Bilan de mi-parcours des Animes d’Eté 2015

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C’est déjà le moment de faire un premier point sur cet été 2015 qui menace de se terminer. En écrivant ma preview je pensais que ça allait être une saison « niche » et que j’aurais du mal à conseiller quoi que ce soit de manière large, mais je peux désavouer cette opinion. En fait il y a plein de choses à conseiller, et un peu de tout : de la comédie, de la romance, du drame, de l’action, et même un peu d’horreur. C’est le moment de faire le plein de ces bonnes choses, surtout quand l’automne s’annonce aussi médiocre.

J’ai privilégié les nouvelles sorties sur les secondes saisons, et je parlerais de Gatchaman, de Non Non Biyori et de Cinderella Girls dans d’autres bilans. Aquarion Logos est mis de côté comme c’est un long (26 épisodes). Shirayuki à terme sera aussi un long, mais on va devoir s’arrêter au douzième épisode et la S2 ne sortira qu’en 2016.

Sore ga Seiyuu! (7/14)

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Où en est-on ? Après la mort brutale de son personnage, Futaba est sauvée du chômage par une émission de radio qu’elle anime avec Ichigo et Rin. Le projet connaît un petit succès et bientôt on leur propose de sortir un single en tant que groupe, mais en parallèle Futa-futa n’a toujours pas été embauchée pour un autre job de VA et risque d’être virée de son agence.

Sore ga Seiyuu! a surpassé, que dis-je, envoyé balader mes attentes. Je pensais que ça serait surtout un palliatif à ShiroBako en attendant une seconde saison qui ne sera probablement jamais créé (bouhou), mais maintenant je regarde la nouvelle série de Gonzo pour elle-même, et surtout pour ses adorablissimes personnages. Difficile de ne pas s’identifier totalement à Futaba et Ichigo quand elles se prennent régulièrement la dure réalité dans la figure, parfois de manière humiliante. Mais elles y croient malgré tout, et on veut y croire avec elles. Et quand elles ne sont pas en train de sombrer dans la panique ou la déprime, Sore ga Seiyuu! est une comédie très efficace. Au lieu d’orienter plus la série vers le s’life ou le yuri-bait, les deux voies les plus faciles quand on a un anime centré sur un groupe de filles mignonnes, Gonzo en a fait une dramédie bourrée d’énergie. Je n’ai pas grand-chose à redire, je dévore chaque nouvel épisode qui sort et pour l’instant je n’ai pas été déçue. Tout est fun et touchant, jusqu’au générique de fin animé par les doubleuses qui s’en donnent à cœur joie.

Akagami no Shirayuki Hime S1 (6/12)

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Où en est-on ? Après avoir passé l’examen Shirayuki est maintenant attachée au Palais comme herboriste royale, et assiste le prince Zen dans ses fonctions. Zen et Shirayuki apprennent à se reposer l’un sur l’autre.

En surface, il ne s’est pas passé grand-chose pendant ces six premiers épisodes. Ils ont été dévoués à l’introduction de nouveaux personnages : Raj, Ryuu, Garack, Izana, Obi, Haruka, etc. A chaque fois on résout les problèmes posés par ces nouveaux arrivants ou par une force extérieure, et on passe aux personnages suivants. Mais si on prend un peu de recul, on réalise que ces épisodes ont surtout été dédiés à un élément en particulier : la légitimité de la présence de Shirayuki au Palais et aux côtés de Zen. Depuis le tout début, Shirayuki a été dangereusement proche d’entrer dans un Palais en tant que favorite d’un prince, et c’est ce qu’elle fuit quand elle rencontre Zen. Ironiquement en choisissant de le suivre elle court le risque de se mettre dans cette position, et à chaque fois elle doit prouver aux autres qu’elle est là grâce à ses capacités (d’où le concours d’herboriste), et qu’elle ne profite pas de favoritisme, justement. Inévitablement cela la conduit plusieurs fois à se surcharger de travail jusqu’à l’épuisement, alors que ce n’était pas son rythme de vie quand elle tenait tranquillement sa boutique à Tanbarun.

Choisir de suivre Zen n’est pas un choix de facilité, et les choses deviennent encore plus compliquées quand les deux jeunes gens commencent à tomber amoureux. On comprend très bien pourquoi Shirayuki a peur de ces sentiments : leur concrétisation risque de mettre à néant tout le travail qu’elle a accompli, et elle est terrifiée à l’idée de donner aux autres la possibilité de dire qu’après tout elle est bien là pour être une fille-trophée, impression renforcée par la couleur inhabituelle de ses cheveux. C’est pour ça que Shirayuki est une adaptation « importante », comme Yona ou OreMono (et même Nozaki-kun dans une certaine mesure). Elle défie des standards et montre que le genre du shoujo n’est pas du tout moribond. Ce que j’espère c’est que ces animes se vendent bien pour que d’autres shoujos, peut-être encore plus ambitieux, puissent être (bien) adaptés et mieux connus du grand public.

Charlotte (7/13)

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Où en est-on ? Le réveil des pouvoirs d’Ayu ayant eu la pire conséquence envisageable, Yuu laisse ses anciens instincts reprendre le dessus. Mais cette fois encore, Tomori veille. 

Yuu avait commencé la saison comme un superbe exemplaire d’anti-héros très divertissant, mais cette fois quand son complexe de toute-puissance revient c’est loin d’être aussi drôle qu’avant. Non seulement les circonstances sont terribles mais ce qu’il fait de ses pouvoirs prend un tournure beaucoup plus grave, et seule l’intervention de Tomori l’empêche d’aller trop loin. J’avais une idée de ce que notre héroïne allait faire, après tout vu son pouvoir ce n’était pas très compliqué à deviner, mais ce n’en n’était pas moins très puissant émotionnellement. Après un excellent démarrage j’avais été un peu déçue de voir Charlotte adopter une formule répétitive en introduisant des personnages tertiaires sans grand intérêt comme les anciens amis de Misa, et l’épisode sur le match de baseball était la concrétisation de ce que je craignais : ils se concentrent sur les tourments de personnages sans lien avec l’intrigue principale, et la résolution des conflits internes de ces derniers n’a pas beaucoup d’impact. Le charisme de la bande de Tomori et l’humour étaient intacts mais j’avais peur qu’ils n’exploitent pas assez le potentiel des personnages principaux (Yuu commençait à être dangereusement poussé en retrait). Heureusement ça n’a pas duré, l’épisode 5 était déjà bien meilleur que les précédents grâce à l’isolation du quatuor (+1 avec Misa) dans un endroit écarté, et les deux qui ont suivi ont continué dans cette voie jusqu’à culminer à la fin du septième épisode. Ce que j’espère pour la suite c’est qu’ils se reposent sur ces bonnes idées, continuent de développer la relation entre Tomori et Yuu (par pitié Maeda ne fait pas de Tomori une Yuri bis), et que l’histoire ne devienne pas inutilement complexe au dernier moment. Vous avez encore toutes les cartes dans vos mains P.A et Maeda, cette fois ne bousillez pas tout avec des twists stupides.

Classroom Crisis (7/?)

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Où en est-on ? Kaito et sa sœur on finit par percer la coquille de Nagisa, qui se révèle être un enfant illégitime avec une histoire encore plus compliquée et triste que prévue. Ils ont aussi réussi à relancer A-Tec, mais de nouveaux challenge les attendent. 

Je n’aurais pas pu tomber plus à côté de la plaque quand je pensais que Classroom Crisis aller tourner autour d’un quatuor amoureux. Et même si on peut shipper Hanako/Kaito et Nagisa/Mizuki (ou Muzuki/Iris et Nagisa/Hanako), ils ont d’autres chats à fouetter. Le véritable sujet de l’anime c’est la survivance de la classe de Kaito et des valeurs transmises par les fondateurs de son entreprise, mises à mal par la gérance actuelle des frères aînés de Nagisa. Il y a de la conspiration dans l’air depuis le début, et je pense que Nagisa et Iris vont se retrouver au cœur des prochains conflits. Nagisa est en train de se mettre dans une position difficile en soutenant A-Tec, et Iris a été dans son passé la victime (et le témoin ?) de quelque chose qui pourrait jeter un  nouvel éclairage sur la situation. C’est intéressant de voir comment ces jeunes surdoués font face à tous ces problèmes d’adultes, dans un environnement où la plupart de leurs supérieurs les prennent de haut. Kaito a démarré comme la « bête de scène », le singe à performances, et Nagisa est considéré comme un pion sur l’échiquier de sa famille. Les deux hommes prennent leur destin en main quand ils sont poussés à bout. C’est aussi intéressant de voir comment Iris et Nagisa, forcés de grandir trop vite par les circonstances, s’adoucissent considérablement au contact des Sera, et comment le frère et la sœur Sera en retour bénéficient de leur maturité et de leurs compétences. Hanako est un peu la nounou de ce petit groupe, et si pendant longtemps son personnage n’a été que prétexte à des gags le dernier épisode lui a donné une belle occasion de se distinguer. Cette première partie a vu nos héros se rapprocher les uns des autres progressivement, et grâce à la qualité de l’écriture nous avons envie de les soutenir à fond dans leurs aventures d’underdogs, plus soudés que jamais. Et l’animation ne s’est pas effondrée ! Bravo, Lay-Duce !

Gakkou Gurashi (6/12)

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Où en est-on ? Retour à la case départ, après avoir découvert comment Yuki et ses amies ont fondé le club de vie scolaire, comment elles ont été soutenues par Megu-nee et comment Miki les a rejoint.

Au tout début j’avais un peu peur que Gakkou Gurashi continue d’être comme son premier épisode, c’est-à-dire dans le déni 90% du temps avec seulement une petite frange dédiée à la réalité. Autrement dit, j’avais peur de continuer de voir tout du point de vue de Yuki. Le second épisode et les suivants m’ont complètement rassurée sur ce point, en fait toute cette première partie se charge d’expliquer comment les filles en sont arrivées là. Et ça n’a pas été une partie de plaisir, malgré le ton faussement s’life et enjoué de leur quotidien. Initialement on est tous comme Miki, on trouve qu’entretenir Yuki dans son délire est une très mauvaise idée, que ça aggrave encore plus une situation déjà insoutenable. En fait on découvre au fur et à mesure que non seulement ce petit « jeu » collectif est ce qui empêche les filles de devenir complètement folles, mais que Yuki est un véritable ange salvateur pour le moral du groupe au lieu d’être un poids ou un danger comme on l’avait cru. C’était très bien écrit, et surtout bien réécrit : j’ai lu en même temps le manga, et j’ai trouvé qu’ils avaient fait mieux que la source d’un point de vue narratif. J’apprécie aussi que ce soit un anime d’horreur « pudique », dans le sens où ils n’essaient pas de faire dans le trash mais suggèrent les choses au lieu de les montrer frontalement. C’est très efficace psychologiquement. Maintenant que nous avons exploré le passé, reste à découvrir ce que les filles vont devenir, et surtout si l’anime va laisser les choses ouvertes (le manga n’est pas terminé) ou nous proposer une véritable conclusion. Quels que soient leurs choix, je suis impatiente de les découvrir.

Rokka no Yuusha (7/12)

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Où en est-on ? Adlet et les autres ont fini par arriver au point de rendez-vous des Six Braves où ils devaient déclencher un sort pour coincer les démons. Le problème c’est que le sort a été activé à l’improviste en même temps qu’Adlet est entré dans le Temple, et maintenant tous les Braves sont bloqués. Comme ils sont sept au lieu des six prévus, il est soupçonné d’être le traître qui a voulu les prendre au piège. 

C’est un peu rageant de se dire qu’entre les mains des meilleurs studios, Rokka aurait été sans conteste le meilleur anime de la saison et l’un des meilleurs de l’année tout court. Passione n’est franchement pas le pire sur lequel on aurait pu tomber, ils ont d’excellentes idées en terme de réécriture, mais c’est difficile de fermer les yeux sur des erreurs techniques aussi grossières qu’un cadrage raté qui place en gros plan les personnages off-model dans toute leur maladresse, et l’atroce animation en CG des monstres qui s’apparentent plus à des bêtes de foire qu’à des démons capables d’éradiquer l’humanité (cet innommable crocodile-oiseau…urgh…). Si la tension qui découle du mystère principal (qui est l’imposteur ?) est intacte grâce à une  bonne mise en scène, c’est difficile d’être vraiment convaincu par le danger que représentent les démons quand leur apparence est aussi ridicule que leur présence est artificielle. Les combats sont bien chorégraphiés, mais quand les Braves ont l’air de se battre contre des jouets en plastique ça les décrédibilise inévitablement. Pire, quand on en apprend plus sur eux via Flamie, on sent qu’une animation traditionnelle aurait fait des merveilles.

Heureusement pour l’instant les démons sont en retrait, et toute notre attention est prise par le conflit interne qui secoue le groupe des Braves. Et pour cet aspect-là, la qualité de l’écriture peut briller de tout son éclat. Coincer tout le monde dans le Temple a été un excellent moyen de nous présenter mieux les Braves en les confrontant les uns aux autres, et faire d’Adlet le suspect n°1 alors que nous savons que ce n’est pas lui (à moins qu’ils ne nous fassent le coup du narrateur douteux à la Christie, mais ça m’étonnerait)  fait monter la tension. Le thème récurrent exploré est celui de la trahison : celle des villageois du passé d’Adlet, celle de la mère de Flamie, et enfin celle de l’imposteur qui jette le trouble au sein du groupe et qui l’empêche de se concentrer sur leur mission. J’ai très envie de voir où ça va emmener nos personnages, et ça rendra leur éventuelle association beaucoup plus forte. Ce qui me fait le plus peur pour Rokka en dehors des problèmes du studio, c’est qu’ils ne couvrent pas tous les livres et surtout que nous n’ayons pas de seconde saison. Si seulement il pouvait y avoir une règle dans ce business qui empêche d’adapter des sources tant qu’elles ne sont pas achevées…

2 réflexions sur “Bilan de mi-parcours des Animes d’Eté 2015

  1. Huum tu me rends curieux pour Sore Ga Seiyuu! Mais ce ne serait pas raisonnable pour ma watchlist ><. Le chara-design me rebute un peu par contre. Par contre il va vraiment falloir que je mate Shirobako depuis le temps qu'on m'en parle.
    Charlotte m'accroche depuis le début mais c'est dommage qu'il y ait quelques points irritants comme la pizza sauce, la manière de parler de la soeur et quelques défauts visuels. L'épisode 7 était plutôt tranquille mais les performances du seiyuu de Yuu n'étaient pas toujours appréciables (peut-être que je fais trop la comparaison avec le seiyuu de Lelouch de Code Geass).
    C'est vrai que la 3D de Rokka no Yuusha est vraiment repoussante. Les dessins d'un enfant de 4 ans auraient eu l'air plus effrayants et dangereux. Par contre Passione a fait un super travail sur les couleurs, l'éclairage et les décors, je peux pas m'empêcher d'être ravi devant tous les paysages de la série. Et puis c'est vrai qu'il y a pas mal d'erreurs, des mouvements incohérents et t'as sans doute raison quand tu dis que cette série aurait pu être l'une des meilleurs de l'année facilement. Le trailer m'avait pourtant bien fait bavé :(.

    • Passione a fait un super travail sur l’environnement, je suis tout à fait d’accord ! Et la mise en scène aussi, ils continuent d’avoir des scènes où les personnages ne font que discuter et qui sont quand même dynamiques. Mais c’est difficile de ne pas penser à ce que ça aurait pu donner si c’était Bones ou David Production qui s’en était chargé.

      Oh et je ne peux que conseiller ShiroBako, pour l’instant c’est mon choix pour meilleur anime de l’année et je ne pense pas qu’il sera remplacé par un autre =)

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