Pilotathon des Animes d’Hiver 2017

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Et c’est parti pour la nouvelle année !

Dans cet article : Akiba’s Trip, Masamune-kun no Revenge, Minami Kamakura High School Girls Cycling Club, Schoolgirl Strikers, Fuuka, Urara Maze Town, Spiritpact, Interviews with Monster Girls, Idol Incidents, Chain Chronicles, Little Witch Academia, Gabriel Dropout, ēlDLIVE, Hand Shakers, ACCA, Kemono Friends et Miss Kobayashi’s Dragon Maid.

Akiba’s Trip/STRIP

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Le quartier d’Akibahara est infecté par un « bug », certaines personnes deviennent des vampires à cause de ça et d’autres décident de devenir des héros pour les combattre…en déchirant leurs vêtements pour les exposer à l’air, leur unique faiblesse.

Ce scénario complètement crétin et absurde est à certains moments sauvé par une exécution dynamique et maîtrisée. L’animation est agréablement bondissante, l’action a de l’impact, le timing comique des gags fait mouche, et le tout est joué avec juste ce qu’il faut de désinvolture pour qu’on sache bien que personne n’est là pour se prendre au sérieux. Par exemple, il y a une scène entière dédiée à des figurines de super-héros de sentai qui représentent différents organes (« oreille poilue ranger »…) au cas où nous n’avions pas compris le message. Bien sûr ça n’efface pas le fait que l’anime est basé sur un certain type de fanservice voyeuriste et violent, et soit c’est votre truc, soit ça ne l’est pas. Personnellement la goutte de trop a été la scène où l’héroïne Mayo agresse Tamotsu : on peut arrêter cette vielle manie de justifier des agressions sexuelles sur des inconnus inconscients par des passassions de pouvoir ou résurrections ? Quand il n’y a pas au préalable une relation solide préétablie entre les personnages, c’est juste…beurk.

Masamune Kun’s Revenge

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Masamune ne pardonne pas à son premier amour de l’avoir humilié quand ils étaient petits. Après des années de fitness et de régime, il s’est juré de se venger de cette reine des abeilles au lycée en la faisant chavirer grâce à sa nouvelle apparence de stud, pour ensuite l’humilier à son tour. 

Contrairement à ce que j’avais prévu, je n’ai pas du tout détesté. C’était même assez drôle ! J’ai bien aimé le ton sarcastique, les personnages antipathiques mais de manière totalement assumée, et les choix de réalisation ! Celui de mettre de la musique ultra dramatique et épique pour accompagner les moments tendus était à la fois amusant et efficace pour faire monter la tension (sérieusement, à chaque fois qu’il y a une confrontation on s’attend presque à ce qu’ils sortent des épées de leur sac). Je pensais détester les personnages, mais en fait leur attitude est assez fidèle à celle de vrais lycéens. Un apparent narcissisme qui cache de sérieuses angoisses, cette terreur constante d’être jugé par les autres dans ce microcosme étouffant, cette envie d’écraser ses tortionnaires du quotidien, ou d’écraser les autres pour prouver qu’on appartient aux « durs » ? Ça me paraît plutôt bien vu. Contre toute attente, Masamune-kun est bien ma première bonne surprise de la saison. Ça pourrait s’effondrer par la suite, mais pour l’instant ça me paraît plutôt bien parti. 

Minami Kamakura High School Girls Cycling Club

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Hiromi décide d’aller à son nouveau lycée avec son vieux vélo, sauf qu’elle ne sait plus trop comment s’y prendre. Heureusement, elle croise une camarade en route qui accepte de lui donner un coup de main. 

Prenez les backgrounds de cet anime, insérez dedans les héroïnes de Long Riders, et vous avez le show sur des amatrices de cyclisme que j’aurais bien aimé avoir. A défaut, j’ai un très joli show doté d’une écriture affligeante et d’héroïnes bêtes à manger du foin sans aucun charisme, alors que Long Riders était assez moche mais avait des personnages qui avaient un minimum de personnalité et de piquant. J’ai l’habitude de voir les héroïnes d’animes à club commencer de très bas, mais une fille qui a oublié qu’il faut pédaler pour faire avancer son vélo, et qui se lance quand même dans une grande pente sans savoir utiliser les freins…je n’étais pas préparée. C’est dommage parce que Cycling Club a tout à fait compris que l’intérêt d’un anime sur le cyclisme peut être de nous faire explorer de beaux paysages à travers les yeux des personnages, avec un sentiment grisant de liberté : à part quelques élément en CG, c’est superbement illustré. Mais les filles n’ont rien d’intéressant à dire, c’est l’un de ces animes qui prend place dans une dimension alternative où tout le monde est gentil et optimiste, il n’y a aucune tension, l’humour est quasiment absent, et ça devient très rapidement ennuyeux. Finalement, c’était pas si mal Long Riders.

Schoolgirl Strikers

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Les « Altair Torte » sont une team de rookies sélectionnées pour combattre des aliens dans une dimension parallèle, afin de maintenir l’équilibre de notre univers. Elles font des progrès, mais ont encore du mal à égaler leurs puissantes aînées. 

Ce pilote est un mélange fatiguant d’infodump, de techno-bullshit, de fanservice qui veut manger à tous les râteliers (de la lingerie inappropriée pour des filles de cet âge, du fétichisme militaire, des bikinis et des tenues de pilotes pompées sur ceux de Rinne no Lagrange),  d’action générique et de tentatives de faire de la comédie de slice-of-life lycéenne. On a deux combats contre des aliens au début et à la fin, et entre les deux il faut bien remplir avec quelque chose. Ils bouchent les trous avec plus de fanservice, et une vague comédie lycéenne où des doubleuses de talent essaient de donner de la personnalité à leurs rôles ineptes et d’interpréter des dialogues idiots sérieusement (« Tu sais cuisiner et tout un tas de truc, je suis sûre que tu pourra sauver le monde !« ). La production du show est fluctuante, au premier abord on pourrait penser que c’est bien fait, mais en regardant de plus près on se rend compte que certains backgrounds en CG sont de véritables monstruosités, que les designs des filles souffrent d’une épidémie de same-face incurable, que pas mal de séquences sont gâchées par des filtres hideux, et que les aliens ont le même design informe et fainéant.  Next !

Fuuka

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Yuu déménage à Tokyo avec ses trois sœurs envahissantes. Il rencontre une fille bizarre qui aime la musique, et renoue avec une amie d’enfance devenue chanteuse pop qu’il avait perdue de vue. 

A part « ça a le mérite d’exister » je n’ai pas grand chose à dire sur Fuuka, comédie romantique de type triangle amoureux basique de chez basique, pas assez nulle pour qu’on puisse en rire et pas assez bonne pour que ça suscite autre chose chez moi que de l’ennui. Si c’était une copie à corriger elle aurait le 13/20 maudit, la note frustrante qui donne la mention « assez bien ». Le premier épisode nous présente le couple principal, formé par un twitter-addict (seul signe qu’on est bien en 2017, sinon on se croirait dans une comédie romantique du début des années 2000) et la fille athlétique et originale qui donne son nom à l’anime. Pour l’instant la troisième roue du carrosse n’est pas entrée en scène, mais c’est une présence récurrente et quasi-sacrée dans ce pilote comme elle est introduite par plusieurs clips admirés par la plèbe, auréolée de lumière sur des écrans géants, et louée dans le discours de plusieurs personnages. On a donc un beta-male, une Manic Pixie Dream Girl et une idole dans un contexte lycéen classique, qui vont former un club de musique. C’est…honnête, mais rien de plus. J’ai été spoilée sur un évènement majeur du scénario, et ça va au moins être intéressant de regarder quelles réactions va susciter cette adaptation. 

Urara Maze Town

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Trois jeunes filles ont l’âge de s’entraîner dans la ville-labyrinthe d’Urara pour devenir des divinatrices. Chiyo quitte la nature sauvage où elle a grandi pour les rejoindre, mais elle cherche avant tout à retrouver sa mère.

L’autre anime de J.C Staff, et de manière évidente l’argent et le talent sont allés dans celui-là plutôt que Schoolgirl Strikers. Urara Maze fait beaucoup penser à New Game : l’héroïne inexpérimentée qui découvre son nouvel environnement, un monde sans hommes, un couple de femmes plus âgées qui est là pour remplir le rôle de « papa et maman », et une bande de jeunes filles au design très enfantin qui va se plier en quatre pour remplir le quota d’humour et de fanservice moe par épisode. Ils ont trouvé un prétexte assez bizarre pour justifier le fanservice : Urara ayant grandi avec des animaux, elle est persuadée que « montrer son ventre » est indispensable pour s’excuser. Ça ne tient absolument pas debout (le premier réflexe de soumission c’est baisser la tête et détourner les yeux, montrer le ventre ça signifie en plus un degré de confiance) et Urara confond la position de soumission et « enlever ses vêtements pour littéralement montrer son ventre », ce qui n’a aucun sens.  Comme l’anime se déroule dans un monde totalement imaginaire et fantasmé qui a ses propres règles, on peut encore tolérer ce type de délire. La ville-labyrinthe d’Urara et ses mystères ont beaucoup de charme, et en plus de ça, nos héroïnes sont parties pour un véritable parcours d’apprentissage jalonné d’épreuves. Je ne suis pas sûre qu’Urara survivra à la concurrence des autres shows moe de la saison, mais ceux qui aiment ce type d’humour et de fanservice yuri y trouveront leur compte. 

Spiritpact

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You devient un esprit après un accident mortel, et un puissant exorciste le choisit pour être son partenaire. 

Un show de plus produit pour le marché chinois, et encore une fois ce type de sortie s’impose comme la nouvelle source de QUALITÉ. Pourquoi les protagonistes de ces shows sont toujours aussi antipathiques ? Celui-là, agressif et geignard, est rendu d’autant plus insupportable qu’il est présenté comme hilarant par la mise en scène « comique » (ou pitoyable quand ils sortent les violons), et on nous inflige ses monologues hystériques non-stop. Quand il est écrasé par un camion (parce qu’on est dans ce genre de show où des poids-lourds causent des accidents mortels dès que le scénario en a besoin) la joie est de courte durée, il réapparait immédiatement sous forme d’esprit et devient encore plus insupportable, si c’était possible. Malgré le discours de ces studios comme quoi ces projets veulent avoir leur propre identité, j’ai toujours le sentiment qu’ils pompent activement sur d’autres animes surnaturels populaires comme Tokyo Ghoul ou Noragami. Visuellement c’est moche, on est constamment conscient qu’on pourrait regarder un meilleur show sur les mêmes thèmes à la place, et les personnages sont imbuvables. Je n’ai même pas réussi à terminer.

Interviews with Monster Girls

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Testsuo a toujours rêvé d’étudier les « ajins » ou demi-humains, et son rêve se réalise lorsqu’il est embauché dans un lycée où il rencontre non pas une mais quatre « demis » d’un coup.

Demi-chan est la dernière édition en date d’une longue liste d’adaptation de petites comédies basées sur un gimmick, qui ont tendance à perdre rapidement leur attrait une fois l’aura de nouveauté dissipée. Il n’y a pratiquement pas de fanservice, mais ce n’est absolument pas une coïncidence si tous les « demis » sont des filles jeunes, jolies et disponibles pour le prof. Le scénario n’est pas spécialement crédible, entre Tetsuo qui n’est pas arrivé à s’entretenir avec des demis jusque là alors que des structures entières existent pour eux, ou l’absence de recherche sérieuse établie sur eux en plusieurs siècles. Si de tels mutants existaient, ils auraient depuis longtemps des pages Wikipédia dédiées à leurs spécificités les plus triviales, et certains seraient devenus des youtubeurs pour parler de leur expérience. Au-delà de ces faiblesses d’écriture, ce qui m’a le plus dérangé est la position de pouvoir du prof par rapport aux filles : il l’utilise trop facilement pour les faire parler d’elles, et les conversations sont personnelles et inconfortables. Il faut reconnaître qu’ils ne laissent pas la situation dégénérer en quelque chose de vraiment déplacé, le prof fait plus psychologue décomplexé que pervers du dimanche. J’espère juste qu’ils savent que ce type de situation est très…glissante, et dans la réalité ça finit rarement par une happy end. Honnêtement j’aimerais qu’ils se débarrassent complètement du prof, sa présence est gênante, et les meilleurs moments du pilote étaient ceux centrés sur la solitude de Machi et sa conversation avec Hikari. Mais on est coincé avec ce protagoniste, et j’arrête là. 

Idol Incidents

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Natsuki a grandi en admirant des idoles à la télévision, et elle est devenue la star des agriculteurs de son village. Le jour où elle est enfin repérée, on lui propose d’être une idole…et de se faire élire pour faire partie de la Diète ! 

Je pensais que les idoles dans cet anime seraient des mascottes qui feraient la promotion de préfectures, pas des parlementaires élues ? J’ai le sentiment d’avoir manqué quelque chose.  Je ne sais pas ce qui est le plus déconcertant, qu’ils pensent que leur show à idoles va marcher parce qu’ils y incorporent une très vague intrigue politique, ou l’implication que des chanteuses de 15 ans feraient de meilleures politiciennes que les gens dont c’est le métier ? A aucun moment on ne nous explique pourquoi dans cette dimension parallèle les idoles sont devenues *la* solution à la crise avec l’approbation du peuple, et tout cela est très difficile à prendre au sérieux lorsqu’une épreuve de sélection pour départager les candidates consiste à faire la course et arriver en haut d’une colline parce « ceux qui atteignent les hauteurs sont destinés à de grandes choses« , ou une idiotie de ce genre. Avec ce type de dialogues on se dit que ça ne peut être qu’une parodie, mais si c’est le cas elle est beaucoup trop inoffensive, et surtout jamais drôle. En fait ça devient au contraire très premier degré pendant la seconde partie, quand on est présenté au second personnage principal, une idole talentueuse mais morose qui a du mal à travailler en groupe. Original. Et pour couronner le tout, ça n’a aucun charme esthétique : des couleurs fades, des danses en CG sans âme, des designs pauvres…aucun intérêt. 

Chain Chronicles – Light of Haecceitas

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Yuri combat à l’aide d’une énergie spéciale appelée « Mana ». Accompagné par ses amis et aidé par des officiers volontaires de plusieurs royaumes, il part défaire un roi maléfique devenu trop puissant qui veut plonger le monde dans le chaos. Mais les choses ne se passent pas comme prévu…

Dans le genre « anime qui balance le spectateur in media res dans l’intrigue avec zéro explications préalables », Chain Chronicles se pose là. On nous inonde de personnages importants sans les présenter (j’en ai compté 25 rien que pendant les cinq premières minutes), et surtout on commence par ce qui a l’air d’être la fin logique de la quête héroïque de base : le combat final contre le big boss. Du coup j’ai pensé qu’il fallait avoir vu le film avant pour suivre le scénario, mais apparemment il raconte exactement la même chose que la série de manière condensée, donc…non ? J’étais assez confuse, et en me renseignant un peu plus j’ai découvert qu’il faut d’abord voir un short de huit épisodes, ensuite le film ou la série TV. En fait l’intrigue principale de Chain Chronicles – Haecceitas est née d’une idée assez originale : et si les héros avaient complètement échoué à débarrasser leur monde du roi maléfique en place, et devaient tout recommencer de zéro avec un héros traumatisé ? C’est intéressant comme idée, mais je ne comprends pas pourquoi ils n’ont pas mis le contenu des épisodes spéciaux dans ce pilote introductif, et placé à la fin leur gros twist. Non seulement ça aurait été beaucoup plus clair, mais ils auraient attiré plus efficacement l’attention de potentiels spectateurs. 

Ironiquement, Chain Chronicles est tellement générique qu’on arrive quand même à s’y retrouver sans explications (en même temps c’est basé sur un Tower Defense, pas le type de jeu le plus propice aux scénarios complexes…). La population est divisée entre plusieurs royaumes plus ou moins stéréotypés qui se sont alliés grâce au héros pour faire la guerre, Yuri est accompagné par une princesse et une team d’aventuriers dont les vêtements trahissent immédiatement la fonction, les ennemis sont une bande de zombies sans identité, et la populace est divisée entre « méchants riches vicieux » et « gentils pauvres paysans ». L’animation est assez inégale, avec des passages plutôt dynamiques et d’autres moins réussis.  Si vous aimez votre Heroic Fantasy old school avec une pointe de mélancolie, et que le manque de subtilité ne vous gêne pas, je suppose que c’est passable. Comme je viens juste de terminer Rage of Bahamut Geneis, j’ai du mal à me faire à ce type d’adaptation très médiocre. 

Little Witch Academia (TV)

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Akko n’est pas née dans une famille de sorcières, mais elle est déterminée à intégrer la même Académie de Magie que son idole, Shiny Chariot. Coup de chance, l’Académie en question accepte sa candidature, et elle se met en route pour la cérémonie d’ouverture. Elle rencontre en chemin deux autres nouvelles, Sucy et Lotte, mais leur route s’annonce semée d’embûches !

Enfin ! Un rayon de lumière dans cet océan de Meh. Il m’a fallu un temps d’adaptation pour rentrer dans ce pilote, le ton diverge de celui d’un anime actuel : c’est beaucoup plus léger et cartoonesque, ça explose, ça tombe et ça court de partout, l’humour est différent…et c’est très rafraichissant ! Akko n’est même pas arrivée à l’Académie que la journée tourne au désastre, elle manque de mourir plusieurs fois, a déjà à son actif une course-poursuite avec une cocatrice dans une forêt maudite, et elle reste très optimiste sur la situation. Cool ! Et même si j’ai envie de la soutenir, ça ne m’a pas empêché de voir aussi les choses du point de vue des autres petites sorcières. Pour Akko, aller à l’Académie est un rêve qui se réalise, pour elles, c’est une étape obligatoire de leur parcours professionnel. Imaginez aller à l’école avec quelqu’un qui pense que c’est la meilleure chose qui lui est arrivé de sa vie, et qui en même temps ne connaît même pas les bases que vous avez appris depuis tout petit. Notre héroïne part d’une perspective très différente des autres, et inévitablement, la sienne va clasher avec celle de ses camarades. Ce pilote était tout ce que j’espérais, et j’ai hâte de découvrir la suite des aventures d’Akko et ses amies !

Gabriel Dropout

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Gabriel est diplômée de l’école des anges et envoyée sur Terre pour aider les humains. Au lieu de ça, elle devient accro à un MMOJRPG, et ne continue d’aller au lycée que pour faire bonne figure.

L’idée derrière Gabriel Dropout est assez simple : les démons sont des bonnes filles qui ont du mal à sortir de la norme, et les anges sont les vraies délinquantes. Gabriel est une grosse fainéante qui ne pense qu’à jouer toute la journée, et ne maintient les apparences que grâce à son amie Vigne, un démon très attentionné et une élève modèle. Un autre démon, Satania, se prends pour l’incarnation du Mal et pense que violer les consignes de recyclage est la chose la plus diabolique qu’elle peut faire. C’était le personnage le plus drôle de ce pilote, et c’est le genre de fille à la fois naïve et égocentrique que j’adore suivre dans ce type de comédie. Le meilleur passage était de loin celui où elle annonce fièrement au prof qu’elle n’a pas fait son DM, pour ensuite pleurer misérablement quand elle est punie. Je suis moins fan de Raphaël, un ange sadique qui complète le quatuor, et dont le gimmick consiste à  manipuler les autres pour les humilier tout en passant pour…un ange. Je ne sais pas ce qu’il c’est passé à l’école des anges pour qu’ils envoient sur Terre des recrues aussi dégénérées, mais ils ont vraiment raté quelque chose. En tout cas c’était un bon début pour cette comédie légère et bien animée, les gags n’étaient pas tous bons mais c’est toujours le risque quand on adapte un manga comique, et tous les shows ne peuvent pas être Nichijou. Celui-là me fait plus penser à Lucky Star, et avoir un Lucky Star dans une saison aussi aride est assurément une bonne chose.

ēlDLIVE

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Depuis qu’il est tout petit, Chuta entends une voix lui parler. Comme il ne peut pas s’empêcher de répondre, les autres le prenne pour un garçon bizarre, et il est très isolé. Un jour, il est choisit pour être policier de l’espace. 

ēlDLIVE est un shonen qui se tire des balles dans les pieds avant même d’essayer de marcher. Une palette de couleurs à vomir (mauve et verdâtre ? MAUVE ?), un héros qui passe la moitié du pilote à s’apitoyer sur son sort alors qu’il a l’air pas trop mal intégré, est hébergé par une tante qui l’adore, et se retrouve même plusieurs fois invité à rejoindre des groupes (comparé à la pauvre Kotoura-san, il a la belle vie), une héroïne dont l’agressivité n’a aucune explication,  et des personnages qui sont de vraies pipelettes et dont le discours est trop souvent de l’infodumping pour que ça ait un semblant de naturel. Avoir un héros dont le job est d’arrêter des aliens criminels au nom de la Justice Interplanétaire est une idée pleine de potentiel, mais c’est fait de manière tellement aride et fade dans cet anime qu’on décroche très rapidement. C’est le genre de shonen très juvénile qui sera apprécié par des enfants jeunes, mais pas par leurs parents. 

Hand Shakers

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Tazuna est un « Hand Shaker » et avec la jeune Koyori qu’il réveille d’un sommeil de convalescence, il a le pouvoir d’invoquer boucliers et armes dans une dimension parallèle pour affronter des adversaires.

Mes…mes yeux…dégueulis de textures en CG et de filtres…couleurs néon immondes…la caméra ne veut pas rester en place…SOUFFRANCE.  Je ne pensais pas que c’était possible de faire un show à ce point laid et encombré. Ça rend parfois la compréhension du scénario difficile, alors que c’est désespérément basique : Lambda-kun aime réparer des trucs et craque pour une jolie déléguée de sa classe, mais il est trop coincé pour tenter quoi que ce soit. On lui attribue ensuite une IMOUTO de remplacement (la sienne est morte) qui lui donne le pouvoir d’être un super guerrier chuni dans une dimension parallèle, où d’autres types comme lui baladent des filles qui sont plus des chiens que de véritables partenaires (l’une ne parle pas, l’autre ne fait que gémir, on part d’un bon pied !). Et il ne peut pas lâcher la main de l’héroïne sinon elle meurt, ce qui sera probablement la source de fanservice prépubère dans les épisodes à venir. Vous êtes sûrs que ce n’est pas une LN à la base ? De toute manière, même si le scénario était une œuvre de génie, l’anime est littéralement irregardable. Apparemment personne n’a pensé que c’était too much en voyant le produit final (dans mes souvenirs K avait trop de filtres mais ce n’était pas laid à ce point), et le mal est fait. Excusez-moi pendant que je vais vomir des arcs-en-ciel aux textures néon violettes et turquoises.

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Le royaume de Dowa a créé un bureau d’inspection pour superviser les services publics qui répondent de l’organisation « ACCA » et pour contrôler ses treize départements. Le vice-président du bureau d’inspection de la capitale, Jean Otus, est baladé dans tout le royaume pour effectuer ces contrôles. 

J’ai regardé le pilote d’ACCA, ensuite j’ai vu celui de Hand Shakers, et ensuite j’ai revu le pilote d’ACCA. Pour me désinfecter les yeux, mais aussi parce que ce pilote est juste excellent. Le bureau d’inspection de Jean Otus est une branche de l’administration un peu spéciale, qui surveille et contrôle les autres branches (décentralisées mais pas trop), histoire de permettre au gouvernement de garder le contrôle sur ce que trafiquent les différents départements du royaume de Dowa. Mais maintenant que la paix est bien établie, et qu’il faut faire des économies de budget, le bureau est menacé de dissolution. Pour compliquer un peu les choses, Jean Otus fait partie de l’inspection des inspecteurs : il ne contrôle pas seulement les administrations des treize départements, mais il contrôle également le travail des inspecteurs qui sont sur place. Ajoutez à ça une résidence très bien placé et une addiction au tabac qu’il ne cherche pas à cacher (les cigarettes sont un luxe dans ce royaume) et on comprend pourquoi notre héros suscite de l’antipathie.

Comme Jean affirme qu’il n’est pas si bien payé que ça, on se demande comme les autres personnages d’où viennent ses privilèges. Est-ce que ça vient du démarchage qu’on le voit faire pour des présidents d’entreprises privées ? Sa sœur parle du business familial immobilier, et il se pourrait aussi qu’il soit né avec une cuiller en or dans la bouche, comme le suggère un policier jaloux. En tout cas le vent semble tourner, même si notre héros parvient à sauver son bureau de justesse en mettant à jour la corruption d’un autre bureau au cœur d’un département agricole, il est placé sous surveillance par ses supérieurs. D’autres éléments de fond aident à installer un climat de suspicion : un pyromane se balade en ville,  et la rumeur d’un coup d’état se propage. Même si ACCA n’est pas un show d’action à proprement parler, je sens une guerre des cerveaux qui se joue, avec de gros enjeux à la clé. Si suivre un anime majoritairement basé sur des dialogues ne vous fait pas peur, c’est de la bonne came. Et j’ai dis que la mise en scène, les backgrounds épurés mais stylés, la musique étaient fantastiques ? 

Kemono Friends

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Une jeune touriste est perdue dans un parc animalier où les animaux sont anthropomorphes et se battent contre des espèces de blobs.

Pourquoi cet anime n’est pas un short…il me rappelle les cartoons Mikey absolument hideux que la petite fille que je gardais suivait à la télé. Il n’y a rien à voir, les modèles en CG sont particulièrement moches, désarticulés, et mal intégrés dans les backgrounds, la composition est faite pour qu’ils aient le moins possible d’animations à réaliser (par exemple, pour une scène où l’héroïne tombe dans un gué, ils coupent l’impact et le bas de son corps pour ne pas animer l’eau autour d’elle), ils ne se sont pas foulés avec les dialogues qui se lisent comme le tutoriel d’un jeu (on se croirait dans Adibou, avec Serval-chan qui te sert de guide), et l’intrigue…quelle intrigue ? A la limite ça peut apprendre à des enfants à distinguer des animaux sauvages, mais c’est très compromis comme ils sont tous anthropomorphes, et je préfèrerait largement montrer un bon livre d’image bien illustré plutôt que ce…truc. 

Miss Kobayashi’s Maid Dragon

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Une programmeuse (Miss Kobayashi) fait l’erreur de boire un coup avec un dragon (Tohru) et lui promet de l’accueillir chez elle. Tohru a le coup de foudre, et débarque chez elle un matin en prenant forme humaine. Kobayashi accepte de l’héberger, mais à condition qu’elle se rendre utile en accomplissant les tâches domestiques.

C’est le pilote qui m’a fait le plus rire de toute la saison. J’avais lu le manga avant, mais le réalisateur a réussi à rendre les gags encore plus drôles et efficaces (le gag du téléphone en particulier m’a achevée). Visuellement le show est adorable, les personnages sont très expressifs (j’adore les yeux de Tohru), et les backgrounds ont un petit côté doux et familier qui contraste avec l’extrême brutalité des « écarts » du dragon. La romance est un peu simpliste, on ne comprends pas exactement pourquoi Tohru est aussi dingue de Kobayashi alors qu’elle ne l’a vue qu’une seule fois (et complètement bourrée), mais j’ai trouvé qu’elles avaient une bonne alchimie, et j’ai déjà envie de les suivre dans leurs futures aventures. Et surtout de découvrir les autres dragons, qui ont l’air tous plus tarés les uns que les autres !

ChäoS;Child

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Six ans se sont écoulés depuis que Shibuya a été dévasté par un tremblement de terre. Le quartier a été reconstruit, mais soudain plusieurs personnes décèdent dans des circonstances très étranges, aux mêmes dates de la série de meurtres qui a précédé la destruction de Shibuya en 2009. Est-ce que l’histoire se répète ? C’est ce qu’essaie de découvrir Takeru. 

Comme la saison est très light, j’en ai profité pour terminer ChäoS;HEAd, que j’avais commencé il y a quelques années.  L’anime m’a laissée très mitigée. J’ai apprécié que le héros soit un véritable paquet de nerfs profondément dépressif, et l’intrigue était un peu comme si l’auteur avait vu the Matrix et s’était demandé ce qu’il pouvait faire avec en y ajoutant sa propre touche, pour un résultat divertissant. Mais c’est aussi un anime qui a trop de personnages inutiles (Ayase, Kozue et Yua pourraient disparaître sans que ça ne change grand chose, d’ailleurs devinez quels personnages le résumé de Silver Link supprime ?), qui fait allusion à des intrigues secondaires de la VN de manière très confuse, et qui a des épisodes entiers d’info-dumping balancé sans contexte, contribuant à perdre le spectateur. Et je n’ai pas parlé des problèmes de production, qui se manifestent très durement au cours de la seconde partie.

Par comparaison, ChäoS;Child semble partir d’un meilleur pied. D’abord, l’introduction des personnages est beaucoup plus naturelle : au lieu d’insérer maladroitement les filles les unes après les autres elles sont toutes déjà là, dans le club de journalisme dont Takeru est le président, et ont leurs propres objectifs. Ça les empêche de n’être des « options romantiques » dont la route s’active quand elles croisent le héros. C’est une amélioration considérable. Pour ce qui est du scénario, même si ils font l’effort de nous montrer un résumé de ChäoS;HEAd en introduction, je ne pense pas qu’on peut faire totalement l’impasse sur le jeu ou l’anime précédent pour bien comprendre ce qu’il se passe dans cette suite. Les nouveaux meurtres sont calqués sur ceux de 2009, certains personnages sont de retour, et tout ce qui se passe dans cet épisode autour du protagoniste fait déjà référence à un schéma d’action révélé dans ChäoS;HEAd. Visuellement ça se tient, je ne suis pas fan du tout des backgrounds en CG de Silver Link et dans certaines scènes ils se trompent grossièrement dans les proportions du héros, mais sinon c’est plutôt agréable à regarder et suffisamment glauque et tendu pour que le suspense soit palpable. Je suis contente d’avoir ce thriller pulpy pour prendre le relais d’Occultic;Nine, ça va pimenter un peu la saison. 

Conclusion

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Et ce sera tout pour ce premier marathon de pilote de l’année ! Il n’y rien à voir ! Bon ok, j’exagère. Dans ce que j’ai vu, je conseille ACCA et Little Witch Academia en priorité, Maid Dragon et/ou Gabriel Dropout si vous avez envie d’une comédie, et éventuellement Urara Meirochou et/ou Interviews with Monster Girls si c’est votre truc. Le pilote de ChäoS;Child était une bonne surprise, et si vous êtes déjà familiers avec cette licence je pense que ça peut être fun. Hand Shakers mérite une mention pour potentiel nanar ou hate-watch de la saison. Si vous avez envie d’un short, je recommande Ai Mai Mi Surgical Friends et Nyanko Days. Les trois autres sorties que vous pourriez avoir envie de checker (et qui ne sont pas des suites) sont Youjo Senki, Onihei et Scum’s Wish (et Seiren…), et je suis sûre que d’autres que moi ont pleins de choses à dire dessus. Mais sinon la star de la saison ça va être votre backlog que vous allez pouvoir dépoussiérer ! Avoir un peu de temps libre pour ça, c’est pas mal non plus. Bons visionnages !

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7 réflexions sur “Pilotathon des Animes d’Hiver 2017

  1. Ah, Lucky Star… J’ai du le revoir cinq fois. Moins qu’Azumanga cela dit. J’ai un sentiment bizarre à propos de « Kemono Friends »; ça fait mal aux yeux et c’est dilué mais j’ai l’impression que ça pourrait tourner glauque, façon NaruTaru. Je me trompe sans doute.

      • Ouaip faut pas trop rêver non plus, j’ai regardé l’épisode deux dans un souci d’exhaustivité et c’est vraiment naze de chez naze. Au final dans cette saison on a quand même trois trucs jouissifs: Kobayashi-san Chi no maid dragon, Konosuba S2, et Youjou Senki (excellente surprise). Gabriel dropout est pas mal non plus, je trouve.

  2. Pingback: Retour sur les séries de l’hiver 2016/2017 - L'Antre de la Fangirl

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