Soredemo, Ikite Yuku – Épisode 2 : Les Fleurs du Mal

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Si le premier épisode était plutôt une fenêtre sur la vie et la manière dont la famille (éclatée) d’Hiroki a fait face au décès de leur petite dernière, le zoom est à présent sur la famille de Futaba, et plus précisément sur Futaba elle-même, sur ses espoirs, ses désirs, ses peurs et ses dénis. 

RÉCAP’

Retour au moment où Futaba avoue alors la vérité à Hiroki : elle est la jeune sœur de Misaki, le meurtrier. Trop abasourdi, Hiroki enregistre avec peine cette information. Elle le suit jusqu’à sa voiture pour lui rappeler qu’il avait l’habitude de venir chez elle avant, et qu’il mangeait même souvent avec elle.

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Elle évoque un léger incident, mais Hiroki ne l’écoute déjà plus. Il l’interrompt pour lui demander si elle sait où est Fumiya en ce moment. Rapidement, elle lui répond que non, que sa famille n’a eu aucun contact avec lui après qu’il ait été arrêté. Avec des sanglots dans la gorge, elle avoue que c’était la première fois qu’elle revoyait son frère aujourd’hui. Hiroki laisse éclater sa colère : pourquoi n’a-t-elle jamais essayé de retrouver Fumiya alors qu’il pourrait très bien récidiver? « Peut être même d’ailleurs que c’est déjà fait » ajoute-t-il.

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Cette insinuation choque Futaba, mais elle ne peut pas dire grand chose pour la défense de son grand frère. Elle lui demande s’il avait vraiment l’intention de le tuer. « Oui, si tu n’étais pas intervenue pour le protéger » lui répond-il franchement. Elle tente de justifier sa réaction, mais il ne veut rien entendre : « Nous sommes ennemis de toute manière ». Et il lui tourne le dos. Avant qu’il s’en aille, Futaba écrit rapidement son numéro sur une feuille de papier qu’elle jette avec hâte dans la voiture d’Hiroki.

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La famille de Futaba déménage, sans doute pour la énième fois. En passant par une rue familière, Futaba se rappelle de cet été où tout a basculé. Elle se revoit en train de marcher avec une amie, lui disant fièrement que sa grand-mère lui a acheté un joli yukata pour le festival d’été.

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Son amie lui rappelle que le festival risque d’être annulé et pointe du regard les hélicoptères flottant au-dessus de leur tête ainsi que les caméras qui sont un peu partout à interviewer les habitants. Futaba déclare gravement que si le festival est annulé, alors le criminel mérite la peine de mort. En arrivant chez elle, elle voit son frère se faire embarquer par la police, sans comprendre.

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En entrant dans la maison, elle voit sa mère, enceinte d’Akari, complètement abattue sur le canapé, et son père, les épaules voutées en train de répondre aux questions de l’enquêteur. Elle a beau leur demander tour à tour où est son frère et s’il va revenir, elle ne récolte aucune réponse. Une voix triomphante résonne à l’étage : ils ont trouvé l’arme!

Alors que la petite famille s’installe dans leur nouvelle habitation, un policier passe pour leur donner un avis de recherche : une petite fille est portée disparue, on craint un kidnapping. Cela évoque des souvenirs douloureux pour la famille qui reste silencieuse, comme si elle était à jamais poursuivie par la malédiction, où qu’elle aille.

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Épisode 2 : Les sentiments réprimés 

À la fin de la cérémonie d’enterrement, Hiroki est rejoint par son petite frère Kohei. Celui-ci lui fait savoir que son beau-père lui a demandé de lui dire de passer à la maison sur le chemin du retour. On apprend que la mère, Kyoko, n’est pas venue à la cérémonie, et Hiroki explique à Kohei qu’il vient de rencontrer le garçon A, Misaki Fumiya. Shouhei s’étonne, n’est-il pas censé être en prison? Il demande immédiatement à ce qu’Hiroki garde cette information pour lui et de ne pas le dire à leur mère.

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Dans leur nouvelle maison, Futaba examine attentivement la photo qu’on aurait prise du kidnappeur et de l’enfant. C’est une photo en noir et blanc, prise de loin, aussi est-il impossible de distinguer aucun trait. Lorsque son père fait irruption dans la pièce, cherchant ses lunettes, Futaba cache prestement l’article de journal et l’avis de recherche.

Elle se met à chercher les lunettes avec lui et lui demande quand est-ce qu’il a rencontré « les autres » pour la dernière fois. Lorsqu’il comprend qu’elle parle de « l’autre famille », celle de la petite Aki, Shunsuke se raidit imperceptiblement. Il répond qu’il ne les a jamais rencontrés depuis. Et elle? « Non, bien sûr que non », s’empresse-t-elle de répondre, en baissant les yeux.

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Elle ajoute qu’ils risquent cependant de les croiser, car ils n’habitent pas très loin de chez eux. Le père lui dit simplement qu’il n’y aura qu’à faire comme si ils ne les connaissaient pas et passer sans les voir. Futaba se demande s’il ne serait pas possible que les deux familles se parlent, ainsi, peut être qu’ils comprendront leur point de vue également, et qu’ils pardonneront. Mais son père n’entretient pas de pensées aussi optimistes : « Désolé. Nous ne pouvons pas l’espérer. Rien de ce que la famille d’un meurtrier dira ne pourra se faire comprendre ».

Avant qu’il quitte la pièce, Futaba lui demande ce qu’il ferait si « Onii-chan » rentrait à la maison. Silence. Futaba rit pour faire dissiper le malaise : « Nous n’avons pas de place de toute façon, hein? Je plaisante, je plaisante. » Mais le père lui, ne trouve pas ça drôle, pas du tout.

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Chez la nouvelle famille de Kyoko, Hiroki fait son entrée. Sa mère le regarde inconfortablement tandis qu’il s’installe à table avec les cendres de feu son père. Durant le repas, le beau-père de Kohei propose à Hiroki une place dans sa compagnie. Ce dernier refuse, ayant pour ambition de reprendre la boutique de son défunt père.

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Par ailleurs, il se fiche pas mal du revenu et de l’argent car, en regardant Kyoko droit dans les yeux, il dit : « Père s’est excusé avant de mourir. Il regrette toutes les choses horribles qu’il t’a dites. » Kyoko le regarde, impassible, et l’interrompt pour aller chercher du vin. Hiroki continue cependant, lui demandant de ne pas en vouloir à son ex-mari : si elle veut en vouloir à quelqu’un, ce devrait être celui qui a tué Aki.

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N’y tenant plus, il avoue que Fumiya est toujours en vie. Il commence à lui demander si elle ne voudrait pas savoir quel genre de vie il mène, elle aussi, mais il est cette fois interrompu par le beau-père de Kohei. En regardant la famille, Hiroki se rend compte qu’il n’est qu’un intrus. Il se lève, s’incline en s’excusant, et se dirige vers la porte.

Dehors, il est rejoint par son petit frère. Celui-ci l’informe qu’à Noël, un an après la mort d’Aki, lui et Kyoko sont allés faire des courses et, sur le chemin du retour, ils ont vu le père, la mère et la jeune sœur du meurtrier acheter un gâteau de Noël dans une pâtisserie. Kohei lui dit qu’à ce moment-là, il a été pris d’une rage indicible, tout comme Hiroki. Il cite ensuite un personnage du manga One Piece, Junbei : « Ne fais pas l’inventaire de ce que tu as perdu, pense seulement à ce qu’il te reste au moment présent ».

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Kyoko arrive ensuite pour donner quelques plats à emporter pour Hiroki. Il lui demande alors si elle se souvient d’avoir vu la famille du meurtrier acheter un cadeau. Elle répond que non, et ricane lorsqu’elle entend son fils lui dire que son père n’a jamais oublié et qu’il a toujours voulu se venger. Une fois seul, il retrouve dans sa voiture le papier sur lequel est inscrit le numéro de Futaba.

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Cette dernière est d’ailleurs en pleine conversation avec sa jeune sœur qui prépare sa rentrée scolaire avec excitation. Akari demande à Futaba pourquoi elle ne se maquille jamais et cette dernière répond dans un sourire que c’est parce qu’elle n’en a pas l’occasion. « C’est parce que tu ne te maquille jamais que tu ne crées aucune occasion » rectifie sa jeune sœur.

Elle poursuit qu’elle ne deviendra pas comme elle : elle choisira la manière dont elle vivra sa vie, pas comme Futaba, dont la vie a été déterminée par son grand frère. Dans la cuisine, les deux parents s’inquiètent pour Akari et partagent leur soulagement que ce soit Futaba l’aînée car Akari n’aurait jamais pu supporter leur mode de vie à ce moment-là. Futaba observe le rouge à lèvres de sa sœur, avec le bruit des hélicoptères au-dessus de sa tête, lorsque tout à coup, son téléphone vibre. Hiroki?

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Le lendemain, à la ferme des Kusami, on demande à Fumiya (maintenant Kenji), où il était la veille. Maki, la jeune mère divorcée, remarque alors une plaie sur la main de Kenji. Pleine d’inquiétude, elle le soigne, sous les yeux autrement inquiets de Goro, son père. Futaba pour sa part, arrive prudemment à boutique d’Hiroki.

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Il sourit timidement lorsqu’il la voit, tente de faire la discussion, mais le silence retombe bien vite. Elle s’aperçoit qu’il est dans ses calculs et se précipite pour l’aider. Malheureusement, elle accumule maladresse sur maladresse, et finit par renverser le contenu de son sac par terre. Hiroki trouve avec surprise le rouge à lèvres et Futaba pointe immédiatement qu’il s’agit de celui de sa sœur. Il sourit légèrement : « Je n’aurais jamais pensé que…quelqu’un de la famille de l’assaillant porterait du rouge à lèvres. »

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L’air de rien, il lui demande si elle a des nouvelles de son frère. De façon hilarante, elle panique et répète trois fois avec énergie que non. Cette réaction fait une nouvelle fois sourire Hiroki, jusqu’à ce qu’elle sorte de son sac le journal avec l’article sur la disparition de la petite fille, qui se trouve être à côté de la montagne Mikazuki…À la télé aussi, on parle de cette affaire. Hiroki murmure qu’il sait ce que la famille de la petite doit ressentir à ce moment précis. Il conclut que si le criminel derrière cet enlèvement est Fumiya…alors la petite est peut être aussi dans le lac de la montagne.

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Cela lui vaut un regard de vive interrogation de la part de Futaba qui, doucement, lui propose d’aller vérifier. À la montagne Mikazuki. Au travail, Shunsuke reçoit un appel de sa femme. Il rentre en hâte à la maison pour confirmer ce qu’elle vient de lui dire : ils reçoivent toutes les demi-heures des appels anonymes. Hiroki et Futaba sont en route vers la montagne et elle remarque qu’aujourd’hui aussi, il a amené son couteau. Ça me fait sourire presque malgré moi.

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Il lui demande alors pourquoi Fumiya a tué sa sœur. Ne devrait-elle pas le savoir, elle qui est sa sœur? Futaba commence à dire que son frère était quelqu’un de très gentil, ce qu’Hiroki est peu enclin à croire, et on ne peut pas le blâmer pour ça. Curieux, il lui demande ce qu’elle a ressenti lorsqu’elle a appris le meurtre.

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Futaba commence alors à raconte : comment son esprit est resté vide après la nouvelle, comment la première chose à laquelle elle a pensé était qu’elle devait préparer le repas du soir. Le débit de son récit s’accélère tandis qu’elle narre les évènements qui ont suivi. : le coup de téléphone et l’annonce que son frère avait avoué son crime. Après ça, elle est partie vivre avec ses grands-parents à Odawara, où elle est restée un certain temps, jusqu’à ce que son père apparaisse à la télé, avec son visage en mosaïque.

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Ce que j’aime par-dessus tout dans cette scène? Hiroki qui ne lâche pas une seconde Futaba des yeux. Celle-ci se tourne alors vers Hiroki et trébuche sur une branche, ce qui interrompt son récit. Elle tombe sur les fesses à quelques pas de lui. Il s’approche d’elle, et lui tend la main…qu’elle s’apprête à saisir, mais elle ne le fait pas. Il recule et la laisse se relever toute seule.

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Ils continuent à marcher en silence jusqu’à ce que Futaba lui demande tout à coup si il aime les chats. Elle explique que lorsqu’elle était à la maternelle, son frère et elle avaient l’habitude de jouer près de la rivière sur laquelle flottaient des cartons. Sur l’un d’entre eux  se tenaient des chatons. Son grand frère s’est jeté dans l’eau pour les sauver mais une fois sur la rive, il n’y avait plus qu’un seul chaton d’en vie. Ils ont couru chez le vétérinaire, mais le petit chat est mort sur la route.

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Elle se rappelle alors du visage ravagé de son frère et des larmes qu’il a versées pendant une semaine en refusant de manger. Elle répète que son frère était vraiment une personne gentille et ces souvenirs ramènent un sourire enfantin sur le visage de Futaba. Hiroki le remarque également et elle poursuit, moins assurée, qu’elle a reçu, une seule fois seulement, une lettre de son frère, adressée à elle et non à ses parents. Ce qu’il avait écrit? Une seule ligne : Je suis désolé que le festival d’été ait été annulé. C’est tout.

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En voyant le regard interrogateur d’Hiroki, Futaba explique qu’avant l’été, on lui avait offert un yukata et son frère savait à quel point elle était impatiente d’aller au festival avec. Le ton léger et attendri de Futaba frustre Hiroki. Il lui rappelle : « Encore maintenant, tu aimes encore beaucoup ton frère n’est-ce pas? Il a frappé la tête d’une petite fille de 7 ans un nombre de fois incalculable avec un marteau, l’a trainée puis jetée dans le lac comme si elle n’était qu’un objet! Il l’a laissée derrière dans cette eau froide. Il a commis cet affreux homicide… »

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La fidélité et l’amour de Futaba éclatent alors dans son déni le plus splendide : « Ce n’est pas vrai! » « Qu’est-ce qui n’est pas vrai? » lui répond immédiatement Hiroki en proie à une agitation de plus en plus difficile à contenir. La tête baissée, Futaba explique qu’il pourrait peut être y avoir erreur sur la personne, après tout, ce sont des choses qui arrivent. Peut être que ce n’est pas lui, parce qu’il ne peut pas avoir fait une chose pareille. Hiroki est choqué de l’entendre dire ça et la pousse à terre.

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En criant, il lui demande si le gâteau de Noël était bon, lui rappelant que pour sa famille, il n’y a eu aucun Noël, aucun Nouval An, aucun festivals, aucun anniversaire, rien! « Les personnes qui ont souffert ne peuvent pas oublier, mais celles qui sont responsables de cette souffrance, si, n’est-ce pas? » Il se jette ensuite sur elle, portant ses mains à la gorge de Futaba, qui ne se débat pas.

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Il réalise tout à coup ce qu’il est en train de faire et retire ses mains. Futaba elle, l’invite à aller jusqu’au bout. Elle comprend, sa famille comprend, parce que tout le Japon leur a dit qu’elle devrait se tuer pour se faire pardonner : « Je ne veux pas mourir, mais…je ne veux pas vivre non plus. Je ne dirais à personne que c’est toi qui m’a tuée. Ou plutôt…comment pourrais-je le dire si je suis déjà morte?» et elle se met à rire avec frénésie.

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À ses côtés, Hiroki frappe le sol avec impuissance et, avant qu’il s’en aille, elle lui dit qu’elle n’a pas mangé de gâteau : ce qu’il a vu était sans doute le moment où sa famille est allée rendre le gâteau et non pas l’acheter. Hiroki reste silencieux et s’éloigne après un instant de pause, laissant Futuba seule, allongée sous la pluie. Une fois chez lui, il allume la télé puis appelle Futaba pour lui transmettre la nouvelle : la fillette disparue a été retrouvée et que ce n’était pas l’œuvre de Fumiya, elle était simplement avec son père. Aww.

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À la ferme, Goro demande à Kenji ce qu’il pense de Maki, son « idiote de fille ». Il lui confie qu’il a toujours eu l’habitude d’engager des anciens détenus, sans doute parce que lui-même n’a pas toujours mené une vie droite, mais qu’il a beaucoup hésité avant de l’engager, lui. Il précise qu’aujourd’hui c’est différent au point de se demander si c’est vraiment lui le coupable mais…lorsqu’il s’agit de sa fille, il ne peut pas s’empêcher de s’inquiéter.

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Le vieil homme s’excuse en croisant le regard impavide de Kenji. Ce dernier lui dit cependant qu’il peut rester tranquille : il n’aimera ni ne se laissera plus aimer par personne pour le restant de sa vie. À la maison de Futaba, Akari emprunte du papier à lettre à sa sœur…et tombe sur deux enveloppes adressées à Fumiya qui ont été renvoyées à l’expéditeur, Futaba.

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Toujours sous la pluie, Futaba continue son chemin vers le lac, la tête pleine de souvenirs, en particulier de ce jour où son frère, allongé dans son lit en pleine après-midi, le corps tourné vers le mur, refuse de manger la soupe qu’elle lui a apporté. La jeune Futaba lui fait la conversation, pointant avec enthousiasme le yukata qu’elle va porter pour le festival. Pour toute réponse, il se tourne sur le dos, fixant le plafond. Elle remarque alors par terre un sachet de graines de coquelicots…

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Futaba adulte arrive enfin à destination et s’immobilise. Là-bas, il y a un tapis de coquelicots, comme pour fleurir la tombe de la petite assassinée quinze ans plus tôt. Futaba marche au milieu de ce champ de fleurs, les jambes molles, les sanglots lui montant dans la gorge. Ses jambes finissent par lâcher tandis que son regard hagard autour d’elle réalise dans un éclair de lucidité l’insupportable vérité que ces fleurs portent en elle.

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Le désespoir de Futaba me fend le cœur d’autant plus qu’en même temps, en voix-off on entend le contenu (mensongère) de ses lettres lues : « Grand-frère, comment vas-tu? Il a fait très chaud ces derniers jours, n’est-ce pas? Est-ce que tu manges correctement? Comment va ta santé? Moi je vais bien, bien sûr. Tous les jours je prends le métro pour aller travailler. Je travaille dans une de ces compagnies qui fabriquent ces machines qui donnent au conducteur des informations sur la route, je suis maintenant une employée de bureau accomplie. Je suis devenue experte dans l’art du maquillage et les tailleurs me vont bien également. Je t’ai joint une photo de moi pour que tu puisses voir.

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C’est un métier qui vaut le coup et j’ai aussi gagné la confiance de mes supérieurs. Je m’entends bien avec mes collègues et je suis en bons termes avec mes amis du collège et du lycée. On va souvent manger ensemble et ils me disent qu’ils aiment ma compagnie. À ce moment, je leur réponds toujours la même chose : mon grand frère m’adore et nous sommes très similaires. Papa et Maman sont tous les deux en bonne santé. Papa travaille toujours à l’usine d’horloges, cette année, il est devenu chef de département. Maman a amélioré son talent du patchwork afin qu’elle puisse l’apprendre à ses étudiants maintenant.

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Et enfin, notre sœur Akari, elle t’aime beaucoup. Tu te demandes comment ça se fait puisqu’elle ne t’a jamais rencontré? C’est parce que je lui parle de toi tous les jours. Tout le monde attend que tu reviennes à la maison. Jusqu’à ce que tu reviennes et dise : « Je suis rentré », je t’attendrais. Ne t’inquiète pas, reviens juste rapidement à la maison s’il te plaît. Je t’attendrai. Même aujourd’hui, je suis persuadée que tu es innocent. PS : Est-ce qu’il y a des fenêtres où tu es? Lorsque ça ne va pas, tu peux regarder le soleil dans le ciel. C’est ce que je fais tout le temps car ainsi je reprends suffisamment espoir pour pouvoir continuer à vivre. »

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La pluie a cessé, et Hiroki retrouve Futaba à genoux dans les coquelicots, encore en train de sangloter. Je suis sûre que si elle avait pu s’enterrer six pieds sous ces fleurs témoins de la culpabilité de son frère, elle le ferait. Elle confie à Hiroki alors ce qu’elle vient de comprendre : son frère est bel et bien coupable car, lorsque les chatons se sont noyés, son frère et elle avaient planté des coquelicots sur leur tombe.

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Elle s’incline en s’excusant à l’infini, incapable de maîtriser ses larmes. Hiroki l’interrompt, ne voulant pas de ses excuses. Le doute est désormais semé dans l’esprit de Futaba qui lui dit qu’il est peut être devenu un serial killer et qu’il est possible qu’il recommence à tuer des gens. Elle le sait, elle le sait…parce qu’un jour, il a essayé de la tuer, elle. Hiiiii. « Si j’étais morte à ce moment-là, peut être qu’Aki aurait été épargnée ».

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On retrouve ensuite Kenji en train de réparée le vélo de la petite Yuri et Maki vient tourner autour de lui. Elle est clairement intéressée et tente de le toucher mais il la stoppe dans son élan, la prévenant : « c’est dangereux ». Elle ne semble pas comprendre et l’attire vers elle pour lui voler un baiser. Violemment, il la repousse et elle tombe sur les fesses. Il s’éloigne rapidement disparaît dans l’obscurité, sans un regard pour elle.

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Hiroki propose à Futaba d’aller au festival ensemble et les deux maigres silhouettes marchent côte à côte, discutant de tout et de rien, avec la maladresse qui les caractérise et qu’on aime tant. Il avoue qu’il aurait préféré la détester, seulement…elle ne semble pas du tout être le genre de personne qu’il peut détester . Aw.

Puis il change brusquement de sujet (non sans l’en aviser au préalable ce qui est quand même hilarant) et lui demande si elle a regardé la coupe de monde de foot. Elle ne semble pas être une experte mais Hiroki ne lui en tient pas rigueur et poursuit : un des joueurs a marqué un but avec un coup franc, et à ce moment là il y a eu ce sentiment de « on l’a fait! » qui a parcouru tout le Japon…Est-ce qu’elle s’est sentie concernée par ce sentiment nationalement partagé? Non. Et lui non plus. Haha.

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Il en arrive enfin à là où il voulait en venir : « C’est dans ce genre de choses que nous nous ressemblons. Il n’y a pas beaucoup de différences, même si nous ne faisons pas partie du même camp. Nous…(Hiroki s’avance dans la foule, se mêlant aux yukatas et sourires joyeux des passants, Futaba le suit, incertaine)…À partir de maintenant, est-ce que nous le ferons? (Futaba et Kaa : faire quoi?) Serons-nous capable de penser : « Nous l’avons fait! » et faire des signes d’encouragements? »

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Futaba rit timidement et les deux lèvent les bras au-dessus de la tête, les poings fermés, partageant sourire et regard complices. Mais le sourire d’Hiroki est de courte durée tandis que son regard s’arrête sur sa mère en yukata. 

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COMMENTAIRES

Whoa. Que d’émotions. Je ne sais pas comment le drama peut faire ça, mais en même temps qu’une infinie tristesse vogue dans l’atmosphère, les scènes sont dénuées d’excès, ce qui leur confère cette impression d’intimité, qui nous place quelque part dans la place du voyeur.

La douleur est tellement nue qu’on est presque gêné à notre tour de la regarder et de l’observer. La violence n’est pas dans les mots, à peine dans les gestes. Elle est dans le silence, dans ce qui n’est pas dit. La magnifique, mais terrible, scène de Futaba au milieu des coquelicots rouge sang, sous la pluie, tandis que sa famille lit les mots qu’elle a adressés à son frère est un frappant exemple de ce qu’une réalisation, alliée à un bon scénario et à un bon casting, peut faire. Rendre à la perfection ce moment où les minces espoirs qu’elle entretenait sur la possible innocence de son frère tombent en miette, ce moment, où Futaba ne peut plus rien faire d’autre que pleurer, ce moment où la famille de Futaba ne peut que lire sans se parler, sans se concerter du regard, les lettres qui parlent de chacun d’entre eux, et évoquent ce qui aurait pu être la réalité si Fumiya n’avait pas été un assassin.

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Par ailleurs : j’aime toutes les scènes entre Futaba et Hiroki. Toutes. Elles sont magiques dans leur simplicité, pleines de trous, d’hésitations, de silences et pourtant. Pourtant, ils ne pourraient pas mieux se comprendre, ils sont comme deux âmes en peine qui ont enfin trouvé leur alter ego en l’autre, un alter ego qui cependant n’aurait pas dû être. Ils ne devraient pas se fréquenter, tous les deux le savent.  Les personnages et la profondeur de leur psychologie sont la force motrice du drama. « Tu es mon ennemie », lui dit Hiroki au début de l’épisode. Pourtant, c’est une ennemie à qui il n’hésite pas à tendre la main lorsqu’elle tombe, une ennemie qu’il ne peut pas haïr, même s’il essayait. Il semble avoir assimilé le fait qu’elle appartienne à la famille du meurtrier de sa soeur, et j’ai aimé le fait qu’il ne fasse aucun jugement sur Futaba et ne la mette pas de côté.

Au contraire, il reconnaît presque sereinement qu’elle est comme lui. Une victime, et quelqu’un qui souffre. Leur camaraderie fait chaud au coeur, d’une part parce qu’on sait qu’elle n’aurait pas dû avoir lieu, et d’autre part parce que leur sincérité crève l’écran. Encore trop prise par sa culpabilité et son auto-dévalorisation, Futaba, elle, considère qu’elle n’est pas digne de prendre la main que lui tend Hiroki. C’est bien sûr un moment symbolique et sans nul doute qu’il reviendra plus tard dans le drama. À cet épisode, elle a besoin d’aide et veut terriblement prendre sa main, ce serait si tentant. Et en même temps, elle a trop de conscience pour le faire et, aussi peut être, trop l’habitude de devoir se relever toute seule. Et sa conscience lui dit : non, pas lui.

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Le frère de Futaba baigne dans le mystère le plus total. Il est soit complètement psychopathe (j’avoue qu’il me fait froid dans le dos) soit innocent (ce que je commence à penser, bien que restant sur mes gardes encore, il a quand même essayé de l’étrangler!) mais cachant un secret plus profond encore. Le doute sur l’identité du meurtrier d’Aki est très bien mené. Les personnages brouillent les pistes et jusqu’à présent, nous n’avons accès au passé que par les yeux d’un des personnages. Les faits ne se racontent pas d’eux-même, ce qui veut dire que chaque récit est empreint de subjectivité qui peut très bien occulter un pan de la vérité « objective ». Il y a donc plusieurs niveaux de compréhension et plusieurs interprétations possibles des faits et gestes dont nous sommes témoins. Et je trouve ça fascinant.

2 réflexions sur “Soredemo, Ikite Yuku – Épisode 2 : Les Fleurs du Mal

  1. Loved your comments!!
    It is like Futaba is sitting in the blood her brother shed, isn’t it? Like she’s wading through his crime and its that’s realization that bring her to her knees. This moment for Futaba is so world altering, I don’t know how she doesn’t come unhinged. Perhaps she was never truly convicted he was innocent? She just wanted to believe she was. I personally think she just needed a push to accept the possibility, for a field of poppies is by no means conclusive evidence. We already have all of that.
    I love your take on Hiroki’s use of the word « enemy. » Which reminds that most people don’t have real enemies. He and Futaba a normal people living normal lives, « enemy » definitely isn’t what they are, not that they should be considered allies. Though, in a warped way, that is their reality.
    Truth. I find this word interesting when thinking of this drama for I believe what permeates this drama isn’t truth but facts. I’m not sure anyone knows or really cares what the « truth » really is but instead, would rather deal with the facts– whether it pertains to the past or the present.

    • « It is like Futaba is sitting in the blood her brother shed, isn’t it? »
      That’s totally it!

      I so agree with your comment on the truth. There is indeed no « truth », only perhaps the one one wants to believe in because that is the only way to survive, to live, or to confront such a tragic event. I love that « truth » isn’t displayed as such in the show because what it underlines is that « a » truth doesn’t exist, only versions of truth and consequently truths in plural. Fumiya for example is seen by Hiroki as a violent and heartless killer, and no one can really deny that assertion, but the same person is seen by Futaba as lovely and loving brother, which also seems very true. Truth is then a somewhat relative thing…

      What I love above all is the will of the show to let the viewer make his own interpretations and own hypothesis. And thanks for commenting, I love discussing this dorama with you!

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