Kurenai no Buta (Porco Rosso) – La Métamorphose

Ne me demandez pas de noter et de classer les Miyazaki : devoir simplement répartir les fiches entre Mina et moi a été suffisamment éprouvant comme ça. En effet, au fil des années, entre découvertes et redécouvertes, j’ai établi un lien particulier avec chacun des films de Miyazaki (excepté Ponyo) si bien qu’aujourd’hui, je serais incapable de les départager : je les aime tous énormément, pour des raisons différentes. Parmi eux, il y a Kurenai no Buta, considéré par beaucoup comme un film « mineur » et largement déprécié par un public qui, tout en lui accordant un rang honorable, lui préfère des fresques grandioses telles que Mononoke Hime ou Sen to Chihiro no Kamikakushi. Kurenai no Buta n’a pas la même splendeur épique et le même souffle mythique pour une raison simple : il ne s’agit nullement pour Miyazaki de se plonger dans les contes et légendes folkloriques japonais mais de nous présenter une oeuvre ancrée dans la réalité d’une Italie entre deux guerres. Dans le même esprit que Tonari no Totoro, le réalisateur signe son deuxième (et dernier?) film avec un tel ancrage dans le réel et encore une fois, la magie prend…

Kurenai no Buta est considéré par Miyazaki lui-même comme étant son film le plus personnel car mettant en scène sa grande passion : l’Italie et les hydravions. Le projet a germé dans son esprit dans les années quatre-vingt et voit le jour d’abord sous la forme d’un manga après que son scénario ait été de nombreuses fois modifié. Contre toute attente, on propose à Miyazaki d’en faire un mini-film de 45 minutes pour la Japan Airlines, ce qu’il accepte, ayant en tête un projet léger et reposant. Seulement, entre temps, la guerre civile éclate en ex-Yougoslavie tandis que l’on assiste à la chute du communisme un peu partout, et Miyazaki décide de faire de Kurenai no Buta un long-métrage et non un court-métrage comme premièrement annoncé. Le projet prend de l’envergure et il met onze mois avant de voir le jour en 1992 sur les écrans japonais. C’est encore une fois un triomphe pour le réalisateur, déjà reconnu par le public nippon pour ses précédentes oeuvres Tonari no Totoro, Laputa ou encore Majo no Takkyubin. Cependant, l’accueil qu’on lui réserve à l’étranger (et notamment en France en 1995) est bien plus mitigé et discret malgré le prix qu’il a remporté lors de sa première diffusion en France en 1993 à l’occasion du Festival International du film d’animation d’Annecy.

Crédits : Buta Connection, The Art of Animation (affiche).

  

L’action se situe en 1929, en Italie. Marco Pagot est un aviateur émérite à la tête de cochon qui a servi dans l’armée de l’air quelques années plus tôt et qui s’est reconverti en chasseur de primes. En dépit du calme apparent de sa vie lorsque le film s’ouvre sur Marco confortablement installé sur son île paradisiaque, la réalité est bien différente. En effet, outre ses multiples chasses aux pirates de l’air, Marco doit affronter un aviateur américain de talent, Curtis et déjouer les plans de la police secrète et des forces aériennes italiennes à ses trousses. Heureusement, il a à ses côtés des allié-e-s solides : la belle et digne Gina son amie d’enfance, secrètement amoureuse de lui et l’énergique et charmante Fio, la jeune mécanicienne entre autres.

  

La guerre et ses absurdités

Malgré le ton burlesque de Kurenai no Buta, le film est bel et bien empreint d’une couleur politique discrète au point de passer inaperçue mais pourtant omniprésente. Certes, cet aspect est nettement moins explicite que dans Mononoke Hime, Nausicaa ou encore plus récemment Hauru no Ugoku Shiro mais il n’en reste pas moins central : Kurenai no Buta est une dénonciation de la guerre, plus précisément du fascisme italien montant, et de son caractère absurde. Ce n’est pas pour rien que l’on montre chaque bataille comme une gigantesque farce acclamée par une foule de spectateurs : les attaques des pirates font l’objet de festivités et/ou de ridicule.

Et même lorsque la guerre est abordée de manière sérieuse, lorsque Marco raconte l’évènement qui l’a rendu tel qu’il est aujourd’hui, c’est dénué de sens et de réalisme : Miyazaki qui aime d’habitude tant le sang, les éclatements et le feu est étonnamment sobre en ce qui concerne la gestion de la violence. En fait, celle-ci, dans Kurenai no Buta, n’est jamais explicitée mais le ton amer et l’impression d’assister à un vol de mouches alors que nous avons sous les yeux une véritable tuerie, est tout aussi efficace pour souligner l’inutilité du recours à la force. 

Tourné à la dérision, le sujet n’en demeure donc pas moins sérieux, et on connaît trop bien Miyazaki pour se douter que faire naître une oeuvre cinématographique à une époque marquée par la fin de la Guerre Froide et du démantèlement des pays de l’Europe de l’Est ne peut pas être politiquement neutre. Le choix de placer l’intrigue en Italie en proie à la montée du fascisme entre la Première et la Seconde Guerre Mondiale n’est pas non plus anodin et on ne peut regarder la scène où toutes les femmes se regroupent pour effectuer le travail habituellement réservé aux hommes (construire les avions) sans penser à ces femmes pendant le temps des guerres qui restaient à l’arrière et devaient assurer les tâches masculines pendant que leurs hommes se battaient sur les fronts. Miyazaki, avec toute la poésie et la subtilité dont il peut faire preuve, nous rappelle l’absurdité de ces violences et la détresse dans laquelle elle met les êtres humains.

  

Est-ce pour autant empreint de pessimisme et de tristesse? Bien sûr que non. Kurenai no Buta est une véritable bouffée d’air frais et les mains magiciennes de Miyazaki nous transportent une nouvelle fois dans un univers où le sérieux côtoie sans cesse l’amour, l’humour et la dérision.

Des Racines et des Ailes

Avec ce discours indirectement antimilitariste vient le thème de la liberté, sublimé par la présence des hydravions : la moitié du film se déroule dans les airs et, bien que l’imagination de Miyazaki décolle et nous offre un magnifique champs des possibles, le réel, la terre n’est jamais bien loin. Voler a toujours été le rêve de l’homme et le réalisateur n’a jamais caché sa fascination pour les cieux et les avions : Kurenai no Buta est une déclaration passionnée d’amour pour ces derniers. Cependant, lorsque le ciel, dans Laputa, est le siège de l’Utopie (et de son envers), celui de Kurenai no Buta n’est pas le lieu d’un univers enchanteur. En effet, le film est unanimement terre-à-terre : au lieu de faire plonger des jeunes êtres réels dans un monde merveilleux, c’est un être merveilleux qui est plongé dans la réalité. Marco aimerait bien pouvoir oublier l’absurdité de la guerre, seulement, même dans les airs, il y est chassé et se retrouve à devoir faire une ridicule compétition avec Curtis.

  

Par ailleurs, la liberté traitée dans Kurenai no Buta n’est pas seulement physique mais également morale. En choisissant de ne travailler qu’à son compte comme chasseur de primes, Marco établit un droit fondamental : celui d’être libre de ses opinions et de ses actions.

L’amour et ses petites contradictions

  

Rétrospectivement, aucun film du réalisateur ne saurait mettre de côté la beauté de l’amour. Dans Tonari no Totoro et Majo no Takkyūbin ce sentiment est encore à l’état de l’innocence et simplement effleuré par Miyazaki : Laputa est le premier long-métrage dans lequel l’histoire d’amour est évidente, faisant partie intégrante de l’intrigue. À noter que c’est le premier et le dernier film dans lequel le réalisateur met en place une romance qui finit explicitement bien : Pazu et Sheeta volent vers de nouveaux horizons ensemble et nous ne sommes pas loin du « Et ils vécurent heureux jusqu’à la fin des temps » des contes de fées. Kurenai no Buta signe le début d’une longue série de films présentant des amours contrariés avec le couple romantique que forment Gina et Marco. Ces deux-là, pour une raison ou pour une autre, se regardent de loin, s’aiment, mais ne se le diront pas ouvertement. La littérature et le cinéma nous a suffisamment démontré que les romances platoniques et passionnées sont celles qui deviennent immortelles et atemporelles, Le Lys dans la Vallée, In The Mood For Love pour ne citer qu’eux. Bien sûr, Kurenai no Buta n’a rien à voir avec ces deux oeuvres si ce n’est cette allusion à l’amour désintéressé et jamais consommé. Au final, Marco et Gina symbolisent l’idéal romantique et la mélancolie qui se dégage de leur relation ne manquera pas de serrer les coeurs les plus sensibles.

  

Si Marco a enfin rendu visite à Gina dans son jardin privé, nous ne le saurons jamais avec exactitude. Les personnages arrivent avec leurs secrets et repartent avec, sans qu’on ait pourtant l’impression de s’être fait roulé dans la farine. C’est dans l’ouverture des fins que réside une des plus belles choses que parvient à faire Miyazaki : sans jamais nous asséner une conclusion personnelle, il nous laisse la libre-pensée, la possibilité d’imaginer comme nous le souhaitons le futur de ses personnages. Est-ce que Marco a retrouvé son visage humain après le baiser de Fio? Peut-être que oui, peut-être que non. Et finalement, ce n’est pas ça qui importe, car Marco est Marco, qu’il soit un cochon ou un humain et les deux femmes sont prêtent à l’accepter peu importe l’apparence qu’il a.

Malheureusement le court format du film (1h30) ne permet pas à Miyazaki de creuser plus en profondeur les relations qui unissent Gina, Marco et Fio. Ce n’est pas tant la fin qui pose problème, car comme exprimé plus tôt elle est absolument en accord avec l’esprit du film, que le manque de scènes entre ces trois personnages. On s’attache immédiatement à eux, ce qui nous rend désireux d’en apprendre un peu plus, surtout en ce qui concerne Marco et Fio car ils ont une dynamique très intéressante. Mais cela ferait un autre film, j’imagine. 

Des Personnages Porteurs de Temps

Kurenai no Buta n’a peut être pas les personnages les plus marquants de toute sa filmographie mais il a pour lui un des personnages principaux les plus intéressants en Marco Pagot. Les autres personnages ne sont néanmoins pas vides de substances, au contraire, les symboles qu’ils portent en eux sont forts et engageants. Avec toujours autant d’aisance, Miyazaki nous présente des personnages de tout âge, de l’adolescente bientôt adulte, à l’homme mûr en passant par la grand-mère et le poupin : tous les stades de la vie sont représentés. Mais l’intérêt principal réside dans le trio composé de Gina, Marco et Fio, qui représente à lui seul la ligne du temps. Gina est le passé, Marco le présent et Fio le futur.

  

Comme déjà démontré dans ses précédentes oeuvres – et c’est pour ça qu’on l’aime – Miyazaki ne rechigne pas à nous faire le portrait de femmes diamétralement opposées mais fondamentalement similaires dans leur force, leur classe et leur image positive. Gina est celle qui vient sauver Marco à la fin en le prévenant de l’arrivée imminente de l’armée aérienne tandis que Fio, avec l’aide des femmes de sa famille, est celle qui a rebâti l’hydravion de Marco et qui est, en quelque sorte, celle qui sauve notre héros de son indifférence cynique sur l’humanité. 

En effet, alors que Gina est une amoureuse passive enfermée dans le passé, Fio est le lumineux futur, la jeunesse qui amène avec elle l’espoir et la possibilité d’un renouveau. Contrairement à Gina, qui attend avec une patience infinie un geste de la part de Marco, Fio prend les devants et c’est elle qui embrasse, deux fois, notre héros. On admire ce petit bout de femme à cause de son caractère explosif : elle n’a pas sa langue dans sa poche et n’a aucunement l’intention de se laisser marcher sur les pieds ou se faire raconter des histoires juste parce qu’elle est de sexe féminin. Marco, qui refuse d’abord de laisser une femme toucher son avion, ne peut que se rendre à l’évidence que le genre d’une personne ne fait pas sa valeur ou sa compétence ; et Fio a plus d’énergie et de dynamisme que la bande de pirates de l’air réunie. C’est elle qui va ouvrir le coeur de Marco et l’amener à réévaluer sa conception de l’humanité : « Conviction…Je déteste ce mot, mais de ta bouche, cela sonne bien ». Parce que Fio, c’est l’innocence et son entrain rappelle à Marco le jeune adulte qu’il était lui aussi auparavant. 

Marco est un personnage éminemment intéressant et ce, à bien des égards. D’abord, il est différent : Miyazaki a surtout mis en scène des héroïnes plutôt que des héros, et lorsque son personnage principal est masculin, il est alors jeune (Mononoke Hime) voire enfant (Gake no ue no Ponyo). Or, Marco est un un homme d’âge mûr certes bon vivant mais qui n’a plus l’innocence et l’insouciance de ses 20 ans. Preuves en sont son cynisme et son air désabusé d’homme qui en a vu beaucoup.

Il est alors à la fois un être que l’on respecte énormément et un être qui n’est pas fait pour plaire. En effet, il n’est en aucun présenté de manière plaisante, que ce soit du point de vue du physique (il est gros, gras et rose, bref, un cochon) ou du caractère : il est pessimiste, un brin misogyne, il boit, il fume, il aime les femmes, il jure, tempête et grommelle à tout bout de champs. Ni beau, ni brun, ni ténébreux, il ne ressemble en rien à ces héros-type que l’on nous présente généralement.

  

Considéré comme un héros de guerre et jouissant d’une légende édifiante mais la réalité est bien différente et Marco ne se sent absolument pas méritant de la splendeur qu’on lui attribue : derrière la légende se trouve un homme détruit par l’armée et qui se sent coupable d’être le seul survivant. Pour Marco, il n’a rien d’un héros, seulement un homme qui a reçu la punition de voir tout le monde mourir, sauf lui. C’est peut être ici que son apparence de cochon est la plus porteuse de sens : Marco, après son expérience traumatisante, devient un solitaire, un marginal qui ne se reconnait pas dans le peuple italien. Il prend donc une autre apparence, pour marquer sa différence ; il n’est pas le miroir de la société dans laquelle il vit, et la société ne lui ressemble pas non plus.

  

La séquence où il raconte cet épisode traumatisant est certainement la plus tristement belle et poétique du film. Non seulement elle nous montre le personnage sous un jour nouveau, puisque dans l’étincelle d’une chandelle, Marco retrouve subrepticement son apparence humaine, mais elle est également témoin de la douleur qu’engendre le fait d’être le seul survivant. La mort de ses compagnons (dont faisait partie Berlini, alors fraîchement marié à Gina) et de ses ennemis a été le tournant dans la vie de Marco qui, après cet épisode, jettera toutes ses convictions et ses croyances à la poubelle : à quoi sert la guerre puisqu’une fois mort, les ennemis n’existent plus? Le cimetière des aviateurs dans la Voie Lactée que Marco aperçoit est une image extrêmement poignante et émouvante. Ainsi, en choisissant de devenir chasseur de primes, Marco fait clairement le choix de ne plus jamais se mettre sous les ordres de quelqu’un d’autre que lui même. Tout comme Rick dans Casablanca, il pourrait dire : « I’m the only cause I’m interested in ». Mais ce n’est pas tout à fait vrai.

  

En effet, on peut remarquer que malgré son isolement et son discours explicite de ne servir aucune autre cause que la sienne, Marco vit entouré de sa radio et de ses journaux : il se tient au courant de l’actualité et il ne peut se résoudre finalement à tourner le dos à son histoire. Marco porte en lui une cicatrice du passé qui l’a rendu amer aujourd’hui, mais cela ne l’a pas dépouillé de sa dignité ou même de ses positions politiques. Il ne sert peut être aucune cause, mais il n’en reste pas moins que pour lui : « il vaut mieux être un cochon décadent qu’un fasciste ». Il est par conséquent le personnage du présent, celui qui a été suffisamment marqué par le passé pour ne pas pouvoir retourner en arrière et faire sa déclaration à Gina, et celui qui ne parviendra que via sa rencontre avec Fio à regarder vers le futur avec un peu plus d’optimisme.

En ce qui concerne les autres personnages, Miyazaki nous fait retrouver notre petite famille avec des personnages que l’on retrouve plus ou moins dans certaines de ses autres films, on peut citer Curtis le joli-coeur américain stéréoypé mais apportant son lot d’humour ainsi que Piccolo, le grand-père de Fio et ami de longue date de Marco, les pirates de l’air Mamma Aiuto (qui rappellent Dora et ses fils de Laputa) qui sont autant de personnes sympathiques, enjoués et légers. Car, comme déjà énoncé, le film a beau avoir des accents mélancoliques et nostalgiques, c’est une perle de bonne humeur et il recèle de petits sketchs/dialogues comiques.

  

Mention spéciale à la bataille finale entre Curtis et Marco qui est un pur joyau. On rit tellement qu’on finit par en pleurer. 

   

Sur la forme…

C’est encore du très beau pour Miyazaki et Hisaishi son compositeur fétiche. Celui-ci a troqué ses musiques classiques à la saveur délicieusement traditionnelle pour un air du sud, chaud et méditerranéen. On reconnait « Le Temps des Cerises » dans une version magnifique et émouvante qui sied si bien à l’atmosphère générale ainsi que la patte de l’artiste avec les sons de fanfares pour agrémenter les scènes les plus burlesques. La chanson du générique, interprétée par Tokiko Kato, est un petit plaisir pour les oreilles, doux et nostalgique à souhait. Le graphisme est très épuré mais encore une fois Miyazaki nous prouve que la simplicité n’est pas synonyme de médiocrité car avec une telle palette de couleurs (le rouge vif de l’avion, le bleu profond de la mer, le vert éclatant des arbres…), difficile de ne pas nous en mettre plein la vue. 

  

D’autres ont remarqué avant moi l’influence du cinéma hollywoodien des années 40 que l’on peut déceler dans Kurenai no Buta. En effet, rien que le personnage de Marco semble sortir directement de Casablanca, avec son amour tragique, et sa ressemblance troublante avec Humphrey Bogart (le bide en plus, on s’entend!), dans son charisme, sa prestance, sa nonchalance, sa manière de mettre ses mains dans les poches de son imperméable, la cigarette à la bouche, son chapeau de feutre enfoncé son front.  

  

Conclusion : The Red Pig is the Black Sheep

Kurenai no Buta est un ovni dans la carrière de Miyazaki : il n’est ni l’enjeu d’une dénonciation survoltée de la guerre (et c’est la subtilité et la retenue du message qui rend ce film si précieux), ne met pas en scène un récit initiatique, autre grand sujet favori du réalisateur ni ne baigne dans cette atmosphère merveilleuse et enchantée qui a rendu Miyazaki si célèbre. Au contraire, Kurenai no Buta fait définitivement parti du réel avec des personnages humains jusqu’à l’os et un héros dur au coeur tendre délicieusement charismatique. Faisant semblant de ne pas se prendre au sérieux, il est une oasis de gags, de situations cocasses, de dialogues vifs et mordants mais se révèle plus profond qu’il en a l’air. Définitivement différent de par son propos et son personnage principal mais, il n’en reste pas moins d’une grande poésie et d’une grande finesse. Au final, ce ne serait pas trop s’avancer que de dire que Kurenai no Buta est l’oeuvre la plus mature et adulte de sa filmographie. Avec autant de chaleur, d’amour, de rire, d’émotion et de beauté, on ne peut que ressortir séduit du voyage, et l’on regrette que la fin arrive, si vite. 

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3 réflexions sur “Kurenai no Buta (Porco Rosso) – La Métamorphose

  1. Merci beaucoup pour cet article!! j’attendais avec impatience le nouvel article de ce thème d’été!!
    Je suis d’accord avec toi Miyazaki arrive vraiment très bien à faire passer un message sérieux sans même qu’on s’en rend compte, il a une certaine subtilité dans son écriture et son dessin qui est un véritable délice!
    Je trouve ça dommage que le film ne soit pas trop connu en France, car il a vraiment de tout, et je pense pas que ce soit vraiment une œuvre mineur dans sa filmographie! Personnellement c’est plutôt dans ses films récents que je décroche un peu, mais je pense qu’on en parlera dans les prochains articles!
    *attends avec impatience l’article de Mina, et je suis curieuse de savoir de quel film elle va parler*

    • Oh, je suis contente que tu me rejoignes sur les grands points! Porco Rosso mérite vraiment qu’on lui donne une chance bien qu’il ne soit pas aussi immédiatement séduisant par rapport aux autres films, plus « tape-à-l’oeil ». De tous ses films « politiques », il est à mon sens le seul qui soit aussi discret et subtil. Les autres sont certes plus poignants, mais aussi plus « lourds ».
      Merci pour ton commentaire Eglantine, c’est toujours un plaisir! Et l’article de Mina devrait arriver, bientôt. =)

      • Mina est en retard =)

        A propos de Porco Rosso, c’est le film qui me fait regretter le plus que Miyazaki ne se consacre pas un peu plus à écrire des scénarios sur l’âge adulte. On a tout ce qu’il faut sur l’enfance et l’adolescence, et je pense qu’il est passé à côté d’une opportunité de se renouveler en continuant à créer/produire des films pour les enfants ces dernières années (il a déjà tout dit…).

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