The Equator Man, Seconde partie et conclusion

Kaa : Et voilà, un autre drama de mars qui touche à sa fin. Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il a été difficile à terminer. En effet, les épisodes tiraient en longueur, et une fois la série bouclée, nous avons poussé un « ouf » de soulagement – ce qui n’est, en général, pas vraiment bon signe.

Mina : The Equator Man a redéfinit l’expression « s’éterniser ». Je retire tout ce que j’ai dit sur l’extension : heureusement qu’elle ne s’est pas concrétisée.

The Equator Man, épisodes 7 à 12 : Under The Scorching Sun

Je n’arrive pas à m’attacher autant à ce drama qu’à mes autres thrillers favoris. Il manque quelque chose, sans doute un peu de passion. Je trouve le Sun Woo d’ Uhm Tae Woong un peu trop cynique et glacé à mon goût, mais je ne sais pas si je l’aurais plus aimé joué par un autre acteur. Probablement encore moins. Inversement, j’aime beaucoup le Jang Il de Lee Jun Hyuk, même si il n’est pas parfait. Sans Jang Il et Soo Mi, le drama serait trop plat. Par contre j’apprécie beaucoup Ji Won. J’ai lu que ce personnage décevait beaucoup, mais personnellement je la trouve très admirable et pas niaise du tout. J’aime beaucoup sa détermination, la façon dont elle s’occupe de Sun Woo quand il est aveugle. Je ne pense pas qu’elle méritait ce type de Noble Idiotie que Sun Woo lui impose. J’ai toujours l’impression que quand les personnages font ça, ils privent l’autre de leur liberté de choisir de rompre pour se protéger ou d’accompagner la personne aimée dans les épreuves, quels que soit les risques. C’est toujours une porte de sortie un peu trop facile pour les scénaristes, qui leur permet de justifier une séparation inutile. Et pourtant j’ai vu ce procédé très bien traité dans Résurrection, il m’a littéralement tenu en haleine pendant des semaines. Dans TEM les scènes étaient admirablement bien jouées et bien tournées, mais elles étaient tenues par une trame scénaristique trop faible.

À quelques points près, je rejoins ton avis : Equator Man n’est pas le genre de drama de vengeance qui prend aux tripes comme d’autres ont pu le faire auparavant. C’est d’un autre ton et d’un autre genre car il est plus proche d’une vengeance psychologique que réellement matérielle. Sun Woo ne cherche pas à ruiner Jang Il ou même sa réputation, il veut qu’il soit hanté à jamais par la tentative de crime qu’il a tenté sur sa personne, et par la même occasion, venger la mort terrible de son père. J’ai toujours dit que personne sauf Ji Won n’était réellement sain d’esprit dans Equator Man, et même le héros est loin d’être totalement équilibré. Il faut voir sa froideur et son cynisme pour comprendre que le spectateur se rallie pas à sa cause grâce à sa capacité à nous faire compatir.

  

Cependant, contrairement à toi, je ne trouve pas Sun Woo « trop » glacé. C’est  clair qu’il l’est, mais je trouve qu’il apporte une nuance intéressante aux héros habituels pour lesquels on ressent immédiatement de la sympathie et dont l’humanité ne peut que nous amener à vouloir le voir vaincre ses démons. Son duo avec le personnage de Jang Il fonctionne très bien car ce dernier est très charismatique et il est un cas clinique intéressant. Le drama est dans l’ensemble très froid, que ce soit du point de vue des personnages ou bien de la réalisation, et les sentiments manquent délibérément de tout ce qui pourraient se rapprocher d’une chaleur humaine. Et c’est sans doute pour ça qu’on ne parvient pas à s’investir plus profondément.

Seule Ji Won compense ce manque et on l’apprécie justement parce qu’elle apporte la touche salvatrice d’humanité avec son sourire, sa chaleur et sa patience infaillible. Il est clair qu’elle ne mérite pas le traitement que lui réserve Sun Woo, mais d’une manière générale, on peut constater que les couples d’Equator Man sont essentiellement composés de sadiques et de masochistes – les femmes étant, sans surprise, les masochistes.

Haha ! Oui, on peut voir les choses comme ça. En fait je voudrais surtout que Ji Woo prenne une place plus importante dans la vengeance du héros. Si l’identité de Sun Woo est aussi rapidement dévoilée, autant lui faire lire cette fichue lettre et la faire entrer dans le feu de l’action. Prenez exemple sur Giant et Salaryman ! Là, les femmes avaient des rôles déterminants.

Oui c’est vrai. Par ailleurs, je suis vraiment déçue du traitement des personnages féminins : il n’y en a que deux, ils auraient pu faire un effort pour les rendre indispensables, ou du moins engageants. Comme tu dis, autant on apprécie la douceur de Ji Won, autant on aimerait qu’elle ait une part plus active dans le scénario. Jusque là, elle n’a été ‘que’ le support de Sun Woo, et on ne voit pas vraiment son rapport avec l’histoire de vengeance en tant que telle. Entre sa passivité envers Sun Woo et l’agressivité obsessive de Soo Mi envers Jang Il, on ne peut pas dire que c’est le plus beau duo féminin que les dramas ont su faire émerger.

Cette passivité de Ji Won envers Sun Woo est très curieuse, et manque de réalisme. Elle accepte les choses avec une facilité déconcertante, mais je suppose que ça fait partie de son caractère. J’aimerais vraiment revoir percer en elle la jeune fille prête à détruire la voiture de M. Jin à coups de pierre. Pour Soo Mi : il est temps qu’elle sorte de son délire et arrête de s’empêtrer dans son éternel cycle : Obsessions sur Jang Il > Rejet brutal de Jang Il > Détresse et Frustration > Tu va le regretter > Manigance un plan de revanche > Jouissance de le sentir à sa merci > Nouveau rejet plus dur de Jang Il >  Détresse et Frustration > Tu va le regretter > Nouveau plan de revanche > etc.

Soo Mi est essentiellement un personnage frustré par son amour et par les rejets constants et de plus en plus durs de Jang Il mais qui, comme tu le dis si bien, ne sait pas sortir de son cycle d’actions. Et n’avoir comme seule raison de détruire la vie de Jang Il la frustration amoureuse, c’est un peu mince et léger pour moi.

Le mois précédent j’ai écrit que Soo Mi était nymphomane, mais je me suis trompée : c’est l’érotomanie qui se rapproche le plus de son comportement. Soo Mi n’est pas à un stade psychotique, mais elle suit quand même les trois phases de la forme primaire de cette maladie psychique : espoir, dépit et rancune, avec une grosse part de fantasme et surtout cette volonté de détruire la personne aimée une fois qu’elle est rejetée.

D’autre part à propos de Jang Il je suis complètement abasourdie de voir qu’en réalité, son attitude aux deux extrêmes entre Soo Mi qu’il traite comme un déchet encombrant et Ji Woo qu’il place sur un piédestal a une justification éminemment bancale. Les deux femmes sont en effet fondamentalement différentes au niveau du caractère, mais cela n’explique pas pourquoi l’une doit être un chien et l’autre une déesse. Éventuellement on peut se dire qu’il fonctionne comme ça avec les femmes, point final. Aucun rapport avec les origines ou l’argent. En gros si une femme ne correspond pas à son fantasme de fille de la bonne société (comme Soo Mi apparaît à Jang Il pour la première fois), elle est bonne à jeter.

En fait j’aime bien cette théorie parce qu’elle va dans le sens de ma théorie générale sur Jang Il : même si son père n’avait pas tué celui de Sun Woo, c’est quelqu’un de fondamentalement superficiel et dérangé. Il me fait vraiment penser à cet homme qui avait tué sa famille et disparu de la circulation simplement parce que ses sales magouilles menaçaient d’être dévoilées. Ce sont des gens pour qui les apparences font tout, et que tout le monde désignera par la suite comme quelqu’un de tout à fait normal qui renvoyait l’image d’un « bon citoyen », d’un « bon père de famille ». La scène où on voit Jang Il dans la publicité avec les enfants et les ballons pleine de bons sentiments exprime parfaitement là où est son fantasme. En fait Jang Il n’est pas terrifié du tout par le fait d’avoir un père meurtrier, le fait de tuer son meilleur ami, le fait de tremper dans les sales affaires de corruption du Président Jin ou le fait de rejeter une femme parce qu’elle est la fille d’un shaman, il est terrifié par le fait d’être dévoilé, d’être pris la main dans le sac. Comme dans la chanson de Rihanna : « Don’ t tell me you’ re sorry cause you’ re not. Baby when I know you’ re only sorry you got caught » (Ne me dis pas que tu est désolé, tu regrette seulement d’avoir été pris.)

Je pense en effet que la différence flagrante avec laquelle Jang Il traite Ji Won par rapport à Soo Mi n’a rien à voir avec l’argent, puisque Ji Won est pauvre et il l’a tout de suite (ou presque) su. Mais sa haine envers Soo Mi s’est accrue via son impitoyable mépris pour l’amour qu’elle lui porte et le fait qu’elle s’accroche à lui de façon aussi agressive. On n’a pas besoin d’être un psychopathe comme Jang Il pour être véritablement agacé par l’attitude de Soo Mi ; la seule différence c’est que nous sommes capables de doser nos émotions, et pas lui.

  

Tout à fait ! La scène de la fin de l’épisode 12 avec le mur de tableaux illustre parfaitement ce que tu viens d’expliquer. Je n’avais pas mis le doigt dessus, mais en effet son attitude envers Jang Il est d’une grande agressivité, elle veut absolument le tenir à sa merci et s’étonne quand il ne rentre pas dans son plan. Quand elle commence à craquer j’avais envie de lui dire « Mais tu t’attendais à quoi ? Qu’il s’effondre à tes pieds en pleurant ? » (il craque ensuite dans sa voiture, mais pas devant elle !) Cela dit j’ai un faible pour ce personnage depuis le début, et j’aime énormément comment Park Se Young et Kim Jung Eun l’ont interprétée. J’ai vraiment envie de la voir sortir de cette fascination malsaine qu’elle a pour Jang Il et faire sa vie, mais nous sommes à Kdrama-land et je ne pense pas que c’est la direction que va prendre la scénariste.

Non en effet, je ne pense pas que les scénaristes vont accepter de la laisser faire sa vie et mettre Jang Il derrière elle. De toute façon, c’est un cas perdu pour moi. Cependant, je ne suis pas sûre de suivre totalement ta théorie à propos de Jang Il. Pour moi ce personnage n’aurait pas forcément tourné comme ça si son père n’avait pas tué celui de Sun Woo. On est d’accord que son comportement d’aujourd’hui ne vient pas de nulle part et que sa froideur et son détachement lorsqu’il était adolescent sont les premières manifestations de sa psychologie particulière. Jang Il était sur un fil d’équilibriste lorsqu’il a rencontré Sun Woo, et il aurait pu basculer du bon côté grâce à l’impact positif de son meilleur ami sur lui ; seulement c’est de l’autre côté qu’il choisit de basculer, et de là, son désir malsain d’être toujours parfait en apparence prend un pas plus tragique et déterminera alors son mode de vie.

Pour moi il a sauté le pas quand il a jeté Soo Mi juste parce que c’est la fille d’un shaman. Avec ou sans choix Cornélien, il était déjà perdu à ce moment là. Mais je reconnais que le crime de son père a été le véritable acte « déclencheur ». Dans ces moments là j’ai toujours en tête ce que dit le Choixpeau à Harry Potter dans la Chambre des Secrets : « It is our choices, Harry, that show what we truly are, far more than our abilities. » (C’est nos choix, Harry, qui montrent ce nous sommes vraiment, bien plus que nos capacités).

Rihanna, Harry Potter, et la prochaine fois : le comportement de Jang Il analysé à la lumière de la philosophie de Dragon Ball Z. Ha Ha.

Hahaha. C’est bien parfois de mettre les dramas à la lumière des intellectuels modernes. C’est vrai que Corneille et Racine, c’est totalement Has-Been!

Je trouve l’action est trop lente, les personnages restent trop longtemps à la même place pour que le tout devienne réellement dynamique. 

Episodes 13 à 20 : Que justice soit faite (et qu’on en finisse)

Passons à la dernière ligne droite. En fait plus j’avance et plus je sens un décalage frappant entre la réalisation et le scénario. J’ai le sentiment que le réalisateur en fait des tonnes avec le symbolisme, tous ces plans superbes qui utilisent l’architecture et la nature à fond pour compenser les grosses lacunes de l’écriture, et le résultat n’est pas concluant. Le drama était très prenant pendant la période intermédiaire, celle de « l’adolescence » des héros mais j’ai remarqué que depuis que nous sommes passé à la période des adultes les choses se sont lentement figées. Au début c’était la partie la plus excitante du drama, celle où la vengeance s’installe, mais le résultat n’est pas à la hauteur. Sun Woo/David a l’air de se contreficher de ce qui se passe (et c’est pour ça que j’ai du mal avec Uhm Tae Woong depuis quelques épisodes), son secret de naissance est une redite de City Hunter en beaucoup, beaucoup  moins intéressant, Soo Mi comme je l’ai dit a du mal à se sortir de son cycle infernal entre amour et haine, et Jang Il…je crois qu’il est devenu ma première raison de regarder le drama. Lee Jun Hyuk s’est surpassé au cours des derniers épisodes que j’ai vu, je pense qu’il est mûr pour des premiers rôles. Quel chemin parcouru depuis son entrée à Kdrama-land en tant qu’homme à tout faire de Cha Seung Won dans City Hall !

Ah, ne m’en parle pas de cette réalisation. La musique me tue à chaque fois qu’elle fait son apparition (et peut être qu’elle s’est arrangée, mais elle n’en est pas devenue « bonne » pour autant), tandis que la caméra devient de plus en plus lourde : merci la subtilité de certaines scènes. Tout ça est très redondant, à la limite du prétentieux. On dirait que l’équipe à la réalisation et au scénario n’ont pas vraiment compris la différence (majeure pourtant) entre construire le suspens, et faire du surplace. Le jeu du chat et la souris est amusant et intéressant au début ; à la fin, on a juste envie de dire à Sun Woo : « Mais bouge-toi! »

Ça ne m’étonne pas en fait parce que j’avais exactement le même problème avec White Christmas : au début je trouvais cette réalisation angulaire, lumineuse et glaciale superbe, jusqu’à ce qu’elle devienne redondante et comme tu le dis prétentieuse (des plans de miroir dans tous les sens par exemple). J’ai bien réfléchi à comment la qualifier, et plutôt que lente je trouve qu’elle est..statique. C’est vraiment ça, presque immobile. C’est la première fois que je vois ça je crois alors artistiquement c’est très intéressant, mais ça manque clairement d’articulation concrète avec le scénario. Et de chaleur ! Mon Dieu qu’est-ce que c’est froid ! Ces personnages sont tellement glaçants qu’il est très ardu de s’attacher à eux. Il y a un bon moment que je regarde le drama avec détachement. Je continue parce qu’il y a quelque chose de véritablement fascinant dans ce jeu de dupes et ces prises de vues artistiques, mais ce drama a désespérément besoin de personnages au sang chaud, des gens de chair et de sang qui souffrent, qui aiment et pas des pantins passifs comme ils sont en train de le devenir. En regardant l’épisode 14 une chose m’a frappée : le réalisateur met les petits plats dans les grands avec des jeux d’ombres et de lumière, de la musique dramatique et des acteurs qui ont l’air de fomenter un coup d’État historique pour mettre en scène…un dialogue purement informatif qui doit tenir en trois lignes sur le script et qui aurait pu être bouclé en quelques secondes. Là je crois que le mot approprié est « grandiloquence ».

En gros, ce qu’on voudrait : du rythme (de l’action s’il vous plaît!), des humains (et pas des robots!) et un peu de chaleur (il est pas censé faire chaud en Équateur?), de la concision (ce qui n’est vraiment pas le point fort de la série) et un peu de sobriété au lieu de nous asséner de mélodrame et de violons à chaque épisode. S’il vous plaît?

Haha si il est censé faire chaud en Équateur. Parlons un peu des derniers développements. L’épisode 14 m’a remotivée (heureusement parce que je commençais sérieusement à trouver le temps long) pour trois choses : Premièrement Han Ji Won peut rester en retrait maintenant qu’elle et Sun Woo se sont réconciliés, son arc est finit. Enfin ! ça me désespère de voir qu’ils ont à ce point échoué à nous rendre ce couple attachant. Avec ces acteurs, il y avait pourtant de quoi faire ! Mais non, celui qui les dirige tient absolument à les faire interagir avec autant d’émotivité que des machines. Ils se sont rattrapés avec un joli baiser, mais leur réunion est tombée à plat et on se demande quand même quel était l’intérêt de nous emballer ça dans tout ce pathos pour en arriver là. Bref, c’est terminé, et le cliffhanger où Sun Woo et Jang Il commencent à vraiment tomber les masques m’ a donné envie de continuer.

Pour ma part, je ne me suis sentie vraiment réinvestie dans le drama qu’avec l’épisode 15 dans lequel le réalisateur a enfin laissé tout le potentiel de jeu d’Uhm Tae Woong s’exprimer. Tu disais Mina que tu suivais le drama avec détachement ; moi aussi. Jusqu’à cet épisode. C’est la première fois où Sun Woo se laisse aller à des sentiments humains : oui, il laisse tomber momentanément sa figure glaciale pour exprimer dans un moment de tension aiguë (et exécuté magistralement) sa détresse, son désespoir le plus total. Et c’est la première fois aussi que j’ai ressenti de la colère, de la pitié pour sa vie injuste. J’ai soudainement eu réellement envie de voir les responsables être punis.

Cette scène était très bien jouée par Uhm Tae Wong en effet, mais elle m’a laissée de marbre. Avec ça j’ai réalisé à quel point j’ai décroché de l’histoire de Sun Woo, indépendamment de l’acteur qui fait du bon travail. On nous le montre tout le temps en train de tourner autour du pot, de tester ses adversaires sans jamais vraiment jouer franc jeu et ça commence à me frustrer. Je veux voir ses ennemis souffrir, mais pas pour lui, simplement au nom de la justice. Personnellement la scène qui m’a le plus donnée envie de soutenir Sun Woo jusqu’ici a été celle où il se jette sur Jang Il en lui disant « ne me touche pas ». Ça c’était fort, et c’est ça que je veux voir. La tendresse de Ji Won pour lui et son soutient me plaisent également, parce que Sun Woo en a désespérément besoin (d’où l’intérêt d’en finir avec la Noble Idiotie et les secrets).

  

Maintenant, je serais reconnaissante aux scénaristes s’ils cessaient de ne bâtir leur suspens que sur…du non-suspens. Par exemple, Soo Mi a tellement de fois menacé Jang Il de faire quelque chose pour finalement ne rien faire, que pour moi re-jouer encore sur ce genre de tension lors de son audition à l’enquêteur : non seulement je n’ai pas cru ne serait-ce qu’une seconde qu’elle puisse dénoncer Jang Il, mais c’était la goutte d’eau en trop. Oui, on avait compris que Soo Mi était un cas sadomasochiste perdu (car je ne pense pas que Jang Il la « perdra »), on a saisit l’idée merci ; maintenant, peut-on passer à autre chose ?

Moi j’avoue que je m’attendais à tout, mais pas à ce qu’elle aille aussi loin. Cette dernière déclaration d’amour (indirectement, mais quand même) m’a prise de court, et j’ai compris que Soo Mi est la seule personne au monde qui croyait vraiment en Jang Il. En la perdant il perd la seule personne qui pouvait l’accepter et l’aimer tel qu’il est. tant pis pour lui, je ne vais pas le plaindre. Je ne dis pas qu’il l’a perdue dans le sens où elle l’abandonne puisque c’est dans le tempérament de cette femme de s’accrocher à lui (ne serait-ce que pour s’opposer à son père) mais plutôt dans le sens où c’est lui qui s’interdit de céder.

Nous arrivons maintenant au moment où la dureté de Sun Woo inquiète son entourage, et que son désir de vengeance commence à être remis en question. Mais bon, j’ai envie de dire : une vengeance, c’est une vengeance ; et je ne pense pas que dans la tête de Sun Woo celle-ci allègera la peine d’avoir perdu son père dans des circonstances tragiques. Cependant, il s’agit d’un meurtre, et il n’y a rien de plus légitime que de voir la justice rétablie et les coupables punis. De plus, il ne faut pas oublier que Sun Woo a offert à Jang Il maintes occasions de se racheter, que ce dernier, par vanité je suppose, n’a jamais saisies. Je dis par vanité, puisque la série semble nous mener vers la voie d’une prise de conscience et d’une rédemption finale. Et bien que je reste mitigée à ce sujet, j’ai apprécié que ce soit fait par le biais de la mort de son propre père. : c’est ce que j’appelle le retour du boomerang.

  

Sans surprise, la question autour de laquelle se termine la série est : pardonner, ou ne pas pardonner? Bon, c’est pas comme si c’était une question que l’on avait jamais abordée sur K-dramaland, entre les uns qui espèrent voir Sun Woo tourner la page « pour son bien », et lui, qui reste fixé sur son obsession impitoyable : « Je ne peux pas pardonner ce qui n’est pas demandé à être pardonné ». Sun Woo se venge alors de toutes les personnes qui ont été impliquées de près ou de loin dans cette affaire, une par une, méthodiquement et froidement ; d’abord Soo Mi (résolution ô combien satisfaisante!), ensuite Kwang Chun, Jang Il, et enfin le président Jin.

De mon côté les histoires de pardon me passent par dessus la tête et c’est un point scénaristique qui ne m’intéresse pas du tout. Par contre j’ai progressivement réalisé que ce que j’ai préféré voir exploré, c’est la relation entre Jang Il et son père, entre Soo Mi et Sun Woo (et leur confrontation était selon moi l’une des meilleures, si ce n’est la meilleure du drama) et le personnage de M. Jin. Sa femme et sa fille m’ont beaucoup plu, ce n’est pas le genre de rôle qu’on peut voir d’habitude et j’aime beaucoup ces deux actrices. Pour le thème principal, ce que je retiens c’est la vanité de ces hommes (Jang Il, Jin No Shik, Lee Yong Bae) qui sont prêts à tout pour obtenir une reconnaissance publique quitte à trahir leurs amis et à oublier tout sens de l’honneur. Souvent c’est surtout l’argent qui sert de moteur aux antagonistes, mais dans Equator Man c’était rafraichissant de les voir mentir comme des arracheurs de dent pour maintenir leur chère image publique. La chute de Jang Il était hautement satisfaisante de ce point de vue là. Et puisqu’il est question d’honneur et de trahison, j’ai trouvé ça très ironique qu’au final Jin No Shik soit heureux de ne pas avoir été trahi par Eun Hye.

Jusqu’à l’épisode 19, je ne savais pas trop quoi penser des derniers épisodes tellement la grandiloquence des scènes et la musique sur-dramatique me gavaient. Dès que j’en entendais les premières notes, je hurlais intérieurement. Si seulement la série avait emprunté un ton plus sobre et moins pompeux, je pense que l’aspect mélodramatique aurait eu beaucoup plus d’impact. Les choses recommencent cependant à bouger, alors que le drama semblait vouloir rester à jamais en stagnation..puis est venu l’épisode 20. Et, merci la fin hein. D’abord, j’ai trouvé le changement de Sun Woo ultra brusque : il passe de sans pitié et froid à protecteur et pacifique d’une minute à l’autre (cf les premières minutes de l’épisode 20 où Sun Woo empêche Jang Il de tuer Jin ; et après, il se permet de lui faire la leçon…).

Des épisodes 17 à 19 j’ai senti que le drama commençait à délivrer ses promesses. C’est pendant cette période là que tous ceux qui doivent quelque chose à Sun Woo encaissent les conséquences de leurs actes. C’était vraiment gratifiant de les voir se déchirer les uns les autres pour essayer de sauver leur peau et je crois que jamais je n’avais vu une vengeance aussi peu spectaculaire, mais aussi destructrice. C’est un paradoxe du drama que j’ai beaucoup apprécié. Par contre le dernier épisode…c’était moitié filler (une quantité de flashbacks impressionnante pour remplir les trous), moitié bons sentiments. Bof bof.

Pour autant, j’ai aimé la « réconciliation » finale entre Jang Il et lui, et, plus particulièrement, le fait que ce soit entre Jang Il jeune et Sun Woo jeune que cela se passe. En effet, les deux hommes étaient tous les deux bloqués dans le passé, au moment précis où Jang Il a trahit Sun Woo et a tenté de le tuer. J’ai versé ma petite larme symbolique en revoyant les jeunes acteurs devant moi, se souriant et se pardonnant – même si ça baigne dans le bon sentiment. Je ne sais pas pourquoi j’ai été émue à ce moment-là alors que la plupart des derniers épisodes m’avaient laissée totalement froide. Peut-être parce que ces brefs instants nous offraient la chaleur qu’il manquait au drama. Peut-être parce que c’est la première fois où Jang Il parle sincèrement à Sun Woo. Ou tout simplement parce que j’étais particulièrement sensible ce jour-là ; on ne sait jamais trop, les dramas peuvent parfois être extrêmement circonstanciels. Toujours est-il que ces moments ont eu de l’efficacité sur moi. Certains trouveraient peut-être que Sun Woo a pardonné « trop » vite et trop facilement à Jang Il, mais bon, selon moi, treize ans sont un bien long moment déjà et il était temps pour lui de tourner, en effet,  la page. 

Montrer la rédemption de Jang Il sans qu’on ait l’impression que cela sort de nulle part était selon moi périlleuse (on passe tout de même les trois quarts du drama à le détester). Cependant, je considère qu’Equator Man a relevé le défi de manière plus satisfaisante que prévue. D’abord, lorsque son père est dans le coma, on entrevoit son revirement de bord quand il lui demande : « as-tu vu le père de Sun Woo? Si oui, demande lui pardon. S’Il te bat, laisse-toi faire. » Au final, c’est Jang Il qui ne peut pas se défaire de ses démons du passé. Alors que Sun Woo accepte de le pardonner, il est celui qui semble ne pas pouvoir se pardonner: se jeter dans la mer pour tenter de sauver Sun Woo lors de son hallucination était son ultime geste rédempteur, et le seul moyen pour Jang Il d’être en paix avec lui-même.

  

Cependant, autant je suis relativement satisfaite de la résolution Sun Woo/Jang Il, autant je ne le suis pas du tout pour le reste. D’abord, le fait que Jang Il soit hospitalisé et « momentanément » fou ne m’a pas plus convaincue que ça (et m’a trop fait pensé à la fin de Story of a Man où Do Woo, après avoir perdu Eun Soo, perd totalement la raison). De plus, je suis foncièrement contre la résolution du président Jin ; bien que je comprenne qu’il fasse partie du pardon. Mais la scène de la visite en prison et de l’embrassade était too much pour moi. Et en fait, tout le reste de l’épisode, après la mort de Jang Il était too much dans le mesure où il m’a semblé que tout rentrait trop bien en ordre. Il a fallu ajouter à cela la séparation entre Sun Woo et Ji Won, et leurs retrouvailles (qui durent bien 15 bonnes minutes! Argh). Franchement, inutile.

Je sais bien que les scénaristes voulaient nous laisser avec un vrai happy ending, mais honnêtement, ils auraient pu trouver autre chose que finir le drama sur le couple qui s’embrasse quelque part en Équateur avec la caméra qui tourne autour de lui. À ce moment-là, je me suis demandée ce que j’ai regardé depuis le début : un drama à l’eau de rose, ou une histoire de vengeance sombre? La fin m’a fait émettre de sérieux doutes quant à ce propos.

Mmh de mon côté toutes les scènes de rédemption de Jang Il m’ont passablement agacée, je déteste quand les personnages qui ont été des monstres pendant tout le drama oublient tout. C’est bien pratique, tout à coup il peut revenir en arrière et hop ! Il peut réécrire le passé ? Non, ça ne marche pas comme ça, balance toi à l’eau et qu’on en finisse. Je crois que rarement j’ai été autant satisfaite de voir un personnage payer ce qu’il a fait aux autres et mourir à la fin, pardonné ou pas ça m’est égal. Par contre (et je l’avoue c’est contradictoire) j’ai été touchée par les scènes avec Jin No Shik. ll est en prison lui (pas comme Jang Il et son père qui le méritaient) et il prend enfin mesure de toute sa bêtise et du gâchis qu’il a causé sans qu’il soit pour autant soutenu par qui que ce soit. Je ne m’y attendais pas du tout et à la base je trouvais ça cliché, mais en fait le passé de Tae Joo, de No Shik, de Kyung Pil et d’Eun Hye est ce qui m’a le plus touché au final. Mais c’est peut-être aussi parce que j’adore Kim Young Chul et Jung Ho Bin. J’aurais voulu que le drama se concentre sur eux en fait et donne plus de complexité à leurs personnages. C’est amusant, en fait toi et moi avons réagi très différemment aux mêmes scènes. Par contre on est d’accord sur les 15 dernières minutes : aucun intérêt, c’est du remplissage. Si ils avait été attachant pourquoi pas, mais là franchement Sun Woo et Ji Won remportent la palme du couple le plus pénible et le plus neuneu de l’année.

  

Conclusion

Equator Man aura été un drôle de drama. Engageant au début (jusqu’à l’épisode 7-8 en fait), très pénible dans le milieu (entre le 9 et le 14-15), à nouveau intéressant (du 15 au 19) mais fondamentalement décevant. Ça été un visionnage très froid, que ce soit au niveau du drama lui-même, qu’au niveau de ma propre attitude envers lui. Pour sa défense, on peut tout de même admettre qu’il bénéficie d’un très bon casting (quoique ça peut aussi montrer la grande incompétence de l’équipe derrière Equator Man : avoir de tels acteurs, et en arriver à ça?) : Uhm Tae Woong est bon, même si pas suffisamment exploité en mon sens, Lee Jun Hyuk est bluffant (il surjoue parfois, mais globalement, il est absolument brillant! Les derniers épisodes, whaou…), Im Jung Eun est très charismatique, Lee Won Jong est fabuleux et Kim Young Chul toujours aussi en forme pour jouer les méchants. Lee Bo Young est à mon sens un peu rigide, mais c’est sans doute parce que j’ai trouvé son personnage particulièrement ennuyeux. J’ai déjà beaucoup critiqué la réalisation donc je ne reviendrai pas en détail dessus : mise en scène pompeuse, prétentieuse, musique affreuse et sur-dramatique, symbolisme excessif et absolument pas subtil… Et surtout…Scénario bancal. Les deux conjugués (mauvaise équipe de réalisation et de scénarisation) font que les épisodes sont en généralement mortellement ennuyeux à un moment ou à un autre. Alors, attention, somnolence.

En fait j’ai vraiment apprécié le drama…jusqu’à  ce que Sun Woo commence sa vengeance. A partir de là j’ai pris conscience de gros défauts de fonds, puis de forme. Ce drama me laisse perplexe par ce qu’il accumule les scènes inutiles (pour les derniers épisodes j’ai commencé à zapper des scènes de dialogues totalement insignifiantes pour l’intrigue et je n’ai rien raté) et tout à coup nous balance sans prévenir quelques scènes absolument brillantes par-ci par-là. Le problème c’est que la proportion de bonnes scènes a diminué fortement à mesure qu’on s’approchait de la fin et j’ai finit par décrocher complètement. Je voulais juste en finir.

Haha, oui, Equator Man nous aura eues à l’usure! Et pourtant, il commençait bien et aurait pu être un meilleur drama. J’ai pris surtout plaisir en fait à en parler, plus qu’à le regarder, ce qui prouve que la série avait de la matière et que ses personnages complexes auraient pu être bien plus fascinants. Seulement, il s’est pris les pieds dans le tapis en choisissant le mauvais côté du mélo et au final, il me laisse avec un avis mitigé et peu convaincue. C’est drôle comme on n’a en effet pas réagi de la même manière devant les scènes clés mais que notre opinion finisse par converger dans la même direction.

Et nous avons finit avec la même exaspération ! Après maintes réflexions, je ne sais même pas dans quelle case le mettre dans mon classement. Schizo-drama ? Je n’ai jamais adoré Equator Man et je ne l’ai jamais détesté non plus. Il est très intéressant mais ce n’est pas un incontournable et ce n’est pas vraiment un « bon divertissement » non plus. Tant pis, va pour la case « pas assez mauvais pour qu’on l’abandonne » parce que c’est vraiment ce que j’ai ressenti la plupart du temps. En fait avec ce drama j’ai surtout réalisé qu’à l’avenir je vais éviter comme la peste ce réalisateur parce que ce qui s’est passé dans White Christmas s’est reproduit : cette impression de huis-clos est encore très lourde (alors que pour TEM il n’y avait pas lieu d’accentuer autant cet aspect du drama), la symbolique qui devient pesante, cette déconnexion totale avec les personnages et surtout après le final le sentiment de rejet et de lassitude. J’ai compris la leçon, une fois ça va, deux fois c’est trop.

Peut-être qu’on peut inventer une nouvelle catégorie : après le Schizo-drama, le Maso-drama?

7 réflexions sur “The Equator Man, Seconde partie et conclusion

  1. J’étais tranquillement entrain d’abandonné ce drama et pourtant j’en suis encore au début (fin du 6) et on va dire que votre article ne m’incite pas vraiment à essayé de me remettre dedans!
    et puis avec la vague de nouveau drama, je vais passer à autre chose^^

    Mais bon c’est dommage j’ai bien aimé les premiers épisodes, mais ce sont des choses qui arrivent…

    • Coucou !
      L’épisode 6 ? Tu as dépassé la meilleure phase du drama. Je pense que l’épisode 17 vaut le coup d’œil, il y a des scènes absolument superbes, mais le reste…ce n’est pas une perte de temps mais bon, c’est pas génial.

  2. J’avais commencé à télécharger les épisodes pour faire un marathon dans quelque temps et puis j’ai lu deux ou trois recaps d’épisodes et j’ai lâché l’affaire. Après avoir lu votre article, je ne regrette vraiment pas de ne pas avoir regardé ce drama. Pareil pour Rooftop Prince. Le prochain en date qui devrait être abandonné sans avoir été commencé ça va être Dr Jin je pense. Je suis une des rares à ne pas avoir pu terminer la version jap (je m’ennuyais à mourir) et là j’ai lu les recaps des deux premiers épisodes et ça ne me donne vraiment pas envie. C’est surtout sur Faith que je lorgnais de toute façon donc c’est pas bien grave.

    Je suis beaucoup plus exigente qu’il y a un ou deux ans quant aux dramas que je décide de regarder. Ca m’évite beaucoup de déceptions et de frustrations. Chapeau d’avoir terminé TEM malgré les longueurs du milieu du drama.

    • C’était surtout la dernière partie qui était difficile à regarder. Même si les personnages tournent beaucoup en rond il y a ces scènes excellentes de temps en temps (et de bons cliffhangers) qui donnent envie de continuer =)

  3. Est-ce que vous pourriez mettre cet article dans le sommaire? Car je le trouve très bien fait et ce sera plus simple d’avoir d’un côté vos premières impressions puis votre conclusion (comme pr les autres dramas). Et oui, j’adore votre blog et du coup je porte beaucoup d’attention aux petits détails (j’aime votre sommaire! x) Merci d’avance ;p

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s