Challenge Anime auto-imposé : Des Femmes qui prennent leur Destin en Main [MAJ – Vision of Escaflowne]

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J’essaie de regarder des classiques ou des recommandations qui m’ont échappé jusqu’ici. Et en regardant Escaflowne et Ergo Proxy, j’ai eu une idée…

J’ai décidé de me lancer dans une sorte de challenge et de sélectionner un anime par an de 1995 à 2010 à regarder. Les règles que je me suis imposées sont les suivantes :

– L’anime doit avoir une femme/jeune fille comme personnage principal. Elle peut partager l’affiche avec 1) d’autres femmes/jeunes filles ou 2) un homme mais il faut qu’elle ait un rôle au moins aussi important, dans le meilleur des cas plus important.

– Cette héroïne doit prendre son destin en main. Je pense que mes choix correspondent à cette idée, mais si je me rend compte que ce n’est pas le cas je peux décider de remplacer une série par une autre de la même année.

– L’anime doit prendre place dans un monde fantastique, futuriste, médiéval, historique…il ne faut pas que ce soit un contemporain pur. Les anime de magical girls sont inclus (contemporains mais avec des éléments de magie).

– J’ai voulu restreindre mes choix aux animes qui font entre 10 et 40 épisodes, pas plus.

– L’objectif est de mettre à jour cet article à chaque fois que j’aurais terminé un anime de la sélection, avec dans l’idéal des choses à dire par rapport au thème central.  N’hésitez pas à me donner des conseils si vous avez déjà vu un anime de la liste ou si vous en avez d’autres en tête ! J’espère que ça produira quelque chose d’intéressant.

1995 – Slayers

1996 – Vision of Escaflowne

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Késako ? Hitomi, lycéenne douée pour l’athlétisme et la voyance est amoureuse d’Amano-sempai. Avant qu’il ne déménage elle lui demande de chronométrer sa course et de l’embrasser si elle réussi à courir assez vite. Mais avant qu’elle puisse franchir la ligne d’arrivée un garçon et un dragon tombent du ciel. Après avoir vaincu le dragon, Hitomi et l’inconnu sont aspirés vers un autre monde, Gaea, où plusieurs royaumes sont sur le point d’entrer en guerre. Hitomi se retrouve au cœur du conflit et ses visions de l’avenir deviennent un enjeu stratégique.

Quelques impressions générales : Pas la plus subtile de séries, mais la qualité de la réalisation, la cohérence et la maturité du scénario lui ont permis de surmonter l’épreuve du temps (Escaflowne aura 20 ans l’année prochaine), renforçant son statut de série culte. Ce qui m’a le plus impressionnée a été le rythme et l’incroyable dynamisme de la narration. En 1996 il y avait encore très peu d’animes diffusés par saisons, et ça peut expliquer pourquoi les studios voulaient rendre leurs projets de fantasy aussi épiques et denses en évènements que possible. Impossible de s’ennuyer quand les personnages avancent aussi rapidement d’une cité à une autre et rencontrent tant d’alliés et d’ennemis différents tout en étant constamment rattrapés par la guerre. Vision of Escaflowne ne sait pas ce que signifie un temps mort ou un filler. C’est à double tranchant, parce qu’à force de jeter les personnages constamment dans le danger et l’action ils oublient un peu de leur donner le temps de respirer et de réfléchir.

Ce n’était pas le seul problème de l’écriture, dans l’ensemble les personnages ne sont pas particulièrement nuancés, sans compter que certains comme Merle ne servent absolument à rien. Certains étaient mieux écrits comme Millerna, Dryden et Folken mais le trio principal Van/Hitomi/Allen était souvent plus frustrant qu’autre chose. Par contre, mon impression négative initiale sur les méchants que je trouvais trop caricaturaux a été considérablement atténuée après certaines révélations sur Isaac et Dilandav. Je n’aime pas les aventures épiques où les antagonistes sont totalement répugnants ou irrécupérables, et Escaflowne n’a pas commis cette erreur. Et si les personnages eux-mêmes m’ont posé problème, je ne peux pas en dire autant du très bon scénario de fond. Ça demande beaucoup de compétence pour rendre aussi limpide une aventure aussi riche en idées et en évènements. C’est aussi un scénario qui arrive à complètement transcender les genres auxquels il emprunte des éléments, en particulier le shoujo et le shonen. Il y a des éléments de deux, mais débarrassés de tours leurs clichés et écueils pénibles.

Visuellement, il n’y a qu’à admirer :

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Ils ont voulu que ce soit grandiose et ça l’est. Les backgrounds fait main sont superbes, les combats entre robots sont très bien chorégraphiées et l’OST instrumental de Yoko Kanno parfaitement inséré donne le sentiment d’assister à un opéra. Et bien sûr comparé au standard d’aujourd’hui ça fait plaisir de voir une série aussi consistante et réalisée sans aucun CG (le bon vieux temps). En pratique ça veut dire que rien ne vient nous déranger par son inconsistance visuelle, et cela permet une totale immersion. Et contrairement à d’autres séries de fantasy plus limitées, Gaea offre un panel de cités aux architectures et styles diversités. On passe de ruines désertes à des villes côtières grouillantes de vies. Les créateurs d’Escaflowne ont accordé beaucoup d’importance à « habiter » cette planète si bien qu’elle ne donne pas l’impression d’être totalement vide ou peuplée de NPC qui sont programmés pour sourire ou dire aux héros où est la plus proche auberge. C’était définitivement le genre de monde imaginaire sur lequel on pourrait inventer toutes sortes d’histoires parallèles à celle des héros, et à la fin on prend conscience que nous n’en connaissons qu’une petite partie (d’où le désir de Van de partir en exploration). En conclusion, ils auraient pu améliorer leurs personnages principaux, mais tout le reste est très réussi.

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A propos de Hitomi – Argh Hitomiiiiii. Je voulais aimer cette héroïne, mais elle m’a posé plusieurs problèmes. D’abord je n’ai pas pas du tout aimé son doublage japonais (au point où je me suis demandée si je n’aurais pas dû regarder une version doublée US ou FR), je ne suis pas fan de la voix féminine de Maaya Sakamoto que je trouve très plate et sans saveur, et son interprétation de Hitomi manque de richesse. C’est louable qu’ils aient voulu l’engager quand elle avait 16 ans pour donner plus de crédibilité au personnage, mais pour moi ça n’a pas fonctionné. Malheureusement le design de l’héroïne très basique n’aide pas à la rendre spéciale.

Ensuite le personnage lui-même m’a posé problème. Hitomi n’est pas passive et fait des choix courageux tout au long de la série pour protéger les autres, mais j’aurais tout de même aimé qu’elle ait autre chose pour elle que son don de voyance (pour lequel elle n’a pas grand-chose à faire) et ses talents pour l’athlétisme. Ce qui m’a également posé problème a été le temps qu’elle a pris pour évoluer. Elle tombe amoureuse d’Allen parce qu’il ressemble à Amano, reste sur Gaea parce qu’elle pense ne pas pouvoir faire autrement, et il lui faut une éternité pour d’une part prendre réellement possession de ses pouvoirs/de son destin (les deux sont inextricablement liés) et d’autre part réaliser ses sentiments pour Van. Quand tout cela arrive à la fin c’était trop tardif pour avoir un réel impact émotionnel, et même si la série se termine sur une note positive de ce point de vue ça n’était pas aussi puissant que ça aurait pu l’être si ça avait été mieux développé. Hitomi est définitivement une héroïne qui prend son destin en main, mais malheureusement elle tombe dans la catégorie « trop peu, trop tard ».

1997 – Utena

1998 – Fancy Lala

1999 – Crest of the Stars

2000 – Strange Dawn

2001 – Noir

2002 – Witch Hunter Robin

2003 – Scrapped Princess

2004 – Mahou Shoujo Lyrical Nanoha

2005 – Starship Operator

2006 – Ergo Proxy (Manglobe)

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Késako ? La petite-fille du Régent Re-l Mayer traque un monstre qui extermine les citoyens de Romdeau, une cité-dôme aux apparences utopiques. Cette traque va l’amener à faire un long voyage hors du dôme, et ce voyage va remettre en question tout ce qu’elle croyait savoir sur sa cité et sur les hommes qui survivent après l’apocalypse.

Quelques impressions générales : Cet anime est absolument fascinant. Arrivée à la moitié je pensais ne pas en comprendre le quart, mais la dernière partie de la série fait beaucoup pour éclairer pas mal de choses, et surtout la fin a répondu aux questions que je me posais. Et si on regarde de nouveau les premiers épisodes, on comprend beaucoup de chose qui nous avaient échappé la première fois (sans compter tous les indices qui étaient placés dès le début). Je ne peux pas rentrer dans les détails sans spoiler toute l’intrigue mais je veux tout de même dire quelques mots sur l’anime en général.

Il n’est pas très linéaire dans sa narration, ni dans son ton. Au début et à la fin oui, mais quand Re-l voyage avec ses compagnons de route vers Mosque ils ont des aventures indépendantes les unes des autres, qui peuvent paraître un peu disparates. En fait c’est une série qui sait exactement où elle va dès le pilote, et ces épisodes ne sont pas des fillers. Ils sont très importants pour déchiffrer les mystères et la symbolique de la série.

En fait chaque sous-intrigue contient en germe toutes les grandes idées de l’intrigue principale, tout comme chaque personnage est une pièce du puzzle général d’Ergo Proxy. Ça demande un peu (parfois beaucoup) de réflexion, mais pour un anime qui se veut aussi manifestement inspiré par la philosophie, c’est très approprié. Sinon je suis tombée amoureuse du style visuel de la série. Ce n’est pas sombre pour être sombre, les choix stylistiques sont là pour servir l’intrigue et l’ambiance et pas pour en mettre plein la vue (même si c’est en effet très beau à regarder). C’est aussi très bien rythmé, j’ai tout regardé en quelques jours sans jamais sentir de ralentissement, et la qualité de l’écriture est remarquablement consistante. Je ne peux pas en dire autant de l’animation, mais c’est facile à pardonner. Je recommande Ergo Proxy à tous les adeptes de SF d’anticipation, et même à tous ceux qui sont intéressés par des animes qui font travailler les méninges.

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A propos de Re-l Mayer : L’héroïne d’Ergo Proxy est vraiment spéciale, et je ne veux pas seulement parler de son excellent chara-design. D’abord elle est écrite avec beaucoup de cohérence : princesse privilégiée depuis sa naissance, elle est très hautaine, a des idées arrêtées sur les choses et n’est pas caractérisée par une quelconque compassion. Mais elle a un autre trait de caractère intéressant : elle veut des réponses, et ne recule devant rien pour les obtenir. C’est quelqu’un de très méthodique, de rigoureux et de soigneux à la limite de l’obsessionnel (en témoignent ses nombreuses notes et carnets de route), et une fois qu’elle est sur une piste elle ne la lâche pas même si ça risque de bouleverser ses convictions et sa vie toute entière. Ces qualités font d’elle une inspectrice hors pair et quand nous avons accès à ses réflexions intérieures nous pouvons constater qu’elle est toujours en train d’observer les autres et son environnement, de tirer des conclusions, d’essayer de trouver la vérité. Le problème c’est que ça la rend aussi très distante, et elle a beaucoup de mal à laisser les sentiments l’emporter sur la réflexion. Son partenaire a un caractère radicalement opposé comme il est quasiment exclusivement dirigé par ses affects, et elle ne peut s’empêcher d’être influencée par sa vision des choses. Re-l évolue beaucoup au cours de la série, et comme les autres personnages principaux elle parvient à aller au-delà du rôle qu’on lui a attribué à sa naissance. C’est bien une héroïne qui prend son destin en main.

2007 – Kaze no Shoujo Emily

2008 – Gai-Rei : Zero

2009 – RideBack

2010 – Katanagatari

6 réflexions sur “Challenge Anime auto-imposé : Des Femmes qui prennent leur Destin en Main [MAJ – Vision of Escaflowne]

  1. Chouette idée, hâte de lire tout ça !
    Vais faire l’impasse sur Ergo Proxy parce que je compte la voir un jour, ta liste est très intéressante^^
    Puis-je me permettre une suggestion ? Il s’agit de Saiunkoku Monogatari, une anime (tiré d’un roman) de deux saisons de 39 épisodes, qui correspond bien à tes critères.
    J’espère que ça te plaira, si tu te laisse tenter !
    Vivement la prochaine MAJ et merci !

    • Hallo ! Merci pour la rec ^^ j’ai vu quelques épisodes de Sainkoku et j’ai bien aimé, mais je suis déçue que ça n’ait pas de vraie fin (comme les romans sont longs et n’étaient pas terminés à ce moment là). Au début j’étais très enthousiaste mais je me suis un peu déconnectée de l’intrigue quand l’histoire a dérivé du mariage de convention principal (l’intrigue qui m’intéressait le plus). Peut-être que j’y reviendrai un jour, en tout cas c’est vrai que ça correspond parfaitement !

      J’espère qu’Ergo Proxy te plaira =)

      • Vision d’Escaflowne ! L’animé qui m’a rendue dingue ado… Je l’aime toujours autant après toutes ces années, l’une des rare anime où je trouve que le doublage français est meilleur que la version original !

        Très bon analyse, merci, merci !!

        • Aaaah zut j’aurais vraiment dû regarder la VF ! J’ai réalisé ça un peu trop tard pour faire marche arrière. Je pense que j’aurais été absolument gaga de cette série si je l’avais vue en continu un peu plus jeune, j’avais vu quelques épisodes par-ci par-là mais pas assez pour comprendre quoi que ce soit ^^;

        • Je plussoie pour le doublage (chose très très rare pour moi, qui préfère d’habitude les VO).
          Mis à part quelques persos (souvent secondaires), les voix sont super bien doublées, notamment Van.
          J’avais moi aussi vu quelques épisodes par-ci par-là sans comprendre (vu que c’est pas une série qu’on peut attraper en milieu de route), et je m’y suis remise un été (2001), quand la série a été rediffusée du début après la fin de Cowboy Bebop sur Canal+, et BOUM, j’étais accro. Oh, the feels….

  2. Vision d’Escaflowne ou l’animé que j’ai visionné un nombre incalculable de fois. J’adore toujours autant : je l’avais vu il y a 15 ans sur Canal + puis je l’ai reçu en cadeau en VHS (cela ne rajeunit pas). Je suis une fan de Nobutero Yuki ! Et je suis d’accord avec l’avis de Héla c’est mieux en VF ce qui est assez rare.
    Sinon pour ton challenge, je pourrais te conseiller « Seirei no Moribito » que j’ai beaucoup apprécié et dont l’héroïne est le personnage principal. Les graphismes sont de toute beauté, l’ost est réussie et l’histoire tient jusqu’au bout : épique.

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