Avatar – The Last Airbender : Livre 1 (L’eau)

Je crois que je suis en train de devenir une grosse geek sur tout ce qui concerne la série Avatar. Comme Legend of Korra sort lentement (un épisode le samedi, c’est peu !) j’ai décidé d’attendre avec l’intégrale des trois saisons de Last Airbender. Adieu nuits de sommeil…

Alors que Katara et Sokka, deux des survivants de la tribu de l’eau du Sud parcourent les eaux glacées de leur territoire, ils découvrent un iceberg géant duquel sort un étrange jeune garçon avec des tatouages bleus sur le corps et des vêtements typiques des moines du temple de l’air. Ils ne tardent pas à comprendre qu’il s’agit de l’avatar, une entité sacrée qui assure l’harmonie et la paix entre les peuples des quatre éléments et l’équilibre entre le monde des morts et des esprits. Il se réincarne depuis la nuit des temps, mais cela faisait cent ans qu’il avait disparu. L’avatar Aang (maître de l’air) réalise que le monde a drastiquement changé : la nation du feu a progressivement envahi et dominé le royaume de la terre et ravagé les tribus de l’eau et le temple de l’air. Avec son bison volant et ses deux nouveaux amis, il part à la recherche des trois maîtres des éléments qu’il lui reste à maîtriser pour obtenir le pouvoir de rétablir l’équilibre du monde.

En fait je me suis rendue compte que je me souviens bien des épisodes que j’avais déjà vu en 2005 et en 2007, mais je suis contente de pouvoir les découvrir en entier et surtout de pouvoir les enchaîner. Ça a quelques inconvénients puisque contrairement à Legend of Korra qui suit une ligne narrative très cohérente, The Last Airbender a choisi une approche plus épisodique où les aventures sont plus ou moins déconnectées les unes des autres. Il y a toujours un fil conducteur, mais cette première saison consiste plus pour les trois héros (Aang, Katara et Sokka) en une exploration du monde faite de hasards, de rencontres, de découvertes et de coïncidences que d’une quête bien déterminée.

Cette approche a un risque principal : les épisodes fillers qui n’apportent pas grand-chose au reste. Par exemple « Jet », « The Waterbending Scroll », « The Great Divide » et « The Northern Air Temple » sont intéressants en eux-mêmes mais ils sont loin d’être indispensables, et les leçons de vie qu’ils prodiguent sonnent un peu trop comme ce genre de morale prodiguée très souvent par les dessins animés pour enfants. Cette morale n’est pas vaine, l’approche est humoristique et pourtant jamais trop simpliste, mais ça alourdit tout de même l’ensemble. Certains épisodes indépendants sont beaucoup plus efficaces comme « Imprisoned », « The King of Omashu » et « The Fortuneteller ». Ce sont néanmoins les épisodes qui se concentrent sur l’intrigue principale qui sont les meilleurs. Le climax autour du solstice d’hiver et l’avatar Roku est excellent, et après les quelques fillers dont je viens de parler les choses redeviennent vraiment intéressantes avec « The Storm » qui nous en apprend plus sur le passé d’Aang et de Zuko et « The Blue Spirit » qui les réunit une première fois. « Bato of the Watertribe » donne plus d’épaisseur et de gravité à Sokka en révélant des éléments de son passé, « The Deserter » permet à Aang de maîtriser le feu et offre une vision pertinente de ce pouvoir dévastateur, « The Northern Watertribe » fait avancer le scénario pour le final tandis que les deux épisodes qui servent de clôture au premier livre sont suffisamment bien structurés et rythmés pour nous tenir en haleine pendant 40 minute. Dans l’ensemble je pense que la série est un peu trop longue, mais c’est peut-être lié au fait que je l’ai regardée quasiment d’une traite.

En fait les épisodes de pur filler ont tout de même un objectif qu’ils remplissent bien : développer les rapports entre les héros (qui ne sont après tout que des pré-ados) et leur faire entrer dans la tête des valeurs dont ils auront besoin pour la suite de leur aventure. Rien de très compliqué, peu de questions éthiques difficiles propres à la guerre sont soulevées, mais c’est bien pour un début.

En fait j’ai rapidement réalisé que le plus gros point faible de ce dessin animé, c’est son personnage principal. Aang est sympathique, mignon, courageux et tout, mais une fois qu’on a dit ça, on a tout dit. En fait il est plus proche de la personnalité de Korra que je ne le pensais (pour une raison que j’ignore j’avais complètement oublié ça) : il agit avant de réfléchir, il est puissant et talentueux, et n’a pas beaucoup de patience. Mais Korra est un personnage plus attachant. Je ne sais pas bien comment l’expliquer mais elle a quelque chose de plus, peut-être lié à son âge ? C’est vrai que les créateurs de la série ont probablement voulu promouvoir un héros qui soit familier pour les enfants/jeunes ados, un jeune garçon curieux des choses, encore impulsif et immature avec lequel ils puissent s’identifier. En tout cas pour l’instant j’ai du mal à m’intéresser à Aang pour lui-même, et son occasionnelle spontanéité vire un peu trop souvent à la stupidité (voire la niaiserie) pure et simple. Il est trop prévisible, trop lisse et manque de complexité. J’espère qu’il va changer au cours des saisons suivantes.

Zuko a de toute évidence été créé pour compenser la mollesse du jeune héros et pour pimenter le casting. Il est de loin le personnage le plus intéressant, le plus séduisant et le plus attachant de la série. C’est l’âme torturé qui cache un profond sens de l’honneur. Ambitieux, marqué par une ascendance difficile (c’est le fils bannis du Firelord, responsable des tourments actuels) il dégage cette aura fascinante de prince déchu qui se bat pour regagner son trône. Le danger de ce type de personnage c’est le penchant des scénaristes à en faire un incorrigible pleurnichard qui tombe amoureux de la copine du héros et qui reste constamment dans son ombre, mais pour l’instant Zuko n’est pas tombé dans ces travers et a un grand potentiel si il rejoint le camp de l’avatar.

Sokka et Katara sont respectivement le sidekick comique et le « love interest » d’Aang mais ils sont avant tout ses compagnons fidèles. Je me souviens que j’avais à peu près l’âge de Katara quand j’ai découvert la série et c’était mon personnage préféré. Je pense que c’est un bon modèle pour les petites/jeunes filles qui ont regardé comme moi la série : forte et féminine, elle a ses faiblesses et peut être superficielle mais elle sait reconnaître ses erreurs. Sokka est le clown sarcastique comique malgré lui qui apporte l’humour indispensable à l’équilibre de la série. L’une de ses toute premières est restée gravée dans les mémoires :

Aang : « This is Appa my flying bison »

Sokka : « Right, and this is Katara my flying sister ! »

Impayable. L’oncle de Zuko est également très drôle, dans un autre genre.

Tant que le Firelord n’est pas entré en action c’est l’amiral Zhao qui sert d’ennemi principal aux héros. C’est la brute épaisse basique avide de pouvoir et il n’aide pas vraiment à complexifier une intrigue déjà bien simple. Enfin, les petites histoires d’amour de la série sont trop secondaires pour être vraiment intéressantes (et c’est le prix à payer pour être chouchouté par les romances Sud-Coréennes : ce genre d’histoires sont fades et cliché à côté). 

Visuellement, The Last Airbender impose la patte qui va dominer toute la licence : un mélange inspiré de diverses cultures asiatiques (Chinoises, Tibétaines, Japonaises principalement)  pour les peuples du feu, de l’air et de la terre, et Esquimau pour les tribus de l’eau. Les autres saisons s’inspirent également de l’Inde et de la Corée de Joseon (d’après les quelques extraits que j’ai vu). La série puise également dans le style des jeux vidéos d’aventure et d’exploration (le monde ressemble à une carte de Zelda basique avec des parties désertiques, forestières, montagneuses etc peu éloignées les unes des autres), dans la mythologie orientale pour le peuple des esprits et dans certaines légendes plus occidentales comme celle de l’ Atlantide. Le mélange n’est pas complètement anarchique et hasardeux et il s’en dégage une cohérence suffisante pour rendre le tout crédible. Nous avons vraiment l’impression de voyager et de découvrir ce monde à travers les yeux d’Aang et de ses amis.

Bilan

Je ne pense pas que cette première saison soit la meilleure de la saga The Last Airbender et encore moins de la licence Avatar en général, mais en tant qu’introduction au monde imaginaire des benders et en tant que dessin animé programmé pour de jeunes ados, c’est du très bon travail qui a permis d’ouvrir toutes les potentielles story-lines, développées de manière plus approfondie par la suite. Je pense aussi que cette première saison a eu du succès grâce au mélange réussi entre le voyage initiatique et une ambiance décontractée, un ton comique coquasse très efficace. Les créateurs d’Avatar ont eu des contraintes pour s’adapter à un public bien précis, mais ils ne prennent pas les spectateurs pour des imbéciles. Si certains épisodes ont mal vieillis et peuvent être un peu trop sermonneurs, l’ensemble reste intemporel. Pour la suite, j’aimerais qu’ils laissent tomber ce rythme épisodique qui s’accompagne trop souvent d’une résolution rapide/morale finale et passent à quelque chose de continu avec de vrais cliffhangers (comme dans Korra en fait).

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