Zenkai Girl – Review : Quand Maso rencontre Sado

J’avais envie de quelque chose de léger pour me remonter le moral après les larmes que m’ont fait verser l’épisode 6 de Bridal Mask. Le choix s’est alors porté sur Zenkai Girl, ce j-drama sorti en 2011 mettant en scène Nishikido Ryo et Aragaki Yui. Ce qu’il y a de bien lorsqu’on est une novice en j-drama comme je le suis, c’est qu’un bon nombre d’acteurs nous reste totalement inconnus au bataillon ; du coup, pas d’attentes ou d’appréhensions spécifiques, et on se laisse aller avec toute la naïveté d’un enfant dans l’aventure. J’ai donc commencé cette série non pas parce qu’il y avait un-e acteur/actrice qui me plaisait et qui jouait dedans, mais parce qu’il a bénéficié d’un très grand nombre de critiques plutôt positives. Accueil (très) mitigé chez moi.

Puisque la suite ne va relativement pas être très glorieux pour la série, je préfère le dire d’emblée : Zenkai Girl n’est pas la pire comédie romantico-familiale japonaise que j’aie regardé, loin de là. Les j-dramas ont quelque chose qui me les rendent sympathiques pendant le visionnage, tout en restant peu marquants au final. Buzzer Beat était par exemple un drama sympathique et divertissant mais fondamentalement sans substance ni intérêt. La même chose se passe un peu pour Zenkai Girl : honnête mais sans conséquence. Comme souvent, la série démarre de manière plutôt plaisante (les deux premiers épisodes sont drôles et rafraichissants) mais elle perd au fur et à mesure le petit charme qu’elle avait, restant dans sa zone de confort et pis, s’enfonçant dans les clichés, les retournements de situation conventionnels et prévisibles et la romance fade et frustrante connue sous le célèbre nom « Je t’aime-Moi non plus ».

Ce qui pêche d’abord, c’est définitivement le scénario. Et sans bon scénario, il est rare qu’un drama puisse réellement décoller. On pourrait facilement pardonner son manque d’originalité, après tout, je n’ai pas commencé ce drama en voulant voir quelque chose de différent.

Cependant, l’intrigue est très décousue, à la limite du stupide (A aime B qui ne veut pas aimer A et qui préfère aimer C du coup A par dépit décide d’aimer D alors que B vient de se rendre compte qu’elle est finalement amoureuse de A, en résumé) et les épisodes deviennent vite un nid de clichés qui leur collent à la peau : la rivale, l’ex, le déni de sentiments, les malentendus qui auraient pu être éclaircis en deux temps-trois mouvements mais qui, à la place, traînent et créent de la tension pour rien, etc.

Sans être révolutionnaire, le postulat de départ me paraissait attrayant : une jeune femme volontaire, rigoureuse et ambitieuse se trouve confrontée à son total contraire, un père célibataire, pauvre, préférant les petits bonheurs de la vie aux grands rêves excitants. On rajoute à cela des adorables enfants, et on aurait pu obtenir un cocktail gagnant. Mais non. Les enfants sont adorables pourtant : j’ai d’ailleurs fini par vouloir terminer le drama juste pour eux étant donné la fadeur du couple principal et l’ennui profond dans lequel il me plongeait.

  

Wakaba est un personnage extrêmement humain au sens où elle nous est tour à tour sympathique et agaçante. Après tout, c’est aussi comme cela que sont les gens dans la vraie vie non? Il y a des choses qu’on aime chez eux, et des choses qui nous agacent. Le personnage est alors très « réaliste » en ce sens, mais n’a cependant pas réussi à gagner totalement mon coeur. Et pourtant, elle aurait dû.

En effet, Wakaba n’est pas exactement comme les héroïnes habituelles : c’est une battante, une vraie. Son passé difficile l’a bien sûr aidée mais cela ne tourne jamais à l’extrême et voir des flashbacks de la jeune Wakaba étaient essentielles pour comprendre les motivations de la Wakaba adulte. Elle ne fait donc pas semblant d’être forte, elle l’est. Elle est pleine de détermination et déteste qu’on fasse les choses qu’elle doit faire à sa place. Et elle va jusque bout de tout ce qu’elle fait. Et pour tout ça, Wakaba est admirable. Son côté asociale est même attachant et ses intéractions avec la jeune Hinata sont souvent une source de comédie. Cependant, ce qui fait son charme est aussi ce qui fait son principal défaut car Wakaba est aussi butée qu’un âne qui refuse d’avancer. Prise individuellement, elle est un personnage fort sympathique. Mais dès qu’elle rentre en contact de Shota, son côté « tsundere » ressort et là, elle passe de sympathique à franchement pénible : avoir sa fierté est bien sûr compréhensible, mais manquer constamment d’honnêteté envers les autres et envers soi-même est quelque chose sur lequel elle aurait dû travailler. Le déni c’est mignon au début, à la fin, c’est juste irritant tout comme assister aux échanges pimentés entre Wakaba et Shota était drôle au début, au bout d’un moment, on a juste envie de leur donner un bon coup de pied dans le derrière pour que quelques chose avance.

De plus, autant je pouvais comprendre sa frustration en voyant le manque d’ambition de Shota, autant je ne trouvais que ça ne justifiait aucunement son mépris et les paroles dures envers lui. C’est vrai qu’on a envie de secouer comme un prunier ce garçon mollasson mais sa tendance à écraser les gens comme des insectes à cause de leur choix de vie était un peu trop poussée. En effet, Shota n’a peut être pas l’ambition d’être un homme riche avec un statut qui lui fera gagner le respect de la société, mais il a le mérite d’être un père aimant et présent pour son fils. Je sais que la série ne donne pas raison à Wakaba au sens où Zenkai Girl est l’histoire de l’évolution des convictions d’une jeune femme. Mais même, voir Shota tout le temps se faire rabaisser, c’est pas cool.

En face de la Tsundere, nous avons alors Shota aka Mr Masochiste. Shota, c’est le gars sympathique et bonne poire de base. En pire. Il est indéniable que voir un gentil garçon sensible et attentionné est rafraichissant lorsqu’on a l’habitude de voir que les caractères chaud bouillants de nos habituels héros coréens. Donc Shota est un amour, un vrai. Il sourit tout le temps, fait à manger pour te faire décompresser et aura toujours un mot pour te réconforter. Oui, Shota est tout ça à la fois mais il est aussi fondamentalement innocent et naïf. Après toutes les mésaventures qu’il a eues avec les femmes, il trouve toujours le moyen de tomber amoureux d’une forte tête qui lui en fera voir de toutes les couleurs. Et on dirait que plus les femmes le traitent mal, plus il s’attache à elle. La définition du masochiste en soi.

En effet, pour être toujours amoureux de Wakaba après les horreurs qu’elle lui sort épisode après épisode, je ne vois pas comment appeler Shota autrement. On aurait envie de lui donner une paire de claques pour qu’il se réveille et défende un peu son amour-propre au lieu de toujours s’excuser et de trouver des excuses au comportement de Wakaba. Et puis, on sait tous comment ça se passe avec les gars trop gentils : ça ne veut pas faire du mal, mais ça finit par en faire. En essayant de plaire à tout le monde, on finit par donner des faux espoirs à tout le monde.

J‘ai vraiment plaint Soyoko (la rivale et amie de Wakaba) pour avoir voulu croire à ses sentiments et se rendre compte qu’il n’a jamais été réellement intéressée que par une autre femme. En bref, Shota était franchement sympathique dans les premiers épisodes (même s’il faisait de la peine), mais ses airs de chien battu ont finit par m’irriter fortement.

Le couple s’attire et se fuit comme des aimants et leur histoire tourne en rond très rapidement et devient plus que prévisible : à chaque fois que l’un essaie de se confesser à l’autre, il y a forcément un élément perturbateur qui les en empêche (je vous jure, ça dure tout le long de la série), il y a un mariage inutile, une rivale inutile, et plein de sous-intrigues qui sont là pour ralentir le moment où les deux vont se mettre ensemble. C’est censé offrir du suspens, ça m’a juste crée un peu plus de frustration. La résolution de leur histoire d’amour manquait de saveur : ni l’un ni l’autre ne parvenait à prendre des décisions. Non. Il a fallu que leur compagne/compagnon respectif prenne des décisions à leur place : Soyoko quitte Shota, Shindo annule son mariage avec Wakaba.

À ce stade-là, ça commence à devenir pathétique parce que sérieusement, que ce serait-il passé si ni l’un ni l’autre rival n’avait fait un pas en arrière pour permettre à ces deux handicapés de l’amour de se mettre ensemble? Rien. Soyoko aurait mené une vie agréable mais sans amour de la part de Shota (qui avec le temps aurait été capable d’avoir de vrais sentiments pour elle vu la mollesse de son caractère) et Wakaba se serait marié avec Shindo, pestant toute sa vie contre cet idiot de Shota. The End. 

Je ne retiendrai alors certainement pas Zenkai Girl pour sa romance insipide. Alors quoi? Pour son côté familial? Les japonais aiment les enfants et cela se sent. La relation père/fils entre Shota et Pitaru est agréable bien qu’encore une fois, le drama ne creuse pas suffisamment en profondeur les différents thématiques pour que l’on considère Zenkai Girl comme une intelligente série sur la famille monoparentale. Je pense que le drama aurait gagné en consistance s’il avait mis un peu plus la romance au second plan et abordé plus entièrement la question des liens de sang et de pères célibataires.

En effet, la série fait la part belle à ces hommes qui ont dû élever seuls leurs enfants : le père de Wakaba, Shota et ses trois amis. Si quelques scènes sont vraiment touchantes entre les différents pères et fils/filles, je trouve dommage par exemple que l’arrivée de la mère de Pitaro soit aussi mal exploitée. Au lieu de donner lieu à une réelle réflexion sur le sujet, celle-ci ne devient qu’un élément perturbateur dans la vie amoureuse de Shota et la question est réglée en deux temps, trois mouvements. Cependant, il y a une chose d’indéniable dans Zenkai Girl : l’alchimie entre Nishikido Ryo et le petit. Celle-ci est tellement réelle que ça ferait presque peur.

Comme je l’ai déjà dit, les deux enfants sont le seul point intéressant de Zenkai Girl : ils sont bien développés et j’ai été plus touchée par leur histoire et leur romance que par celles des adultes. 

  

D’ailleurs, si on parle des performances, les deux plus jeunes acteurs sont remarquables et mieux dirigés je trouve que les adultes. Nishikido Ryo a un sourire absolument addictif mais son personnage mou du genou ne le met pas en valeur, sauf lorsqu’il est avec le petit. Aragaki Yui, dont j’ai fini par m’apercevoir que je l’avais déjà vue dans Papa to Musume no Nanokakan, est dans l’ensemble bien choisie pour le rôle et s’en sort plutôt bien. Nishikido Ryo et elle ont une bonne alchimie, mais cela ne réussit pas à sauver leur couple à l’écran.

  

Conclusion : Réalisation, bof. Casting, correct : les deux jeunes acteurs sont les plus intéressants selon moi. Scénario : mouais. Zenkai Girl n’est pas vraiment à conseiller pour ceux qui cherchent une romance originale. En effet, cette dernière est aussi plate qu’un terrain de rugby, et elle se déroule en toute prévisibilité. Les premiers épisodes ont un bon rythme et divertissent gentiment, même si on est conscient que l’on ne se trouve pas devant un bijou. Cependant, rapidement, cela ralentit et j’ai fini par vraiment traîner des pieds à le terminer. Plus qu’une histoire d’amour, c’est finalement une histoire de famille, et si le tout n’est pas exempt de bons sentiments, elle a un côté attachant. Au final, Zenkai Girl est une série correcte mais, ne parvenant pas à tirer son épingle du jeu, elle se fond dans la masse de toutes ces comédies romantico-familiales qu’on oubliera après une bonne nuit de sommeil. 

8 réflexions sur “Zenkai Girl – Review : Quand Maso rencontre Sado

  1. Oh Kaa, quelle cruauté !

    *Va va Ryo, ignore la, viens-là que je te console, viens. Quoi ? Comment cela tu veux aller avec la méchante dame et te faire frapper plus fort ? MASOCHISTE VA !*

    …hum bref. Apparemment l’article est réapparu… soit je deviens dingue soit c’est ma connexion qui déconne, je sais pas, peut-être les deux.
    N’aie pas peur en tous cas, je ne te trouve pas vraiment cruelle. Je fais partie de ces gens qui ont beaucoup aimé Zenkai Girl mais je reconnais en gros tous les défauts que tu soulignes –même si tu as oublié de parler du générique qui fait saigner les yeux …-.C’est juste que je les ai probablement ressentis moins forts. Le côté tétu de l’héroïne m’a parfois agacée, le mou du héros également et l’histoire de la mère était particulièrement mal géré –ça pour le coup ça m’a vraiment énervée- mais je suis passée au dessus de tout cela parce que, déjà, je suis bon public et qu’ensuite…Ryo est un bias total pour moi. Ca aide, c’est vrai. J’aime ce type et chaque fois qu’il sourit mon cœur fait des loopings –anatomiquement je suis pas sûre que ce soit possible mais bon- alors tu imagines bien que dans ce drama j’étais aux anges.
    Je n’ai pas grand-chose à ajouter à ton article finalement. J’ai vu les défauts dont tu parles et je ne les nie pas mais simplement, je leur ai prêté moins d’importance. Ce drama m’a fait passé un bon moment grâce au sourire de Ryo, à la force de l’héroïne, la choupittude extrême des gosses –qui, en effet, volent la vedette au couple principal-, etc.
    Oh et je suis heureuse quand même que tu parles de l’alchimie entre Ryo et le gosse parce que …ben rien, je suis d’accord avec toi. Bref c’était un super commentaire pour ne rien dire \O/

    *Ryo, reviens, j’ai des menottes dans le placard, on va s’arranger !*

  2. (^_^)
    Cruelle, moi? Oui mouahahaha. Mais pas trop apparemment, parce que j’ai préféré ne pas parler de ce générique absolument affreux. Après tout, il me semblait que je disais suffisamment de mal de ce drama pour ne pas trop en rajouter haha.
    Non, bon, je suis peut être allée un peu fort pour cette série qui ma foi a su être charmante durant la première moitié après tout, j’ai écrit la critique è chaud. Mais j’avoue que j’avais vraiment du mal lorsque Wakaba ne disait que des choses horribles à Shota…Je dois être trop sensible ^_^
    Ryo est absolument charmant, mais comme c’est la première fois que je le vois, je ne pouvais pas vraiment être biaisée^^Et on parie combien qu’entre moi la cruelle et toi la gentille, Ryo viendrait se lover direct dans mes bras, hein? ;)

    • Pas si je joins le fouet aux menottes! J’aurai raison de toi Kaa, Ryo et son sourire seront à moi …….mwhahahahahahaha *imagine la foudre en arrière-fond pour plus de machiavélisme*
      Et oui, c’est vrai, tu as été gentille de pas parler de ce générique… il m’a vraiment piqué les yeux celui-là. Je suis généralement plutôt pour les génériques dans les dramas -ils n’en ont pas tous et je trouve cela dommage- mais alors là j’aurais donné n’importe quoi pour qu’il n’y en ait pas ><
      Rassure-toi en tous cas, tu n'y es pas allée si fort! dans

  3. J’ai vu ce drama, franchement il est bof, j’ai vu d’autre drama plus sympa que ça.
    Je l’ai trouvé un peu long quand même, même si j’aime bien les acteurs, je trouve que ça tourne un peu en rond et on s’est déjà comment ça va se finir.
    Franchement si tu es novice prends plutôt un autre drama, car celui là n’est pas des plus intéressant.

  4. Hello ! Effectivement Zenkai Girl se consomme vite fait bien fait… Je l’ai vu il y a quelques mois, – pour me poser un peu entre deux dramas coréens – tout comme toi, j’ai passé un bon moment mais en faisant pas mal d’avances rapides quand même… et je ne crois pas l’avoir gardé sur mon disque (malgré le charme de Ryo :p)

  5. étrange qd tu dis qu’il avait eu de bonnes critiques, les échos que j’en ai eu été que le drama était méga frustrant O.o dc je m’étais promis de ne pas le regarder. Maintenant je suis encore plus convaincue.
    C’est dommage car vu le thème, les japonais ont les moyens d’en faire 1 truc bien, d’ailleurs si tu veux voir qqch ac 1 histoire de relation père célibataire/enfant (c’est 1 peu + compliqué que ça) jte conseille Usagi Drop qui est un petit bijou.

    • Hé bien, je n’ai pas écumé tous les sites qui parlaient de Zenkai Girl mais de ce que j’en ai retenu, il a été bien accueilli, surtout dans la communauté anglophone. Et oui, tu ne perds rien à ne pas regarder ça. Ce n’est pas le plus nul, mais c’est pas extrêmement brillant non plus.
      J’irais jeter un coup d’oeil à Usagi Drop, merci pour la suggestion!

  6. Moi j’ai aimé …comme on aime un bâton de Mister freeze l’été …ça passe toujours bien et c’est rafraîchissant même s’il n’y a pas beaucoup de contenu ! XD
    Reine des métaphores à deux balles !
    Bon …déjà il y avait Ryo …et son mini moi troooooop mignon et c’était beaucoup …et puis Gaki toujours juste et si émouvante avec son papa…
    Même si rien n’était innovant, revoir ces jolies ruelles, ces troquets typiquement japonais, les enfants si disciplinés jouant une pièce de théatre, les gentils usuriers, les vertus de l’effort et du sacrifice m’ont fait du bien entre deux coréens et un taiwanais…Leur histoire d’amour m’a plu tout simplement ! j’ai adoré la scène sur le pont où elle s’accroche à ryo pour pleurer …bref
    et j’ai aimé le générique…certainement moins agaçant que certains « saranghe à tout va » !

    Après si tu cherches des must en jdrama …faut voir ceux du King Takuya Kimura (pride, beautiful life*_*, millions stars, love génération, love vacation…)!

    pour Ryo …il faut le voir dans Joker, 1litres of tears, othros no inu, ryusei no kizuna et last friend!

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