The Howling – Les Yeux de la Bête

Petite parenthèse de bla-bla : Bonjour à tous ! J’ai réussi à récupérer internet chez quelqu’un (en attendant de trouver un meilleur système genre café-wifi) et je peux publier ce que j’ai finit d’écrire cette semaine. J’ai lu tous vos commentaires pour le bilan, et merci beaucoup pour vos encouragements ! Ça me motive pour continuer malgré mon emploi du temps chargé (je n’ose même pas penser à comment ça va être après la rentrée et lorsque j’aurais pris un deuxième job =_=). 

Comme je n’avais pas les sous-titres des nouveaux épisodes de la semaine je me suis rabattue sur des films en attente de visionnage depuis…longtemps, et voilà le premier : Howling, un film policier réalisé en 2011 par Yoo Ha (Frozen Flower, Dirty Carnival). C’est parti !

Synopsis détaillé (à ne pas lire pour garder la surprise des débuts) 

Un curieux duo de flics enquête sur la mort d’un homme qui a (littéralement) pris feu dans sa voiture. Jo Sang Pil (Snog Kang Ho) est misogyne, bourru et même violent, en attente d’une promotion, Cha Eun Young (Lee Na Young) est une jeune divorcée accro à son travail et relativement nouvelle dans le métier. En examinant le corps ils lui découvrent une grosse morsure au mollet. L’examen a priori de la scène et du corps indique le suicide, mais d’autres éléments penchent pour le meurtre. Sang Pil sait qu’il a l’opportunité de s’occuper d’une grosse affaire et décide de dissimuler à ses supérieurs les résultats des rapports pour ne pas se voir l’enquête retirée des mains. Lui et sa partenaire découvrent que la victime n’était pas très propre sur elle, et l’homme avait organisé chez lui il y a plusieurs années une glauquissime « Cherry House », une étrange maison close qui propose un catalogue de prostituées mineures régulièrement droguées dont les plus jeunes ont 14 ans. Les lieux sont déserts, l’homme est un véritable fantôme. Une seconde victime apparaît, cette fois de manière évidente tuée par un loup, et l’histoire se répète : un dealer, qui participe à l’exploitation sexuelle de mineures. Cette fois, l’équipe réalise qu’elle a affaire à quelque chose de planifié et leurs supérieurs prennent les devants. Notre duo est relégué à exécuter les tâches les moins intéressantes tandis que l’enquête est déléguée à la pire enflure du lot, fraîchement promue. Mais rapidement tout le monde s’allie pour traquer le tueur, qui semble utiliser un hybride de chien et de loup pour mener à bien une vengeance personnelle.

Commentaires

 

Après Ghost j’étais contente de voir un autre scénario avec une héroïne discriminée de par son sexe et son apparence au sein de la police, et surtout de la voir bien joué grâce à Lee Na Young (il y a un monde entre la passivité de Lee Yeon Hee et l’expressivité intense de Lee Na Young, mais passons, ce n’est pas le sujet). Elle est présentée d’emblée comme la plus intelligente et sensée du lot, mais Sang Pil refuse de suivre ses conseils de bon sens. Elle n’est pas une reine des arts martiaux ou je ne sais quoi mais elle ne lâche pas prise quand on essaie de l’écarter de l’action et fait son job jusqu’au bout. C’est une héroïne à laquelle on s’attache immédiatement et j’ai vite compris qu’elle est l’atout majeur du film. 

 

Il devient rapidement clair que nos deux héros ont plus en commun que les apparences ne le laisse présager. Même si l’expérience et l’approche des enquêtes les sépare, ils sont animés par la même passion de leur métier et tous deux se sont fait rapidement larguer par leurs conjoints qui ont préférés refaire leur vie plutôt que de les soutenir (en laissant deux enfants à charge pour Sang Pil).  C’est très plaisant de voir ces deux âmes solitaires finir par s’entre-aider et fonctionner de mieux en mieux ensemble, sans que le scénario ne vire vers une quelconque romance.

Très rapidement un parallèle est établi entre la femme et le loup, entre la vulnérabilité d’Eun Young sur son lieu de travail et celle des jeunes filles exploitées. Le réalisateur a voulu montrer que la personne a priori la plus faible peut être aussi la plus forte. Le mental d’acier de la jeune femme contraste violemment avec le physique frêle de Lee Na Young, et visuellement ça marche très bien. Jusqu’ici tout va bien, nous avons des personnages subtils et une enquête particulièrement intrigante.

Malheureusement ce film souffre comme nombre de films Sud-Coréens de la Malédiction de la Seconde Partie, qui tombe vite dans le cliché une fois que le nœud du mystère, hautement prévisible, est mis à jour. Au début la dynamique du film repose sur ses deux acteurs principaux qui se renvoient la balle avec esprit, mais progressivement Sang Pil est éjecté et remplacé aux côtés d’Eun Young par la bête mi-chien mi-loup, et autant dire tout de suite que ce duo est beaucoup moins intéressant que le premier.

J’espérais vraiment qu’ils allaient prendre la figure de la bête comme une métaphore, mais ils ne résistent pas à la tentation de donner dans le sentimentalisme animalier et rapidement le ton vire à la bienséance façon Disney. Le Chien Sait, Le Chien Rend L’Amour du Maître jusqu’au Dernier Sacrifice, et autres idioties digne de Lassie, Chien Fidèle que j’espérais nous voir épargnées.  L’étude de la mentalité de l’héroïne est bien plus intéressante mais quelques problèmes essentiels ne sont pas soulevés, comme son implication beaucoup trop personnelle dans cette affaire de proxénétisme et de pédophilie mélangés (implication jamais vraiment expliquée !).  J’ai également regretté que tous les rôles masculins, du meurtrier aux victimes en passant par les policiers soient traités de manière aussi unidimensionnelle et ne sortent pas des stéréotypes dans lesquels on les a enfermé. Oh n’attendez pas de twist pour l’enquête, il n’y en n’a pas.

 

C’est vrai que la séquence finale est réussie, très bien filmée (les scènes d’action sont sobres et sans fioritures, refusant la violence gratuite, un gros plus pour le film qui contrebalance bien les faiblesses du scénario) mais l’épilogue m’a laissée franchement perplexe entre la « rédemption » de l’abruti de service qui sort de nulle part (en fait à part sa fonction de faire-valoir du héros je ne vois pas  à quoi ce personnage sert) et la soudaine implication personnelle d’Eun Young pour la principale victime de l’affaire. S’ils avaient mieux traité le rapport entre l’instinct protecteur de l’animal envers son maître et l’instinct protecteur qu’une femme peut avoir envers des enfants ça aurait pu marcher, mais ils passent à côté de cette opportunité. Malgré tout j’aime beaucoup la phrase finale, « je n’oublierai jamais la nuit où j’ai couru avec un loup » parce qu’elle résume bien tout l’intérêt du film, l’histoire d’une femme passionnée qui laisse son impulsivité sauvage percer derrière la maîtrise de ses émotions. En dehors de ça, il n’y a malheureusement pas grand-chose à voir. Le film n’est pas dénué d’humour ni d’esprit grâce à des dialogues piquants et au jeu impeccable des interprètes, mais le tout est singulièrement sous-développé.

Dans l’ensemble c’est un projet louable, qui réussit à toucher et à dresser le portrait nuancé d’une femme policière. Mais je ne sais pas si j’ai très envie de le conseiller. Le problème c’est que les trois premiers quarts du film qui sont vraiment très bons ne servent qu’à construire la grosse révélation articulée autour de cette fameuse scène d’incendie, et quand le résultat est aussi décevant ça ne sert pas à grand-chose que le cheminement pour y arriver soit bien fait. Si vous êtes bon public pour les films qui prêtent des sentiments humains aux animaux, allez-y, mais si ce genre de développement vous exaspère…ce n’est sans doute pas la peine de se déplacer.

 

Verdict : 2,5/5 Sur le fond c’est une histoire de vengeance trop prévisible qui passe à côté d’une potentielle histoire passionnante façon bête du Gévaudan, en choisissant le chemin sentimentaliste le plus banal. Le film vaut surtout pour son héroïne hors du commun qui est le véritable loup que le titre fait « hurler » (intérieurement). Je suis très déçue que Howling  n’ait pas été aussi noir et profond que je le voulais et qu’il se contente de rester dans le politiquement correct, mais dans l’ensemble c’était une expérience positive et l’occasion de (re)découvrir les excellents acteurs que sont Lee Na Young et Song Kang Ho. La réalisation en clair-obscur contribue à rendre l’ambiance du film prenante. Même si sa longueur (presque deux heures) se justifie mal, ça se regarde très facilement. Je termine en posant cette question : était-ce nécessaire de consacrer une aussi large partie du film aux émois du toutou ?  

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