Et alors, Dark Shadows ?

Je continue à écrire ces petits « retours de séance », j’aime bien faire ça. Je sors de Dark Shadows, le dernier Burton. Et alors, c’était comment ?

J’ai perdu ma confiance en ce réalisateur après avoir vu Sweeny Todd, et à partir de ce film tout ce qu’il a sorti m’a laissé un mauvais goût dans la bouche. Dark Shadows ne fait pas exception. J’avais l’habitude d’attendre toujours l’émerveillement en allant voir les films de Burton, mais j’ai le sentiment qu’il tourne de plus en plus en rond, s’enfonce dans la superficialité Hollywoodienne et les gimmicks creux, ici le vampire « à l’ancienne ». Ce film contient tout ce que je ne supporte pas dans ce qu’il fait récemment : une héroïne blonde insipide, un scénario convenu avec une fin décevante (ce n’est pas mieux que Twilight), des personnages stéréotypés sous-développés. J’ai été très déçue de voir le personnage d’Eva Green elle aussi réduite à un cliché de femme hystérique alors qu’elle aurait pu être beaucoup plus que ça (et quelle alchimie avec Johnny Depp !).

L’histoire de la famille Collins aurait pu être intéressante, mais à aucun moment je n’ai eu envie de les voir se sortir de leur malédiction. Le film ne donne pas vraiment de raisons solide de les soutenir, ni de les détester. Toutes les différentes intrigues qui tournent autour des Collins paraissent très décousues et à plusieurs reprises je me suis demandé quel était l’intérêt de telle ou telle scène pour le scénario d’ensemble. Il y a bien une explication à la fin qui ramène tout au même personnage, mais c’était tellement prévisible qu’à aucun moment il n’y a d’effet de suspense ou de surprise.

Le film fonctionne très bien quand il veut faire de l’humour et j’ai senti beaucoup de potentiel quand Barnabas commence à faire son « visiteur » dans les années 70, mais au final on est quand même loin des fous rires et de l’humour mordant de Beetlejuice et de Mars Attacks. Esthétiquement c’est très beau, mais là encore j’ai senti la superficialité l’emporter sur le fond. Il n’y a plus rien de vraiment angoissant dans les films de Burton, il ne reste plus qu’une enveloppe gothique léchée, trop propre et trop poudrée pour être vraiment inquiétante. Il n’a pas complètement perdu sa patte (la scène de remise à neuf de l’entreprise Collins était remarquable), mais j’ai de plus en plus l’impression qu’il tient surtout à mettre en scène ses lubies de fanboy (livres, comédies musicales, séries) au lieu de créer des scénarios originaux. On peut passer à autre chose ? (1,5/5)

2 réflexions sur “Et alors, Dark Shadows ?

  1. Tous les films de Burton parle de la mort, c’est donc plus une variation sur le thème, qu’une volonté de sacrifier aux dicktat de la mode vampirique hollywoodienne, enfin j’espère. Mais c’est vrai que depuis quelques années, je trouve moi aussi que Tim Burton me touche moins. Dans Dark Shadows (j’aime le virelangue que pourrait donner la traduction), on y retrouve sa patte, son univers, ses couleurs gothique/impressionniste, son humour (le M de Mc Donald qui devient le M de Méphisto mdr) et c’est agréable mais il y manque quelque chose. Avec la notoriété est venu l’argent, ce qui n’est pas un mal en soit, mais il me semble que lorsqu’il en avait moins, il était davantage en prise avec son innocence, avec cette part enfantine que l’on retrouve tant dans Bettlejuice (mon film préféré et de loin). Á présent tout est calibré pour toucher le plus possible de gens et rentrer dans ses finances ? C’est propret et sage… Enfin toute proportion gardée, c’est Tim Burton quand même ^^

    • En fait je ne pense pas que l’idée du vampire elle-même est inspirée de la tendance récente d’Hollywood, pour moi c’est plus le script lui-même qui s’est aseptisé (l’exemple le plus frappant c’est la fin d’Alice au Pays des Merveilles, avec Jeanne d’arc, le dragon et le départ pour la Chine, What.The.Hell). J’ai entendu pas mal de critiques qui disent que ce film tourne en ridicule ce genre de noblesse désargentée, mais à aucun moment le film ne sort du politiquement correct. Et un élément manque gravement : où est la poésie Burtonienne ? Où sont les moments de pure créativité poétique où on sent son cœur se déchirer devant la solitude des personnages ? Pouf, envolée.

      En fait ce film j’ai eu surtout l’impression que c’était le prétexte de rassembler le plus de stars et guest-stars possibles et de leur faire jouer des caricatures (Michelle Pfeiffer est honteusement sous-exploitée, comme Helena Bonham Carter qui est de plus en plus ridicule dans chaque nouveau film de son mari). C’est vrai que je ne me suis ennuyée à aucun moment, j’ai beaucoup ris, mais au final il ne reste qu’une belle enveloppe vide, comme ce que devient Angélique.

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