Bilan des animes d’Hiver 2014 [Séries Courtes]

[HorribleSubs] Gin no Saji S2 - 11 [720p](1).mkv_snapshot_03.57_[2014.03.27_22.57.40]

Je ne les ai pas oubliés ! Sandwiché entre deux premières impressions, voilà le bilan des quelques séries commencées en hiver que j’ai terminées. 

[HorribleSubs] Nobunaga the Fool - 03 [720p].mkv_snapshot_14.29_[2014.01.20_00.45.05][HorribleSubs] Magical Warfare - 01 [720p].mkv_snapshot_03.21_[2014.01.10_02.14.23][HorribleSubs] ImoCho - Another Shitty Sister LN Adaptation - 01 [720p].mkv_snapshot_12.45_[2014.01.04_19.56.21][Watakushi] Buddy Complex - 01 [720p][E28AB81D].mkv_snapshot_19.13_[2014.01.02_03.21.10]

La saison hivernale a commencé avec un enchaînement inquiétant de déceptions. J’ai même vu sous mes yeux des nouveaux fonds de stupidités et d’incompétence atteints, ImoCho en tête qui a quand même le culot de promouvoir le viol et la torture d’une mineure comme du divertissement mainstreem (les articles qui évoquent la controverse en écrivant que ce qui pose problème repose dans le fait que ça montre des jeunes se masturber donnent envie de pleurer). Une bonne dose d’animes étaient simplement médiocres et nous évoquaient d’autres meilleurs animes qu’ils tentaient d’imiter, certains échecs étaient assez inquiétants comme Mahou Sensou qui n’aurait pas dû être à ce point raté au vu de qui l’a réalisé, mais le crash le plus spectaculaire a été Nobunaga the Fool. Je ne comprend pas comment ils ont pu laisser ça partir en live à ce point. 

[Commie] Space Dandy - 04 [3B6908CF].mkv_snapshot_15.39_[2014.03.29_16.11.18][Watakushi-Nameless] Witch Craft Works - 08 [720p][AD3B9C57].mkv_snapshot_08.49_[2014.03.20_22.35.14][Commie] Silver Spoon 2 - 07 [60963FCB].mkv_snapshot_01.32_[2014.03.21_14.38.50][FFF] Noragami - 09 [D7612BAB].mkv_snapshot_10.27_[2014.03.18_20.50.01]

Plus que d’ordinaire la saison a tenu grâce à des animes d’automne (dont je parlerais dans un autre article) et à des secondes saisons de licences établies. Les studios qui sont sortis intacts du bourbier sont Bones (Space Dandy, Noragami), A-1 Pictures (Sekai Seifuku, Gin no Saji 2) et J.C Staff (Witchcraft Works, Golden Time). KyoAni est dans une période de creux côté popularité puisque sa suite de Chu2Koi n’a pas vraiment été un modèle de solide écriture, et Shaft dont les sorties étaient de véritables événements ces dernières années n’excite plus personne depuis qu’il ont décidé de ne cantonner leur audace aux suites innombrables de la série Monogatari. Bones et Trigger sont les stars actuelles, le premier pour oser une politique de sorties grand public ambitieuses et le second pour avoir conclu son premier grand projet avec panache. Pour ma part je vais surtout me rappeler de cette saison comme principalement basée sur la comédie et la romance. Peu d’impact mais pas totalement oubliable non plus.

NB : je ne donne de « verdict » qu’aux séries dont j’ai vu au minimum la moitié voire les trois-quarts. C’est le cas pour deux DNF (Did No Finish) de cette saison que j’ai arrêté aux épisodes 9/10. Bien sûr si je ne met pas DNF c’est que j’ai tout vu. 

Supérieur/indispensable

Gin No Saji 2 – Non, je ne pleure pas, j’ai juste une poussière dans l’œil !

[Commie] Silver Spoon 2 - 09 [1E772387].mkv_snapshot_18.57_[2014.03.21_16.35.29]

Gin No Saji est une valeur sûre. Après avoir passé plusieurs semaines sans rien regarder j’ai enchaîné pas mal d’épisodes d’animes en même temps pour les terminer, et de cette manière les faiblesses de uns et les atouts des autres sont ressortis plus nettement (surtout au niveau de la cohérence de la narration et du rythme, ce sont des choses qu’on ne ressent pas de la même manière quand on regarde un épisode par semaine). Gin no Saji 2 s’est vraiment distingué des autres grâce à la qualité de son scénario, chaque intrigue de surface (le festival, le tournoi, les problèmes de Komaba) permettant le développement des intrigues de fonds majeures (les choix de Hachiken, sa relation avec Mikage, l’avenir de ses meilleurs amis). A mon sens les seules animes qui étaient aussi fins dans leur analyse psychologique cette saison étaient Nagi No Asakura et peut-être Golden Time dans ses meilleurs moments. La seconde partie est moins drôle et moins insouciante que la première, mais beaucoup plus puissante émotionnellement. Au-delà du contexte culturel et rural, les personnages sont tellement humains dans un sens universel que leurs histoires nous touchent directement.

Verdict : A Voilà la seconde saison qui se termine, mais nous ne sommes pas arrivés au bout de l’histoire d’Hachiken et j’espère qu’ils vont continuer d’adapter le travail d’Arakawa jusqu’à la fin : ça serait dommage de s’arrêter en si bonne route. 

Space Dandy – Le monde est infini, Baby

[Commie] Space Dandy - 09 [EDCD25B0](1).mkv_snapshot_12.56_[2014.04.03_22.16.40]

Space Dandy n’est pas un anime qui m’a immédiatement séduite, et même après avoir définitivement accroché (grâce à l’épisode des nouilles, le premier à intégrer d’authentiques émotions dans le show sans trahir son côté parodique) il m’a fallu encore un temps d’adaptation d’abord pour apprécier l’humour et ensuite pour m’attacher aux personnages. Disons que Dandy n’est pas toujours un héros évident à soutenir et ses amis mettent beaucoup de temps à obtenir des épisodes qui leur sont consacrés, ce qui est un peu problématique. Le fait que chaque épisode ait un réalisateur et un scénariste différent et un thème unique (avec de temps en temps une fin où tout le monde explose/meurt) offre à l’anime une grande liberté qui lui permet d’être particulièrement créatif et d’aller jusqu’au bout de la parodie sans se soucier d’être cohérent avec la suite, mais en retour cela n’aide pas à installer une véritable continuité. Un autre inconvénient de cette méthode : les épisodes sont de qualité relativement aléatoire. Certains sont excellents de bout en bout, certains sont un peu inégaux ou mettent du temps à démarrer, et certains sont mous du genou ou sans grand intérêt. Certains sont très bien écrits, tandis que d’autres…auraient dû être retravaillés en profondeur avant de voir le jour (épisode des sous-vêtements, WTF ?). Une chose reste constante : l’expérimentation, et ça ça vaut le détour. 

[Commie] Space Dandy - 05 [5875FEB3].mkv_snapshot_08.35_[2014.03.29_16.31.05]

Malgré ses imperfections, il faut défendre cet anime (qui s’est fait salement descendre sans le mériter par pas mal de gens) parce qu’il essaie de sortir de la norme, de proposer quelque chose qui se fait de plus en plus rare dans la programmation actuelle : un show d’aventure et d’exploration purement épisodique non adapté d’une licence préexistante. Les scénaristes sont débarrassés de pas mal de restrictions liées aux adaptations (introduire la majorité des personnages importants, choisir entre ce qu’on ne garde et ce qu’on ne regarde pas, réécrire les scènes pour qu’elles collent au format, etc) et ça se ressent dans cette liberté de ton, de rythme, de narration, de mise en scène qui caractérise Space Dandy. 

Verdict : A/B+ Space Dandy a ses hauts et ses bas, mais dans ses phases les plus expérimentales (les plantes) ou sentimentales (Adélie, Laika…) c’est juste brillant. Confier la direction à plusieurs réalisateurs talentueux dotés chacun d’une patte particulière apporte une richesse à l’anime que j’ai seulement vu dans peu de shows. Space Dandy se permet une liberté artistique et scénaristique difficile à trouver à une époque où les animes ont atteint un tel degré de conventionnalisme et de codification qu’il devient difficile de créer quoi que ce soit en dehors. La raison pour laquelle Bones a choisi l’Espace comme terrain d’expérimentation se propose justement comme un mouvement vers l’inexploré, comme quoi tout n’a pas été découvert ou inventé…

Noragami – The God, the Sword and the Girl

[HorribleSubs] Noragami - 01 [720p].mkv_snapshot_16.00_[2014.01.06_02.24.45]

Noragami est l’anime à montrer pour prouver qu’on peut vouloir mettre tout plein de choses différentes dans un seul show et le maîtriser parfaitement. Romance, comédie, drame, action, paranormal, tout est à sa place et fonctionne de concert. Le fil rouge est assez classique, notre héroïne passe dans l’entre-deux mondes pour sauver deux âmes en peine. Se développe entre les trois personnages principaux une amitié indéfectible qui pourrait être plus que ça…et en même temps qui ne nourrit jamais de jalousies. En fait on assiste à la naissance d’une famille adoptive avec papa Yato, maman Hiyori et fiston Yukine, et on peut dire que l’anime se divise en trois arcs : formation de la famille, crise d’adolescence de Yukine, crise identitaire de Yato. D’après ce que j’ai lu ils ont choisi de s’écarter du manga pour le final, et c’est très réussi. Ça donne le sentiment d’avoir conclu tous les problèmes soulevés, tout en nous laissant entendre que nous n’avons pas encore tout découvert de l’intrigue générale (qui est le « père » de Nora ?).  

Verdict : B+ Noragami est l’une des gemmes de cette saison, qui montre qu’une comédie peut tout à fait avoir des personnages intelligents et talentueux. Être divertissant ne signifie pas automatiquement demander à son spectateur d’éteindre son cerveau. Il y a un côté action/shonen mais les femmes sont souvent celles qui ont le plus de pouvoir et elles restent maîtresses de leur destin (Bishamonten, Kofuku, Hiyori). On a besoin de plus d’animes comme celui-là. 

Stimulant et fun

Chuunibyou, Demo Koi Ga Shitai ! Ren – To Kiss or Not to Kiss

[FTW] Chuunibyou demo Koi ga Shitai! Ren - 12 [720p][9E4F4294](1).mkv_snapshot_21.51_[2014.03.28_01.18.41]

Ah, les animes et les histoires d’amour, quelle relation compliquée ! J’ai vu récemment un vlog intéressant qui essaie d’expliquer pourquoi les romances dans les animes fonctionnent comme une « apocalypse de zombies à l’envers » : on sait comment ça commence mais on ne sait jamais vraiment comment ça se termine, a.k.a le fameux attachement des scénaristes pour les fins « statu quo » où aucun choix relationnel n’est vraiment opéré. La première saison de Chu2Koi avait déjà brisé une règle importante en faisant sortir ensemble les héros, et arrivés à la seconde saison ils ne savent plus trop sur quel pied danser. D’un côté ils nous épargnent le retour à la case départ (MERCI) mais de l’autre ils ne sont pas prêts à enclencher la vitesse supérieure et ont opté pour une évolution « un pas en avant, deux pas en arrière », en insérant çà et là des épisodes entiers de filler (même Kumin y a droit, et ça donne lieu à l’un des épisodes les plus drôles et absurdes de la série). Ça fonctionne plutôt bien, sauf à la fin où ils se rappellent soudain qu’il faut quand même faire quelque chose de ce nouveau personnage envahissant qu’est Shichimiya. Le problème c’est que est un double de Rikka en beaucoup plus fade. C’est la même fille avec des cheveux roses et moins de personnalité. Elle n’apporte pas grand chose au scénario et son arc et à peine introduit qu’il est déjà résolu (de toute manière vu la relation entre Rikka et Yuuta, il était tué dans l’œuf). Est-ce que la nouvelle saison fait vraiment avancer nos deux héros ? Oui…et non. C’était l’un des animes les plus divertissants et adorables de la saison mais aussi l’un des plus frustrants, avec un final qui laisse un goût d’inachevé. 

Verdict : B – Une saison agréable si on veut voir plus de Dekomori/Nibutani et plus de Rikka/Yuuta, tout en ayant bien en tête que ça reste léger. On peut reprocher à cette saison de ne jamais trop savoir si elle veut faire du fanservice (au sens littéral du terme) ou faire avancer le scénario, et ça n’est pas sans conséquences sur sa cohérence. J’ai regardé la saison sans avoir d’attentes particulières et elle m’a beaucoup plue, mais je sais qu’elle a profondément exaspéré pas mal de monde y compris des fans de la première saison qui en attendait plus. Ma critique est à prendre avec ce grain de sel, donc. 

Witchcraft Works – Ce n’est pas ce que vous croyez…quoique. 

[Watakushi-Nameless] Witch Craft Works - 08 [720p][AD3B9C57].mkv_snapshot_10.27_[2014.03.20_22.37.41]

Ce qui m’a le plus séduite dans cet anime, c’est son inventivité. Et à tous les niveaux : mise en scène, designs, scénario. Il y a toujours quelque chose d’intéressant et de dynamique qui se passe à l’écran, et même si c’est un peu fouillis, c’est un joyeux fouillis qu’on prend plaisir à explorer. Ma seule réelle plainte c’est que tous ces personnages de sorciers et sorcières sont intégrés de manière un peu hasardeuse dans la population « normale », et la limite entre monde magique et monde réel est difficile à cerner. Heureusement créer un monde paranormal cohérent n’est pas vraiment l’objectif de Witchcraft Works, c’est surtout de créer un monde psychédélique et déjanté où on ne sait jamais vraiment qui est un allié et qui est un ennemi. C’est aussi une comédie et une romance inversant les genres. Il y a tous les codes du shojo, sauf que le héros désirable au fanclub hystérique est une femme, et inversement.  La plupart de ces codes sont joués pour nous amuser et nous titiller, et c’est très réussi. 

Verdict : B Cette série tient en équilibre entre la parodie et l’action/romance premier degré, et ce n’est pas le plus facile des exercices. Il y a un large panel de personnages tous plus loufoques les uns que les autres, un couple principal attachant, et en général c’est très divertissant. Et j’étais triste de voir à chaque fois le générique de fin arriver. C’est toujours très bon signe. 

Inari, Konkon, Koi Iroha – Sisterhood 

[Anime-Koi] Inari, Konkon, Koi Iroha - 04 [h264-720p][64FB6F02].mkv_snapshot_06.45_[2014.02.25_14.39.59]

Si on peut reprocher à cet anime de pêcher par excès de sentimentalisme, il n’en reste pas moins un bon shojo qui a su tirer une histoire charmante et complète du manga. Le développement des intrigues (amoureuses et autres) n’est jamais trop précipité et aucun personnage n’est délaissé, ce qui est quand même louable quand on sait qu’ils ont dû travailler avec un format aussi ridiculement court. Je pense que des sacrifices ont dû être faits pour avancer mais je ne connais pas assez bien le manga pour les distinguer, et je n’ai pas senti d’incohérences ni de potentiel non exploité. Je n’ai pas trouvé que la fin (douce-amère) arrive trop brusquement, pour moi le principal est réglé. De manière surprenante l’anime se concentre plus sur les relations entre Inari et ses amies et la manière dont elle devient la fille de substitution de Uka que sur les relations amoureuses, et de mon point de vue les  meilleurs moments de l’anime  sont ceux où Inari découvre quelque chose sur elle-même ou sur les autres en intervenant pour soutenir une amie/Uka. Typiquement le genre d’anime que je recommanderai sans hésiter pour des petites filles ou des ados, et même des adultes intéressés.  

Verdict : B – Limité par son format criminellement court, Inari n’en réussit pas moins à être un adorable divertissement pas idiot du tout sur ce que c’est de grandir et de s’ouvrir aux autres.

Inégal

Sekai Seifuku

Franchement j’aurais pu persévérer et aller jusqu’au bout, mais est arrivé un moment où j’ai complètement arrêté de m’intéresser au sort des personnages et en général c’est ce qui sonne l’arrêt de mort d’un anime (ou de toute autre fiction) chez moi. C’est plus un abandon par manque d’investissement personnel qu’une véritable déception, et c’est pour ça que je vais essayer d’en défendre l’intérêt.

[FFF] Sekai Seifuku ~Bouryaku no Zvezda~ - 04 [67F2B9E8].mkv_snapshot_19.56_[2014.03.21_19.45.09]

Sekai Seifuku est on ne peut plus déconcertant. Il y a tellement de métaphores et de bizarreries dans ce show qu’on peut rapidement s’en lasser et lâcher l’affaire. Mais ce n’est pas si dispersé et confus qu’on peut le croire. Comme Space Dandy c’est un scénario original avec un format épisodique (un épisode = une conquête) mais il y a un thème principal beaucoup plus prégnant qui revient à chaque fois : comment dealer avec son syndrome de Peter Pan. En dehors de Kate qui est vraiment une enfant, les autres sont des ados ou des adultes d’âge mur, mais ils ont tous gardé quelque chose de l’enfance. Par exemple, Natasha est une figure de conte de fées abandonnée par ses parents dans la forêt comme le Petit Poucet, sauf qu’elle n’a jamais laissé de miettes de pain pour revenir et finalement elle n’est jamais revenue de sa forêt. 

[Cthuko] Sekai Seifuku Bouryaku no Zvezda - 03 [720p H264 AAC][0CA83751].mkv_snapshot_06.21_[2014.01.30_00.04.58]

Une autre question très importante est celle de trouver sa place dans le monde, et l’idée selon laquelle « si le monde te rejette, adapte-le à ta personne ». Il y a dix ans j’aurais trouvé ça génialissime, maintenant…beaucoup moins. Après tout quoi qu’on en dise devenir adulte c’est aussi accepter de se conformer à la société (sans oublier complètement notre part d’innocence et de révolte juvénile), et ça va à l’encontre de ce que souhaitent Kate et ses amis. Jusqu’où  va l’anime à partir de là ? Pour être honnête, pas très loin. Ça reste inventif et plaisant, souvent je n’étais pas enchantée à l’idée de regarder un épisode mais j’en ressortais toujours divertie (l’épisode des bains en plein air était très drôle) et l’intrigue a son lot de twists surprenants. Au final je dirais que ce qui m’a le plus marqué ont été les véritables moments d’émotions partagée avec les personnages. C’était présent dans le pilote avec cette scène très touchante où on voit Asuta le fugueur suivre Kate sur son tricycle, mais après ça s’est lentement délité à mesure que le scénario s’est pris la tête avec sa propre mythologie incompréhensible (pourquoi cette obsession sur ce végétal bizarre ?) et ses histoires de conquêtes pas toujours pertinentes.

Verdict : C+ (DNF) Il y a de vraies perles d’inventivité et de mise en scène dans Sekai Seifuku et je ne regrette pas du tout d’en avoir vu les 3/4, mais je pense que la série aurait gagnée à être un peu moins ambitieuse et à virer tout son côté « conquête du monde + forces + militaires + super-héros + super-pouvoirs + super technologie + secrets de famille et d’identité » pour simplement se concentrer sur l’histoire d’une bande de quasi clochards mineurs qui reconstituent une famille dans une aire de jeu désaffectée. Parce que c’est ça le coeur du sujet, et nous n’avions pas besoin du reste.

Déceptions :

NB : Nisekoi et Nobu The Fool se poursuivent au printemps, techniquement ce ne sont pas des séries courtes mais comme je n’ai absolument aucune intention de les continuer je m’en débarrasse maintenant. 

[Watashi-Koi]_Wizard_Barristers_Benmashi_Cecil_-_04_[720p][CF8FE694].mkv_snapshot_10.05_[2014.02.05_14.04.25]

Wizard Barristers : Parfois il faut admettre qu’on ne peut pas être bon dans tous les domaines. Umetsu est peut être un bon chara-designer et réalisateur, mais ce n’est pas un bon scénariste, loin de là. C’est le second anime que je vois écrit par lui et je retrouve les mêmes problèmes : des incohérences de fond trop énormes pour être ignorées, cette persistance à aborder le monde de la justice (pénale of course) sans y connaître tripette et le sacrifice de tout bon sens au bénéfice du spectaculaire. On reconnaît aussi un mauvais scénariste quand les personnages interagissent entre eux de manière  complètement surréaliste, à commencer par l’héroïne, une Mary-Sue qui a l’air de débarquer d’une autre planète tellement elle est déconnectée de la réalité (et le fait qu’elle vienne des US n’a rien à voir avec le problème). Au début j’étais distraite par les scènes d’actions très bien faites, mais une fois la poussière des belles explosions dissipée ma patience s’est vite effilochée devant ce scénario bancal, ces personnages frustrants et le fanservice bizarre.

Nobunaga The Fool : Il y a quelque chose qui s’appelle le « développement des personnages » et apparemment celui qui a écrit ce show a été pris d’une amnésie soudaine et a oublié que ça existait. C’est juste un agglomérat de gros stéréotypes, et ça pourrait marcher si c’était une parodie mais malheureusement l’humour n’est pas ce qui caractérise Za Fuul. C’est aussi une véritable boucherie de références historiques occidentales, tellement remaniées qu’on ne reconnaît plus rien, tandis qu’à côté vous avez une réécriture de l’histoire japonaise beaucoup plus cohérente qui jure avec le reste. Ajoutez là-dedans des méchas, du Tarot (?), une histoire de prévention de l’apocalypse, du machisme style nanar américain des années 90, des personnages féminins qui n’existent que pour flatter la virilité du Nobu-Beefcake, des personnages masculins qui ont tous des têtes de bishos pour une raison obscure, des vêtements huileux, des dinosaures…et vous obtenez un anime étrangement fade, qui aurait dû être bien plus divertissant que ça compte tenu de ce qu’il se permet. Pourtant plus « anime » que ça tu meurs, mais ça montre bien que parfois ça ne fonctionne pas, tout simplement.

Nisekoi : 20 épisodes à tourner autour de la question « quelle fille du harem de Patate-Kun est la fille de sa promesse » alors que le manga n’y a même pas répondu ? Non. 

Buddy Complex : Malgré son gimmick (voyage dans le temps !) cet anime est insipide au possible. J’ai tenu quelques épisodes parce que Sunrise sait animer un mécha, mais dès que la géopolitique pour les nuls a fait son apparition j’ai décidé que ça suffisait. 

[Commie] Toaru Hikuushi e no Koiuta - 04 [48DFE5C3].mkv_snapshot_21.03_[2014.02.02_19.22.37]

The Pilot’s Love Song/Serenading a Certain Pilot : Voilà un anime qui a tout sur le papier pour être un classique, et qui capote à cause de la médiocrité de son exécution. Regarder Pilot’s Love Song revient à regarder une pièce de tragédie classique jouée et mise en scène par des collégiens pour leur prof d’Anglais. C’est tout plein de bonne volonté mais l’amateurisme est trop criant.Ce que je veux dire par là, c’est que même si on sent que le roman derrière A Certain Pilot’s Love Song est très intéressant, impossible d’oublier la maladresse de l’animation, le manque de budget, le manque de créativité dans la réécriture, et ça a un impact négatif inévitable sur la manière dont on va percevoir l’histoire en général. Par exemple le passé de Kal et de Claire a le potentiel pour être bouleversant, mais la manière dont c’est présentée est très limitée. Il n’y a absolument aucun sens de la matérialité ni de la profondeur dans l’animation, les personnages ont l’air de sortir d’un livre de coloriage pour enfants (sauf heureusement pour quelques close-ups bien faits), les avions en CG moche ne font rien pour rendre les combats aériens palpitants, on passe souvent plus de temps à suivre des conversations d’arrières-cuisines que de véritables plans stratégiques, et tout est comme ça. Je suis très fan de l’histoire qu’ils essaient de raconter, ça c’est certain, mais c’est un exemple d’adaptation qui ne fait pas honneur à sa source. C’est particulièrement criant si on a vu avant le film adapté du premier livre, qui n’a absolument rien à voir.

Verdict : C (DNF) A Pilot’s Love Song n’est pas sans qualités malgré ses déboires. Ça reste honnête, quelques scènes sont bien réussies. C’est assez déprimant de constater que ce genre de scénario très ambitieux n’obtient pas les moyens pour être mené à bien de manière satisfaisante et c’est d’autant plus frustrant que TMS Entertainment a produit d’excellents animes très polis ces dernières années, mais apparemment tout le cash est allé dans cette adaptation d’un manga sur le cyclisme. Les animes de sport c’est le mal ! (Je plaisante). 

Conclusion :

[FFF] Witch Craft Works - 06 [0B27DAB5].mkv_snapshot_12.43_[2014.03.19_01.55.31][HorribleSubs] Inari, Konkon, Koi Iroha - 01 [720p].mkv_snapshot_20.44_[2014.01.16_03.08.43]

Si j’avais à recommander dans l’absolu trois nouveautés d’hiver (ni des secondes saisons, ni des animes de plus de 20 épisodes commencés en automne) je dirais Space Dandy, Noragami et Inari, Konkon, Koi Iroha. Witchcraft Works et Sekai Seifuku sont moins grand public et je les conseille à condition de savoir un peu dans quoi on s’embarque. 

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4 réflexions sur “Bilan des animes d’Hiver 2014 [Séries Courtes]

  1. Gin no Saji is one of my favorites now. I love all the characters, the humor, and all of Hachiken’s ups and downs! Oh, and I also especially like Komaba too, HEHEHE.

  2. Wizard Barristers, Nobunaga The Fool et Buddy Complex ont tout été simplement été des déceptions.
    Wizard Barristers : j’ai pas accroché à l’histoire, un monde où la magie existe mais on arrive quand même à mettre des mechas et n’oublions pas loi pour les nuls…
    Nobunaga The Fool : un mélange historique médiocre accompagné de personnages (féminins) inutiles et d’une histoire ennuyante.
    Buddy Complex : c’est vide, rien d’autre à dire. Au moins Valvrave était drôle et avait enchaîné avec une suite sympa.

    Sinon j’ai bien aimé Noragami ( sauf la crise de Yukine et Hiyori qui va se transformer en intérêt amoureux) et Space Dandy (les zombies, les plantes et la boucle temporelle) !

    Mis à part ça j’adore ton site, je le suis depuis 2013 et je regrette pas de l’avoir découvert !
    Continue comme ça mais sans négliger ta vie privée !

    • Les méchas étaient vraiment hors-sujet dans WizBars. Au début ça ne me dérangeait pas parce que leur présence annonçait l’arrivée de scènes d’action (la seule raison qui me poussait à continuer au début) mais c’est vrai qu’en y repensant ça n’avait rien à faire là. La décision de les inclure a dû être quelque chose comme ça : « les gens aiment les méchas, mettons des méchas ! Et des mascottes lubriques hideuses aussi tant qu’on y est (WTF?) »

      Quand Yukine fait sa crise au milieu de Noragami il est devenu à la limite de l’insupportable mais j’ai tellement aimé la manière dont ils ont réglé ce conflit que j’ai complètement pardonné à son personnage sa rébellion. Et ce n’est pas comme si je ne pouvais pas comprendre pourquoi il en est arrivé là =)

      Merci pour ton commentaire ^^)/

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