Séances de ratrappage : Much Ado About Nothing (2012) et Never Let Me Go

MAAN

Mmh, l’une de mes pièces de théâtre préférées, et l’un de mes livres préférés. Que valent ces adaptations ?

Much Ado About Nothing (2012, Josh Whedon)

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Une fois passée la surprise d’entendre le texte original clamé dans un contexte moderne (Josh Whedon n’est pas le premier à l’avoir fait pour le cinéma, mais quand même), on se laisse prendre au jeu de cette récente adaptation intimiste en noir et blanc de la pièce de Shakespeare. Je préfère toujours la version de Kenneth Branagh (la Béatrice d’Emma Thompson et les paysages de la Toscane sont durs à oublier) mais celle-là a définitivement sa pierre à apporter à l’édifice. D’abord son style, les choix de musique et de mise en scène ne sont pas innocents et servent à donner à la pièce une atmosphère à la fois suave et décalée à l’image de son couple principal, charmant et drôle comme il faut. Un autre pilier du film est le Don Juan de Sean Maher, délicieusement manipulateur. Le principal problème que j’ai eu vient de l’interprétation du drame entre Claudio et Hero : c’était brusque et Claudio a l’air tellement peu affecté ou contrit pour sa fiancée qu’on a du mal à avaler sa réunion avec elle à la fin. C’est aussi le moment où la violence des scènes a le plus de mal à s’accorder avec le cadre moderne. Sinon je pense que Whedon a parfaitement compris l’essence de la pièce : c’est l’histoire d’une bande de jeunes gens riches et beaux qui s’ennuient et qui ont le temps de se prendre la tête pour des bêtises. Certaines de ses idées de mise en scène sont très drôles et donnent de la personnalité à son adaptation, comme Claudio qui bouillonne dans la piscine et l’alcoolisme généralisé (sérieusement tout le monde boit tout le temps dans cette pièce. Tout. Le. Temps.). Ça vaut définitivement le coup d’œil.

Never Let Me Go (2010, Mark Romanek)

NLMG

Ah, Never Let Me Go. Le livre d’Ishiguro a eu un tel impact sur moi quand je l’ai lue ado que j’avais refusé net de voir l’adaptation quand elle est sortie, mais après avoir relu le livre cette année j’ai eu envie de passer plus de temps avec les personnages et de laisser un chance au film. Bleh, c’est une déception. Le film n’est pas sans réels moments de grâce, surtout grâce à Kiera Knightley qui est la seule à avoir su capturer l’essence de son personnage. La Kath de Carey Mulligan et le Tommy d’Andrew Garfield sont des versions édulcorée et ennuyeuses de leurs versions écrites si bouleversantes, mais je pense que ça tient surtout au script qui les dénude de leur complexité. J’ai regretté qu’ils soient passés si vite sur la partie à Hailsham qui est pourtant la partie la plus longue et la plus développée du livre, et surtout qu’ils aient choisi d’atténuer voire de réécrire complètement des scènes qui sont pourtant absolument majeures pour l’intrigue. Le trio terrible Ruth/Kath/Tommy qui se déchire et se renoue constamment devient ici un triangle amoureux conventionnel seulement sauvé à la fin de l’insipidité par son destin tragique. La force de leur histoire vient du contraste entre ce destin et leurs personnalités éclatantes, et en faire des clichés réduit considérablement l’impact du film qui aurait pu avoir beaucoup plus de succès si seulement ils s’y étaient mieux pris. Je ne le déconseille pas totalement pour quelques scènes fulgurantes qui font réfléchir, mais c’est une opportunité ratée, et le livre est vastement supérieur.

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