I Do, I Do – Episode 16 (Fin) : Le chemin des incertitudes

Ce dernier épisode était traversé par une ambiance de célébration. Pour un drama qui s’appelle « I Do, I Do », on s’attendrait à ce qu’il s’agisse d’un mariage, mais pour rester fidèle à l’esprit de la série on y célèbre surtout des nouveaux projets d’avenir, l’accès de notre couple principal à un nouvel équilibre, et bien sûr la naissance de notre petite Palmogi, tellement présente dans les dialogues et monologues des personnages qu’ elle a fini par nous devenir familière. C’est l’épisode où toutes les idées et ambitions de nos protagonistes portent leurs fruits. Après maintes tergiversations, angoisses et incertitudes, c’est une grosse récompense de les voir assumer à fond leurs rêves, même si ce n’est pas ce qu’ils avaient imaginés choisir à l’origine. 

Nous découvrons ce qui s’est passé avant le dernier cliffhanger. Après avoir réconforté Ji An, Tae Kang est rentré chez lui pour trouver son père feuilletant un vieil album photo, ému devant celles de son fils enfant. Il s’emporte rapidement quand Tae Kang embarrassé lui fait comprendre qu’il ne veut pas partir aux US. C’est reparti pour le chambardement dans la cave.

Tae Kang demande à son père si c’est vraiment sincèrement qu’il veut le voir partir, ou s’il préfère qu’il reste. C’est le bons sens de Papa Park (risque de licenciement) contre les sentiments de Tae Kang qui veut être là pour sa fille, sa chérie et son papounet. Ni l’un ni l’autre ne cède du terrain. Papa quitte le champ de bataille exaspéré, mais comme d’habitude déjà conquis.

Seul, Tae Kang ouvre la boîte que Ji An lui a préparé, avec le « premier projet », les chaussures d’enfant. Il reçoit un texto de Ji An : RDV à l’accueil de Jinny Kim. Il la rejoint et la trouve la tête en l’air, en train d’observer le plafond, qu’elle appelle « le ciel ». Cette étendue en hauteur lui semblait infinie et pleine de promesses à son arrivée, mais maintenant la métaphore s’inverse et il lui semble que cette entreprise est devenue un puits dans lequel elle s’est enterrée pendant 15 ans. Et maintenant, il va falloir qu’elle ait le courage d’en sortir pour affronter le monde extérieur.

Tae kang lui rend son premier projet de design. Si elle le perds, le puits (de l’inspiration ?) se refermera définitivement. Ils se mettent d’accord pour avancer ensemble, même si ils ne sont toujours pas d’accord sur la question du mariage. Leur premier accomplissement ? Rendre leur relation publique en paradant en tenues assorties ! Et Papa Park est dans le coup, il arbore fièrement cravate verte et a retiré sa perruque. Main dans la main, nos amoureux se dirigent vers leur bureau au milieu de leurs collègues ébahis. Décidément j’adore comment ces deux-là résolvent les scandales dans lesquels ils sont empêtrés. En adoptant cette attitude, ils deviennent LE couple le plus en vue de la boîte et sans doute de toute l’industrie…

Devant l’Assemblée des Associés Abrutis (ou Cercle des Cochons Chauvins) Ji An se défend bec et ongle en affirmant une position honnête pour faire taire les racontars. Elle ferme le clapet de son supérieur : non, elle ne cherche pas à se faire passer pour une Mary-Sue, elle veut juste s’impliquer dans cette histoire qui la concerne en premier lieu et la mener comme elle entend. Na Ri ne cache pas sa satisfaction de voir son idole secrète reprendre du poil de la bête. Quand leur supérieur demande à Ji An pourquoi elle ne se marie pas, elle répond que cette question ne les regarde pas et qu’elle relève de la volonté propre des deux intéressés. Na. Na Ri pouffe de rire avant de reprendre contenance.

Les deux femmes ont un petit tête à tête. Na Ri demande à Ji An si elle veut qu’elle déchire sa lettre de démission, mais sa supérieure n’écarte pas encore ce recours ultime. On verra bien si sa stratégie fonctionne ou pas, auquel cas la démission sera encore possible pour éviter la casse. Na ri lui souhaite bonne chance après lui avoir fait comprendre avec ironie qu’elle ne lui fera pas opposition. Ji An est toujours un peu déroutée par l’attitude amie-ennemie de Na Ri.

Au restaurant de la boîte la Team Hwang/Park est l’objet de toutes les attentions. Ils sont rejoint par notre cher Eternel Assistant, ravie d’être enfin intégré dans un groupe depuis le début de son contrat à Jinny Kim…ce qui signifie comme pour Ji An 15 ans de solitude. Manager Ma et la jeune collègue lunatique qui a toujours défendu sa patronne s’invitent. Même le Bitching Squad (le reste des collègues qui passent leur temps à casser du sucre sur le dos des autres) finit par déjeuner avec eux. Tae Kang devient même le centre de l’attention de toute la salle quand un autre employé le félicite devant tout le monde. 

Le jour suivant Ji An est convoqué devant un conseil de discipline qui a pour objet d’enquêter sur les possibilités de favoritisme. Tae Kang est lui aussi convoqué, et chacun raconte sa version de leur rencontre. Na Ri est elle aussi cuisinée et nie en bloc avoir été au courant de leur relation. Si elle avait été au courant, aurait-elle choisit Tae Kang pour le projet ? C’est plutôt l’inverse. Manager Ma, EA et Papa Park témoignent à leur tour, en soutenant à chaque fois nos héros. Mais Ji An est tout de même suspendue par le père de Na Ri. De son côté Queen Bitch continue de descendre en flèche le travail de sa belle-fille et de lui demander de se débarrasser de Ji An. Na ri ne lui parle pas de la lettre de démission de cette dernière. Oho, enfin un peu de rébellion ?

Ji An continue de mener son équipe d’une main de fer. Ils se demandent si ils vont la suivre dans sa démission. Les mauvaises langues de service se défilent mais Manager Ma et notre fidèle petite employée affirment leur volonté de partir avec elle. Ji An dit à Manager Ma de rester pour protéger ce qu’elle a construit jusqu’ici. Si elle monte son entreprise, peut-être qu’elle voudra la voler à Jinny Kim…

Tae Kang entre dans son bureau. Elle lui confie à quel point elle est heureuse d’avoir le soutien de tous ces gens, elle qui s’est sentie seule pendant toutes ces années, et en particulier son soutien à lui. Le jeune homme lui parle de ses projets d’avenir : avec son père ils veulent monter une entreprise de conception/fabrique/vente de chaussures spécialisée dans les chaussures pour femmes enceintes et pour enfants. Il voudrait bien voir Ji An participer au projet, mais elle est réticente. Il la surprend en lui mettant l’anneau de sa grand-mère dans la main : « Hwang Ji An, veux-tu être ma partenaire de travail ? ». Ha, deuxième proposition de mariage, cette fois moins conventionnelle que la première, mais plus efficace.

Dans la période qui suit nous voyons les Park père et fils avancer dans cette idée. Nos deux amoureux flirtent en travaillant, enfin en parfaite harmonie. Dr Mommy est tout étonné de voir Tae Kang distribuer des sondages aux patientes de son hôpital. Il ne devait pas partir aux US ? Il est surpris par leur décision commune de quitter l’entreprise. Eun Song a une réflexion de bon sens : Ji An ne risque-t-elle pas de déprimer un peu, toute seule chez elle sans travailler ? En effet, elle se laisse un peu aller devant la télé, et dis donc ce serpent du documentaire serait superbe en sandale (chassez le naturel…).

Elle téléphone à Joon Hee pour discuter des récents développements. Est-ce qu’elle devrait rejoindre les Park dans ce projet d’entreprise ? Son amie pense que la différence de taille avec Jinny Kim risque de ne pas lui convenir. Mais Ji An reçoit la visite d’un homme de Jinny Kim : sa présence est requise à l’entreprise, Na Ri est en train de créer un gros ramdam devant la presse en révélant qu’elle n’est pas à sa place de par son propre mérite.

Elle vante celui de Ji An, qui s’est toujours efforcé d’appliquer les principes de courage et d’objectivité affichés hypocritement par sa belle-mère. Notre chère Queen Bitch n’est pas particulièrement contente de se voir coincée par sa belle-fille, qui ne se retient pas d’affirmer haut et fort qu’assumer un statut de mère célibataire est courageux. Haha, dans les dents. Na Ri termine en retirant sa candidature pour le poste de CEO. Elle recommande Ji An devant les reporters…

Avec un sourire affichant clairement sa domination, Na Ri se dirige droit vers sa belle-mère et la serre dans ses bras au grand damn de cette dernière. « Il y a quelque chose que j’ai toujours voulu vous dire…je ne suis pas une idiote. » Haha QUEEN BITCH OVERTHROWN. Ji An es contactée ensuite par Na Ri enchantée d’avoir mené son petit coup d’Etat à bien. Na Ri a décidé d’assumer enfin son véritable rêve : devenir designer. Elle prendra la place de Tae Kang aux US.   

Avant de partir elle rend visite au mémoriel de sa mère et lui dit qu’elle est désolée de ne pas avoir tenu ses promesses de mariage et de piété filiale. Les choses ne se sont pas passées comme prévu, mais elle ne s’est jamais sentie aussi satisfaite de ses actes depuis qu’elle est en Corée. Elle promet de revenir plus forte et plus mature.

Papa Park reçoit les Hwang chez lui, un peu embarrassé par l’étroitesse des lieux. Il leur confie les circonstances dans lesquelles il a dû élever son fils. Papa Hwang est un peu réticent mais il se fait rabrouer par Maman Hwang (décidément ces derniers temps c’est elle qui mène la danse !) et les trois parents se réunissent autour des photos de Tae Kang quand il était petit. Waouh, Lee Jang Woo était vraiment adorable.

Chez Ji An, Tae Kang a une bonne nouvelle : il a un investisseur pour son projet ! Il est fier de lui et se sent enfin l’étoffe d’un bon père. Ji An lui apprend qu’elle a été recommandée pour le poste de CEO, et Tae Kang la félicite, mais elle n’a pas l’air très sûre d’elle-même et se donne quelques jours pour réfléchir. Elle hésite entre s’associer avec Tae Kang (c’est ce qu’il lui a proposé comme « mariage ») et occuper ce poste lourd de responsabilités.

A la buvette, Papa Park, EA et le tenancier discutent des possibilités de hiérarchisation des postes au sein de la nouvelle entreprise (Tae Kwang, jolie façon d’incluer les noms de nos deux héros). Ils plaisantent en attribuant les titres de « Hué-Jang » et « Sa-Jang » à Papa Park et les autres (ces mêmes titres qui me posent des problèmes de traduction en Français). Ils sont rejoints par Tae Kang, un peu abattu par les derniers évènements. Ji An rumine de son côté sa proposition d’association et la recommandation de Na Ri. Elle recommence à faire un tableau, « accepter le poste de CEO » VS « accepter la proposition de Tae Kang ». Comme pour la question de son avortement, elle a plus d’argument pour la solution qu’elle estime la plus sensée (CEO). Commencer un nouveau business avec Tae Kang…aucun argument pour ? Elle semble en chercher un juste pour avoir l’impression de le choisir en faisant un acte de bon sens…

Le lendemain elle retourne faire une échographie. Elle pense que voir et écouter un peu sa fille lui permettra de prendre la bonne décision. Elle entends toujours « gudu..gudu..gudu.. » (chaussures) et Eun Song lui fait remarquer que la fille et la mère sont très têtues. C’est l’hôpital qui se moque de la charité ! Ils discutent ensuite des propositions offertes à Ji An. Eun Song l’encourage à aller vers l’inconnu. «  La vie réelle se trouve à Sam Chon Po », vieux dicton pour signifier que l’on ne vit à fond qu’en déviant de ce que l’on a planifié. Il commence à bien connaître Ji An et devine qu’elle se met à chaque fois la pression pour prendre la meilleure décision.

Il lui raconte une anecdote qui la concerne aussi : le soir de leur rencontre au cours de leur fameuse blind date, il avait prévu de ne rester qu’une demi-heure et d’aller pêcher avec des amis ensuite. Le meilleur choix comme le fait remarquer Ji An aurait été de la quitter comme il l’avait prévu, mais il ne serait pas tombé amoureux d’elle. Il plaisante en disant qu’il serait sans doute tombé amoureux d’une autre mère célibataire au rendez-vous. Ji An lui demande si de bonnes choses ont résulté de son choix de la connaître mieux. « Oui, j’ai pu rencontrer Cheville… »

Ji An donne rendez-vous à Tae Kang dans un parc. Elle n’a pas encore pris sa décision, mais Tae Kang assume qu’elle va choisir de devenir CEO. En tout cas elle lui confie qu’elle l’a appelé ici surtout parce qu’elle avait envie de le voir. Tae Kang continue la conversation en remarquant à quel point ils sont différents. D’âge, d’éducation, d’opinion…mais leur bébé et les chaussures sont deux choses qui les lient indéfectiblement.

Chez elle Ji An réfléchit devant les paires de chaussures qui symbolisent les deux choses que Tae Kang lui a apporté. Une famille (le pack de chaussures Papa/Bébé/Maman) et de l’inspiration dans son métier (les escarpins qu’ils ont fabriqué ensemble). Elle décide de choisir ce qu’elle veut elle, pas en tant que mère ni en tant que directrice artistique. En tant que Hwang Ji An.

Cinq mois plus tard, Ji An, enceinte jusqu’aux yeux, prend la place d’honneur à une assemblée de Jinny Kim en tant que Chef exécutif. Manager Ma l’assiste. Tae Kang présente son projet de chaussures à talons pour femmes enceintes à des investisseurs. Ils s’excusent : cette idée est bonne, mais elle ne correspond pas à ce qu’ils veulent vendre. Il est un peu abattu et se remémore le moment où Ji An lui a fait part de sa décision de rester à Jinny Kim. C’est une décision pragmatique : elle veut terminer cette collaboration pour laquelle ils ont tant travaillé, et sent qu’elle a encore des choses à faire dans cette boîte.

Retour à cinq mois après ces évènements. Tae Kang ne perds pas l’espoir de faire de sa nouvelle entreprise un succès, et Ji An sort fatiguée de sa réunion. Elle a demandé à Na Ri de venir et cette dernière débarque à ce moment-là, ne se privant pas de faire des remarques sur le ventre de sa supérieure (haha). Ji An souhaite démissionner pour se consacrer pendant trois ans à son bébé, et elle demande à son ancienne adversaire de prendre sa place en attendant. Ha, je savais que ces deux-là finiraient par s’entraider.

Nous avons un aperçu de ce que devient Eun Song. Il fête Noël avec des femmes enceintes à qui il offre des présents, peut-être des mères-filles en difficulté ? Ji An rend visite à Tae Kang dans son magasin et ne peut s’empêcher de glisser quelques remarques dubitatives sur leur business. Ji An et Tae Kang laissés en tête-à-tête par les autres ont une petite accroche « pourquoi-tu-n’es pas-passée-plus-tôt » VS « pourquoi -tu-n’as-pas-appelé ». Mais c’est juste pour la forme. Ji An remercie son compagnon de lui avoir envoyé un modèle de ses chaussures pour femmes enceintes. Elles sont belles et confortables, elles feront surement fureur.

Ji An lui demande si son entreprise n’embauche pas des femmes. « Nous n’en n’avons pas besoin ». « Ah bon ? Zut, j’ai donné ma lettre de démission pour venir ici… » Tae Kang ouvre de grands yeux, et lui demande si c’est vrai. Elle prend un ton enfantin « j’espère que vous me recruterez, M. le directeur. » Aw. Tae Kang essaie de la serrer dans ses bras, non sans difficultés avec ce gros ventre entre eux, et finit par l’embrasser passionnément (le genre de baiser qui donne envie de le projeter pour donner des cours aux autres acteurs/réalisateurs de Kdramas. VOILA COMMENT ON FAIT). « Maintenant je ne te laisserai pas partir. » glisse Tae Kang à Ji An. Mais son expression se fige.

« …Je crois qu’il faut que j’y aille. »

« Hein ? »

« Je viens de perdre les eaux ! »

Direction l’hôpital. Eun Song est appelé en quatrième vitesse. Ji An a besoin d’une césarienne, et elle exige que Tae Kang reste avec elle (après lui avoir copieusement crié « c’est de ta faute ! » haha).

Ji An : « Si tu pars je te tue ! Je vais pendre ma revanche sur toi pendant toute ma vie. Alors occupe-toi bien de moi ! » Tae Kang réalise qu’elle est en train de le demander en mariage. « Réponds maintenant ! »

Tae kang : « Ok ! Sois-forte ! Hwang Ji An, je t’aime ! » Il est sorti de force par les infirmières.

Papa Park et les Hwang attendent anxieusement. Eun Song insiste pour mener l’opération. Elle se passe bien, et toute la famille au grand complet est là pour veiller sur la mère épuisée qui dort. Papa Tae Kang prend sa fille dans ses bras. « Princesse…à partir de maintenant, je vais prendre soin de toi. » Il regarde Ji An, qui sourit en rêve.

Elle rêve qu’elle est dans une vaste plaine ensoleillée, sur un chemin encadré de chaussures. Elle voit celles qui lui a confectionné Tae Kang et les prends dans ses mains. Puis elle le voit avec une petite fille dans les bras qui s’élance vers elle en criant « maman ! »

« Tu es Cheville n’est-ce pas ? »

Pendant que Ji An, Tae Kang et leur fille s’éloignent main dans la main, nous entendons la voix de notre héroïne conclure le drama. 

Quel est le bon chemin ? Où est-ce que je vais à partir de là ? Je connaîtrai encore probablement beaucoup d’angoisses, mais je ne suis plus effrayée. La vie ne va pas là où on attend qu’elle aille, mais elle apporte des cadeaux inespérés. Mon amour, mon enfant, ceux à qui je suis reconnaissante…j’ai reçu tant de cadeaux pendant ces neuf mois. Quels cadeaux m’attendront pour la suite ? Je suis très curieuse… non, je les attends avec impatience.

Fin.

Commentaire de Mina

Quelle jolie manière de terminer ce drama, en montrant que Ji An a changé totalement de perspective. Ce n’est plus la curiosité qui la pousse à prendre des choix inattendus, mais un désir assumé de croquer la vie à pleine dents. Quand je repense au pilote, je réalise à quel point I Do, I Do a lui-même pris un chemin complètement inattendu par rapport à ce que je m’étais imaginé. Partis d’une simple comédie romantique centrée sur une histoire d’amour improbable, nous avons été immergés dans la psyché d’une femme active qui se cherche encore, à un âge où l’on est supposé être déjà bien installé dans la vie. J’ai eu du mal à apprécier vraiment Ji An et j’avoue qu’elle a eu souvent tendance à m’exaspérer, mais grâce au jeu de Kim Sun Ah et à la justesse du scénario qui l’a écrit de manière consistante je l’ai reconnue sans difficultés comme une incarnation fidèle d’une idée de la femme moderne et de ses contradictions. Indépendante mais solitaire, compétente et honnête, elle ne correspond pas au cliché pénible de la femme fatale qui a secrètement un coeur de princesse guimauve (*Hum* Han Ji Won *Hum*). Elle a ses faiblesses, mais elle est capable de mener sa vie sans se laisser trop influencer par les autres, en restant fidèle à ses principes de bout en bout. 

J’ai entendu des critiques assez sévères sur l’aspect professionnel du drama, mais je ne suis pas d’accord. I Do, I Do est pour moi aussi bon avec l’aspect privé qu’avec les intrigues professionnelles. D’abord comme je l’ai déjà remarqué, c’est crédible. Il y a une bonne dynamique entre les différents collègues, supérieurs, et même si bien sûr l’exploration du business reste superficielle et aide surtout l’intrigue principale à avancer, elle reste suffisamment développée pour ne pas se répéter indéfiniment. Et les interactions des différents personnages à Jinny Kim étaient souvent l’occasion de rire un peu, parfois beaucoup. I Do, I Do a été beaucoup plus drôle que ce à quoi je m’attendais, j’ ai beaucoup plus ris que ressenti de tristesse. 

Le drama est aussi représentatif des questions graves que la grossesse non planifiée peut poser dans le milieu professionnel. Et ne dites pas que c’est spécifique à ces cultures encore traditionnalistes, j’ai encore entendue parler de discrimination à l’égard des femmes enceintes notamment dans le milieu artistique : dès que le corps de la femme est impliqué dans la représentation, comme Ji An incarne sa marque, il y a potentiellement conflit. Et comme aujourd’hui avoir un enfant est devenu une projection, quelque chose de préparé, les grossesses imprévues sont de plus en plus mal vues et mal acceptées. L’histoire de Na Ri relègue au passé un traitement du problème totalement injuste et déséquilibré envers la femme, et l’histoire de Ji An, de la génération suivante, présente une possibilité de s’en sortir. Certes le cas de Ji An et sa personnalité son assez exceptionnels et c’est plus l’histoire de Manager Ma qui paraît s’appliquer au commun des mortels, mais je pense que c’est important de montrer que c’est possible d’être enceinte jusqu’aux yeux et d’assumer des postes de haute responsabilité. 

L’évolution de Na Ri est l’un des aspects du drama que j’ai le plus apprécié. Elle partait avec un gros complexe d’infériorité caché sous des couches de cynisme et d’agressivité, et a petit à petit su se comporter de manière éthique grâce à Ji An, et elle a appris à se dérider et à sourire grâce à Tae Kang. Je trouve ça absolument génial que ce soit elle qui parte à l’étranger à la place de Tae Kang. Ses derniers mots à sa mère « être plus forte afin de pouvoir dire fièrement que je suis ta fille » sont la preuve de son évolution, elle qui cherchait constamment à rejeter son ascendance.

Je n’ai pas grand chose à dire sur Tae Kang (et encore moins sur Eun Song, j’ai tout dit dans les commentaires des récaps précédentes…), mais si le personnage ne m’inspire pas beaucoup je dois dire que c’est lui qui donne au drama la majeure partie de son charme et de son humour. Lee Jang Woo est un acteur à la fois limité dans son jeu (il ne fait pas dans la subtilité) mais doté d’une formidable énergie, d’une force dans les émotions qui rendent ses personnages immédiatement concrets et très chaleureux. J’ai préféré son Seo In Woo de Man of Honor (il était sombre et torturé mouahahaha) et je pense que le rôle de Tae Kang a manqué de nuances (ça existe en vrai des hommes comme ça ? Mouais), mais il faut bien avouer que la scène où il voit sa fille pour la première fois était ma préférée du drama. I Do, I Do explore de manière assez inattendue beaucoup d’aspects de la maternité et et de la paternité en général, et c’est l’une de ses grandes forces. Rarement j’ai vu les parents (des deux générations) évoluer autant dans une comédie romantique de ce genre.

Pour conclure, cette histoire de tableau des « arguments en faveur » de telle ou telle décision me paraissait un peu absurde quand il était question de garder ou non le bébé, mais avec ce dernier épisode elle recommence pour les deux opportunités de carrière qui s’offre à elle, et j’ai enfin compris l’essence et l’intérêt de ces scènes (et à quel point elles sont représentatives du drama). Les décisions qui paraissent les plus avantageuses (avorter, rejeter Tae Kang, accéder au poste dont elle a toujours rêvé) rassemblent le plus d’arguments « pour » puisqu’elles sont rassurantes, planifiées, et maintiennent Ji An dans le cursus qu’elle s’est soigneusement préparée. Laisser entrer Cheville dans sa vie, puis Tae Kang, puis changer d’orientation de carrière, c’est aller vers l’inconnu, c’est faire un pari sur l’avenir, c’est prendre un risque. Quels arguments pour l’inconnu ? Aucun, on est sûr de rien. Peut-être que ce sera un désastre, peut-être que ce sera merveilleux. Et ce sera dur. Mais le destin le plus rassurant qu’elle aurait pu choisir (avorter, épouser Eun Song, devenir CEO de Jinny Kim) l’aurait sans doute maintenu dans une sorte de statu quo, de perpétuel sentiment d’incomplétude comme quand nous l’avons rencontrée en train de laisser tomber son père qui fêtait son anniversaire pour aller s’occuper de son entreprise. Maintenant qu’elle a laissé une place à l’imprévu dans sa vie, elle peut commencer à anticiper la suite sans craindre de « dévier » puisqu’elle a reconnu que la voie la plus avantageuse a priori n’est pas forcément celle de son accomplissement personnel…et elle peut, enfin, trouver un peu de sérénité. 

Commentaire de Kaa

Et c’est une fin ouverte et satisfaisante pour I Do, I Do qui a été une agréable aventure à suivre tout au long. Il y a eu hauts et des bas bien sûr, surtout au milieu où l’intrigue patinait dans la semoule et peinait à avancer, mais les derniers épisodes ont été bien rythmés et dosés.

Il faut admettre que la série ne se démarque pas par sa richesse en rebondissements, coups de théâtre ou même d’éléments perturbateurs – les principaux moments de tension étaient plus intérieurs qu’extérieurs – ce qui est un bien comme un mal. En effet, autant la lenteur et la simplicité de l’action est salutaire car prendre le temps de poser des bases solides est une intention appréciable, autant on aurait aimé au final que tout arrive juste un tout petit peu plus tôt. Ceux qui diraient qu’il ne se passe « rien » dans I Do, I Do, n’auraient pas tout à fait tort car du point de vue strict de l’intrigue, i.e la grossesse de Ji An, la série met une dizaine d’épisodes avant de se développer. Je n’ai pas compris le choix des scénaristes de faire durer le « Gros Secret » de la paternité de Tae Kang car cela n’a fait que donner l’impression que la série s’éternisait sur quelque chose qui aurait pu être révélé beaucoup plus tôt. Cela aurait pu permettre aux scénaristes d’approfondir quelque peu leur intrigue et ne pas donner cette impression que tout va un peu vite dans les derniers épisodes.

Mais finalement, plus qu’un drama sur une femme enceinte, I Do, I Do se centre plus sur la femme que sur le bébé : il s’agit pour Ji An de découvrir lentement un monde qu’elle ne connaissait pas – et ne voulait pas nécessairement connaître – et prendre conscience qu’il y a d’autres priorités dans la vie que le travail. Malgré son rythme et sa tendance parfois à choisir la facilité, le drama aborde tout de même des questions intéressantes avec une certaine maturité et modernité en partant d’un point de vue féminin: l’avortement, le dilemme entre le succès professionnel et la maternité, le conservatisme de la société sud-coréenne et ses répercussions sur la place de la femme. On peut bien sûr arguer qu’il y a une foule de personnages qui n’apportent aucun intérêt de plus au drama et qui donnent l’impression de n’être que des pots de fleur pour combler un vide dans un espace, ou un simple prétexte pour apporter quelques éléments d’intrigue : Jake Han, Joon Hee, Choong Baek, Mme Jang et d’un certain point de vue, Na Ri aussi.

Cette dernière est omniprésente au début puis s’évanouit tout à coup, pour réapparaître lorsque le scénariste a besoin d’elle pour régler un conflit. J’ai aimé qu’elle ne soit pas caricaturale et qu’elle ne soit pas une rivale amoureuse et par conséquent, je trouve dommage que le personnage manque un peu de consistance et de solidité. J’aurais voulu par exemple que le scénario creuse un peu plus cette relation ambivalente entre Ji An et Na Ri et, surtout, la garder jusqu’au bout. L’épisode 16 a été un peu « too much » sur le happy-end même si la dernière image et les paroles de Ji An tempèrent quelque peu cette impression de terminer un conte de fées. En effet, tout est bien qui finit bien : la rivale qui était soit disant prête à tout (mais n’a jamais représenté une menace réellement sévère) retourne sa veste et décide de laisser la direction de la compagnie à Ji An, elle s’en va et revient 5 mois plus tard pour récupérer la présidence des mains de notre héroïne pour permettre à cette dernière d’aller aider le père de Cheville dans sa récente entreprise de chaussures pour femmes enceintes et le bébé naît à Noël (comme un cadeau…).

J’aurais aimé aussi voir l’accouchement avant les cinq dernières minutes de la série car, même si c’est cohérent, je ne peux pas m’empêcher de penser que boucler l’épisode et l’intrigue de cette manière-là était un peu trop convenu et facile. Il est dommage que Ji An rencontre Cheville en la prenant dans ses bras et non dans ses rêves, j’ai été satisfaite cependant avec la séquence finale et la voix-off de Ji An reconnaissant que ce n’est qu’un début et qu’il y a encore beaucoup d’autres choses à découvrir. Ça m’a un peu fait penser à l’épisode final de My Name is Kim Sam Soon, même si les deux dramas n’ont aucun rapport si ce n’est d’avoir Kim Sun Ah en actrice principale.

L’écriture du scénario n’est donc pas toujours rigoureuse et exempte de certains clichés (mais parvient tout de même toujours à désamorcer le côté « cheesy » des différentes situations). La force d’I Do, I Do réside dans son atmosphère étonnamment calme et réaliste ainsi que dans son duo principal. Ji An est un personnage cohérent (à la différence de celui d’Eun Sung qui passe son temps à chercher sa place), bien écrit et il est facile de s’attacher à elle. Elle ne fait pas nécessairement les bons choix, se révèle parfois beaucoup plus poule mouillée qu’elle en a l’air, elle traverse des périodes de doutes, de questionnements, de détresse mais elle ne se laisse jamais abattre. Elle ne fait pas juste semblant d’être une femme forte, elle est une femme forte et j’apprécie que ce trait soit conservé tout au long de la série sans qu’on essaie d’apitoyer le spectateur en présentant des éléments de sa vie tragique qui expliqueraient son caractère d’aujourd’hui. J’ai beaucoup aimé son développement et Kim Sun Ah fait un très bon travail pour nous rendre son personnage crédible. L’actrice n’est pourtant pas toujours très naturelle et elle a parfois des tics un peu robotiques mais dans l’ensemble, elle a un jeu solide et convaincant.

De son côté, le personnage de Tae Kang est attachant dès le début, et bien qu’il soit adorable de bout en bout, il est quelque peu unidimensionnel et irréaliste. Il a tellement de patience, de compréhension, et un manque total de ce qu’on pourrait appeler un esprit de contradiction qu’il n’est en aucun cas un personnage « à problèmes ». C’est une bonne chose car ça évite beaucoup de crises de frustration de la part des spectateurs (si peu habitués à voir un personnage sincère, honnête et amoureux du début jusqu’à la fin) et en même temps cela tue le suspens car le personnage devient relativement prévisible. Mais il faut admettre que sans ce personnage tout le temps positif, la série aurait facilement pu sombrer dans la lourdeur et la dépression dans les moments les plus dramatiques. Heureusement donc que Tae Kang est un sourire sur pattes et un homme sur lequel Ji An toujours pu s’appuyer même lorsqu’elle ne s’en rendais pas compte.

D’ailleurs, j’ai apprécié la relation qui s’établit entre les deux et la manière dont ils se sont rencontrés. Ils sont vraiment un couple improbable, et pas seulement à cause de leur différence d’âge. Les voir tomber amoureux l’un de l’autre a été un vrai plaisir. Lee Jang Woo n’a peut être pas le rôle de sa vie avec Park Tae Kang mais il a participé activement au charme du personnage. Son sur-jeu au début de la série s’est rapidement tempéré et l’acteur a ensuite trouvé un bon équilibre entre l’hystérie et le dynamisme. Son alchimie avec Kim Sun Ah semble être vivement discutée, certains affirmant qu’il y a de l’électricité entre les deux, d’autres trouvant qu’ils n’ont aucune sorte de complicité. Pour ma part, si je suis d’accord pour affirmer que Kim Sun Ah n’a pas le même niveau d’alchimie qu’avec Hyun Bin, Gong Yoo, Cha Seung Won ou dernièrement Lee Dong Wook, il y a cependant un courant qui passe entre elle et Lee Jang Woo, suffisamment pour que les deux acteurs puissent nous sembler crédibles et attachants.

Au final, I Do, I Do ne s’impose peut être pas comme la comédie romantique de l’année mais elle a son lot de bons moments et j’ai pris beaucoup de plaisir à regarder et récapituler les épisodes. La série a la volonté de traiter des thèmes humains et choisit le quotidien sur les paillettes et l’extra-ordinaire. Même l’intrigue de la compagnie et des chaussures n’est pas tellement ce qui intéressent les scénaristes et celle-ci est plus un prétexte et un arrière-plan qu’un réel thème. Cela fait d’I Do, I Do un drama qui certes, n’a rien d’exceptionnel ou de spectaculaire, mais qui tire son épingle du jeu justement de par la chaleur qui se dégage de la série, de son ambiance intimiste et modéré, ses thèmes simples et son refus d’être moralisateur.

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