7 Obsessions de 2014

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Voilà le second article de bilan de l’année, on essaie de s’occuper des petits avant de s’attaquer aux généraux ! Chaque année je tombe sur différents médiums (récents ou pas) qui m’accrochent plus que d’autres, et puisqu’ils ne rentrent pas dans la case anime ou drama j’ai voulu les rassembler là. J’aime bien de temps en temps être complètement absorbée par quelque chose (parfois au point d’ oublier mon environnement et le temps qui passe), et j’espère que 2015 sera aussi ponctué de telles « obsessions ». Enfin pas trop quand même…

Outlander

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« I was back to the place where’d it all begun. So much had happened, so much had changed. Last I was here I was Claire Randall, then Claire Beauchamp and Claire Fraser. The question was, who did I want to be? » (Claire)

Après la guerre, l’infirmière militaire Claire et son mari historien Frank s’offrent une seconde lune de miel en Écosse. Claire tombe dans une faille temporelle comme dans les légendes, et se retrouve seule et vulnérable dans l’Écosse du XVIIIème siècle. Elle est repérée à la fois par l’ancêtre de son mari qui participe activement à la répression des clans rebelles, et par un clan écossais au sein duquel elle trouve son meilleur allié, Jamie. Ses compétences médicales et connaissances historiques sont un réel enjeux pour les hommes de ce temps, et Claire va essayer de survivre dans cette position délicate où elle est une étrangère où qu’elle aille tout en cherchant comment retourner au XXème siècle.

J’allais un peu à reculons pour voir cette série, c’est le genre de projet qui me tiens à coeur et que j’aurais détesté voir se planter, mais c’est avec délice que j’ai découvert que c’est exactement ce que j’espérais : de la télévision « for the female gaze » comme cet article l’explique très bien. J’aime à peu près tout dans ce show, de l’héroïne qui doit faire attention à tout ce qu’elle dit et fait, mais qui continue d’agir selon ses principes à la performance impressionnante de Tobias Menzies qui alterne entre mari désespéré et pervers glaçant. Et les costumes ! Et le casting secondaire ! Ça ne m’étonne absolument pas que ça ait trouvé son audience, c’est très différent de ce que j’ai l’habitude de voir en matière de série historique (que ce soit de la BBC ou des chaînes américaines) et ça ne prend pas une seconde son public pour des idiot(e)s. Je n’ai pas lu les livres de Gabaldon mais je trouve le pacing qu’ils ont adopté pour raconter l’histoire impeccable (on ne s’ennuie pas, la temporalité de chaque épisode s’adapte au scénario, les cliffhangers sont insoutenables comme il faut), et je suis prête pour la suite en avril.

Umineko When They Cry

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« Without love, it cannot be seen. » 

Le jeune dandy Battler s’est enfin réconcilié avec son père et sa belle-mère, et décide de les suivre pour la réunion de famille annuelle sur l’île de son grand-père que tous croient sénile. Battler retrouve avec plaisir ses cousins et des domestiques qu’il connait depuis tout petit, et les jeunes s’amusent pendant que leurs parents sont plus préoccupés par l’héritage du richissime grand-père. Mais ce dernier est littéralement obsédé par une certaine « Béatrice », une femme mystérieuse dont il garde le portrait. Pour les uns une ancienne amante, pour les autres une sorcière, cette Béatrice n’a pas terminé de hanter la famille de Battler. Et le jour où des cadavres sont découverts, tout va changer pour eux.

Rarement une œuvre écrite m’a autant happée et hantée qu’ Umineko. Je suis vraiment contente d’avoir préféré la VN à l’adaptation animée, cette dernière est vastement inférieure à sa source (et ça me fait regretter de ne pas avoir pu découvrir Higurashi de la même manière). J’ai passé des nuits blanches sur ce jeu, impossible de le laisser partir quand peut-être j’allais enfin pouvoir découvrir ce qui c’était passé sur cette île maudite en 1992 pendant cette tempête. Je ne pense pas recommencer un jour à m’immerger autant dans une VN, ce n’est pas très bon pour la santé de ruminer comme ça des jours entiers sur une histoire écrite comme une toile d’araignée dans laquelle le lecteur s’empêtre de plus en plus inextricablement. L’idée de cette histoire est de mélanger mensonges, crises de folie et vérité, et démêler tout cela est impossible tant que la « clé » pour tout comprendre nous échappe. Au-delà de son mystère central Umineko est aussi un hommage au genre policier. Les classiques sont évoqués (la chambre close, les règles du père Knox, les dix petits nègres qui se soupçonnent tous sans savoir qui sont les loups et qui sont les agneaux, etc), mais Ryushiki propose un twist (la magie) qui n’a pas manqué de me rendre chèvre. L’un des passes-temps favoris de l’auteur est de manipuler (parfois émotionnellement) ses lecteurs, et quand on découvre qui est au cœur de la toile d’araignée, on ne peut s’empêcher de trouver que tout cela est terriblement bien orchestré.

Ocarina of Time 3DS

Nabooru - Zelda fanart

« This is the melody that will draw you into the infinite darkness that absorbs even time. Listen to the Nocturne of Shadow. » (Sheikh)

Tout va bien dans le Royaume d’Hyrule pour le jeune orphelin Link qui a grandi dans la forêt parmi les Kokkiris, jusqu’au jour où la princesse Zelda est capturée par le chef des Gerudo. Guidé par un hiboux, un arbre, un mystérieux musicien, il s’engage dans une quête qui lui fera parcourir le royaume du présent et du futur.

C’est en découvrant enfin ce jeu rebooté sur ma 3DS que je me suis rendue compte que j’avais joué à quasiment tous les Zelda sortis depuis A Link to The Past. Le tout premier jeu vidéo que nous avons eu à Noël sur nos Gameboy Colors toutes neuves et toutes belles était Link’s Awakening (l’épisode assez étrange où Link se retrouve piégé dans le rêve d’un poisson) et à partir de là nous étions convertis. Mais je n’avais jamais joué aux deux épisodes clés de la sage : Ocarina et Majora’s Mask, seulement regardé des garçons plus âgés y jouer sur leurs consoles avec envie, et la sortie d’OOT sur la 3DS était une occasion en or pour réparer ça. Et quelle aventure ! C’est sans hésiter l’un des meilleurs jeux vidéos auxquels j’ai jamais joué, et c’est évident qu’il a eu une influence telle que les autres épisodes la portent encore aujourd’hui (notamment Twilight Princess). C’est d’une grande richesse visuelle, les donjons sont incroyablement funs et badass, l’histoire est poignante, et je n’attends que la sortie de Majora’s Mask sur 3DS pour replonger dans ce monde rétro. Sur la console de poche aucun jeu Zelda ne m’avait transporté comme ça depuis Minishcap. Phantom Hourglass était mignon mais beaucoup trop facile, j’ai détesté le concept de Spirit Tracks (des trains dans mon jeu Zelda ? HÉRÉSIE) et A Link Between Two Worlds était une amélioration, mais pas assez significative pour être à la hauteur d’ Oracle of Ages/Seasons par exemple. Jouer à OOT m’a rappelé à quel point les Zelda pouvait être immersifs.

True Detective

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« This place is like somebody’s memory of a town, and the memory is fading. It’s like there was never anything here but jungle. » (Rust)

En Louisiane, les inspecteurs Rust et Martin reviennent sur une affaire de meurtres rituels qui a bouleversé leur quotidien lorsqu’ils travaillaient en duo dans les années 90. Supposément close, elle les hante toujours, et elle n’est peut-être pas si terminée que ça.

Mon cousin qui m’a fait découvrir the IT Crowd m’a conseillé cette série. Il m’a dit que le meurtrier couronnait ses victimes de bois de cerfs, et c’est tout ce qu’il m’a fallu pour avoir envie d’en savoir plus. Il se trouve que j’adore les enquêtes qui se déroulent dans le bayou (j’avais beaucoup aimé Dans la Brume Électrique avec Tommy Lee Jones) avec cette ambiance suffocante très particulière, et ça a été le gros bonus de découvrir que True Detective prend place en pleine Louisiane. Mais au-delà de l’atmosphère et des mises en scènes sataniques, ce qui m’a le plus fascinée a été la manière dont ces deux hommes radicalement différents clashent et travaillent ensemble malgré leur totale incompatibilité. Je me suis demandée si ce n’est pas cette incompatibilité qui leur permet de travailler aussi bien justement. J’ai été totalement happée par leurs aventures, et je suis contente que le créateur ait décidé de passer à autre chose pour la saison suivante, avec des acteurs, un endroit et une histoire différents. De toute manière ça aurait été impossible de retrouver le suspense lié à cette narration à deux temps qui prenait à chaque fois les personnages à des phases différentes de leurs vies. Et dans True Detective, la sphère professionnel a un tel impact sur la sphère privée que je ne voyais pas comment ils allaient pouvoir recréer ça à nouveau sans dénaturer les personnages.

Taiyou no Ie

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« Back in the day, that place was a house filled with magic—a place where you ended up smiling even if you were crying. Surely, an invisible wizard must have lived there. Or so I thought. » (Mao)

Mao s’est toujours sentie seule et rejetée au sein de sa propre famille et quand elle était petite elle était souvent invitée par la famille de ses voisins. Hiro, Daiki et Hina sont devenus des amis proches et leur maison a toujours été un refuge et un foyer inespéré pour Mao. Un jour les parents de ses trois amis décèdent brutalement dans un accident. Daiki et Hina sont pris en charge par deux familles différentes et s’en vont vivre ailleurs, mais Hiro décide de rester dans cette « maison du bonheur » qu’il ne veut pas vendre, et travaille dur pour la conserver. De son côté, Mao va habiter chez son père avec qui elle a une relation difficile. Lorsqu’il se remarie et fonde une nouvelle famille, elle ne se sent pas à sa place et s’enfuit de chez elle. Hiro, maintenant jeune salarié de 24 ans, lui propose de venir habiter avec lui et ils entreprennent de faire revenir Daiki et Hina pour reconstruire la famille.

Ce n’est pas évident de faire passer le charme et l’intelligence de ce manga simplement en décrivant le scénario, somme toute assez simple. C’est d’abord l’histoire de Mao, qui a payé le prix des erreurs de jeunesse de ses parents. Difficile de ne pas avoir le cœur brisé pour elle quand elle fugue pour aller pleurer quelque part dehors, et plus tard quand elle est remplie de joie à l’idée d’avoir pour la première fois de sa vie un « couvre-feu parental » et des tâches domestiques à accomplir. C’est que ses parents n’ont jamais pris le temps de lui en imposer, et la pauvre a été complètement négligée. Ce que j’aime c’est que l’auteur ne diabolise pas les parents pour autant, en particulier le père qui a bien compris qu’aller habiter chez Hiro allait faire du bien à sa fille. Taamo ne fait pas non plus de Mao une pauvre victime, la jeune fille a aussi sa part de responsabilité dans l’échec qu’a été sa relation avec sa nouvelle belle-famille et elle le reconnait plus tard.

La romance entre Hiro et Mao aurait pu devenir inconfortable puis qu’encore une fois on a une relation ambiguë : ils ont grandi ensemble, et par la suite elle l’appelle sa « maman » parce qu’il s’occupe beaucoup d’elle et lui sa « petite sœur » au boulot pour éviter qu’on ne le questionne trop. Mais là encore l’auteur choisit la meilleure voix possible et pose d’emblée les choses de manière claire. Mao et Hiro comprennent et communiquent rapidement leurs sentiments, ils se posent les bonnes questions, ils en discutent beaucoup avec leurs proches, si bien qu’ils ne laissent jamais la situation dégénérer en quelque chose d’hypocrite ou de malsain. Peu de malentendus ne restent secrets très longtemps, les personnages sont très francs, ce qui nous permet d’éviter faux conflits et frustrations sans fin.

Les autres personnages qui gravitent autour d’eux, famille, camarades de classe, collègues de boulots et amis sont tous plus attachants les uns que les autres, et même si les sentiments des uns et des autres sont à sens unique ou se mettent en travers de ceux de nos héros ce n’est jamais inutilement dramatique ni compliqué. Et ils sont loin d’être dénués d’humour, chacun a ses petits travers et ses lubies…originales. Le style visuel de Taamo est très fin et délicat, jamais surchargé (un défaut récurrent des shojos que j’ai du mal à supporter quand il prend des proportions trop importantes) et je suis toujours impressionnée par la qualité de ses dialogues. C’est son premier manga sérialisé qui a dépassé les deux volumes et son prix Kodansha est largement mérité.

Nothing Much To Do

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« She’d rather spend more time with me than eat pizza. That settles it. She loves me. » (Benedick)

Béatrice et Benedick se sont rencontrés parce qu’ils avaient des amis communs, et ont eu des moments de connivence avant de devenir des ennemis jurés. Aujourd’hui ils ont ouvert leurs vlogs sur Youtube et c’est la guerre, jusqu’au jour où leurs amis qui en ont assez de toute cette agressivité décident de jouer les cupidons. Mais le frère jaloux de Pedro est de la partie, et il cherche à semer le trouble aux dépends de la douce cousine de Béatrice, Hero, amoureuse d’un ami de Pedro, Claudio.

Certainement inférieure aux productions Pemberley Digital (The LBD, Emma Approved), cette websérie Néo-Zélandaise qui réinterprète à la sauce contemporaine Much Ado About Nothing n’en n’est pas moins très divertissante. C’est aussi la première fois que je vois le format utiliser deux vlogs tout aussi importants l’un que l’autre pour montrer deux points de vue différents sur les évènements, pour un effet à la fois hilarant et intelligent avec de réelles trouvailles comme la « baignoire des émotions ». La série n’est pas parfaite, par exemple je n’ai pas bien compris pourquoi accorder autant d’épisodes et de répliques aux veilleurs (ils sont mignons mais ils auraient du boucler leur rôle en quelques apparitions plus brèves) et parfois ça se perd en longueurs inutiles, mais passé l’introduction un peu barbante on accroche réellement et ça devient addictif. Les références sont bien trouvées et les acteurs sont adorables (j’ai adoré leur Benedick). Je recommande à tous les amoureux de la pièce, et pour les autres c’est l’occasion de la découvrir sous un angle original.

50% OFF

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« He’s not my boyfriend. The pool and I are just friends. With benefits. » (Haru)

Haru aime l’eau. Makoto aime Haru. Rei aime se prendre la tête. Nagisa aime Rei. K(G)ou aime les muscles.

Peut-être que vous connaissez déjà ce phénomène des séries « abridged » qui consiste à reprendre un anime connu et à le doubler en mode abrégé et parodique sur Youtube ? Ça a commencé avec LittleKuriboh et Yu Gi Oh, et en France nous avons l’hilarante version des Chevaliers du Zodiaque par StateAlchemist (récemment terminée et entièrement disponible). 50% OFF reprend l’idée avec Free! et c’est difficile de résister à Gangsta-Nagisa et aux multiples personnalités de Haru. Je recommande quand même d’être un peu familier avec la série, sinon l’humour qui naît de certains contrastes risque de tomber à plat.

3 réflexions sur “7 Obsessions de 2014

  1. Taiyou no Ie est un excellent manga, très touchant et qui évite tous les clichés Shojos. J’espère sincèrement que s’il est adapté en anime, ce sera avec le bon studio, le bon staff et le bon budget (genre pas la boite de pièces jaunes qui a servi pour World Trigger).
    Ça me fait super rager en fait ces adaptations toutes pourries de mes mangas préférés.

  2. J’aurais mieux fait de me taire, ça m’a porté la poisse. Je viens juste de découvrir le trailer de l’adaptation de Yamada-kun to 7-nin no Majo et c’est super laid. Genre 5 images secondes et un dessin très approximatif, très en dessous de ceux du manga. Je n’arrive pas à expliquer pourquoi ils font ce genre de choix, ce qu’ils en attendent, un boost des ventes pour pas cher peut-être ?

    Dommage, parce qu’il y avait sans aucun doute moyen d’en faire un anime correctement divertissant. Bref le jour où ils vont annoncer l’adaptation de Taiyou no Ie, il faudra croiser les doigts très fort ^^.

    • Si ils l’adaptent, ce qui malheureusement n’est même pas certain. De mon côté du moment qu’ils réussissent Ore Monogatari, je suis contente ^^ je n’ai pas lu le manga Yamada et les sept sorcières, du coup j’attends avec curiosité cette adaptation.

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