Bilan des Animes de 2015 – Cinquième partie : Top 10

[HorribleSubs] THE iDOLM@STER CINDERELLA GIRLS - 24 [720p].mkv_snapshot_23.49_[2015.10.03_17.25.18]

Le temps est venu de parler des dix animes qui m’ont apporté le plus cette année, que ce soit le plus d’émotions, le plus de fun ou le plus de frissons. Comme tous les ans ce sont des choix très personnels qui ne reflètent que mon ressenti, mais j’espère que j’arriverai à communiquer un peu de ce que j’ai reçu d’eux !

#10 – Dance with Devils

[HorribleSubs] Dance with Devils - 11 [720p].mkv_snapshot_11.07_[2015.12.18_00.22.11]

Si vous étiez attirés par le concept de Diabolik Lovers (une lycéenne se retrouve prise au piège des intrigues de bishonens maléfiques et découvre des choses sur son identité), mais que vous avez détesté son traitement, Dance With Devils est une parfaite alternative. C’est du pain blanc pour les fans de reverse harem. Ristuka est de loin la meilleure héroïne d’otoge que j’ai vu dans un anime ! Je sais que la barre n’était pas très haute, mais quand même. Elle se défend, elle a une personnalité et des émotions, elle choisit son propre destin, elle est même amoureuse d’un garçon en particulier ce qui nous change quand même beaucoup des planctons absolument passifs qui n’ont jamais l’air de comprendre quoi que ce soit aux déclarations et sous-entendus de leurs prétendants. Une autre chose qui fait la différence avec les autres animes du même genre : la scénariste ne perd jamais trace de l’intrigue principale. Même si elle doit se concentrer sur un personnage en particulier dans un épisode, elle n’oublie jamais de faire avancer les choses, et aucun n’est du pur filler.

Si comme moi vous regardez UtaPri, vous savez comment ils adorent prétendre qu’une saison a une intrigue de fond pour ensuite totalement l’oublier au profit d’épisodes digressifs qui ne font absolument rien avancer. Dans Dance With Devils l’intrigue progresse à un bon rythme, si bien qu’à la fin les choses sont parfaitement en place pour un véritable climax digne de ce nom. Inévitablement il a fallu sacrifier le développement de certains personnages secondaires au passage, mais ça valait la peine, et rien n’est perdu puisque ça donne envie de jouer au jeu qui en sera tiré pour en savoir plus sur eux. Et la cerise sur le gâteau est bien sûr la touche de comédie musicale. Au début j’avais un peu peur que les intermèdes musicaux ne disparaissent, mais tous les épisodes en ont un, et ils ont fait l’effort de produire à chaque fois une nouvelle chanson bien insérée (toujours en rapport avec l’intrigue et une scène en particulier !), une nouvelle chorégraphie, de nouveaux costumes pour Ritsuka et des décors originaux. Ça contribue à faire de la série une expérience particulièrement plaisante et divertissante. Nous avons enfin un anime/otoge qui se tient sur la forme et sur le fond, et je n’ai qu’une chose à dire : c’est pas trop tôt !

#9 – Non Non Biyori : Repeat

[HorribleSubs] Non Non Biyori Repeat - 08 [720p].mkv_snapshot_18.16_[2015.08.25_02.57.55]

Le pilote de cette « seconde saison » m’avait surprise par sa lenteur et son concept de remise à zéro, et j’ai mis du temps avant d’enchaîner avec la suite. Mais dès le second épisode les choses s’accélèrent, et j’ai commencé à comprendre l’intérêt de Repeat. Plutôt qu’une remise à zéro, c’est une autre version de la première année en primaire de Renge, qui coïncide avec l’arrivée d’Hotaru. Comme nous connaissons déjà les personnages, leurs caractères et leurs relations, l’anime ne s’embarrasse pas à nous les présenter une seconde fois et prend les choses un peu différemment. Par exemple, ils savent que nous sommes déjà très attachés à Renge et se permettent de développer dès le début des épisodes entiers sur ses petites aventures. 

Ça a une conséquence importante : nous sommes des spectateurs avertis par rapport à la série, alors que beaucoup de choses sont encore des découvertes pour les filles (par exemple Hotaru saute pour la première fois dans la rivière). Le résultat est assez inédit, et ça nous donne une vision plus complète des choses. En dehors de ça je trouve que cette saison est aussi bonne que la première. Le « scenery porn » est toujours là grâce au travail accompli pour nous immerger dans l’atmosphère rurale, et les fidèles de la série qui ont pris le temps d’apprendre à connaître chaque personnage sont récompensés par des séquences chargées en émotions. En commençant Non Non Biyori je ne pensais pas que ça allait être beaucoup plus qu’un énième anime de filles mignonnes qui font des trucs mignons, mais en réalité c’est l’un des meilleurs animes « Iyashikei » qu’on peut trouver. 

#8 – Kekkai Sensen/Blood Blockade Battlefront

[HorribleSubs] Kekkai Sensen - 11 [720p].mkv_snapshot_19.06_[2015.11.08_23.50.35]

Même si BBB est techniquement moins réussi que le précédent anime de Rie Matsumoto (Kyousogiga), je me suis plus attachée à celui-là. C’est vrai, Kekkai Sensen a quelques problèmes. Au début j’étais très contente de voir la réalisatrice intégrer ses personnages originaux (White et Black) et sa thématique préférée (la famille), mais malheureusement ça n’a pas bien collé avec le reste. Le ton dramatique de cette intrigue intimiste et le ton désinvolte des enquêtes du Libra ne se sont pas réconciliés, et c’est particulièrement criant vers la fin. Ils ont voulu donner une conclusion satisfaisante à ces deux éléments, et même s’ils le font bien pour chacun, il en ressort une dissonance trop difficile à ignorer. On ne sait plus trop si on doit pleurer sur le destin tragique des jumeaux ou se réjouir pour Leo définitivement adopté par le Libra.

Ce n’est pas que je n’ai senti aucune des ces deux émotions, les flashbacks sur l’enfance de Black et White sont assez déchirants pour briser le cœur et la team Libra est très attachante, mais j’ai senti qu’avoir les deux en même temps et donc en concurrence réduisait l’impact général de la série. Cela n’a pas empêché Kekkai Sensen d’être une série exceptionnelle, mais c’est vrai qu’elle a plus tendance à briller quand elle se concentre sur des petites sous-intrigues (comme l’épisode de l’homme-champignon) que quand elle essaie de s’attaquer à son scénario de fond. Vu le succès que la série a rencontré au Japon on peut espérer une suite, mais à condition que Rie Matsumoto revienne. Je n’arrive pas à envisager de seconde saison sans elle.

#7 – The Idolm@ster – Cinderella Girls

[HorribleSubs] THE iDOLM@STER CINDERELLA GIRLS - 24 [720p].mkv_snapshot_17.49_[2015.10.03_17.19.05]

Étonnamment, même s’il n’explore jamais la face la plus sombre de l’idol-system japonais, Cinderella Girls est quand même un show sur la résistance d’employés (essentiellement mineurs) aux épreuves que leur soumet une grosse entreprise. La première saison, centrée avant tout sur l’identité des filles, la composition de leurs groupes et leurs premières expériences dans le show-business avait sa part d’épisode mélancoliques, mais ce n’est rien comparé à la seconde, une lente agonie parfois franchement déprimante causée par le retour de la CEO de l’agence (designée pour être une claire référence à Lady Tremaine, sérieusement elle a même sa couleur de boucles d’oreilles). Et notre Marraine la Bonne Fée Producer-san a bien du mal à lui tenir tête pour défendre ses protégées. La directrice veut donner à son agence une image plus moderne et professionnelle, et n’hésite pas à trancher dans le vif, c’est-à-dire à former de nouvelles unités au détriment de celles qui existent déjà pour son « Projet Krone ».

Ce projet est plus lisse, plus raffiné, mais aussi beaucoup plus froid et calculé que notre bande de Cinderella Girls qui avaient réussi à s’épanouir en gardant leurs personnalités. Le problème c’est que l’agence 346 n’a pas grand chose à faire de ces personnalités si elles ne sont pas rentables. Elle n’attendra pas non plus les filles qui n’ont pas assez confiance en elles, et chacune de nos Cendrillons doit se challenger et sortir de sa zone de confort. Dans ce contexte, même les liens forts d’amitié développés entre les membres sont mis à l’épreuve, et Cinderella Girls n’hésite pas à montrer ce qu’il se passe quand une membre d’une unité reçoit une proposition plus avantageuse, et que les autres se sentent négligées et abandonnées en conséquence (c’est brièvement abordé au début de la série quand certaines sont autorisées à faire leur « debut » avant les autres, mais la seconde partie le fait de manière beaucoup plus incisive).

L’arc d’Uzuki est terrible à regarder pour n’importe qui s’étant senti à la traîne des autres à un (ou plusieurs) moment de sa vie, et les scènes où elle se force à sourire tout en sombrant dans la dépression sont aussi dures que justes. Ces moments où Mio est tragiquement déçue de voir qu’il n’y a presque personne à sa première performance, où Minami réalise qu’elle est malade et ne pourra pas participer à une représentation pour laquelle elle a fourni un énorme travail, où Kanako est tellement angoissée à l’idée de décevoir qu’elle ruine son interview, ce sont ceux qui ont fait de Cinderella Girls une série si précieuse à mes yeux.

#6 – Charlotte

[HorribleSubs] Charlotte - 12 [720p].mkv_snapshot_01.45_[2015.09.20_03.31.45]

Dans ma mémoire ce show est encore un gros fouillis que j’ai du mal à clarifier.  C’est un choix probablement impopulaire (l’anime n’a pas été très apprécié de manière générale), et je reconnais que Charlotte a des problèmes, notamment de rythme. Jun Maeda ne devrait même pas essayer de condenser ses scénarios en une douzaine d’épisode, à moins de simplifier les choses comme ce qui a été fait pour Air TV de KyoAni. Ce n’est pas évident de déterminer pourquoi exactement j’aime autant cette série, en fait je ne suis même pas en désaccord avec les critiques formulées à son égard. Je pense qu’il faudrait que je la revoie en entier une seconde fois pour vraiment la comprendre. Et si ça se trouve, au second visionnage je changerai d’avis dessus ! (d’ailleurs c’est aussi quelque chose que je me dis souvent sur Glasslip, un autre show très controversé de P.A Works).

Mais une chose est sûre : c’est vraiment l’un des animes qui a eu sur moi le plus d’impact cette année, qui m’a fait le plus réfléchir, et dont j’étais très impatiente de voir la suite chaque semaine. Il y a quelque chose dans l’idée d’avoir des héros antipathiques et sarcastiques qui sauvent leurs pairs (les autres ados touchés par « Charlotte ») qui m’a beaucoup séduite. Yuu et Nao ne ressemblent pas du tout aux autres couples de Key/Maeda, et j’ai eu le sentiment que pour une fois ils étaient vraiment sur un pied d’égalité. Ils sont partenaires avant de sortir ensemble, ils ont des échanges qui sont plus querelleurs que romantiques, et Nao a affronté et soutenu Yuu dans ses pires moments de bassesse et de lâcheté (en échange il s’investit beaucoup pour sauver son grand-frère). En conséquence ils me sont apparus comme un couple plus solide et crédible que d’autres. Un autre aspect de Charlotte qui m’a plu a été son imprévisibilité. Personne ne pouvait dire à l’avance comment les choses allaient tourner, et ça a rendu le visionnage beaucoup plus excitant, sans compter que la série est bourrée de twists et de scènes ultra tendues. C’est une série qui prend de gros risques, et de mon point de vue, ça a payé.

#5 – Gakkou Gurashi!

vlcsnap-2015-07-10-02h37m13s1

Rien ne destinait spécialement Yuki, Yuri, Kurumi et Miki à former un club de « vie scolaire » supervisé par Sakura-sensei. Elles n’aimaient même pas particulièrement leur lycée. Yuki était sujette à moquerie dans sa classe et n’avait pas le niveau, Kurumi ne savait pas vraiment quoi faire de ses tous premiers sentiments amoureux, Yuri s’occupait tranquillement de ses plantes dans son coin et Miki était simplement contente d’être avec sa meilleure amie Kei. Quand à Sakura, elle n’était pas bien considérée par ses collègues et avait du mal à se faire respecter par ses élèves. Leur club et son ambiance rose et légère n’est pas créé puis animé naturellement par des filles qui aiment leur lycée et qui veulent passer le plus de temps ensemble à faire des activités (comme dans la plupart des animes à club), c’est un mécanisme d’auto-défense forcé par les circonstances terribles dans lesquelles elles se retrouvent. Cela donne une toute autre connotation à l’aspect « moe » du show, puisqu’en fait, comme la petite Sara Crewe dans son grenier qui crève de faim, elles jouent à faire « comme si ».

En fait Sakura et ses quatre élèves sont obligées de devenir des adultes responsables du jour au lendemain, et le club devient le seul bastion où elles peuvent être encore des adolescentes et profiter des vestiges de leur innocence. C’est aussi un cocon protecteur pour Yuki, le personnage le plus paradoxal du show. Mise en parallèle avec Sakura (dont elle est clairement présentée comme la relève), c’est la plus angoissée mais aussi la plus courageuse du groupe. Pendant tout l’anime ses idées farfelues agissent comme un leit-motiv qui empêche les autres de sombrer dans la dépression, et à la fin, quand elle ne peut plus fuir la réalité, elle prendra les bonnes décisions. Ce n’est pas le premier ni le meilleur anime qui combine moe et horreur, et je l’ai trouvé un peu trop optimiste pour être vraiment captivant, mais le studio Lerche a fait un excellent travail de réécriture et de mise en scène. Gakkou Gurashi aurait pu être un show de s’life totalement anodin voire médiocre (il commence comme ça !), mais il est sauvé par son concept et par l’intelligence avec laquelle les thèmes de la responsabilité et du passage à l’âge adulte sont traités.

#4 – Noragami Aragoto

[HorribleSubs] Noragami Aragoto - 01 [720p].mkv_snapshot_02.15_[2015.10.03_14.32.04]

Notre anti-héros préféré est de retour, pour une saison plus rude que la précédente qui couvre de nouveaux arcs du manga : l’arc de Bishamon et celui d’Ebisu. Pour une licence qui était surtout une bonne surprise inattendue l’année dernière, Noragami a certainement gagné en popularité cette année, comme de manière émouvante son héros ravi d’obtenir enfin un peu de reconnaissance en tant que déité. Cette reconnaissance est largement méritée, et bienvenue. Personnellement je n’osais même pas espérer voir sortir une seconde saison, et apparemment le studio non plus puisque la précédente avait une conclusion originale, mais ça a quand même pu se faire (probablement parce que les ventes du manga ont dû augmenter après la sortie de l’anime).

Noragami Aragoto apparaît pendant les trois-quarts de ses épisodes comme un enchaînement d’arcs, très bons individuellement, sans grand rapport les uns avec les autres. Mais vers la fin on réalise qu’ils sous-tendent un arc beaucoup plus profond sur Yato, dont le personnages évolue énormément. C’est surprenant comme la première saison avait surtout insisté sur le statu quo et la comédie, et cette nouvelle maturité permet à l’anime de s’élever à un niveau supérieur. C’était déjà une série qui m’avait parue plus réfléchie que la moyenne, mais cette fois c’est définitivement confirmé. Et l’anime se termine sur une grosse révélation qui est pratiquement un cliffhanger ! Une saison 3, pour quand ?

#3 – Your Lie in April

[HorribleSubs] Shigatsu wa Kimi no Uso - 04 [720p].mkv_snapshot_05.17_[2014.11.07_00.39.20]

C’est difficile de décrire ce que Your Lie in April a représenté pour moi. D’abord, avant de se réfléchir, c’est un anime qui se ressent. Qui s’écoute évidemment, mais qui se regarde en premier lieu. Parce que c’est l’animation (merveilleusement expressive), plus que la narration qui va vous raconter l’histoire. Si n’importe quel AMV réalisé à partir des scènes de la série réussit encore à me faire pleurer des mois après l’avoir terminée, c’est que quelque chose a résonné en moi particulièrement. Et cette chose c’est l’histoire de Kaori et de Kousei.

Bien sûr j’ai aussi apprécié les personnages secondaires, qui ont tous une personnalité bien définie et des arcs complets (Your Lie in April est l’une des rares adaptations qui s’est basée sur un manga déjà terminé, du coup on a droit à une conclusion pour tous leurs arcs), mais c’est vrai que c’est eux qui m’ont le plus marquée. Le parcours de l’héroïne m’a même bouleversée. Je ne peux pas en dire trop au risque de spoiler, mais disons qu’il faut attendre la fin pour bien comprendre pourquoi elle agit comme elle le fait, et quels étaient les enjeux de son intervention auprès de Kousei. C’était surprenant aussi de voir un anime catégorisé shonen parler aussi directement de traumatisme, de dépression et de maladie. Ce n’est pas une recommandation évidente à faire, ce qui m’a touché peut tout à fait être pris pour de la manipulation par quelqu’un d’autre. Je la fais quand même, pour tous ceux qui veulent un bon drame adolescent qui n’a pas peur de jouer la carte émotionnelle.

#2 – Hibike! Euphonium

[HorribleSubs] Hibike! Euphonium - 12 [720p].mkv_snapshot_04.23_[2015.06.30_15.57.55]

Une chose frustrante avec Kyoto Animation c’est qu’ils n’adaptent pas toujours les scénarios les plus intelligents et subtils qui soient, et c’est pour ça que quand ils associent leur talent d’animateurs à une très bonne écriture le résultat est réellement spectaculaire. L’histoire d’Hibike! est très simple : Kumiko est arrivée à l’âge où, en général, les cours du mercredi qu’on a suivi enfant (musique, danse, équitation, etc.) commencent à prendre un ton plus sérieux et plus compétitif. Sans surprise c’est le moment où beaucoup d’ados choisissent d’arrêter cette activité, pour diverses raisons : ils n’aiment pas la compétition, ils ont d’autres choses à faire, c’était l’ambition de leurs parents et pas la leur…et pour Kumiko c’est un manque de motivation, associé à un complexe vis-à-vis de sa grande sœur. Et Euphonium nous parle de ce moment décisif ou on a encore le choix.

On peut décider de continuer à fond ou de reprendre cette activité pour aller au bout de ce qu’elle nous offre comme possibilités (ici remporter une compétition lycéenne), ou partir et ne plus jamais regarder en arrière. Et la série ne se concentre pas uniquement sur la première catégorie de personnes, elle donne aussi la parole à ceux qui abandonnent, sans pour autant les présenter comme des perdants ou des lâches. Et l’autre grand thème d’Euphonium est l’échec. Tout commence par un échec, et durant l’année que Kumiko passe dans l’orchestre de son nouveau lycée, elle et ses camarades y seront confrontés. Donc si on résume, on a un anime « à club » qui parle beaucoup d’abandon et d’échec. D’abord c’est plutôt audacieux, et ensuite ça rend d’autant plus puissants les moments où les efforts des héroïnes paient. La victoire est bien plus savoureuse quand on a connu le goût de l’échec (c’est quelque chose que beaucoup d’anime basés sur des compétitions gagneraient à comprendre) et je suis impressionnée que KyoAni ait décidé de parler de ça, et l’ait fait aussi bien. Quand je pense que les gens disaient que ça allait être K-On, version musique classique !

#1 – ShiroBako

[HorribleSubs] Shirobako - 01 [720p].mkv_snapshot_01.07_[2014.10.09_23.04.03]

ShiroBako est un anime sur des gens qui essaient de vivre de leur passion. Ils veulent désespérément garder quelque chose de l’émerveillement du médium qu’ils produisent, sans se laisser désabuser par la réalité parfois difficile à supporter de leur travail. C’est l’un des succès commerciaux majeurs de 2015 avec Kekkai Sensen et Hibike! Euphonium (miracle, les gens ont bon goût) et il a influencé les créateurs d’animes eux-mêmes. Il y a eu un avant et un après. Par exemple Sore Ga Seiyuu s’en est largement inspiré pour raconter le quotidien de ses héroïnes doubleuses, et plus tard dans l’année HackaDoll a sorti un épisode entier qui y fait référence. En plus c’est une série qui a une vraie valeur de témoignage : la production des animes est en train de changer, et d’une certaine manière ils capturent comment ils sont fabriqués à notre époque. Ils rendent également hommage aux générations précédentes, en remontant jusqu’à celles qui faisaient presque tout à la main, et nous donnent enfin un aperçu de ce qui nous attends (et qui implique beaucoup de computer graphics, qu’on le veuille ou non). De ce point de vue, ShiroBako est un anime important.

Mais ce n’est pas un pur documentaire, c’est bien aussi qu’ils ne fassent pas intervenir que des caméos, et qu’ils aient créé leurs propres personnages fictifs. Miyamori et ses amis nous servent de catalyseurs émotionnels. On peut s’identifier à eux et rapporter leurs problèmes et leurs progression à nos propres parcours professionnels. Comment ne pas s’identifier à Miyamori exaspérée par des collègues incompétents, à Zuka qui encaisse rejet sur rejet sur rejet après ses séances d’essais, à Misa qui est déçue par les étapes répétitives de ce qui était le job de ses rêves, à Ema qui sent que son travail est médiocre et qu’elle n’évolue pas ? Même des personnages a priori plus antipathiques comme Hiraoka ou Tarou nous évoquent notre propre réalité. C’est ce qui fait l’universalité du show. Et c’est, à mon avis, le meilleur anime de l’année.

4 réflexions sur “Bilan des Animes de 2015 – Cinquième partie : Top 10

  1. >miracle, les gens ont bon goût
    La question qui va avec c’est : « A quel endroit de la planète ? » Mais comme tu causes de succès commercial, je suppose que tu parles du japon. Suivant la nationalité du public, les « préférences » peuvent être très différentes, enfin c’est ce que j’ai constaté.

    Pas de OreGairu dans ce top ?

    • Oui exactement, je parle des ventes de DVD au Japon, le critère principal qui sert à évaluer le succès d’un anime. ShiroBako, Kekkai Sensen et Hibike! Euphonium se sont très bien vendus. Après si on prend les « tops des animes les plus populaires » qui circulent sur le net, c’est une autre affaire.

      OreGairu a failli y être, c’est mon n°11.

  2. Très personnellement, j’ai pas du tout aimé Kekkai Sensen… En fait, je n’ai quasiment rien compris à l’histoire, bien trop dénuée de sens je trouvais, et parfois (trop souvent) sans raccords.
    Il n’y a que visuellement que j’ai trouvé ça sympa.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s