Empire of Gold – Les Saigneurs de ce Monde (Premières Impressions)

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C’est ce à quoi ressemble Go Soo la majorité du temps pendant ces trois premiers épisodes. Empire of Gold ne fait pas dans la dentelle et ça va pas être la joie tous les jours, moi je dis.

Je n’ai pas vu The Chaser, mais il paraît que c’était très bien, surtout en ce qui a trait à l’écriture, si bien que, même si je ne savait pas trop à quoi m’attendre, j’avais placé une barre relativement haute, m’attendant à ce que la qualité soit au rendez-vous. Et le pilote a juste été une claque dans la figure, en particulier la scène d’exposition qui s’ouvre in medias res. C’est une introduction brutale, une mise en bouche pour ce qu’on nous réserve pour la suite, qui nous plonge immédiatement dans le feu de l’action : pas le temps de papillonner, pas le temps de se demander si vraiment on a envie de regarder l’épisode, pas le temps pour des discours inutiles.

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Je vais être honnête, le monde de l’économie, des bourses et des chaebols me dépassent un peu et j’ai grande difficulté à trouver ça intéressant de manière générale. Mais Story of a Man est un parfait exemple qu’un drama qui parle d’économie peut être très prenant, même si on n’y comprend que dalle (et quand je dis « que dalle », je veux dire que dalle!). Est-ce qu’Empire of Gold va également réussir ce tour de force? L’avenir seul nous le dira. Pour le moment, on tient là un drama puissant, cruel, bien écrit et bien produit à bien des égards.

Le pessimisme ambiant de la série a de quoi en déprimer plus un : les perdants perdent toujours – l’argent et/ou la vie – et ceux qui gagnent tout le temps ne semblent pas en tirer une réelle satisfaction non plus. Celui qui dira qu’Empire of Gold manque d’état d’âme et de coeur n’aurait pas tout à fait tort : nous avons affaire avec des personnages durs, impitoyablement pragmatiques, pour lesquels seul le résultat (la victoire) compte et pour ce faire, tous les moyens sont bons, que ce soit la corruption, le passage à tabac ou les meurtres. La morale et l’éthique sont secondaires, voire tertiaire, et ces personnages plein d’ambiguïté sont l’intérêt central de ce drama.

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Empire of Gold est une grande saga familiale : les personnages sont nombreux, et le drama se déroule sur pas moins de 20 ans, ce qui promet d’être intéressant et haletant. J’aime particulièrement qu’on n’essaie pas de faire deux camps séparés et que les réalités sont bien plus complexes que ce qu’on voit aux premiers abords. Ce serait facile pourtant : un pauvre jeune homme idéaliste cherche à prendre sa revanche contre le grand méchant qui a tué son père à cause de son ambition, blablabla. Oui, dans les grandes lignes c’est ça, mais lorsqu’on prête attention aux nuances et aux détails, on prend conscience de la complexité de la toile dans laquelle nous venons de mettre les pieds.

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En terme de cruauté et de noirceur, je pense qu’Empire of Gold gagne pour le moment haut la main sur Heartless City et que son floutage des barrières et des frontières est mille fois plus réussi que ce dernier, en grande partie parce qu’il n’y a aucun idéalisme chez les héros et même, aucune idéalisation du héros qui, en définitive, n’a pas grand chose d’un héros dans le sens classique du terme. Les valeurs familiales prennent un gros coups également : l’amour familial est une donnée bien risible pour cette guerre de pouvoir.

On sacrifie neveu, frère, cousin(e) sans aucun état d’âme si ces derniers en venaient à se mettre au travers de notre chemin. La différence entre la famille Jang et la famille Choi se situe peut être là : Tae Joo ferait tout pour sa famille mais Choi Dong Sung ou Choi Dong Jin n’ont pas ce genre de code. Seul Seo Yoon semble partager la même piété filiale de Tae Joo, quoique la relation de cette dernière avec son père reste encore à éclaircir : il est clair qu’il y a beaucoup d’amour et d’admiration, mais n’y-at-t-il que ça? Empire of Gold est sombre à cause de cette paranoïa généralisée de chacun des personnages : personne ne peut faire confiance à personne, et chaque personnage le sait. Les alliances sont toujours à double tranchant, chacun n’ayant en tête que son propre profit et ses propres plans : la loyauté, l’altruisme, l’amour, pffuit, poubelle!

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Casting : B+. Solide, et chacun est à sa place. Un peu inégal par-ci par-là mais les maladresses de certains sont compensés par les talents d’autres ce qui fait au final un résultat étonnamment homogène.

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Son Hyun Joo mange l’écran de sa présence à chacune de ses scènes, je ne sais pas comment il fait. J’ai toujours su que cet acteur était excellent mais sa grande versatilité est admirable : je l’ai toujours vu dans des rôles de « gentils » je crois, son physique de nounours aidant. Mais il est tout simplement bluffant dans le rôle de Min Jae. Le personnage est très bien écrit, mais le jeu de Son Hyun Joo apporte un intérêt et une profondeur supplémentaire à ce dernier. Et Go Soo! Long time no see! Comme pour beaucoup, j’imagine, Go Soo a volé mon coeur dans Will it Snow for Christmas, donc j’ai accueilli son nouveau projet avec une grande excitation.

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Go Soo est le genre d’acteur qui ne brille pas nécessairement par sa technique sans faille mais son charisme et son intensité, eux, sont à toute épreuve. Et ça marche encore une fois. Il respire de charme, ça ne s’invente pas. Ses yeux sont d’une expressivité remarquable et il peut se montrer tour à tour glacial et séducteur. Il colle parfaitement bien au ton torturé et poignant d’Empire of Gold. Cela aide qu’il ait une très bonne alchimie avec le reste du casting, en particulier avec Son Hyun Joo. Les deux acteurs ont quand même un certaine différence de jeu, et Son Hyun Joo est plus expérimenté que Go Soo, donc on va voir si ce dernier va parvenir à lui tenir tête.

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Pour rester chez les hommes, c’est un véritable plaisir de revoir Ryu Seung Soo! Cet homme ne joue pas assez dans les dramas à mon goût et c’est un crime de nous priver de son talent comme ça. Bon, il joue pas un gentil personnage donc je ne pense pas avoir l’occasion de fangirliser sur sa mignonnitude (il était tellement adorable dans Evasive Inquiry Agency) mais je sais que nous sommes entre de bonnes mains. C’est également un plaisir de retrouver le vétéran Park Geun Hyung ou des noms comme Uhm Hyo Seop au casting!

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Du côté des femmes, Kim Mi Sook assure, comme d’hab, Jang Shi Young est lumineuse, comme d’hab. Le point faible risque de résider aux côtés de Lee Yo Won parce que je pars avec de sérieux a priori sur cette actrice. Bien sûr, je ne l’ai pas vue dans tous ses dramas mais dans ceux que j’ai vus, elle a tendance à m’endormir. Je la trouve molle et sans énergie.

Ici, elle ne casse pas trois pattes à un canard, mais au moins, je suis restée éveillée pendant toutes ces scènes, ce qui est peut être le signe que ce n’est pas si mal que ça, finalement. Elle manque toujours de ce « petit quelque chose », de cette petite passion pour me rendre totalement investie dans son jeu mais ça me gêne pas pour le moment parce que son personnage est censé être effacé en public et que l’écriture de ce dernier rattrape largement ses éventuelles maladresses. Mais! Mais sans que je parvienne à vraiment expliquer pourquoi, j’aime beaucoup ses scènes avec Go Soo, même si elles ne sont pas nombreuses.

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Scénario : A-. L’assurance et l’homogéinité de l’écriture est à saluer. Nous sommes dans un drama sérieux, très sérieux, trop peut être pour plaire à tout le monde. Le ton est établi dès les premières minutes du dialogue et la suite s’y tient, nous confirmant que ni les personnages, ni les spectateurs, ne vont beaucoup rire. Les dialogues sont denses et nombreux ce qui peut rendre le drama parfois difficile à suivre et inintéressant mais la trame générale ainsi que (et peut être même, surtout) les personnages sont bien construits. À commencer par notre (anti)héros Tae Joo, qui est un bien fascinant spécimen.

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Ça aurait été très facile de basculer dans la caricature et le manichéisme mais heureusement, Empire of Gold échappe habilement à ce cliché saturé. Jang Tae Joo n’est pas si « bien » que ça, loin de là même j’ai envie de dire. On est de son côté parce qu’on sait que c’est le héros et qu’on veut, en général, toujours que le héros gagne. On ne nous épargne évidemment pas le pathos mais les éléments de tragédie personnelle sont moins là pour  apporter une excuse au nouveau comportement de Tae Joo et viennent moins le justifier qu’exposer la cruauté et la froideur d’un monde qui ne fonctionne qu’avec l’argent. Tae Joo n’est pas un mouton blanc pour commencer. Certes, il cherche à prendre sa revanche sur ce monde qui n’appartient qu’à ceux qui ont l’argent pour le gouverner mais cela ne fait pas de lui un être idéaliste pour autant. Jang Tae Joo est cynique, désabusé, et son innocence est bien loin derrière lui. Même lorsqu’on le rencontre plus jeune, dans les années 90, il est pragmatique, froid et calculateur : j’apprécie que, pour une fois, ce ne soit pas seulement la mort de son père qui soit à l’origine de son changement de caractère. La mort de son père n’est que le déclencheur, tout le reste chez Tae Joo était latent.

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Par deux fois son comportement m’a donné des frissons : Jang Tae Joo sait si bien maîtriser ses émotions que ça en donne la chair de poule. La première fois, c’est évidemment lorsqu’il tue, sans le vouloir vraiment, Kim Kwang Se qui a essayé de le rouler dans la farine. À ce moment-là, on croise le reflet de Tae Joo dans le miroir mais la demi-seconde de panique qu’on voit dans ses yeux est très rapidement mise de côté et, très calmement, il dicte ses ordres à Sul Hee, comme si tout ce qui venait de se passer était extrêmement normal.

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La deuxième fois, c’est quand il assiste à la mort (suicide) de Sung Jae : sur le moment, il panique, mais en l’espace de quelques secondes seulement, il se ressaisit et met au point un plan pour approcher la famille Choi. Un tel déploiement de sang froid et de calcul ne peut que prouver le caractère impitoyable de Tae Joo, et c’est cette zone noire que j’aime chez ce personnage. Nous n’avons pas affaire avec une brebis jetée dans l’antre du loup. Nous avons un loup parmi les loups, et ça rend la dynamique mille fois plus intéressantes. Par ailleurs, si ses actions ne sont pas forcément recommandables, je ne peux pas m’empêcher d’être impressionnée par le cran dont il fait preuve à plusieurs reprises.

L’homme est difficilement impressionnable. Même un passage à tabac (la violence dans Empire of Gold n’est pas une blague. Elle peut sembler excessive parfois mais, en ce qui me concerne, je ne la trouve jamais purement gratuite pour le déroulement narratif) ne lui fait pas perdre de vue ses objectifs, et son face-à-face avec un des personnages les plus effrayants de cette série, Choi Min Jae, ne le fait pas ciller une seule fois. On ne sait pas si c’est parce qu’il ne sait pas qui il a en face de lui et qu’il ne mesure pas le danger que cet homme représente, ou s’il est juste une tête brûlée. Tant qu’on ne m’en fait pas un super-héros, je suis preneuse (mais pour l’amour du ciel Tae Joo : va soigner tes multiples blessures!).

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Le second point fort de ce scénario est le personnage antagoniste, Choi Min Jae, resplendissant d’intelligence et d’ambivalence. C’est le genre d’homme qu’on préférerait ne pas avoir en ennemi n°1. Dommage – ou heureusement -, Tae Joon est rentré dès le début dans son collimateur. C’est encore une chose que j’aime chez lui : il n’est la marionnette de personne, il est son propre maître, et le pouvoir ou l’argent de son opposant n’exerce aucune intimidation sur lui. Choi Min Jae n’est pas un personnage pour qui on est censé ressentir de la sympathie, mais on n’est pas censé non plus, j’imagine, le haïr comme on pourrait haïr n’importe quel antagoniste de K-Drama. Choi Min Jae est dur, impitoyable lorsqu’il a décidé de gagner, mais il a une relation assez intéressante avec son père. Cette relation n’est pas basée sur la peur, ni sur le mépris, mais sur la soif de reconnaissance.

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Min Jae recherche constamment dans les yeux de son père son approbation et cherche toujours à protéger son père. Dans ces moments-là, on dirait que sa voix et son regard s’adoucissent, et il ressemble à n’importe quel fils à son papa, aimant et presque tendre. Mais ce regard se durcit instantanément lorsque le nom de Yong Jae est prononcé de la bouche de son père. Il est évident que Yong Jae est le petit chouchou de son père, et de la famille en fait en général alors que ce dernier est faible, asthmatique et peureux. À l’inverse, Min Jae est fort, compétent et imposant. On peut saisir facilement la frustration grandissante de cet homme qui a sans doute tout fait pour dépasser un jour son frère qui ne cesse de lui faire de l’ombre – sans même le vouloir -, et pour ces instants de vulnérabilité lorsqu’il fait face à son père, je pense que Min Jae mérite un peu de pitié, quelque part. Ou alors peut être que je donne trop de crédit à ce personnage de ce niveau-là?

Évidemment, il n’a aucun sens moral et cela ne peut pas faire de lui un personnage « sympathique » que l’on désire voir triompher au final mais il est engageant, intrigant, et un excellent antagoniste pour notre anti-héros. J’aime qu’il ne soit pas impulsif, contrairement à Tae Joo, et c’est ce qui rend le personnage dangereux : c’est véritablement un stratège, il sait quand se retirer du jeu lorsque la situation l’exige pour mieux revenir et frapper par la suite. J’ai hâte de voir leur face-à-face et la guerre sans merci que Tae Joo et Min Jae vont se livrer : les quelques minutes qu’ils partagent à l’écran sont électrisantes.

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Par ailleurs, j’aime les personnages féminins parce qu’elles ne sont pas juste là pour offrir un peu de romance ou de douceur dans ce monde de brute. Et pour cause : elles font elles-mêmes partie des brutes, elles jouent avec les mêmes règles, elles sont aussi compétentes que les hommes et elles ont autant de pouvoir qu’eux. Ça fait du bien de voir hommes et femmes sur le même pied d’égalité pour une fois. Bien sûr, ce n’est pas explicite, et on voit une Seo Yoon confrontée au sexisme ambiant de son milieu : évoluant dans un monde de testostérone, elle a à prouver deux fois plus sa légitimité et sa compétence.

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Les apparences sont trompeuses car si Seo Yoon ressemble plus à la secrétaire de son père plus qu’à une véritable femme d’affaire, elle n’a rien d’une petite biche innocente et frêle. J’aime le feu de son caractère et le fait qu’elle peut tout autant mordre que son cousin. Pareil pour Sul Hee qui n’est pas exactement la définition de la femme faible : elle mène sa petite entreprise d’une main de maître et c’est même elle qui va permettre à Tae Joon à gagner de l’argent. Vu son rôle avec l’ouverture de l’épisode 1, il semble qu’elle va tomber suffisamment amoureuse de lui pour aller en prison à sa place, et je suis bien curieuse de voir comment leur relation a évolué depuis les années 90 jusqu’à nos jours.

Le troisième personnage féminin qu’il convient de mentionner est sans doute Han Jung Hee, la mère de Seo Yoon. À première vue, elle a l’air d’être une mère normale, aimante, douce et compréhensive, mais il y a clairement autre chose derrière cette façade (il ne peut pas en être autrement, nous sommes dans un kdramas, monde où les familles « normales » n’existent pas!) et je ne sais pas ce qu’elle fomente avec son fils (Sung Jae) mais je doute que ce soit très joli.

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Quoiqu’il en soit, les figures féminines ne sont pas encore très développées jusqu’à maintenant, mais elles ont toutes un potentiel pour être intéressantes, et j’en suis pour le moment satisfaite, d’autant plus que la romance ne pointe pas du tout le bout de son nez encore. Ne vous méprenez pas, je ne suis absolument pas contre la romance Tae Joo/Seo Yoon. En fait, je l’attends avec impatience parce que, pour le peu que je les ai vu ensemble, je trouve qu’ils ont une excellente alchimie. J’apprécie qu’ils n’essaient pas de forcer la romance sur nous dès le début. Or, pendant ces trois épisodes, Tae Joo et Seo Yoon ont d’autres chats à fouetter qu’à tomber amoureux : ni l’un ni l’autre ne considèrent la romance comme un futur proche et ne développent aucune sorte d’intérêt pour l’un ou pour l’autre.

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Dans un autre K-dramas on aurait sans doute essayé de nous préparer à ça, en nous montrant par exemple l’attraction physique de ces deux personnages. Mais pas Empire of Gold : pas de coup de foudre, Tae Joon ne pourrait pas être plus indifférent à Seo Yoon (en fait, il la regarde à peine) et c’est réciproque – sauf peut être à leur toute, toute première rencontre, où l’un comme l’autre s’est retourné pour se dévisager -. Pas de haine/amour comique, leur premier contact est d’ordre absolument professionnel et financier. Il ne fait aucun doute que ni l’un ni l’autre ne penserait revoir l’autre quelques années plus tard. Bref, c’est une introduction plus que réaliste, simple et directe, et cela ne rend que plus intrigant le mariage que l’on voit au début de l’épisode 1 : s’aiment-ils à ce moment-là, ou est-ce encore un contact « professionnel », et comment en sont-ils arrivés là?

Réalisation : B. Simple et classique, cela semble être les mots d’ordre pour la réalisation, au risque d’être ennuyante. Il faudra aller chercher ailleurs pour la réalisation très élaborée (par exemple du côté du très baroque et audacieux Sword and Flower) ou très dynamique (les quelques scènes d’action étaient assez…nulles, il faut l’admettre) mais en ce qui me concerne, ça fait son travail, et c’est suffisant. J’apprécie l’attention portée aux détails et je trouve la reconstitution des années 90 assez bien réussie, jusqu’au style vestimentaire de Lee Yo Won.

C’est assez cocasse de voir la téléphonie portable à son tout début, avec des portables aussi gros qu’une cabine téléphonique : ce n’est pas maintenant que le placement de produit aura sa place, ça c’est sûr! Par ailleurs, je suis également reconnaissante pour la discrétion de la bande son qui ne vient pas constamment perturber l’intrigue. Voilà enfin quelqu’un qui sait se retenir sur la partition musicale et qui n’insère pas des morceaux intrusifs à tout bout de champs.

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Verdict : Good Kimchi. Après un long règne de Navet Kimchi, le début de l’été semble être dirigé par les Good Kimchi. Ouf. Clairement, ce drama ne plaira pas à tout le monde (quel drama le peut de toute manière?) parce qu’il est d’une noirceur assez violente et qu’il est TRÈS bavard. Pas au sens où les personnages blablatent tout le temps pour un oui ou pour un non mais au sens où la trame narrative est presque exclusivement verbale. À part deux-trois scènes de passages à tabac, tout le reste passe par la parole et l’intellectuel. Et ça, je peux comprendre que ce ne soit pas la tasse de thé de tout le monde.

Pour ma part, j’ai trouvé le pilote d’Empire of Gold aussi dingue que brillant, et si le rythme des deux épisodes suivants a un peu baissé (en rythme seulement, pas en intensité), cela n’affecte pas vraiment la qualité du drama. Je pense que la clé d’Empire of Gold, ce sont les personnages et leurs relations interpersonnelles, le truc de la Bourse, des actions, de la revanche ne sont que des arrières-plans pour les guerres intestines auxquelles ces personnages vont se livrer corps et âme. Bien sûr, avec un tel point de départ, le makjang n’est pas très loin, et il reste possible qu’il se perde en cours de route. Cela étant dit, Empire of Gold signe un début prometteur et a su piquer ma curiosité. En route pour l’épisode 4!

6 réflexions sur “Empire of Gold – Les Saigneurs de ce Monde (Premières Impressions)

  1. Je n’ai pas encore vu Empire of Gold mais je vous recommande effectivement chaudement The Chaser : même équipe et en grande partie mêmes acteurs pour une série axée sur la vengeance d’un père face à un politicien avide de pouvoirs pleine de tension, de suspense et de rebondissements avec en prime des « méchants » fascinants !

    • Merci S.H. pour ce retour sur The Chaser! Il ne semble pas avoir été suivi avec assiduité lors de sa sortie mais quelques blogueurs lui ont attribué une bonne note. Il est sur ma (longue) liste de dramas à rattraper en tout cas! =)

  2. Merci beaucoup pour cet article que j’ai trouvé tout particulièrement bien écrit! Non pas que les autres ne le soient pas (loin de là!) mais j’ai trouvé celui-ci encore plus détaillé et recherché que d’habitude et j’ai pris un vrai plaisir à le lire! Bref : un grand merci pour commencer!
    Ensuite, j’ai hésité avant d’écrire ce commentaire parce que la dernière fois que je me suis emballée comme ça si vite… c’était pour Heartless City et même si (concernant ton dernier article avec Mila sur les épisodes 13-14) effectivement les 2 derniers épisodes en date sont moins mauvais que ceux d’avant (c’était difficile de faire pire en même temps, vu la chute libre que la série a entamée depuis quelques temps!) la déception de Heartless city me reste franchement en travers de la gorge et m’a rappelé pourquoi depuis bien 1 an/1 an et demi je ne regardais plus les séries pendant leur diffusion…
    Mais bref, soyons honnêtes, pour l’instant, j’aime beaucoup Empire Of Gold. Peut être pas autant que The Chaser (qui avait été mon gros gros coup de cœur de 2012…. avec du retard vu que les sous titre avaient mis du temps à sortir!) mais peut être qu’il ne faudrait pas essayer de comparer pour commencer! Et j’ai assez confiance en l’équipe (celle derrière la caméra comme celle devant) pour leur laisser le temps de me rappeler pourquoi je les aime tellement! J’aime la noirceur et l’ambivalence des personnages qui ne tombe pas dans le manichéen ni dans le larmoyant. J’aime que le héros n’en soit pas vraiment un (j’hésite à envoyer une copie des 4 premiers épisodes de Empire of Gold à l’équipe de Heartless City….) et j’avoue que j’aime à la base les histoires de politique/économie/bourse (non je ne sais PAS ce que je suis allée faire dans des études de médecine!!!) donc pour le moment je vais continuer de regarder cette série en cours de diffusion, au risque de me prendre une nouvelle claque ;)

    Et complètement hors sujet mais comme je suis déjà en train de commenter j’en profite…. je voulais juste revenir sur deux points :
    1) The queen’s classroom passe assez inaperçu sur les autres sites mais vu tes commentaires à droite sur la page d’accueil tu as l’air de tout particulièrement l’apprécier. J’aime beaucoup Ko Hyun Jung à la base, le scénariste est celui de Friend, Our Legend qui est une de mes séries préférées (mais qui me fait mal au coeur et aux glandes lacrymales rien que d’y penser!) et le casting côté enfant est irréprochable… de sorte que je télécharge automatiquement toutes les semaines les nouveaux épisodes mais comme je ne lisais rien dessus je n’avais pas commencé à l’époque. Avec le vide que va laisser Heartless City (oui il va bien gentiment aller au coin pour le moment!), je me suis posée la question de Queen’s Classroom. Tu me le conseillerais? C’est une de ces perles de la télé coréenne bêtement boudées par le public?
    2) Plus petit commentaire à propos de la collaboration avec Mila sur les deux derniers épisodes de Heartless City (je ne voulais pas écrire un commentaire spécifique pour une si courte remarque) : excellente idée! J’ai beaucoup aimé! En plus d’être très sympa à lire, c’était aussi très intéressant avec l’ajout d’un nouveau point de vue! Bref, merci à toutes les deux pour cet excellent travail! :)

    • Hello luci8le! =)

      Malheureusement oui, c’est le danger (et l’excitation) de suivre une série en cours, nous sommes plus fragiles aux déceptions et aux crashs comme Heartless City. Moi, je suis pour, d’envoyer le script d’Empire of Gold au scénariste d’Heartless City. Bien sûr, ce ne sont pas du tout le même genre et s’il y a bien une chose que l’on doit céder à Heartless City c’est d’avoir réussi à imposer une ambiance et une atmosphère très fidèle au genre duquel il se réclame, mais Empire of Gold est une fable pour le moment délicieusement grinçante et…sans coeur. Je ne vais pas pouvoir la regarder pendant sa diffusion mais je la garde précieusement pour septembre! On croise les doigts pour que ce soit bon jusqu’au bout!
      Ah, et, sûrement que je prendrais plus de plaisir à voir un drama sur l’économie et les bourses si…j’y comprenais quelque chose à la base!^^ » Mais heureusement, ce n’est pas un frein sévère pour moi! =)

      Sinon, Empire of Gold à part, merci pour ton retour sur la collaboration avec Mila! Honnêtement, j’étais (et suis encore) à deux doigts de lâcher le drama. La série n’est pas aussi nulle que ce que mes commentaires ont l’air de dire mais je ne suis plus investie et le moindre détail qui ne marche pas me turlupine – ce qui ne devrait pas se passer lorsqu’on aime passionnément une série imparfaite -, donc j’étais prête à lâcher mais Mila m’a rattrapée de justesse. À deux, on sera sans doute plus motivées…^^

      Et enfin, le meilleur pour la fin, The Queen’s Classroom! On avait l’intention d’écrire les Premières Impressions dessus, Mina et moi, mais il y a eu pas mal d’imprévus de tous les côtés et on a fini par rater le coche. Mais j’espère pouvoir écrire un vrai article dessus bientôt parce que oui, c’est une de ces perles qui passent injustement inaperçues. Je pense qu’elle a plus d’adeptes du côté anglophone parce que du côté francophone, je n’ai presque rien lu du tout sur la série! Je n’ai pas vu la version japonaise donc je ne peux pas comparer mais pour le moment, The Queen’s Classroom est un drama mature – même s’il concerne des enfants-, sans aucun regard condescendant posé sur eux. C’est le genre de drama qui te prend par surprise. Pour dire le moins, je ne pensais pas aimer parce que je ne pensais pas être capable de m’identifier à des enfants d’école primaire mais ce drama m’a prouvé que oui, je le pouvais, et que ce n’avait rien à voir avec une question d’âge des personnages. Le script a beaucoup de coeur même s’il souffre par-ci par-là de lenteurs et d’invraisemblances, et si Friend, Our Legend a fait intervenir tes glandes lacrymales, prépare-toi : The Queen’s Classroom c’est assez violent émotionnellement parlant (ou c’est moi qui suis particulièrement sensible?), surtout si tu as un coeur et des glandes lacrymales particulièrement sensibles…Et le casting est formidable, les enfants sont formidables, Go Hyung Jung est formidable, toute en nuances. Bref, un bien long paragraphe pour dire que, oui, The Queen’s Classroom vaut le détour et que, pour moi, c’est sans doute une des meilleures surprises du mois de juin! Et si tu décides de te lancer, j’espère qu’il te plaira, et j’espère avoir ton avis dessus! =)

      Merci beaucoup pour ton commentaire en tout cas!

  3. Sur le papier, c’est vrai que Empire of Gold faisait un peu penser à Story of a man, pas seulement pour ce défi que représente le fait de nous plonger dans ces montages financiers incompréhensibles. Les débuts suivent aussi les mêmes enchaînements : injustice/prison/vengeance–entreprend de battre l’adversaire sur son propre terrain et donc apprentissage/compréhension du milieu des affaires/et rapprochement avec une parente du rival). J’adore Story of a man, mais heureusement les comparaisons s’arrêtent là tout particulièrement en terme d’ambiance. Ce qui m’a frappé dans Empire of Gold, et que tu soulignes très bien, c’est la noirceur ambiante et l’absence de toute approche manichéenne (et à ce titre, dès les scènes d’ouverture choc, ce parti pris transparaît clairement). Les rivalités donnent de sacrés numéros de duettistes. Chaque personnage semble comme réduit à des calculs suivant son propre intérêt. C’est très désensibilisé, et c’est justement pour cela que c’est happant (et au fond peu importe de comprendre les questions immobilières, on retient que ce sont des jeux d’argent comme les autres !). Je sens un potentiel coup de coeur personnel, parce que c’est vraiment un genre que j’aime, mais il est encore trop tôt. Ne nous emballons pas.

    En tout cas, j’ai remonté The Chaser sur ma liste de dramas à rattraper !

    Sinon, j’enchaîne un petit HS puisque vous en parlez avec luci8le : j’ai regardé les 2 premiers épisodes de Queen’s Classroom il y a deux semaines, et j’ai trouvé ça très marquant & fort, mais peut-être trop pour moi justement (je suis sensible à certains thèmes, et les dynamiques mises en scène ne m’ont pas laissé indifférente). Cela a suscité chez moi un profond malaise – en soi, c’est bien de prendre ainsi aux tripes un téléspectateur -, sauf que je ne suis pas sûre de vouloir poursuivre plus avant. Il faut que je m’arme de courage ! :)

    • Oui, Empire of Gold a sa propre identité et les ressemblances avec Story of a Man ne vont pas très loin. Globalement, je trouve Empire of Gold beaucoup plus sombre et beaucoup plus grinçant que celui-ci, en grande partie parce que Tae Joo n’a pas le quart de l’idéalisme (sympathique) de Shin. J’adore l’ambiance et le ton du drama mais je me demande si cette écriture et cette exécution si désensibilisées pourront fonctionner sur le long terme. Pour le moment, ça fonctionne très bien, et je suis plutôt séduite MAIS ne prenons rien pour acquis, tu as raison!

      Pour Queen’s Classroom, je dois avouer que j’ai eu du mal à encaisser les deux premiers épisodes également. C’est un drama étonnamment lourd et psychologiquement violent, je comprends tout à fait ton sentiment de profond malaise devant les thèmes et les dynamiques mises en scène. Mais malgré la noirceur et la dureté générales, il n’est pas entièrement dépourvu de moments plus légers. Les enfants restent des enfants, avec leurs maigres consolations et leurs (brefs) moments de félicité. Et puis, je dois avouer que ça fait du bien de voir un drama traitant de ce genre de thème avec maturité, réalisme presque choquant et sans excessifs bons sentiments et pathos à tire-larigot. On nous amène à compatir, à admirer ces enfants sans nous y forcer. Cela s’impose naturellement, comme une évidence. Et c’est rafraichissant. C’est un drama pour maso (donc pour moi, *insérer un rire jaune*), il sait appuyer pile là où ça fait mal, même 9 épisodes plus tard, donc je peux très bien saisir pourquoi on peut ne pas se sentir d’attaque pour le regarder! Mais si un jour tu t’y mets, je serais bien curieuse de savoir ce que tu en penses! :)

      Merci pour ton passage Livia!

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