux à la force surhumaine. Née dans une famille de guerriers, elle s’est beaucoup entraînée dans son enfance avec son ami Il Young (Ohn Ju Wan). Ses dons lui pèsent quand elle réalise qu’elle fait peur aux autres, et elle décide d’arrêter les arts martiaux après être tombée amoureuse de Joon Mo (Yu Gun). Mais l’ancien ennemi de son clan, Heuk Bong, se manifeste à nouveau avec une épée maléfique, et une technique que seule Soo Hee est capable de contrer. Elle doit faire face, comme sa mère avant elle.

En quelques phrases : My Mighty Princess se présente au premier abord comme une histoire de transmission de la tradition familiale, et celle d’une jeune fille qui souffre de ne pas être une ado normale. Son malaise la gêne pour parfaire son art et pour vivre à fond sa jeunesse, mais elle choisit de mettre en pause l’apprentissage pour séduire le garçon qui lui a tapé dans l’œil. Elle n’est pas garçon manqué mais elle a une force impressionnante, prétexte à quelques bons gags au début du film. Celui qui incarne l’insouciance et la naïveté d’habitude réservée à l’héroïne classique c’est Il Young, qui vient apporter un peu de piment à la petite romance. Comme les autres films de Kwak, MMP regorge de surprises et de bonnes idées. Il n‘ hésite pas à s’amuser avec les codes des films d’art martiaux et d’action en général. Par exemple il y a une séquence assez géniale où le père de Soo Hee et ses amis règlent le compte du gang qui essaie de déloger leur chef, chacun avec une méthode originale, et c’est très drôle. La première partie s’intéresse à la romance légère entre Soo Hee, Joon Mo et Il Young, et la seconde partie se concentre sur le passé des parents de Soo Hee et sur sa destinée. Ce passé est présenté de manière trop confuse, surtout pour une histoire en réalité très basique. Par contre je ne m’attendais pas au retournement final, et il rend la dernière séquence (à la mode Wuxia) beaucoup plus intéressante qu’un duel gentille princesse guerrière VS méchant voleur d’épée sacrée. La fin est tellement plaisante et touchante qu’on finit par se demander pourquoi Kwak Jae Yong  a accordé autant d’importance à Joon Mo (et son affection un peu lourde pour une femme qui a deux fois son âge) alors qu’il n’apporte quasiment rien à l’intrigue principale, et pourquoi il tarde autant à faire entrer en scène Il Young, pourtant l’un des personnages les plus important. La réalisation de Kwak Jae Yong est toujours aussi inventive et inspirée, et c’est surtout le scénario qui manque de rigueur et qui vient limiter le potentiel du film.

Verdict : Directement inspiré de Pucca (le film y fait explicitement référence), la super-héroïne à la force herculéenne qui chasse et sauve son bien-aimé (ici il y en a deux !), My Mighty Princess est une comédie romantique et dramatique un peu foutraque, qui aborde pas mal de genres et de thèmes en même temps sans toujours bien savoir comment les marier correctement. C’est très divertissant et même émouvant, mais le scénario manque de cohérence et les transitions entre le comique et le tragique ne sont pas toujours très fluides. A voir pour les acteurs (les jeunes et les vétérans) qui se sont bien amusés à jouer cette histoire farfelue et pour le côté wuxia cartoonesque « girly » avec tout plein de couleurs pastel. C’est loin d’être le meilleur film de Kwak Jae Yong (commencez par regarder la trilogie du souvenir My Sassy Girl/Windstruck/Cyborg She avant celui-là, en plus vous comprendrez mieux les caméos et références) mais par comparaison à la qualité standard des comédies romantiques c’est du bon travail. 3,5/5

Lost and Found (2008, Jeong Jeong Hwa)

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Synopsis : Ji Hoo (Park Jin Hee) est amoureuse depuis le lycée de Min Woo Oppa (Lee Ki Woo), mais à l’époque elle n’avait pas eu le courage de lui avouer ses sentiments directement. Quelques années plus tard, elle est au chômage et ressasse cette triste histoire de jeunesse. Un jour elle se fait voler son sac à main, puis elle se fait rentrer dedans par accident par la voiture de Min Woo, et lorsqu’elle se réveille à l’hôpital elle est inscrite « non identifiée ». Elle profite de l’occasion et se fait passer pour amnésique. Jin Hoo la prend chez lui et elle se donne pour objectif de mettre le grappin sur lui en se faisant passer pour une femme douce et aimante. Mais c’est sans compter sur Dong Shik, son ami d’enfance. 

En quelques phrases : Lost and Found est l’une de ces romances qui va me coller un sourire aux lèvres quasiment du début jusqu’à la fin. J’adore Park Jin Hee, et je me suis immédiatement identifiée à son personnage de rêveuse lunatique hilarante. Elle porte la majorité du film sur ses épaules. Ensuite j’adore la réalisation de ce film, elle est pleine de bonnes idées, par exemple dans la manière dont son traités les flashbacks. 

J’ai trouvé l’approche et le développement de l’intrigue (le mensonge de Ji Hoo) très bien amenés. Pendant tout le début du film nous voyons les choses sous l’angle fantasmé avec lequel notre héroïne les voit, mais à mesure que Dong Shik essaie de lui faire regagner sa mémoire nous redécouvrons les mêmes scènes sous un autre jour. C’est une jolie manière de jouer avec le thème de la mémoire, et je ne m’attendais pas à ce que le fond et la forme soient aussi intelligemment liés. Le rythme est enlevé grâce à un montage dynamique, même si il peut être parfois trop brutal. Le scénario n’est pas en reste et ne cesse de réinventer son histoire. Les choses deviennent vraiment hors contrôle quand Dong Shik commence à lui-même profiter du mensonge de Ji Hoo pour lui faire croire qu’elle était amoureuse de lui, et le suspense tient assez bien pour nous laisser dans l’incertitude sur la fin.  Ji Hoo est sans aucun doute la stalkeuse la plus adorable et la plus hilarante que j’ai vu dans une fiction (Park Jin Hee est déchaînée et elle me rappelle pourquoi elle me faisait mourir de rire dans Still Marry Me). Sa façon de dire « Min Woo Oppaaa… » comme une grosse junkie m’a tuée. J’ai aussi adoré les personnages secondaires, du petit-frère à la meilleure amie en passant par tous les petits caméos (les enfants acteurs ! excellent). Dans l’ensemble Lost and Found est une comédie beaucoup plus intelligente qu’il n’y paraît. Elle réussit à aborder les thèmes de la mémoire, de l’amour et de son rapport avec les mensonges et la manipulation sans jamais nous asséner des leçons de vie prétentieuses, sans se prendre trop au sérieux et jouant beaucoup sur l’autodérision et le second degré. Cela ne l’empêche pas de toucher sa cible, et j’ai regardé les images du générique émue et réconfortée. Le comique de situation est excellent, et on rit pratiquement d’un bout à l’autre du film (si c’est le genre d’humour qu’on apprécie, bien entendu. Pour ma part j’en pleurais de rire).

Verdict : C’est la comédie romantique Bridget Jones/Kim Sam Soon exemplaire (avec un caméo de Kim Sun Ah !), peut-être même plus qu’Old Miss Diary (qui avait quelques longueurs). Lost and Found part d’une base potentiellement casse-gueule et réussi à en exploiter tout le potentiel comique tout en évitant de tomber dans le pathos ou le moralisme inutile grâce à une distanciation permanente et salvatrice. Comme quoi on peut porter des messages simples à l’écran, et le faire avec esprit et humour. Une petite perle inattendue. 4/5 (théoriquement 3/5 mais +1 pour le ressenti affectif). 

My Girlfriend is an Agent/7th Grade Civil Servant (2009, Sin Tae Ra)

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Synopsis : Ahn Soo Ji (Kim Ha Neul) est une espionne vétéran admirée par ses pairs qui essaie de mener une vie de couple à peu près normale avec son petit-ami Lee Jae Joon (Kang Ji Hwan). Mais sa double vie finit par causer leur rupture, et de son côté Lee Jea Joon commence lui aussi une carrière d’espion. Nos deux tourtereaux vivent mal leur séparation mais ne reprennent pas contact, jusqu’au jour où ils se retrouvent en concurrence pour attraper la même cible : une organisation Russe qui veut voler un virus destructeur. Ils vont aller de découverte en découverte.

En quelques phrases : Très divertissante comédie de bout en bout. Pour une fois le rythme est parfait, le film ne souffre pas de longueurs ni d’une seconde partie pleurnicharde comme on en trouve souvent. L’autodérision, les twists inattendus, les situations totalement improbables et les dialogues vifs et hilarants sont là pour nous faire travailler les zygomatiques en permanence (attendez-vous à avoir mal aux joues). La plus grande surprise pour moi a été Kim Ha Neul : elle a réussi parfaitement ce mélange détonnant entre femme fatale et girl next door. Kang Ji Hwan est le partenaire idéal dans ce rôle de dorky dork à lunettes faussement coincé. Ce que j’adore avec ce film c’est que jamais il ne se prend entièrement au sérieux. Même quand le ton est plus mélancolique, sait exactement quand placer un gag pour détendre l’atmosphère. Trop de « comédies romantiques » s’embourbent dans du pathos convenu une fois l’humour de la première heure évaporé, et ceux qui savent du début jusqu’à la fin que leur histoire est de toute façon trop délirante pour être prise au sérieux et que ça ne sert à rien de tirer trop fort sur la corde émotionnelle se détachent des autres. On s’en doute, sacrifier l’émotionnel c’est enlever au film la possibilité de nous toucher au-delà du rire, mais je préfère qu’ils fassent ce qu’ils savent faire le mieux à fond plutôt que d’essayer maladroitement de nous tirer des larmes. Bien sûr 7th Level Civil Servant n’est pas sans défauts, quelques clichés ont la vie dure comme les moments où les héros touchent le fond à tous les niveaux en même temps ou les agents Russes de pacotille tout droit sorti d’un film d’exploitation. Mais malgré tout le film a su marier les tons de la comédie romantique, du buddy movie et du film d’espionnage sans s’emmêler les pinceaux, et c’était un challenge difficile à relever.

Verdict : Du pur film popcorn sans autre ambition que de nous faire éclater de rire, et qui atteint son objectif 99% du temps. Les acteurs sont hilarants et ont une alchimie renversante, la réalisation dynamique utilise toutes ses armes pour tirer le meilleur du scénario. Mission réussie ! 3/5

My Dear Desperado (2010, Kim Kwang Shik)

Critique complète

On suit avec plaisir et avec beaucoup d’implication le couple de My Dear Desperado. Le film est un peu prévisible, et il ne dépaysera pas les habitués du cinéma Sud-Coréen. Pour ma part je trouve que l’on est tellement impliqué avec les personnages que l’analyse des développements scénaristiques s’efface devant l’émotion intense procurée par les évènements. Encore une fois c’est le sentiment des personnages qui est mis à l’honneur, plus que la volonté de faire quelque chose de nouveau ou d’impressionnant. Partie pour voir une petite comédie sympathique pour passer le temps, j’ai terminé le film avec les yeux brillants. Je vous recommande vivement de découvrir le film, qui nous rappelle encore une fois qu’on n’a pas besoins d’être ni cynique ni niais pour faire une bonne comédie romantique. 2,5/5

Little Black Dress (2010, de Heo In Mu)

Synopsis : Quatre BFF dans le vent, fraîchement diplômées, se lancent sur le marché du travail. Leur amitié est mise à rude épreuve par la jalousie, et commence à vaciller sérieusement lorsque les secrets et les rancœurs font surface.

En quelques phrases : Little Black Dress aka My Black Minidress est le prototype du chick flick raté, et souffre en plus du défaut récurrent des scénarios Sud-Coréens schizophréniques où la première partie « comique » (emphase sur les guillemets) est très mal articulée avec la seconde, inutilement pathétique et moralisante. Le réalisateur a voulu faire quelque chose de trendy en s’inspirant des films et séries américaines du genre qui s’intéressent au consumérisme des jeunes générations, mais se plante royalement et échoue aussi bien à éveiller la sympathie qu’à poser des questions pertinentes sur le sujet. Le film pâtit d’une réalisation maladroite et d’une approche superficielle. Il est pessimiste sans pour autant assumer son discours pseudo-sociologique, et semble ne pas savoir s’il veut nous rendre ses héroïnes attachantes ou absolument insupportables. Park Han Byul et Yoo In Na s’en tirent plutôt bien et parviennent à insuffler un peu de vie dans les plantes vertes prétentieuses qu’on leur donne à jouer, Cha Ye Ryeun est dans ses plus mauvais jours, zombie-style, et Yoon Eun Hye débite son texte comme un automate, l’air complètement paumée. Les hommes sont comme des objets de luxe qu’elles iraient acheter aux galeries de leur quartier, leurs métiers respectifs semblent les ennuyer à mourir, il n’y a aucun rythme (les scènes sont interminables), les « blagues » souvent basées sur la moquerie gratuite ne sont pas drôle, nous avons des flashbacks de scènes récentes plus propres à un drama qu’à un film, le montage est atrocement morne (une scène après l’autre, sans inventivité aucune), les twists sot cheap au possible, etc, etc.

Verdict : J’ai eu l’impression d’être attablé ou plutôt coincé en face d’une camarades de classe ou collègue superficielle et imbue d’elle-même qui ne sait pas parler d’autre chose que de son nombril, forcé à l’écouter pendant des heures se plaindre de ses faux problèmes de cœur et de travail. Comme expérience de cinéma, il y a mieux. 0,5/5

Petty Romance (2010, Kim Jung Hoon)

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Synopsis : L’auteur de manhwa et fils d’artiste Jeong Bae (Lee Sun Gyun) a un bon coup de crayon, mais ses intrigues laissent à désirer. Il a besoin d’un scénariste pour avoir une chance de remporter un concours et son prix juteux. Le sujet : le sexe. Il embauche Da Rim (Choi Kang Hee), traductrice fauchée qui vient de perdre son emploi et qui rêve d’être écrivain. Ensemble ils commencent à créer un manhwa sur une tueuse qui fait de ses cibles ses esclaves sexuels. Ils ne s’entendent pas très bien au début, mais finissent par tomber amoureux.

En quelques phrases : Petty Romance fonctionne essentiellement à partir des interactions de son couple principal, et pas grand chose d’autre. La majorité du film est constitué de scènes de confrontation entre Jeong Bae et Da Rim. Heureusement pour nous, ces scènes sont réussies, et ils savent ponctuer la narration par des conflits qui apportent un minimum de tension pour faire avancer le couple (Da Rim se fait jeter dehors par son frère jumeau qui l’héberge, elle se fâche avec Bae, elle pense que sa copine couche avec lui, Bae reçoit une proposition pour partir à l’étranger, etc.). Et ce n’est pas comme si c’était totalement vide de réflexion. A l’aide de visuels de manhwa intégrés avec style, ils jouent à mettre en balance d’un côté un discours fantasmé sur le sexe nourrit de comics et de l’autre la réalité, ce qui provoque des scènes très stimulantes. Les héros confrontent leurs propres corps/expériences à leurs échanges sur leur projet commun, qui dépeint des performances impossibles et des corps hors-normes. J’ai trouvé très drôle (et bien vu) la manière dont ils tournent en dérision ce qu’on écrit/dessine dans la presse et les comics à propos du sexe, comme les articles de magazines accrocheurs qui vendent du conseil de séduction ou les « power fantasies » testostéronées que crée le héros. Nos héros mettent du temps à se rapprocher, mais tout cela mène à l’une des scènes de sexe raté les plus drôles que j’ai vues. Malheureusement le film se perd dans sa dernière demi-heure, sur un malentendus forcé qui nous écarte du sujet. Il se résout par un discours public tout aussi forcé, qui essaie de tirer du sentiment cliché à partir d’une intrigue qui en était agréablement dépourvue. C’est aussi l’un de ces films supposément sexy qui ne va pas jusqu’au bout de ses promesses, où le couple principal a le moins de scènes de sexe du film (j’avais eu le même problème avec My PS Partner). Les personnages dessinés et animés sont ceux qui s’amusent le plus, et j’aurais aimé qu’ils aillent un peu plus à fond dans le role-play au lieu de se perdre à la fin dans des conventions démodées.

Verdict : Comédie romantique bien interprétée (Choi Kang Hee et Lee Sun Gyun n’ont plus rien à prouver) et plutôt fun sur la manière dont les médias et les comics déforment notre vision et nos discours sur le corps et sur le sexe. Dommage que l’intrigue repose autant sur des problèmes de communication téléphonés qui pourraient être réglés très facilement si les personnages principaux étaient moins butés, en particulier l’héroïne qui pousse son syndrome de martyre un peu loin. A cause de ça j’ai eu l’impression que le film avait raté l’occasion d’aller jusqu’au bout de ses idées, et ça a diminué son intérêt. 2/5

The Crucible (2011, Hwang Dong Hyuk)

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Critique complète

Dans l’ensemble un bon film, qui utilise le médium du cinéma pour véhiculer des messages qui valent la peine d’être entendus et discutés par un large public. Même si ce n’est pas le genre de film devant lequel on a envie de se poser le soir ou un après-midi de pluie, c’est à voir comme un manifeste utile pour se poser les bonnes questions et réfléchir calmement à ce qu’il donne à voir et aux choix que nous pourrions être amenés à prendre. The Crucible milite pour briser le silence lorsqu’on est confronté à la violence. Une position de bon sens, mais tout sauf évidente à mettre en application. 3/5

You’re My Pet (2011, de Kim Byeong Hon)

Synopsis : Adaptation du josei à succès où une carriériste décide d’héberger un jeune homme qu’elle trouve dans un carton devant chez elle, à condition qu’il devienne son animal de compagnie. La cohabitation commence, et les sentiments s’en mêlent.

En quelques phrases : Kimi wa Petto, revisité par les Coréens. Et…ils auraient pu s’abstenir. Je ne sais pas pourquoi je m’obstine : le drama japonais a déjà été une déception, mais il fallait que j’en rajoute une couche en donnant une chance à la version coréenne. Pour moi You’re my pet tombe totalement à côté de ce que Kimi wa Petto (le manga) était. L’atmosphère, les personnages, tout ça manque ; alors quitte à modifier autant ces éléments, autant ne pas s’afficher comme une adaptation mais essayer de faire quelque chose de réellement original avec une trame relativement similaire. Je dois préciser d’abord que j’aime beaucoup Jang Geun Seok (malgré sa perm), et s’il a su apporter quelque charme dans son personnage, on ne peut pas vraiment affirmer que ce soit un home run pour lui. Kim Ha Neul est une sorte de quitte ou double en ce qui me concerne ; elle peut être sympathique comme elle peut être franchement agaçante. Et malheureusement, You’re my Pet ne va pas en sa faveur. Je n’ai senti aucune alchimie entre les deux acteurs (ce qui, pour une comédie romantique, est tout de même le signe d’un échec), et les scénaristes ont réussi à rendre ultra-clichée une romance qui à la base était pleine de fraicheur et d’originalité. Pas merci, franchement. De plus, si le film devait être médiocre, ils auraient au moins pu nous épargner ces presque 120 minutes d’action lente et ennuyeuse.

Verdict : C’est typiquement le genre de film qui mise tout sur l’apparence et la popularité des acteurs, oubliant par conséquent ce qui fait le point le plus important d’un divertissement : avoir une intrigue décente. À part des rares sourires esquissés, le film m’a laissée froide : c’est longuet, décevant, sans intérêt, et cliché. 1/5

The Howling (2011, Yoo Ha)

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Critique complète

Sur le fond c’est une histoire de vengeance trop prévisible qui passe à côté d’une potentielle histoire passionnante façon bête du Gévaudan, en choisissant le chemin sentimentaliste le plus banal. Le film vaut surtout pour son héroïne hors du commun qui est le véritable loup que le titre fait « hurler » (intérieurement). Je suis très déçue que Howling  n’ait pas été aussi noir et profond que je le voulais et qu’il se contente de rester dans le politiquement correct, mais dans l’ensemble c’était une expérience positive et l’occasion de (re)découvrir les excellents acteurs que sont Lee Na Young et Song Kang Ho. La réalisation en clair-obscur contribue à rendre l’ambiance du film prenante. Même si sa longueur (presque deux heures) se justifie mal, ça se regarde très facilement. 2,5/5 

Penny Pinchers (2011, de Kim Jeong Hwan)

Synopsis : Un jeune homme désinvolte à l’extrême (Song Jong Ki), chômeur par flemmardise aux poches trouées a pour voisine la femme la plus économe de la création (Han Ye Seul), qui passe sa vie à concocter des petites magouilles pour accumuler et sauvegarder chaque centime. Lorsqu’il perd son logement, elle l’héberge sur son pallier et l’entraîne dans ses combines plus ou moins frauduleuses. Ce partenariat fonctionne de mieux en mieux, et petit à petit chacun devient indispensable pour l’autre.

En quelques phrases : Encore une fois un film Sud-Coréen à la promotion trompeuse. C’est amusant de remarquer que là-bas les films qui sont vendus comme des comédies romantiques passeraient pour des films indies chez nous. Penny Pinchers aka Love and Cash aka Penny Pinching Romance utilise une formule toute simple que l’on rencontre souvent si on explore un peu le cinéma du pays : deux marginaux s’associent de manière assez farfelue, tombent amoureux malgré leurs différences, passent des moments de crise grave qui nous touchent en plein cœur et repartent d’un bon pied après avoir réalisé ce qui compte vraiment pour eux. Je m’attendais à plus de situations burlesques et à plus de pathos autour de la question de l’argent, mai ce thème est abordé de manière très délicate et le scénariste/réalisateur n’impose pas de jugement de valeur sur le comportement de ses personnages. Ce n’est pas vraiment une comédie ni à proprement parler une romance, mais plutôt un drame intimiste et optimiste qui montre que les humains sont des bestioles sacrément coriaces et peuvent toujours repartir de plus belle, surtout si ils sont bien accompagnés. Le film est prévisible dans les grandes lignes et je pense qu’il aurait pu être à la fois plus drôle et plus dur (il manque de force), mais trouve sa valeur dans les petits détails et la poésie discrète de quelques scènes. Song Jong Ki et Han Ye Seul n’ont pas une alchimie éclatante mais ce n’est pas du tout le propos du film, et chacun est très attachant à sa manière (Han Ye Seul revient à la qualité de jeu qu’elle avait montré dans Fantasy Couple, Song Jong Ki s’essaie avec succès à un rôle de looser aux antipodes de ce qu’il a fait précédemment). La cinématographie est agréable, j’ai vu mieux, mais c’est doux et lumineux avec de bonnes transitions. J’ai apprécié qu’ils prennent le temps de construire l’intrigue et la relation des personnages : ils ne sont pas immédiatement attachants, mais la patience paye et la fin nous laisse sur des scènes d’une grande tendresse. C’est typiquement le genre de film qui ne procure pas un plaisir particulièrement vif lors de son visionnage, mais qui touche juste et vous accompagne pendant longtemps.

Verdict : Dans l’ensemble un bon film, peut-être un peu trop anodin mais réaliste et surtout très cohérent que je recommande chaudement, à regarder pour la qualité du scénario et le charme des acteurs 2,5/5

Sunny (2011, Kang Hyeong Cheol)

Critique complète

Fidèle à son objectif affiché, Sunny est un beau film sur l’amitié. J’avais pensé qu’ils profiteraient de la reconstitution des années 80 pour y aller à fond dans le kitsch à la Hairspray. Au contraire, ils n’utilisent pas du tout les tendances de l’époque comme un simple gimmick, prétexte à toute les extravagances, mais plutôt comme une référence réconfortante à un monde plus coloré (le contraste entre la liberté vestimentaire de l’époque et les sombre uniformes actuels est particulièrement frappant). Loin d’en rester là, le film crée de nombreux parallèles avec le présent et montre qu’au fond, les jeunes filles n’ont pas changées. Il y a toujours les caïds, les délinquantes, les solitaires, et les groupes de filles radieuses qui rient aux éclats et que rien ne semble pouvoir démonter. A la fois générationnel et de portée universelle, Sunny rend un bel hommage à la jeunesse et aux liens indéfectibles de l’amitié. 4/5

Bow/War of the Arrows (2011, de Kim Han Min)

Une heure et demie de course-poursuite haletante. Deux jeunes mariés (Moon Chae Won, Kim Mu Yeol) tentent de rentrer en Corée, poursuivis par les guerriers Manchus qui les ont capturés. Le héros (Park Hae Il) et grand-frère de Ja In (Moon) parcoure les montagnes et les forêts à la frontière pour leur venir en aide et combat le prince (Park Ki Woong) et les chefs Manchus, qui se jurent d’avoir sa peau. War of the Arrows est assez simpliste et manichéen dans sa manière de mettre en scène les deux camps ennemis, mais comme son propos n’est pas de faire une quelconque exposition historique ou réflexion politique, ça ne m’a pas gêné outre mesure. Le principal intérêt du film réside dans la mise en scène d’un dynamisme rarement atteint, maintenant le degré d’adrénaline et de suspense du début jusqu’à la fin. Les acteurs n’ont pas beaucoup de dialogues et tout se joue et se comprend en quelques gestes et regards d’une grande expressivité. Pour un mélange entre reconstitution, action et suspens, c’est très réussi. Le film lui-même suit le mouvement de l’archer : il se tend, retient l’énergie, fait monter la tension jusqu’à son paroxysme, et enfin relâche sa flèche (son final grandiose) qui touche au plein cœur de sa cible. Touché ! 3,5/5

Detective K – Le Secret de la Veuve Vertueuse (2011,Kim Seok Yun)

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(critique complète)

Commence comme un bon Buddy Movie façon « Sherlock Holmes sous Joseon », mais dégénère rapidement en vague mélo moraliste qui assume un peu trop bien sa partialité pro-chrétienne. La première partie est inventive et très amusante grâce à Kim Myung Min, Han Ji Min et une réalisation enlevée, mais la seconde partie et la fin laissent un mauvais goût dans la bouche. 1,5/5

Suicide Forecast (2011, de Jo Jin Mo)

Synopsis : Seo Yon (Younha),  Young Tak (Im Joo Hwan) et Bok Soon (Jung Sun Kyung) vont trouver Mr Oh, un agent d’assurance qui vient de fermer boutique. Il les redirige vers Bae Byung Woo (Ryuu Seung Beom), un jeune agent qui leur fait signer un contrat d’assurance vie pour remplir ses quotas, en fermant les yeux sur une règle d’or du métier : ne jamais contracter avec des personnes ayant des antécédents suicidaires. Deux ans plus tard, Byong Woo a fait une carrière brillante et le patron d’une boîte prestigieuse lui propose un poste. Mais l’un des clients de l’agent se suicide juste après avoir conclu un contrat d’assurance-vie avec lui, et il se retrouve sous l’opprobre de ses proches qui regrettent son attitude blasée de commercial hypocrite. L’un de ses collègues et amis ressort les dossiers des trois suicidaires et lui demande d’aller les voir pour les convaincre de changer de contrat. C’est ainsi que Byung Woo commence un drôle de porte-à-porte sur les quais et dans les quartiers pauvres, réalisant peu à peu la vacuité des slogans qu’il assène.

En quelques phrases : Un touchant drame burlesque dont ces réalisateurs Coréens ont le secret. Suicide Forecast nous embarque à la découverte de trois suicidaires : une jeune chanteuse de bar endettée qui s’est construit son logement dans un camping-car désaffecté au bord du fleuve, un SDF souffrant du syndrome de Tourette qui fait le tour du quartier tous les jours pour trouver du travail afin de subvenir aux besoins de sa sœur et de sa nièce, une veuve avec quatre enfants à charge dans les quartiers pauvres de la ville, ces fameux quartiers à flanc de montagne que l’on voit toujours menacés de rénovation, entraînant l’expulsion forcée des locataires. Le danger était de tomber dans la facilité, et le scénario se permet de donner un peu trop largement dans le pathos. Il se rattrape avec un final haletant et touchant. Ce côté féérique l’empêche d’être un film social intéressant, mais il en fait un superbe conte de Noël, réconfortant comme tout. C’est l’éternelle histoire de Mr Scrooge, qui revit sous les traits d’un Ryu Seung Beom toujours aussi dynamique et inspiré en agent d’assurance cynique qui réapprend à s’ouvrir aux autres en rendant visite à des marginaux en grande souffrance. Il comprend que donner son temps, offrir une oreille attentive et de la sincérité a plus de pouvoir que tous les paniers-surprises et belles phrases creuses qu’il répète à l’envie.

Verdict : Malgré ses quelques dérapages par la case mélo, ce film est une formidable boule d’énergie et d’optimisme qui refuse l’hypocrisie et fait valoir les actes concrets sur les promesses en l’air dans un domaine pas forcément très sexy (la grande misère financière et sociale dans laquelle se retrouve une partie de la population). Ce n’est pas un chef-d’œuvre, mais il vaut définitivement le coup d’œil. 3/5

Spellbound (2011, de Hwang In Ho)

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Critique complète de Kaa

Synopsis (de Kaa ): Ma Jo Goo (Lee Min Ki) était un simple magicien de rue jusqu’à ce qu’il rencontre Yeo Ri (Son Yeh Jin), une belle et étrange jeune femme au visage triste et à l’allure fantomatique. Il lui propose de devenir son assistante et avec elle imagine un numéro original qui lui permettra de rencontrer le succès : un spectacle de magie/horreur dans lequel elle sera un fantôme vindicatif et lui une sorte de chasseur exorciste. Cependant, pour des raisons obscures Yeo Ri semble toujours se tenir en retrait, refusant systématiquement, depuis un an maintenant, de prendre part à leur réunion post-travail en prétextant d’avoir des rendez-vous importants. Suite à un certain nombre d’évènement, Jo Goo et Yeo Ri se rapprochent et cette dernière lui fait part de  son passé tragique et de son don inhabituel qui lui rend la vie dure. Jo Goo tombe progressivement amoureux d’elle, mais sera-t-il capable de faire face aux fantômes de Yeo Ri?

En quelques phrases (critique de Mina) : Pour un film qui parle de malédiction et de fantômes, c’est sacrément fun ! Ça a été tourné en hiver et ça s’appelle « Chilling Romance » mais c’est incroyablement chaleureux. Le film doit beaucoup à ses deux acteurs principaux, Son Ye Jin (qui prouve encore une fois qu’elle fait partie des meilleures actrices de sa génération) et Lee Min Ki toujours aussi charmeur et inspiré. La romance et l’humour fonctionnent à merveille et s’accordent très bien avec la touche de surnaturel, inquiétante sans tenir du film d’horreur. Les trois premiers quarts du film sont une franche réussite qui construit de manière convaincante une histoire d’amour adorable. Mais l’aspect dramatique du scénario représente la principale faiblesse de fond de Spellbound. Le secret de la  malédiction de l’héroïne est un peu idiot et vide beaucoup les malheurs de la jeune femme de leur sens, et je ne pense pas que le coma de Jo Gu et le départ de Yu Ri à la fin étaient indispensables. Je pensais aussi que le scénariste aurait des idées plus originales pour développer cette histoire de fantômes, et quelques bases sont lancées (Yu Ri qui accomplis les dernières volontés des morts et qui se fait intermédiaire entre eux et le monde des vivants) mais rien n’est vraiment développé à fond. Les dernières déclarations sonnent faux par rapport au reste. C’est dommage que le film ait recours à des facilités (*hum* Noble Idiotie *hum*) pour trouver sa résolution pendant les vingts dernières minutes, parce que le reste est un quasi sans-faute. La réalisation est très réussie (kudos pour avoir marié romance et horreur), les acteurs sont parfaits, mais le scénario souffre de problèmes structurels qui mènent à cet espèce d’effondrement final, me laissant très mitigée.

Verdict : C’est très drôle, c’est réconfortant, c’est romantique, mais si on met de côté cette métaphore sur le deuil (très bien expliquée par Kaa dans son article), c’est étonnamment superficiel et naïf. Les vingts dernières minutes semblent vouloir remporter un challenge : balancer le plus de clichés possibles en lieu et place de conclusion. A regarder pour rire de bon cœur en ayant conscience des limites scénaristiques du film. 2/5

Blind (2011, Ahn Sang Hoon)

Synopsis : Soo Ah (Kim Ha Neul), fraichement entrée dans la police devient aveugle dans un accident de voiture idiot qui coûte la vie à son petit frère. Trois ans plus tard elle a toujours un peu de mal à s’accoutumer à sa cécité mais elle a développé ses autres sens. Lorsqu’elle entre dans la voiture d’un tueur en série qui se fait passer pour un taxi, elle remarque quelques éléments étranges. Le véhicule heurte une jeune femme et l’homme prend la fuite avec cette dernière victime inattendue dans son coffre, laissant Soo Ah sur le pavé. Elle reporte l’incident à la police et avec les récentes disparitions on lui assigne Hee Bong (Jo Hee Bong, il n’ont pas changé le nom), un officier bon vivant qui se prend d’affection pour elle. En parallèle un jeune des quartiers pauvres, Gi Sub (Yoon Seung Ho) qui a assisté à l’accident se retrouve lui aussi impliqué dans l’affaire.

En quelques phrases : Oh c’était mauvais. Ni nanar ni navet, mais un peu entre les deux. J’ai eu du mal à rentrer dans le film au début à cause principalement du ton mélo un peu trop prononcé, des erreurs assez stupides dans la manière de présenter et de filmer le chien d’aveugle de l’héroïne et la tendance de cette dernière à avoir des phases TSTL*. Kim Ha Neul est décevante et joue son rôle de femme aveugle qui ressent de la culpabilité à un premier degré embarrassant. J’ai quand même continué et le film devient plus intéressant lorsqu’il aborde l’enquête centrale autour du violeur/tueur. Le serial killer lui-même est le type de serial killer de fiction auquel on pense immédiatement (il récupère des jeunes femmes, les viole,les torture et s’en débarrasse) mais c’est surtout le point de « vue » ou plutôt le point de « sensibilité » qu’apporte l’héroïne qui fait l’intérêt du film (elle se rappelle beaucoup plus des odeurs et des sensations que les autres gens). Mais la réalisation banale voire maladroite pousse le film vers le bas. La musique est angoissante là où on l’attend, il y a un peu trop de flashbacks de l’accident à la NCIS, la manière dont le réalisateur a fait jouer ses acteurs et les a filmé est trop stéréotypée si bien qu’ils ne parviennent pas à être autre chose que des personnages « écrits » sans réelle profondeur (le tueur pourrait porter sur le front l’insigne « je suis le méchant », ça ne serait pas plus évident). De manière trop attendue Gi Sub sert de substitut à Soo Ah qui a du mal à faire le deuil de son petit-frère, et le chien est prétexte à des scènes complètement cliché. A mesure que le scénario avance les choses deviennent de plus en plus ridicules et la traque traîne en longueur. L’interminable séquence finale est un peu plus intéressante que le reste, mais dégénère complètement dès qu’ils essaient de faire une sorte d’écho à la première scène pour exorciser la douleur de l’héroïne. On quitte le film amusé, sans réelle implication.

Verdict : C’est beaucoup trop cheesy-mélo et simplet pour être un bon thriller. Les personnages prennent souvent des décisions inconséquentes qui donnent envie de se taper la tête contre les murs et la réalisation est tout sauf subtile. Une fois qu’on a accepté qu’il s’agit d’un film de genre (limite d’exploitation) qui cherche plus à divertir qu’à vraiment émouvoir et poser des questions existentielles, ça passe beaucoup mieux. Ça reste très médiocre. Je vous conseille de passer votre chemin, le cinéma Sud-Coréen regorge de thrillers beaucoup plus intéressants que cette tentative ratée, qui partait pourtant d’une bonne idée. 1/5

*Too Stupid To Live/Trop Stupide Pour Vivre : un personnage qui prend des décisions tellement stupides (en particulier dans des situations dangereuses pour lui ou pour les autres) qu’il en devient exaspérant.

Dancing Queen (2012, Lee Suk Hoon)

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Synopsis : C’est l’histoire d’un couple de quarantenaires qui renouent avec leurs vieux rêves. Jung Hwa (Uhm Jung Hwa), reine de la nuit, a choisi d’épouser son ami d’enfance Jung Min (Hwang Jung Min) et de fonder un foyer avec lui en sacrifiant une potentielle carrière de chanteuse. Des années plus tard alors que le couple et leur fille sont installés dans une routine sans éclat (lui dans un job de fonctionnaire mal payé, elle donnant des cours de danse aux ajhummas de son quartier) chacun se voit proposer l’opportunité de renouer avec ses vieilles ambitions. Mais est-ce qu’un candidat au poste de maire de Séoul peut avoir une épouse membre d’un groupe de Kpop ?

En quelques phrases : La première partie du film est aussi légère qu’une bulle de savon, aussi entraînante et pétillante qu’une chanson pop. Nous faisons connaissance avec ce couple improbable, où c’est l’épouse survoltée qui fait le plus de compromis, tandis que le mari un peu déconnecté de la réalité se laisse entrainer dans une série d’évènements qui vont le propulser comme personnalité populaire en vue. L’espoir renaît pour chacun d’eux, et tout redevient possible. Toute la première partie est très nostalgique des années 90, et nous déroule la vie des protagonistes de l’enfance à la quarantaine en quelques scènes amusantes qui se regardent comme on parcoure un vieil album photo. Ensuite le rôle d’Uhm Jung Hwa rejoue le classique affrontement « vie de femme au foyer blasée VS rêves de jeunes filles », mais il sonne juste : il est écrit et joué avec ce qu’il faut de nuances pour la rendre instantanément attachant. Jung Hwa respecte les codes de la politesse mais ne se rabaisse jamais, reste fidèle à ses principes, s’énerve pas mal contre son mari qui ne la traite pas toujours avec gentillesse mais le soutient de tout son cœur, et travaille dur pour ses rêves sans se faire d’illusions. Mais le film n’exploite pas à fond le potentiel du personnage, et lorsqu’on aborde l’intrigue politique autour de son mari le discours tire sur le niais. Le conflit central et sa résolution vont droit dans le mur des clichés les plus prévisibles qu’on pouvait avoir en lisant le scénario. Le tout est sauvé par un fond de discours sur la famille agréablement progressiste, mais les ficelles tirées pour en arriver là sont énormes. J’aurais aimé qu’ils se souviennent que « populaire » ne signifie pas obligatoirement « simpliste ».

Verdict : Dancing Queen aurait pu être un excellent film musical à échelle humaine sur une quarantenaire qui se prend à rêver d’une carrière de chanteuse, et il l’est…au début. Malheureusement la partie politique du scénario terriblement convenue tire le film vers le bas. Il y avait du potentiel pour plus de romance entre les héros, plus de danse, plus de fun, mais la volonté des créateurs d’en faire un film transgénérationnel sans bien maîtriser le genre condamne la dernière partie au ridicule gentillet. Je ne comprends pas bien pourquoi ils ont abandonné l’éclatante autodérision des premières scènes pour nous plonger dans un sentimentalisme dégoulinant. Si le film vous fait envie allez-y, c’est très divertissant, mais n’attendez pas grand-chose de profond. 2/5 

Code Name : Jackal (2012, Bae Hyeong Jun)

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Synopsis : L’idole montante Cha Hyeon (Jaejung) prend une chambre dans un ex love-hôtel un peu miteux qui essaie de redorer son blason tout en entretenant tout de même par derrière sa fonction d’accueil de couples en goguette. Il est suivi puis capturé (dans sa propre chambre) par Min Jung (Song Ji Hyo) une tueuse débutante maladroite. Sa première commande vient de l’ex de l’idole, qui a suffisamment souffert pour vouloir sa mort. Mais la police par hasard a eu vent d’une fameuse dernière mission d’un gros poisson qui se cache sous le pseudo « Jackal » dans le même hôtel et s’installe dans une chambre connexe pour coincer le tueur. Bien sûr personne n’imagine que la jolie Japonaise de la chambre voisine est une tueuse qui séquestre une idole, mais les quiproquos s’enchaînent jusqu’à ce qu’un autre tueur pointe son nez pour finir sa dernière mission, tuer Cha Hyeon. Qui est Jackal ?

En quelques phrases :  Alerte à la bouse ! C’est une comédie de mauvais goût. J’ai cru au début qu’elle pourrait être divertissante d’une façon crétine mais amusante, mais rapidement l’ennui et l’exaspération s’insinuent, puis s’imposent irrémédiablement. Le scénario patauge, les acteurs sont inégaux, l’humour s’épuise rapidement, bref, c’est d’abord de mauvais goût puis mauvais tout court. Le fait que le film soit relativement court l’empêche de s’enfoncer trop profondément, mais le mal est fait. Le duo Jaejung/Song Ji Hyo fonctionne plutôt bien…avant qu’il ne dérape dans l’infantile puis l’absurde à mesure qu’on apprend leurs secrets (tous plus invraisemblables les uns que les autres, contribuant à faire échouer toutes les tentatives du film de nous toucher). Les personnages secondaires ne sont pas mieux. Au début ils ne sont pas tellement gênants et apportent même des petites touches d’humour pas inefficaces, mais rapidement ces crétins grossiers deviennent lassants et lourds, n’apportent rien à l’intrigue et surtout ne sont pas drôles. Tout ce qui a à voir avec les policiers en particulier, on zappera. C’est dans ces passages que la vacuité du film se fait le plus sentir. Les quiproquos ne font preuve d’aucune imagination, les retournements de situation sont prévisibles à des kilomètres et les acteurs essaient de sauver tant bien que mal ce qu’ils peuvent sauver (le plus souvent : le comique de situation), mais échouent à nous rendre leurs personnages sympathiques. La fin du film arrive comme un cheveu sur cette soupe déjà bien infecte et on a du mal à croire qu’ils ont eu le culot de nous mettre des scènes bonus « comiques » dans le générique. Sur la forme, c’est moche, on est loin des affiches glamour et kinky de la promotion.

Verdict : Une perte de temps. 0,5/5

Never Ending Story (2012, de Jeong Young Ju)

Synopsis : Song Gyeong (Jong Ryu Won)  et Dong Ju (Uhm Tae Wong) découvrent en même temps qu’ils ont une tumeur au cerveau et qu’ils ne leur reste plus que trois mois à vivre. Dong Ju vit au jour le jour et Song Gyeong passe son temps à planifier sa vie de A à Z, mais ils sympathisent quand même et décident de tout plaquer et de s’enfuir de leur quotidien respectif pour profiter ensemble du temps qu’il leur reste. Ils tombent amoureux, mais le temps passe vite et la santé de Song Gyeong se dégrade rapidement.

En quelques phrases : Never Ending Story est une tentative ratée d’aborder un sujet délicat (que fait-on de sa vie après avoir reçu un diagnostic sans appel et seulement quelques mois à vivre ?) qui passe complètement à côté de son objectif. C’est un film qui ne décolle jamais vraiment, qui nage dans une zone de banalité crasse en tournant autour de personnages qu’on a déjà vu cent fois ailleurs, en mieux. En fait si on regarde un peu le tout de loin c’est juste un enchaînement de scènes mignonnes souvent stéréotypées et sans enjeux. L’une des rares réussites du film est d’avoir inversé les rôles : a priori vu leurs caractères on s’attend à ce que ça soit Song Gyeong qui coure après Dong Ju, mais c’est la jeune femme qui lui tends des perches et elle se vexe un peu lorsqu’il ne les attrape pas. Ça c’était original. Ce qui ne fonctionne pas : tout le reste. Les caractères contrastés des personnages ne sont jamais expliqués et ne servent qu’à les distinguer du commun des mortels sans que ça vienne ajouter grand-chose à l’intrigue. Le sujet de la maladie est abordé avec un peu trop de légèreté et comme les personnages ne sont pas assez bien caractérisés ça devient difficile de se sentir vraiment triste pour eux, malgré tout le charisme et la chaleur d’Uhm Tae Wong et de Jong Ryu Won.  L’histoire d’amour tombe aussi un peu à plat : rien ne nous montre que les personnages sont vraiment amoureux l’un de l’autre, et on a surtout le sentiment qu’ils apprécient l’idée d’avoir une belle romance sans que ça aille au-delà du rêve idéalisé. On ne comprend pas trop pourquoi Song Gyeong s’isole sans rien dire à personne lorsque son état se dégrade ni pourquoi Dong Ju ne lui dit rien sur sa propre santé (qui s’améliore, avec la culpabilité que ça entraîne), non pas parce que ce sont des comportements irrationnels dans la vie réelle mais à cause du scénario maladroit qui présente mal ces décisions. La fin avec la saga séparation/course contre la montre/grande déclaration avec la caméra tournante est un enchainement de clichés et les problèmes les plus importants sont résolus hors champ. Au moins la réalisation est très jolie, j’aime beaucoup comment ils ont utilisé la lumière pour donner un ton léger et optimiste au film et les quelques morceaux de musique sont très bien choisis.

Verdict : Malgré sa promotion qui suggérait une comédie romantique noire, c’est une romance de carte-postale trop longue (une demi-heure de trop !) et très inégale qui alterne entre bonnes trouvailles (rares) et lieux communs du genre (nombreux). Ça manque de rythme, c’est beaucoup trop lent à démarrer et on a constamment l’impression que le film passe à côté de son sujet. A force de vouloir prendre de la distance avec ses personnages et leurs difficultés le film reste dans la superficialité et ne fait qu’effleurer cette histoire d’amour insolite. J’en suis sortie perplexe et indifférente, un comble pour un film qui parle de cancer. Il y a une petite référence vers la fin au chef d’œuvre d’Hur Jin Ho (Christmas in August, un film avec un sujet similaire) mais Never Ending Story n’a pas le cinquième de la poésie et du pouvoir émotionnel de ce dernier. 1,5/5

Men’s Manual : How to Use Guys With Secret Tips (2013, Lee Won Suk)

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Synopsis : Choi Bona (Li Si Young) est l’éternelle assistante dans son entreprise de tournage de pubs, et n’a pas non plus beaucoup de succès sur le plan sentimental. Alors qu’elle est au fond du trou elle récupère une étrange vidéo qui prétend expliquer aux femmes comment réussir en utilisant les hommes, et malgré son incrédulité elle commence à suivre leurs instructions. Elles s’avèrent très efficaces, et emportée par son succès Bona attire l’attention d’un acteur en vogue, Lee Seung Jae (Oh Jung Se). Suite à une soirée arrosée ils couchent ensemble, et notre héroïne commence à utiliser les conseils de la vidéo pour le garder auprès d’elle, sans vraiment penser aux conséquences.

En quelques phrases : C’est dommage que ce film n’ait pas eu beaucoup de succès en Corée du Sud, c’est une véritable gemme de comédie romantique comme on en voit peu. Très créatif, n’hésitant pas à aller dans l’absurde pour captiver le spectateur, ce film est d’abord une réussite sur le plan formel. Ils ont trouvé pleins de moyens originaux pour intégrer les séquences vidéo de la cassette de Bona à sa vie quotidienne, si bien que son mentor est constamment présent dans le film et sert à la fois de marraine la bonne fée, de narrateur et de voix de la conscience au film. C’est aussi très coloré, dynamique (on ne voit pas les deux heures passer), doté d’une excellente bande-son et très inventif. Sur le fond c’est tout aussi séduisant, la formule est recyclée mais son exécution lui donne un coup de neuf et une charmante excentricité. Le héros en particulier défie les normes du prince (ou bad boy) classique en étant plus un clown qu’un charmeur, et ses scènes peuvent être hilarantes. Je me méfie de l’humour scatologique ou scabreux dans les comédies (Sud-Coréennes ou pas), ayant été de nombreuses fois écœurée dans le passé, mais ici ce n’est ni insultant ni dégoûtant, et c’est toujours très très drôle (mention spéciale à la scène du champagne). Il y a aussi en fond de toile une critique pertinente sur le sexisme subi par les femmes dans le show-business; en particulier les réalisatrices, qui, vous l’aurez sans doute remarqué, ne sont pas légions. La dernière phase du film plus mélancolique est un peu en dessous de la qualité générale du reste, mais c’est pour nous laisser sur un final plus que satisfaisant.

Verdict : Excellente comédie romantique qui fait preuve à la fois de créativité et d’intelligence. 4/5

The Pirates (2014, Lee Suk Hoon)

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Critique complète

Beaucoup trop long et verbeux pour l’histoire qu’il à a raconter et le genre dans lequel il s’inscrit, The Pirates est sauvé de la totale médiocrité grâce à une réalisation correcte, ses deux acteurs principaux charismatiques et quelques gags et acrobaties bien trouvés. Malheureusement le rythme est régulièrement cassé par des conversations qui se trainent en longueur, et les évènements attendus, bien que satisfaisants, arrivent trop tard. Plusieurs personnages et intrigues auraient pu être rayés du scénario pour alléger le tout et nous y aurions gagné au change. Ce n’est pas vraiment une déception, il remplit plutôt bien son contrat de divertissement léger, mais il aurait fallu couper plus du tiers du film au montage ou repenser le scénario pour que ça tienne sur les deux heures.  2/5

A Hard Day (2014, Kim Seong Hun)

AHD

Synopsis : L’officier de brigade des homicides Gun Soo (Lee Sun Gyun) veut juste se rendre aux funérailles de sa mère, mais sur la route il a un accident et heurte quelqu’un. Dans un élan désespéré, poussé par l’arrivée imminente d’une voiture de police, il met le cadavre dans le coffre de sa voiture pour ensuite le cacher dans le cercueil de sa mère. Mais alors qu’il croit l’affaire littérallement morte et enterrée, son équipe est mise sur la piste de l’homme dont il s’est débarrassé. Pire, il est contacté par un individu mystérieux (Choi Jin Woong) qui semble tout savoir de ses agissements, et qui commence à le faire chanter.

En quelques phrases : Il faut le dire tout de suite, j’ai haussé les sourcils d’incrédulité plusieurs fois devant les retournements de ce film, à commencer par les premières décisions de Gun Soo. Mais je savais que si je n’achetais pas ce qui compose la base du scénario (le héros commet une énorme bourde), je ne pourrais pas profiter du reste qu’on m’avait vanté comme une haletante course-poursuite, et j’ai persévéré. En fait j’ai vite compris que le film n’est pas conçu pour être réaliste ni même pris trop au sérieux, il est ponctué d’humour noir, de situations rocambolesques, si bien qu’il frôle la qualification de comédie. Mais ça reste avant tout un très bon film d’action. Le rythme ne ralentis jamais, il n’y a aucun temps mort, aucune baisse de régime, et le coeur du film (le jeu du chat et de la souris entre Gun Soo et celui qui veut le manipuler) nous tient en haleine. Comme le scénario est très concentré autour de ses deux personnages principaux, A Hard Day tient essentiellement sur la performance de Lee Sun Gyun et de Choi Jin Woong, et ils se révèlent largement à la hauteur du challenge. Lee Sun Gyun en particulier est à son meilleur, très subtil et très nerveux, et joue avec autant de talent tant les phases pathétiques que les phases héroïques de son personnage. Choi est menaçant comme il faut, mais j’ai trouvé son rôle moins bien écrit et surtout un un tantinet OTT (et ne parlons pas de l’une des scènes finales, où il fait voler toute crédibilité par la fenêtre). L’intrigue de fond est plutôt classique, Kim Seung Kyun ne réinvente pas le genre mais c’est composé de manière intelligente et nous ne sommes pas à l’abri de quelques surprises.

Verdict : Un très solide film d’action, je le recommande même si quelques éléments du scénario sont difficiles à avaler. C’était un « Hard Day » pour Gun Soo, mais une joyeuse virée pour nous. 4/5

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