Nice Guy – Le gentil (?) petit diable (Bilan)

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Vivre est ce qu’il y a de plus rare au monde, la plupart des gens existent, c’est tout.

Oscar Wilde

Nice Guy a entamé une profonde descente dans mon intérêt avec sa deuxième partie. Les personnages et leurs choix n’exercaient plus chez moi la fascination qui m’avait conduite à poursuivre le drama dans ses débuts. Loin d’en faire l’éloge comme le meilleur drama de Lee Kyung Hee, comme beaucoup d’autres blogs – anglophones en général – le font, je me retrouve avec un goût beaucoup plus amer au point d’avoir dû me forcer pour regarder jusqu’au bout le drama.

Tout n’est pas à jeter bien sûr, et si j’ai continué la série malgré tout ce n’est pas uniquement par masochisme mais parce que chaque épisode avait un moment (même si de plus en plus minime) qui me rappelait pourquoi j’appréciais Nice Guy. Je ne reviendrais pas sur la première partie du drama vu que j’ai déjà dressé un bilan à mi-parcours, aussi je m’intéresserais davantage à la seconde moitié de la série, à partir de l’épisode 13 jusqu’à la fin.

Sur Ma Ru : le syndrome de la victime et la tentation du martyr

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J’aime la lenteur et la mélancolie de manière générale mais celles de Nice Guy a plus tendance à m’endormir qu’à me toucher. Et ici git le plus gros du problème : Nice Guy ne me touche pas. Je ne me sens pas connectée, émotionnellement, aux personnages, que ce soit Ma Ru, Jae Hee ou encore Eun Gi, qui est longtemps restée mon personnage préféré de la série. Je pensais que l’amnésie allait amener de nouveaux rapports de forces, de nouvelles tensions pour venir enrichir ce qui a déjà été fait. Hélas, non. Je regrette en fait qu’il y ait eu amnésie. Je pense que la série, sans ça, aurait été beaucoup plus intéressante au lieu de laisser libre cours au flottement, à la remise à zéro, et au piétinement. Le manque de nouvelles dynamiques rend le tout plutôt ennuyeux à regarder et la lenteur générale n’aide en rien l’affaire.

L’ironie derrière le titre « There is no such thing as nice guys » est très séduisante et fascinante si on l’entend de manière cynique. Dans les premiers épisodes je pensais vraiment que c’était ce vers quoi le drama allait, et ça me convenait entièrement, Ma Ru voguant délicieusement dans un entre-deux moral suffisamment nuancé pour être accrocheur. 

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Seulement, on se rend compte au fur et à mesure que la série avance que le titre « Nice Guy » n’est pas si cynique que ce que j’avais envie de penser. Et je ne souscris pas du tout à la définition du « gars bien » de Lee Kyung Hee. Si être quelqu’un de bien veut dire sacrifier constamment son bonheur personnel au profit du bonheur d’autrui, alors oui, Ma Ru correspond à cette description. Seulement pour moi, être quelqu’un de bien n’est pas être dans la négation de soi. Ma Ru est pour moi très loin d’être cet homme remarquable, admirable auquel le drama essaie de nous faire croire. 

Se sacrifier par amour, agir de manière totalement désintéresser par culpabilité, être une coquille vide, ne fait pas de toi quelqu’un de bien (et ironiquement, c’est parce qu’il s’est sacrifié par amour qu’il a basculé dans une zone d’ombre, une zone liminaire moralement discutable). Ça pourrait être fascinant si seulement le « héros » pouvait l’assumer autrement qu’en se désappréciant constamment. Il porte sa faute comme une croix, refusant toute aide extérieure et mettant systématiquement de côté toutes les occasions qu’il aurait pu saisir pour vivre enfin une autre vie, une vie heureuse.

Il n’y a rien de plus déprimant qu’un personnage principal qui n’aspire pas au bonheur, qui ne se donne aucune chance pour être heureux ou même, qui n’aspire même pas à vivre. Au lieu de ça, il se sent toujours victime du Destin (la vie ne l’a peut être pas aidé, mais hé mon bonhomme, le bonheur, ça se construit et surtout, ça se saisit) ou alors comme responsable du malheur des autres.

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Plus le drama avance, plus ma fascination pour le personnage s’est transformé en mépris puis finalement en indifférence la plus totale au fur et à mesure que Ma Ru se taillait sa pathétique étoffe de martyr. J’ai beau avoir essayé d’y adhérer, de lui trouver des circonstances atténuantes, en bout de ligne, le personnage m’a frustrée jusqu’au bout.. Ses dialogues m’ennuyaient à mourir, et je ne comprends pas comment on ait pu trouver la scène entre lui et Jae Hee dans l’épisode 19 « magnifique » parce que pour moi, Ma Ru est juste totalement à côté de la plaque, comme d’habitude, jouant son Noble Idiot (et oserais-je dire, narcissique) Ma Ru puissance quatorze mille.

Je ne pense pas qu’il ait « évolué » dans sa mentalité bien qu’enfin, à la moitié de l’épisode 19, après avoir donné pendant tout ce temps lui-même le fouet pour se faire battre, il envoie enfin à Jae Hee un : « Si tu veux mourir, meurs toute seule. Pourquoi devrais-je mourir, moi? Qu’ai-je fais de mal? Non, je vivrais. Il n’y a pas moyen que je meure« , et 19 épisodes trois quart pour enfin avoir droit à un : « Je suis heureux » (et nous reviendrons sur cet épisode final et son happy ending un peu plus loin). J’ai envie de dire : Ah bha, il était temps!

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Par ailleurs, la dynamique de Ma Ru avec Eun Gi n’a pas bougé d’un pouce depuis qu’elle l’a retrouvé. C’est toujours ce mélange de naïveté de la part de cette dernière et de paternalisme de la part de Ma Ru, qui ne peut jamais que lui répéter de retrouver ses souvenirs. Par conséquent, le lien amoureux auquel on essaie tant bien que mal de nous faire croire devient difficilement compréhensible, dans le sens premier du mot, dans la mesure où Ma Ru nous pointe constamment le déséquilibre de la relation.

Sur Joon Ha : ou le personnage le plus sous (ou mal)-exploité du drama

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S’il y a un seul homme « bien » de Nice Guy, c’est Park Joon Ha, le seul qui n’ait ni de sang sur les mains, ni un penchant immédiat pour le mensonge et le faux-semblant. Cela ne veut pas dire qu’il est 100% honnête en tout temps, mais je reste persuadée que les gens de manière générale n’ont pas toujours besoin de connaître toute la vérité et rien que la vérité et qu’il y a un temps pour tout.

J’admire Joon Ha dans sa constance, sa fidélité, et son irréprochable honnêteté envers les autres. Il n’est pas comme Ma Ru à endosser milles masques pour ne pas voir et assumer l’être qu’il est vraiment. Parce que c’est quelqu’un de vrai, qui sait faire marche arrière et laisser la place à son rival pour le bien de celle qu’il aime. Son affection pour Eun Gi est sincère, profonde et son respect pour elle est sans doute l’une des choses que j’ai le plus apprécié dans ce personnage.

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Certes, il décide un peu pour elle, surtout lorsqu’elle est encore amnésique, et on ne comprend pas très bien pourquoi il s’acharne à la voir reprendre les rênes de la compagnie, si ce n’est par fidélité et sentiment de devoir envers feu le père d’Eun Gi. Mais à part ça, Joon Ha est intègre.

J’aurais tellement voulu qu’Eun Gi finisse par se tourner vers lui et qu’elle décide de vivre toute sa vie heureuse avec un homme qui peut faire autre chose que lui mentir ou la manipuler. Comme lorsqu’il vient la chercher dans l’épisode 18, après que Ma Ru ne se soit pas présenté à son mariage. Mais non. Parce qu’en vrai, les filles, ça ne veut pas un gars gentil. Ou en tout cas, c’est ce que le drama essaye de nous dire.

Sur Eun Gi : postamnésie et infantilisation

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Et j’ai un réel, majeur problème avec la manière dont le personnage principal féminin est traitée durant tout le drama dans la mesure où elle est constamment en position d’infériorité par rapport à ceux qui l’entoure, que ce soit Ma Ru ou Jae Hee. En effet, Jae Hee, aussi diabolique, amorale et affreuse qu’elle puisse être, est tout de même une femme de tête qui sait ce qu’elle veut et sait l’obtenir. Elle agit, et elle le fait vite, de manière efficace. Eun Gi au début sait ce qu’elle veut, Tae San, mais contrairement à Jae Hee, elle ne parvient jamais à ses fins, n’accomplit rien par elle-même et ses minimes victoires sur son ennemie sont toujours l’oeuvre d’une tierce personne, en l’occurrence Ma Ru.

J’aimais cependant la Eun Gi qu’on nous a présentée dans les premiers épisodes car elle avait un feu qui brûlait en elle, un désir presque ravageur de détruire Jae Hee et, en tombant amoureuse de Ma Ru et finalement en perdant la mémoire, notre Eun Gi est réduite au rôle de pot de fleur et de marionnette. Après son accident, on l’infantilise : elle ne peut se déplacer seule ou sans l’accord de Joon Ha, de la secrétaire ou de Ma Ru. J’en comprends les raisons mais cela ne justifie pas pour autant cette sur-protection « parentale » sur la personne d’Eun Gi.

Un autre exemple de son infantilisation : on décide toujours pour elle, parle même pour elle (Eun Gi répète mots pour mots ce qu’on lui dit de dire), et on lui donne ses ambitions dans la vie, comme récupérer Taesan qui pendant un certain nombre d’épisodes ne voulait juste rien dire pour la principale intéressée. Mais finalement, qu’on lui donne une ambition n’était pas plus mal, parce que la Eun Gi post-trauma est une coquille vide.

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Je veux bien que la perte de tes souvenirs entraîne un choc émotionnel violent, mais c’est comme si elle avait aussi provoqué la disparition de toutes ambitions, désirs ou émancipation, autre que la volonté de cuisiner pour Ma Ru et se marier avec. C’est juste frustrant. Je ne m’attendais bien sûr pas à ce qu’Eun Gi ait le même caractère pré et post amnésie car le caractère n’est pas quelque chose d’inné mais quelque chose qui se construit en fonction de ton cadre familial, de tes relations sociales, etc. Cependant, c’est juste trop.

À partir de l’épisode 16 elle regagne un peu de son ancienne assurance et de son ancien désir d’indépendance mais elle ne cesse de se faire manipuler, par Ma Ru le premier – et c’est ça que je reproche à ce personnage car non, la fin ne justifie pas les moyens -, de rester dans une zone d’ombre qui la maintient suffisamment ignorante de tous les secrets et de tous les enjeux pour ne lui donner aucune portée d’actions.

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Car même lorsqu’elle regagne la mémoire, peu importe sa volonté de reprendre le contrôle sur sa vie, elle n’y parvient pas, et finit par simplement dire des mots durs que la moitié du temps elle ne pense pas réellement. Et au final, à quoi bon retrouver sa mémoire, jouer la dure, et terminer comme elle termine?

Rapidement, sur Jae Hee et son (court) moment de gloire

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Incroyable mais vrai, c’est le premier personnage a dire quelque chose de sensé depuis le début du drama. Je trouve que son changement est un peu brutal et radical mais je n’ai pas grand chose à discuter sur ça. Juste, je voulais pointer qu’ironiquement, Jae Hee est celle qui a le plus de lucidité en elle.

Jae Hee (à Min Young) : « Qui es-tu pour prendre responsabilité pour moi? Le Président n’est pas mort parce que tu m’as menacée, mais parce que c’était ma propre volonté. À ce moment-là, au fond de moi, j’ai aussi voulu voir disparaître cet homme. […] Tu es alors apparu, et tu t’es sali les mains à ma place. […]Mais qui êtes-vous tous pour affirmer que c’est votre faute à vous? Pourquoi êtes-vous désolés? J’ai commis tous ces péchés de ma propre volonté, mes propres convictions et mes propres valeurs. Alors pourquoi serait-ce votre faute, à vous? Est-ce que vous pensez être quelqu’un de bien? Est-ce que vous pensez être impressionnant? Pourquoi prenez-vous responsabilité pour ma vie? Pourquoi me rendez-vous aussi pitoyable et embarrassée? […]Toi et Kang Maru…Vous êtes pareils. »

Jae Hee : Amen, et merci.

Sur l’amour, la romance, et les couples : dysfonctionnement et excès 

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Le principal problème peut être qui fait aussi que je ne ressens aucune émotion pour le couple Ma Ru- Eun Gi, outre le fait que Ma Ru me plonge dans la plus grande perplexité qui soit et que la nouvelle Eun Gi m’agace plus qu’autre chose, est que Song Jong Ki et Moon Chae Won partagent une alchimie très, très, très limitée et relativement froide. Ils sont excellents dans leurs rôles, mais j’ai l’impression qu’il n’y a aucune flamme romantique lorsqu’ils se parlent ou lorsqu’ils s’embrassent. C’est juste…plat.

Et sans alchimie, un OTP est un peu handicapé. Et ça handicape du coup mon investissement dans la série, puisque le but est normalement de créer chez nous le désir de voir l’OTP heureux jusqu’à la fin de leurs jours. Or, dans ce cas-là, je m’en fiche un peu comme de ma première chemise.

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La romance est donc clairement pas une chose dans laquelle je me suis investie…ce qui veut en dire long sur ce que je pense du drama car Nice Guy ne se repose que, et uniquement, sur la romance. Que ce soit celle de Ma Ru et d’Eun Gi, de Ma Ru et de Jae Hee et de Jae et de Min Young. Une seule chose qui est intéressante dans le traitement de la romance est la thèse de Lee Kyung Hee selon laquelle l’amour peut te sanctifier au même titre qu’il peut te damner.

Et dans le cas de Nice Guy, les personnages vont droit en enfer, par amour, et envoient sans cesse valdinguer raison et rationalisme. Ma Ru en premier, en décidant de se rendre coupable à la place de Jae Hee, Min Young ensuite, en faisant la même chose pour Jae Hee, et Eun Gi enfin, en tombant irrémédiablement amoureuse de Ma Ru. Au final, et ironiquement, il semblerait que Jae Hee soit la seule à éviter la damnation par amour puisqu’elle est celle qui reçoit plus que celle qui donne.

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La paire Eun Gi/Jae Hee était proprement palpitante dans les débuts du drama mais avec la transformation en potiche d’Eun Gi en cours de processus, les échanges deviennent bien moins survoltés et passionnants. Une chose cependant que j’ai beaucoup aimé dans l’épisode 16, c’est l’échange express entre Jae Hee et Eun Gi. J’ai retrouvé soudainement l’électricité de leur relation des premiers épisodes, et j’ai savouré, dégusté ces quelques petites minutes, avant de me rendormir pour la suite.

Une romance qui elle démarrait mal mais qui a finit par la plus douce et la moins prise de tête est celle entre Jae Gil et Choco, adorables à souhait. J’avais un peu de mal à acheter la paire au début mais je me suis petit à petit attachée aux personnages, individuellement, puis en couple par la suite si bien que j’ai croisé les doigts pour qu’ils aient leur petit happy end.

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Sur l’écriture et la réalisation : maîtrise et distance

Niveau écriture, ce n’est pas terrible pour Lee Kyung Hee dont les dramas, aussi imparfaits et torturés qu’ils soient, parvenaient néanmoins à me bouleverser l’âme. Avec Nice Guy, les émotions sont trop refoulées pour pouvoir s’exprimer dans toute leur splendeur. Ma Ru en particulier est bien trop froid comme personnage principal pour être cathartique, aussi les moments les plus dramatiques n’ont pas eu chez moi l’effet escompté.

Je me rappelle encore de la scène dans I’m Sorry I Love You (attention, je spoile!) où le personnage de Im Soo Jung répète, de plus en plus désespérément, « Je vous aime, Ahjussi, Je vous aime, je vous aime, je vous aime… » qui était si bien émotionnellement écrite que, en comparaison, Nice Guy fait bien pâle figure, lui qui pourtant bénéficie d’une écriture que je juge plus aboutie qu’I’m Sorry I Love You.

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D’autre part, j’ai trouvé le traitement des cliffhangers super intéressants, innovateurs même  car ils participent pleinement à la structure du drama et ne sont pas juste une stratégie commerciale ayant pour but de garder le spectateur. J’aime que les petits détails voire grande révélation changeant totalement la perspective d’une scène soient révélés petit à petit…ce que j’ai moins aimé, c’est la propension presque infantilisante du drama à se répéter, à répéter les scènes et les dialogues, parfois juste après qu’on ait vu la scène en question.

L’usage des flashbacks était pour moi VRAIMENT lourd, comme si le réalisateur et la scénariste me prenaient pour une imbécile à la mémoire extrêmement courte au point de ne pas deviner ce à quoi les personnages sont en train de penser deux minutes après avoir eu une conversation hautement importante à leurs yeux. C’est vrai jusqu’à un certain point – que j’ai la mémoire courte, pas que je suis imbécile… – mais quand même. Ça ralentissait non seulement l’action, à toujours faire des retours en arrière inutiles (honnêtement, je pense que si on supprimait toutes les scènes de flashbacks, on tomberait à 16 épisodes, ce qui aurait été beaucoup plus digérable je pense), mais ça tue aussi toute possibilité d’imagination dans l’esprit du spectateur, comme si on lui niait son intelligence ou sa sensibilité, lui disant sans cesse ce qu’il doit penser et comment il doit le faire.

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Par ailleurs, tout comme l’écriture, techniquement meilleure que les autres dramas de Lee Kyung Hee mais beaucoup moins touchante et sincère, la caméra est également irréprochable mais tellement distante qu’elle en devient glaciale et impersonnelle, nous éloignant plus des personnages et de leurs émotions que nous en rapprochant. Les couleurs sont très froides : bleu, blanc, noir la plupart du temps, et tout parait tellement cadré, à sa place, que cela supprime toute impression de vie ou de dynamisme. C’est beau, mais c’est mort.

Et quelques mots sur la fin, qui boucle la boucle…mais qui, peut-être, n’aurait pas dû?

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Ma Ru aurait pu mourir et Eun Gi aussi que ça ne m’aurait fait ni chaud ni froid étant donné que c’est le genre de fin qu’aime faire Lee Kyung Hee. À la place, elle s’essaie au happy ending, et je ne suis pas sûre que ce soit réussi. En fait si, je sais. Pour moi, c’est un échec car les vingt dernières minutes semblent sortir de nulle part, avec une légèreté qu’on ne connaissait pas au drama. J’aurais même préféré que tout le monde meurt tellement c’était la suite logique des choses. Mais non, finalement, tout va bien dans le meilleur des mondes. Vraiment? Après nous avoir démontré pendant dix-neuf épisodes et demi à quel point la vie était injuste, à quel point les personnages étaient torturés et masochistes?

Il y a beaucoup de raisons pour lesquelles je n’ai pas aimé cette fin. Non pas que je souhaitais particulièrement voir les personnages malheureux jusqu’à la fin de leur vie, ou simplement les voir morts, mais disons qu’on dirait qu’ils (sauf peut être Jae Hee) n’ont rien appris de toutes les épreuves qu’ils ont traversées et surtout, que les relations entre eux restent, à quelques nuances près, en statut quo. Par exemple, j’ai proprement HAÏ que la première fois que Ma Ru craque de toute sa vie et de tout le drama, ce soit devant JAE HEE, et que ce soit pendant qu’il profère des insanités que je ne répéterai pas au risque de devenir encore plus critique que je ne le suis déjà.

Pourquoi Eun Gi, qui le mérite cent fois plus, ne peut pas recevoir le dixième de ce que Ma Ru offre à Jae Hee? De la même manière : qui c’est qui apprend la première la maladie de Ma Ru? Jae Hee bien sûr, pourquoi mettre Eun Gi au devant de la scène pour une fois? Et qui c’est qui, encore une fois, se fait sauver par Ma Ru? Eun Gi. Et qui ne le sait pas, et ne le saura sans doute jamais? Eun Gi. Non mais franchement. Quel intérêt d’avoir une héroïne si celle-ci n’est jamais au courant de rien sauf trois milles ans après tout le monde (si elle a la chance de l’être un jour)?

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Honnêtement, j’aurais voulu qu’Eun Gi reçoit le coup qui lui était destiné. Je ne voulais pas qu’elle en meure, mais je voulais que Ma Ru souffre un peu pour elle, pour une fois, qu’il ait peur de la perdre, pour de vrai. Je voulais qu’enfin, elle se défasse de la tutelle de Ma Ru. Mais non. Jusqu’au bout, elle sera celle qui l’attendra, regardera de son côté en recherchant désespérément le regard de réciprocité et de reconnaissance. Jusqu’au bout. Parce que comment finit-elle? À faire des gâteaux pas bons en attendant que Ma Ru finisse par regarder de son côté et l’épouse. Génial.

Je suis également très insatisfaite du flou sur le sort d’Eun Suk, de Joon Ha et surtout, de la compagnie Tae San, qui tout à coup, pouf!, s’évapore dans les airs sans que ça ait l’air de poser grand problème alors qu’elle a été l’enjeu des trois quarts du drama et était censée représenter beaucoup de choses pour Eun Gi. Mais je suppose que c’était des paroles en l’air de la part de cette dernière, comme il s’est malheureusement souvent avéré être le cas en ce qui la concerne. D’autre part, il faudra vraiment qu’on m’explique quel lavage de cerveau on a fait subir au frère de Jae Hee. D’abord on le présente comme un jeune homme violent qui battait sa petite soeur, puis tout à coup il est devenu cet homme presque drôle et même tendre qui en fait n’aspirait qu’à un peu d’amour et d’eau fraîche.

Autant j’aimais l’acteur et le personnage, autant je n’ai pas aimé la manière dont il nous a été présenté puis comme il a été traité, comme si avoir été violent envers sa soeur, et capable d’aller vendre Eun Gi sur ses ordres n’était finalement pas des crimes si graves. Si on ne nous l’avait pas présenté comme la seule personne à faire frémir de peur Jae Hee, j’aurais facilement pu intégrer le personnage et sans doute apprécié comment il est passé d’homme sans scrupule à homme à vendre du poulet grillé. 

Quelques mots quand même sur le casting, parce qu’il le vaut bien

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Adéquat, est le bon mot. Il n’y a pas de fausse note qui se dégage du casting qui réussit à avoir une harmonie d’ensemble assez rare dans un drama. Chacun est à sa place et chacun est à ses affaires, à fond. Song Jong Ki a des yeux très expressifs et s’améliore d’épisodes en épisodes (malheureusement, il joue un personnage à mes yeux pathétique, mais ça, c’est pas sa faute) tandis que Moon Chae Won parvient à délivrer un jeu subtil malgré un rôle plat. Les deux manquent de chimie et c’est tout de même regrettable car on sait tous qu’un OTP qui dégouline de complicité et de tension sexuelle a TOUJOURS raison de moi.

Park Si Yeon n’a jamais été une actrice que j’appréciais particulièrement, et on la retrouve dans un rôle qu’on lui connait bien et dans lequel on sait qu’elle est bonne. Elle ne faillit pas et c’est sans grande difficulté qu’elle endosse le personnage de Jae Hee. Son jeu est suffisamment nuancé pour nous faire saisir la complexité du personnage (bien que ce soit sans doute donner trop de crédit à Jae Hee) au point qu’à la fin du drama on garde une image extrêmement ambivalente de ce dernier.

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Le reste du casting est un sans faute : Lee Yoo Bi et Lee Kwan Soo en adorable soeur et ami dévoué sont attachants, Lee Yang Seob me donne envie de le voir dans un autre drama…en acteur principal, Kim Tae Yoon en diabolique Min Young détruit par sa passion n’aurait pas pu être mieux choisi et Yang Ik Joon au personnage très controversé délivre néanmoins une excellente prestation.

Tous ces acteurs ont le mérite de jouer avec passion sans pour autant entrer dans la caricature des personnages à qui ils prêtent leur trait. Et c’est un « détail » non négligeable.

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Conclusion de la conclusion : Maso un jour, maso toujours

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La réalisation, excellente. Le casting, stellaire. L’écriture, contrôlée. Mais alors, il est où le problème?

1) Un scénario aux contours bien définis ne rend pas un scénario bon, aussi contradictoire que cela puisse paraître. 2) Le problème avec Nice Guy, c’est qu’on n’y croit pas. On ne croit pas aux personnages, on ne croit pas en leur motivation, on ne croit pas en leur sincérité.

Ou en tout cas moi, je n’y crois pas, et j’ai cessé d’y croire depuis un bon bout de temps. C’est lent, voire trainant (ils voulaient vraiment rallonger le drama??), et la deuxième partie est en grande partie une intense déception. Nice Guy a quelques scènes poignantes et justes à nous offrir ainsi que quelque jolis moments pour boucler son aventure. On déplore seulement que ces si jolis moments soient si rares au point d’arriver quelque peu comme un cheveu dans une soupe. 

Ce que le drama fait de bien, car, encore une fois malgré l’excessive négativité qui ressort de cet article tout n’est pas à jeter dans Nice Guy, c’est cette capacité à être dans la nuance, en particulier dans la construction de ses personnages. Personne n’est blanc ou noir par nature, la vie nous amène seulement à faire des choix, parfois bons parfois pas, mais aucun des personnages n’incarnent la Méchanceté gratuite. Je ne cherche évidemment pas à justifier ainsi les actes et les décisions répréhensibles que tous les personnages ont pris à un moment donné dans le drama, à des degrés plus ou moins élevés, seulement, j’apprécie toujours lorsqu’on nous offre à voir des situations évitant la simplicité du manichéisme.

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Cependant, malgré un très bon potentiel de départ, Nice Guy n’est clairement pas le (mélo)drama de l’année en ce qui me concerne. J’ai regardé la série avec une indifférence grandissante, en me demandant comment les personnages pouvaient autant aimer se faire souffrir comme ils le font. Se faire du mal pour la beauté du geste. Peut être parce que comme ça, ils ont l’impression de vivre.

En attendant, moi je ne suis pas suffisamment maso pour éprouver du plaisir à les voir se livrer à des séances d’auto-tortures et heureusement que le casting et la réalisation, aussi impersonnelle soit-elle, étaient là pour soutenir le scénario qui finissait par se mordre la queue. Song Jong Ki est sans doute une des révélations de l’année, bien qu’on ne puisse pas en dire autant sur son personnage, malheureusement. 

6 réflexions sur “Nice Guy – Le gentil (?) petit diable (Bilan)

  1. C’est fou à quel point je suis d’accord avec tout ce que tu dis dans cet article et pourtant… j’ai aimé xD
    Je veux dire, comme tu l’as dit toi même, ton article est plutôt très négatif et pourtant je m’y retrouve. A part peut être pour ce qui est de l’indifférence que tu as ressenti au fur et à mesure, parce que moi j’étais à fond dedans :p Au final, je pense que ça s’explique par le fait que je me suis pas mal attachée aux personnages, même à Ma Ru avec lequel j’ai eu pourtant du mal pendant longtemps…. et même encore à la fin en fait, mais bon… Un autre point sur lequel je ne suis pas d’accord c’est la réalisation et les couleurs du drama que j’ai beaucoup aimé personnellement, j’ai trouvé qu’elles cadraient bien avec l’histoire et la saison.
    Et sinon je suis contente de pas être la seule à penser que la scène du parc entre Ma Ru et Jae Hee était particulièrement écœurante, énervante, frustrante (bref, je manque d’adjectif mais plus Ma Ru parlait et plus j’avais les cheveux qui se dressaient sur la tête xD) c’était effectivement du Ma Ru puissance quatorze mille…
    Sinon j’étais contente du happy end, même si, je suis d’accord, il était plus qu’un peu sorti de nul part. Mais je n’ai pas pu m’empêcher de pousser un soupir de soulagement quand j’ai entendu la voix de Song Joong Ki dans la clinique. En fait, si il était mort j’aurais eu l’impression de regarder le drama pour rien c’est à dire 0 évolution chez Ma Ru : il passe tout le drama à essayer de devenir le martyr ultime et à la fin il meurt et il le devient vraiment, gg Ma Ru… J’aurais vraiment supporté 20h de sadomasochisme de sa part pour rien xD. Non, j’ai trouvé ça bien qu’il puisse survivre et ne se souvienne plus de rien, qu’il puisse vraiment tout recommencer à zéro et penser enfin un peu à son bonheur personnel ^^

    • Salut Syn!
      Je pense qu’on peut aimer ce drama à partir du moment où on accroche au moins à un de ses personnages, et plus spécifiquement, à Ma Ru…ce qui n’a pas été mon cas. J’étais de son côté au début, parce que je trouvais sa duplicité intéressante et que, plus que tout, je voulais voir Eun Gi heureuse. Et puis avec l’amnésie tout a basculé pour moi et j’ai fini par être plus ou moins indifférente au sort d’Eun Gi, vu la manière dont la série la traite et les choix qu’elle fait.
      En ce qui concerne la fin, bien sûr qu’une part de moi est contente que Ma Ru soit toujours en vie etc, mais ils auraient dû préparer le terrain au lieu de nous balancer rapido-presto les vingt minutes de « tout est bien qui va bien dans le meilleur des mondes possibles ». Pour moi une bonne série doit être cohérente avec elle-même et assumer les choix scénaristiques qu’elle a fait pendant 19 épisodes et demi. Or, c’est comme si tout à coup Lee Kyung Hee, ou le producteur, ne pouvait pas se résoudre à faire une fin tragique, qui était préparée, de peur d’avoir trop de critiques négatives.
      Et, est-ce que tu trouves que Ma Ru a évolué? Parce que moi, honnêtement, je vois pas. L’amnésie aggrave même son cas car au final, s’il parvient à aller au-delà de ses soucis actuels, c’est parce qu’il a tout oublié et non pas parce qu’il leur a fait face et qu’avec le temps, il aura appris à être heureux. Non, là, on efface tout, et on recommence. Du coup, où est l’évolution, si on recommence de zéro?
      Merci d’avoir partagé tes impressions en tout cas! À la prochaine! =)

  2. Ah oui, non mais je suis tout à fait d’accord que pour la fin on passe carrément du coq à l’âne et effectivement ça ne suit pas la logique des 19 premiers épisodes mais bon, on va dire que ça ne m’a pas dérangé xD C’est pas que je voulais absolument un happy end, par exemple dans « A Love to Kill » la fin ne m’a pas dérangé (bizarrement), mais ici j’avais envie de voir Ma Ru tomber vraiment amoureux d’Eun Gi sans avoir le facteur culpabilité et le spectre de Jae Hee qu’il n’arrive pas à oublier. Parce que même à la fin (mais avant l’ellipse) je savais que Ma Ru aimait Eun Gi mais je ne savais pas si il l’aimait simplement pour elle même ou aussi parce qu’il se sentait coupable et plus important encore : est ce qu’il aimait la Eun Gi du début ou est-il tombé amoureux de Eun Gi en mode « petit chiot perdu » qu’il pouvait protégé et pour laquelle il pouvait exercer son activité favorite c’est à dire la noble idiocy? XD
    Breeeef, oui sinon Ma Ru et son évolution… oui en fait j’avoue que le mot est mal choisi en fait, comme tu dit on prend le même, on efface et on recommence. Mais disons qu’à la fin, pour moi, c’est Ma Ru tel qu’il aurait du être sans Jae Hee…
    Voilà voilà ^^ Et sinon merci pour cet article, j’avais hâte de lire ton bilan (je poste rarement des commentaires mais je suis votre blog assidument ^.^)

  3. Salut Kaa! Finalement, tout comme toi, l’attente mise en oeuvre dans la première partie du drama m’avait rendue marteau (« Jae Hee, toi et ta coupe au carré, je vais te tuer !!! Je vais aller en Corée juste pour te coller la bonne paire de claques que tu mérites!!!! » c’était devenu mon cri de guerre chaque fois que je la voyais à l’écran ;)) … J’appréciais plus que tout, l’ambivalence de Ma Ru, aussi. Je pensais vraiment que l’on aurait un ‘vrai’ bad guy caché sous la gueule d’ange. R.A.T.É !!!! J’ai décroché à chaque fois un peu plus, en fait, chaque fois que j’en voyais un pleurer! Au 18eme épisode, ils m’énervaient tous. J’ai regardé jusqu’au bout, parce qu’il fallait bien (quand même) savoir comment tout ça allait finir. Et on a droit à quoi ? Un revirement à 180 degrés, parfaitement hors de propos, genre ‘bienvenus dans la quatrième dimension’… En fait j’en suis venue à l’accepter – cette fin- uniquement sous un point de vue, peut-être discutable, mais qui me paraît concevable selon la mentalité asiatique : je pense que Ma Ru est bien mort sur ce trottoir. Le dernier quart d’heure nous montre juste ce qu’aurait pu être la vie de Ma Ru s’il n’avait pas eu à souffrir la Passion du Christ version 2.0. On nous montre une « probabilité de vie », une qui n’impliquait pas le devoir imposé par Taesan, une où la pauvreté et la misère ne pervertissaient pas le frère de Jae Hee et Jae Hee elle-même, une qui supposait qu’Eun Gi pardonne à Ma Ru… Pour moi, le drama se finit sur le trottoir avec Ma Ru, le reste n’est qu’une « probabilité ».

    • Oh, j’aime beaucoup ta solution alternative pour la fin de Nice Guy! ^_^ Je pense que je vais l’adopter, parce que le happy end « cuicui les petites oiseaux » c’est pas passé du tout…Mais bon, je pense que c’est du déni de réalité parce que j’ai lu je sais plus sur quel blog que Song Joong Ki avait dit que Ma Ru avait bel et bien survécu à son opération et qu’il avait ainsi la possibilité de recommencer à zéro sa vie…
      Ah et toi aussi les larmes des personnages, au lieu de te rendre aussi molle qu’un marshmallow (ce qui aurait dû être le cas), n’ont fait que te détacher encore plus d’eux? Bienvenue au club!:D Au final, j’ai presque fini par accrocher plus à Jae Hee qu’aux héros, dingue non?

      Merci d’être passée! =)

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