There is No Such Thing as Nice Guys : Le Petit Théâtre Masochiste de Lee Kyung Hee

Le début ne m’a vraiment pas emballée. D’abord nous avons dix minutes de medical drama typique avant de tomber au cours des dix minutes suivantes dans les puis sans fond de l’Enfer du Makjang. Heureusement Moon Chae Won est apparue pour me sauver de ma détresse devant la stupidité des personnages précédents sous les traits d’un ange exterminateur et m’a emportée au paradis. Et ensuite elle et Song Jong Ki étaient incroyablement sexy ensemble même si ils ne se sont pas encore adressés la parole. Et je vais probablement regarder ce drama juste pour les voir échanger des baisers passionnés et désespérés. The End.

Est-ce que je viens de tomber à nouveau dans un drama-piège de Lee Kyung Hee qui va me donner envie de jeter mon ordinateur par la fenêtre à la fin ?

Oui.

 Bref résumé des deux premiers épisodes 

 

Je suis reconnaissante au réalisateur de faire de l’excellent travail parce que le fond du scénario peut donner des envies de meurtre. Kang Ma Ru (Song Jong Ki) sort avec Jae Hee Noona (Park Si Yeon), son amie d’enfance et poursuit ses études de médecine brillamment. Le soir où sa petite sœur Choco tombe très malade il l’abandonne pour Jae Hee qui vient de tuer un homme dans une chambre d’hôtel et qui l’appelle au secours. Jae Hee n’est pas prête à sacrifier sa carrière de reporter et il finit par prendre toute la responsabilité du crime. Il purge six ans de prison tandis qu’un ami aide Choco qui a besoin d’une prise en charge lourde. La dette de son père décédé et les frais d’hôpitaux de sa sœur qui l’attendent à sa sortie de prison sont faramineux. Personne ne veut embaucher un meurtrier et il utilise son look de beau brun déchiré qui fait craquer les femmes pour leur soutirer de l’argent.

 

Jae Hee, qui avait volé à sa victime des informations pour le grand patron et propriétaire d’une multinationale de cosmétique (Taesan) abandonne lentement Ma Ru malgré sa promesse de payer sa dette avec sa vie. Elle épouse ledit patron, dont la fille Eun Gi (Moon Chae Won) a presque son âge. Dans le processus la première épouse du patron, la mère d’Eun Gi se fait mettre dehors et décède peu après. Jae Hee donne naissance à un fils et Eun Gi se voit menacée par son père d’être éjectée de son poste de directrice exécutive à la première erreur. Elle s’est endurcie considérablement après la trahison de son ex et la mort de sa mère, et Jae Hee lui fait bien comprendre qu’elle n’est qu’un pion sur son chemin vers le succès.

 

Le hasard (euh enfin la loi des coïncidences à Kdrama-land) fait que Ma Ru sauve la vie d’Eun Gi. Jae Hee lui rend visite dans sa petite maison pauvre des hauts de Séoul et lui laisse une énorme somme d’argent en essayant de faire passer son geste pour de la reconnaissance. Eun Gi devine qu’il y a anguille sous roche et essaie de savoir ce que sa belle-mère trafique. Jae Hee s’enfonce sans honte dans un tissu de mensonges et finit par déposer une plainte au poste de police contre Ma Ru, pour chantage. Ma Ru est paralysé en voyant ce qu’est devenue son ex, à quel point elle n’a pas une once de remord envers lui. La haine et une détermination nouvelle se dessinent dans son regard, et Eun Gi qu’il sauve à nouveau après une course à moto effrénée (et un peu sortie de nulle part aussi) pourrait bien être la première marche vers son projet de revanche. 

Commentaires

 

Comme nous sommes dans une sorte de thriller psychologique, je me suis surtout intéressée à ce qui se passe d’intéressant dans la tête des personnages et à leurs relations. La psychologie de Ma Ru est simple à comprendre : Ma Ru voit quelqu’un en difficulté, il a envie de lui porter secours. Jae Hee est en quelque sorte devenue son « Lost Puppy » ultime avec les années à tel point qu’il décide d’en faire la grande cause de sa vie avant de réaliser que le chien apeuré a profité de lui avant de lui mordre la main. Jae Hee suit une toute autre logique, celle du parasite. Une fois qu’elle a goûté à quelque chose, elle ne peut pas s’empêcher d’en vouloir plus, et de profiter plus. Je suis beaucoup plus intéressée par ce rôle de Park Si Yeon dans ce drama que son dernier rôle de pseudo-héroïne-pseudo-garce dans Story of a Man (vraiment à part servir de jouet à son psychopathe de mari son personnage n’apportait pas grand-chose au drama).

Et comme vous vous en doutez sans doute déjà je suis totalement fan du personnage de Moon Chae Won, Seo Eun Gi, qui protège sa société bec et ongle, qui n’est pas dupe une seconde du petit jeu de sainte-nitouche de sa belle-mère (et je ferais la même tête qu’elle si mon père se remariait avec une femme de mon âge après avoir jeté ma mère dehors) et qui est entourée d’ennemis dans sa propre famille. Un jour quelqu’un m’a dit que les enfants maltraités ou en danger choisissent de se laisser mourir (métaphoriquement ou litttéralement), ou de résister pour survivre, un peu comme Pearl et John dans La Nuit du Chasseur : « They abide and they endure ». Pas étonnant que son surnom soit « Bitchin Kae ». Comme toutes les héroïnes de Lee Kyung Hee, elle a des problèmes chroniques de santé (Choco aussi), un rapport compulsif malsain avec la nourriture et la boisson (Choco aussi), un faible pour les sensations fortes à la limite du suicidaire et une relation complexe plus ou moins incestueuse avec le héros.     

Ce qui les rends vraiment intéressants ensembles (en dehors de l’alchimie) c’est qu’ils sont tous deux des « idiots » qui se sacrifient pour les autres et qui sont blessés en retour. Eun Gi se sacrifie littéralement pour sa boîte (je dis bien sa boîte, elle tient même tête à son père pour imposer ses idées de management) et Ma Ru pour Jae Hee et sa soeur. Et dans un drama de Lee Kyung Hee, les deux anges noirs blessés sont fait l’un pour l’autre. 

Je vais être franche : Park Si Yeon est parfaite (l’aisance avec laquelle elle passe du registre de la victime à celui du bourreau est impressionnante) mais son personnage me donne la nausée et aspire toute l’énergie positive des scènes dès qu’elle apparaît. Il y a toujours une personne dans les dramas de Lee Kyung Hee qui me rend malade de dégoût. Dans A Love To Kill c’est le frère de Rain (ce déchet humain qui décide de faire souffrir l’intégralité de ses proches et de sauter dans le vide sous les yeux de son frère sans rien lui expliquer parce qu’il n’a pas assez de courage pour rester auprès de sa petite-amie, et qui trouve quand même le moyen de la blesser et de la faire culpabiliser à son réveil), dans WISFC c’était la mère de l’héroïne (j’ai un degré de tolérance très très mince pour les parents qui font souffrir leurs enfants, et le ponpon c’était son amnésie de pacotille à la fin où elle prend le copain de sa fille pour son fils défunt, courageuse façon de prendre ta revanche connasse) . A la place de Ma Ru je l’aurais déjà assommée avec ses paniers-surprises et crié de ne plus jamais montrer sa tête devant moi, mais je suppose qu’il en redemande 

Bon jusqu’ici c’est largement positif. Qu’est-ce qui ne marche pas du tout dans le drama ? Kang Choco. Son personnage en un mot : redondant. Elle ne sert qu’à donner des prétextes à Ma Ru pour culpabiliser et sacrifier son intégrité (encore plus qu’il ne l’a déjà fait pour Jae Hee) et en dehors de ça c’est un véritable poids mort ambulant typique des mélos. Ma fille, tu n’es plus un bébé, fais ta vie en dehors de celle de ton frère. J’aime le fait que ce ne soit pas une fangirl de Ma Ru envers qui il a une dette dont il n’arrive pas à se débarrasser, mais j’en veux vraiment aux scénaristes de continuer à créer ce type de personnages seulement pour attirer la pitié et la sympathie du spectateur sans se donner la peine de leur écrire une vraie personnalité. « Accro au chocolat » n’est pas une personnalité, nous ne sommes pas dans une quelconque harem-comedy Japonaise où le grand frère a un lilocon sur sa petite sœur qui lui court après en braillant « anikiiii » !

Bref, sinon l’actrice Lee Yoo Bi est mignonne et je ne peux pas m’empêcher de sourire à chaque fois que Ma Ru l’appelle « Choco-Ya, Choco-Ya ! ». La petite galerie de personnages secondaires est très sympathique et bien interprétée. J’ai hâte d’en savoir un peu plus sur le père de l’héroïne, et les confrontations entre Moon Chae Won et Kim Young Chul sont toujours un vrai plaisir !

 

Réalisation : A + A la fois discrète et prenante, elle sauve les premières scènes du ridicule OTT qu’elles auraient pu dégager. Je ne sais pas comment Lee Kyung Hee se débrouille, mais elle réussit toujours à s’associer avec des gens de talent qui savent exactement comment donner immédiatement l’atmosphère idéale à ses idées tordues. Je me demande à quel point elle influe sur l’aspect de ses dramas puisqu’il y a une véritable continuité de style de MISA à Nice Guy. Il y a même un générique à la Love To Kill !

Scénario : B + Tellement simple, tellement efficace. Le cadre est basique à l’extrême mais les dialogues sont délicieux. Et je l’admets, Lee Kyung Hee a des c…du courage pour s’attaquer à un sujet aussi épineux vaguement incestueux, quoi que ce thème revient régulièrement dans ses dramas (La fiancée du frère, la fille de l’ex fiancé de la mère, et maintenant l’ex de la belle-mère…elle va tout nous faire !). J’ai quelques prières à lui faire cependant :

-Pitié pas d’ellipses en série. D’abord c’est exaspérant et même décourageant, ça ne fait souvent pas avancer les choses d’un pouce (le plus souvent on régresse même), et ensuite ils n’ont tout simplement pas le temps nécessaire pour rendre ce genre de sauts dans le temps crédibles (faire changer les héros de coiffure ne suffit pas). Vraiment, trois grand maximum.

-Pitié pas de résolution aberrante de stupidité où les héros tournent en rond, passent leur temps à pleurer et à déprimer dans leurs coins ou à prendre soin d’un proche malade qui leur fait subir toutes les cruautés imaginables en les tenant par la culpabilité. Si Ma Ru se retrouve à prendre soin de Jae Hee qui a pêté un câble ou je ne sais quoi à la fin, je jette l’éponge.  Le sacrifice de soi a des limites.

Casting : A + Mmh, Moon Chae Won quoi. C’est elle mon héros. Grâce à elle Eun Gi a vraiment l’air de vouloir bouffer vivant tous ceux qui se posent en travers de son chemin, avec le sourire, avant de laisser transparaître sa profonde détresse l’espace d’une seconde devant son miroir. Elle a les meilleures répliques, est capable de faire entendre l’ironie la plus cinglante dans un simple « merci ». En fait je voudrais un drama à part, « La Guerre d’Eun Gi », une saga à la Giant en 50 épisodes où on la verrait conquérir la politique ou le monde des finances ou je ne sais quel marché tandis que Park Shi Hoo et Jung Gyu Won se battraient pour son cœur…bon ok on arrête le délire (personne ne veux écrire ce drama ?), dommage que May Queen ne puisse pas être le quart d’un palliatif pour ce rêve. Song Jong Ki maîtrise à merveille le héros faussement macho qui cache une profonde mélancolie, un mélange d’innocence blessée et de cynisme. Et j’ai déjà parlé de Park Si Yeon et des autres. 

Verdict : Maso Kimchi ++ Bon le casting est stellaire, le scénario très excitant dans les détails (plus que dans le schéma d’ensemble) et la réalisation très professionnelle. C’est quoi le problème ? Je sens déjà tous les points scénaristiques qui ont le don de me rendre folle en germe. Mais c’est ce qui rend l’expérience des dramas de LKH « maso » au sens premier du terme : j’ai beau savoir que ça va me frustrer au plus haut point, je reviens pour en avoir plus.

« Oh Oui Lee Kyung Hee, frappes-moi avec tes personnages désespérants de stupidité qui passent leur temps à se faire mal, à culpabiliser et à se faire humilier, encore ! »  

…I’m ashamed of myself.

Plus sérieusement (ou pas), je continue pour Moon Chae Won/Eun Gi et son alchimie avec So Jong Ki/Ma Ru. Et si il fait le coup « Je ne peux pas coucher avec toi parce que je t’aime » ou je ne sais quelle c*nnerie à Eun Gi, mes voisins vont entendre quelques hurlements de frustration à travers le mur. En fait, je pense que je ferais bien d’aller déjà les prévenir.

9 réflexions sur “There is No Such Thing as Nice Guys : Le Petit Théâtre Masochiste de Lee Kyung Hee

  1. « Oh Oui Lee Kyung Hee, frappes-moi avec tes personnages désespérants de stupidité qui passent leur temps à se faire mal, à culpabiliser et à se faire humilier, encore ! »
    –>lol! Ah ces k-dramas et leurs scénaristes qui aiment nous torturer (et leurs personnages aussi d’ailleurs)

    Ton article résume très bien pourquoi j’ai finalement décidé de rester loin, très loin de Nice Guy tant que je ne connais pas la fin. Hors de question de m’investir 20hr dans un mélo sur la vengeance sans savoir si on va finir droit dans le mur ou pas.

    Et puis j’avoue que je suis presque certaine d’être frustrée par le personnage de Maru qui s’accroche à sa « grande cause » même après tout ce qu’il a enduré.

    Seul le personnage de Moon Chae Won m’attire vraiment (sur le papier puisque je n’ai pas vu 1 seule minute du drama) mais sa santé fragile n’augure rien de bon pour la fin.

    • En fait j’ai de plus en plus peur des motivations de Ma Ru concernant Jae Hee. J’ai l’impression qu’il n’est pas prêt du tout à la lâcher et c’est ce qui m’inquiète pour la suite. Mais par contre si Eun Gi peut s’en sortir autrement et trouver sa voie sans passer encore par des sacrifices idiots, ça peut compenser.

  2. Pareil qu’Estelle =) Tant que je ne connaitrais pas la fin je ne me jetterai pas à l’eau: je ne tiens pas à me frapper la tête contre les murs denouveau (merci Equator Man) xD

  3. Personnellement, je me sais tout à fait assez maso pour le commencer ^^
    Ce sera peut être pas pour tout de suite, mais ça sera :p De toute façon le casting (Song Jong Ki / Moon Chae Won) me fait trop envie !
    En tout cas, même si tu pointe du doigt plein de défauts ton article m’a quand même encore plus donné envie de le voir ! xD
    Ouais… Je suis peut être vraiment maso en fait… O_O

    • Le gros argument pour : je trouve la qualité du scénario supérieure à ce qu’on nous a déjà sorti sur le thème. Après ça peut toujours s’effondrer en seconde partie. On verra bien !

  4. Je l’ai commencé et j’aime bien! Enfin peut-être que avec un autre casting ça aurait été différent, mais là Moon Chae Won je l’adore et pareil pour Song Jong Ki alors les deux ensemble je suis aux anges!
    J’avais peur pour le personnage de Eun Gi, d’après ce que j’avais lu, mais c’est un tout autre personnage et elle rocks trop! J’espère juste que Ma Ro va pas me décevoir, mais je le sens mal partit, les 1ers amours dans les dramas coréens c’est toujours une catastrophe selon moi!

    Pareil que toit Mila, le personnage de Choco est mignon, mais bon elle a pas besoin de 10mins voir plus par épisode! J’ai trouvé l’épisode 3 très long et c’était en partie à cause de toutes les scènes avec Choco!

    Enfin bref je sais pas trop où le drama va nous mener, mais j’espère que ça sera bien!

    • En fait j’ai apprécié plus Choco dans les épisodes 3 et 4, je trouve qu’elle acquiert plus de consistance.

      Moui Ma Ru reste le gros point d’interrogation du drama : pitié ne dégénère pas en crétin suicidaire !

  5. j’ai laissé tombé après quelques épisodes.
    Déjà j’ai du mal avec Joong Ki qui a un sale rôle (je préfère Park Joon Ha) et MCW qui interprète un personnage qui perd son caractère.

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