Hauts et Bas des Pilotes des Animes d’Automne 2017

Dans un format un peu différent, voilà mon opinion sur les pilotes que j’ai vu et qui m’ont motivée à écrire. Je crois que j’ai atteint ma limite dans le masochisme, et je me suis épargné Shobitch, A Sister’s all You Need, Blend S et autres Dies Irae. Ça m’a permis de garder de l’énergie pour ce qui en valait la peine. J’ai aussi écarté les énièmes shows à idoles à petit budget (exit Dynamic Chord et TsukiPro), le trash mal fait (King’s Game et Evil or Live), le projet anniversaire de Silver Link sur les courses de Side-car (Zzz), et les histoires de héros dans lesquelles je ne me reconnais pas du tout (Inuyashiki et Garo : Vanishing Line – je n’ai plus de patience pour ce type de machisme). Au début c’était important pour moi de tout regarder pour m’imprégner de différents genres, mais maintenant je suis passé au stade où j’ai envie de privilégier ce qui me fait vraiment plaisir.

Secondes saisons

MARCH COMES IN LIKE A LION J-1

Bon oui, ok, il y a d’autres trucs. Love Live Sunshine repart avec un premier épisode…pas terrible honnêtement, l’annulation de dernière minute des portes ouvertes du lycée était (littéralement) téléphonée et surtout forcée, c’était juste histoire de pousser le groupe à faire de grandes déclarations et à rallier leurs forces, mais je ne pense pas qu’ils avaient besoin de ça pour nous impliquer : l’annonce de la prochaine compétition aurait largement suffit. Après, c’est toujours agréable de passer du temps avec les filles, en particulier les aînées (Mari, Kanan, Dia) qui comptent parmis mes personnages préférés de toute la licence. De son côté, Blood Blockade Battlefront Beyond ne perd pas une seconde pour nous replonger dans l’ambiance délirante et frénétique de Hellsalem’s Lot. Si j’ai apprécié de revoir toutes les têtes connues et de profiter de nouveau de leurs improbables aventures, je regrette énormément l’absence de Rie Matsumoto. Elle apportait vraiment quelque chose de plus, et sans elle le show perd de sa magie et de son impact émotionnel. Pour l’instant je trouve que BBBB risque de se limiter à un spectacle fun, et je ne vois pas ressurgir ce qui avait rendu la première saison si poignante et mémorable, mais nous verrons.

Nouveautés

On commence par Idolm@ster Side M. Le prologue sur Jupiter était le pilote idéal pour démarrer la saison d’un bon pied. Ouvert et fermé par deux belles performances bien animées (adieu les danses de robots sans âme qu’on voit habituellement), il contient un petit scénario qui fait le lien avec le film Idolm@ster Beyond the Brilliant Future, introduit le groupe vétéran de la série et les intègre dans leur nouvelle agence. C’est peut-être parce que j’ai passé plus de temps à suivre la Kpop que la Jpop, mais je n’ai pas pu m’empêcher de voir des similitudes entre le destin de Jupiter et celui du groupe mythique JYJ (comme ceux de Jupiter, ses membres étaient les stars sous contrat de la plus grosse agence du pays connue pour ses pratiques déshumanisantes, il y a eu un clash, et les trois qui sont partis ont reformé un groupe indépendant et lutté pour poursuivre leur carrière sans avoir les mêmes accès privilégiés à la télévision, au staff et aux infrastructures que leur permettait leur précédente situation). C’était émouvant de voir les trois membres persévérer malgré leurs circonstances difficiles, et l’agence 315 semble taillée pour eux. Je me suis tout de suite beaucoup attachée à tous les personnages, j’ai adoré l’alchimie entre eux, puis entre les membres de Dramatic Stars dans l’épisode 1. Je n’ai qu’un seul regret : sauf annonce de seconde saison, la série ne comptera que 12 épisodes.

On enchaine avec une comédie romantique douce-amère sur une trentenaire désabusée qui réinvente sa vie dans un RPG en ligne. Vous savez en lisant le synopsis si c’est pour vous ou non. Recovery of an MMO Junkie est une production modeste mais absolument charmante qui met en parallèle les aventures de Moriko dans sa nouvelle guilde du MMO Fruits de Mer (ce nom !) où elle peut être un beau jeune homme épaulé par l’adorable Lily, et sa vie quotidienne de « NEET d’élite » autoproclamée après son licenciement. L’anime met en scène subtilement la dégradation et l’appauvrissement de son environnement matériel à mesure que son environnement virtuel s’enrichit, pour un rendu tristement réaliste. Sans qu’ils aient besoin de nous expliquer tout, on comprend beaucoup sur la situation de Moriko grâce à quelques plans bien composés. La série est programmée pour 10 épisodes, et j’espère qu’ils vont avoir le temps d’exploiter le potentiel du scénario…   

…un problème que risque de rencontrer Children of the Whale, qui n’aura que 12 épisodes malgré son intrigue ambitieuse. J’ai été un peu déçue par le pilote, j’espérais que ces débuts auraient plus d’impact, mais quelque chose dans la manière dont c’est fait (ou écrit ?) limite la portée du show. Le scénario touche à des thèmes qui me parlent (la mémoire, la mort, la curiosité des hommes, les secrets et les tabous, la répression des émotions…) mais je me suis demandé si l’esthétique douce, pastel et même crayonnée adoptée ici n’affaiblit par leur traitement. J’aurais aimé plus de contrastes, peut-être moins de gags visuels, moins de légèreté, et moins de narration intrusive. Chakuro est le chroniqueur du quotidien des habitants de cette immense baleine-forteresse de sable, et ça a du sens qu’il prenne en charge la narration, mais cette dystopie est tellement intrigante et dépaysante que j’aurais aimé plus de moments calmes qui nous permettent de nous perdre dans les décors et de nous imprégner de l’atmosphère (Land of the Lustrous adapté par le studio Orange fait ça mieux). Cela dit l’introduction n’est pas terminée, et je laisse à l’anime deux ou trois épisodes pour s’affiner, et nous montrer ce qu’il a dans le ventre.

Retour à la réalité ! Just Because s’impose comme l’antithèse terre-à-terre de l’anime lycéen idéaliste. Pas de rangées de cerisiers en fleurs, pas de petit-déjeuner avalé à la va-vite, pas d’hystérie sur la bonne coiffure avant la cérémonie d’ouverture, pas de senpais anxieux de recruter de nouveaux membres dans leur club. On découvre les personnages engagés dans la dernière ligne droite de leur scolarité obligatoire, avec en tête des préoccupations moins légères, et déjà des désillusions derrière eux. Les matchs de baseball ont été perdus, le club de photographie se retrouve au bord de la fermeture, et il faut sacrifier sa vie sociale sur l’autel des examens d’entrées à la fac. J’ai bien aimé l’approche visuelle de ce pilote, les couloirs vides, les tons sourds, les gros-plans sur les regards qui en disent long, et l’attention accordée à la gestuelle des personnages. Ça m’a rappelé Tsuki ga Kirei/As the Moon so Beautiful, avec plus de personnages et peut-être plus de maturité et de mélancolie ?

Et en parlant de mélancolie, le premier épisode de The Ancient Magus Bride était Fantastique (oui, avec un grand « F »). Apparemment les gens sont déçus que le show ne soit pas plus ambitieux et créatif, mais c’est le même discours que j’entends à propos de Sangatsu no Lion…et j’adore le Sangatsu de SHAFT. Je dois avoir une préférence pour les adaptations fidèles, quand le manga d’origine est excellent. Et il faut tout de même admettre que l’anime bénéficie d’une belle production. Il suffit de comparer avec la nouvelle adaptation de Kino’s Journey, basée également sur une histoire très puissante. J’ai beaucoup aimé ce pilote, c’est l’un des rares qui m’est resté longtemps en tête après sa diffusion, et il m’a beaucoup fait réfléchir sur ses thèmes, mais c’est clair que personne ne sera impressionné par les nouveaux designs ou par l’animation. 

Si vous voulez quelque chose de moins cérébral, et de plus gratuitement divertissant, Juuni Taisen remplit bien sa fonction de Quality Trash. Il faut juste accepter le ton incroyablement cynique, morbide et violent, à la limite du supportable, chose facile si vous avez été biberonné à ce type de shows ou cinéma en grandissant, ce qui était assez courant dans les années 80/90. Si on se base sur la structure du pilote, la série se concentrera exclusivement sur le combat à mort des douze participants en revenant sur leurs motivations et leurs backgrounds. C’était intelligent de tout raconter du point de vue du cochon, ça donne envie d’en savoir plus sur tous ceux que nous avons entrevu, et dont nous ignorons presque tout. Est-ce que le singe cache son jeu derrière des prétentions pacifistes ? Le dragon est-il là uniquement pour se faire de l’argent ? Le coq compte vraiment tuer les autres avec sa fourchette géante ? Ma curiosité est piquée. Pour l’instant je n’ai qu’un seul problème avec le très bien réalisé Juuni Taisen : à force de rendre les personnages trop répugnants, les combats trop calculés  et les exécutions trop gores ils courent le risque de distancer le spectateur, qui se retrouve en position d’audience divertie mais jamais réellement impliquée émotionnellement ni pris à partie dans l’intrigue. Ça peut fonctionner pour un court-métrage, ou un OVA, mais une série entière ?

Je passe rapidement sur Urahara et Konohana no Kitan, les deux sont mignons, largement inoffensifs, mais manquent de piquant. Konohana raconte le quotidien des employées d’un ryokan, et remplit la case « filles mignonnes qui font des trucs migons en tombant vaguement amoureuses les unes des autres ». Ils appliquent la formule sans y apporter grand chose de nouveau, et leur auberge traditionnelle me paraît bien vide d’activité et de clientèle. J’ai le sentiment que le folklore japonais est là pour servir uniquement de joli cadre à des scènes yuri/s’life très conventionnelles, et d’ailleurs les filles passent une bonne partie de l’épisode à se prélasser dans l’onsen. Rien de très passionnant. Urahara utilise aussi une formule : celle du show de magical girls, mais avec une pointe de second degré et beaucoup plus d’ambition. Malheureusement le staff est visiblement très limités dans ses moyens, et leur produit est une série de séquences à peine animées qui tiennent plus du livre d’images pour enfants que d’un véritable show. Je lui laisse un second épisode pour me prouver qu’il a quelque chose de plus, rien que pour la mascotte absurde Crevette Frite et le dévouement total de l’esthétique au design pop-lolita si caractéristique d’Harajuku.

J’aime les reverses harems, et cette saison nous en offre deux nouveaux : Nekomimi Boyfriends Sengoku Night Blood, et Code : Realize. Dans le premier, notre héroïne se retrouve capturée par des guerriers de l’ère Sengoku  réincarnés en loup-garous et vampires extraterrestres. Ça a l’air génial présenté comma ça, mais le show n’est qu’une suite de duels inconséquents, de dialogues insipides et de rires forcés. Le gimmick fonctionne mieux que je l’avais imaginé, ils réunissent trois fétiches à la fois (fascination pour l’ère Sengoku, pour les vampires à la Hakuouki et pour les oreilles de chat), et d’une manière ou d’une autre, ça passe. Sans doute grâce à l’esthétique Over The Top et colorée qui donne au tout un aspect cartoonesque très approprié. Mais une fois ces éléments listés, j’ai l’impression d’avoir fait le tour de la série : elle n’a aucune substance. Potiche-chan n’a rien d’intéressant à dire sur le tournant délirant que vient de prendre sa vie, l’anime est largement dénué d’humour et la guerre n’a pas de conséquences tangibles pour nos héros.  Pour l’instant nous savons que le sang de l’héroïne a le pouvoir d’éveiller le potentiel de ses prétendants, ce qui en fera une arme stratégique pour les chatons et les sadiques les loups-garous et les vampires. Rien qui n’a pas déjà été fait trente-six fois dans d’autres shows similaires. Code : Realize part d’un meilleur pied, les prétendants ont beaucoup de charme et d’alchimie, le mystère sur la fonction de Cardia intrigue, et l’univers gothico-steampunk fonctionne bien. Si vous voulez absolument voir un reverse harem en attendant Dance wit Devils : Fortuna, a priori c’est celui-là qu’il faut retenir.

Un shounen pour la route, Black Clover, ou Nekketsu Tropes – The Anime. Au début le staff en avait l’air conscient : ils commencent par une approche suffisamment légère (presque parodique) pour que ça passe mieux, mais ça n’empêche pas la seconde partie de l’épisode d’être inutilement dramatique, surtout que la comparaison inévitable avec le désespoir de Midoriya au début de My Hero Aca n’est pas flatteuse. Et certains choix sont discutables, comme celui de faire hurler toutes ses répliques au doubleur du protagoniste, ou celui d’accabler les personnages secondaires de commentaires explicatifs. Seuls Asta et Yuno avaient l’air de véritables personnages, et tous les autres jouaient les guides touristiques de leurs aventures. Mais ce serait des détails si le scénario de fond n’était pas aussi transparent. On voit arriver tous les « rebondissements » à des kilomètres, et quand le vilain secondaire de service apparaît juste pour qu’Asta puisse révéler la nature de ses pouvoirs super cool spéciaux de la mort, j’étais déjà fatiguée et prête à passer à autre chose.

Pour finir, quelques pilotes que j’ai à peine réussit à terminer. Girl’s Last Tour m’a lassé très très vite, peut-être que je n’étais pas dans le bon état d’esprit quand je l’ai essayé, mais le design über moe des filles était en conflit avec l’ambiance déprimante du show, et j’ai trouvé les dialogues largement insipides. Anime-Gataris était parfaitement inoffensif, et comme le marché est déjà saturé par des histoires métas sur l’industrie et ses fans je n’ai pas vu l’intérêt d’ajouter celle-là à mon programme déjà bien rempli. Enfin, Land of the Lustrous était…différent. Je ne suis pas amoureuse du style, c’est assez joli (en particulier les backgrounds) mais aussi vide et répétitif (les monstres ont le même design, les gemmes ont le même modèle corporel fin et élancé avec une grosse lordose), et ce n’est pas l’écriture qui va sauver grand-chose (show don’t tell pour la 24567576ème fois !). Je continue à penser que ces adaptations en CG manquent de substance, j’ai revu le premier trailer en 2D, et j’ai ressenti toutes les émotions que ce pilote aurait du provoquer, comme la tristesse face à la solitude de Cinabre.  Je garderai un œil sur ce que les gens racontent de la suite, histoire de voir si je rate vraiment quelque chose.

Le petit bonus : Love is Like a Cocktail !

 Une romance mignonne sur un couple marié (femme manager, mari homme au foyer) qui recommande un cocktail par épisode, avec les ingrédients listés. Si vous avez aimé Wakako-zake, c’est assez similaire, avec la petite touche romantique en plus.  

En conclusion

C’est le genre de saison qui me rend heureuse. Il y a de bonnes romances, de la magie, un excellent show musical avec des performances soignées et des personnages adorables, de la SF, du slice-of-life contemplatif…que demander de plus ?

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