Projet Chick Flick 3 par 3 : Déceptions

Ça nous arrive à tous, on voit des acteurs connus que l’on apprécie pour les avoir déjà vu jouer dans nos dramas préférés, on lit un synopsis prometteur avec des idées originales, on croise de jolies affiches et une bande-annonce rigolote, on s’impatiente, on trépigne, et on lance enfin le film désiré depuis des mois. Et là, après quelques scènes, patatras, on commence à se dire que quand même c’est vraiment ennuyeux/agaçant ce truc, mais on continue malgré tout parce que par-ci par-là une réplique, une scène nous a fait sourire. Arrivé aux trois-quarts du film on se tape la tête contre la table, mais on se force pour aller jusqu’au bout, histoire de tirer quand même un article de cette mauvaise expérience pour en faire quelque chose de productif. Je ne savais pas trop dans quel groupe thématique ranger ces films et du coup je les ais rassemblés là. Les critiques de Never Ending Story et de Black Minidress sont de moi, et Kaa s’est occupé de You’re My Pet.

Never Ending Story (2012, de Jeong Young Ju, critique de Mina)

Synopsis : Song Gyeong (Jong Ryu Won)  Et Dong Ju (Uhm Tae Wong) découvrent en même temps qu’ils ont une tumeur au cerveau et qu’ils ne leur reste plus que trois mois à vivre. Dong Ju vit au jour le jour et Song Gyeong passe son temps à planifier sa vie de A à Z, mais ils sympathisent quand même et décident de tout plaquer et de s’enfuir de leur quotidien respectif pour profiter ensemble du temps qu’il leur reste. Ils tombent amoureux, mais le temps passe vite et la santé de Song Gyeong se dégrade rapidement.

En quelques phrases : Never Ending Story est une tentative ratée d’aborder un sujet délicat (que fait-on de sa vie après avoir reçu un diagnostic sans appel et avec seulement quelques mois pour vivre ?) qui passe complètement à côté de son objectif. C’est un film qui ne décolle jamais vraiment, qui nage toujours vaguement dans une zone de banalité crasse en tournant autour de personnages qu’on a déjà vu cent fois ailleurs, en mieux. En fait si on regarde un peu le tout de loin c’est juste un enchaînement de scènes mignonnes souvent stéréotypées et sans enjeux. L’une des rares réussites du film est d’avoir inversé les rôles : a priori vu leurs caractères on s’attend à ce que ça soit Song Gyeong qui coure après Dong Ju, mais c’est la jeune femme qui lui tends des perches et elle se vexe un peu lorsqu’il ne les attrape pas. Ça c’était original. Ce qui ne fonctionne pas…tout le reste. Les caractères contrastés des personnages ne sont jamais expliqués et ne servent qu’à les distinguer du commun des mortels sans que ça vienne ajouter grand-chose à l’intrigue. Le sujet de la maladie est abordé avec un peu trop de légèreté et comme les personnages ne sont pas assez bien caractérisés ça devient difficile de se sentir vraiment triste pour eux malgré tout le charisme et la chaleur d’Uhm Tae Wong et de Jong Ryu Won.  L’histoire d’amour tombe aussi un peu à plat : rien ne nous montre que les personnages sont vraiment amoureux l’un de l’autre, et on a surtout le sentiment qu’ils apprécient l’idée d’avoir une belle romance sans que ça aille au-delà du rêve idéalisé. On ne comprend pas trop pourquoi Song Gyeong s’isole sans rien dire à personne lorsque son état se dégrade ni pourquoi Dong Ju ne lui dit rien sur sa propre santé (qui s’améliore, avec la culpabilité que ça entraîne), non pas parce que ce sont des comportements irrationnels mais surtout à cause du scénario maladroit qui présente mal ces décisions. La fin avec la saga séparation/course contre la montre/grande déclaration avec la caméra tournante est un enchainement de clichés et les problèmes les plus importants sont résolus hors champ.  Au final j’aurais préféré que le film soit centré autour du couple Park Ki Woong/Yoo Seon, ce sont les personnages les plus charmants et les plus drôles du lot.

Petit point positif : La réalisation est très jolie, j’aime beaucoup comment ils ont utilisé la lumière pour donner un ton léger et optimiste au film et les quelques morceaux de musique sont très bien choisis.

Verdict : Une romance de carte-postale trop longue (une demi-heure de trop !) et très inégale qui alterne entre bonnes trouvailles et anecdotes qui relèvent un peu trop souvent de lieux communs du genre. Ça manque de rythme, c’est beaucoup trop lent à démarrer et on a constamment l’impression que le film passe à côté de son sujet. A force de vouloir prendre de la distance avec ses personnages et leurs difficultés le film reste dans la superficialité et ne fait qu’effleurer cette histoire d’amour insolite. J’en suis sortie perplexe et indifférente. Il y a une petite référence vers la fin au chef d’œuvre d’Hur Jin Ho (Christmas in August, un film avec un sujet similaire) mais Never Ending Story n’a pas le cinquième de la poésie et du pouvoir émotionnel de ce dernier. 1,5/5

Little Black Dress (2010, de Heo In Mu, critique de Mina)

Synopsis : Quatre BFF dans le vent, fraîchement diplômées, se lancent sur le marché du travail. Leur amitié est mise à rude épreuve par la jalousie, et commence à vaciller sérieusement lorsque les secrets et les rancœurs font surface.

En quelques phrases : Little Black Dress aka My Black Minidress est le prototype du chick flick complètement raté, et souffre en plus du défaut récurrent des scénarios Sud-Coréens schizophréniques où la première partie « comique » (emphase sur les guillemets) est très mal articulée avec la seconde, inutilement pathétique. Le réalisateur a voulu faire quelque chose de trendy en s’inspirant des films et séries américaines du genre qui s’intéressent au consumérisme des jeunes générations, mais se plante royalement et échoue aussi bien à éveiller la sympathie qu’à poser des questions pertinentes sur le sujet. Le film pâtit d’une réalisation maladroite et d’une approche superficielle. Il est pessimiste sans pour autant assumer son discours pseudo-sociologique, et semble ne pas savoir s’il veut nous rendre ses héroïnes attachantes ou absolument insupportables. Park Han Byul et Yoo In Na s’en tirent plutôt bien et parviennent à insuffler un peu de vie dans les plantes vertes prétentieuses qu’on leur donne à jouer, Cha Ye Ryeun est dans ses plus mauvais jours, zombie-style, et Yoon Eun Hye débite son texte comme un automate, l’air complètement paumée. Les hommes sont jugés exactement comme des objets de luxe qu’elles iraient acheter aux galeries de leur quartier, leurs métiers respectifs semblent les ennuyer à mourir, il n’y a aucun rythme (les scènes sont interminables), les « blagues » souvent basées sur la moquerie gratuite ne sont pas drôle, nous avons des flashbacks de scènes récentes caractéristiques des dramas, le montage est atrocement morne (une scène après l’autre, sans inventivité aucune), bref imaginez-vous attablé ou plutôt coincé en face de l’une de vos camarades de classe/collègue superficielle et imbue d’elle-même qui ne sait pas parler d’autre chose que de son nombril, forcé à l’écouter pendant des heures se plaindre de ses faux problèmes de cœur et de travail. Vous savez, celle qui a tout pour plaire et qui trouve quand même le moyen de vous rabaisser en râlant sur ses kilos en trop imaginaires ? Eh bien My Black Minidress, c’est pareil. 0,5/5

You’re My Pet (2011, de Kim Byeong Hon, critique de Kaa)

Synopsis : Adaptation du josei à succès où une carriériste décide d’héberger un jeune homme qu’elle trouve dans un carton devant chez elle, à condition qu’il devienne son animal de compagnie. La cohabitation commence, et les sentiments s’en mêlent.

En quelques phrases : Kimi wa Petto, revisité par les Coréens. Et…ils auraient pu s’abstenir. Je ne sais pas pourquoi je m’obstine : le drama japonais a déjà été une déception, mais il fallait que j’en rajoute une couche en donnant une chance à la version coréenne. Pour moi You’re my pet tombe totalement à côté de ce que Kimi wa Petto (le manga) était. L’atmosphère, les personnages, tout ça manque ; alors quitte à modifier autant ces éléments, autant ne pas s’afficher comme une adaptation mais essayer de faire quelque chose de réellement original avec une trame relativement similaire. Je dois préciser d’abord que j’aime beaucoup Jang Geun Seok (malgré sa perm), et s’il a su apporter quelque charme dans son personnage, on ne peut pas vraiment affirmer que ce soit un home run pour lui. Kim Ha Neul est une sorte de quitte ou double en ce qui me concerne ; elle peut être sympathique comme elle peut être franchement agaçante. Et malheureusement, You’re my Pet ne va pas en sa faveur. Je n’ai senti aucune alchimie entre les deux acteurs (ce qui, pour une comédie romantique, est tout de même le signe d’un échec), et les scénaristes ont réussi à rendre ultra-clichée une romance qui à la base était pleine de fraicheur et d’originalité. Pas merci, franchement. De plus, si le film devait être médiocre, ils auraient au moins pu nous épargner ces presque 120 minutes d’action lente et ennuyeuse. C’est typiquement le genre de film qui mise tout sur l’apparence et la popularité des acteurs, oubliant par conséquent ce qui fait le point le plus important d’un divertissement : avoir une intrigue décente. À part des rares sourires esquissés, le film m’a laissée froide : c’est longuet, décevant, sans intérêt, et cliché. 1/5

 Conclusion

Si vous tenez absolument à voir un de ces films, regardez Never Ending Story, au moins les acteurs s’en sortent bien, il y a des scènes mignonnes et c’est quand même plus recherché que les deux autres. Après avoir lu plusieurs critiques j’ai vu que d’autres avaient beaucoup plus apprécié que moi, notamment parce que l’humour de la première partie les a beaucoup plus touché (je n’ai quasiment pas ris) et je pense que si j’avais plus aimé le début du film j’aurais facilement pu lui mettre un 2/5. Les deux autres ne m’ont pas inspiré ce genre de reconsidération.

2 réflexions sur “Projet Chick Flick 3 par 3 : Déceptions

  1. Alors j’ai vu Mini Black Dress aussi et comme toi déçue amérement !!J’ai pas compris l’interêt c’était insipide !!

    Par contre vu aucun autre, You’re my pet ayant fait tellement de bruit que j’ai pas voulu me jeter dessus trop vite à priori je ne rate rien ^^

    • Hello merci pour ton commentaire ^^

      Toutes les critiques sur YMP sont quasi unanimes : une grosse perte de temps. Je pense que ce n’est pas pour rien que le projet avait au de gros problèmes de production.

      My Black Minidress m’avait vraiment agacée sur le coup et j’avais eu un mal fou à le terminer, et avec deux ans de recul je suis toujours aussi perplexe sur l’intention du scénariste. Je pense qu’il a voulu faire sa version de Mean Girls/Clueless en voulant proposer une sorte de seconde partie mélancolique et désabusée sur leur attitude, mais le problème c’est que la caractérisation des personnages est tellement superficielle que rien ne marche (bon la scène de réveil de cuite au début est pas mal, mais il faut en profiter parce que c’est la seule scène un peu drôle et pertinente du film.)

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