Ghost : Your Life Has Been Deleted (Bilan)

Burn Out – Block B (OST)

Voilà un article resté inachevé dans mes archives que je viens de terminer. Comme j’avais déjà beaucoup parlé de la première partie du drama (et même récapitulée pendant un moment) ce bilan s’intéresse surtout à la suite et fin de Ghost. 

Comme le vampire-procureur suit la piste du sang et a accès à la mémoire de la victime, les héros de Ghost suivent la piste électronique qui leur donne accès à des images, des adresses IP, des fichiers, des indices et des preuves. C’est surtout la première partie du drama qui se concentre sur cet aspect du scénario, lorsque notre team encore divisée a du mal à se faire confiance. La seconde partie se concentre sur le coeur du scénario, à savoir les tentatives de la team de plus en plus unie pour contrer les plans du fantôme, pris dans un cercle vicieux sanglant.

Le drama part d’une intrigue assez racoleuse, qui nous donne immédiatement envie de savoir comment va se débrouiller l’intru, le hacker coincé dans la peau d’un policier, l’ancien étudiant coincé dans le corps de son meilleur ami dans ce nouvel environnement qu’il a autrefois rejeté. Et bien sûr d’en savoir plus sur le grand méchant de l’histoire, qu’on a envie de voir attrapé une fois son identité révélée. Est-ce que le drama a remplit ses promesses ? En majeure partie oui, d’autant plus qu’ils auraient très bien pu laisser en plan l’intrigue principale pour la reprendre à la fin après plusieurs fillers comme le font beaucoup de cop shows Coréens avec plus ou moins de bonheur. Et même si beaucoup (trop ?) de temps est consacré aux enquêtes parallèles sur la même affaire et aux différents twists qui rythment la chasse du tueur, ils prennent de temps en temps la peine de développer les relations de camaraderie entre les membres de notre team. Et au final on s’attache plus au groupe qu’aux individus. Je pense que c’est l’un des accomplissements du drama. 

Au niveau du scénario de l’enquête elle-même les choses se sont un peu précipitées vers la fin avec des scènes sorties de nulle part pour faire avancer les choses (le réveil soudain de Papa Kim de son coma, WTF ??) et une radicalisation du fantôme qui passe du chantage au meurtre des témoins gênants. Mais j’ai été très satisfaite des derniers épisodes et de la fin du drama, qui a su donner une conclusion logique à l’ensemble et qui montre que la scénariste avait déjà tout prévu. Pas de Deux ex Machina, la fin repose sur un petit élément glissé au début du drama qui renverse complètement les choses une fois qu’il est révélé. Vraiment, chapeau, je n’y avais pas pensé. Et j’adore comment Ki Young termine cette affaire : en disant simplement la vérité, en racontant une « True Story », fidèle à sa seconde vocation de journaliste. Finalement le drama joue de cette tension entre les deux professions (journalisme et police criminelle) intimement liées qui peuvent aussi bien travailler ensemble que s’entre-déchirer. 

Si l’on prend de la distance avec les évènements, l’autre force du drama c’est son thème. Cette histoire de fantôme(s) résonne particulièrement bien avec la cyber-criminalité, l’improbable double identité du héros et le caractère de l’antagoniste. Rester derrière son ordinateur et commettre sa vengeance « à distance », en chérissant son confortable anonymat, une aubaine pour un homme qui veut garder une image impeccable dans les médias. La référence au Fantôme de l’Opéra fonctionne si l’on se souvient que le fameux fantôme mène sa vengeance terrible en coulisse, caché derrière un masque. La grosse différence c’est que le Fantôme cache sa difformité, vit dans l’ombre, tandis que Hyun Min dépends de sa notoriété. Mais c’est intéressant de remarquer qu’il ne se laisse pas tant impressionner par ça, et qu’il est défait au final sur le plan de sa vie privée. C’est l’une des choses qui font de Hyun Min un méchant complexe, sans compter qu’ Um Ki Joon le joue avec une subtilité bluffante là où d’autres auraient cédé à la tentation du surjeu. 

En marge du thème, l’esprit d’équipe est un élément capital du drama (comme dans Sign avant lui). Les deux dramas de Kim partent avec des individus réticents à travailler ensemble. Mad Cow soupçonne Ki Young, Ki Young lui-même a du mal à intégrer le mode de fonctionnement rigoureux de la police, et Kang Mi…ah Kang Mi. Je vois le potentiel psychologique du personnage mais je pense que Kim s’est rendue compte rapidement que Lee Yeon Hee est incapable de jouer des émotions complexes, et elle tout simplement lâché l’affaire après l’arc du lycée. C’est bête parce que je m’attache toujours beaucoup à ses personnages féminins et Kim Ah Jeong, Um Ji Won et ici Song Ha Yeon ont chacune réussie à incarner des femmes mémorables qui évoluent en travaillant avec les autres. Kang Mi…sur le papier elle est vraiment intéressante : un peu isolée à cause de son physique (d’ailleurs je suis contente qu’ une scénariste fasse remarquer qu’avoir une femme frêle qui ressemble à un top-modèle dans la police peut poser des problèmes à plusieurs niveaux), traumatisée par ses années lycéennes, amoureuse de son supérieur décédé qui maintenant est remplacé par un autre homme…elle est bien écrite, ça c’est sûr. Mais comme l’actrice est d’une passivité effarante, avec son parlé robotique et un certain malaise devant la caméra (elle ne sait jamais où se mettre, c’est pénible) l’écriture du personnage est littéralement annihilée, tuée dans l’œuf. So Ji Sub a cette espèce d’intensité, de tension presque sauvage qu’il est capable de libérer pour les scènes plus intimes ou plus graves, mais Lee Yeon Hee ne renvoie rien. C’est pour ça qu’à la fin j’ai ressenti une totale indifférence pour ce duo.

Par contre le duo qui fonctionne bien c’est évidemment Mad Cow et Boiled Potatoe. J’ai entendu les accusations de lolicon, mais quelque chose me dit que si avait un physique de bellâtre tout le monde trouverait ça génial. Franchement, je ne vois pas en quoi cette relation est problématique. Je suis même assez surprise de lire que beaucoup ont cru que le drama voulait établir une relation type père/fille entre eux alors qu’ils passent le plus clair de leur temps ensemble à flirter. Elle a 26 ans, il en a 38, où est le problème ? Je ne vois pas. 

Bref, revenons à cette histoire d’esprit d’équipe. Nous avons donc ces quatre personnages organisés en duo ou en trio, et viennent s’ajouter les autres coéquipiers et supérieurs tandis qu’une question grave se pose : qui sont les mouchards ? on nous fait beaucoup mariner avec ça alors qu’au fond ce n’est pas d’un intérêt renversant. J’aurais aimé qu’au lieu de jouer avec les twists « C’est lui ! Non c’est l’autre ! Non en fait c’était lui ! » ils s’attardent plus sur les tourments intérieures de Ki Young et Kang Mi, mais c’est vrai qu’avec ces deux acteurs mono-expressifs je comprends que ce ne soit pas une mince affaire de leur faire exprimer des émotions subtiles. Souris So Ji Sub ! C’est permis ! Surtout quand tu es supposé incarner Daniel Choi, un acteur nerveux et très réceptif, pas un menhir ! Bouge-toi un peu Lee Yeon Hee ! Fais quelque chose ! Voilà mes deux griefs principaux : ces acteurs, et le penchant du scénario pour le suspense facile. Et j’ai bien aimé ce que choisit de faire le héros à la fin, même si cette décision le condamne à une certaine amertume pour l’avenir. Rien ne sera jamais plus comme avant…

Conclusion

La seconde partie n’était pas à la hauteur de la première, mais en même temps je pense que c’était important de se concentrer sur le mystère principal et l’évolution de l’équipe pour parvenir à la fin à une conclusion satisfaisante. Et quand beaucoup de scénarios se réfugient dans des thèmes « sécurisés » (médical drama, sagas familiales  parfois les deux mélangés, romances avec échanges de corps…) c’était rafraîchissant de voir au moins un scénario oser quelque chose de nouveau en marche avec les évolutions technologiques foudroyantes de cette dernière décennie. C’était suffisamment bien écrit pour pallier aux carences des acteurs, et suffisamment bien tourné pour rendre crédible le tout. Maintenant je suis curieuse de voir si Kim Eun Hee va nous écrire un troisième drama pour clôre une éventuelle trilogie du crime médecine légale/cyber-crime/ ?. J’aimerais bien…

7 réflexions sur “Ghost : Your Life Has Been Deleted (Bilan)

  1. J’ai adoré ce drama, l’intrigue m’a captivé, mais tu as raison, entre So Ji Sub et Lee Yeon s’est figée lol, les expressions ça a du mal à sortir mais j’avoue pour So Ji sub au début une fois qu’il a changé de personnalité je me suis dit ça vient de ça, ça fait partie du rôle mais bon je crois pas lol. Franchement l’histoire m’a aussi beaucoup plu avec la cybercriminalité et tout ce que l’on peut faire enfin il doit bien y avoir des limites mais je connaissais déjà ce moyen d’allumé ta webcam, piraté les comptes, c’était vraiment intéressant. Je suis pas du tout déçu de l’avoir commencé et j’ai trouvé la fin assez bien, j’ai cru qu’il ne l’attraperais jamais, et qu’il n’aurait jamais aucuns remords ^^

    • Je crois que So Ji Sub a soit trop de botox dans le visage pour bouger un muscle soit il a vraiment fait de sa mono-expression son art de jouer la comédie. Quoi qu’il en soit c’est hilarant parce qu’on a l’impression qu’il est toujours en train de tourner un pub pour un déo ou une mousse à raser XD

      • Lol j’ai beaucoup rigolé à ton commentaire, mais c’est vrai il est vraiment mono expression, ces yeux ne bougent pas c’est bizarre lol, mais bon je l’aime bien alors pas grave lol.

  2. je n’ai pas lu ton article par peur d’être spoilée, je voulais juste savoir si ce drama en vaut vrmt la peine. J’aime bien changer de registres de temps en temps et je suis particulièrement fane des dramas à intrigue policière ou qui entretienne un certain suspens comme Black & White, Liar game ou encore fugitive plan B (mm si la fin était assez décevante).

    • Si je peux me permettre de te répondre en attendant une réponse de Mina, je te donnerais un feu vert sans problème pour la série. J’ai eu un peu de mal à rentrer dedans mais au bout de quelques épisodes, j’étais totalement prise dedans. J’ai beaucoup aimé le thème et le milieu dans lequel est placée l’action. C’est original pour une fois.
      Je trouve dommage, comme Mina, que les deux acteurs principaux soient aussi raides et sans expressions parce que le reste du casting est plutôt nickel chrome. C’est là où on se rend compte que Ghost a un vraiment bon scénario (bien que cédant parfois à des facilités, bien sûr) car l’intrigue nous prend tellement qu’on n’en oublierait momentanément le jeu d’acteurs médiocre. Ce qui pour moi est un tour de force. Et en plus, la fin est satisfaisante. Un peu amère. Mais satisfaisante quand même.

  3. Tout simplement un des meilleurs dramas de l’année (mais on en reparlera dans mon bilan fin décembre). Il a réussi à me tenir en haleine tout le long.
    Donc vraiment, n’hésitez pas. Ça serait dommage de passer à côté uniquement pour le jeu peu expressif de l’acteur principal.

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