The Thousandth Man – Où on ne badine pas avec l’amour (ou presque)

Aw. En voilà une surprise qu’elle est bonne! Je partais un peu à l’aveuglette pour cette mini-série, sans réellement d’attentes ni de préjugés, et j’ai été totalement conquise par le charme et la simplicité de celle-ci. Les dramas coréens puisent avec passion dans leur folklore pour élaborer des univers merveilleux. La figure de la renarde à neuf queues désirant devenir humain n’est donc pas une nouveauté à Kdrama-land. En 2010 par exemple sortent deux dramas aux tonalités différentes réinvestissant la légende de gumiho : My Girlfriend is a Gumiho et The Tale of the Fox Child. Si le premier navigue entre la comédie et le drame, le deuxième est résolument tragique. The Thousandth Man est une réécriture du mythe, voyageant entre le fantastique et le réalisme, la mythologie et la modernité. Est-ce que c’est épique et follement original? Non. Est-ce que c’est fun, fun, fun? Hell, yeah. Que demander de plus?

Mini-récap des deux premiers épisodes

« Un renard de 1000 ans doit manger 1000 foies d’hommes avant la fin de son millénaire. Ceci est la légende du Gumiho. Voici la famille qui doit accepter ce destin : Gu Mi Jin, gumiho qui ne prend le foie d’un homme que lorsque celui-ci le lui donne volontairement. Si elle ne mange pas de foie avant 100 jours, elle se changera en écume. Mi Jin réussira-t-elle à trouver le millième homme et ainsi devenir humaine? »

Pourquoi l’amour ne dure-t-il jamais?

Nous retrouvons la-dite Gu Mi Jin (Kang Ye Won) dans un avion traversant actuellement une zone de turbulence. Alors que les passagers paniquent à l’idée de vivre un crash, elle demande à son voisin, aussi zen qu’un moine, de faire parvenir à sa mère ses derniers mots : qu’elle voulait vraiment devenir humaine. Cependant, en voyant son visage, elle se fige instantanément, reconnaissant avec stupeur les traits de son amant d’une époque lointaine, mort en voulant la protéger. Son voisin pense évidemment qu’il s’agit d’une technique de drague et la discussion est close.

  

  

L’homme est Kim Eung Suk (Lee Chun Hee), gérant d’un restaurant à la politique particulière appelé « Last ». Ce dernier n’a qu’une seule table en salle et n’accepte que les clients qui vont mourir (d’où le nom du restaurant) et qui désirent manger leur dernier repas. Le chef du restaurant, Seo Kyung Suk (Seo Kyung Suk) a fait ses études en France avec Kim Eun Suk et les deux partagent une relation profonde et fraternelle même si le cuisinier aimerait avoir plus souvent du travail. Un client d’ailleurs se frotte à cette condition particulière et il ressort du restaurant bredouille, non sans avoir eu un petit conseil de la part du chef : « La prochaine fois, invente une raison si tu veux manger ici ».

  

De retour chez elle, Mi Jin retrouve Maman Renarde, Gu Mi Sun (Jeon Mi Seon) et Soeurette Renarde, Gu Mi Mo (Hyomin), toutes deux devenues humaines depuis quelque temps. Elle ne peut pas s’empêcher de repenser à l’homme qu’elle a vu dans l’avion et de son ancien amour, qui se trouve être de l’ère Goryeo. Elle va fouiller dans une malle, et en retrouvant une petit épée, les souvenirs refont surface et nous la retrouvons en train de jouer du gayageum pendant que son mari s’entraîne au maniement de l’épée.

Après avoir terminé son entraînement, il vient s’asseoir à côté d’elle et lui fait part du fait qu’un gumiho a une nouvelle fois fait apparition dans le voisinage (Mi Jin se demande s’il s’agit de sa mère ou de sa soeur). En voyant l’air effrayé de sa femme, il l’assure qu’il la protégera. Il lui confie une petite épée et lui conseille de tuer le gumiho si jamais il s’attaque à elle.

  

Mi Jin est au travail lorsque sa soeur vient la chercher : un jeune homme très mignon la demande. Il s’agit de celui qui a essayé de faire sa réservation au restaurant Last et qui semble être un amoureux transi, romantique…et éconduit par sa belle qui ne trouve aucune trace de sincérité dans ses grands discours et grands gestes.

La mère de notre héroïne désapprouve les goûts trop difficiles de sa fille et lui rappelle l’exploit de sa soeur : manger 10 foies en une seule fois lors de la guerre du Vietnam. Lorsque Mi Jin réplique que ce n’était pas vraiment de l’amour, on lui réplique que de toute manière, les hommes sont confus quant à savoir faire la différence entre l’amour, le désir, le plaisir ou le divertissement. Et ce serait la raison pour laquelle l’amour serait éphémère.

  

L’amour n’est pas une organisation mais une passion

Au restaurant Last, pour la 9ème fois consécutives, le secrétaire de Go Mi Sun essaie de faire une réservation. En vain, évidemment. Puis, l’amoureux de Mi Jin revient, cette fois décidé à obtenir gain de cause et invente donc une histoire : il veut réserver pour sa petite amie qui n’a plus que trois mois à vivre. En voyant l’homme désespéré, Eung Suk n’a pas vraiment d’autre choix que d’accepter.

En faisant les courses et préparant les plats pour les invités, Eung Suk se rend progressivement compte qu’il perd le goût. Le soir, Last accueille Mi Jin (et Eung Suk reconnaît sa voisine de l’avion) et son amoureux, qui lui fait fébrilement sa demande en mariage. Sur le toit, Eung Suk et Kyung Suk discutent et ce dernier commente qu’il est étrange de voir un homme aussi heureux alors que sa fiancée est à l’article de la mort. Eung Suk répond simplement que l’amour est éternel, ce qui fait rire Kyung Suk qui n’a jamais connu son ami que célibataire et maintenant une distance entre les femmes et lui.

  

Retour à notre héroïne et à son futur mari. Elle lui demande alors si en cas de maladie grave, il serait capable de lui donner son foie. Son amoureux, finalement pas si amoureux que ça, éclate d’un rire sonore mais jaune et on comprend rapidement qu’il n’en a aucunement l’intention. Alors qu’il s’est absenté pour passer un appel, Mi Jin s’en va, non sans avoir payé l’addition. Plus tard dans la nuit, alors qu’Eung Suk ferme son restaurant, il retrouve Mi Jin dans son jardin, le coeur brisé, qui demande à boire un verre.

Celle-ci commence à établir la différence entre l’amour auparavant et l’amour aujourd’hui : avant les hommes étaient prêt à mourir pour l’être aimé et on était capable de sentir leur sincérité juste à travers leur regard. Eung Suk ajoute : « L’amour n’est pas une organisation mais une passion ». Cela pique l’intérêt de Mi Jin mais notre héros ne semble pas être disposé à parler plus et essaye de la mettre dehors. Elle s’emporte, et pour l’amadouer, il prend une serviette sur laquelle il marque : VVIP en l’assurant qu’elle peut venir le voir n’importe quand.

  

C’est grâce à ce passe qu’elle amène manger sa mère et sa soeur le lendemain soir pour l’anniversaire de Mi Sun : là où le secrétaire a lamentablement échoué, la fille a réussi sans même lever un doigt! Kyung Suk tombe sous le charme de Mi Sun, et Mi Mo, sous le charme d’Eung Suk. Cette dernière demande d’ailleurs, au choc généralisé, à notre héros s’il veut bien sortir avec elle…

  

Une femme qui vit grâce à la mort

Le lendemain matin, Mi Sun remarque un attroupement devant le bâtiment dans lequel elle habite. Lorsqu’elle lève les yeux, elle voit un homme sur le toit, prêt à sauter, parce que sa petite amie vient de le quitter. Mi Sun a alors un éclair de génie et appelle illico presto sa fille : elle vient de lui trouver son 1000ème homme! Mi Jin proteste que l’homme semble être un loser mais sa mère lui rappelle qu’elle n’a pas le temps de faire la difficile.

  

Mi Jin amène l’homme au restaurant d’Eung Suk et ce dernier la regarde d’un air désapprobateur. Il la prend en aparté : pourquoi a-t-elle ramené cet homme qu’elle ne connaît même pas? Est-ce que c’est tout ce qu’elle sait faire? Et Mi Jin lui répond que oui, elle a besoin de trouver un homme. Eung Suk : *Facepalm* HAHAHA. Elle explique qu’il est pitoyable, il n’a ni famille, ni amis et sa copine vient de le quitter : il a tellement de raisons de vouloir mourir!

Eung Suk explose : « Les hommes comme lui ne se suicident pas! Ce sont les gens qui n’ont pas de raisons de vivre qui le font! » En revenant dans la salle à manger où Kyung Suk explique avec passion ce qu’est la bouillabaisse, Eung Suk chasse sans plus de façon l’invité.

  

Mi Sun ramène l’homme déprimé – et déprimant – chez elle, à la grande frustration de Mi Jin. Mi Mo elle, s’en va draguer Eung Suk qui paraît on ne peut plus indifférent à elle. Mais s’il pense que ça va la freiner, il se trompe : elle lui tiendra compagnie deux heures par jour! Jung Ha broie du noir car il est obligé d’héberger l’homme déprimé chez lui ; il n’a pas pu refuser car c’est Mi Sun elle-même qui lui a demandé de lui rendre ce service. Eung Suk s’apprête à aller se coucher et prend des médicaments (!). Il se rend soudainement compte que sa vue se brouille. Il se couche et repense à la conversation qu’il a eue avec Mi Jin.

Alors qu’elle fait le décompte de jours qu’il lui reste, Mi Jin reçoit un appel d’Eung Suk. Ils se retrouvent et il s’excuse pour son comportement de tout l’heure. Mais Mi Jin sait bien que ce n’est pas vraiment pour ça qu’il l’a appelée : « Tu veux me demander pourquoi je suis aussi intéressée par les hommes hein? Et me dire que je ne devrais pas vivre comme ça? » Aww il s’inquiète pour elle! Il lui demande pourquoi elle a choisit un homme dépressif et Mi Jin répond que ce n’est pas elle qui l’a choisi mais sa mère.

Puis elle s’énerve contre la nature humaine qui consiste essentiellement à geindre et à se plaindre alors que lorsqu’un animal est blessé, il lèche lui-même ses blessures. Pourquoi l’homme doit exposer leur douleur aux autres? Elle poursuit que les humains sont faibles : ils ont besoin du groupe pour être forts. Eung Suk l’interrompt pour lui demander, perplexe : « Mais quel genre de fille es-tu? » Mi Jin : « Moi?…Une fille qui ne peut vivre que par la mort. »

  

Lorsque Mi Mo apprend que sa soeur et Eung Suk se sont vus la nuit dernière, elle devient suspicieuse. Mais Mi Jin balaie ses doutes d’un revers de main. Notre héroïne a rendez-vous avec l’homme dépressif…et celle qui l’a plaqué pour lui demander si elle lui donne son accord pour sortir avec lui.

Comment gérer un amour fragile

L’accord est donné, non sans plaintes de la part de l’homme dépressif. On retrouve ensuite Eung Suk, un appareil photo à la main. En sortant, il rencontre Mi Mo, bien décidée à le suivre dans ses pérégrinations pendant deux heures comme elle l’avait énoncé. Eung Suk l’ignore et fait ce qu’il a à faire : aller dans son ancienne école primaire, puis dans un restaurant tenu par une ancienne camarade de classe (dont il était amoureux). En partant, il laisse Mi Mo derrière lui, qui par un concours de circonstances n’a pas son sac pour payer ce qu’elle a mangé. Elle est donc obligée d’appeler sa soeur, qui vient payer pour elle.

  

Pendant ce temps, Kyung Suk est à la maison des Gu, Mi Sun l’ayant appelé pour faire à manger. Mi Jin elle, repense à son ex-mari, et cette fois, c’est un souvenir heureux qui lui revient. Elle retrouve en même temps Eung Suk, assis à une terrasse de café. Ils discutent et Eung Suk confie que tout comme elle pour qui trouver un homme avant de mourir est urgent, il se demandait ce qui était important pour lui. Il explique qu’il est en train d’organiser sa mémoire et recueillir tous les bons moments de sa vie. Cela surprend Mi Jin : pourquoi parle-t-il comme s’il allait mourir demain?

  

Ils rentrent au restaurant et Eung Suk lui dit d’appeler son homme dépressif pour lui donner cette fois un vrai repas. Eung Suk appelle Kyung Suk, qui est chez Mi Jin. Mi Jin appelle l’homme dépressif, qui est chez elle. Eung Suk et Mi Jin se dirigent donc vers chez elle et tombent sur Mi Mo. Celle-ci demande à sa soeur ce qu’elle fait avec « son » homme et Eung Suk sursaute d’indignation.

Il s’apprête à protester mais il est pris d’un tournis. Il s’éloigne en titubant et finit par s’écrouler par terre. Heureusement, Mi Jin l’a suivi et fait appel à ses super-pouvoirs pour le rapprocher de chez lui. Lorsqu’il menace de se réveiller, elle colle les lèvres contre les siennes et la belle au bois dormant se rendort. Pour se réveiller sur le toit d’un inconnu. En touchant ses lèvres, il demande à l’homme à côté de lui s’il est celui qui l’a embrassé. Haha.

  

Mi Jin organise une rando au Mont Jiri, pour en finir avec l’homme dépressif. Une fois dans la montagne avec lui, Mi Jin est tentée par son instinct animal de manger son foie immédiatement et rattrapée par sa conscience. Peut être que la frayeur qu’elle lui a faite a réveillé quelque chose dans le gars dépressif car il est soudainement beaucoup plus altruiste et affirmé. Il lui confie que c’est parce qu’il n’a rien fait, qu’il est resté passif que sa copine l’a quitté. Or, il n’aurait pas dû, il n’aurait pas dû abandonner. Il aurait dû devenir une personne plus forte s’il voulait réussir en amour. Il la remercie sincèrement et s’enfuit…retrouver Hye Young avec qui il file à présent le parfait amour.

  

Eung Suk, toujours traumatisé du baiser, se demande si c’était un rêve. Il finit par s’endormir, l’ombre de Mi Jin planant sur lui…

  

Commentaire

Comme on peut le constater, il n’y a rien qui n’ait déjà été vu ou entendu avec The Thousandth Man. Or, bien que le drama suive des schémas déjà tracés et qu’il ne propose rien d’extraordinaire du point de vue du scénario, de la réalisation ou même du casting, il a un charme efficace et de l’énergie à revendre. L’intrigue est simple mais prenante, les personnages sont stéréotypés mais suffisamment hauts en couleur pour se suffire à eux-mêmes, les acteurs ne font peut être pas la performance de leur vie mais ils délivrent tous un jeu convaincant et solide tandis que moi, j’avais un sourire bienheureux accroché au visage pendant deux heures consécutives. Le pilote est très efficace en matière de mise en bouche et si la proie de Mi Jin du second épisode est VRAIMENT pénible, l’épisode recèle tout de même de moments hilarants et tendres, surtout en ce qui concerne notre OTP. 

Honnêtement, je dois avouer que la seule chose qui m’intéresse à ce point dans The Thousandth Man c’est l’élaboration de la romance entre Mi Jin et Eung Suk. Je ne suis pas sûre que le fait qu’il ressemble comme deux gouttes d’eau à son ex-mari (et grand amour?) de Mi Jin était vraiment nécessaire mais j’aime le fait qu’elle ne fasse pas de projection sur Eung Suk malgré tout. De plus, bien que les relations qui commencent par des confrontations et des disputes pour un oui ou pour un non ont parfois un charme indéniable, j’avoue être souvent beaucoup plus touchée lorsque la rencontrer se fait de manière relativement amicale et civilisée des deux bords. Bien sûr, Eung Suk n’adore pas immédiatement Mi Jin mais on sent qu’il ressent envers elle quelque chose de plus complexe que de la simple irritation : de la camaraderie? De l’attendrissement? De la compassion? Tout ça à la fois? Par conséquent, toutes les scènes entre les deux sont un petit bonheur à voir tant leurs échanges sont faites de respect, de soin et de sympathie plus ou moins explicite ou assumé. 

  

Même si je ne partage pas nécessairement la vision de l’amour telle qu’elle est exprimée par Mi Jin, j’apprécie la réflexion que le drama tente de faire dessus. En effet, je pense par exemple que comparer la manière d’aimer il y a un siècle avec celle de nos jours est un procédé stérile : cela ne peut déboucher sur rien et l’amour, tout comme le reste, est une conception qui évolue avec le temps. C’est un peu comme lorsque les gens te disent que la vie était tellement mieux lorsque le téléphone ou la télévision n’existaient pas encore. Cela dit, la série fait un bon travail pour montrer à quel point trouver l’amour est difficile et que c’est un concept difficile à cibler : peut-on si facilement faire la différence – s’il y en a une, et je ne prétends pas avoir la réponse – entre l’amour, le désir ou le jeu. On n’a pas besoin de croire au Grand et Unique Amour pour comprendre les motivations de Mi Jin et pourquoi elle méprise les hommes comme celui du premier épisode qui n’ont que de la gueule mais pas de sincérité. Par ailleurs, il ne faut pas non plus prendre The Thousandth Man pour un drama à la philosophie profonde. Oui il explore les complexités des relations amoureuses et humaines en général, mais non, il n’apporte aucune lumière didactique ou révolutionnaire dessus. Et moi, du moment qu’on m’épargne le moralisme, je ne m’en plaindrais pas.

Réalisation : B. Très convenue, mais très correcte également. Tout comme le casting, il n’y a rien d’extraordinaire mais tout se tient avec efficacité. Je reprocherais peut être une sur-utilisation des gros plans ainsi que des effets spéciaux pas toujours bien effectués mais globalement le montage est fluide, certaines scènes sont particulièrement jolies à voir et les prises de vue sont variées. La structure des épisodes est en elle-même intéressant : un épisode est « divisé » en deux parties avec son propre titre. Et c’est cool parce que ça donne vraiment l’impression qu’on est en train de nous raconter une histoire. J’aime beaucoup aussi l’utilisation des petites poupées – qui rappelleraient peut être Goong à certains – ; c’est de la mignonnitude gratuite, mais c’est toujours bienvenue lorsque c’est bien fait. L’OST s’accorde étonnamment bien avec le reste : les chansons sont tantôt estivales et dynamiques, tantôt plus mélancoliques.

  

Scénario : B. Non, ça ne casse pas trois pattes à un canard. Mais oui, je suis quand même totalement investie dans ce drama. D’abord c’est rondement mené : pas de temps mort mais pas une impression non plus qu’on va trop vite. Le drama prend du temps là où il doit en prendre – construire la relation Eung Suk/Mi Jin et élaborer suffisamment les personnages – et sait ne pas trop s’attarder sur les scènes.

Tout n’est pas intéressant bien sûr, et même si je comprenais où ils voulaient en venir avec le gars du deuxième épisode, je ne pouvais pas m’empêcher de soupirer dès que je le voyais à l’écran (plus pathétique que lui, on meurt). L’intrigue est simpliste mais c’est bien simple, je suis tombée amoureuse des personnages. Oui, rien que ça. Et avec ça, un drama ne peut que partir d’un bon pied car la règle n°1 selon moi c’est de rendre les protagonistes attachants. Et ma foi, les personnages (principaux – je ne parle pas des deux boulets dans l’épisode 1 et ensuite dans l’épisode 2…) de The Thousandth Man ont chacun leur particularité, chacun leur charme et chacun leur manière de se rendre sympathique.

  

Eung Suk est le petit nounours de la bande ; cet homme-là a tellement de douceur en lui que c’est absolument dingue. Ses intéractions avec Mi Jin et avec Kyung Suk sont adorables, mais vraiment adorables. Il est gentil, attentionné, et en même temps énigmatique. Je me demande s’il n’est pas atteint d’une maladie mortelle, ce qui expliquerait peut être pourquoi il est si empathique avec les gens qui vont mourir, ou pourquoi il tient les femmes à distance.

Je trouve intéressant qu’il perde le goût d’abord puis la vue : tomber amoureux de Mi Jin va-t-il lui redonner goût à la vie et l’aider à voir plus clair? Je ne sais pas si le drama va basculer dans le mélo si mon hypothèse (grave maladie d’Eung Suk) se trouve fondée. Honnêtement, j’espère que non car ce serait gâcher le potentiel comique de The Thousandth Man.

  

La famille Gu n’est d’ailleurs pas en reste. Le trio féminin est bien pensé et la relation qui unit ces trois femmes est aussi hilarante qu’attachante. La soeur est peut être un peu excessive, mais c’est aussi ça qui fait son charme, tandis que Mi Su, la mère, m’a conquise. Elle est drôle, pleine de charisme et mène d’une main de maître ses filles et son secrétaire (avec qui elle a une relation hilarante).

Quant à Mi Jin, elle est aussi étonnamment attachante et plus humaine que ce qu’on aurait pu croire. J’apprécie sa part d’animalité mais je trouve dommage que ce ne soit pas un peu plus exprimé : à part le fait qu’elle dise des choses bizarres de temps à autres, rien ne laisserait suspecter qu’elle n’est pas une humaine mais un animal fantastique. Finalement, malgré la menace de mort qui pèse sur elle, ses attentes dans la vie ressemblent plus ou moins à celle d’une jeune femme ordinaire : trouver l’amour véritable. J’avais un peu peur qu’elle soit nunuche et un peu potiche mais en fait elle m’a agréablement surprise.

  

Certes, elle est bien naïve et aveugle lorsqu’il s’agit de voir la bonne personne quand celle-ci est devant ses yeux (Eung Suk!) mais elle n’est pas non plus trop fleur bleue pour croire le premier venu. Sa lucidité sur l’homme du premier épisode et son détachement pour l’homme du deuxième ont fait naître chez moi un gros soupir de soulagement. Elle est romantique mais elle ne se ment pas à elle-même, et c’est déjà une bonne chose de prise.

Cela dit, je ne suis pas fan du fait que ce soit la énième fois qu’on nous ressort le topique de la femme désespérée qui attend (ou cherche activement) son âme soeur. J’aimerais, pour un seul drama peut être, voir cette tendance s’inverser et assister aux galères d’un homme pour se trouver une copine sincère. Mais bon, ce n’est qu’un détail et j’ai hâte d’en savoir un peu plus sur ses vies passées et de voir la manière dont sa relation avec Eung Suk va évoluer. Je suis sûre que ce ne sera pas exempt de bons fous rires.

L’humour d’ailleurs est particulier et il est probable que cela ne touche pas tout le monde mais pour ma part, je m’y retrouve totalement. Je trouve les jeux de vocabulaire tordants (bien que manquant de subtilités diraient certains), comme lorsque Mi Jin utilise le mot « griffe » à la place de « main » et que sa mère la corrige, ou comme lorsque le gars dépressif ne fait qu’utiliser des expressions avec le mot « mort » dedans, ou encore lorsque Mi Jin parle de Jin Yi Unni pour parler de la Gisaeng Hwang Jin Yi. Bien sûr, le comique de situation n’est pas en reste et les personnages – à commencer par le secrétaire Park Jung Ha, qui ne supporte pas les plis sur les vêtements et qui met ses lunettes de soleil pour pleurer, entre autres – se font un plaisir de nous faire mourir de rire avec des réflexions, des agissements plus cocasses les uns que les autres. 

Casting : B+. Voilà un adorable casting avec des acteurs tous plus attachants les uns que les autres. Si je suis d’accord pour affirmer qu’aucun d’eux ne se détache particulièrement il faut tout de même leur rendre justice : il n’y a aucune fausse note non plus. Chaque acteur colle avec une conviction charmante à leur personnage et s’y donnent à coeur joie. De plus, il se dégage un sentiment d’harmonie et d’homogénéité de l’ensemble car ils semblent tous sur la même longueur d’ondes. Le fait que chacun ait l’air d’être très à l’aise avec les autres est une donnée qui n’est vraiment pas négligeable. Lee Chun Hee s’en sort évidemment comme un chef, mais là, c’est la fan-girl en moi qui parle.

J’ai l’impression qu’on mettrait cet homme dans n’importe quelle comédie romantique qu’il volerait mon coeur à chaque fois. C’était le cas dans Smile You, puis plus récemment dans Gloria. Et le voir enfin incarner le premier rôle est une satisfaction absolument personnelle et subjective. Toujours est-il qu’il parvient à rendre son personnage sympathique, avec les nuances et le mystère nécessaire pour ne pas entrer dans le sur-jeu ou le cliché plat.

  

Du côté de sa partenaire, je découvre Kang Ye Won, inconnue jusqu’alors au bataillon. Et si j’avais un peu de mal au tout début avec son visage, j’ai rapidement été convertie par la fraîcheur et la simplicité de l’actrice. Tout comme Lee Chun Hee, elle n’en fait pas trop, son jeu est naturel et son côté « cute » n’est pas trop exacerbé. De plus, elle a une adorable alchimie avec lui et je suis investie à fond dans la romance de leur personnage!

Les acteurs secondaires ne sont certainement pas en reste : Jeon Mi Seon est pétillante de malice, Hyo Min s’en sort bien malgré une certaine rigidité parfois, tandis que les deux ahjussis, Park Jung Hak et Seo Kyung Suk, sont absolument craquants!

  

Verdict : Okay/Good Kimchi. Bon, d’accord, objectivement parlant, je pense que la série est très conventionnelle, donc on se pencherait plutôt vers le « Okay Kimchi » ou le « Good Kimchi -« . Cela dit, mettre cette note n’aurait pas été très en accord avec la profonde satisfaction que j’ai ressentie en regardant ces deux premiers épisodes. Le « Good Kimchi » est alors -ici (pas systématiquement)- purement gratuit. On pourrait trouver dommage que le drama ne rende pas suffisamment compte de l’atmosphère fantaisiste que la légende de gumiho aurait dû appeler mais au final, le côté plus intimiste et « réaliste » de The Thousandth Man est suffisamment agréable pour se faire pardonner. J’aime le fait que l’intrigue soit restreinte à un nombre réduit de personnages et que cela ne parte pas trop dans tous les sens ; c’est selon moi un choix judicieux compte tenu de la dure limitée de la série. 

  

Pour le moment, la série jongle plutôt bien entre le registre comique et le registre dramatique au sens où, bien que le ton soit fondamentalement celui de la comédie, l’intrigue en soi porte des éléments beaucoup plus sérieux- comme la mort qui menace Mi Jin, et sans doute aussi Eung Suk. Les dialogues sont vifs mais à travers la réalisation, on peut parfois saisir la mélancolie qui tient certains personnages et leur sentiment de solitude. J’espère que la suite continuera à nous suggérer le drame plutôt qu’à nous offrir des grosses scènes de pathos et que The Thousandth Man ne sera pas le théâtre d’une tragédie grecque. 

The Thousandth Man n’opère alors aucune révolution du genre mais il reste néanmoins un divertissement solide. Et pour seulement 8 épisodes, pourquoi s’en priver?

2 réflexions sur “The Thousandth Man – Où on ne badine pas avec l’amour (ou presque)

  1. Salut Kaa,
    Encore une fois tout à fait au diapason avec toi, The Thousandth Man est un drama qu’il serait « facile » de descendre, tant il y a de points sur lequel on pourrait l’attaquer, mais je dis bien « pourrait », car en fin de compte, un charme indéniable s’en dégage. Tous les personnages sont très bien, juste Park Jung Hak (à part les filles et l’acteur principal et le trio féminin, les perso. ont le nom des acteurs?) qui parfois est un poil « too much », Lee Chun Hee est impec. et j’adore les trois filles, je trouve qu’elles vont très bien ensemble, qu’elles forment une famille très crédible (mention spéciale à Jeon Mi-Seon, dès que je l’ai vue, j’ai su que j’allais l’aimer). Mi-Jin est la plus « humaine » des trois alors que c’est la dernière à ne pas l’être (j’adore les « eh! renard! lancés par Mi-Mo !) et j’ai toujours été sous le charme de Hyomin actrice (on va finir par me prendre pour une pro-idols) dans my girfriend is a gumiho, c’était quasi ma préferée (alors qu’elle ne faisait pas grand chose et n’avait qu’un petit rôle) et à l’époque je ne savais pas qu’elle faisait partie d’un groupe de chanteuse, n’ayant jamais entendu une seule note de kpop. En tout cas, un drama sans prétentions mais qui est très agréable, en tout cas pour l’instant, j’espère aussi que l’on ne tombera pas dans le mélo car c’est évident que Eung-Suk est atteint d’une maladie mortelle (ce qui entre autre explique son calme dans l’avion) . Ah! si! un point noir! : seulement 8 épisodes! on a déjà vu faire plus sur des sujets plus minces.

    • Hello!

      Moi j’aime beaucoup Park Jung Hak (et oui, il me semble tous les personnages ont les mêmes noms que leurs interprètes à part Eung Sung, Mi Jin et Mi Mo – Mi Sun c’est le prénom de l’actrice Jun Mi Sun), même s’il est excessif. C’est d’ailleurs parce qu’il est excessif que je l’aime : sa manie de voir tout droit et tout propre, son extrême sensibilité et son réflexe de mettre des lunettes de soleil avant de pleurer, tout ça fait le personnage…
      J’ai vraiment hâte que la romance Eung Suk/Mi Jin soit plus explicite et développée! Je trouve qu’on n’a pas assez de scènes entre les deux dans l’épisode 3, je suis frustrée ^_^. Eung Suk est tellement adorable que je me demande comment elle fait pour ne pas craquer immédiatement…Hyomin a tendance à me laisser indifférente, mais c’est vrai qu’elle est mimi et plutôt drôle (même si son personnage est un peu trop pot de colle) dans ce drama.
      C’est vrai aussi que 8 épisodes pourront être la source d’une grande frustration car non seulement il y aurait de la matière pour faire plus long mais en plus, qui dit drama court dit moins de place aux développements. En même temps, ça veut aussi dire qu’il y a une grande chance pour qu’il n’y ait pas de longueurs, et ça, c’est tout de même positif…

      Ah, j’ai hâte de voir la suite! ^_^

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