Soredemo, Ikite Yuku – Épisode 1 : Malgré tout, il faut continuer à vivre. Mais comment?

Allez, Kaa se met en mode rattrapage de séries. La première cible, une série japonaise! Enfin! Depuis le temps que je voulais m’y remettre. J’ai donc naturellement porté mon choix sur un des dramas les plus estimés (mais pas forcément le plus regardé) de la saison estivale de 2011, j’ai nommé : Soredemo, Ikite Yuku. Je ne sais pas si je ferais des récaps régulières. Par conséquent, je ne sais pas à quel rythme arriveront les récaps. Dans le meilleur des cas, une fois par semaine. Dans le pire….quand elles arriveront. Le plus important, ce n’est pas de faire des récaps (ma meilleure manière de procrastiner et de perdre sublimement mon temps) mais de prendre plaisir à regarder la série. Et ça, mes amis, ça a l’air d’être super bien parti.

RÉCAP’

Été 1996. C’est une journée d’été paisible et normale pour la plupart des personnes de cette petite ville. Quelque part, dans les montagnes, une petite fille joue avec son cerf-volant. Toute seule? Non. Un jeune garçon se tient à quelques mètres derrière elle. Il sort un marteau de sa poche et s’approche doucement.

 

Le vent se lève, le cerf-volant tombe. Le soir arrive et dans la maisonnée de la famille Fukami, on s’étonne de l’absence de la petite fille, censée être allée jouer sous la surveillance de son grand-frère, Hiroki…

 

Mais Hiroki n’était pas avec sa soeur, mais avec ses potes en train de louer et de regarder un film porno. Le lendemain matin, on sonne chez eux : la police leur annonce qu’elle a retrouvé le corps de la petite Aki dans le lac, près de la montagne, assassinée à coups de marteau. À la nouvelle, la mère s’écroule.

 

Été 2011. La vie continue son cours, même si l’absente pèse encore sur le cœur d’Hiroki (Eita) vivant à présent avec son père malade et s’occupant d’un restaurant au bord d’un lac. Hiroki repense à une conversation qu’il avait eue auparavant avec sa jeune sœur qui venait de lire l’histoire de Nello et le chien des Flandres. Elle s’interroge sur la fin du récit dans lequel Nello et son chien meurent, demandant à son frère s’il n’aurait mieux pas valu que Nello ne vienne jamais au monde. Nous n’entendons pas la réponse (s’il y en a une), et, de retour dans le présent, Hiroki entend une assiette se briser : son père vient de faire une attaque cardiaque.

 

Ailleurs, une jeune femme, Futaba (Mitsushima Hikari), se fait quitter sans grande cérémonie par son petit copain. Sur le chemin, elle rencontre son père qui lui, vient de se faire virer en même temps. La famille doit alors déménager et décide de laisser la grand-mère dans une maison de retraite.

 

Cette décision attriste profondément Futaba. Elle assure à sa grand-mère qu’elle va aller voir la famille Fukami qu’elle tient pour responsable des différents appels anonymes dénonçant leur lien avec le meurtrier de la petite Aki. C’est ainsi qu’en rentrant de l’hôpital, Hiroki remarque une voiture inconnue garée devant chez lui.

 

Sur le ponton, il aperçoit alors Futaba, tournée vers le lac, le regard dans le vague, perdue dans ses pensées. Il court vers elle, pensant sans doute qu’elle est dans des prédispositions suicidaires et maladroitement lui adresse la parole. Tout aussi maladroitement, elle lui répond, de manière empressée et gênée. J’ADORE cette première rencontre, la distance entre les deux, la timidité et l’inconfort partagés des deux personnages.

Ils s’échangent deux trois paroles d’une voix un peu tremblante, en sachant que dire, ne sachant où se mettre. Hiroki finit par tourner les talons mais Futaba le retient…pour lui demander à manger.

 

Épisode 1 : La Rencontre Interdite

Hiroki amène la jeune femme chez lui et lui tend un plat de nouilles instantanées. Elle s’empresse de lui demander combien elle lui doit, mais il refuse de prendre son argent. Il prend une bouilloire, et cherche partout une prise électrique. Haha.

Tout en cherchant, il lui demande si elle vient de Tokyo (« oui »), et si elle est venue toute seule. Elle l’interrompt pour lui désigner une prise disponible pour brancher la bouilloire. Il la branche, mais il n’y a pas de table, aussi est-il obligé de la tenir dans ses mains jusqu’à ce que l’eau soit chaude (haha, c’est tellement absurde).

Sans trop réfléchir sur ce qu’elle fait, Futaba ouvre la boîte de nouilles et met la sauce dedans…ce qu’elle est censée faire après avoir mis l’eau. Les nouilles sont alors immangeables. Hiroki propose d’aller acheter des onigiri à la place ou autre chose. Elle demande du saumon, mais malheureusement, il n’y en a pas. 

Il entend tout à coup une voiture se garer et se dirige vers l’entrée, ayant oublié qu’il tenait toujours la bouilloire dans ses mains. La prise se débranche. Haha. 

 

C’est son frère, venu pour ramener leur père, saoûl. Il l’informe que ce dernier est allé voir leur mère mais qu’elle a refusé, évidemment, de le rencontrer parce que ça fait 10 ans qu’ils se sont séparés. Apparemment, il voulait parler avec son ex-femme de leur fille décédée dont c’est l’anniversaire aujourd’hui.

Hiroki prend son père sur son dos, et avec l’aide de Futaba le met au lit. Sans faire exprès, elle renverse un carton plein de vieilles choses, des choses qui ont appartenu à Hiroki lorsqu’il était plus jeune…dont cette fameuse vidéo porno qu’il n’a jamais rapportée.

 

Le père se réveille et demande à son fils qui est la jeune personne. Hiroki lui répond que c’est quelqu’un qui voulait sans doute se suicider. Il change de sujet immédiatement après, désirant savoir pourquoi son père est allé voir sa mère aujourd’hui.

Flashback. Quinze ans auparavant, le père a brûlé toutes les photos d’Aki sous les yeux horrifiés de sa femme. Lorsqu’elle essaye de l’en empêcher, il lui répond que peu importe la quantité de larmes qu’elle versera, Aki ne reviendra plus jamais. Il faudra l’oublier, et ils peuvent toujours faire un autre enfant. Cela la calme (ou l’assomme, plus exactement), et elle regarde, impuissante, le visage de la petite Aki disparaître dans les flammes.

 

Après avoir couché son père, Hiroki amène ensuite Futaba manger dans un restaurant. Un long silence pèse, jusqu’à ce qu’Hiroki décide de le briser avec des banalités et en échangeant leur nom. Tout à coup, il suppose qu’elle doit le trouver bizarre. Il commence à s’expliquer, pour finalement renonce.

Futaba le relance, curieuse de savoir ce qu’il voulait dire. « Hé bien, j’ai 29 ans. Je ne suis jamais sortie avec une fille. N’est-ce pas bizarre? (Non, lui répond-elle, c’est le cas de beaucoup d’autres personnes) Vous avez vu la vidéo toute à l’heure n’est-ce pas? (elle acquiesce) Ma sœur a été assassinée lorsque je suis allé la louer. » Aouch.

 

Futaba reste silencieuse et Hiroki prend cela pour du désintérêt. Elle le corrige, disant qu’elle se demande plus pourquoi il lui parle de ça tout à coup, mais précise-t-elle, elle est prête à l’écouter.

Adorablement, Hiroki tente de changer de sujet, et parle du tremblement de terre. Futaba, qui jusqu’à maintenant avait la tête baissée la relève et, précautionneusement, elle lui demande pourquoi sa sœur… « a été assassinée? » complète Hiroki.

Il demande un crayon à la serveuse, et sur une serviette, il dessine un plan de sa ville natale avec la gare, la rue marchande, la rivière, le collège, l’école primaire, la voie ferrée, la vidéothèque, la montagne Mikazuki, et le lac…là où sa sœur a été tuée, le 8 Août 1996.

Ce jour-là, Aki voulait sortir pour jouer au cerf-volant avec son grand frère mais Hiroki a d’autres plans en tête et finit par laisser sa sœur derrière lui. C’était la dernière fois où il voyait sa sœur vivante.

 

Il s’arrête dans sa narration pour commenter : « Ah, vous devez vous demander pourquoi ma sœur était avec son meurtrier, n’est-ce pas? » Parce que le meurtrier était un de ses amis de collège. Re-Aouch. Avec une précision morbide, Hiroki explique qu’Aki est donc allée jouer au cerf-volant près du lac avec son meurtrier, qui a frappé la petite fille à la tête avec un marteau jusqu’à la tuer. Cinq, six, ou sept fois.

 

Futaba devient de plus en plus blanche et baisse la tête tandis qu’Hiroki poursuit sur sa lancée et explique que le meurtrier a jeté le corps d’Aki dans le lac. Mais c’en est trop pour Futaba, incapable d’en écouter plus. Elle l’arrête, et les plats arrivent juste à ce moment-là.

Elle se fige, et Hiroki se demande pourquoi elle ne commence pas à manger. Il lui tend les couverts, elle agrippe son sac, pose quelques billets sur la table, et s’enfuit en courant. Dehors, ses jambes tremblent et elle s’accroupit, incapable de bouger.

 

Hiroki lui court après, ne comprenant pas ce qu’il se passe. Il la rattrape pour s’excuser et, dans un éclat de colère, elle lui demande comment elle est censée manger après avoir entendu une histoire pareille.

N’est-ce pas trop lourd normalement? « Parce que je ne suis pas normal, répond Hiroki, ce n’est pas normal. Ma sœur a été assassinée. C’est pour ça. » Il s’assoit sur le rebord du trottoir, accompagné par Futaba.

 

Après quelques secondes de silence, il confie qu’il ne se rappelle plus du visage d’Aki parce qu’il n’y a pas une seule photo d’elle à la maison. Du coup, petit à petit, d’une manière ou d’une autre, il est devenu incapable de se rappeler du visage de sa petite sœur ce jour-là. Il ajoute qu’il a toujours été très froid avec elle mais malgré tout, Aki continuait à l’appeler « Onii-chan, Onii-chan ». Les larmes aux yeux, Futaba répète doucement « Onii-chan ».

Hiroki s’apprête à partir, et Futaba se décide à lui poser la question qui lui brûle les lèvres : pourquoi lui a-t-il raconté tout ça, à elle qu’il vient juste de rencontrer? Parce que, répond-il, il a ressenti un lien entre elle et lui, comme si elle avait vécu la même histoire, comme si elle aussi était une victime.

 

Hiroki l’héberge pour la nuit et Futaba lui demande quels sont ses sentiments par rapport au meurtrier, et à la famille du meurtrier. Sûrement doit-il les haïr. Il secoue la tête, et lui confie avec lassitude que pour lui, la personne qui a tué sa sœur n’est autre que lui-même. Il prend ensuite congé, et Futaba s’écroule, une fois seule.

Le lendemain matin, Hiroki sort de la maison en panique : son père a disparu. Le poste de police lui téléphone : ils ont retrouvé son père dans un train en direction de Tokyo avec un couteau. En allant chercher son père, ce dernier avoue à son fils qu’il a retrouvé le Garçon A.

 

Il demande à Hiroki de l’emmener à leur ancienne maison. Une fois là-bas, le père s’assoit dans les escaliers et se remémore de vieux souvenirs avec Aki. Agacé, Hiroki lui rappelle qu’il est celui a avoir voulu l’oublier le premier. Oui, lui répond le vieil homme, seulement c’est une chose impossible…parce qu’il est celui qui n’a pas pu sauver sa fille à temps. Il ajoute qu’il a vu le cerf-volant de sa fille voler dans le ciel pour soudainement retomber à terre. À ce moment-là, son cœur a plongé mais il n’est pas allé voir sa fille. Ce n’est que lorsque la nuit est tombée et qu’Aki n’est pas rentrée qu’il a réalisé la faute qu’il venait de commettre. Il se met à pleurer, ce qui pousse Hiroki à lui rappeler qu’il a lui aussi une part de responsabilité dans la mort de la petite.

 

Le père d’Hiroki poursuit qu’il va bientôt mourir mais qu’il y a une chose qu’il doit faire avant cela : savoir où habite le garçon A, ce qu’il fait en ce moment, le rencontrer et lui demander pourquoi il a fait une chose pareille. Bref, entendre la vérité. Il a d’ailleurs déjà retrouvé une infirmière qui a travaillé au centre de correction juvénile dans laquelle l’enfant avait été placée. Et cette infirmière lui a donné des informations : ce garçon est sorti il y a 8 ans. Avant de sortir, il a fait un dessin représentant la petite Aki flottant dans le lac, un beau jour ensoleillé d’été. Le père hurle l’injustice de la situation : comment peut-il sortir après seulement 7 ans, alors que sa petite fille est morte, alors qu’il ne ressent même aucun remords? Parce que c’est injuste, il doit le tuer. Il doit venger Aki.

 

Futaba regarde silencieusement la scène, elle ne peut ni dire ni faire quoique ce soit, seulement écouter la douleur de cette famille détruite. Le père refait une attaque et Hiroki le mène à l’hôpital. En rangeant la chambre chez lui, il tombe sur une paire de chaussures, une paire que le père devait offrir à Aki pour lui faire une surprise le jour de son meurtre. D’autres boîtes sont dans le placard, d’autres chaussures, de tailles différentes, des chaussures qu’il aurait offert à la petite Aki, à la jeune ado Aki, à la jeune fille Aki, à la jeune femme Aki.

Ça me brise le cœur.

Hiroki retrouve également le sac à dos de sa petite sœur, dans lequel est resté deux dessins fait par la fillette : un dessin la représentant toute seule, et un autre, la représentant avec son cerf-volant. Tout à coup, le visage d’Aki dans les souvenirs d’Hiroki devient de moins en moins flou, jusqu’à devenir parfaitement net.

Il décide alors de refaire un autre cerf-volant, pour l’anniversaire de sa sœur, des souvenirs de ses moments partagés avec elle refaisant surface, puis va le faire voler au bord du lac où elle est morte.

 

Une fois le cerf-volant haut dans le ciel, à ses côtés, une Aki souriante et fière de son grand-frère, s’émerveille. Hiroki sourit doucement d’abord, puis avec une tristesse de plus en plus aigue. Il tombe à genoux, pleurant, appelant, le nom de sa petite sœur.

 

On retrouve plus tard Hiroki devant la glace, en train de se couper les cheveux de manière effrénée, les dernières phrases de son père résonnant dans sa tête. En habit de deuil, il va rendre visite à sa mère. Cette dernière apprend la mort de son ex-mari avec une froide indifférence et traite avec tout autant de froideur son fils.

 

Frustré, il lui rappelle que même si son père était une personne faible, il a tenté, à sa manière de protéger sa famille : ne peut-elle pas pleurer juste un peu pour lui? Elle le regarde droit dans les yeux, et doucement, lui répond :

« J’ai perdu toutes mes larmes. Parce que dans ce monde, il n’y a rien de plus triste que ça (la mort d’Aki on suppose). Rien. »

 Et les larmes me montent aux yeux, car ces petites phrases si justes me rentrent droit au coeur. Hiroki la retient encore un peu, pour lui dire que, malgré tout, il continuera à vivre.

 

Les parents de Futaba laissent la grand-mère dans la maison de retraite, tandis que pendant la cérémonie, Hiroki cherche partout l’assassin de sa petite sœur. À la place, il trouve…Futaba. Bien qu’il soit content de la voir, il n’a pas la tête à ça.

Elle lui demande s’il a l’intention de tuer le garçon A. Lorsqu’il répond que ça ne la regarde pas, elle rétorque le contraire. Elle explique qu’elle connaît la petite sœur de Fukami ainsi qu’Aki.

Il ne comprend pas. Elle poursuit donc :

« Vous rappelez-vous de ce que vous m’aviez dit la dernière fois? Sur le fait que vous étiez tout le temps froid avec votre sœur? Ce que je pense, c’est que, pour une petite sœur, même si son grand frère fait milles choses affreuses à son égard, il suffit qu’il soit une seule fois gentil avec elle et elle le considèrera comme son frère malgré tout. Elle voudra quand même jouer avec lui, et parce qu’elle sait qu’il a été gentil une fois, elle pensera qu’il sera gentil une nouvelle fois. C’est pourquoi, elle ne le détestera pas. »

 

Hiroki la coupe : « qui êtes-vous? » Elle commence à répondre, lorsque tout à coup, il aperçoit une silhouette familière au loin, sur un pont. Il sort son couteau et se met à courir. Futaba court après lui et hurle à son frère de s’enfuir. Elle saisit la jambe de d’Hiroki dans les escaliers pour protéger son frère. Le temps qu’il se débarasse d’elle et arrive sur le pont, le meurtrier a disparu, laissant derrière lui une orange.

 

Toute essoufflée, Futaba arrive derrière lui et d’une voix assurée mais frêle, elle se présente : « Je suis la petite sœur de Misaki Fumiya, Futaba ». Ils se font face, tandis que Fukami retourne à son lieu de travail (?) où une jeune femme et une petite fille, Yuri, l’accueille en lui donnant du « Ken-chan ».

La petite fille porte avec elle un cerf-volant, qu’elle fait voler. Pendant qu’il la dessine, la jeune femme lui dit qu’elle a fait lire à Yuri l’histoire de Nello et le chien des Flandres et lui transmet le questionnement de la fillette : pourquoi existe-t-il des histoires aussi tristes?

« Peut-être, répond Fukami, peut-être parce que les humains sont juste de tristes êtres vivants. » Brrr.

 

COMMENTAIRES

Je n’aime pas être vulgaire, mais : Life is a Bitch.

Je n’ai pas de mots pour décrire la tristesse dans laquelle je me trouve après ce premier épisode. J’avais lu d’excellents échos sur cette série et les louanges qu’on en fait sont pour l’instant absolument fondées. Le pilote est tout simplement poignant. Sa simplicité nous prend le ventre, nous tord le coeur alors que nous plongeons dans le quotidien infernal de la famille de la victime et de la famille du meurtrier. Ici, pas de fioritures, pas de grandes scènes de déclamations mélodramatiques. Ce que nous voyons, c’est une tragédie. Une tragédie sans nom sous l’acte infâme, incompréhensible, du meurtre de la petite Aki. La gratuité de cet assassinat est ce quilui donne toute sa violence et son atrocité. Qui dans ce monde pourrait tuer de manière aussi cruelle un être aussi innocent qu’une petite fille? Et, pourquoi? Ce sont des questions qui nous taraudent et qui taraudent les personnages de ce drama.

On ne se pose même pas la question de savoir si connaître les raisons du meurtrier panserait la plaie, s’il y a vraiment une réponse ou non, ou si cela ne ferait rendre que la perte encore plus vive, car ce sont des questions humaines. Face à l’indicible, face à la perte d’un être cher, il ne nous reste pas d’autres questions que : qui? pourquoi? Je trouve fascinant, et pour le moins ironique, que la famille qui tienne ensemble, solidaire entre elle, soit la famille du meurtrier. Je ne pense pas que l’inverse aurait été plus logique, mais en fait je me serais attendue à ce que les deux familles se soient détruites de l’intérieur, étouffées par le secret d’un évènement traumatisant innommable ; la perte d’un enfant chez l’une, la « responsabilité » parentale du meurtrier chez l’autre. 

La première rencontre entre Futaba et Hiroki est un mélange de timidité, attraction, peur et complicité absolument touchante. J’adore la distance qu’il y a entre eux car elle ne fait que souligner la solitude des deux personnages ainsi que la précaution avec laquelle ils appréhendent l’autre. Comme s’ils savaient d’instinct qu’ils n’auraient pas dû se recontrer, et qu’ils ne devraient pas se fréquenter. Futaba a l’avantage de savoir qui il est mais elle ne joue pour autant pas la samaritaine en essayant d’apaiser sa propre culpabilité. Lui doit sûrement parler avec une jeune inconnue pour la première fois de sa vie et ses maladresses et ignorances sur la manière dont il doit se comporter sont tour à tour attachantes, attendrissantes et comiques. Dans le regard que les deux posent sur l’autre, il y a ce sentiment de mêmeté, ce sentiment de partager une même douleur, une même condition, verbalisée par Hiroki : la condition de la victime. J’aime qu’il se reconnaisse en elle ou qu’il reconnaisse tout du moins leur similarité dans leur tumulte intérieur. Je ne sais pas si c’est ma manie de vouloir faire des OTP partout à force de voir des comédies romantiques mais dès leur première scène, j’ai eu envie de les voir ensemble. Même si je sais que leur amour est impossible. 

 

J’ai trouvé le pilote à la fois lent et bien rythmé au sens où dès sa fin, les jalons sont posés : on sait qui et qui (et les personnages le savent également) et les tensions sont déjà exposées avec autant de retenue que de concision. Il ne s’agit pas de rendre encore plus victime la famille des victimes mais simplement de montrer que les choses sont plus nuancées qu’un camp blanc et un camp noir. Est-ce que la famille du tueur est responsable d’avoir un tueur dans la famille? Doit-elle pour cela changer de nom, perdre leur travail ou renoncer à avoir une relation amoureuse?

J’aime que les deux côtés de la médaille soient représentées car cela évite, pour le moment, de rentrer dans la simplification où la binarité est souvent de mise. Hiroki est un personnage intéressant car il semble ne pas avoir enregistrer émotionnellement la mort de sa soeur, c’est à dire qu’il n’a pas « fait son deuil ». Il en parle de manière plus que détachée, comme s’il ne s’agissait pas de sa soeur, à la manière d’un journaliste. Il pense à elle en cherchant son visage sans qu’il y ait de réelles émotions de douleur inscrites sur son visage. Ce n’est qu’à la mort de son père que tout à coup, il percute. Et ça fait mal. Le personnage de Futaba, lui, m’a fait légèrement pensé à celui d’Eun Soo dans Story of a Man, cette soeur qui, sans renier ou rejeter l’amour qu’elle porte à son frère, se sent obligée d’aller s’excuser aux personnes qui ont été blessées par lui. Bien sûr, c’est dans un autre contexte et Futaba ne cherche pas nécessairement le pardon de manière active, mais il y a cette sensibilité à fleur de peau que ces deux personnages partagent que j’apprécie énormément.

 

L’écriture est pleine de retenue comme les japonais savent le faire. On n’expose pas dans un élan d’exhibitionnisme pervers la misère et la souffrance humaine mais on nous la montre, on nous la suggère, dans sa plus grande nudité, par petites touches fines, par des dialogues francs et une évidente préférence pour ce qui est gardé sous silence plutôt que ce qui est dit. La scène finale du couteau et de la poursuite d’Hiroki dans les escaliers me semblait un peu trop mélodramatique et ne ne semblait pas convenir au ton général du pilote, mais c’est une simple remarque très suggestive car la scène suivante n’en reste pas moins pleine de puissance. Et ce, grâce aux brillants acteurs que sont Eita et Mitsushima Hikari. 

J’adore la bande sonore, discrète et aux mélodies mélancoliques, ainsi que la réalisation. Vraiment. C’est l’une des choses auxquelles je ne m’attendais pas car les j-dramas se font rarement remarquer par leur originalité au niveau de la réalisation. Or, Soredemo, Ikite Yuku ressemble à un film tellement c’est beau, tellement le jeu de caméra (les flous par exemple) et les jeux de lumières (clair/obscur en particulier) sont bien travaillés. Il y a un soin tout particulier mis dans la mise en scène, et c’est un effort plus qu’appréciable pour ma part. On aurait pu croire qu’avec une histoire aussi sombre, l’ambiance serait suicidaire et l’éclairage plutôt porté vers le sombre. Mais c’est bien le contraire qu’il se passe car Soredemo, Ikite Yuku brille. Il y a certes des passages tournées dans l’obscurité avec une image un peu plus terne mais la majeur partie du temps, la luminosité est éclatante. La légèreté visuelle des scènes contrebalance à la perfection la lourdeur et la gravité du thème et donne au drama une ambiance très particulière. Du coup, le ton général du drama est triste, mélancolique mais ne tire pas nécessairement vers le bas ou la dépression. C’est étouffant, mais pas au point d’être asphyxiant. Ça m’a rappelé un peu d’ailleurs l’atmosphère de Someday.

   

Bref, c’est un coup de coeur, tout simplement. Il est clair qu’on ne va pas rire tout le temps durant les 10 prochains épisodes (je gage même qu’on va beaucoup pleurer, c’était déjà limite avec le pilote) mais il n’est pas non plus dit qu’on va avoir envie de se pendre à la fin. Tout du moins, je l’espère.

Donc, en avant pour l’épisode 2!

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6 réflexions sur “Soredemo, Ikite Yuku – Épisode 1 : Malgré tout, il faut continuer à vivre. Mais comment?

  1. So, haven’t tried to read French (in such magnitude), since high school, so thank goodness for Google translate? Lol.
    I just had to read your thoughts on the series. I’m recapping too but I love to know what others are thinking. I absolutely love the correlation you draw between Eun-soo and Futaba!!! Yes! I hadn’t thought of it myself but I think it’s definitely the closest I’ve seen. I definitely think the way they viewed their roles (as sisters) is similar and their brothers as humans beings, even up till the end, for both of them.
    Thank you for your wonderful thoughts! Hope to read more.

    • Well, Thank you for passing by and sharing your thoughts on this wonderful and poignant drama!(and thank you Google Translate ;)) It’s a great honor for me, you commenting on the blog, because I’ve read faithfully yours for some months. =)

      I’m glad you agree with my parallel between Eun Soo and Futaba. However, while Eun Soo is much more submissive in the beginning than Futaba, she has greater impact on his brother for who she is THE woman of his life. I’m really curious to know more about the relationship between Futaba and his brother. This dorama fascinates me so I might keep on doing recaps (even if it takes me forever to write it!). I’m going to check your recaps also because, like you, I love to know what others are thinking. Have you already finished the show?

      Again, thanks for commenting! =)

      • Aw, well thank you! Glad my words are slightly entertaining. And I’ll definitely be visiting again.
        Yes, I’ve seen the entire drama, that’s what prompted me to recap, though it’s taken me forever. I’m going to try and have the last recaps out by year end! Never meant it to take all year! Lol.
        I think it’s a lovely drama and I’d love to know your thoughts on some of my views.
        Story of a Man was a phenomenal drama which I consider the best of 2009. And Eun-soo’s character was so quietly pivotal. Yea, totally love it!

        • Ha Ha, I’m so going to stalk you (and cheer you on, of course) for the rest of the month, to see if you manage to finish your recaps by year end! :D

          And, of course, as soon as my recap for ep 2 is out (it’s aaalmost ready), I’ll check yours (and commenting, if I have the courage to do so ’cause, actually, writing in english is not an easy task for me – even if I enjoy it – since I’m always searching for my words and trying to remember grammar rules I learned in high school…)!

          But, see you soon !

  2. salu kaa!
    ça faisait longtemps que je n’avais pas laissé de commentaires mais cette fois ci ,je ne peux pas ne rien écrire .
    J’ai adoré ce dorama!!il est maintenant mon préféré et a détrôné bara no nai hayana
    C’est sur un sujet grave mais pourtant il n’est pas lourd,il y a pleins de jolis moments légers .Que dire de la performance des acteurs ?Je connaissais Eita mais c’est dans ce rôle là qu’il m’a vraiment impressionné mais j’ai découvert Mitsushima Hikari et elle est merveilleuse .Je sais pas comment elle a fait pour atteindre cette perfection
    Les perso ne sont pas noirs ou blancs et on les comprend surtout
    C’est un dorama qui fait réfléchir encore après l’avoir regardé ,c’est là où il se distinque des autres.
    Ils ont vraiment bien exploité le synopsis ,on est pas trompé sur la marchandise.
    J’attends un moment pour le revoir car je m’en souviens encore bien

    • Coucou Flora!
      Merci pour ce commentaire! Je suis contente de l’ajouter à tous les autres échos positifs que j’ai entendus sur cette série! =)
      Ce n’est encore que le début, mais moi aussi j’aime beaucoup le jeu de Mitsushima Hikari, elle est tellement fragile, tellement frêle et tellement forte à la fois, c’est assez bluffant….

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