Pilotathon des Animes de Printemps 2017

Avant tout, un petit point sur l’hiver : j’ai terminé Long Riders et Sangatsu, ils sont dans mon classement (et Ai Mai Mii Surgical Friends mais je n’avais pas grand chose à dire de plus : c’est dans la même veine que la première saison, possiblement encore plus barré), j’attends le dernier épisode de Maidragon pour publier ma petite critique et il me reste trois épisodes d’ACCA à regarder. Je ne pense pas terminer Chaos;Child, le pilote était prometteur mais ça c’est très vite dégradé et je crois que c’est même pire que Chaos;Head. Enfin Gabriel Dropout a le même problème que Sansha Sanyou : il y a des moments de fulgurance, mais c’est très inégal et il n’y a pas assez de scénario pour justifier la longueur. Je vais peut-être finir, mais avec l’arrivée de cette nouvelle saison massive, ce n’est pas pour tout de suite.

Et sur ce, Let’s-la-go ! Cliquez sur les titres pour voir les openings.

Dans cet article : Boku no Hero Academia 2, Gin no Guardian, Shingeki no Kyojin 2, Granblue Fantasy, Alice & Zorokou, Frame Arms Girl, Akashic Records of Bastard Magic Instructor, Cinderella Girls Theater, The Royal Tutor, Sakura Quest, Armed Girls Machiavellism, Sagrada Reset, On a Lustful Night Lingering with a Priest, As the moon so beautiful, Clockwork Planet, Twin Angel Break, Hinako Note, Love Tyrant, Eromanga-sensei, Kabuki club, Re:Creators, Grimoire of Zero, SukaSuka, Kenka Banchou Otome, Anonymous Noise, Rage of Bahamut : Virgin Soul.

Boku no Hero Academia 2

L’Académie Yuei a retrouvé le calme après avoir subit une violente attaque qui visait à détruire All Might. Les profs ne relâchent pas leur vigilance, mais décident tout de même d’organiser leur équivalent annuel des Jeux Olympiques du super-héroïsme, une occasion en or pour les jeunes d’attirer l’attention du public et s’affirmer comme de futurs héros majeurs. 

Deku et All Might sont de retour ! Et…c’est un épisode récapitulatif et transitionnel. Ce n’est pas une (si) mauvaise chose, ça permet de se remettre les évènements de la première saison en tête et de poser les bases des futures intrigues, mais ça veut dire que la majorité de l’épisode était composée de dialogues de récap et d’explications, et ça n’a rien d’excitant. Heureusement ils ont tout de même inséré du contenu original, la seconde partie se concentre sur l’annonce de ce nouveau tournois, et prend le temps de revenir un peu sur les motivations des uns et des autres dans leur quête d’héroïsme. C’était l’occasion de se rappeler à quel point les personnages de BokuAca débordent de charme, de positivité et d’énergie. La série n’a pas vraiment l’air de vouloir régler ses problèmes de rythme, ça continue à se trainer un peu trop à mon goût, mais je suis suffisamment attachée aux personnages pour fermer les yeux là-dessus.

Gin no Guardian

Coincé dans une autre dimension, Suigin a le pouvoir de combattre une armée maléfique qui menace notre monde pour protéger l’avenir de ceux qui lui sont chers. Comment s’est-il retrouvé dans cette situation cauchemardesque ?

Juste une remarque : présenter d’office votre personnage principal comme un super-guerrier capable de terrasser une armée de milliers de zombies en CG sans grande difficulté n’est sans doute pas le meilleur moyen de créer de la tension dans votre show. On assiste à ce combat dantesque au début et à la fin du pilote, avec entre les deux un retour en arrière à une époque plus tranquille, qui nous montre l’origine du héros. C’est une technique d’écriture ultra classique, l’intention est de nous donner envie de savoir comment on est passé d’un point A à un point B, et je l’ai déjà vue employée dans des shows d’action de manière très efficace. Ici c’est beaucoup moins heureux, en dehors de ne créer aucune réelle tension ça fait doublon avec une autre scène d’intro beaucoup plus subtile (la scène où l’héroïne pense à Suigin : ils font deviner ce qu’il se passe tout en conservant une part de mystère), et de deux ça prend beaucoup trop de temps, à tel point qu’ils doivent expédier la présentation des personnages principaux de manière caricaturale : ça c’est la fille à papa que tout le monde admire, ça c’est le héros tourmenté par de méchants bullies, et ça c’est son pote playboy ! Bye bye rendez-vous au prochain épisode.

Ils s’en sortent un peu mieux sur le plan visuel. La grosse différence entre Gin no Guardian et les précédents shows d’Haoliners, c’est que celui-là est au moins réalisé par des gens à peu près compétents. Jolie lumière et jeux de contraste, animation dynamique, ce n’est pas désagréable à regarder. Et c’est certain qu’ils ont toujours le même script de base (prenez un rando en galère qui se retrouve le réceptacle de pouvoirs incroyables, ajoutez plusieurs pin-ups en tenue légère pour la dose de fanservice, une héroïne spéciale dévouée au héros, saupoudrez de monstres/zombies/démons/vampires qui se ressemblent tous, et voilà !), mais cette fois le héros est nettement moins antipathique que ses prédécesseurs. C’est toujours bancal, mais comparé à ce qu’ils nous ont offert jusqu’ici on sent tout de même du progrès. Cool…?

Shingeki no Kyojin 2

La dernière crise Titanesque a été maîtrisée, et les Scouts sont horrifiés par ce qu’elle révèle sur la cité et ses secrets. Mais ils n’ont pas le temps de se reposer : un nouveau squad de Titans a créé une percée, et ils amènent avec eux une autre grosse surprise. 

C’était un peu étrange pour moi de commencer cette seconde saison, je n’ai pas terminé la première, mais je suis beaucoup plus loin dans le manga, et entre temps j’ai vu l’espèce de spin-off comique sur les personnages à l’école (Chuugakkou) qui n’a pas grand chose à voir avec la série. Ça fait aussi bizarre de se dire que cette saison pourtant annoncée il y a belle lurette ne va durer que 12 épisodes, d’un côté je comprends que l’industrie de l’animation au Japon est en pleine crise, mais de l’autre je me demande quand même si ce n’est pas aussi le studio qui a encore foiré le planning (ce ne serait pas la première fois). Mais si ça veut dire qu’on aura 12 épisodes de qualité et une suite pas trop longtemps après, je suis pour. C’est un vrai plaisir de pouvoir replonger dans l’univers d’AoT, cette série réussit encore à me fasciner après toutes ces années, revoir mes personnages préférés est toujours réjouissant (Hange ! Potato-Girl ! Levy ! MIKASAAAA) et les scènes d’action sont toujours aussi tendues et prenantes (avec un bémol pour les scènes de monte en CG, mais c’était négligeable). J’ai trouvé cet épisode mieux rythmé et écrit que nombres d’épisodes de la première saison, qui avait trop de longueurs à mon goût. Si le reste est à la hauteur de ce pilote, on est parti pour une solide aventure.

Granblue Fantasy

Dans un univers où les hommes (entre autres races) peuplent des îles infestées de monstres qui lévitent dans le ciel, un jeune homme est appelé à une grande destinée. Avec son dragon Vyrn et une jeune fille étrange aux pouvoirs immenses pourchassée par l’Empire, ils partent explorer le reste du monde. 

Je me demandais comment ils allaient diffuser Granblue comme les deux premiers épisodes étaient déjà sortis en hiver, et j’ai ma réponse : ils vont recommencer depuis le début. Depuis j’ai eu le temps de réfléchir à cette série, et à mon avis le problème avec une adaptation comme celle-là, c’est qu’elle risque de ne contenter personne. Les fans ne vont pas voir leurs waifus et husbandos personnages préférés si ils ne font pas partie des personnages centraux, ni rire à leurs insides jokes favorites, et les autres vont voir une série de RPG générique et ne pas bien comprendre ce que le jeu a de spécial. Je me demande s’ils n’auraient pas mieux fait de sortir une adaptation du webcomic (la source principale des memes) ? Mais si l’intention était d’attirer de nouveau potentiels joueurs, je comprends leur démarche. En dehors de cette préoccupation, je suis plutôt satisfaite. Les deux premiers épisodes étaient bien animés (la photographie est une autre histoire, mais personnellement ça ne m’a pas dérangé outre mesure), et avec ce délai on est au moins assurés d’avoir un produit qui tienne la route. Comme on voit Orchis et le Chevalier Noir sur la nouvelle affiche ça veut dire qu’ils ont l’intention d’aller suffisamment loin dans le scénario pour que ça devienne intéressant. Et si cet anime fonctionne bien, peut-être qu’ils produiront le spin-off que j’ai envie de voir…

Alice & Zorokou

Sana s’échappe de l’organisme tentaculaire qui la tient captive et exploite ses incroyables pouvoirs. Elle rencontre un vieux fleuriste, Zorokou, qui va la prendre à sa charge malgré ses réticences. Son objectif : libérer les autres enfants qui sont toujours contrôlés par ses ennemis. 

Ce premier épisode m’a surpris, et il a fallu que je réajuste mes attentes en cours de route. Au lieu d’un slice-of-life détente sur un papi et une petite fille, j’ai trouvé un mélange d’action classique (conspirations politiques et courses-poursuites incluses) et de drame intimiste.  Le coup du vieux ronchon au cœur d’or qui se fait apprivoiser par un enfant, on connaît, mais je ne pensais pas que ce serait traité avec autant de sérieux, voire de mélancolie. A vrai dire ça ne m’a pas déplu, on sent la détresse de Sana face à sa situation et face à ce nouveau monde qu’elle découvre (ses immenses pouvoirs contrastent avec son ignorance et son innocence), et sa relation naissante avec Zorokou était l’aspect le plus réussi du pilote.

Ma déception vient de la réalisation. Les designs des personnages ne sont pas très flatteurs à l’origine (c’est du genre « trois traits et hop le visage est terminé »), et l’animation ne tire que rarement avantage de leur simplicité pour les rendre plus expressifs. Les CG sont juste atroces, particulièrement mal intégrés (une overdose de bâtiments et de voitures tellement cheaps qu’ils semblent appartenir à un autre anime), et je ne sais pas ce qu’ils ont fait avec les couleurs, mais le tout a l’air d’avoir été trempé dans du jus sépia. J’ai noté une nette amélioration au cours du dernier segment, les décors sont beaucoup plus jolis et les couleurs plus vivantes, mais est-ce que ça suffit pour un show basé sur une héroïne qui a le pouvoir de créer tout ce que son imagination désire ? Comparé à Flip Flappers, également inspiré par Alice au Pays des Merveilles, Alice & Zorokou fait pâle figure. Et j’ai aussi un gros problème avec le ton. Le pilote n’a pas de réel moments forts : c’est vaguement mélancolique, vaguement tendu, vaguement humoristique, et la plupart du temps c’est juste…très monotone. Probablement une conséquence de leur choix (discutable) d’étirer cette introduction sur 45 minutes. Ce problème sera sans doute réglé à l’avenir avec des épisodes plus condensés, mais le mal est fait et ce pilote manque d’impact. 

Je pense continuer, les deux personnages principaux ont assez de charme pour le justifier, mais j’ai un peu peur que les deux intrigues principales (Alice veut sauver ses amis, Alice et Zorokou vont développer leur relation) s’accordent mal entre elles. Et si ils pouvaient minimiser la récurrence de scènes d’action en CG, ça serait un gros plus.

Frame Arms Girl

Ao accepte par erreur la proposition d’une entreprise qui cherche des volontaires pour tester ses nouveaux modèles de Frame Arms Girls, des poupées de combat à assembler et dotées d’intelligence artificielle. Elle ouvre leurs colis en pensant qu’il s’agit de cadeaux de son père, et fait ainsi la connaissance de Gourai, Stylet et Baselard, trois modèles aux personnalités très contrastées.

Culottes, modélisme et poupées en plastique. C’est littéralement la première image qu’on voit du pilote, au moins on sait à quoi s’attendre. Et le scénario…eeeeh. Si mon père m’envoyait des figurines designées par le créateur de Strike Witches qui poussent un cris d’orgasme quand je branche leur chargeur, je me poserai BEAUCOUP de questions. Heureusement ce n’est pas lui le coupable, mais que ce soit suggéré  pendant la majorité de l’épisode en dit long sur la totale déconnexion de l’anime avec la réalité. En plus ce truc est juste le pire jouet jamais inventé : il harcèle l’héroïne pendant son temps libre pour qu’il l’assemble et joue avec lui. Si c’était moi, ça atterrirait direct dans la poubelle. La figurine vient aussi avec une fonction d’explications techniques intégrées, mais dans la réalité ce genre de chose ne serait jamais aussi spontané et invasif (imaginez la nuisance si vous aimez découvrir par vous-même comment monter votre nouveau modèle, et le truc se met à ruiner votre excitation en vous disant de respecter le mode d’emploi).

Pour ne rien arranger le show prend trèèès au sérieux son job : vous vendre le plus de modèles et de matos possible de la marque Kotobukiya. Il y a un monologue entier destiné à vous vanter les mérites de leurs pinces coupantes. Sexy. Ils essaient aussi de nous vendre l’aspect émotionnel du show en présentant Gourai comme une enfant qui vient de naître et qui apprends les émotions, mais comme ils le font en nous mettant ses fesses dans la figure, c’est très difficile à prendre au sérieux. Visuellement le show se tient plutôt bien, les poupées en CG sont potables, mais ça se tient aussi parce que c’est très basique (tout le pilote se passe dans l’appartement d’Ao), et surtout ça s’effondre dès qu’ils essaient de mettre en scène un combat. Mon conseil : si vous aimez l’idée d’une jeune fille qui tisse un lien spécial avec une poupée à la technologie très avancée en la faisant se battre contre ses congénères, regardez Battle Doll Angelic Layer. C’est les mêmes idées mais avec une véritable résonance émotionnelle, des combats en 2D et sans la sexualisation de poupées infantilisées. 

Akashic Records of Bastard Magic Instructor

Académie de magie yadayadayada

Je pense qu’Akashic Records est le type d’adaptation de LN de Harem/Fanatsy qui m’agace le plus : celle qui se croit drôle. On nous ressert exactement les mêmes mauvais clichés (le titre trop long, l’infodumping permanent, le contexte pseudo-occidental bourré d’anachronismes qui pompe sur Harry Potter, le fanservice douteux, le protagoniste au Passé Sombre qui apparait comme le pire mais qui est secrètement le meilleur, la MILF de service, les uniformes au design invraisemblable conçu par un comité de pervers, le duel avec l’héroïne, etc.) mais cette fois on devrait trouver ça hilarant parce que le prof est un mélange d’arrogance, d’incompétence et de narcissisme. Je me sens un peu mal pour le staff : ils se donnent beaucoup de peine pour essayer de rendre ça divertissant, avec une animation particulièrement dynamique. J’ai aussi noté de jolis backgrounds, mais c’est triste de se dire qu’ils ont piqué le directeur artistique de Little Witch Academia pour…ça. Quand le fond de votre show est aussi moisi, vous aurez beau enrober ça le plus joliment que vous pourrez, ça sentira toujours le moisi. Les seules scènes qui m’ont arraché un sourire sont celles où le prof se prend une remarque particulièrement acide et bien tournée de la part de l’héroïne, et la résolution du duel qui m’a surpris. Il y a un embryon de comédie romantique décente dans ce show, mais il est étouffé par tous les clichés qui l’entourent, et comme je l’ai noté, il y en a un paquet…

Cinderella Girls Theater (short)

Il y a deux versions de ce short disponibles : une seulement diffusée sur le web et une destinée à la télévision. La première présente une minute d’entretien en vue à la première personne avec une idole de la licence. Ce n’est pas aussi malsain que One Room, mais ça n’a pas grand intérêt. La seconde est celle que j’avais envie de voir : elle contient trois petits sketchs comiques d’une minute chacun, avec un thème récurrent (cette semaine, c’était les oreilles d’animaux). C’est mignon, inoffensif, et amusant.

The Royal Tutor

Les princes Leo, Licht, Bruno et Kai sont les héritiers potentiels de la Couronne s’il arrive quelque chose à leur grand frère. Mais ils estiment qu’ils n’ont pas besoin de formation pour parfaire leur éducation, et ont l’habitude de faire fuir précepteur après précepteur. C’est sans compter sur l’obstination de Heine, qui n’est pas du tout impressionné par leur attitude et met sans attendre ses méthodes en application. 

De tous les animes type « shonen pour femmes » dont j’ai vu le pilote pour un marathon, celui-là est l’un des mieux réalisé et des plus cohérents. Même si les costumes et décors ne tiennent pas la route soumis à une étude pointue, ils ont fait leurs recherches, et le résultat est suffisamment crédible pour situer l’action dans un royaume d’Europe de l’Est (type Autriche) au XIXème siècle. Ils basent leur scénario sur un concept classique, simple et efficace : des jeunes gens dissipés désespèrent leurs parents, qui recrutent en dernier recours un précepteur un peu spécial. Il va essayer de gagner leur confiance et d’en faire de meilleures personnes (et ici possiblement de meilleurs leaders). Souvent ces histoires prennent une tournure romantique et éventuellement dramatique à la Mélodie du Bonheur ou le Roi et Moi, mais nous sommes dans une comédie, et rapidement les gags dissipent le sérieux de l’introduction. Chacun des quatre princes se présente comme un stéréotype : le sadique, le crétin vaniteux, le grand-frère responsable et le bloc de glace indéchiffrable. Mais via Heine on découvre qu’ils cachent leur véritable personnalité derrière le rôle qu’ils se donnent. Royal Tutor me rappelle Shounen Maid : un anime qui a l’air d’être du pur fujoshi-bait fétichiste, mais qui révèle plus de substance si on gratte un peu la surface. Nanbaka vient de se terminer, et si vous cherchez un remplacement The Royal Tutor est le parfait candidat.

Sakura Quest 

Yoshino a tout fait pour échapper à la province profonde dans laquelle elle a grandi : elle est monté à Tokyo, y a fait ses études, et espère désormais intégrer une entreprise avant de se faire jeter du foyer payé par ses parents. Suite à un malentendu, elle est recrutée pour participer à la revitalisation du tourisme local à Manoyama, une petite ville paumée. Elle essaie de retourner rapidement à la capitale une fois sa mission accomplie. Mais les villageois ne sont pas prêts à la laisser partir, et le destin va leur donner un petit coup de pouce. 

J’étais déjà à 100% convaincue par le concept de ce show avant de le commencer, et il ne lui restait qu’à délivrer, mais je n’allais pas tout lui passer pour autant s’il n’était pas à la hauteur. Et ce pilote était tout ce que j’espérais. P.A.Works a réussi à créer une petite ville de campagne qui a de la personnalité. Il y a quelque chose de désuet mais de très charmant dans ces vieux palais touristiques à thème plus ou moins désaffectés, ça me rappelle le parc au début du Voyage de Chihiro, et le parc d’attraction abandonné d’Amaburi (lui-même probablement inspiré par Nara Dreamland ?). Celui de Manoyama n’est pas encore totalement mort, mais c’est évident qu’il a connu de meilleurs jours, et c’est émouvant de voir que le comité vieillissant qui l’anime y croit encore. On comprend l’ampleur de leur détermination quand ils vont jusqu’à se déguiser en chupacabra (cette scène hilarante est l’un des moments forts de ce début de saison). L’un des arguments de vente de l’anime étant ses cinq personnages principaux, j’ai été rassurée de constater que celles qu’on nous présente ont immédiatement une excellente alchimie. Elles sont aussi très attachantes : Yoshino est une héroïne à qui on peut immédiatement s’identifier, avec des préoccupations très terres-à-terres, mais encore un certain manque de maturité, Shiori est touchante dans son enthousiasme pour sa ville, et Maki apporte sa présence charismatique et une dose intrigante de détachement. La fin de l’épisode est arrivée trop vite, et j’ai hâte de découvrir comment elles vont travailler ensemble.

Armed Girls Machiavellism

Un ancien lycée pour filles est devenu mixte, mais la guerre des sexes a explosé et culminé par la création d’un comité spécial qui se charge de corriger les garçons avant même qu’ils aient pu faire quoi que ce soit. C’est devenu tellement extrême que des délinquants y sont envoyés pour être redressés, et c’est le cas de Tudo Nomura. 

Il y a un ours enchaîné dans ce show, mais aucune trace de machiavélisme. Remboursez ! Sinon, est-ce que son but caché était de checker le maximum de clichés insultants ? Je sais que Silver Link a l’habitude de sortir ce genre d’adaptation nauséabondes, mais celle-là est particulièrement déterminée à racler le fond de la casserole. Les garçons sont des prédateurs par nature, la solution est une émasculation symbolique par des filles armées jusqu’aux dents, le travestissement est une humiliation qui force les garçons envoyés dans ce lycée à « renoncer à leur dignité » (sympa Silver Link, bravo pour l’ouverture d’esprit), et le héros va être celui qui va remettre en cause ce régime. Vous êtes sûrs que ce truc n’est pas écrit par un gamin de douze ans frustré ? Le seul compliment que je peux faire au show est de commencer sans tarder les combats, mais comme c’est entrecoupé par  des dialogues d’exposition et de commentaires techniques très mal écrits (avec en prime le cabotinage régulier du doubleur principal) c’est difficile d’y prendre un quelconque plaisir. Pour le moment Armed Girls a mon vote pour le pire pilote de la saison, et j’espère qu’il ne sera pas challengé, parce qu’on est déjà à un très bas niveau.

Sagrada Reset

Dans la ville côtière de Sagrada, certains habitants ont un petit pouvoir surnaturel qu’ils perdent s’ils quittent les lieux. Kei peut se souvenir avec précision de tout ce qu’il a vu entendu ou pensé, et Haruki peut exécuter un « reset », c’est-à-dire reconstituer la réalité pour qu’elle revienne à un certain moment du passé, dans une limite de trois jours. Haruki est incapable de se souvenir du passé « originel » quand elle exécute un reset, mais si elle s’associe avec Kei, ils deviennent dangereusement puissants. 

C’était…glacial. Pourquoi les jeunes parlent comme des robots mal programmés ? Je pense que c’était intentionnel, pour montrer qu’avoir des pouvoirs à Sagrada n’a rien d’extraordinaire pour eux et fait partie de leur quotidien (ils en parlent avec autant de passion que s’ils discutaient de leur repas du midi), mais était-ce nécessaire d’aller aussi loin ? Et en plus d’être délivré sur un ton incroyablement détaché, le contenu des dialogues est souvent étrange, au point où les conversations manquent cruellement de naturel. J’ai apprécié les petites touches de poésie et de philosophie glissées ici et là, mais ça n’aide pas les conversations à passer pour celles que pourraient avoir des adolescents.  De plus avec ce genre de scénario émotionnel j’ai besoin de ressentir une connexion avec les personnages, et cette approche les rends un peu trop distants. L’animation n’aide pas du tout, ce ton froid aurait pu être sauvé par un style ou rythme très vivant (un peu comme dans Occultic;Nine : le ton mécanique des doubleurs contraste avec l’animation nerveuse des personnages), mais tout est froid et figé, des décors aux couleurs pâles à l’animation limitée. Si c’est comme ça pour le pilote, j’ai peur que ça devienne un véritable musée des horreurs très rapidement.

Mais est-ce que cette introduction était pour autant inefficace ? Elle est certainement maladroite, mais elle fait passer plusieurs éléments essentiels, comme la dépression d’Haruki. C’est quelqu’un de très sensible, très affecté par la moindre petite chose qui se brise ou qui pleure, et en grandissant ça l’a complètement paralysée. J’ai compris quelque chose en réfléchissant à son pouvoir : elle ne se souvient jamais d’avoir fait un reset*, ce qui rend ce pouvoir inutile, mais c’est pire que ça, ça signifie que les seules fois où elle ressent la matérialité de son pouvoir est quand elle essaie de faire un reset une seconde fois et qu’il échoue (elle ne peut pas l’utiliser plusieurs fois de suite), comme dans la scène sur le toit. Elle a constamment le rappel de sa propre impuissance face à la détresse des autres, et c’est facile de comprendre pourquoi elle est devenue aussi détachée de son entourage, même si elle ne peut pas s’empêcher de provoquer des resets, par réflexe, histoire d’essayer de créer une seconde chance pour les autres. Et il y a Sumire, qui semble en savoir beaucoup sur ses camarades, mais qui ne dévoile rien d’elle-même. Elle tire les ficelles dans ce pilote pour pousser Kei et Haruki à s’associer, et je me demande si elle a un pouvoir qui a quelque chose à voir avec le contrôle. Kei et Haruki attirent son attention parce qu’ils ont tous deux un code éthique très strict**, et sont les parfaits candidats pour un devenir les héros de Sagrada. Je sens que ce show ne sera pas pour tout le monde, ils n’hésitent pas à placer haut la barre de complexité des thèmes sans compenser par une réalisation divertissante (ça se prend très au sérieux), mais je suis intriguée par la direction que la suite va prendre. Le show a une aura mystérieuse attirante.

*D’ailleurs comment elle sait qu’elle a ce pouvoir ? Si ce n’est pas expliqué c’est une grosse incohérence.

**C’est intéressant de les comparer au héros de Charlotte, qui n’avait aucun scrupule à les utiliser à ses fins ni à manipuler les autres. Charlotte et Sagrada Reset ont pas mal de points communs, mais une approche radicalement différente de leurs idées.

On a Lustful Night Lingering With a Priest (Short)

Lustful Night est un éléphant rose avec des ailes : une adaptation de josei érotique. Ce n’est certainement pas celui-là que j’aurais choisi, quitte à en avoir un, donnez-moi Puzzle de Morie Satoshi, Biyaku Café, ou n’importe quoi de Yuki Yoshihara, mais tant qu’on reste loin des bouses de Minami Kanan ou de Miki Aihara, on est bons. Le style n’est pas parfait, ils n’ont pas vraiment compris ce qui fait la différence entre le trait typique de ces joseis et celui d’animes comme My Wife is the Student Council President, mais j’apprécie le design résolument adulte des personnages. L’héroïne est un peu trop passive à mon goût et le format court risque d’empêcher le scénario d’aller très loin dans l’intrigue et le développement des personnages, mais kudos à ce studio pour s’être lancé dans un genre totalement obscur.

As the Moon, so Beautiful

C’est le printemps, Akane et Kotarou intègrent leur dernière année de collège avant le lycée. Leurs chemins se croisent plusieurs fois, et après quelques hésitations ils commencent à se rapprocher. 

Si le couple de Lustful Night va direct au lit, ces deux-là vont probablement mettre une saison entière à se tenir la main. Voilà un épisode entier sur deux jeunes gens qui se tournent autour. Il ne se passe pas grand chose, l’anime est entièrement dévoué à raconter le développement d’un premier amour via des petits détails, comme des regards volés, une démarche hésitante et des bribes de conversations. L’originalité de ce show est d’éviter consciencieusement toute catégorie genrée, ce qui lui donne un rendu plus réaliste et crédible qu’une romance 100% shoujo ou shonen. Et il est superbe. Excepté les modèles de collégiens en CG qui ont l’air de zombies infiltrés dans la population, la gestuelle des personnages est fluide et naturelle, les backgrounds sont magnifiques (ils ont une ressource impressionnante de décors, ce qui aide beaucoup à donner du caractère à l’anime) et l’atmosphère est parfaite. C’est une histoire très simple mais racontée avec beaucoup de subtilité, de justesse (mention spéciale aux scènes avec les parents au restaurant, criante de vérité), et parfois même de poésie comme Kotarou est un écrivain en herbe. Le scénario est tellement basique que ça m’étonnerait qu’on entende beaucoup parler de l’anime les prochains mois, mais il peux facilement gagner l’approbation d’amateurs de romances bien faites. J’ai été surprise de voir à quel point Momokuri a plu, parfois auprès d’un public inattendu, et celui-là a le même potentiel de séduction.

Clockwork Planet

Après l’apocalypse, les humains ont reconstruit la planète grâce à « Y », un grand horloger. Naoto n’a pas de formation technique pour s’occuper d’horlogerie, mais c’est un geek des rouages capable de détecter à l’oreille la moindre défectuosité. Il met la main par accident sur une automate de combat très convoitée et la répare. RyuZU lui prête allégeance et le sauve de plusieurs situations délicates. Pendant ce temps, la jeune combattante-détective-whatever Marie essaie de contrecarrer les plans de l’armée qui complote pour faire tomber Kyoto.

Nope, cette histoire de planète recyclée en mécanique d’horlogerie n’a toujours aucun sens. Je vous présente Clockwork Planet, l’adaptation de LN discount, l’équivalent en anime de ces films vendus à la caisse au supermarché qui ne seront achetés que parce qu’ils ne coutent que quelques euros. C’est un anime d’action au rabais, avec des méchants (humains ou machines) au design cheap qui attendent sagement que les personnages principaux fassent leurs discours avant d’attaquer, un anime de fanservice au rabais où les filles oublient de s’habiller en sortant de chez elles (bah quoi ça vous arrive pas à vous d’aller au boulot à poil ?) et où  les robots sont déterminés à dépuceler leurs maîtres (je croyais regarder une intro romantique classique avec la fille qui tombe du ciel et BOUM FINGER JOB), de la SF au rabais avec un robot tellement humain dans ses mouvements et expressions qu’on ne croit pas une seconde qu’elle n’est qu’une machine, ce qui tue toute ambiguïté de sa relation avec le héros (pour un exemple réussi : voir l’androïde de Planetarian), une dystopie au rabais où les militaires décident de précipiter la destruction d’une ville entière sans la faire évacuer, tuant ainsi 20 millions de personnes…parce qu’ils sont méchants ? Et évidemment une animation au rabais, avec des designs douteux. C’est le troisième anime que je vois qui essaie de travailler à partir des illustrations de Shino, et jusqu’ici seule l’adaptation de KamiNai a réussi à en faire quelque chose d’attractif. Vous l’aurez compris : je ne recommande pas Clockwork Planet, le concept « edgy » ne vaut pas la peine de se farcir tout le reste.

Twin Angel Break

Meguru est une jeune fille modèle qui rêve devenir  un héros. Elle monte à Tokyo pour aller au collège, et absorbe le pouvoir d’un item magique, grâce auquel elle peut se transformer en super-guerrière « Angel Rose » et combattre de viles créatures qui convoitent l’énergie des humains. Sa prochaine mission va être de convaincre sa partenaire réticente, Sumire « Angel Sapphire », de travailler avec elle.

Même s’ils font des clins d’œil au précédent Twin Angel, Break n’en n’est pas une suite directe mais plutôt un reboot qui doit beaucoup à la formule Precure/Sailor Moon. Tout y est : le duo rose et bleu avec une fille énergique et une fille plus réservée, les accessoires de transformation qui ressemblent à des bijoux et du maquillage, le comité de méchants flamboyants qui complotent pour  transformer les humains en légumes, la mascotte mignonne qui parle, etc. La principale différence, c’est qu’on a affaire à un anime pour adultes. Il y a quelques touches de fanservice, un humour vaguement otaku décalé, et bien sûr en toile de fond la volonté de promouvoir des jeux d’argent. Ça a son charme, l’animation est correcte à défaut d’être impressionnante, et Meguru et Sumire ont assez de personnalité  et de charisme pour porter un tel anime sur leurs épaules. Mais c’est aussi trop anecdotique, et sur le marché du show de magical girl, la concurrence est rude. Twin Angel Break ne propose absolument rien de nouveau, et même si certains pourront apprécier le sentiment de familiarité, ça ne risque pas de laisser une quelconque trace dans les mémoires.

Hinako Note

Hinako est tellement stressée quand elle parle aux gens qu’elle a tendance à se paralyser en position d’épouvantail, et comme elle attire naturellement les animaux loin des plans des agriculteurs, elle a internalisé cette habitude au point où c’est devenu sa fonction à la campagne. Mais elle a envie d’en finir avec sa timidité maladive, et déménage à Tokyo dans un foyer pour intégrer un lycée réputé qui a un club de théâtre. Elle sympathise avec les autres filles du foyer et se familiarise avec les lieux, mais un premier obstacle se présente : le club de théâtre est actuellement fermé…

Hinako Note a tout du CGDCT de base : des chara-designs moe, des couleurs douces, un casting exclusivement féminin, un café pour se détendre en mangeant des petits gâteaux, et même une maid. Pourquoi changer la formule si elle continue à vendre ? Je ne vais pas trop m’en plaindre, ce pilote était très plaisant. Hinako Note est du slice-of-life moe avec une touche de comédie, et un thème en particulier : vaincre sa timidité grâce au théâtre. Il va certainement continuer à y avoir une dose conséquente de gags inoffensifs et de consommation de sucreries, mais contrairement à un s’life « total », Hinako Note a des échéances : il y a un club de théâtre à former, puis des pièces à monter et à interpréter.

J’aime bien tout le monde, ce qui n’est pas toujours une garantie dans ce type de show (d’habitude au moins une fille me tape sur les nerfs, ici non). Hinako aurait pu être très agaçante comme héroïne, mais sa détermination à surmonter son anxiété sociale la rend sympathique, ses nouvelles amies sont un peu excentriques sans pour autant que ça fasse trop artificiel et forcé, et le cadre est agréablement romantique sans donner l’impression de se trouver à Fantasy-land. En un mot, Hinako Note est équilibré. A mon avis, ce qui fera pencher la balance pour le public sera l’humour : soit vous accrochez à ce type de comédie moe très visuelle qui doit beaucoup à la malléabilité des personnages, soit non, et c’est bouclé. Pour ma part, je suis tentée de continuer encore un peu, j’ai trouvé ça assez drôle et charmant.

Love Tyrant

Seiji est un garçon comme les autres, il admire de loin la fille la plus populaire du lycée et mène une vie  sans histoires. Un jour débarque chez lui Guri, une fille louche qui se balade avec un « Kiss Note », et qui le supplie de l’embrasser. Guri est en réalité un cupidon dont le boulot est de créer des couples avec cet artefact sacré, et pour Seiji, elle est le début des ennuis.

J’aime bien quand une comédie est dynamique, j’aime moins quand elle est hystérique.  Love Tyrant part plutôt bien en se présentant comme une parodie de Death Note, et de manière plus générale comme une parodie de harem. C’est décalé, exubérant, les références sont efficaces. Là où ça coince, c’est qu’ils sont incapables de laisser leurs propres gags respirer, et les étouffent par…d’autres gags. Toujours plus de gags. Quelqu’un dans le staff de cet anime surestime largement la capacité du spectateur moyen à encaisser une telle surenchère. Surtout  qu’il y a du bon, du moins bon, et du franchement mauvais. Guri est l’âme de ce show, et tous les meilleurs gags venaient d’elle, mais les autres sont beaucoup moins drôles.

Seiji est un harem lead martyrisé médiocre, sa seule fonction est de réagir au comportement absurde des filles et de rougir à leurs avances, le délire yandere d’Akane a été tellement exploité par d’autres animes qu’il est immédiatement dépassé (la voir poignarder les gens est déjà trop répétitif pour fonctionner comme un bon running gag), et j’aime bien Yuzu mais son histoire aurait du faire l’objet d’un épisode entier au lieu d’être expédiée en cinq minutes. Car en dehors du rythme effréné de la comédie, il se passe dix fois trop de choses dans ce pilote ! Il y avait facilement le contenu de trois épisodes d’une série « normale ». On a à peine terminé l’introduction de l’héroïne qu’on passe à celle d’une autre fille complètement folle, et on a à peine établi la personnalité et le rôle de cette dernière qu’on passe déjà à une troisième fille complètement tarée. C’est très fatigant. Ajoutez à cela beaucoup trop d’explications sur le fonctionnement du Kiss Note, et vous avez quelque chose de très confus. Je pense que ça vaut le coup d’essayer au moins pour Guri, le cupidon dépravé, mais gare à l’overdose.

Eromanga-sensei

 

MY NEW IMOUTO CAN’T BE THIS CUTE AND THE ILLUSTRATOR OF MY LIGHT NOVEL’S ECCHI ILLUSTRATIONS!! AND NOW WE LIVE UNDER THE SAME ROOF BUT SHE’S A HIKIKOMORI?!?

OH GOD WHY

C’est bizarre de regarder Love Tyrant, qui tourne en ridicule le cliché de l’inceste, et le voir interprété ici au premier degré, comme si c’était un « twist » scandaleux encore viable en 2017. Sur tous les plans, Eromanga est une régression. Est-ce que je suis obligée de me creuser la tête pour écrire une critique d’un anime qui me sort des répliques comme « le strip tease de ma petite sœur sera diffusé au monde entier », ou « j’ai protégé la nudité de ma petite sœur » ? Et il y a quelque chose de vraiment crasseux et d’hypocrite* dans cette idée de faire dessiner des illustrations érotiques à une gamine de 12 ans (qui a commencé quand elle avait 9 ans ?….wut ?), pour ensuite la faire rougir et se fâcher lorsque son frère lui dit que ses dessins sont sexy. Excusez-moi si je n’achète pas une seconde votre concept d’enfant-artiste-moeblob *pur* dessinant des filles en slip qui chevauchent des symboles phalliques géants. Et sinon, c’est vraiment un exemple typique de ce genre de LN meta qui s’auto-congratule en permanence, à l’humour pétrifié à une époque où les tsunderes étaient encore les reines des comédies romantiques  (B-Baka !) et dont le fanservice est essentiellement du teasing. Ça m’énerve d’autant plus que le show est vraiment joli, avec une esthétique que je voudrais voler pour l’offrir à un s’life moe ou une romance mieux écrite que celle-là. Du gâchis à tous les niveaux.

*Et en parlant d’hypocrisie, ils essaient de présenter ça comme l’histoire émouvante d’enfants qui ont perdu leurs parents et qui renouent des liens grâce à leur passion commune, mais ça s’effondre complètement dès qu’on se demande si le héros serait aussi attendri et serviable envers sa petite sœur si elle n’était pas jolie, ou si c’était un garçon…

Kabuki Club

Le grand-père de Kurogo lui a transmis sa passion pour le Kabuki. Adolescent, il assiste à une performance particulièrement brillante. Cela déclenche chez lui l’envie de créer sa propre troupe de Kabuki au lycée, mais comment convaincre suffisamment de gens de rejoindre ce projet ambitieux ? 

C’est…tout ce que vous pouvez faire avec les designs de CLAMP ? Est-ce que c’était la peine d’aller les chercher, si le résultat est aussi médiocre ? Vu comment ils se débattent déjà avec une animation limitée dans ce pilote, je me demande s’ils n’auraient pas mieux fait de bénéficier de chara-designs plus simples. Visuels décevants mis de côté, j’ai vraiment l’impression de voir un nouveau Love Live avec les sexes inversés. On a le protagoniste super enthousiaste qui compense son inexpérience par sa passion, le meilleur ami plus posé qui est la première recrue du club par défaut, et les cibles « spéciales » que le héros va essayer de recruter (on a un danseur prodige, deux descendants de professionnels du Kabuki, une fille qui pourrait être actrice de la compagnie Takarazuka, et dans le  prochain épisode celle qui sera leur costumière).

J’y ai aussi trouvé la même énergie positive, la même volonté à toute épreuve de créer quelque chose en groupe et de briller sur scène grâce au Pouvoir de l’Amitié. C’est très léger, il n’y a pas d’enjeux dramatiques autres que « est-ce qu’untel va accepter d’intégrer le club alors qu’il a tels préjugés/réticences/obstacles à surmonter ? » (même pas un lycée à sauver). C’est une formule que j’apprécie malgré son manque d’originalité, et ici elle est suffisamment bien exécutée pour donner envie de regarder la suite. Par contre, j’ai plus de mal à accepter le manque d’explications sur le Kabuki. Les personnages citent des anecdotes et des références techniques triviales, mais où est la rétrospective sur cet art pourtant très chargé historiquement et culturellement ? Par exemple, j’ai été surprise que Kurogo décide d’accepter une fille dans sa troupe en affirmant qu’en tant que lycéens, ils ne sont pas liés par les règles du Kabuki professionnel, sans jamais corriger Kaoru quand elle affirme que c’est une affaire d’hommes, ni mentionner l’évolution historique du rôle des femmes dans ce type de performances (après tout, elles l’ont inventées !). Ma  seule explication à ces lacunes est que l’histoire du Kabuki fait tellement partie de la culture G de base des jeunes japonais qu’ils estiment inutile de trop revenir dessus, mais si c’est le cas ça risque de rendre l’anime très difficile à exporter.

Re:Creators

 

Sota est fan d’Elemental Symphony of Vogelchevalier, une LN de fantasy où des jeunes gens attractifs protègent leur monde en pilotant des méchas. Sa surprise est de taille quand sa tablette est affectée par un bug, et qu’il se retrouve aspiré dans l’adaptation animée de sa fiction favorite aux côtés de son héroïne Selesia. En plein milieu d’un combat contre une étrange guerrière, Selesia est à son tour aspirée dans le monde de Sota, et ils se rendent compte rapidement qu’elle n’est pas la seule intruse dans ce que leur ennemie appelle le « monde des dieux ». 

Je me méfie de TROYCA, ils sont très forts pour sortir des projets ambitieux et uniques avant de se révéler incapables d’être à la hauteur de leurs promesses. Aldnoah.Zero n’est pas resté dans les mémoires comme un mécha innovant mais comme un désastre scénaristique, et Beautiful Bones a trahit les gens qui voulaient voir un Sherlock Holmes au féminin et ont eu à la place une vague RomCom sur fond d’enquêtes inégales. Peut-être que la troisième fois sera la bonne ? On est en droit de l’espérer après ce pilote impressionnant. Nous assistons au clash violent de deux mondes, le nôtre et celui créé par l’imagination d’auteurs. D’habitude ce clash survient quand un ado est aspiré dans une autre dimension, mais ici c’est l’inverse qui se produit, ce qui change un peu la formule que nous connaissons bien.

Il y a trois éléments dans Re:Creators : du mystère (qui est la fille qui se suicide au début et qu’est-ce qu’elle a à voir avec cette histoire ? D’où vient Princess, et pourquoi déteste-t-elle notre monde ? Pourquoi Meteora cherche l’auteur de son RPG ?), de l’action avec combats aériens, méchas et courses-poursuites (ça risque de devenir intense avec l’arrivée des autres personnages comme la magical girl et le chasseur de primes), et de la comédie fish-out-of-the-water comme nos héros ont des ajustements à faire pour se fondre dans la population. Pour l’instant ces trois aspects se marient bien (on peut même en ajouter un quatrième qui serait l’exploration de notre relation avec la fiction), et je suis plutôt optimiste sur leur capacité à développer tout ça de manière satisfaisante comme 22 épisodes ont été commandés. En plus cet épisode était aussi très bien animé et mis en scène, doté d’une excellente bande-son, et le rythme était parfait.

Si j’ai une critique à faire, ce serait sur la personnalité de nos héros, car pour l’instant chacun est un peu trop confortablement installé dans son stéréotype. Sota est très passif, indécis, et en dehors de sa passion pour la série Vogelchevalier et son désir de créer ses propres histoires, il manque un peu de mordant. Selesia (Celestia ?) est une version plus charismatique mais moins charmante d’Emi Yusa (The Devil is a Part-Timer), Princess/Himegimi a un côté chuuni qui frôle la caricature, Meteora est une borderline kuudere qui débite des commentaires cryptiques sur la situation. Je n’aime pas trop comment cette dernière est brutalement ajoutée à la fin à notre duo principal. Sota et Selesia fonctionnaient bien ensemble, mais maintenant on a possiblement sur les bras une énième comédie romantique de cohabitation, un concept déjà largement exploité qui risque de tirer l’anime vers le bas. Comme Selesia & co sont par définition des personnages de fiction, on peut leur passer une personnalité prémâchée (surtout si ce sont des héros de LN, de jeux vidéo, de mangas…), mais si on pouvait éviter  de les mettre dans des situations prémâchées une fois qu’ils sont sortis de leur monde fictif, ce serait parfait.

Grimoire of Zero/SukaSuka (What do you do at the end of the World…)

Grimoire : Zéro est une sorcière de renom qui a créé ce qu’elle appelle la magie, un art plus rapide et puissant que la veille sorcellerie. Malheureusement pour elle, les sorcières sont traquées et mises à mort comme des criminelles responsables de tous les maux de l’humanité depuis qu’une d’entre elles a été jugée coupable d’avoir causé une pandémie. A la recherche de son collègue Treize, Zéro embauche pour l’escorter un mercenaire lui aussi stigmatisé par la population en raison de son apparence de bête, et lui promet de le libérer de ce sort.

SukaSuka : L’humanité a été pratiquement exterminée dans une guerre qui a ravagé notre planète. Exilés dans des îles célestes et considérés comme des parias par la population locale d’animaux anthropomorphes (humains animorphes ?), les rares derniers représentants de notre race sont contraints de vivre cachés. Le héros humain Willem accepte un boulot qui consiste à s’occuper d’armes, et ne cache pas sa surprise quand il découvre que son travail consiste à devenir la nounou de plusieurs filles, petites et grandes. En réalité, WAIFU *IS* THE WEAPON  ces filles détiennent de terribles pouvoirs.  

Ouh, ça va être difficile. Mon programme est déjà assez chargé de High Fantasy, et évidemment il faut que deux autres sorties prometteuses du même genre sortent en même temps. Les deux ont un petit côté old school, Grimoire me rappelle la mode des duos contrastés (The Familiar of Zero, Shana, Spice & Wolf, Katanagatari…), tandis que SukaSuka est un harem tragique totalement premier degré comme on n’en fait plus. Dans les deux, j’ai énormément apprécié l’absence de références masturbatoires, de fanservice gratuit, et de longs discours cyniques. Les deux font bien attention à construire soigneusement leur monde fantastique (en particulier SukaSuka qui fait passer ça tout en finesse dans le générique d’ouverture), et à présenter leurs personnages principaux et leurs conflits internes. Par exemple, les deux utilisent efficacement les flasbacks pour révéler plusieurs informations importantes sur le passé de Yohei et de Willem. A côté, Clockwork Planet et Akashic Records ont l’air de mauvaises parodies.

Ça ne veut pas dire que les deux sont parfaits. Grimoire est une petite production, avec une animation décente et plusieurs jolis backgrounds, mais dans l’ensemble c’est très limité. J’ai aussi peur que le scénario ne soit trop ambitieux pour la petite douzaine d’épisodes programmés, et qu’on se retrouve encore avec une fin ouverte. SukaSuka évite ces deux écueils, d’abord c’est une belle réalisation avec des designs particulièrement jolis (bravo au chara-designer), le monde créé a beaucoup de personnalité et de charme, l’atmosphère est tout de suite dépaysante. Et comme le pilote s’ouvre sur une scène qui a tout d’une bataille finale (et que la LN est déjà terminée), on sait au moins qu’on va vers une conclusion. Par contre, le scénario de SukaSuka me rappelle un peu trop Black Bullet, et avec cette histoire de dernier homme qui doit s’occuper d’une armée de lolis risquant d’être exterminées pour le « facteur choc » (ou quota tragédie), ils se sont engagés dans un chemin glissant. Pour l’instant je ne vois pas de faux pas, mais rien ne dit que ça va durer.

Kenka Banchou Otome – Girl Beats Boys (short)

OK, qu’est-ce qu’il y a avec cette saison et les productions de shoujos/joseis/otoges en crise ? D’abord Kabukibu (off-model party !), ensuite Lustful Night (dans le second épisode ils en sont déjà à faire parler les doubleurs par dessus des plans fixes), et maintenant Kenka Banchou Otome. Non seulement ils n’avaient pas assez de ressources pour faire de cette adaptation une série au format standard, mais ils n’en n’ont pas assez pour animer en détail autre chose que les personnages principaux ? Même les flashbacks ne sont illustrés que par des ombres anonymes. C’est d’autant plus dommage que Kenka est un otoge unique en son genre, où l’héroïne envoie ses prétendants au tapis. Après une intro standard, ce pilote nous donne un avant-goût d’un tel duel, mais il a à peine le temps de commencer qu’il est coupé par le générique. Si vous voulez absolument regarder un reverse-harem, il y a pire, mais celui-là n’a pas bénéficié de beaucoup d’efforts ni de talent pour sa réalisation.

Anonymous Noise

Nino « Alice » Arisugawa chante depuis qu’elle est toute petite pour exprimer ses sentiments. Ses deux amis d’enfance, Momo et Yuzu, composent de la musique, mais elle les a successivement perdus de vue depuis longtemps. Par coïncidence elle les retrouve au lycée, et essaie de renouer avec eux en devenant la chanteuse du groupe de rock de Yuzu. 

Les promesses d’enfants sont éternelles, les sentiment doivent être chantés à tue-tête en public pour toucher leur cible, les grandes déclarations sont torturées et vaguement poétiques, les personnages sont maigre à faire peur, ont un menton taillé au couteau et des yeux qui leur mangent le visage, on est bien à Shoujo-land, à la section « TEENAGE ANGST ». Et ce pilote était d’une maladresse presque gênante. On a quelques explications rapides sur l’intrigue, et c’est parti pour le Nino-show qui consiste à faire chanter l’héroïne à la moindre occasion pour des raisons obscures. Je pense sincèrement que l’idée de la faire chanter au concert pour une raison symbolique était bonne, et aurait pu fonctionner…si seulement ils n’utilisaient pas ce gimmick 36 fois avant. Et ce n’est pas mon seul problème avec le script, les gens qui ont lu le manga confirment mon sentiment que ce pilote est précipité : ils ont zappé beaucoup d’éléments importants, ce qui explique pourquoi l’attitude de Nino est aussi déroutante. Sans comprendre ce qu’il s’est vraiment passé entre elle et ses amis quand ils étaient enfants, c’est impossible de mesurer ce que représentent les actes de l’héroïne pour chacun.

Mais comme j’ai un faible pour ce type de romance musicale je ne voulais pas renoncer trop vite, j’ai regardé le second épisode directement…et surprise : tout le background indispensable pour comprendre les enjeux du pilote est dedans. Je ne comprend pas pourquoi ils ont présenté les choses dans cet ordre chronologique inversé, et mon conseil est de regarder d’abord l’épisode 2 et ensuite le premier, ça rend les choses bien plus claires. Le triangle amoureux est décrypté : Nino est amoureuse de Momo, mais Momo a disparu de sa vie brutalement. Yuzu est amoureux de Nino, mais il cache ses sentiments et fait semblant de soutenir leur relation tout en espérant qu’ils ne se remettront jamais ensemble. C’est bourré comme il faut de sentiments conflictuels, et suffisant pour faire tenir l’intrigue un bon bout de temps. Il y a aussi quelques indices sur de potentiels liens avec le groupe professionnel In NO Hurry qu’on voit souvent dans la promo, et je suis sûre que ça va venir pimenter les choses. J’aime le style du show, je trouve qu’ils ont plutôt bien adapté celui du manga. Dans l’ensemble, malgré ce faux pas regrettable du pilote, Anonymous Noise m’a plu et m’a replongé à l’époque où je dévorais tome sur tome de Nana, avant que le scénario ne devienne trop déprimant.

Rage of Bahamut : Azazel, take my Virgin Soul

Oui

Très bien

Bel OP

10/10

J’aime le scénario

Tellement bien écrit

RITA PUNCH (lol)

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5 réflexions sur “Pilotathon des Animes de Printemps 2017

  1. On a vraiment une super saison de printemps :)
    Concernant Anonymous Noise, je pense qu’on pourrait le renommer en « Saori Hayami Show ». C’est clairement un risque et un pari que prend le réalisateur mais plus encore que prend la seiyuu et je lis ça et là qu’elle ne serait pas le meilleur choix pour ce type de rôle. De mon point de vue, il n’est pas improbable que ce soit justement sa meilleure prestation qui pourrait laisser une marque durable (J’adore le manga et cette adaptation me parait au top)

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