Pilotathon des Animes d’Eté 2017

Que la guerre commence. 

Dans cet article : Hina Logi From Luck & Logic, Katsugeki Touken Ranbu, Fate/Apocrypha, Knight’s and Magic, Battle Girls High School, Clean Freak Aoyama-kun, Elegant Yokai Apartment Life, Restaurant to Another World, Love and Lies, Fastest Finger First, Kakegurui, A Centaur’s Life, DIVE!!, Vatican Miracle Examiner, Welcome to the Ballroom, Gamers!, Chronos Rulers, In Another World With My Smartphone, Convenience Store Boyfriends, Made in Abyss, 18If, Magical Circle Guru Guru, Action Heroine Cheer Fruit, Princess Principal, Classroom of the Elite, Altair : A Record of Battles

Hina Logi – From Luck & Logic

La guerre entre les Logicalists et les Foreigners est terminée, mais l’Académie Pirari continue de former de jeunes combattantes. Une nouvelle élève un peu sauvage, Lion, fait connaissance avec ses nouvelles partenaires.

Ce spin-off est un show de magical girl, une comédie lycéenne avec du yuri ET un slice-of-life. Et ça fonctionne…pas trop mal. Le précédent Luck & Logic se prenait beaucoup trop au sérieux, et cette version plus fun et sucrée marque une nette amélioration. Après, ne vous attendez pas non plus à un show remarquable, à part quelques séquences de slapstick inattendues ce pilote ne prend aucun risque. Ils ne se sont pas foulés pour les personnages, chaque fille incarne un stéréotype bien connu, de l’Ojou-sama charismatique à la mystérieuse kuudere, et elles sont écrites pour être shippées les unes avec les autres comme dans Prisma Illya ou Vividred. L’intrigue a l’air de se dérouler au pays des Bisounours (ils ont eu la main lourde sur le rose et les fioritures), et je vois mal comment un show de magical girl avec des transformations va maintenir un quelconque suspense alors qu’il n’y a plus d’ennemis à combattre. Et surtout, quitte à regarder cet été une comédie de s’life bien animée, bourré de filles mignonnes avec du sous-texte yuri, autant choisir New Game 2, non ?

Katsugeki Touken Ranbu

Kunihiro et Kanesada sont deux sabres anthropomorphes envoyés dans le passé par leur maître Saniwa pour empêcher les créatures des vils révisionnistes de modifier l’histoire du Japon. 

J’envie les fans de Touken Ranbu. Non seulement ils ont droit à deux adaptations de leur jeu préféré (dont une qui va avoir droit à une seconde saison !), mais les studios qui s’en chargent se sont donné du mal pour que le résultat soit à la hauteur de leurs attentes. Si Hanamaru était la version décalée et moe, Katsugeki est la version épique et atmosphérique de Touken Ranbu. Course-poursuite effrénée sous la pluie battante, combats sur les toits d’une ville en flammes, décors à l’échelle grandiose, nous ne sommes pas là pour rigoler. Le héros n’est plus un garçon souriant entouré de papas poules et de gamins turbulents, c’est un guerrier expérimenté et déterminé, qui dirige d’une main  de fer son jeune compagnon. Le scénario est traité de manière plus dramatique, avec une emphase sur le dilemme auquel sont confrontés les personnages quand ils protègent le passé : est-ce qu’il faut rester passif face aux horreurs qui s’y sont déroulées, ou intervenir, au risque de modifier le futur ? C’est une bonne manière de pimenter les missions.

Visuellement j’ai trouvé ça un peu inégal, les duels sont bien faits, mais j’ai été distraite par certains éléments (comme leur mascotte renard que je trouve assez laide), et la froideur générale des couleurs. C’est aussi très poseur : attendez-vous à beaucoup de scènes où les pétales de cerisiers virevoltent dans le brushing parfait des héros. Et je pense que c’est intentionnel, mais malgré la séquence plus émouvante sur le sort tragique des hommes qu’ils côtoient dans le passé, le ton est très détaché, presque impersonnel. C’est vrai que c’est dans le scénario : Kunihiro et les autres ne doivent pas trop s’investir émotionnellement dans leurs missions, mais en conséquence je n’ai pas accroché plus que ça à leur destinée (le flou sur les véritables enjeux de la guerre entre les révisionnistes et l’armée de Saniwa n’aide pas), et je me suis surprise à regretter le ton plus léger de la version de Doga Kobo. Cette approche est certes beaucoup plus viscérale et spectaculaire, mais je trouve qu’elle a moins de charme.

Fate/Apocrypha

 

Depuis que le Graal a disparu, cela fait des années que des « fausses » guerres saintes sont organisées. Mais la puissante famille Yggdmillenia décide de révéler que le Graal est en sa possession, et prend le contrôle des maîtres de la prochaine « vraie » guerre. Mais lorsque sept maîtres sont associés sous la même bannière, un système alternatif permet à sept autres maîtres d’invoquer leurs serviteurs. Au lieu d’une guerre à sept, c’est une guerre à quatorze duos qui se prépare, la Grande Guerre du Saint Graal. 

Welp, ça c’était de l’intro. Un impressionnant flash forward bourré d’action ouvre le show, suivi par des longues phases d’explications autour de tables, que l’on pardonne facilement après cette puissante entrée en matière. Contrairement aux Fate d’ufotable, celui-là ne m’a ennuyé à aucun moment, à l’inverse je n’ai pas vu le temps passer et j’aurais bien enchaîné directement avec la suite. Ce pilote nous tease efficacement l’apparition de plusieurs personnages clés (Jeanne/Ruler, Mordred/Red Saber, Sieg…) et prend le temps de créer de la tension autour de cette prochaine guerre, qui s’annonce terrible. Les explications sur cette dernière étaient étonnamment faciles à comprendre vu la complexité de la situation, ce qui augure du meilleur pour l’écriture. Serviteurs charismatiques, maîtres douteux, duels dantesques et sanglants, expérimentations perverses, invocations chuni, tous les ingrédients sont réunis pour produire un bon Fate. Si la suite est à la hauteur, nous tenons une nouvelle solide série d’action (dans une année qui s’est déjà montrée très généreuse à ce niveau !). 

Knight’s and Magic

Un otaku programmeur, fan de méchas et de modélisme meurt suite à un accident de voiture. Il est réincarné dans le corps d’Ernesti, un enfant pris dans un accident de voiture…à cheval, dans un monde fantastique où les hommes combattent les forces obscures à l’aide de méchas « Silhouette Knights ». Ernesti suit une formation intensive pendant six ans pour devenir pilote, et rencontre ses premiers monstres au cours d’un entraînement. 

Dans le genre « otaku réincarné dans un monde fantaisiste où il a des pouvoirs », on peut faire pire. A une époque où la plupart d’entre eux sont tristement cyniques, celui-là a le mérite de conserver une part d’innocence et d’émerveillement. Le scénario est traité comme un véritable conte de fées, avec famille noble, narratrice bienveillante et fidèles compagnons. Si on ignore le design des personnages et le fait qu’un homme adulte habite le corps d’un petit garçon, ça pourrait presque passer pour un show Disney. En fait, l’idée de la réincarnation n’était sans doute pas nécessaire, ils pouvaient faire d’Ernesti un matheux surdoué fervent admirateur de méchas dès le départ et ça aurait simplifié les choses (en plus, ça nous aurait évité d’entendre l’adulte parler avec une voix de shota au début…). Le show est plaisant à regarder, ils ont fait de gros efforts pour rendre cette énième dimension médiévale alternative unique avec un travail notoire sur l’architecture et la colorisation.

Par contre, l’écriture est assez pauvre. Il se passe beaucoup de choses, une flopée de personnages nous sont introduits, mais tout est trop générique et attendu pour que ça stimule l’imagination. Ernesti est le Gary Stu de base, c’est un bel aristocrate riche, généreux, extrêmement intelligent et courageux, et ses amis ne sont pas plus nuancés que lui. Évidemment ce monde est fait pour que les capacités de sa vie précédente lui permettent  d’être le Jésus local, son seul « défaut » étant la petitesse de son nouveau corps (qui n’est qu’un prétexte pour qu’il décide de construire son propre mécha à sa mesure). D’autres éléments m’ont gênée, comme le mélange incongru de l’ère médiévale et des méchas. Pourquoi les gens continuent à voyager en attelage si ils maîtrisent ces technologies ? Le métal des machines contraste trop violemment avec les pierres de la forteresse pour que j’achète ce concept. Et vu comment ils présentent les méchas, avec musique sacrée et plans dramatiques, vous avez intérêt à partager cette passion du héros, sous peine de vous sentir largué par ses ferventes démonstrations d’enthousiasme. Si le concept vous intéresse plus que moi, je conseille au moins de checker le pilote, mais sinon il n’y a pas grand chose à voir qui n’a pas déjà été fait un million de fois. 

Battle Girls High School

Miki et ses amies repoussent les attaques de monstres destructeurs à l’aide de leurs super-pouvoirs. A force de victoires elles commencent à se reposer sur leurs lauriers, mais une nouvelle recrue compte bien bousculer leurs habitudes. 

Comme le titre violemment basique le laisse présager, cet anime n’a pas un brin d’originalité. Random Cute Lead en rose (c’est comme ça qu’on sait qu’elle est l’héroïne : repérez la fille en rose avec des cheveux clairs et une ou deux couettes sur son carré) protège l’humanité contre Random Evil Monsters en CG Moche à l’aide de ses Super Sameface Coupines qui sont inévitablement toutes des lycéennes mignonnes distinguées par leurs coupes de cheveux excentriques et les couleurs de leurs costumes. Saupoudrez de scènes de concerts d’idoles, d’intrigues de clubs lycéens, et vous avez Battle Girls High School. J’ai l’impression que Silver Link a jeté l’éponge d’emblée, animé quelques scènes de combat générique, de transformations génériques, de slice-of-life moe/yuri générique, monté le tout ensemble et déclaré le job accompli. Il y a une quantité indigeste de personnages présentés en coup de vent, mais en y repensant ça doit être fait pour que le show fonctionne comme une vitrine de Barbies pour les joueurs potentiels : ils regardent ce pilote, repèrent une ou deux filles dont ils aiment le design ou la doubleuse, et téléchargent le jeu. Celle-là chante et danse, celle-ci a des cheveux volumineux et soyeux, cette autre a un accessoire cool, faites votre choix. Et c’est moi ou les filles de ces animes ont l’air de plus en plus juvéniles ? On va finir par avoir Battle Toddlers en spandex, miam.

Clean Freak! Aoyama-kun

Aoyama est très doué en foot, mais sa germophobie (trouble obsessionnel compulsif qui le pousse à nettoyer intensivement ce qu’il touche dans une crainte irrationnelle de contamination) pousse à bout la patience de Kaoru, son coéquipier grande gueule. 

Pas particulièrement drôle pour une comédie. Cet anime commet l’erreur (commune) de présenter certains états de fait comme des runnings gags qui se suffisent à eux-mêmes : Aoyama évite de toucher la balle et ses coéquipiers, Aoyama a un stalker, un rival passe son temps à montrer ses abdos, un coéquipier renvoie le ballon avec ses fesses, etc. Dessiner les personnages en SD pour signaler qu’on doit rire n’aide pas du tout. De manière inattendue, ce sont les passages les plus sérieux qui sont les plus réussis, quand ils prennent le temps d’expliquer ce qu’implique exactement le TOC d’Aoyama, et comment ça peut limiter ou aider sa carrière de footballer. Mais en dehors de ça, le show est essentiellement composé de blagues pas drôles et de matchs de foots plan-plan. Je passe.

Elegant Yokai Apartment Life

Yushi Inaba vient d’être accepté dans un bon lycée, et cherche un appartement pas trop cher à proximité pour ne plus être à la charge de son oncle. Il déménage à Kotobuki-so à défaut de trouver autre chose, et rencontre ses nouveaux voisins un peu…inhabituels. 

C’est un anime d’auberge de jeunesse avec des yokais à la place des humains, autrement dit une comédie de cohabitation surnaturelle. C’est très inoffensif, limité visuellement (beaucoup de plans fixes, ce qui peut faire obstacle au succès des gags) et honnêtement, pas très intriguant. Inaba n’est pas un mauvais protagoniste, sa condition d’orphelin mineur déterminé à devenir indépendant le rend immédiatement sympathique, mais il n’a pas un charisme fou. L’héroïne exorciste est trop parfaite pour être attachante, et pour l’instant les yokais ne m’ont pas frappée par un design inventif ou des personnalités improbables. Quelques scènes réussissent à instaurer une ambiance inquiétante, comme celle du petit fantôme et son chien qui regardent une télévision qui grésille ou celle où des yokais jouent au go dans une salle sombre enfumée, mais sinon ce projet manque clairement de moyens pour créer une auberge de jeunesse hantée digne de ce nom. Yokai Apartment se laisse regarder, mais je vois mal comment justifier son visionnage s’il vous reste des saisons de Natsume Yujinchou ou d’Eccentric Family à voir.

Restaurant to Another World

Nekoyama est une cantine tokyoïte ordinaire, mais un jour sur sept elle ouvre sa porte à une autre dimension. Dragons, hommes-lézards, elfes et autres créatures fantastiques se pressent pour y dîner. Un jour, une jeune femme mi-démon désespérée y trouve refuge et se fait embaucher par le cuisinier pour l’aider à servir les hôtes du fameux septième jour.

Je continue de penser que ce show aurait pu être excellent entre de meilleures mains, mais le staff de Silver Link s’en est tout de même bien sorti. D’abord, leur « Isekai Shokudo » remplit sa fonction la plus importante : nous donner faim ! Je vous met au défi de ne pas saliver devant les plats, et de ne pas avoir l’envie irrésistible de commander un poulet teriyaki ou un katsudon. La nourriture a l’air délicieuse, et j’ai apprécié les détails insolites de sa consommation par des créatures imaginaires, comme les lézards et dragons qui mangent à l’aide de leur longue lange ou les petites fées impressionnées par la taille d’une énorme glace aux fruits. Il y a aussi quelques touches de fanservice, assez léger pour ne pas gêner l’appréciation du scénario et assez respectueux des personnages pour ne pas créer de malaise. La première partie nous montre une scène amusante où des guerriers débattent du meilleur accompagnement pour un riz blanc, et la seconde met en scène les déboires d’Aletta sauvée par le chef de Nekoyama quand il lui propose de travailler pour lui. J’ai bien aimé les deux, et je reviendrai la semaine prochaine pour une nouvelle tournée. 

Love and Lies

En 1975 le gouvernement japonais a mis en place un système de mariages obligatoires déterminés par la génétique. A 16 ans chaque citoyen se voit attribué un partenaire par l’État, et toute relation avec quelqu’un d’autre est interdite. Yukari est amoureux de Misaki, mais son seizième anniversaire approche et il se voit attribué une autre adolescente : Lilina. 

Mmmh, j’aime quand une romance commence par une bonne dose d’eugénisme, ça met dans l’ambiance. Et je ne comprends pas comment ce scénario peut ne pas être traité comme une  horrible dystopie ? J’ai la tête qui tourne rien que de penser aux milliers de problèmes que ce système absurde peut poser si il est mis en pratique (quid des homosexuels, asexuels, transexuels…? Quid des enfants illégitimes ? Des expats ? Des veufs et veuves ? Des conjoints abusifs ? De la protection des handicapés et des psychotiques ? De la prostitution ? Des mariages mixtes ? Des divorces ??), mais pour l’instant ce show semble surtout préoccupé par la question de la transgression de la loi par des jeunes qui tombent amoureux d’un tiers. Ok.

En fait, j’ai le sentiment que l’auteur a cherché un moyen de rendre plus excitant un triangle amoureux en rajoutant un interdit : si on l’enlève on se retrouve avec une romance désespérément banale, encadrée par un discours sexiste (pas particulièrement apprécié que les filles soient constamment présentées comme des prix à décrocher, même si les héroïnes ont l’air de vouloir challenger un peu cette attitude) et même bien cheesy quand on arrive à la scène du parc et aux grandes déclarations au clair de lune. La fin du pilote relance un peu mieux l’intrigue avec un twist : Misaki semble être la partenaire originelle de Yukari selon le premier message qu’il reçoit sur son téléphone, mais des hommes en noir louches corrigent le tir pour lui attribuer une autre fille. Ça sent les manigances politiques, et ça serait suffisant pour me motiver à poursuivre, si seulement les héros n’étaient pas des ados lambdas aux hormones en folie. 

Le show est modérément bien fait, je ne suis pas fan du tout des yeux vides des personnages ouverts sur le néant absolu, par contre j’aime bien la musique et l’atmosphère. Le travail sur les cheveux et la peau des personnages est très délicat. Pour résumer, l’idée avait du potentiel mais je n’ai pas du tout envie de me farcir cette romance à trois qui pue le fromage pour n’avoir que de temps en temps des bribes d’une intrigue politique plus riche.

7 Right 3 Wrong – Fastest Finger First

Koshiyama est un rat de bibliothèque timide et réservé qui passe tout le temps inaperçu. Lors de sa rentrée au lycée, il est introduit à un club pour le moins original, qui entraine ses membres à participer à des jeux de quiz type « Questions pour un Champion ».

C’était solide, je dois même admettre que c’était encore plus réussi que le manga dont c’est tiré. C’est un shonen de compétition très candide, centré sur un héros qui a un gros complexe d’infériorité et qui va apprendre à se valoriser grâce à ce club de quiz farfelu. Il y a aussi la promesse d’un tournois inter-lycées qui pourrait servir de conclusion à cette saison, et grâce à la vaste popularité de ce type de jeux télévisés je pense que 703X peut trouver son public (en particulier celui qui aime mettre à l’épreuve ses connaissances en culture générale et chercher les réponses en même temps que les joueurs). C’est bien produit, à un détail près : le doublage atroce de l’héroïne. A ce qu’il paraît c’est une idole, et son amateurisme s’entend tout de suite (surtout que les autres sont des pros). De manière évidente, ce rôle n’a pas été attribué de manière très équitable. C’est dommage, ce personnage est sympathique, mais ça annihile toute la passion qu’elle aurait pu exprimer. Si vous avez envie de continuer, je pense que ça serait une bonne idée d’attendre la sortie d’un autre doublage. 

Kakegurui

Le lycée privé Hyakkaou est réservé à l’élite, et le soir il autorise les séances de gambling entre ses élèves. La nouvelle arrivante Yumeko est accro aux jeux de hasard, et ce n’est pas une amatrice. La reine des abeilles de sa classe l’apprends à ses dépends quand elle lui propose une partie, et en haut de la hiérarchie du lycée les filles réalisent qu’un « serpent » est entré dans l’établissement. 

Oubliez l’innocence de Fastest Finger, le lycée Hyakkaou est tellement différent qu’il semble appartenir à une autre dimension. Je n’étais pas convaincue par le synopsis, mais ce pilote m’a fait rapidement changer d’avis : c’est fun, décomplexé, bourré de style, et surtout il y a une réelle tension générée par les jeux. Niveau rythme, on en a pour notre argent : au lieu de nous montrer une énième longue scène de narration sous les cerisiers en introduction, ils nous font entrer directement dans le vif du sujet. On comprend immédiatement que ce milieu est sans pitié, et que l’avenir et le rang des élèves dépendent de leurs performances et de leurs allégeances. Voir Yumeko débarquer avec ses airs innocents et remettre immédiatement en question la hiérarchie établie a quelque chose de jouissif. Et contrairement à ce qu’ils disent en introduction, les ados n’ont pas accès à un argent « illimité », ce qui ajoute une couche de gravité à leurs décisions. Comme le dit Yumeko, le gambling ne serait pas aussi excitant s’il n’y avait pas le risque de perdre ou de gagner des sommes absurdes. L’anime est aussi un succès grâce à MAPPA : c’est très bien mis en scène, les couleurs contrastées attirent le regard, et ils n’hésitent pas à enlaidir les protagonistes pour mieux refléter leurs vices. Même si on sent que c’est écrit à l’origine par quelqu’un qui a un gros fétiche masochiste, la sensualité des héroïnes n’est pas graveleuse ou voyeuse, au contraire elles en ont plaisamment le contrôle (ce n’est pas un hasard si c’est Sayo Yamamoto qui dirige l’OP, « Deal with the Devil »). Pour moi c’est la première bonne surprise de la saison.

A Centaur’s Life

Par un caprice de l’évolution, l’espèce humaine s’est divisée en plusieurs sous-espèces qui ont chacune des traits bestiaux très marqués. Cette situation est propice aux dérives discriminatoires entre différents groupes, et on enseigne aux enfants toute l’importance de l’égalité entre hommes. C’est dans ce contexte que trois lycéennes, un centaure, un dragon et un faune partagent leurs expériences.

Comme Grimoire of Zero la saison précédente, A Centaur’s Life utilise des créatures de folklore pour parler de racisme et de discrimination. Mais si Grimoire s’intéressait à une période médiévale fantaisiste où les violences qui en découlent sont encore d’actualité, ce slice-of-life traite d’une période contemporaine de la nôtre, où les rapports inter-espèces sont très règlementés pour éviter les abus. Ils ne tournent pas autour du pot, cette question de la différence et de la manière dont les relations humaines s’organisent autour est bien le sujet central de l’anime. Mais…c’est aussi un show de filles-mignonnes-qui-font-des-trucs-mignons dont les intentions ne sont pas toujours innocentes.

Par exemple, il ne recule pas devant l’exploitation d’une scène yuri facile, et ce type de fanservice intrusif tombe comme un cheveux sur la soupe dans une série qui veut être prise au sérieux quand elle parle de problématiques sensibles. Cette limite s’ajoute à celle de la réalisation : particulièrement pauvre pour un pilote, inquiétante pour la suite si ce niveau médiocre est le mieux qu’ils peuvent produire. Cette pauvreté concerne aussi la manière dont ils structurent cet épisode, on commence très brusquement par la mise en place d’une pièce de théâtre sans aucune présentation basique des personnages ou du scénario, on enchaîne avec un passage étonnamment grave sur les guerres atroces du passé entre les différentes espèces d’humains, pour terminer par un dernier morceau de slice-of-life très léger. Tout n’est pas perdu pour autant, il y a d’emblée une excellente alchimie entre les trois personnages principaux, et les dialogues sont très naturels. Mais je vois mal la série devenir un hit avec ces visuels limités et cette structure narrative maladroite.

DIVE!!

ZZzzzzzZZZ

Ronflzzz. Zzzmmh ? Quoi ? Le pilote de DIVE ? Beaucoup de parlotte, pas beaucoup d’animation, possiblement la pseudo-romance la plus pathétique que j’ai vue dans un anime, des designs moches (pour quel public vous réalisez ça ?), beaucoup BEAUCOUP trop de temps perdu pour un malentendu « comique » sur l’identité de la nouvelle coach, plus de parlotte…je peux retourner dormir ?

Vatican Miracle Examiner

Deux moines-inspecteurs sont envoyés par le Vatican pour examiner l’authenticité d’un « miracle » qui serait survenu dans un couvent en Amérique du Sud. A peine arrivés, Nicholas et Hiraga sont confrontés à une série d’évènements tragiques et étranges. 

J’attendais du Umberto Eco, et j’ai eu du Dan Brown. Au lieu d’explorer la nature des miracles et leur rapport à la religion et aux sectes, Vatican Miracle Examiner choisit l’approche la plus pompière possible et cumule plus de clichés que nécessaire : Immaculée conception ! Petit frère malade ! Stigmates ! Statue qui pleure ! Ouija ! Meurtre ! Corruption ! Crises d’angoisse ! Bonnes sœurs louches ! Bébés démons ? J’ai presque envie de continuer pour savoir comment ils vont faire pour tirer une résolution logique de ce foutoir. A priori la suite va adopter un format de série à enquêtes classique, et si cette première affaire est représentative du reste, on est parti pour un sacré festival. Si j’avais eu moins d’attentes, j’aurais pu apprécier un peu plus le côté nanar de ce pilote, et je dois admettre qu’il assume son côté trash. Tous les efforts de la réalisation sont allés dans le fanservice et les divers plans choquants du pilote (certainement pas dans les décors ternes, qui se ressemblent tous). Si vous aimez regarder ce genre de thriller cheap bourré de twists parfait pour l’été, Vatican Mircale Examiner est là pour vous servir.

Welcome to the Ballroom

Tatara n’a aucune idée de ce qu’il veut faire de sa vie. Quand il voit sa camarade Shizuka réprimandée comme lui dans la salle des profs parce qu’elle compromet son avenir, il pense qu’elle est dans son camp. Mais Shizuka a une passion et un projet : devenir une danseuse de salon pro. Pour l’instant elle s’entraine dans une école pour amateurs. Tatara y entre par hasard et en ressort très impressionné par le professeur de danse. Pourquoi pas lui ?

J’avais déjà lu le contenu du manga adapté dans ce pilote, et j’attendais surtout de voir comment ils allaient s’en sortir. Pour l’instant, c’est du bon travail. Même si ce style risque de ne pas plaire à tout le monde, je trouve qu’ils ont très bien réussi les designs des personnages. C’est l’un des éléments les plus séduisants du manga, et ils ont su capter leur finesse, leur élégance, cette féminité et masculinité exacerbés des danseurs, et leur grande expressivité. Cette expressivité s’étend à leurs mouvements, et j’ai beaucoup aimé leur interprétation animée des pas de danse : même les plus basiques sont théâtralisés et magnifiés au maximum. S’il y a une chose que je regrette, c’est le manque de puissance de la bande-son. Pour le moment, aucun morceau n’a vraiment retenu mon attention, or la danse de salon est indissociable du rythme de la musique, et je pense qu’ils auraient pu trouver des morceaux plus marquants, plus séducteurs, et les mettre mieux en valeur pour donner plus d’ambiance et de dynamique aux scènes. Sinon côté scénario on reste dans du shonen très basique avec le héros qui part de zéro, La Fille, une figure de mentor, des bullies, des compétitions, des rivaux, etc. Pour l’instant ça ne m’empêche pas de profiter à fond du thème, shonen ou pas ce Ballroom déborde de classe et d’énergie positive et c’est tout ce dont j’ai besoin pour accrocher.

In Another World With My Smartphone

 

Touya se prend par erreur la foudre divine dans la figure. Pour réparer sa bourde, Dieu lui propose de le réincarner dans une autre dimension avec ce qu’il choisit d’emporter avec lui. Il décide d’emmener son Smartphone.

C’est quoi le deal avec tous ces protagonistes de LN qui n’en n’ont rien à faire d’être morts ? Je veux bien qu’ils ne regrettent pas leur vie sociale non-existante, mais à chaque fois ça me perturbe de constater à quel point ils se fichent de ne jamais revoir leur famille (ou leur animal de compagnie, leurs biens les plus chers, n’importe quoi !). En tout cas, dans Isekai Smartphone lorsque le héros apprends qu’il est mort et qu’il va se réincarner dans une autre dimension, ça lui fait autant d’effet que d’apprendre qu’il va partir en voyage scolaire. D’ailleurs ce ton détente s’étend à tout le pilote, le héros n’est jamais inquiété par quoi que ce soit et tout lui tombe facilement dans le bec : pouvoirs surhumains, argent, vêtements et logement confortables, demoiselles en détresse et partenaires, job adapté, maîtrise des éléments inédite dans cette dimension…Touya est tellement génial qu’il fait découvrir la crème glacée à ses nouvelles amies. Si le ton n’était pas aussi premier degré, j’aurais pris ça pour une parodie. En dehors de ça, cet anime est un exemple étonnamment aseptisé du genre Isekai. Le héros résout les conflits avec calme, les premières filles qu’il rencontre sont très conciliantes, pour l’instant personne ne vient  attaquer Touya (qui n’a même pas de mission divine à remplir) et tout se passe comme sur des roulettes. Vous n’auriez pas besoin d’une accroche pour votre aventure ? J’ai bien aimé les costumes des jumelles (je valide les jupes culottes et les leggins pour les filles), mais c’est tout ce que j’ai à dire de positif sur ce pilote.

Gamers!

 

Keita aime beaucoup les jeux vidéos, mais il se sent isolé avec ce hobby dans son lycée. La situation semble s’arranger quand Karen, la fille la plus populaire de l’établissement lui propose d’intégrer le club de jeux vidéos qu’elle a créé avec d’autres élèves. Rapidement, Keita réalise qu’il ne joue pas aussi sérieusement que les autres, et décide de refuser l’offre…

Eh. Je vois ce qu’ils essaient de faire : une série geek-friendly à la fois comique et romantique. Est-ce qu’ils y arrivent ? Le côté geek est assez bien réussi, les références sont fidèles et détaillées et j’ai beaucoup apprécié qu’ils admettent l’existence de différents types de gamers (comme il existe différents types de lecteurs, de cinéphiles, etc.). Pour le reste, c’est une autre histoire. D’abord, l’humour est trop gratuitement méchant à mon goût. Je ne comprends pas pourquoi ils veulent absolument cracher sur certains personnages, comme notre héroïne qui n’a rien fait pour le mériter. Est-ce parce qu’elle est populaire ? Je ne vois pas en quoi c’est drôle de l’humilier à la fin, alors que tout l’épisode nous montre qu’elle a fait des pieds et des mains pour monter un club de jeux vidéos sérieux et bien fourni. Idem pour le personnage du joueur surdoué au début, nous indiquer que sa copine va passer plusieurs moments en tête-à-tête avec le héros prochainement est plus juvénile qu’autre chose.

Le héros lui-même m’a surprise en n’étant pas le gamer hardcore que j’attendais, mais ça ne veut pas dire que je suis charmée par son auto-apitoiement permanent. Ses réactions de mortification extrême ne sont pas si amusantes que ça, surtout qu’elles deviennent difficiles à justifier quand on constate à quel point les autres sont amicaux avec lui et favorables à son intégration au sein du club. A son âge je rêvais d’avoir ce type de club autorisé dans mon lycée (mangas, animes, jeux vidéos, n’importe quoi) et j’ai du mal à comprendre son attitude de rejet. Le côté romantique m’a encore moins convaincue, ils ne pouvaient pas s’empêcher de cadrer les interactions entre Keita et Karen comme des scènes de grandes déclarations (qui découlent inévitablement sur des malentendus pour le reste de la classe), et ça m’a fait regretter qu’on ne puisse pas avoir pour une fois une série sur un club lycéen mixte SANS qu’ils essaient de caser le héros avec quelqu’un (et sans tomber dans l’excès inverse, qui consiste à faire du garçon du club un total légume comme dans Amanchu). En plus on en est déjà à trois copines potentielles pour Keita ! Si c’est pour avoir plus de ces malentendus, remarques sarcastiques du narrateur et gags narquois, non merci.

Chronos Rulers

Victo et son frère Kiri sont des maîtres du temps : grâce à des artefacts magiques ils peuvent lutter contre les « Horologues », des créatures capables de remonter le temps pour ceux qui le souhaitent. La jeune Koyuki veut retourner dans le passé pour revoir son frère décédé, mais les deux hommes lui révèlent la véritable nature du contrat proposé par les Horologues avant qu’elle ne commette l’irréparable. 

Chronos Rulers est un show d’action surnaturel honnête, un peu limité sur le plan visuel et scénaristique, mais rien de catastrophique. C’est tout à fait le genre de show que j’aurais regardé à la télévision dans les années 2000, entre Vandread et Saiyuki. Ils ne perdent pas de temps pour installer d’emblée le rythme « un épisode = une affaire à résoudre » tout en présentant les personnages principaux et leurs problèmes de manière concise. Victo et Kiri ont de l’alchimie, l’anime n’utilise pas trop mal les CG si bien que les scènes d’actions ressemblent à quelque chose, le style visuel général a du charme, et j’ai trouvé qu’ils en révélaient juste assez sur le passé étrange des deux Chronos Rulers pour donner envie au spectateur d’en savoir plus. Par contre, cette première intrigue qu’ils résolvent tombe méchamment à plat. Koyuki est un cliché ambulant avec ses répliques de potiche (« vous pouvez pas comprendre !« ) et son grand frère décédé de la manière la plus stupide possible (j’attends avec impatience le jour où utiliser un Camion de la Mort comme outil scénaristique sera interdit), la prof qui meurt pour lui servir d’exemple n’a droit à aucune backstory, et comme personne n’a l’air affecté par sa disparition dans ce monde ça n’a aucun impact. Et si la première affaire d’une saison est aussi médiocre, c’est inquiétant pour la suite. Bref, ce n’était pas un désastre, mais je vais attendre la seconde saison de Blood Blockade Battlefront pour avoir ma dose d’action surnaturelle stylée.

Convenience Store Boyfriends

Le responsable Haruki et son meilleur ami l’immature Towa traînent au Konbini du coin régulièrement. Un jour, Haruki croise une ancienne camarade de classe dont il était amoureux. De son côté, Towa est attiré par une déléguée très émotive, et il a du mal à l’approcher sans qu’elle se mette en colère. 

Ennuyeux ou relaxant, selon votre point de vue ou votre état d’esprit. Cette petite production raconte le quotidien de plusieurs lycéens (et plus si affinités) qui se croisent dans leur supérette préférée sous l’œil bienveillant des vendeurs. Ce pilote introduit les deux couples principaux, mais le générique d’ouverture nous promet le développement de pas moins de six couples plus ou moins contrastés. Comme dans Norn9, le couple principal est le plus plat du lot, et les autres sont plus intrigants. Pour moi c’est l’anime idéal pour servir de fond quand je farme Grindblue Fantasy fait autre chose. Je n’ai noté aucun personnage outrageusement agaçant (même Towa alors que d’habitude son stéréotype me tape sur les nerfs), ce qui est une très bonne chose pour une romance chorale. Sortir en même temps que Tsurezure Children (qui vise exactement le même public) ne va pas aider Konbini Kareshi à se démarquer, mais il a quelques avantages, comme ses chara-designs plus matures et son format long. A vous de voir.

Made in Abyss

Orth, la cité des excavateurs, est construite au bord d’un gouffre immense qui recèle nombre de mystères. Riko rêve d’en explorer les profondeurs comme l’a fait sa mère avant elle, et une opportunité se présente quand elle porte secours à un petit robot humanoïde très puissant qu’elle nomme « Reg ». 

Après Grimgar, voilà un autre anime déterminé à améliorer sa source grâce à une excellente réalisation. Ça passe par l’évitement habile des aspects les moins reluisants du manga, comme la punition complètement inappropriée de Riko qui nous est seulement évoquée dans une réplique*. Ça passe également par un worldbuilding impeccable (hello background porn) et un style qui rappelle un peu Dennou Coil, entre autres animes centrés sur des enfants. Et si ils sont conscients que certaines scènes ne sont pas montrables, ils n’ont pas pour autant épuré toute l’horreur du manga : on sent la vulnérabilité des enfants face à leur environnement extrêmement hostile, la mort est omniprésente dans ce pilote quand on sait que tous les parents des personnages ont perdu leur vie dans les profondeurs du gouffre, et on pouvait repérer des choses encore plus inquiétantes dans le fond comme la chambre de Riko bourrée d’instruments de tortures ou simplement la manière autoritaire dont les enfants sont gérés (est-ce qu’ils ont le choix de mettre leur vie en jeu pour devenir des excavateurs ? Rien n’est moins sûr).  Pour l’instant je suis satisfaite de la manière dont ils équilibrent les aspects innocents de Made in Abyss  (l’émerveillement propre à l’exploration et à la découverte sont intacts) avec ses aspects plus sombres. Nous verrons comment ils s’en sortent quand Riko et Reg entameront leur descente au sein du gouffre.

*Ce qui ne les a pas empêché de la reproduire dans le second épisode…soupir…

18If

Haruto est prisonnier du rêve de Yuko, une jeune fille qui a trouvé refuge dans un sommeil sans fin et règne en tyran absolu sur ce nouveau terrain de jeu. Aidé par la mystérieuse Lily et l’homme-chat Katsumi, Haruto entreprends de réveiller leur hôtesse. 

Huh. Pour un show basé sur un « monde des rêves » où tout peut basculer dans l’inconnu à tout moment, j’ai trouvé ce pilote bien dénué de tension. Le protagoniste Haruto ne semble pas très affolé d’être pris au piège de la « Sorcière de la Foudre » et de risquer sa vie au moindre faux pas. Il faut dire que le scénario lui donne immédiatement un statut d’Élu de la Légende, le pouvoir de parler à l’un des êtres les plus puissants de cette dimension qui lui sauve la mise à plusieurs reprises, et l’assistance d’un expert qui lui sert de sidekick et de guide touristique. Et ensuite…est arrivé le concept de fond du show. Et c’est là que l’anime est passé de médiocre à exaspérant.

D’où vient le monde des rêves ? De « Sorcières », des filles dont les sentiments négatifs les ont poussées dans un sommeil sans fin. Qui est là pour les secouer un peu et réveiller ces Belles aux Bois Dormants ? Yep, notre héros, Blando Mc Blandface. Oubliez les psys, les jeunes garçons sont les mieux placés pour régler ce genre de problème, si on en croit de nombreux animes. 18If ne rentre même pas dans les détails, il suffit à Haruto de dire à Yuko qu’elle devrait arrêter de se forcer à maintenir les apparences et se laisser un peu aller, et *pouf* tout va bien, elle devient un gentil toutou vulnérable  (et dénudé parce que ce n’était pas déjà assez cliché), et je me suis fait un trou dans le front avec mon facepalm. Et ce n’est pas l’esthétique de l’anime qui va le sauver, 18If est un exemple assez effarant d’ambitions visuelles desservies par une réalisation limitée (j’ai même trouvé ça laid à plusieurs reprises). Entre son héros apathique, son concept de « Woman-Fixer » qui sert de cache-misère à une narration « un épisode = une demoiselle en détresse » démodée et sa réalisation médiocre*, il n ‘y a pas grand chose à sauver. Peut-être la chanson de l’OP ?

*Tiens, ça ne vous rappelle pas un autre merveilleux anime ? Sagrada Reset…

Action Heroine Cheer Fruit

La petite sœur de Mikan est fan de Kamidaio, une mascotte régionale très populaire. Mikan l’emmène voir l’un de ses shows, mais celui-ci est annulé au dernier moment. Pour la consoler, sa grande-sœur monte un petit spectacle avec l’aide d’An, une fille de son lycée très sportive également fan de Kamidaio. Leur performance est repérée par une autre camarade, qui leur fait une proposition…

Dans une réalité alternative qui a l’air franchement meilleure que la nôtre, les idoles locales sont remplacées par des « héroïnes », prêtes à faire la promotion de produits locaux dans leurs spectacles. Peut-être que les mauvais shows à idoles (et autres shows de filles mignonnes type Battle Girls High School) qui se sont enchaînés m’ont blasée, mais je n’attendais rien de cet anime, et il m’a agréablement surprise. Il n’essaie pas du tout d’être moe ou d’utiliser des gimmicks pour se vendre, et fait confiance à ses personnages pour intéresser le spectateur. Par exemple, la détermination de Mikan à repousser ses propres limites pour réaliser le rêve de sa sœur est le thème central de cet épisode, et je n’ai pas pu m’empêcher de partager son soulagement et sa joie quand son jeune public se prend au jeu. Contrairement aux autres copy-cats de Love Live, on dirait qu’ils ont compris que l’attrait principal de cette série ne vient pas de ses designs mignons ou de son concept, mais de la persévérance des filles face à l’adversité.  De plus, en choisissant une inspiration sentai au lieu de faire chanter et danser ses personnages, Action Heroine a trouvé une « niche » qui peut s’avérer payante s’ils continuent de trouver des moyens stimulants de l’exploiter. Reste à voir si les autres filles seront aussi charmantes que Mikan et An, et ce pilote donne envie d’être optimiste.

Magical Circle Guru Guru

 

Forcé par ses parents, Nike part à l’aventure pour devenir un héros. Il n’est pas très enthousiaste à l’idée de se frotter aux forces du mal, mais il gagne le soutien de Kukuri, une jeune magicienne qui maîtrise la magie ancienne « Guru Guru ».

Magical Circle me fait un peu penser à Shrek, c’est la parodie d’un type d’histoire que tout le monde reconnaitra, adressée en priorité aux enfants mais tout de même bourrée de clins d’œils aux adultes. Les références aux vieux RPG pullulent, que ce soit dans les graphismes, les gags et même le scénario. Il reprend toutes les étapes classiques du début de l’aventure avec prophétie, départ du village natal, acquisition de l’équipement, recrutement du premier compagnon de route et premier affrontement avec l’ennemi dans la forêt. Ça pourrait être très routinier, mais l’objectif est de tourner ces étapes de la manière la plus drôle possible, et la plupart du temps, ça marche. Kukuri en particulier est absolument hilarante, c’est le genre de personnage immédiatement attachant qui ne rate aucune occasion pour faire le pitre, et qui fait aussi avancer le scénario grâce à son entrain inégalé. Tous les gags ne sont pas de la même qualité, les plus réussis sont ceux qui poussent la parodie ou l’absurdité au maximum, mais ça ne veut pas dire qu’ils résistent à des blagues plus juvéniles et faciles qui ont pris un petit coup de vieux. Quoi qu’il en soit, tant que ça continuera de se moquer avec inventivité de son propre genre, Guru Guru me paraît bien parti pour remplir la case « comédie de la saison ».

Princess Principal

Après sa découverte de la cavorite, une substance aussi puissante et lucrative que dangereuse pour les êtres humains, la perfide Albion a été le théâtre d’une violente révolution qui a coupé le pays en deux. A Londres, plusieurs jeunes filles sont recrutées pour remplir des missions d’espionnage. Infiltrées dans une Académie prestigieuse, elles servent également de passeuses à travers le Mur, et utilisent les effets de la cavorite pour combattre leurs nombreux ennemis.

Princess Principal est du steampunk victorien qui emprunte largement à la Guerre Froide pour son scénario, un combo suffisamment inédit pour attirer l’attention. Son esthétique raffinée est séduisante, la première mission des héroïnes est bien ficelée, et les personnages ont une part de mystère alléchante (en particulier Ange et la princesse). Mais malheureusement, malgré tous ces points forts, je suis ressortie de ce premier épisode avec un sentiment de vague malaise. En choisissant de mettre en scène des filles très jeunes aux designs anachroniques moe, et de garder le ton de leur anime d’espionnage aussi sérieux que celui d’un seinen, le studio Actas s’est mis dans une situation ambiguë.

Les courses-poursuite au début sont suffisamment légères pour que ça colle, mais la seconde partie de l’épisode comprends une scène de fusillade et une d’exécution très brutales et explicites qui ont mis fin à mon immersion.  Vous ne pouvez pas habiller votre héroïne en version féminine d’Arsène Lupin avec un costume designé pour le fanservice*, lui faire descendre un homme à bout portant, et attendre que n’importe quelle audience gobe ça sans broncher. Pas très malin non plus de nous montrer un ED adorable juste après ces scènes, ça renforce l’impression qu’ils veulent manger à tous les râteliers (et si vous suivez mes critiques, vous savez à quel point j’adore ce type d’anime dispersé entre plusieurs tons contradictoires). Il est très probable que la réception positive ou négative de Princess Principal dépende beaucoup des sensibilités des uns et des autres; pour ma part malgré mon enthousiasme pour le worldbuilding je crois que je vais passer mon tour.

*D’ailleurs ce choix de costumes de gothiques-lolitas est incohérent avec la fonction des héroïnes : quelles espionnes dignes de ce noms porteraient des vêtements aussi étranges qui les distinguent immédiatement des autres gens ?

Classroom of the Elite

Ayanokoji intègre Tokyo Koudo Ikusei, un lycée financé par le gouvernement qui a un taux d’accès à l’emploi de ses anciens élèves de 100%. L’établissement fonctionne en complète autarcie, et ses élèves doivent en être des pensionnaires. Ayanokoji est inscrit dans la classe 1-D qui a une réputation de « classe-poubelle », et ses camarades sont bluffés par la vie luxueuse qu’on leur propose. Ce qu’ils ne savent pas, c’est que l’école suit un système de hiérarchisation au mérite dont ils ne vont pas tarder à expérimenter les conséquences. 

Je m’attendais à quelque chose entre Baka to Test et Mahouka, mais c’est plus dystopique et complexe que ça. Le pilote commence de manière relativement classique, avec la rentrée d’élèves dans un lycée très spécial comme on en voit tant dans les animes, de Hana Yori Dango à Assassination Classroom. Progressivement, plusieurs détails cumulés interrogent, comme les sommes d’argents importantes allouées à tous les élèves au début du mois, les caméras placées un peu partout, l’architecture de prison des salles de classe et la présence incongrue de produits gratuits dans les magasins, alors que tout le monde est supposé avoir accès à l’argent facile. Ce n’était pas dur de prévoir le twist final, mais ça ne veut pas dire qu’il était ineffectif, et cette structure d’établissement qui se veut (pour l’instant) une méritocratie absolue a quelque chose de fascinant. Et…j’aurais aimé que les personnages le soient tout autant.

Malgré leur ressemblance frappante avec Yui, Hachiman et Yukino de Yahari/SNAFU, aucun des trois n’est particulièrement sympathique. Kushida, présentée comme le parangon de vertu du show, est constamment réduite par les angles de la caméra à sa poitrine, ce qui rend le traitement de son personnage très hypocrite. Ayanokoji, notre narrateur, est si brutalement apathique (c’est la mode de la saison ?) et sûr de lui que ça désamorce complètement la tension si soigneusement construite dans ce pilote. Comment se sentir vraiment inquiet ou impliqué quand le héros a immédiatement le contrôle de la situation, et n’est jamais affecté par quoi que ce soit ? Horikita est la moins ratée des trois, elle est la seule de sa classe à arriver préparée (c’est plus ou moins impliqué qu’elle a dû expérimenter ce type de traitement impitoyable dans sa famille depuis toute petite) et ironiquement son parcours individuel peut s’inverser par rapport à celui des autres : elle a de la marge pour challenger sa vision cynique des choses. Mais je ne sais pas si j’ai envie de continuer avec un seul personnage sur trois que je trouve vaguement intéressant. En plus, Classroom of the Elite a la malchance d’arriver après Kakegurui, dont j’ai absolument adoré les trois premiers épisodes, et qui exploite aussi un concept de lycée perverti par un système de hiérarchisation des élèves selon leurs performances. Bye bye, Yumeko Jabami l’emporte. 

Altair : A Record of Battles

Surnommé l' »Aigle Doré », le jeune et brillant Pacha Mahmut a été traumatisé par la guerre quand il était petit. Ainsi, malgré son manque d’expérience, il est déterminé à trouver un moyen de prévenir le nouveau conflit imminent entre sa Turkiye natale et l’Empire du Balt-Rhein. 

Tous ces animes qui piochent largement dans l’Histoire et la représente avec des noms à peine modifiés (« Turkiye » ? Vraiment ?) et des copié-collé effarants (« l’assassinat du premier ministre du Balt-Rhein Franz qui déclenche la Grande Guerre » ? VRAIMENT ??) me font revoir à la hausse la valeur des shows qui construisent leur propre scénario épique, peut-être en s’inspirant de faits réels mais avec un minimum d’efforts accomplis pour permettre au spectateur de s’en détacher. Avec Altair, nous n’avons pas vraiment le choix. Ce manque de subtilité n’est pas arrangé par son esthétique, qui n’a pas plus de nuances que celle d’un RPG de base : le héros emo est aussi incorruptible que son regard bleu transparent, le rival beau-parleur a des cheveux violets pour bien cadrer avec son surnom de « poison », le gentil mentor est un vieil homme bedonnant, le ministre conspirateur d’Autr…heu pardon du Balt-Rhein, est introduit avec en fond une bonne musique d’orgue maléfique, au cas où on n’avait pas compris, et la douce maman se meurt sur fond de violoncelles pleurnichards. Il n’y a aucune place pour l’originalité, tout le monde disparait derrière sa fonction symbolique écrasante.

Pour que ça fonctionne, il faudrait qu’Altair assume d’être une « Hero’s Journey » riche en métaphores, et laisse tomber ses références historiques inconfortablement proches de la réalité, ou l’inverse. Tant qu’il essaie de faire les deux à la fois, il se condamne à l’échec. Et ce ne sont pas les seuls problèmes de ce pilote. Les backgrounds et le worldbuilding n’ont rien d’impressionnant en dehors du détail des costumes (un vrai problème pour un anime dont le caractère dépaysant est un argument de vente), le montage est assez maladroit, et l’animation elle-même manque de panache. Avec trois animes produits en même temps par le même studio, je pensais bien qu’au moins l’un d’entre eux allait en faire les frais, et Altair a tiré la courte paille. Ce pilote a l’air d’avoir été bouclé rapidement, quitte à avoir des plans à peine achevés et une quantité de scènes limitées à des têtes parlantes. Après, il faut reconnaître que ce pilote n’a pas dû être une partie de plaisir à écrire et réaliser avec autant de personnages et de contexte à introduire en même temps que l’intrigue principale, et il a le mérite d’être clair. Je pense qu’Altair a de la marge pour s’améliorer si il laisse ses personnages respirer et développer une personnalité individuelle au-delà de leur stéréotype, et vu que MAPPA sera débarrassé de Virgin Soul et de Kakegurui à la rentrée, il se peut que la seconde partie soit mieux produite. Je verrai ce que les autres en disent.

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12 réflexions sur “Pilotathon des Animes d’Eté 2017

  1. En tant que dev moi-même j’ai la mauvaise habitude de mettre en pause et d’examiner à la loupe quand un personnage code (dans Active Raid, c’était du mauvais Python, dommage). Pas déçu par K&M (c’est du Java cette fois): « public Rectangle getKurata() », « synchronized getTreeLockKurata() », « if (!comp.isNonOpaqueKurata()) »… Made my day.

    • Ouh j’avais oublié l’existence d’Active Raid ! Je me demande si il y a en aussi dans New Game vu qu’il y a des programmeuses (je crois ?)

      • Il me semble que dans New Game on ne voit jamais le code, juste le « résultat ». Ils feront peut-être mieux dans la saison 2.

      • Bingo. Dans l’épisode 1 de la saison 2 on voit un écran de code en transparence après le plantage du jeu de Nene. Et cette fois c’est du C++ (variante C++11, ils ont fait leurs recherches manifestement). Moins de portnawak que dans K&M mais quand même une classe « DestructibleActor » qui hérite de « NeneActor » :)

  2. > Même si on sent que c’est écrit à l’origine par quelqu’un qui a un gros fétiche masochiste
    J’ai pas encore vu l’anime, mais cette réflexion m’a donné super envie. :). Dit tout autrement, tu avais l’air super enthousiaste :D

    • J’ai beaucoup aimé ^^ je pense que ça peut être facilement l’un des meilleurs shows de la saison si les prochains duels sont aussi prenants.

  3. J’ai pas compris sur ce que tu voulais dire pour Fate Apocrypha et ceux d’Ufotable, le premier épisode de chaque Fate d’Ufotable ne t’a jamais convaincu, c’est bien ça ?
    Quand à Kakegurui, c’est un peu l’enfant illégitime de Kaiji et Prison School.^^

    • Ce n’est pas qu’ils ne m’ont pas convaincue, c’est qu’ils m’ont tous ennuyée à un moment ou à un autre (j’ai le souvenir d’un pilote interminable avec Rin pour UBW, même si le concept de nous faire vivre un peu son quotidien était intéressant).

      J’ai hâte de voir la suite de Kakegurui, c’est mon style d’anime barré ^^

  4. Pingback: Impressions sur les séries de l'été 2017 (3ème Partie - FIN) - L'Antre de la Fangirl

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