Wonderful Days/Season – Retour au bercail (Premières Impressions)

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Dites-moi, il y a une substance particulière dans les pilotes de Lee Kyung Hee? Parce qu’à chaque fois que je finis un de ses dramas, je me dis toujours : plus jamais. Et pourtant, je suis toujours curieuse de ce qu’elle va faire, et ses pilotes m’emballent toujours. Et malheureusement (?) Wonderful Season ne fait pas exception. Je suis 30 épisodes derrière le drama, mais je me lance dans l’aventure avec curiosité. On va seulement prier pour que ses tendances à écrire des personnages sadomasochistes se calment un peu parce que, personnellement, j’ai déjà du mal avec 16 ou 20 épisodes à la Lee Kyung Hee, alors 50, vous imaginez?

Cependant, j’avoue que le pilote a su effacer une grande partie de mes craintes. Lee Kyung Hee a un don pour les introductions. Le deuxième épisode laisse déjà entrevoir de futures grosses prises de tête familiales (surtout du côté de la famille Kang qui a bien l’air compliquée comme il faut; la famille Cha est juste foncièrement relou mais il n’est pas difficile de replacer qui est qui), mais pour le moment, c’est moins psychologiquement tordu que ce qu’elle a écrit jusqu’ici. Bien que nous ayons affaire avec des  familles dysfonctionnelles et intransigeantes, Wonderful Days a une nostalgie et une chaleur particulières qui permettent d’adoucir la violence des relations interpersonnelles et nous permet ainsi une entrée plus ou moins en douceur dans l’univers de ce drama.

Je dis « plus ou moins » parce que la tension se sent dès la première minute du pilote. Et une vingtaine de minutes plus tard, nous voici plongés sans préambule dans les histoires de famille, sans en connaître les tenants ni les aboutissants. C’est un peu déstabilisant, mais j’aime généralement bien ce genre de narration in medias res : pas de bla-bla inutile, on rentre dans le vif de la matière. Évidemment, ça veut dire qu’il y aura des flashbacks en masse, et si j’aime savoir  ce qui a amené les personnages à réagir d’une telle manière aujourd’hui, je suis encore plus curieuse de voir ce qu’ils vont faire dans le moment présent, donc j’espère que les flashbacks ne seront pas trop présents (genre, pas comme dans Three Days, s’il vous plaît.)

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Le concept de base en lui-même me parle, bien qu’il ne soit pas du tout révolutionnaire, parce qu’il y a toujours quelque chose de très émouvant de voir une personne revenir dans la ville de son enfance, se retrouver submerger par les souvenirs et être confronté de front avec les raisons de son départ. Quinze ans d’absence, de communication rompue, c’est long. Très long. Les retrouvailles avec son passé se font sous le signe de l’appréhension, de la réticence, de la culpabilité, de la rancune, de l’indifférence, mais aussi de la joie, de l’amour et du réconfort. J’aime que tout le monde ne réagisse pas de la même manière à propos de Dong Seok, et j’aime aussi que Dong Seok traverse diverses émotions en fonction des personnes à qui il parle. Il n’y a rien d’uniforme dans nos relations avec les gens, et le drama a su très bien capter cette subtilité.

J’ai par exemple beaucoup aimé la réunion de Dong Seok avec sa mère. Une mère typique d’un Kdrama familial aurait versé des tonnes de larmes, bichonné son fils avec la fierté qu’il soit devenu procureur, or cette mère-là, ne pleure pas, et continue sa journée comme n’importe quelle autre journée. Pas qu’elle soit indifférente, non. Mais comme son fils, elle a du mal à extérioriser ses émotions et son détachement apparent est en le résultat. Les retrouvailles entre les deux ont donc été plutôt froides, pourtant, de l’amour, on sait qu’il y en a, dès le moment où on la voit, elle, regarder  derrière son épaule pour voir si son fils n’arrivait pas. Cette paire va sûrement me faire beaucoup pleurer plus tard.

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Au niveau du passé des familles, ça va être du lourd, je le sens. Les secrets de naissance abondent, mais c’est le manque de communication efficace des personnages qui risquent de causer le plus tension. Avec tellement de non-dits, de frustration et d’accumulation de rancoeur, les sentiments que tout ce petit monde se porte ne peuvent qu’être compliqués. Mais c’est aussi ça que je trouve réussi dans ces deux premiers épisodes : ces personnages ont des choses à dire, des choses à nous raconter. Et s’ils ne sont pas tous immédiatement sympathiques ou intéressants, la narration est suffisamment posée pour nous donner l’envie de patienter et de partir à la découverte de l’histoire des personnages. Malgré le ton globalement mélancolique et nostalgique de ces deux premiers épisodes, Wonderful Season n’oublie pas d’être un peu plus léger. Par exemple, j’adore les trois enfants, ils m’éclatent complètement. 

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Je suis particulièrement intéressée pour le moment dans la relation entre l’OTP (comme c’est étonnant…). Si celui-ci ne paraît pas très intéressant sur papier (après tout, des réunions de premier amour, on en a vu des centaines avant eux), dans les faits, c’est accrocheur. Le fait que Dong Seok sache pertinemment qu’il serait amené à la croiser lorsqu’il retourne à sa ville natale apporte une tension et crée une attente que d’habitude nous n’avons pas dans les autres histoires où l’un rencontre toujours – ou presque – par hasard son premier amour/son ex et se retrouve inextricablement voué à le réintégrer dans sa vie. Ici, parmi les nombreuses personnes à qui Dong Seok pense à l’idée de retourner sur les lieux de son enfance, Hae Won figure certainement parmi les premières. Il n’y a qu’à voir la manière dont il tique quand il entend son nom prononcé, les questions apparemment anodines sur son sujet, et son regard rêveur lorsqu’il la regarde s’éloigner. Et cette tension, attente est réciproque bien que plus soudaine pour Hae Won puisque le retour de Dong Seok est littéralement affiché partout. Il y a de la perplexité dans son regard, de l’inquiétude, de la méfiance, mais aussi une immense tristesse qui nous laisse penser que ces deux-là ne se sont pas séparés sur de bons termes.

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Je suis donc curieuse de connaître les raisons pour lesquelles Hae Won semble en vouloir à Dong Seok lorsqu’elle était littéralement à ses pieds lorsqu’elle était plus jeune. J’adore la partie adolescente, alors que ce n’était pas forcément gagné d’avance – mais ça m’a rappelé des bouts de Will it Snow for Christmas, qui n’a pas grand chose à voir avec Wonderful Season si ce n’est de traiter de premier amour d’adolescents…mais dont j’avais adoré le début -, et la paire Dong Seok/Hae Won a déjà volé mon coeur : Hae Won était adorable, et la froideur de Dong Seok cachait admirablement – mais pas complètement non plus – les sentiments plus sincères qu’il éprouvait envers elle. Quand  l’OTP adulte, c’est simple, ils m’ont eu à leur simple « bonjour » à la fin du pilote. Oui, ils n’ont rien eu à se dire de plus: l ‘intensité de leurs regards, de leur silence a suffit pour que je les veuille ensemble pour toujours, tandis que le « bonjour » de Dong Seok était bouleversant de significations. Visuellement Kim Hee Sun et Lee Seo Jin font une très belle paire.

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S’ils ont de l’alchimie, difficile de le dire à ce stade-là étant donné le nombre réduit de lignes qu’ils se disent en l’espace de deux épisodes, mais je suis optimiste : leur langage corporel est déjà très satisfaisant. Hae Won est un personnage que j’ai trouvé immédiatement sympathique. Sa version ado est juste adorable, et sa version adulte ne manque pas d’énergie. Espérons qu’elle garde ce tempérament tout au long – ou durant la majorité au moins – du drama. On est tous d’accord je pense pour dire que Kim Hee Sun n’est pas la plus solide actrice de sa génération, mais elle est rentrée dans mes bonnes grâces depuis Faith, et elle a un peu le même genre de rôle ici, donc je suis tout à fait satisfaite. Tandis que Dong Seok est difficile à lire et ne parle pas beaucoup, mais Lee Seo Jin a beaucoup de prestance dans ce rôle, et parvient à rendre son personnage mystérieux et suffisamment nuancé pour qu’on n’ait aucun préjugé tenace contre lui parce qu’il a abandonné sa famille et coupé tout contact avec elle pendant si longtemps. 

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Résultat des courses : Et je tamponne d’un honnête Good Kimchi. Wonderful Season m’a prise par surprise par la douceur alliée à l’amertume de son ton, moi qui suis habituée aux grincements de dents made in Lee Kyung Hee-Land, mais c’est une très bonne surprise.

Il y a des chances pour qu’avec ce nouveau drama, Lee Kyung Hee renoue quelque peu avec l’optimisme et la chaleur qu’elle avait déjà su démontrer dans l’écriture de Will it Snow for Christmas et Thank You. Ce n’est évidemment pas aussi léger et réconfortant que des family dramas comme Glorious Day, mais tant qu’elle me refilera pas des personnages atteints d’une maladie mortelle ou une finale qui implique des morts à succession, je serais satisfaite. Et puis, j’ai beaucoup d’affection pour le casting (quel plaisir de retrouver Lee Seo Jin, Yoon Yeo Jung, Ryu Seung Soo, et quelques têtes un peu moins présentes dans les dramas mais que j’apprécie beaucoup comme  Park Joo Hyung ou encore Jin Kyung) mis à part TaecYeon qui a l’air d’un poisson hors de l’eau.

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Du côté de l’image, c’est du travail extrêmement soigné. La réalisation est superbe, tout simplement – c’est le réalisateur de Nice Guy, après tout (et qui a capté que pour établir une atmosphère particulière, une OST pas trop encombrante est de rigueur, youpi) -, tandis que le scénario, malgré son lot de clichés et son potentiel larmoyant – et le fait que je reste sur mes gardes parce que je me suis trop fait souvent avoir par cette scénariste -, a de quoi me garder investie si (je dis bien si) les prochains épisodes sont du même calibres ces deux premiers : pas parfaits, mais sensibles et touchants.

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2 réflexions sur “Wonderful Days/Season – Retour au bercail (Premières Impressions)

  1. Alors, Wonderful Season…
    Et oui oui oui, je suis persuadée que Lee Kyung Hee a jeté une sorte de sort sur ses pilotes parce que ce sont généralement mes épisodes favoris. Je te parlais de SILY il y a peu et autant je n’avais jamais revu le drama en entier, autant le pilote je le connaissais par coeur.
    Sinon, ben si ton article donne très envie. Particulièrement ce que tu dis sur la mère, cela me parle ce passage-là. Arf. Je vais tout de même résister sur celui-là parce que comme tu le dis, Lee Kyung Hee réussit très bien ses pilotes… le reste est une autre affaire. Je vais attendre de voir ce que tu penses.
    J’espère que ce sera bon jusqu’au bout^^
    Merci pour l’article le Kaa!

    • Le pilote est vraiment très très joli, et le dernier échange entre l’OTP était une perfection.
      Espérons que la magie dure cette fois-ci, histoire que Wonderful Season atténue le goût amer que m’a laissé Nice Guy…
      Merci pour tes commentaires Mila! =)

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