RDG – Red Data Girl : La fille en voie de disparition (Premières Impressions)

Je n’arrête pas de changer de format d’article pour présenter les animes que je regarde ou qui m’intéressent, mais j’ai finalement décidé d’aligner le processus sur celui que nous suivons pour les dramas. Ça me permet de parler des animes que je ne regarderai pas forcément en entier, et surtout de consacrer une article exclusivement à tel anime au lieu de les mettre en vrac ensemble.

C’est complètement nouveau pour moi d’écrire autant sur un anime et je suis loin d’avoir l’expérience suffisante pour aborder les questions de qualité de l’animation, de talent des Seiyuus et je ne connais que de loin les noms des grands scénaristes, directeurs artistiques, etc (surtout que la composition du staff d’un anime n’a pas grand chose à voire avec celui d’un drama), et je m’excuse d’avance des limites de ma connaissance (et c’est pour ça que je ne noterai pas en détail les éléments particuliers). Sur ce voilà Red Data Girl, qui a décidé de sortir avant tous les autres  à mon grand plaisir. Le système de notation se colle aussi sur celui des Kdramas, mais forcément  on mettra des sushis à la place du kimchi ;)

Les images viennent des sites Anime Aura et Tenka Seiha

30

Lorsque nous faisons sa connaissance, Izumiko est ce qu’on pourrait appeler un désastre ambulant. Quasiment tous les appareils électroniques qui passent entre ses mains deviennent hors d’usage après avoir été possédés par une sorte de pouvoir que la jeune fille ne contrôle pas (ou Izumiko est possédée par l’appareil, ou les deux. A ce stade-là ce n’est pas très clair). Non seulement elle se retrouve exclue de sa génération qui utilise les appareils électroniques pour garder contact, mais elle a été élevée dans un lieu sacré, en fait un trou paumé dans la forêt sans réel voisinage et loin de la civilisation. Enfin pour ne rien arranger Izumiko est excessivement craintive, effacée et constamment plongée dans ses pensées, et elle est un peu considérée comme une paria dans son lycée même si elle a deux amies fidèles qui la protègent.

En fait j’irai même plus loin que « craintive » pour qualifier Izumiko, et j’ai envie de dire dépressive. Elle présente tous les signes d’une mélancolie précoce, et ce apparemment depuis toute petite. Un jour elle reçoit la visite de son tuteur Yukimasa et de son fils Miyuki Sagara avec qui elle partage des (mauvais) souvenirs d’enfance. Yukimasa considère la jeune fille comme spéciale, et pense que le temps est venu pour elle d’intégrer un lycée à Tokyo avec son fils pour protecteur. Izumiko est réticente et le jeune homme n’est pas du tout d’accord et tient à sa liberté, mais son père le force à intégrer la même école provinciale qu’ Izumiko en attendant de les convaincre de déménager. 

Lors d’un voyage scolaire à Tokyo les deux jeunes gens décident d’aller voir la mère d’Izumiko, mais cette dernière ne tarde pas à provoquer d’autres catastrophes techniques. Ils passent la nuit avec Yukimasa qui vient à leur secours, et Sagara assiste à la toute première possession d’Izumiko par la déesse qui a décidé de l’habiter. Elle dit que ce corps est le dernier qu’elle habitera, faisant de notre héroïne une « Red Data Girl », c’est-à-dire une fille en voie de disparition, la dernière humaine capable d’accueillir une déité dans son corps et par conséquent extrêmement convoitée par beaucoup de gens. Elle aura besoin d’une protection spirituelle musclée, mais Sagara est-il à la hauteur de la mission ?

Pour l’instant l’anime reste mystérieux. Nous ne savons pas grand-chose des pouvoirs des jeunes gens ni de leurs potentiels ennemis, et il y a toute cette histoire de technologie possédée qui donne lieu à des scènes très intrigantes (Izumiko se retrouve comme coupée du monde extérieure et dans une sorte de liquide comateux quand elle entre en contact avec par exemple un ordinateur). Ces deux premiers épisodes ne sont pas franchement impressionnants, l’animation est superbe mais finalement il ne se passe pas grand chose de dangereux (j’attendais une confrontation à la fin du second épisode, mais c’est repoussé à plus tard) et nous n’avons pas tellement d’informations sur la suite. Ce qui m’inquiète c’est que l’anime ne compte que 12 épisodes, et ça me paraît dix fois trop court pour adapter une série de romans en six volumes. Il semble aussi qu’il y a beaucoup de personnages secondaires à présenter et j’espère que RDG ne fera pas comme Inu X Boku SS, c’est-à-dire un épisode = un nouveau personnage avec tout le filler inutile qui en découle. 

 3

Ce qui m’a accroché principalement c’est l’ambiance délicate et éthérée, le design des personnages (il faut avouer que l’anime a une belle série de bishonens, visibles dans le superbe générique d’ouverture), et surtout la promesse de ce qui va suivre : romances, amitiés, grandes découvertes, aventures. Pour l’instant je retiens principalement un problème de psychologie des personnages. En fait la première chose qui m’a frappée c’est la manière de l’anime de survoler complètement ses héros. Par exemple la première chose qu’on apprend de notre héroïne c’est qu’elle veut changer, volonté symbolisée par son geste de couper ses cheveux pour se faire une frange (rébeeellionnnn !) mais dans le second épisode cette problématique disparaît complètement.

Est-ce un défaut d’écriture ? Je ne suis pas certaine. Il se peut que le premier roman soit écrit comme ça dans les premiers chapitres et choisisse de garder une distance un peu froide. Il faudrait savoir ça a été écrit du point de vue d’Izumiko ou de Sagara (auquel cas le côté impersonnel de l’anime est difficile à pardonner) ou si ça a  été écrit d’un point de vue externe, ce qui pourrait expliquer ce manque. En tout cas ce n’est pas excessivement dérangeant puisque même s’ils n’ont pas beaucoup d’épaisseur, les deux jeunes gens fonctionnent bien en duo. Et comme c’est le nœud de l’intrigue, cette relation déesse/serviteur, l’essentiel est là. En fait cet anime me rappelle un peu Ayashi No Ceres : une relation tripartite entre une jeune fille, la déité charismatique qui la possède et son serviteur –guerrier. C’est un peu l’équivalent du complexe du super-héros au féminin, est-ce que tu aimes la belle femme puissante en moi ou la jeune fille maladroite ? Sauf que c’est encore plus cruel puisque la déesse n’est pas une facette de l’héroïne, mais une entité indépendante qui vient lui prendre son corps et finalement des bouts de sa vie (dont elle n’a ensuite aucun souvenir). Il y a aussi toute la question de l’amour interdit puisque bien sûr le serviteur n’est pas le partenaire de sa maîtresse, juste quelqu’un qu’elle doit utiliser sans s’investir sentimentalement.

On peut aussi prendre les choses différemment et considérer que ce problème va fonctionner comme une sorte de tremplin, de base pour donner une marge d’évolution aux personnages. De l’autre côté nous avons Sagara, et dans son cas c’est plus le manque d’informations qui limite l’empathie que l’on peut ressentir pour lui. D’abord on ne le voit pas tellement, et ensuite mis à part le fait qu’il a une relation conflictuelle avec son père, qu’il aime le tir à l’arc traditionnel Japonais et que l’attitude d’Izumiko l’agace plus qu’autre chose, nous ne savons rien de lui. 

Le manque de complexité des héros peut donc soit desservir l’anime ou le servir. Tout va dépendre de leur capacité à rendre poignante leur relation. Si c’est un succès il n’est aucunement besoin de leur donner des personnalités plus intrigantes (après tout on sait que l’histoire éternelle de l’amour interdit n’a pas besoin de jeunes gens particulièrement originaux pour marcher, les grands mythes reposent d’ailleurs sur de complets clichés). Pour l’instant je trouve qu’on est bien parti puisqu’on n’a qu’une hâte : en savoir plus sur la nature d’Izumiko, sur le fonctionnement de la « protection » de Sagara et sur les gens qui la convoitent.

Verdict : Good Sushi – Au final je ne suis pas encore convaincue, mais je suis séduite et j’ai très envie d’en savoir plus, ce qui est en soi la marque d’une réussite de l’anime. Je ne pense pas qu’il sera très populaire auprès du public majoritairement masculin sur le net (j’ai surtout lu qu’ils trouvaient ça ennuyeux et un peu trop reverse-harem à leur goût) mais par contre je pense que ça peut plaire à celles (et ceux ?) qui apprécient les adaptations de shojos et les animes sans fanservice, plus centrés sur l’évolution des sentiment et l’ambiance mystérieuse que sur le côté spectaculaire. Bien sûr cela ne pourra fonctionner que s’ils parviennent à insuffler plus d’énergie à Izumiko, mais je pense que c’est justement l’un des points essentiels du scénario. Un anime « à potentiel » donc, reste à savoir si ils parviendront à l’exploiter !

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s