Pilotathon des Animes d’Automne 2016 – Quatrième Partie

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Elle aura mis du temps à démarrer, mais cette saison commence à être très excitante. 

Dans cet article : Magic of Stella, Gi(a)rlish Number, Classicaloïd, Long Riders!, Sangatsu no Lion, Occultic;Nine et Poco’s Udon World

Kiss Him, Not Me !

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Késako ? Kae Serinuma est une fujoshi qui vit pour ses « coupling » m/m, et lorsque son personnage de fiction préféré meurt, elle fait une grosse dépression. Quand elle se réveille, elle ne se reconnaît pas : elle a perdu beaucoup de poids ! Sa soudaine attractivité change l’attitude de garçons de sa classe qu’elle connaît déjà, et elle se retrouve au cœur de leurs attentions alors qu’elle veut surtout les shipper ensemble. 

La libido féminine (adolescente) est rarement représentée dans les animes, qui fonctionnent encore sur la base du vieux cliché moisi que les filles ne doivent pas s’occuper de leur sexualité (et si elles prennent le contrôle, ce sont des tentatrices). La reconnaissance grandissante du fandom féminin et de ses envies est un pas en avant, et quand on considère que pas moins de douze shows cette saison visent plus ou moins directement ce public par leur marketing et leur contenu, on peut dire que les choses ont évolué positivement. Kiss Him Not Me est intéressant à étudier : c’est un anime qui représente bien ces progrès, mais dont les limites montrent encore les préjugés qu’il reste à surmonter.

Donc, nous avons une héroïne qui a le droit d’avoir une libido et de l’exprimer. Un pas en avant (même si on peut avoir des réserves quand à son hobby…). Mais sa transformation ? Trois pas en arrière ! Non seulement on repart dans une direction conventionnelle, mais qu’elle prenne une semaine est complètement absurde, au point où on se demande où se cache la Fée qui lui a jeté un sort pendant la nuit. Je n’ai pas aimé le message insidieux qui continue à dire (pas explicitement, mais c’est sous-entendu) que l’attractivité de l’héroïne dépend totalement de son apparence. Dans ses quatre prétendants il y a seulement un qui prend en compte sa personnalité pour la juger, alors que les autres changent radicalement d’attitude envers elle dès qu’elle devient mince. Ça m’a empêché d’apprécier leur rendez-vous à quatre, même s’il ne faut pas oublier qu’à l’adolescence, l’apparence de soi et des autres est plus importante qu’à n’importe quel âge.

Je vois pas mal de personnages masculins qui bousculent les stéréotypes dans les animes (Yuri On ICE, Gundam IBO, My Love Story, Cheer Danshi, All Out! où les garçons ont le droit d’être petits et en surpoids…), et c’est triste qu’on n’ait toujours pas bougé d’un poil pour les personnages féminins au physique qui ne rentre pas dans la norme de ce qui est considéré comme attractif. Elle restent complètement invisibles, inexistantes, ou en voie de transformation comme Serinuma. C’est dommage qu’ils n’aient pas géré mieux cet aspect, parce que Serinuma est adorable. Sa doubleuse, Yuu Kobayashi, est trop souvent typecastée à jouer des rôles de femmes fatales ou de femmes d’action, et entendre sa voix affirmée et mélodieuse dans un shoujo est un pur délice (par contre…quiconque lui a demandé d’adopter cette voix bizarre avant sa perte de poids mérite un poing dans la figure). Si je continue ce sera pour Serinuma, mais comme je n’aime pas les trois-quart de ses prétendants, ça risque de devenir un obstacle assez vite si l’anime ne les fait pas évoluer.

Classicaloïd

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Késako ? Kanae est sur le point de voir sa maison d’enfance détruite à cause des dettes accumulées par son père. C’est sans compter sur Mozart et Beethoven, les « Classicaloïds » en goguette envoyés par son père et recherchés par Bach et ses sbires.  

Peut-être que j’ai regardé ce premier épisode à un mauvais moment, et j’étais dans de mauvaises dispositions, mais je l’ai trouvé très fatiguant. Il y a des shows qui réveillent votre fibre nostalgique, et il y a des shows comme Classicaloïd qui vous donnent un coup de vieux. Mozart et Beethoven sont réinterprétés alternativement en clowns et en magiciens pour les plus petits, qui ont ainsi droit à un spectacle deux-en-un. Et les adultes ne sont pas invités à la fête. A moins que vous ayez un faible pour ce type d’humour basé sur des farces et des absurdités hurlées par les personnages (BEETHOVEN AIME LES GYOZAS !!!!!!!!!), je ne vois pas cet anime vous convaincre plus que moi…

Poco’s Udon World

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Késako ? Après l’enterrement de son père, Souta traverse une petite crise de la trentaine et met en suspend son job à Tokyo pour revenir à Kagawa, où il a passé son enfance. Dans le vieux restaurant d’Udon familial qui doit bientôt être vendu, il tombe sur un étrange petit garçon, et des tas de souvenirs.

Pauvre Souta  ! A peine arrivé les gens lui mettent la pression pour qu’il reprenne le restaurant de son père, et il se retrouve à s’occuper d’un tanuki qui y a élu domicile. Ce pilote était assez mélancolique : pendant que la pluie bat dehors, Souta tombe sur des objets qui lui rappellent des souvenirs inévitablement douloureux. Le pilote est traversé par cette image idyllique pleine de couleurs vives de son enfance où il était heureux avec son père, sa mère et sa sœur, et contraste avec l’aspect du vieux bâtiment vide, sombre et abîmé. Poco, à qui il prête son vieux ciré jaune, devient le rayon de soleil de l’épisode, et même si la petite créature ne parle pas sa simple présence aide à alléger le ton et l’atmosphère.

Je ne savais pas trop quel allait être le thème principal du show, et si on en croit ce pilote ce ne sera pas un slice-of-life culinaire comme Gourmet Girl ou Sweetness and Lightening, mais plutôt un Iyashikei émotionnel avec des éléments de surnaturel. J’ai beaucoup aimé comment le studio a recréé cette petite préfecture tranquille, ses habitants avaient l’air charmants et j’avais envie d’y passer plus de temps. C’est vrai qu’on est au bord de l’overdose pour les animes centrés sur un duo papa(biologique ou adoptif)/enfant, et qu’on commence à avoir largement fait le tour du sujet, mais vu qu’ils continuent d’être bons ce serait dommage de s’en priver.

Long Riders!

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Késako ? Ami admire son amie Aoi qui fait du vélo, mais elle a peur de tomber si elle en fait, jusqu’au jour où elle e le coup de foudre pour les « folding bikes ». Elle surmonte ses angoisses pour découvrir le vélo avec l’aide d’Aoi et de nouvelles amies cyclistes qui vont à leur université. 

Le premier mot qui me vient à l’esprit à propos de Long Riders! est « recyclage ». Les héroïnes sont extrêmement familières, à la fois dans leur design que dans leur personnalité, le sport abordé n’a rien de particulièrement original (on va bientôt avoir deux autres animes sur le cyclisme : la suite de Yowamushi et Jitensha-bu), et les dialogues sont très basiques et rappellent d’autres slice-of-lifes comme K-On et HaNaYaMaTa. La réalisation est plutôt bonne, en particulier l’animation des personnages, mais c’est le deuxième show de la saison qui a ces hideux backgrounds en CG sans vie, et comme l’environnement est très important dans l’exercice du cyclisme sur route le rendu est très décevant. Je veux bien leur passer les CG pour les vélos, mais pour les bâtiments ? C’est cheap. Ils utilisent une bonne composition des plans et des jeux de lumière pour essayer de compenser, et ça fonctionne…pour quelques scènes. 

Après c’est une formule devant laquelle je suis faible, un peu comme les chips : je sais que ça ne va rien m’apporter et que je vais finir le paquet/la série avec plus d’écœurement que de plaisir, mais je ne peux pas y résister. Ces slice-of-lifes moe sont devenus ma came et si je n’en n’ai pas un par saison il manque quelque chose. Celui-là est pour l’instant celui qui me fait le plus envie. Il m’a fait rire, et malgré ses limites j’ai trouvé Ami, Aoi et les deux autres filles qu’elles rencontrent assez plaisantes pour avoir envie de les suivre un peu.

Sangatsu No Lion/March Comes in Like a Lion

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Késako ? 11/10 ANIME IS SAVED

J’étais dubitative quand SHAFT a été annoncé comme le studio qui allait adapter ce manga (qui est l’un de mes préférés, comme Honey and Clover j’attends qu’il soit terminé pour tout acheter et relire d’un coup), mais ce pilote était comme plonger dans l’œuvre de Chika Umino, avec des couleurs et des mouvements. Je l’ai regardé deux fois, et découvert de nouvelles choses à apprécier au second visionnage. Je ne vais pas en dire trop, mais accrochez vos ceintures : Sangatsu est assez dur comme scénario, ça parle de dépression, de culpabilité et de traumatisme de manière très directe, et contrairement à beaucoup de slice-of-lifes ça n’a pas peur de montrer de la maltraitance, et des personnages difficiles à gérer voire abjects. Mais c’est aussi peuplé de personnages courageux devant l’adversité et absolument adorables (à commencer par les sœurs Kawamoto) que vous aurez envie d’adopter. Vu comment ils démarrent bien avec cette adaptation, j’espère qu’ils pourront couvrir le plus de volumes possible…

Occultic;Nine

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Késako ? Yuta  « Gamota » et son amie Ryoka « Ryo-tas » animent Kiri Kiri Basara, un site agrégateur d’infos sur les phénomènes occultes qui traque les incohérences des témoignages et autres légendes urbaines. Gamota apprends que son idole la jeune voyante Miyuu enregistre des émissions à son école, et il veut la rencontrer. Par chance, elle le cherche aussi, et rejoint son groupe. Ils vont se trouver mêlés à d’étranges incidents sanglants qui secouent la ville, qu’ils le veuillent ou non.

Première bonne surprise de la saison. 2016 n’a pas été une année très excitante pour les amateurs de mystère, d’horreur et de surnaturel (il y a bien eu Mayoiga, mais ce show s’est avéré être avant tout une comédie…), et je suis contente de pouvoir affirmer qu’Occultic;Nine est vraiment glauque, et intriguant. Il faut garder le doigt près du bouton « pause » parce que ça va très très vite, mais si on prend le temps de se concentrer et de revenir sur ce qu’on a loupé, l’épisode est très satisfaisant. Il faut dire qu’il est très bien animé, et doté de backgrounds absolument superbes, ce qui aide à faire passer le rythme hystérique.

Oui, il y a une tonne de personnages dont il faut tenir compte sans qu’ils ne bénéficient d’une présentation claire, mais j’ai trouvé que le pilote suggérait assez de liens entre eux pour que ça tienne la route, et ça m’a donné envie d’en savoir plus. J’ai été étonnée d’apprécier Gamota et son étrange club, ce type de héros (le faux NEET) et ses partenaires (une échappée de porno happy-go-lucky et une idole mystérieuse) auraient du m’exaspérer, mais bizarrement je les ai trouvé tout de suite attachants. Peut-être parce que l’anime laisse libre-cours à leur excentricité. « Excentrique » est un terme qui définit en fait l’intégralité des neuf personnages mystérieux d’Occultic;Nine, et ils ont tous piqué ma curiosité. J’ai hâte d’en savoir plus sur eux, sur le meurtre qui a lieu dans ce épisode, et sur ce mystérieux amas de cadavres retrouvés au fond d’un bassin…

Magic of Stella

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Késako ? Tamaki a essayé plein de hobbys différent depuis toute petite, sans jamais en trouver un qu’elle considérait comme une vraie passion. Lorsqu’elle entre au lycée elle est attirée par un club de conception de jeux vidéos amateurs (doujin games) et finit par l’intégrer pour devenir responsable des graphismes.

Objectivement, Magic of Stella commence mieux que Long Riders à partir d’une base scénaristique similaire. Mais paradoxalement, j’ai été beaucoup moins charmée. Le show est plus cohérent visuellement et plus agréable à regarder, les personnages ont une personnalité mieux définie ; et j’ai aimé qu’ils ne cherchent pas à cacher l’aspect laborieux de la conception d’un jeu vidéo, même amateur. C’est dur, ça bouffe le temps libre, et quand Tamaki aborde le club la présidente ne prend pas de gants pour prévenir notre héroïne de la difficulté. C’était rafraichissant de voir Tamaki rejoindre le groupe parce qu’elle est attirée par le challenge, en sachant qu’elle peut leur apporter quelque chose, et pas sur un coup de tête comme trop d’héroïnes d’animes à clubs.

Donc…qu’est-ce qui n’a pas marché  pour moi ? Sans hésiter, l’humour. Plusieurs fois ils essaient de rendre leurs personnages engageants à l’aide de gags qu’ils pensent amusants, mais à part le moment où la présidente du club se rend compte que le PC utilisé pour la présentation de leur jeu a planté depuis longtemps, aucun ne m’a fait sourire. Les designs des personnages n’aident pas, je les ai trouvé très fades, trop moe, et ça m’a empêché de les prendre au sérieux (il y a une limite entre « mignon » et « cette lycéenne ressemble à une gamine de maternelle »). Par comparaison j’ai préféré les personnages plus expressifs de Long Riders et leurs interactions, et même si Magic of Stella est mieux écrit, je penche vers son concurrent…

Gi(a)rlish Number

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Késako ? Dur dur d’être une seiyuu ! Momoka se débrouille bien, elle a du succès, maîtrise les aspects moins agréables de sa carrière et a le soutien de ses parents. Il en va autrement pour Kazuha, qui déteste ce que l’industrie veut qu’elle devienne (une bête de foire), et Chitose, une débutante blasée avant l’heure que son manager désespère de voir réussir un jour. Mais une opportunité se présente quand Chitose est repérée par un producteur, qui la sélectionne pour le rôle d’une héroïne. De zéro à héros, la carrière de Chitose est sur le point de prendre un tournant inattendu. 

En tant qu’œuvre réflective sur l’univers des doubleurs, je ne suis pas certaine encore de ce que cet anime veut faire passer. C’est incroyablement cynique et désabusé (sasuga Wataru-san), à tel point que je me suis demandée à quel degré on devait prendre la série. Parfois le résultat est vraiment fun, comme quand Chitose se plie à l’étiquette rigide de son milieu tout en étant exaspérée (sa doubleuse réussit parfaitement à lui donner une voix avec juste ce qu’il faut de fausseté pour que l’hypocrisie transparaisse), parfois c’est moins convaincant comme la scène entre les divers décideurs de l’industrie. Je pense que cette scène avait pour objet de montrer que le destin d’une doubleuse dépend beaucoup de la chance, du goût personnel (et arbitraire) des producteurs, et de son capital « fraicheur » (blergh), mais le ton était difficile à décrypter, je ne savais pas trop si c’était supposé être parodique ou sérieux.

Mais plus que le discours réflectif sur l’industrie, ce qui a retenu mon attention étaient les personnages. Les trois filles qu’on nous présente sont loin d’être immédiatement sympathiques, mais on voit déjà plusieurs facettes de leur personnalités qui donnent envie d’apprendre à la connaitre mieux. Le cœur du scénario va être de voir comment Chitose se débrouille alors qu’elle passe de figurante anonyme à star d’une adaptation de Sword Art Online LN à la mode, et comment elle et ses collègues gèrent ce statut de seiyuu/idole qu’on veut leur imposer pour les rendre plus populaires (et rentables). Ça m’intéresse assez pour continuer. 

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