Romance/Drame

[HorribleSubs] Shigatsu wa Kimi no Uso - 13 [720p].mkv_snapshot_21.21_[2015.01.21_17.15.14] [Coalgirls]_Clannad_02_(1280x720_Blu-Ray_FLAC)_[C123E948].mkv_snapshot_03.00_[2015.09.19_14.53.56]

[CBM]_Tokyo_Magnitude_8.0_-_05_-_Schoolhouse_of_Lamentation_[720p]_[20497E41].mkv_snapshot_11.11_[2014.11.17_22.57.07] [HorribleSubs] Nagi no Asukara - 14 [720p].mkv_snapshot_01.40_[2014.01.10_03.30.11]

Système de classement

10 – Note réservée aux animes qui ont changé ma vision sur ce médium et qui figureraient dans ma liste de favoris. 

9 – Excellent. 

8 – Solide, imparfait mais fichtrement bon. 

7 et 6 – L’anime m’a apporté suffisamment pour que j’en soit globalement satisfaite et que je ne regrette pas de l’avoir vu, mais quelques erreurs de parcours seront peut-être difficiles à ignorer pour d’autres que moi. Bien sûr j’estime les problèmes plus conséquents quand je note 6. Quand je note 7, ils sont encore relativement négligeables. 

5 – Inégal ou médiocre, à voir uniquement si ce qui vaut les 5 points vous motive assez pour supporter le reste. 

4 et 3 – Mauvais, à éviter. 

2 – Grosse daube, possiblement traumatisante. 

1 – Arrêtez le responsable.  

NB : Je met ici en majorité des animes que j’ai terminé en entier, d’où les notes élevées. Les « DNF » (Did Not Finish) sont ceux que j’ai arrêté en cours, mais suffisamment avancés pour avoir une opinion dessus (en général j’ai vu au moins la moitié). 

Les animes

Air (2005) – 8

Air

Un marionnettiste itinérant arrive dans un petit village côtier et rencontre trois filles mystérieuses qui parlent de s’envoler dans le ciel. Parmi elles se trouve Misuzu, qu’il pense être la fille qu’il a cherché toute sa vie. Air est la première des trois grandes collaborations Key/KyoAni (les trois mélodrames classiques Air/Kanon/Clannad) et il a très bien vieilli, grâce à l’animation impeccable du studio et à l’efficacité de leur réécriture de la VN. Ils ont gardé les choses simples se concentrant sur les personnages centraux, et les arcs parallèles sont là pour raconter d’autres version de la même histoire : la réparation de liens familiaux brisés. Air est en fait surtout une ode à l’amour des mères (biologiques ou adoptives) envers leurs filles, même si au premier abord ça a l’air de vouloir raconter autre chose. C’est très épuré mais suffisamment chargé en symbolisme et en relations complexes pour prêter à réflexion, et je pense que c’est une très bonne introduction au style de Maeda.

Angel Beats (2010) – 7

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Quelque part entre le monde des vivants et le monde des morts, un lycée garde prisonnières les âmes de jeunes gens décédés prématurément jusqu’à ce qu’ils soient prêts à partir en paix. Nos héros mènent une rébellion contre leur propre ascension au ciel. Angel Beats est un anime très hétéroclite. Il gère une tonne de tons et de thèmes différents (on peut passer rapidement de scènes d’humour hystériques à du drame pur en passant par de l’action explosive et des scènes musicales), beaucoup de personnages à la fois, et réussit à jongler avec tout ça sans se prendre les pieds dans le tapis…sauf à la fin. Le véritable ennemi de cet anime (et de ses personnages ironiquement) c’est le temps. Il met longtemps à démarrer, mais une fois qu’il réussi à nous captiver avec ses épisodes centraux (excellents il faut l’avouer) c’est déjà l’heure de clôturer le scénario. Ils le font en catastrophe, en coupant beaucoup de choses, et en laissant beaucoup trop de questions ouvertes. Je me suis sentie complètement arnaquée par l’épilogue, et en particulier par une romance tragique de dernière minute qui ne m’a pas du tout convaincue.  Angel Beats avait suffisamment de matière pour largement dépasser la vingtaine d’épisode, et ils ont du se débrouiller avec beaucoup moins, probablement dans l’idée que la VN comblerait les trous. Le résultat est impressionnant quand ils prennent le temps de développer les histoires de leurs personnages, mais ces restrictions les ont obligé à sacrifier beaucoup trop d’éléments pour qu’on en ressorte réellement satisfait.

Ano Hi Mita Hana no Namae o Boku Tachi wa Mada Shiranai (2011) – 9

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Un anime slice-of-life un brin fantastique basé entièrement sur le développement de ses personnages et de leurs relations. Une bande d’amis d’enfance séparés par un évènement tragique se retrouvent à l’entrée de l’âge adulte, et décident enfin d’affronter le passé. Les retrouvailles ne sont pas très joyeuses ni très amicales, mais petit à petit chacun sort de sa coquille, dis ce qu’il a porté sur le cœur depuis tout ce temps et le groupe retrouve une certaine cohésion. Traitant d’un sujet aussi dur que le deuil trop précoce d’un être cher, AnoHana garde les choses simples et justes. L’animation est superbe, le mélodrame touche exactement aux bons endroits pour vous faire verser un flot de larmes, pas une seule seconde de filler, et une fin aussi bouleversante que satisfaisante. Difficile de trouver mieux dans le genre.

Charlotte (2015) – 8

CHrl

Comme Angel Beats cette seconde collaboration Maeda/P.A Works a beaucoup à dire et beaucoup de personnages à présenter en très peu d’épisodes, mais cette fois ils ont retenu la leçon. Le rythme est mieux géré, le scénario n’est pas laissé dans un état de confusion et la fin est satisfaisante. Charlotte explore l’idée d’un monde où les jeunes gens dotés de super-pouvoirs doivent être en permanence sur leurs gardes pour échapper aux mauvaises intentions de tiers qui veulent les utiliser, les séquestrer et les étudier. Son originalité est d’avoir pour personnages principaux deux anti-héros très attachants, qui deviennent finalement des « sauveurs malgré eux » dans un monde résolument violent et anxiogène. L’anime prend quelques détours, mais ne perd jamais des yeux ses thématiques centrales. C’est très condensé, mais aussi très consistant. Et le package vient comme d’habitude avec une animation exceptionnelle de P.A Works,  toujours un bonus apprécié !

Chuunibyou Demo Koi Ga Shitai! + Ren (2012-2014) – 8

Ch2K

Une romance à portée universelle malgré son thème très Japonais (le Chuunibyou, un peu l’équivalent de l’ami imaginaire mais dans une version où l’enfant/l’ado se prend lui-même pour un être mystique). C’est à la fois une comédie hilarante et une romance adorable. Avec un script moins travaillé ça aurait sans doute donné un banal show slice-of-life où les membres d’un club de marginaux se réunissent pour partager leurs délires, mais ils ont décidé de se concentrer plus sur la romance, la psychologie de leurs personnages et leurs tourments. Ça n’a pas plus à tout le monde, et pour ma part je trouve que c’est ce qui fait sa force. C’est ce qui sauve sa seconde partie des écueils dans lesquels tombent pas mal d’animes qui commencent comme lui, mais qui refusent d’adresser les relations des personnages et leurs problèmes avec sérieux. C’est un projet qui devait tenir à cœur à KyoAni parce qu’ils ont mis les petits plats dans les grands : l’animation est superbe, les personnages sont travaillés et très, très attachants (Dekomoriiii !), et l’ambiance est tellement réussie qu’on se surprend à vouloir passer plus de temps dans le club de magie noire/sieste de Rikka & co. C’est rendu possible avec Ren (la seconde saison). Elle n’est pas indispensable, mais elle est suffisamment divertissante et adorable pour justifier son visionnage.

Clannad (2008) – 8

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Clannad est un anime un peu particulier, doté d’une ambiance mélancolique et douce. C’est d’abord un show reposant, loin des clichés de la série de harem habituelle où les filles passent leur temps à hurler et à montrer leurs dessous. Clannad a pour qualité première d’avoir pleins de petites originalités, comme les références à la culture celtique (le titre, parfois une musique irlandaise) et un brin de surnaturel. Je n’aurais jamais pensé que l’adaptation d’un jeu de Dating Simulation pouvait donner ce genre de chose. Je regrette seulement que l’on passe autant de temps sur tel ou tel personnage, suivant un schéma semblable : le développement de l’intrigue gagnerait à être moins linéaire. Par exemple pas moins de 6 épisodes sont consacrés au personnage de Fuko, et une fois cet arc terminé on enchaîne sur environ 6 autres épisodes suivant l’histoire de Kotomi. Cela s’explique par le fait que Clannad n’est qu’une introduction à la série Clannad, After Story, pour permettre au public de comprendre en profondeur les différents personnages de la série. Après cela plus d’intrigues et de personnages interagissent, le rythme s’accélère et des choses plus importantes se passent. Malgré cette impression latente d’avoir sous les yeux un jeu vidéo de drague transposé plus ou moins directement, la série arrive à se transcender grâce à son animation parfaite et son scénario soigneusement construit. Comme c’est écrit par Jun Maeda a.k.a le roi du mélo, Clannad est une série trèèèèèès trèèèèèèès douée pour vous faire pleurer, quand bien même vous connaissez à peine les personnages.

Fruit Basket (2001) – 8

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Ça fait toujours plaisir de voir l’un de ses mangas préférés de tous les temps adapté en anime…mais si seulement ils étaient allé jusqu’au bout de l’intrigue ! Fruit Basket c’est le bien, mais apparemment même un shoujo de cette qualité n’a pas pu obtenir ne serait-ce qu’une petite seconde saison, ce qui est un peu déprimant. Si il y a une série qui mérite un reboot aujourd’hui, c’est elle.

Glasslip (2014) – 7

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Malgré ce qu’en dit son synopsis et ce que nous laissent entendre les premiers épisodes, cet anime ne parle ni de fabrication d’objets en verre, ni d’une fille qui a des visions du futur. Ce projet original de P.A Works n’a pas été très bien reçu ni bien compris : d’abord au lieu de suivre un schéma de narration classique il choisit un ton quasi surréaliste pour raconter son histoire, et ensuite il utilise les même codes visuels et métaphoriques que True Tears sans prendre le temps de les expliquer. Je conseille vraiment de regarder True Tears d’abord et d’enchaîner avec Glasslip, ce sont deux scénarios qui exploitent les mêmes thèmes de la même manière, à la différence que le premier nous donne les clés de lecture indispensables pour comprendre le second. Sans contexte Glasslip laisse perplexe, mais en prenant appui sur True Tears et en lisant entre les lignes on découvre une autre romance adolescente mémorable.

Hanasaku Iroha (2011) – 8

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Ohana trouve que sa vie manque de piquant, jusqu’au jour où sa mère l’envoie habiter chez sa grand-mère qui tient une auberge traditionnelle (Ryokan) à la campagne. Loin d’être traitée comme une invitée, elle doit gagner sa pitance. Son intégration est difficile, mais il se pourrait qu’elle trouve sa voie dans cet établissement. Hanasaku Iroha est une excellente série de s’life qui parle principalement d’ambitions et de passion donnée en héritage. Ohana représente pour ce Ryokan un bouleversement mais aussi un nouvel espoir de pérennité. Entourée d’un large panel de personnages tous très attachants, elle nous transmet son énergie et son amour pour son travail. C’est l’un des meilleurs animes du studio P.A Works et si le scénario vous attire je le recommande chaudement.

Kaikan Phrase (1999/2000) – 7

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Un vieil anime que j’avais regardé d’une seule traite pendant une longue convalescence. Ça n’a pas grand chose à voir avec le josei dont c’est tiré, ce qui est majoritairement une bonne chose même si j’aurais aimé que l’héroïne ne mette pas trois plombes à entrer en scène et qu’ils ne sacrifient pas la sensualité du scénario (c’est dans le titre !) pour rester grand public. Mais leur choix de se concentrer d’abord sur le passé tumultueux de Sakuya et les difficultés de son groupe de rock Lucifer est une excellente idée, on y perd en dynamisme certes mais on y gagne en complexité. Je ne sais pas si aujourd’hui j’aurais la patience de supporter le rythme lent (44 épisodes c’est beaucoup), mais je me souviens avoir trouvé ça prenant. Ça peut avoir un rapport avec le fait que les garçons se baladent souvent en combinaisons en cuir. Si vous aimez les histoires de beaux voyous torturés par un passé traumatique, Kaikan Phrase n’est pas une mauvaise proposition.

Kimi Ni Todoke (2009) – 7

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Une romance un peu longuette qui met du temps à se mettre en place, mais qui charme grâce à son héroïne ultra timide qui veut simplement se débarrasser de l’étiquette de Sadako/fantôme qu’on lui a collé dessus sans lui demander son avis. La regarder se faire ses premiers grands amis, vivre son premier amour et s’épanouir petit à petit tout en rendant les autres heureux à sa manière autour d’elle est une expérience très agréable et rafraîchissante. Personnellement je pense que la première saison se suffit à elle-même, et j’ai été déçue par la seconde qui n’apporte pas grand chose de plus et se contente de nous faire repasser par les mêmes problématiques que celles de la première (que l’on croyait réglées). L’animation est vraiment belle, ils ont pris le parti de nous faire suivre l’histoire à travers les quatre saisons et ça apporte beaucoup à l’ambiance. A voir, si vous vous sentez d’humeur romantique.

Kiznaiver (2016) – 8

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Kiznaiver est le genre de projet réjouissant et stimulant qui naît quand on laisse des gens talentueux exprimer leur créativité, tant sur le plan de l’écriture que de la réalisation. Sept jeunes gens plus ou moins « problématiques » sont sélectionnés pour participer à une expérience qui va les contraindre à partager entre eux leur douleur, par un organisme très suspect qui affirme œuvrer pour la paix universelle. C’est moins de la SF qu’une puissante aventure émotionnelle, qui décortique chaque personnage forcé d’affronter ses propres angoisses et désirs par des épreuves plus ou moins violentes (cet aspect du show peut rebuter et sa réception dépendra de la sensibilité de chaque spectateur). C’est très bien mis en scène, ils font un très bon usage du peu de temps qu’ils ont pour développer leurs idées, et comme d’habitude Okada sait exactement où elle va et ce qu’elle veut faire de ses personnages. Expérience réussie !

Mawaru Penguindrum (2011) – 9

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Mawaru Penguindrum se déroule dans une version de notre monde à la fois simplifiée et…amplifiée (voire même sous ecstasy) ? Disons qu’ Ikuhara a décidé de mettre en exergue des questions précises (en très très synthétisé : les enfants non désirés et le terrorisme) et tout ce qui tourne autour de ces questions est soit un symbole des messages véhiculés, soit de la comédie absurde, soit réduit au rang de croquis ou de décor de papier comme ces foules sans visage. L’intrigue principale peut déstabiliser dans le sens où elle est éclatée. J’ai souvent lu à propos de Mawaru Penguindrum l’expression de « chaos » et en effet, après environ un twist/mindfuck en moyenne par épisode, on peut craindre que l’anime ne résolve jamais tous ses mystères. Mais comme un tableau impressionniste, l’aspect brouillon de MP forme une composition d’une belle cohérence si le spectateur fait l’effort de prendre du recul. Ce n’est pas l’anime de 2011 que j’ai trouvé le plus prenant émotionnellement, mais ça a été sans aucun doute le plus passionnant à suivre.

Nagi no Asakura (2014) – 8

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P.A Works est un studio qui se distingue des autres grâce à une double préoccupation de forme (il faut que ce soit magnifique, dans une visée contemplative), et de fond (il faut des émotions complexes et de l’introspection). Nagi no Asakura est un projet idéal pour eux dans la mesure où il leur permet à la fois de faire la démonstration de leur talent incomparable dans la création d’un environnement enchanteur et de faire passer leurs personnages par divers dilemmes familiaux et sentimentaux d’une grande force évocatrice. Quitter l’océan pour aller à la surface au prix de son enveloppe protectrice qui permet de respirer sous l’eau est un terrain métaphorique très riche : le sevrage et la crise d’ado, le fantasme du monde perdu (Atlantis), le changement traumatisant de milieu social,  le changement tout court (puberté, remariage, passage de l’amour à l’amitié et inversement, etc.). Les personnages vont subir une série de chocs (le transfert dans une école à la surface, des séparations brutales…), à chaque fois ils vont devoir s’adapter pour se reconstruire, et ils vont réaliser que souvent c’est pour le meilleur. Rester figé dans le temps et ne jamais sortir de son cocon est vu de manière assez négative, mais il n’y a pas de réel « méchant » et chaque personnage est complexe et en perpétuelle évolution. C’est rare d’avoir un anime qui soit à la fois aussi concentré sur ses thèmes et aussi riche dans sa manière de les explorer, profitons-en !

Natsume Yuujinshou (2008) – 9

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Les déboires et aventures d’un garçon pas comme les autres qui a hérité de sa grand-mère le pouvoir de voir les démons (Yokais). Le scénario est assez simple et chaque épisode suit le même schéma, à mesure que Natsume s’ouvre aux autres, qu’ils soient des dieux, des démons ou des humains. Tout l’intérêt de ce genre de rythme réside dans la qualité des histoires racontées (du genre d’histoire qui peut vous faire pleurer en 15 minutes tellement c’est beau) et c’est le cas ici pour mon plus grand plaisir.

One-Week Friends (2014) – 6

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Après un départ très solide difficile à regarder sans avoir le cœur serré, cette série sur l’amnésie chronique perd lentement son impact émotionnel pour se changer en romance gentillette qui n’explore ses thèmes que de manière peureuse et limitée. Pour une raison que j’ignore même si les protagonistes sont amoureux l’un de l’autre sans aucune ambiguïté l’anime refuse catégoriquement d’entrer sur ce terrain-là, et insiste jusqu’à la dernière minute qu’il est question d' »amitié ». Ça m’a paru un peu hypocrite comme position. J’étais embarquée pour quelque chose de très fort, mais au final j’ai eu le sentiment qu’ils n’ont pas assumé leur côté mélo jusqu’au bout. Ça reste de la très bonne qualité (c’est très bien fait et l’écriture est solide avec des moments réellement bouleversants), mais difficile de ne pas regretter ce que ça aurait pu être.

Plastic Memories (2015) – 7

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Dans le futur, des agents sont chargés de veiller à ce que des androïdes à la durée de vie limitée à quelques années soient éteints et formatés avant qu’ils ne subissent une obsolescence qui les rend mortellement dangereux pour leur entourage. Le héros tombe amoureux de sa partenaire, un androïde qui n’a plus que quelques mois à « vivre » avant de perdre tous ses souvenirs et sa personnalité. Pour un anime avec un concept aussi annonciateur de mélodrame, Plastic Memories surprend par son ton enjoué et son approche pudique de la tragédie que vivent ses personnages. Les questions éthiques liées aux robots sont laissées de côté au profit de quelque chose de beaucoup plus humain et familier que ce qu’on voit dans des animes d’anticipation classique. Comment s’engager dans une relation lorsque la séparation est non seulement programmée mais imminente ? Comment accepter dans ces conditions de laisser partir l’être aimé, alors qu’on vient tout juste de se rencontrer ? Malgré des inégalités d’écriture et des sautes de ton un peu surprenantes (l’anime passe très vite du sérieux à la comédie sans que la transition soit toujours très maîtrisée), Plastic Memories bénéficie d’un excellent rythme si bien que les bons développements arrivent au bon moment, pour nous servir au final une série complète et une histoire d’amour émouvante.

REC (2009) – 7

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Une romance adulte entre une seiyu en pleine galère et le publicitaire qui a créé la mascotte à qui elle donne sa voix. Un jour Aka perd son appartement dans un incendie, et son collègue la garde chez lui après avoir passé la nuit avec elle. Bien sûr il faudra laisser passer un peu de temps pour qu’ils acceptent que leur relation est plus significative que ça et qu’ils sont sincèrement amoureux l’un de l’autre. C’est un étonnant short (12 minutes pour 9 épisodes), réalisé par SHAFT pendant la période où ils commençaient à se faire un nom avec Pani Poni Dash et Hidamari Sketch. C’est très mature comparé au standard de base de la comédie romantique, avec une tonne de référence à beaucoup de films d’Audrey Hepburn dont Aka est une grande fan. C’est très bien animé et écrit, avec un aperçu intéressant et terre-à-terre de ce que peut être le job d’une seiyu aux balbutiements de sa carrière. Un peu dommage par contre que ça soit aussi court, les personnages secondaires ne sont pas assez développés et l’impact émotionnel est limité. 

She and Her Cat – Everything Flows (2016) – 8

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Toute petite série de quatre épisodes qui dépeint la relation entre une jeune femme et son chat. C’est très joli, un peu mélancolique, et ça parlera à ceux qui ont été accompagnés par un animal pendant une partie de leur vie.

Shigatsu Wa Kimi To Uso (2015) – 8

YLIA

Comme le manga qu’il adapte cet anime prend très à cœur le principe « show, don’t tell » (montre les choses au lieu de les dire) et fait passer quasiment tout par l’animation et la composition. Ce qu’il raconte n’est pas facile, les personnages principaux ont vécu ou ont à vivre des choses très dures et traumatisantes, et essaient tout de même d’avoir quelque chose qui ressemble à une adolescence épanouie. Les seuls reproches que j’aurais à lui faire serait d’être un peu trop à cheval entre le shonen classique de compétition (ici musicale) et le drame pur, et d’essayer d’insérer des scènes de comique slapstick qui ne collent pas toujours très bien au ton général de la série, mais en dehors de ça c’est parfaitement réussi et maîtrisé. Le triangle amoureux est formidable, les scènes des concert sont magiques, et quand l’anime veut être émotionnel, il frappe très fort. Une série intense, totalement dévouée à ses thèmes et très émouvante.

Sora no Method (2014) – DNF/5

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On penserait qu’avec pour idée de base la descente sur une ville provinciale d’une soucoupe volante et d’une alien cet anime ne pouvait que faire preuve d’inventivité, mais au final ils ne font tellement rien (ou si peu) de leurs personnages et de leur intrigue que je me demande quel était l’intérêt de se prendre autant la tête sur tant d’épisodes pour un résultat aussi limité. Pour ne rien arranger j’ai regardé en même temps un autre anime avec uni idée de base assez similaire (Natsuiro Kiseki : un groupe d’amies qui se divise réunies par un miracle et leurs propres efforts) mais bien mieux exécuté, et à côté celui-là fait pâle figure. Pourtant j’étais investie émotionnellement au début, mais plus j’avançais plus les personnages me semblaient superficiels (à commencer par Noël, plot moppet un jour plot moppet toujours) et leurs relations forcées. L’anime est vraiment joli, les épisodes au début sont très solides et les enjeux de l’intrigue sont bien réels, mais quand votre scénario tout entier est tourné vers un idéal de retour en arrière (il faut renouer les anciens liens et s’aimer pour toujours, comme avant, sans sacrifice) il est sérieusement sclérosé.

True Tears (2008) – 8

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Indémodable romance adolescente qui doit beaucoup au travail du studio sur son ambiance, et à l’écriture à la fois subtile et limpide de Mari Okada. Si vous êtes intéressés, Glasslip (du même réalisateur et studio) est pratiquement un spin-off de cette série, avec une héroïne au centre au lieu d’un héros. 

Tokyo Magnitude 8.0 (2009) – 9

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Excellent scénario catastrophe : et si Tokyo était l’épicentre d’un séisme terrible ? Même si dans cette réalité alternative les robots sont plus évolués et plus efficaces pour sauver des victimes, les dégâts et les pertes humaines restent dévastatrices. L’anime raconte comment une jeune fille et son petit-frère partis en excursion rentrent chez eux à pieds, aidés par une jeune femme courageuse qui s’improvise mère de substitution. Le chemin du retour est très dur, la ville est prise de temps en temps par de nouvelles secousses, aucun de nos trois héros ne savent si les membres de leur famille sont vivants et ils luttent pour leur propre survie. L’anime n’hésite pas à montrer comment ce type de catastrophe révèle la nature des gens, sans tomber dans la caricature. Les personnages principaux et secondaires sont profondément humains et le scénario est bouleversant.

Toradora ! (2009) – 9

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Je ne le recommanderais jamais assez. Toradora est un anime incontournable pour les inconditionnels de romance houleuse, de slice-of-life, de triangles voire carrés amoureux. Je n’oublierais jamais l’héroïne Taiga, incroyable petit bout de femme à la fois extrêmement timide et tête de mule. J’ai adoré du début jusqu’à la fin, pas mal pleuré aussi, et écouté l’OST longtemps après la fin.

Uchouten Kazoku (2013) – 9

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Superbe hommage à la ville de Kyoto qui prend vie sous les doigts de fées des animateurs de P.A Works. Les Tanukis et les Tengus ne sont pas des figures très populaires dans les adaptations animées, raison de plus pour découvrir ce qu’ils ont de si spécial en regardant cet anime. C’est principalement l’histoire d’une fratrie de Tanukis qui essaient, chacun à sa manière, de gérer l’héritage spirituel laissé par leur père après son décès brutal. C’est intelligent (je dirais même rusé), original, particulièrement mature (pas vraiment les personnages, mais le ton), et ça parle des faiblesses des hommes avec une infinie tendresse. C’est aussi poétique, quelque chose que peu d’animes sont capables d’accomplir. 

Yahari Ore No Seishun Love Come Wa Machigatteiru + ZOKU (2013/2015) – 8

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Solide étude de caractères avec un héros misanthrope et un triangle amoureux subtil (si, c’est possible). Yahari part du principe de base éculé du club lycéen de marginaux qui vont sortir de leur coquille en discutant et en menant des activités farfelues, et le traite de manière sérieuse, aborde des questions éthiques pertinentes sur la vie en société et l’incapacité des hommes à communiquer clairement. Les rapports humains sont fondamentalement insatisfaisant, il reste toujours une part d’incompréhension, de ratages et de malentendus, et ça fait plaisir de voir ce discours assumé. Qui a eu une comédie romantique d’adolescence réussie ? Ce serait plutôt l’exception que la règle. Yahari est pessimiste, réaliste, mais pas défaitiste pour autant et ne diabolise aucune de ses personnages malgré tous leurs défauts. La seule chose qui l’empêche d’être vraiment excellent est son ADN coriace de LN (détournés ou pas, les clichés sont là), mais ce serait dommage de négliger pour cette raison une série qui comprend aussi bien notre psyché et qui a su capter parfaitement l’état d’esprit d’une génération entière de cyniques au cœur tendre.