Cinéma d’Asie

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Kaa : Et voilà une nouvelle section, toute belle, toute fraîche, dans laquelle je compte répertorier, au fur et à mesure de mes découvertes et de mes coups de coeur, les films asiatiques issus de cinémas autres que coréens et japonais. Le cinéma chinois aura la part belle en particulier, parce que c’est celui que je connais le mieux, mais j’espère élargir mes horizons dans les mois et années à venir. Comme ce sont plutôt des recommandations, les notes sont pour la plupart (très) élevées. J’en profite pour préciser que ces notes ne portent pas sur la qualité technique du film mais sur le plaisir personnel que j’ai pris à le regarder. J’espère vous faire découvrir, si ce n’est pas déjà fait, la richesse, la vitalité et la diversité des cinémas chinois, taiwanais ou hongkongais. De la comédie slapstick aux drames personnel et politique, ces cinémas ont tant à vous offrir!

Les ajouts de Mina sont en rose.

Système de notation :

5/5 : Chef d’œuvre, ou énorme coup de cœur
4/5 : Très bon film
3/5 : Bon film
2/5 : Médiocre ou inégal 
1/5 : Mauvais film ou pur navet
0/5 : Insultant.

CHINE CONTINENTALE (+ Hong Kong)

36è Chambre de Shaolin (1978, de Liu Chia Liang)

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Un incontournable pour tout fan de films de kung-fu qui se respecte. Les chorégraphies des combats ont de quoi impressionner et l’entraînement au temple shaolin est selon moi la meilleure partie du film. Ces scènes sont tour à tour drôles, ingénieuses et surprenantes. Comme la quasi-totalité des films d’arts martiaux, l’intrigue  est plus mince qu’une feuille de papier et on regrette la linéarité convenue de cette dernière. Mais encore une fois, on n’a jamais regardé un film de kung-fu en cherchant une profondeur et une complexité scénaristiques : on est là pour l’action et les coups de poing qui pleuvent, et pour ça, La 36ème Chambre Shaolin remplit totalement son cahier des charges. 3/5

Épouses et Concubines (1991, Zhang Yimou)

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Que puis-je dire de plus sur ce film qui n’a pas déjà été dit? Rien, à part admirer. Admirer la cinématographie de Yimou, admirer le discours politique (qui a valu à Yimou une censure, mais cet homme est un habitué) sur l’aliénation de ces femmes broyées par un un système phallocrate, admirer la beauté saisissante du quatuor d’actrices (Gong Li et He Cafei en particulier). Admirer, et se révolter aussi de la cruauté terriblement perverse et insidieuse de cette guerre de pouvoir entre ces épouses et concubines qui ne peut se terminer que dans la mort ou la folie, elles qui pensent pouvoir être maîtresses de leur destin lorsqu’elles ne sont véritablement que des vêtements jetables pour l’homme qui les porte. La dernière image a de quoi donner des frissons.  4.5/5

Life on a String (1991, de Chen Kaige)

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Waow. Visuellement, ce film est une véritable claque dans la figure : la lumière, la composition de l’image, les paysages désertiques sont d’une poésie et d’une mélancolie sans fin. Il se dégage une grande sérénité, une grande innocence de ce film qui traite habilement le croisement des générations. Life on a String manque par-ci par-là de développement, et le film est un peu trop mystique pour faire partie de mes favoris éternels, mais c’est un très beau film sur le cycle de la vie et la maturation, je vous assure que ça vaut le détour! 3.5/5

Vivre! (1994, Zhang Yimou)

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Du Yimou dans toute sa splendeur. Immense fresque familiale et historique, Vivre! nous transporte dans la Chine des années 40, jusqu’à la Révolution Culturelle et au régime communiste. Le film lui a valu de nombreuses récompenses à l’extérieur de la Chine, mais également une censure dans son pays et une interdiction de faire des films pendant deux ans. Yimou n’a pas sa pareille pour filmer la vie quotidienne, intime des gens simples bouleversée par la politique de leur pays. Extrêmement poignant dans ses moments les plus dramatiques, drôle parfois, mais toujours émouvant le film vous en met plein les yeux. Esthétiquement, c’est un régal. Les couleurs vives sont de la partie, tout comme la beauté de Gong Li qui semble éternelle. 4/5

Les Cendres du Temps (1994, de Wong Kar Wai)

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Ce film aurait dû être absolument génial vu son casting et son réalisateur. Dire qu’il est difficile d’accès est un euphémisme : Ashes of Time ne peut plaire qu’aux spectateurs les plus avertis et aux fans les plus inconditionnels de Wong Kar Wai. En bref, ça passe ou ça casse, on aime, ou on déteste. Et pour moi, ça a cassé. Visuellement, c’est à couper le souffle, absolument rien à redire là-dessus mais l’intrigue – pourtant minimale – est tellement décousue qu’elle en devient difficile à suivre, et l’extrême lenteur de l’action n’arrange rien à l’affaire. Dire que c’est contemplatif est encore une fois un euphémisme. Bon ou mauvais, une chose est sûre : n’essayez pas de convertir un(e) de votre ami(e) récalcitrant au cinéma chinois, ça risque de (la) le dégoûter à jamais. 2/5

Chungking Express (1994, de Wong Kar Wai)

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Ce film est splendidement tourné. La mise en scène. Le ton. Les couleurs. Les techniques cinématographiques. C’est d’une virtuosité sans pareille et un véritable régal pour les yeux. L’histoire est minimale mais dégage tellement d’énergie et de mélancolie qu’on finit par accepter de se laisser porter. La première partie est un peu maladroite et il est dommage que les deux histoires ne soient pas plus entremêlées car cela rend le passage de l’une à l’autre un peu abrupte. Par ailleurs, le premier récit est un peu trop survolé et finit en queue de poisson alors que la deuxième est définitivement plus attrayante car plus construite, cohérente et définie. Les acteurs, en particulier Tony Leung et Faye Wong, sont magnifiques de charisme et d’alchimie (mais en même temps, Tony aurait de l’alchimie avec une simple serviette de bain, et cela aide qu’il soit absolument à tomber dans ce film) et les dialogues sont excellents. Poétique, drôle, obsédant (et obsessif), fascinant et vraiment réussi. 4.5/5

In the Mood For Love (2000, de Wong Kar Wai)

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Si vous ne connaissez pas le film, peut être connaissez-vous sa bande-son qui est presque autant – si ce n’est plus – célèbre que le film lui-même. C’est en entendant le disque que je me suis lancée dans le film, et j’ai d’abord été déçue par ce dernier. Mais In the Mood for Love est le genre de film qu’on apprend à apprécier avec le temps, et aujourd’hui, il fait partie de mes favoris. Le couple Maggie Cheung/Tony Leung partage une alchimie sans pareille, langoureuse, sensuelle, intérieure et réprimée. La beauté de la cinématographie, alliée à celle de l’OST, la délicatesse des performances des deux acteurs et la douce amertume générale font de ce film un incontournable pour les âmes romantiques et mélancoliques.  4/5

Devil’s On The Doorstep (2000, de Jiang Wen)

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La perfection n’est pas de ce monde, mais les gros coups de coeur, oui. Ce film a été censuré pendant des années en Chine, et on comprend pourquoi. Devil’s On The Doorstep est un film magistral, alliant la comédie et la tragédie au moyen d’un féroce – et si efficace – humour noir, sur l’occupation japonaise. Jusque-là, ça va. Problème : le film n’est pas suffisamment nationaliste au goût du Parti chinois. Alors, hop, on censure! Malgré le ton léger employé, le film n’est pas une farce et sa violence est d’autant plus puissante qu’elle s’en vient crescendo, sans réellement prévenir. Rien n’est noir et blanc chez Jiang Wen – à part sa cinématographie (oui, celle-là était facile) ; les bons ne sont pas forcément les chinois, les méchants ne sont pas forcément japonais. Doté d’une caméra parfaite et d’un casting excellent, le film ne pourra pas vous laisser indifférent. 5/5

Shaolin Soccer (2001, de Stephen Show)

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Kitsch, bouffon, ridicule, dingue, dans tous les meilleurs sens des termes, à condition bien sûr de ne pas prendre au sérieux ce film – qui lui-même ne se prend pas au sérieux. C’est à la fois un hommage aux films de kung-fu, et une parodie sans équivoque de ces derniers. Cela dit, ce n’est pas juste débile, ça a, contre toute attente, beaucoup de coeur et on s’attache facilement aux personnages : croyez-le ou non, mais le match final est extrêmement prenant. Il trouve même le temps de placer une petite romance mignonnette, pas mal, quand même. Le casting marche parfaitement bien, et les effets spéciaux, pour un film du début des années 2000, se défendent très bien. Tout simplement drôle, rafraichissant, et hautement divertissant. Sit back and enjoy. 3.5/5

Hero (2002, de Zhang Yimou)

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Un wuxiapian dans toute sa splendeur. De par son intrigue ténue et multiple, Hero n’est peut être pas le plus accessible film d’arts martiaux chinois (ce titre va sans doute à Tigre et Dragon). Il n’en reste pas moins qu’il est une expérience artistique fascinante. On déplorera quelque peu le manque de caractérisation des personnages ainsi que la performance des acteurs bien souvent peu mémorable (à l’exception de Donnie Yeng, Maggie Cheung et Tony Leung), cependant, la cinématographie balaye tout. Le jeu des couleurs est tourbillonnant, presque étourdissant, la musique est impeccable, les chorégraphies et les costumes sont superbes et le film porte toutes les marques d’un wuxia pian traditionnel : amour, loyauté, fierté, droiture, sacrifice. Je ne peux pas comprendre comment les critiques ont pu considérer ce film comme une oeuvre de propagande fasciste et pro-dictacture tellement il m’a semblé évident qu’il était tout sauf historique – et donc, révisionniste. Yimou se sert d’allégories, de métaphores, pour transmettre son désir de paix, d’union, et de renouvellement de la politique chinoise. C’est peut être naïvement idéaliste de la part d’un cinéaste qui a su par le passé se montrer plus virulent et audacieux (on parle quand même du réalisateur de Judou, Vivre! et Épouses et Concubines!), mais ce n’est en tout cas pas un revirement de bord idéologique de la part de ce dernier. Si la portée politique controversée d’Hero vous intéresse, je vous suggère d’aller lire cette étude (longue mais en totale adéquation avec ce que je pense).  4/5

Chinese Odyssey 2002 (2002, de Jeffrey Lau)

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Une preuve encore une fois que ce qui fait rire un chinois ne fera pas forcément rire un occidental, et vice-et-versa. La comédie chinoise (et peut être plus particulièrement hong-kongkaise) n’est pas pour tout le monde, le slapstick peut agacer plus qu’amuser, et généralement, on termine les films avec un « WTF » dessiné sur le visage. Chinese Odyssey ne fait aucune exception car il se situe dans la plus belle tradition du film de kung-fu comique made in Hong-Kong. J’ai ri de bon coeur parfois, haussé mon sourcil gauche d’un air dubitatif souvent, et je me suis surprise à apprécier le divertissement qu’offre ce film. Il faut avouer que voir Tony Leung se ridiculiser sans aucune retenue est particulièrement amusant pour ses fans – dont je fais partie -, mais au-delà de ça, je reste convaincue que Chinese Odyssey n’est pas un film tout public. 2.5/5

A Chinese Tall Story (2005, Jeffrey Lau)

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Il m’a fallu un temps d’adaptation pour me faire au ton de ce type de cinéma, mais une fois que je suis rentrée dedans j’ai ris grassement jusqu’à la fin. C’est débile, c’est absurde, mais je ne peux pas m’empêcher de me marrer comme une baleine (oui pour ce genre d’humour c’est la bonne expression). Nicholas Tse et Charlene Choi forment un duo improbable mais qui marche étonnamment bien, les effets spéciaux sont complètement dépassés mais inventifs, l’histoire est disjointe mais touchante. Alors c’est sûr ça ne plaira pas à tout le monde, mais vous ne perdrez rien à tester à ce concentré de Nawak bon enfant plus maîtrisé qu’il n’y paraît. 3/5

Still Life (2006, de Jia Zangke)

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Ce film à l’allure d’un documentaire est un petit bijou de simplicité, de réalisme et de finesse sur une Chine en plein changement, détruisant les uns après les autres les vestiges du passé et reconstruisant par-dessus. Accrochez-vous car pas grand chose ne se passe, il n’existe pas quelque chose comme un « réel » développement de l’intrigue, il y a très peu de dialogue et l’ensemble est d’une lenteur déconcertante – et caractéristique de cette génération de réalisateurs. Cependant, au-delà de ça, à travers ça, persiste une impression de vie fourmillante malgré tout, de corps qui parlent, d’une caméra qui est tout, sauf silencieuse. Amateurs d’action ou d’histoire avec un début et une fin, passez votre chemin, Still Life n’est pas le film qu’il vous faut.  3.5/5

J’ai vu ce film quand il est sorti en salles en France et c’était il y a un bon moment. J’ai beaucoup aimé, c’était très silencieux mais faussement calme. Les images de la Chine en pleine transition économique sont toujours collée à ma rétine aujourd’hui et je me souvient avoir ressenti comme une immense tristesse du réalisateur, un sentiment d’impuissance qui m’a touchée sans que je ne sente une volonté de juger ce qui est filmé ou de choquer/manipuler le spectateur comme le font certains faux documentaires que je déteste.  C’était plus une expérience qu’un film, et ça vaut le détour rien que d’un point de vue historique et socio-économique. 3,5/5

Wu Ji, La Légende des Cavaliers du Vent (2006, de Chen Kaige)

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Chen Kaige a fait de magnifiques films comme Life on a String ou Farewell My Concubine, mais très curieusement, il a aussi fait des films extrêmement moyens voire mauvais, comme Le Roi et L’Assassin, ou…Wu Ji, La Légende des Cavaliers du Vent. Ce dernier est de la folie à l’état pur, c’est si bariolé, exagéré, étiré sur la longueur qu’on finit par s’en trouver diverti. Mais c’est un film médiocre. Divertissant et amusant par moment – bien malgré lui, j’imagine, à moins que je sois totalement passée à côté de la plaque – mais médiocre. À regarder seulement si vous n’avez rien de mieux sous la main (ah et, aussi pour voir Jang Dong Gun dans un wuxiapian…avis aux fans). 1.5/5

TAIWAN

Sucré, Salé (1994, d’Ang Lee)

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Voici le film qui vous donnera faim, même si venez juste de manger. La métaphore de la nourriture comme source de rassemblement n’est pas nouvelle, mais elle a une grande importance dans la culture et les coutumes chinoises et se trouve traitée ici avec beaucoup de tendresse et de délicatesse par Ang Lee. Sucré, Salé est une attachante fresque familiale, à la fois douce et amère, à la fois tendre et émouvante sur les divergences au sein d’une même maisonnée ainsi que sur la confrontation entre la tradition et la modernité. Dans un pays en pleine croissance, Ang Lee nous démontre l’importance des coutumes ancestrales en dépit de la nécessité d’accepter le changement. Les relations sociales/familiales sont extrêmement bien mises en scène grâce à l’oeil lucide et sensible du réalisateur et le film nous laisse avec un grand sourire sur les lèvres. 3.5/5

Tigre et Dragon (2000, d’Ang Lee)

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Un film culte qu’il n’est plus la peine de présenter. Tigre et Dragon a fait un carton à sa sortie et s’est imposé rapidement comme un classique du wuxia pian. L’esthétique d’Ang Lee frappe une nouvelle fois et le film est un délice à regarder. Les chorégraphies des combats sont recherchées, et elles sont nombreuses – on en a pour notre argent! -, donc pas le temps de s’ennuyer. On rentre immédiatement dans l’ambiance mi-historique mi-légendaire du film et on se passionne pour ces chevaliers errants au code d’honneur très stricte et à l’interdiction d’aimer. Le casting est trois étoiles, de Chow Yun Fat à Michelle Yeoh (resplendissante), en passant par Chen Pei Pei (une star du wuxiapian) et la musique est excellente. Si Tigre et Dragon est un film fantastique, il ne figure pas nécessairement dans mes favoris des favoris. Je prends plaisir à le voir et le re-voir mais je suis à chaque fois trop frustrée par le personnage joué par Zhang Ziyi.  3.5/5

Café Lumière (2003, d’Hou Hsiao Hsien)

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Je ne suis pas spécialement fan de Hou Hsiao Hsen, mais Café Lumière est une curiosité fascinante et pleine de poésie dans laquelle le réalisateur taïwanais rend hommage au cinéaste Ozu. Le film est lent et ne raconte au final pas grand chose, donc les amateurs d’actions et de rebondissements devront passer leur chemin. Café Lumière est une histoire de passé, de présent, de trains, et finalement…d’amour. Les plus méditatifs et contemplatifs d’entre nous trouverons la subtilité des liens entre les personnages d’une précieuse rareté, d’autant plus que Hou Hsiao Hsien sait comment se mettre en retrait pour laisser ses personnages parler, s’exprimer et ses spectateurs réagir et interpréter à leur guise. La relation – à peine effleurée mais d’une simplicité désarmante – entre Yoko et Hajime est particulièrement séduisante à cet effet et une sérénité sans pareille s’en dégage. La cinématographie, quant à elle, est irréprochable. 3/5

Hear Me (2009, de Zheng Fen-Fen)

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Adorable. Trop long pour ce que c’est, mais néanmoins émouvant et adorable. L’alchimie entre les deux acteurs principaux est convaincante et leur prestation est sincère et dynamique : on s’attache aux personnages, on sourit à leur maladresse et on les soutient dans les moments plus durs. La fin est un peu tirée par les cheveux et irréaliste mais elle a l’avantage de prendre par surprise, ce qui, dans une romcom, est toujours bon à prendre. Hear Me ne casse pas trois pattes à un canard, traîne en longueur, mais le film reste  tout de même mignon comme tout.  2.75/5

INDE – BOLLYWOOD

Pakeezah (1972, de Kamal Amrohi)

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Pakeezah est incontestablement un de mes favoris sentimental. J’avais 9 ans peut être, quand j’ai regardé pour la première fois ce film. Je n’y ai rien compris, mais la beauté des séquences musicales et la splendeur des costumes m’ont immédiatement fascinée. Je l’ai revu plus tard, plus grande, et si la magie d’assister à son premier Bollywood avait quelque peu disparu, j’ai ressenti exactement le même émerveillement devant la cinématographie, la beauté de Meena Kumari, et les chansons interprétées par Lata Mangeshkar à la voix ensorcelante. Le film est excessivement romantique (il est même pas loin du conte de fées à la Cendrillon), avec des passages qui ont moins bien vieilli que le reste, mais le résultat reste néanmoins profondément poétique et poignant. La danse finale restera longtemps dans les annales (en tout cas, dans les miennes). Par contre, si je peux me permettre, regardez-le en VOSTA, les sous-titres étant si mauvais qu’ils finissent par distraire.  4/5

Kuch Kuch Hota Hai (1998, de Karan Johar)

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Un autre favori, mais pour des raisons différentes. Kuch Kuch Hota Hai ne peut pas revendiquer la même élégance et la même grâce que Pakeezah, mais ils ne jouent pas dans la même cour de toute manière : l’un est un mélodrame, l’autre est une comédie made in Bollywood assumée et attachante. C’est un concentré de bonne humeur, de chansons fun et décomplexées et d’attaques de kitsch, de fluos et de salopettes (vive les années 90…ou pas.). On retrouve l’iconique couple Sharuk Khan/Kajol au meilleur de leur forme et alchimie et ils parviennent, le temps d’un film, à nous faire oublier nos soucis. Le film souffre de longueurs mais on passe indubitablement un bon moment. 3.75/5

Kabhi Khushi Kabhie Gham (2001, Karan Johar)

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Bien trop long et bien trop sentimental! J’ai pris beaucoup de plaisir à regarder la première partie où Kajol et Sharuk Khan (encore eux!) se rencontrent, mais l’intrigue principale a tendance à se perdre dans les multiples intrigues secondaires plus ou moins intéressantes,  le mélodrame devrait avoir ses limites (en presque 4 h, les personnages ont le temps de pleurer beaucoup, beaucoup, beaucoup) et le moment disco du film était juste…pas possible. J’ai apprécié Kabhi Khushi Kabhie Gham pour la performance Kajol, plus lumineuse, malicieuse et belle que jamais, pour les quelques chansons (de la première partie, essentiellement) qui me sont restées dans la tête, et pour les magnifiques saris mais sinon, je peux me passer de la morale familiale et des pleurs à n’en plus finir. Du même réalisateur, je préfère Kuch Kuch Hota Hai. 2.5/5

Aïe aïe aïe, La Famille Indienne, ou le film qui me donne envie de donner 4/5 à sa première partie et 1/5 à la seconde. La rencontre entre les héros et l’épanouissement de leur amour est un superbe film romantique qu’on devrait regarder indépendamment du reste. Le reste, c’est l’association d’une comédie romantique moderne entre les jeunes complètement ratée (je pensais ne plus jamais pouvoir supporter Kareena après ce rôle, heureusement ça n’a pas été le cas) et de pathos moralisant à ne plus savoir qu’en faire. La fin a un goût de « tout ça pour ça ? ». Je conseille de regarder la première partie et d’oublier la suite. 2,5/5

Dilwale Dulhania Le Jayenge (1995, Aditya Chopra)

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Mon Bolly préféré et l’un de mes films préférés tout court. Quand on le voit on comprend pourquoi les autres romances de ce genre se ressemblent : elles essaient de recréer la magie DDLJ. Il est très représentatif d’un certain âge d’or de la comédie romantique, quand tout était nouveau et où telle ou telle situation n’était pas encore considérée comme un stéréotype. Il y a la rencontre dans le train, les héros qui sont comme chien et chat, la voyage imprévu à deux, la partie moderne et la partie traditionnelle, le mariage arrangé, l’opposition du père autoritaire, les malentendus et les quiproquos, et l’amant qui emmène la mariée grâce à son courage. Certaines parties ont mieux vieillies que d’autres mais les dialogues, les chansons, les idéaux véhiculés n’ont pas pris une ride. A voir absolument. 4,5/5

Jab We Met (2007, Imitiaz Ali)

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Ce film. Je l’adore. Ça commence par une séquence assez dramatique où l’on voit Sahid Kapoor jouer un homme d’affaire dépressif qui fait sa crise…dans le silence le plus complet, se débarrassant petit à petit de tous ses attributs de citadin aisé, et qui prend le premier bus, le premier train qui passe pour partir n’importe où pourvu que ça l’éloigne de ses problèmes. Le reste du film raconte comment il revient à la vie grâce à une « drôle de fille » (Kareena Kapoor) qui a la tête pleine de rêves et qui est amoureuse d’un goujat. Kareena aurait facilement pu être insupportable avec ce rôle de moulin à parole farfelue, mais elle est absolument adorable. L’alchimie entre elle est Sahid est incroyable et c’est une « road trip romance » dans les règles de l’art. Mon seul regret concerne les séquences chantées et dansées, qui auraient pu être plus réussies. 4/5

Chennai Express (2013, Rohit Shetty)

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Et pour (ne pas) changer une autre road trip romance réussie, cette fois avec Shah Ruhk et Deepika Padukone. C’est l’histoire assez bateau d’un héritier du Nord qui a enfin l’occasion de sortir de chez lui s’éclater lorsque son grand-père décède. Il doit répandre ses cendres à Rameshwaran, mais décide plutôt d’aller à Goa avec ses amis en priorité. Bien sûr rien ne se passe comme prévu, et quand il aide une jolie jeune femme à monter dans son train il ne sait pas qu’il vient de s’impliquer dans la tentative d’évasion de la fille d’un puissant chef de gang du Sud. Elle le fait passer pour son fiancé, ils arrivent chez papounet…et le fiancé qu’elle a fuit en colère les attends de pied ferme. S’ensuivent choc des cultures, courses-poursuites à travers la campagne Tamoul, et romance pétillante. Chennai Express n’est pas à prendre au premier degré, comme dans Om Shanti Om on alterne entre la parodie, les clins d’œils référentiels (il faut le reconnaître, souvent hilarants) et la romance « sérieuse ». Je ne suis pas fan du couple Deepika/Shah Rukh mais ils sont de très bons acteurs et surtout d’excellents clowns, ce qui convient parfaitement à l’ambiance déjantée du film. A vrai dire l’histoire de fond est assez creuse et les dialogues sérieux sont clichés, mais c’est dépaysant, les acteurs portent le film grâce à leur charisme, les situations abracadabrantesques dans lesquelles ils se retrouvent sont souvent très drôles et au final on ne s’ennuie pas une seconde. Je recommande pour se changer les idées, à condition de ne pas être trop regardant sur la qualité de fond. 3/5

Hasee Toh Phasee (2014, Vinil Mathew)

Les deux stars principales ont un sérieux charisme et une alchimie formidable… qui sauvent ce film. Les Bollywood ne sont pas forcément connus pour leur scénario très élaboré et profond, mais celui-ci repose particulièrement sur du vent. Dommage vu la scène d’ouverture absolument charmante qui nous expose avec efficacité les raisons pour lesquelles nos deux héros sont prédestinés à être ensemble. Bien que le film ait un bon sens de l’humour la plupart du temps, son manque de cohésion d’ensemble devient un handicap plus important que prévu, d’autant plus qu’il dure 2h20. J’aurais par ailleurs aimé voir une transition plus approfondie entre le sentiment de camaraderie à la passion amoureuse, mais le film bâcle ça en deux minutes, montre en main. Et lorsque le film essaie d’être plus sérieux, ça ne fonctionne pas : les scènes manquent d’intensité; un comble lorsque dans les moments plus comiques, le dynamisme ne manque pas! S’ajoute à ça le manque de séquences chantées et dansées – et les quelques unes existantes sont décevantes -. Hasee Toh Phasee souffre finalement d’une crise identitaire : il ne sait pas s’il veut être une comédie musicale moderne ou traditionnelle. Du coup, il va un peu dans les deux sens, avec plus d’incertitudes que de maîtrise. Je salue cependant l’effort d’avoir voulu offrir deux personnages différents de ce qu’on voit d’habitude. Par ailleurs, comme je l’ai dit, Hasee Toh Phasee n’est pas désagréable à regarder : Parineeti Chopra, auquel le film appartient, est radieuse, charmante et confortable dans son rôle, tandis que Sidharth Malhotra porte son rôle avec assurance. Le résultat rend un film qui n’est pas désagréable à regarder, ni dénué de charme ni de jolis moments, mais plus il avance, plus il sonne creux. À voir pour Parineeti Chopra. 2,75/5

VIETNAM

L’Odeur de la Papaye Verte (1993, de Tranh Anh Hung)

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D’un point de vue esthétique, le film est magistral mais lorsqu’il se présente comme une fenêtre sur le quotidien vietnamien, on ne peut que se dire qu’il s’agit d’une réalité distordue et fantasmée. En fait, L’Odeur de la Papaye Verte nous présente la manière dont bon nombre d’occidentaux perçoivent l’Asie : c’est luxuriant, sensuel, coloré, exotique et la femme est…silencieuse. La misère du pays est balayée par ses couleurs chatoyantes, la colonie est occultée et la petite Mùi vit essentiellement un conte de fées : de servante, elle deviendra épouse d’un riche mari. Je ne cherche pas du politique dans chaque film, et j’admets que le début est charmant, la jeune actrice incarnant Mùi était pleine de fraîcheur et de malice, mais je trouve dommage que L’Odeur de la Papaye Verte ne parvienne pas à se défaire de ses clichés naïfs et simplistes. Cela étant dit, le cinéma vietnamien est peu connu et reste une industrie relativement récente, aussi commencer par ce film n’est peut être pas une mauvaise idée. Seulement, ce n’est ni critique, ni réaliste. C’est un conte de fée à la vietnamienne. 2.5/5

4 réflexions sur “Cinéma d’Asie

  1. I agree with you about the amazingly chioreographed martial arts scenes in Crouching Tiger, Hodden Dragon. And that was the first time I’d seem Zhang Ziyi in anything–really gorgeous.

    • Yeah, the martial arts scenes were really good in that movie : choreography, rhythm and music were top notch. =)
      About Zhang Ziyi, even if I’m not particularly fond of her, I think she was in some really gorgeous movies after Crouching Tiger, Hidden Dragon, like Hero (Zhang Yimou) or 2046 (Wong Kar Wai).

        • The aesthetic was indisputably the main draw of Hero. I also agree it was a bit too slow, but I enjoyed the narration a lot and found the final twist really interesting! But it’s true that Hero is not Yimou’s best movie. I was much more emotionally invested in Raise the Red Lantern or in To Live for example.
          Thanks for your comments. =)

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