I Miss You : Toi et moi contre le monde entier (Premières Impressions)

Ce drama est un peu effrayant, dans la mesure où il peut être absolument adorable et la seconde d’après vous faire reculer dans votre siège avec WTF ?! écrit sur le visage. Je ne pense pas que ce sera un gros hit populaire à la télévision ni même sur le net mais il y a là du potentiel pour une authentique belle histoire de (premier) amour. 

Je pourrais essayer de me renseigner pour tirer un synopsis détaillé du foutoir que le drama nous présente, mais je pense que tout ce qu’on a besoin de savoir c’est que les parents des deux personnages masculins se déchirent autour d’un gros paquet d’argent (pour une fois il n’est pas tellement question du fils qui va hériter, mais plutôt de qui va mettre la main sur le pactole non déclaré du papi) et que les parents des deux héroïnes sont empêtrées dans une histoire de meurtre mal gérée par la police. Il n’est pas question de mettre des gamins en rivalité, ils se retrouvent surtout broyés dans le processus. Soo Yeon en particulier n’a pas été très gâtée à la naissance et a grandi entre un père violent et une mère qui balance son enfant aux lions pour faire diversion afin de fuir par derrière. Son père est arrêté pour des meurtres atroces qu’il n’a pas commis et l’ironie du sort fait que le véritable tueur est arrêté après son exécution. Elle se voit partout collé le label « fille de meurtrier » et se balade en mode Sadako au collège où elle est mise à l’écart et maltraitée. 

Elle rencontre un camarade de classe et voisin de quartier, Han Jung Woo, qui est le premier garçon de son âge à la traiter comme une personne et pas comme un monstre, un punching-ball ou un déchet. Han Jung Woo hésite et est réticent à s’impliquer, mais lorsqu’il saute le pas il découvre que rien ne lui fait plus plaisir que de faire sourire sa nouvelle amie, qui pourrait même devenir un peu plus que ça. 

J’aime beaucoup l’héroïne d’I Miss You. Soo Yeon peut passer à première vue pour une fille passive qui accepte les choses sans rendre de coups, mais elle a un étonnant courage et un sens aigu des réalités (et surtout elle n’oscille pas entre le mode Happy-Go-Lucky et les larmes tout en donnant des leçons de morale aux autres comme l’héroïne de May Queen, victime elle aussi de brimades bien plus caricaturales que celles que subit Soo Yeon). J’ai vraiment du mal avec la manière dont sont écrites les héroïnes qui traversent des instants traumatiques en général, c’est-à-dire soit en mode « Tout va bien madame la marquise dans le meilleur des mondes gnihihihi » soit en mode « je vais prendre ma revanche sanglante sur le Monde et vous allez tous le payer mouahaha ».

Soo Yeon n’est pas inutilement vindicatrice mais elle ne tend pas non plus l’autre joue pour se faire gifler. Elle sait utiliser le malaise qu’elle provoque autour d’elle, en particulier quand elle veut protéger Jong Woo, et je dois dire que je n’avais jamais vu un scénariste prendre ce cliché sous cet angle-là. Généralement on voit une redite de ce qui se passe dans Jane Eyre : on glisse un bout de pain dans les mains de son ami puni, ou alors on lui tend la main. ce n’est pas ce qui se passe dans I Miss You, et Lee Soo Yeon n’est clairement pas la demoiselle en détresse qu’on aurait pu attendre. Enfin elle peut être aussi très féminine quand elle est avec Jong Woo, ce qui ajoute une nuance de plus à son personnage. 

Jong Woo est plus nonchalant, en particulier parce qu’il a vécu sans connaître la violence qu’a expérimenté son amie (c’est assez glaçant d’entendre Soo Yeon dire après la mort de son père « Papa ne reviendra plus, n’est-ce pas, c’est vraiment finit ? »), mais il n’y est pas totalement étranger puisque son foyer reconstitué (dans tous les sens) est littéralement dénué de toute trace d’amour. Il faut entendre les piques que lui lance sa belle-mère et l’attitude fermée sans appel de son père. Son éducation à l’étranger fait qu’il n’a pas eu vraiment l’occasion de prendre racine dans son voisinage et il est lui aussi mis à l’écart, d’une autre façon. la troisième roue du carrosse est Joon, et le seul mot qui me vient en tête à son propos est « pourquoi ?! » Soo Yeon et Jong Woo sont déjà bien amochés, mais il gagne le ponpon puisque tout le monde le considère comme un objet de convoitise (je ne comprends pas pourquoi sa mère lui a pendu la clé du compte Suisse autour du cou. Pour le mettre encore plus en danger ? No. Comprendo.) 

La principale faiblesse du pilote (et la raison pour laquelle beaucoup de gens ont décroché et ne sont pas revenus pour le second épisode) tient dans la confusion ambiante dont toutes les scènes d’exposition souffrent. On nous abrutis littéralement d’informations, et je pense que ça aurait pu être géré de manière à ce que les deux personnages principaux ne se retrouvent pas écrasés et relégués au second plan, sans oublier cette impression persistante qu’il nous manque des scènes pour tout bien comprendre (je ne compte plus le nombre de fois où je me suis demandée si j’avais raté quelque chose entre le point A et le point B). L’autre chose qui me turlupine un peu c’est que de temps en temps on a des passages assez hallucinants de violence qui ne collent pas bien avec le ton mélancolique mais plutôt réaliste du reste. Comme la fois où le père de Jong Woo lâche ses chiens sur son demi-frère (de douze ans). Ce qui est assez curieux c’est que le réalisateur filme ces scènes comme il filmerait un épisode de thriller à suspense alors que c’est du makjang pur et dure, et ce qui devrait être atterrant (je vous renvoie aux premiers épisodes de Can You Hear My Heart à s’arracher les cheveux de stupidité makjangesque) devient étrangement intrigant.

En marge les scènes moins hystériques sont très efficaces. Comme dans Can You Hear My Heart, comme dans Smile, You, comme dans Last Scandal les scènes familiales tendres touchent et le couple principal est incroyablement attachant. Ce ne sont pas des anges et leur expérience les a rendu très cyniques, ce qui nous épargne toute niaiserie. Et j’ai parfois du mal à acheter que des personnages tombent amoureux aussi fort aussi jeune, mais là c’est bien fait. Ça commence par de la curiosité qui se mue en empathie à mesure qu’ils font connaissance, une connivence s’installe et on passe doucement à cette espèce de bouleversement qui fait toute la magie de des fameux « premiers amours ». Et si le drama continue à privilégier cette authenticité (en mettant les parents au second plan) je pense que nous sommes parti pour une belle histoire.  

Scénario : A/C Aaah Moon Hee Jung. C’est mon quatrième drama de cette scénariste et je commence à la connaître. Si Lee Kyung Hee me rend schizo, c’est l’écriture de Moon Hee Jung qui est schizo. Quand elle est bonne elle est excellente (elle a un don pour écrire des dialogues à la fois simple et beau, très efficaces. J’ai encore des souvenirs d’échanges bouleversants de Can You Hear My Heart), et quand elle est mauvaise…elle vous sort littéralement hors du drama. Tout ce qui tourne autour de Joon en ce moment me plonge dans l’effroi le plus total (Comment ?! Pourquoi ?! Les chiens ?! WTF ???) et franchement heureusement que le réalisateur est là pour calmer le jeu. J’ai déjà parlé de la confusion du scénario de fond et je reviens pas dessus. Par contre MHJ a de la sincérité et de l’amour à revendre et ses dramas dans leurs meilleurs moments mettent (beaucoup) de baume au coeur. 

Réalisation : A- Le travail du réalisateur est à saluer. Visuellement on est à des années lumières de Can You Hear My Heart et de Smile, You, et ce n’est pas plus mal. Lee Jea Dong a toujours su rendre ses dramas sobres malgré les hauts et les bas de leurs scénarios. Entre les mains de quelqu’un d’autre ça aurait pu être beaucoup plus lourd, mais heureusement il est plus attaché à rendre le mieux possible les tourments intérieurs des personnages que de théâtraliser à outrance les scènes. Le choix de la musique surprend par sa délicatesse avec ses petites touches de xylophone et d’harmonica. Des violons un peu too much arrivent vers la fin, mais ils ne sont pas trop redondants, même si on aimerait qu’ils laissent les (belles) images parler d’elles-mêmes. J’aime beaucoup comment ils composent la palette de couleurs, souvent en prenant une dominante sombre (noir, gris) et en rehaussant de détails jaune moutarde, vert tendre et bordeaux. Je n’aime pas habituellement ces couleurs, mais elles fonctionnent très bien pour ce drama.

Casting : A Je crois que j’ai dû noter pour la première fois Kim So Hyun dans the Duo, lorsqu’elle jouait la petite soeur du héros qui veux absolument épouser Chun Myung Jung sans savoir que c’est son frère biologique (oui ce drama a une touche de fauxcest mais rien à voir avec des mélos). Je l’ai trouvé adorable dans Thorn Birds même si le drama était atroce. 2012 a été son année, et elle a même eu un rôle principal dans Ma Boy au lieu de jouer la version jeune d’une actrice. Elle n’a pas des traits classiques pour une enfant actrice, et elle a un charme magnétique et d’authentiques talents de comédienne qui me faisaient toujours regretter de la voir se faire type-castée dans le rôle de la rivale jalouse. I Miss You lui permet de montrer d’une part qu’elle a grandi et d’autre part qu’elle est prête à endosser des rôles plus nuancés. Par contre c’est difficile de parler de nouveau challenge pour Yeo Jin Gu, étant donné qu’il a déjà fait ce type de rôle et même beaucoup plus intéressant dans le passé (Giant, Warrior Baek Dong Su). Je trouve que comme Noh Young Hak et Lee Hyun Woo il entre dans cette phase de transition peu flatteuse pour les garçons entre l’enfant et l’homme et je pense qu’ils ont encore besoin de quelques années pour s’affirmer physiquement (les filles ont le même problème, mais plus tôt).

Pas grand chose à dire sur le (bon) casting adulte si ce n’est saluer le choix de Han Jin Hee dans le rôle du méchant. Moon Hee Jung n’est pas très douée pour écrire ce type de personnages et si ils sont interprétés par des cabotineurs ça peut vraiment nuire au drama. Heureusement Han Jin Hee est l’incarnation de la placidité tranquille (je crois qu’on peut le surnommer « daddy deux de tension ») et « en faire trop » ne fait pas partie de son registre. Jun Kwang Ryul est une autre force tranquille sur qui on peut compter. Enfin pour introduire Yoon Eun Hye et Yoo Chun : pour une fois les jeunes acteurs ressemblent à leurs homologues adultes ! (suis toujours traumatisée de Yeo Jin Goo => Kim Soo Hyun. So WEIRD, surtout quand on a vu à quoi ressemblait KSH à l’âge de YJG). Et je vois bien Yoon Eun Hye et Yoo Chun reprendre sans trop de problèmes de ce types de rôles. Ce n’est pas toujours évident de reprendre après que les ados aient gagné le coeur du public, mais nous ne sommes pas dans un sageuk, c’est très jouable. 

Verdict : Good Kimchi – I can see your heart, Moon Hee Jung. It’s glowing. 

Pourquoi moi quand je gribouille sur les murs ni Song Jong Ki ni Park Yoo Chun n’apparaissent ? Il y a un truc ?
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5 réflexions sur “I Miss You : Toi et moi contre le monde entier (Premières Impressions)

  1. pour ma part j’ai vraiment accroché à ces 2 premiers épisodes même si je sens que la transition à l’âge adulte ne va pas être facile (pourtant j’aime beaucoup les 2 acteurs « adultes ») mais je trouve formidable Kim So Hyun qui oscille entre force, bon sens (yes au mode sadako pour répliquer à l’ennemi) et fragilité. Et puis il y a une très bonne alchimie entre elle et Yeo Jin Gu. Après j’ai moi aussi beaucoup de mal avec cette intrigue de fond pour récupérer l’argent du grand-père qui est lourde dans tous les sens du terme (idem pour la remarque sur la clé autours du coup, pourquoi avec 10 points d’interrogation…) et j’espère que cela ne va pas trop prendre le pas sur le reste…car j’aurai tendance à passer en accéléré sur ces développements pour me concentrer sur la très belle relation entre les deux héros. Bref j’attends la suite avec impatience pour voir si la série va prendre le bon virage :)

    • Coucou ^^

      Je ne suis pas sûre que l’argent du papy reste très longtemps un problème. En tout cas j’espère qu’ils ne vont pas faire traîner ça juste histoire d’avoir de quoi faire souffrir les persos. Un peu de bonheur, please ?

      Maintenant il faut que j’aie le courage d’aller me plonger dans les épisodes 3 et 4 =_=

  2. J’ai vu les 4 premiers épisodes et je dis GENIAL!!
    C’est un mélo, on s’attend à ce que ce soit triste mais j’attends toujours la suite avec impatience.
    Les jeunes acteurs sont bons et j’ai hâte de voir les personnages adultes.
    En regardant le drama, qu’est-ce que j’ai pu pleurer!!

  3. C’est vrai que le premier épisode n’était pas forcément très facile à suivre, mais je pensais pas que beaucoup de personnes décrocheraient à cause de ça. Le drama vaut vraiment le coup d’oeil…

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