Bilan d’avril

Hey Hey ! Je profite d’un passage éclair à Paris pour publier le bilan. Même si il a tardé à arriver, le printemps à Kdrama-land bat enfin son plein. Love is in the air ! Les remarques de Kaa sont en bleu.

Love Rain : Rêveries 8/24

 

Premier tiers du drama terminé ! Je n’ai pas autant de choses à dire sur Love Rain que sur les autres, mais c’était vraiment la meilleure surprise du mois. Ce drama est vraiment, vraiment bien fait. Regarder Love Rain est une expérience complètement différente de ce que j’ai testé jusqu’ici. C’est un drama tellement reposant et tellement beau que j’ai l’impression en le voyant de me promener avec les personnages dans la forêt, au bord de l’eau, dans la montagne, dans les rues de Seoul. C’est l’un de ces dramas qui tourne ses épisodes comme des films. Et ces cliffhangers ! Ca faisait vraiment longtemps que je n’en n’avais pas vu d’aussi bien trouvés.

Finalement c’est assez ironique parce que je pensais que ce drama ne pouvait qu’être qu’un condensé de tout ce que je déteste (makjang, superficialité des conflits, dramatisation à outrance, des scènes tires-larmes) et en fait c’est tout l’inverse, c’est même l’antithèse d’un drama comme Fashion King qui lui aussi a choisi de donner dans l’old school en ne retenant que les défauts des vieux dramas. Les émotions coulent toutes seules, la musique occidentale (beaucoup de Bossa Nova) accompagne très joliment ces plans déjà superbes et ils n’ont même pas besoin d’allumer les chandelles, de poser des bouquets de fleurs partout et de faire de grandes discours énamourés pour créer le romantisme. Il se dégage très naturellement de la réalisation.

J’aime beaucoup la manière dont Yoon Suk Oh et sa scénariste jettent des ponts entre le passé et le présent. De tous les Kdramas que j’ai vu jusqu’ici, mélos ou pas, c’est celui qui fait l’usage le plus esthétique et le plus fluide des fameux flashbacks qui d’ordinaire parasitent la narration. Les pires sont ceux qui répètent ce qui s’est passé il y a deux secondes à peine pour remplir les trous, et ceux qui utilisent un gimmick agaçant pour accompagner le retour en arrière (souvent des petits effets sonores, amusants au début et pénibles à la longue). Récemment A Thousand Days’ Promise avait osé inverser la donne en tournant de vrais flashbacks : des scènes du passé entièrement inédites, délivrées au compte-goutte, qui venait éclairer l’actualité des personnages, et maintenant Love Rain va jusqu’au bout de son idée en faisant résonner les sentiments des personnages et les lieux qu’ils parcourent avec leur passé.

L’autre élément visuel de Love Rain qui mérite le coup d’oeil sont les nombreux parallèles entre passé et présent, entre l’ancienne et la nouvelle génération. Ça aurait pu être très très forcé mais au contraire ça coule très naturellement. La pluie, le fait que Yoon Hee/Ha Na soit le « paysage » ou sujet principal de l’art de In Ha/Joon, les trois secondes pour tomber amoureux, les dessins sur la vitre embuée, etc. Les deux générations successives et leurs liens sont très intéressants, je ne m’attendais pas à ce qu’Hye Jung soit la mère de Joon mais ça découle logiquement des relations que le groupe avait dans les années 70. Mais loin de se contenter de faire l’histoire se répéter, la scénariste joue beaucoup avec ses personnages et finalement on sent très peu le poids de la fatalité peser sur eux. Ha Na, Joon et Sun Ho ne sont pas Yoon Hee, In Ha et Dong Wook, ils ont leur propre personnalité. Du côté des adultes nous avons une actrice bluffante dans le rôle de Hye Jung âgée (Yoo Hye Ri), qui joue à merveille la femme dure et blessée complètement amoureuse d’In Ha que jouait Seo Eun Soo. Je suis moins convaincue pour l’instant par Lee Mi Sook : physiquement elle est parfaite, mais j’ai l’impression que ce rôle à contre-emploi ne fait pas honneur à la Yoon Hee des quatre premiers épisodes, un comble quand on pense que c’est Yoona à qui on compare l’actrice vétérante. Par contre Jong Jin Young est bouleversant, et on voit tout de suite le jeune In Ha en lui.

Et qu’en est-il de nos deux héros ? Ce sont les jeunes finalement qui sont au cœur du drama et qui ont le pouvoir d’exorciser un peu tout ce que leurs parents ont raté. Ils souffrent évidemment beaucoup des conséquences de ces erreurs, et chacun a choisit une position différente. Yoon Hee, très secrète et encore malade conserve une attitude détachée et chérit ses souvenirs sans vouloir les affronter. Sa fille voudrait réunir sa mère et cet homme qui l’a rendu heureuse, pour elle In Ha est quelqu’un qu’elle aimerait rencontrer. In Ha de son côté n’a jamais été capable de passer à autre chose et ne s’en cache pas. Joon est le fruit d’un couple triste, ensemble « par défaut » et maintenant divorcé, et son foyer sans amour explique beaucoup de choses sur son attitude. A partir de là j’aimerais que le drama continue à développer avec cette subtile légèreté leurs émotions. Et par pitié, pas d’inceste. Si ils font d’ Ha Na la fille d’In Ha, je hurle.

Kpop, The Ultimate Survival : Seung Yeon et le(s) garçon(s) (10/16)

 

Ce drama est parti du mauvais pied et a dû perdre pas mal de spectateurs potentiels à cause de son intro catastrophique, mais je suis ravie de lui avoir donné une seconde chance sans quoi je serais passé à côté d’un excellent divertissement. L’héroïne est vraiment unique à Kdrama-land, à vrai dire je crois que c’est la première fois que je vois une fille garçon manqué comme ça et qui l’assume sans que cette attitude soit ressentie comme une altérité à soigner, ni par elle ni par ses proches. C’est d’autant plus fort que Go Eun Ah nous vient du mannequinat et a priori n’a aucun problème de féminité lié à son physique (il se trouve que je tuerai pour avoir son corps, donc non, pas de problème de ce côté-là), et pourtant elle joue son rôle avec une implication étonnante, parle comme un camionneur et s’adresse à ses partenaires avec une aisance peu commune aux héroïnes de Kdramas, travesties ou non. Paradoxalement c’est le manque d’attention lié à son apparence qui rend son genre évident (les costumiers ne se sont pas foulés pour lui dissimuler la poitrine et les jambes) et pas du tout le visage ou le jeu de Go Eun Ah.  Franchement quand on voit ses shoots, c’est la dernière actrice qu’on s’imagine jouer le rôle d’un homme, et pourtant.

 

Difficile de comprendre comment ils ont pu penser que cette petite bombe pouvait jouer ce rôle et par quel miracle ils ne se sont pas trompés. Que dire de Yoo Hwan ? Celui qui a été le chercher n’a pas fait non plus un choix très conventionnel. Il n’a pas du tout la tête de l’emploi, et nous ne sommes pas loin du miscasting. Cela dit je ne sais pas si sans lui j’aurais continué, parce que le personnage de Woo Hyun joué par une idole aurait été absolument imbuvable. Dans l’absolu c’est un gros plus d’avoir un acteur dans le rôle principal, mais d’un autre côté c’est vrai qu’on perd l’authenticité que peuvent avoir les idoles de Dream High par exemple. Au final je préfère quand même cette solution, ça nous évite un lampadaire type JB, Hyun Joong ou Taecyeon. Et si le lampadaire ne s’appelle pas Yong Hwa, je n’en veux pas. De plus Yoo Hwan et Go Eun Ah sont vraiment devenus un couple fictif au pouvoir d’attraction indéniable. Je n’aime pas particulièrement leurs personnages individuellement (en vrai c’est le genre de personnes que j’aurais du mal à supporter), mais ensemble ils prennent une autre dimension et me rendent complètement accro à leurs interactions. C’est un bon exemple de « bickering couple » qui passe son temps à se disputer, avec une alchimie pétillante. 

Ah et au cas où vous vous poseriez la question, je suis complètement gaga des deux frères Park et incapable de choisir entre les deux. Il y a des moments où j’ai l’impression de voir des expressions de Yoo Chun dans le visage de Yoo Hwan et inversement, et ce sourire qui me fait fondre doit être de famille. Si jamais ils se mettent à faire des CF à deux pour des nouilles ou je ne sais quoi, ça va être terrible.

Et si vous me posiez la question à moi, je pourrais vous répondre que je préfère quand même Yoo Chun (parce que j’ai appris avec les dramas que le premier amour est éternel, peu importe les obstacles et défis). Cependant j’admets que Yoo Hwan est sans aucun doute irrésistible…ces fossettes! Et les frères Park dans un CF pour des nouilles? Je veux! Pour le reste du casting, je trouve que parmi les plus jeunes (les membres du M2 Juniors), Go Eun Ah et Yoo Hwan sont ceux qui s’en tirent le mieux, Les autres ont encore du mal à délivrer une prestation fluide et naturelle, bien que plus la série avance, plus ils prennent de l’assurance. Je ne pense pas qu’ils jouent forcément « mal », mais par contre je pense sincèrement qu’ils manquent d’expérience. Mais tout cela se fait avec le temps, alors je ne leur en veux pas trop.

 

Tout cela pour dire que je l’aime beaucoup ce casting, et finalement les problèmes ne viennent pas de là. Les autres idoles sont très bien choisies et les garçons sont tous attachants à leur manière. Le drama continue de souffrir du budget serré, mais je trouve qu’ils se débrouillent plutôt bien par rapport à ça pour ne pas rendre trop absurde l’existence de Sunny E et le succès de M2. Non, le problème qui persiste repose dans le scénario, et là on retombe dans la réflexion que j’avais déjà formulée : c’est intéressant lorsqu’il s’aventure sur des terrains inexplorés, beaucoup moins lorsqu’il copie les dramas précédents sur le même thème.

Voyons ce qui marche. La relation touchante et fragile entre Seung Yeon et Ji Woo, le système de survival de la sélection ponctuée d’épreuves et la rivalité entre les nouvelles recrues qui remplacent les membres trop vieux sont des sujets assez inédits et très pertinents, tant sur le plan émotionnel (les tensions et entraide entre les garçons sont plutôt bien traitées) que sur le plan médiatique puisque les fans IRL* sont en train de rager après les annonces de nouvelles recrues dans les groupes T-Ara et After School. Comme dans le drama, les fans sentent que les membres bien installés vont être jetés dehors par les petits nouveaux et n’apprécient pas du tout que les CEO fassent ce qu’ils veulent avec la constitution du groupe. Vous imaginez si SM touchait aux SNSD ? C’est un peu ce qui se passe dans Kpop : Survival, et ça explique pourquoi les fans sont aussi dures pendant les représentations des candidats, et que l’oncle de Seung Yeon et Woo Hyun soient obligés de jouer des pieds et des mains pour les protéger. A propos ça me rappelle que les interventions malhonnêtes de Mlle Han pour leur mettre des bâtons dans les roues sont très clichés et en font un personnage irresponsable, mais il faut bien admettre que ça fait avancer l’action. Ils auraient pu trouver plus original, mais ce n’est pas catastrophique comme ça peut l’être parfois avec les histoires de paparazzis obsessionnels.  

*In Real Life, cette expression est pratique alors je vais continuer à l’utiliser.

 

Dans ce qui ne marche pas, l’intrusion de l’ex de Woo Hyun est un bon exemple de cliché scénaristique emprunté ailleurs qui tombe un peu à plat. Déjà vu mille fois, ça ne surprend plus. Par contre je suis plutôt satisfaite de l’actrice et si l’idée m’exaspère en théorie, le résultat concret est plutôt satisfaisant. Ils auraient pu se planter sévèrement avec ce rôle comme je le vois souvent (cf Hooray For Love, Oh ! My Lady, Gumiho Girlfriend…) mais étonnamment ils ont eu l’œil avec Kim Jung Eun (membre récent de Jewelry). Son rôle tient en deux mots : ambitieuse et manipulatrice, et elle en tire le maximum. Même si il lui manque le charisme de UEE, il faut bien reconnaître qu’elle a du chien. C’est la même chose pour Mlle Han : en théorie son personnage est confus et sert de prétexte agaçant à des développements convenus, mais comme ils ont pris Park Hyun Joo (My Country Calls, Little Girl K) on s’attache quand même à son personnage. Et finalement ça résume plutôt bien l’ensemble des personnages de Kpop : ils sont bourrés de défauts, mais tous joués par des acteurs pertinents que l’on a beaucoup de plaisir à suivre.

Pour ma part, j’ai trouvé l’ex de Woo Hyun (et l’actrice qui la joue) difficile à apprécier tellement elle était une caricature de la rivale ambitieuse et manipulatrice. Il y a quelque chose dans ce genre de personnages qui m’échappe : mais comment raisonnent-ils pour en arriver aux conclusions qui sont les leurs? Cela dit, Mlle Han est un personnage un peu schizophrène, mais elle passe mieux parce que l’actrice est très sympathique. Ses interactions avec Jang Hyun Suk sont drôles et touchantes. De plus, je pense que j’aurais préféré que la série s’abstienne du triangle amoureux entre Ji Woo, Woo Hyun et Seung Yeon justement parce que c’est le cliché en trop. J’aurais mieux apprécié si le triangle avait été formé avec un autre membre des M2 Juniors.

 

Pour revenir un peu sur le scénario, le drama a vraiment fait fort en mixant Sungkyunkwan Scandal (bienvenu dans le dortoir des garçons !), You’re Beautiful (in love with the leader, l’idole rivale collante et jalouse), Coffee Prince (mince, j’ai le cœur qui bat quand je suis avec mon hoobae, serait-je gay ?) et Dream High (un jour je serais une idole, le large casting jeune). Et ça marche ! Je ne sais pas comment ils font pour que ça tienne en plus de toutes les intrigues secondaires, mais ça marche ! J’ai quand même un peu peur qu’ils aient été trop gourmands et qu’ils ne parviennent pas à tout conclure de manière satisfaisante à la fin, mais pour l’instant nous sommes arrivés jusque-là sans accrochages notoires. Vous êtes en train de construire une vraie tour d’allumettes, alors faites attention à ne pas trop la secouer.

 

A propos des derniers développements, j’ai senti une nette baisse de régime au cours des épisodes 8 et 9, et la révélation du secret de Seung Yeon commençait à se faire attendre. Heureusement une fois son identité démasquée les choses reprennent de plus belles.  L’épisode 10 retrouve une belle énergie, et alterne harmonieusement scènes tristes, scènes romantiques et scènes d’amitié. Voir le soin que Seung Yeon avait mis dans le soutiens de ses amis porter ses fruits était vraiment satisfaisant, et je l’ai trouvée très courageuse d’affronter immédiatement Woo Hyun et les autres pour clarifier les choses. Dès qu’elle est sûre de ses sentiments elle va voir Woo Hyun pour lui dire la vérité. La scène de l’aéroport où elle balbutie toute triste de se voir rejetée «au fait… je suis une femme » à Woo Hyun déjà trop loin pour l’entendre était vraiment touchante.  J’ai été également agréablement surprise de la manière dont ils ont réglé le conflit avec Chang Min, c’était bien vu et ça sonnait juste par rapport à son parcours. On peut croire que le scénario soumet les membres de M2 Junior à des développements arbitraires mais au fond ils ne perdent pas le fil de leurs idées : tous ont leur personnalité, leurs ambitions, leurs principes, leurs angoisses, et le drama garde une bonne homogénéité de ce point de vue. Après 10 épisodes, le fait que les M2 Junior voient Seung Yeon comme une personne de valeur et la reconnaissent comme l’une des leurs montre leur évolution. Et bien sûr, nous avons la formation de notre couple principal à célébrer ! Nous avons eu dix épisodes bourrés de fun, et les six qui nous attendent promettent de l’être encore plus.

Un mot sur la musique puisque K-Pop est un drama musical. Je dois avouer que je n’ai pas super accroché à la bande-son, jusqu’au duo de Seung Young et de Ji Woo ainsi qu’à la première chanson que les M2 Juniors composent et chantent ensemble. L’esprit d’équipe finit par l’emporter et j’ai aimé l’évolution de la relation entre eux, d’étranger à frère. La chanson « Stand Up » est l’une des premières manifestations de leur lente solidarité, et c’est sans doute pour cela qu’elle en devient si attachante. Pour finir, bien que j’éprouve beaucoup de plaisir à suivre K-Pop, et bien que nous sommes à quelques épisodes de la fin, je continue à penser que le scénario est une des plus grandes faiblesses de K-Pop. L’énergie est là, le fun est là, mais les nombreuses situations trop clichées et conventionnelles peuvent venir tamponner l’enthousiasme général. Contrairement à Mina ce n’est pas mon coup de coeur de ce mois même s’il m’a vraiment agréablement surprise : tant qu’on ne lui en demande pas trop, K-Pop se révèle touchant, fun et divertissant. J’espère qu’ils sauront garder le rythme jusqu’au bout!

Je continue

Rooftop Prince : In Another life, I Will Be Your Girl (Fleur de lotus et rose d’épines) 10/20

 

Dix épisodes pleins de surprise pour un drama qui continue de me réduire en guimauve semaine après semaine. Nous avons atteint la moitié du drama (déjà ?) et un premier bilan de cette première partie s’impose. J’ai été très satisfaite dans l’ensemble du rythme auxquels les évènements se sont succédé. Le drama ne traîne pas en longueurs dans les révélations, et même si le chemin suivi est classique, il a le mérite de suivre une logique solide.

 

Rooftop Prince a fait d’abord la part belle à la comédie, et au cours des deux dernières semaines a pris un tournant plus sérieux au bon moment. Certes c’est difficile de voir les personnages les moins agréables prendre le pas sur le reste, mais c’était nécessaire pour faire avancer les choses. J’aime beaucoup les conflits apportés par le personnage de Se Na et je vais revenir sur elle un peu plus loin, mais ces deux dernières semaines ont fait apparaître de manière plus forte une grosse faille du scénario : la clique qui évolue dans et autour de l’entreprise c’est-à-dire la gérante, Tae Mu, son père, la tante farfelue et le manager des trois mousquetaires sont complètement hors-sujet par rapport au scénario. Se Na est une pierre angulaire capitale, mais que dire de Tae Mu, qui n’est au final rien d’autre qu’un bellâtre faiblard et hargneux sans rapport avec le passé du prince ? Tae Mu est vraiment inutile, c’est vrai. Et chacune de ses scènes sont d’un ennui! Reste à savoir s’il n’a réellement rien à voir avec le passé de Yi Gak…

Que dire de la fausse grand-mère qui croit veiller sur Tae Yong alors que ce dernier est un imposteur (envoyé par la Providence pour dévoiler les coupables, mais quand même) ? La carte de crédit illimitée est prétexte à de nombreux gags et placement produits, mais je ne peux pas m’empêcher d’être un peu mal à l’aise en pensant que Lee Gak utilise complètement la famille Yong à des fins personnelles, et envisage de dire bye bye à ce petit monde sans émois. Je suppose qu’il va en retour rétablir l’ordre troublé par le crime de Tae Mu, mais j’aurais aimé qu’il soit un peu plus impliqué là-dedans et dans l’histoire du meurtre de Hwa Young  plutôt que dans les jupons de Se Na, réincarnation ou pas. J’aurais aimé que le scénariste sur ce point ait accordé plus d’attention à la recherche de la vérité au lieu de cette quête absurde. Il trouve Se Na…et après ? Il l’épouse et il va revenir chez lui et trouver Hwa Yong vivante ? Il y a de la logique là-dedans et je comprends qu’il ait envie de tirer les conclusions qui l’arrangent le plus, mais j’ai vraiment hâte qu’il ouvre les yeux et envisage de changer son destin. En ce moment il est juste en train de briser le cœur de Park Ha en mille morceaux et même si j’aime bien ce développement (Han Ji Min est vraiment douée pour jouer les scènes de craquage émotionnel, elle me donne envie de pleurer avec elle à chaque fois) j’ai hâte de les voir ensemble.

Au bout de 10 épisodes, Prince Lee Gak reste drôle et attendrissant, mais j’ai été légèrement frustrée par son attitude lors de ces derniers épisodes. La première raison c’est parce qu’il est machiste jusqu’au cou : il a certes « l’excuse » de venir de l’ère Joseon mais quand même donner des ordres à Park Ha comme si elle était sa servante était très irritant à voir. La deuxième raison, c’est parce qu’il embrouille complètement Park Ha avec ses signaux schizophrènes ; je sais qu’il ne s’en rend pas compte, mais faire miroiter une possibilité de réciprocité des sentiments lorsqu’il affiche clairement son intérêt pour Se Na est cruel. Parce que ce que tous les gestes que Lee Gak a à l’intention de Park Ha, dans la langue de Sam Soon (et dans la mienne), veulent dire « je t’aime », seulement, il n’en a pas conscience. Et puis, il fait la fait beaucoup pleurer, et ça, c’est impardonnable!

Cependant le couple nous offre des scènes absolument impayables de mignonnitude et de tendresse : ils m’ont conquises, complètement. Le carré (?) amoureux est intéressant car je ne pense pas que Lee Gak soit réellement amoureux de Se Na (bien que je pense qu’il était sincère en ce qui concerne Hwa Young à la période Joseon). Tout ce qu’il veut, c’est élucider le mystère et il pense qu’elle est la clé nécessaire pour mener à bien ce projet. Se marier avec elle ressemble plus à une stratégie qu’à une réelle déclaration d’amour si l’on en juge par le visage peu enthousiaste du Prince lorsque celle-ci soutient qu’elle lui retourne ses « sentiments ». Les preuves se multiplient lorsqu’il préfère aller rejoindre Park Ha plutôt que passer du temps avec sa dite-Princesse mais le problème c’est que notre pauvre Park Ha ne le sait pas et reste persuadée que le Prince est amoureux de sa diabolique demi-soeur.

 

En parlant de Park Ha, je crois que je n’aurais jamais assez de mot pour décrire à quel point j’adore ce personnage. Han Ji Min est enjouée sans être pesante, parfois sérieuse, parfois rêveuse, elle fait des expressions adorables sans que ça tourne à la grimace forcée, et c’est l’un des rares actrices que je connaisse qui est capable de moduler sa voix en fonction des émotions de son personnage. Park Ha aurait pu être l’une de ces héroïnes de RomCom d’un naïveté crasse et complètement ignorante de la méchanceté humaine, mais elle ne se fait pas d’illusions. Elle veut une famille désespérément et c’est pour cela qu’elle a fait beaucoup de compromis au début pour sa mère adoptive et Se Na, mais dès qu’elle a compris la vraie nature de cette dernière, elle a pris les choses avec un cran impressionnant et ne s’accroche pas à des espoirs vains de retour en arrière (je me souviens que dans My Princess l’attitude naïve de Lee Seol envers sa sœur adoptive m’avait franchement exaspéré, même si les filles règlent à la fin leur rivalité dans une scène que j’ai adoré). La scène de nuit dans les bâtiments déserts où Park Ha balance ses quatre vérités à Se Na était vraiment brillante, et ce genre de scène d’affrontement d’égal à égal entre l’héroïne et sa rivale est assez rare à Kdrama-land pour être remarquée. J’aurais vraiment aimé que le reste des intrigues familiales soit aussi riches en émotions et aussi bien gérées.

Park Ha est un personnage fort que j’apprécie énormément. Cependant, j’ai observé une baisse de régime pendant les derniers épisodes, ce qui semble logique étant donné que même les personnes les plus fortes peuvent montrer des signes de fatigue émotionnelle. Mais récemment, Park Ha entre dans un état léthargique dès qu’il est question de Se Na. Elle que j’aimais voir si forte et si résolue dans les premiers épisode semble voir décidé d’avoir opté pour la solution « profil bas » et vous conviendrez facilement qu’il est ultra agaçant de voir notre héroïne se faire marcher sur les pieds encore et encore sans réagir. Mais Han Ji Min est remarquable dans ce rôle.

 

Et parlons maintenant de Se Na, placée presque en miroir de Park Ha, la sœur malveillante qui nourrit une jalousie maladive à son égard. Je vois d’où elle vient, et en cela je la préfère largement à l’autre rivale récente du même genre (et jouée par la même petite actrice) dans MoonSun qui était impossible à détester et plus pathétique qu’autre chose. Se Na n’est pas du tout pathétique, elle est pitoyable. Et c’est très différent. Quelqu’un de pathétique attire une forme de pitié condescendante et même bienveillante, tandis qu’une personne pitoyable attise une sorte de pitié acide et méprisante. Dans MoonSun Bo Kyoung est sincèrement amoureuse de Heon et c’est le drame de sa vie, mais ici Hwa Young/Se Na ne voit Lee Gak que comme un barreau de l’échelle sociale sur lequel s’appuyer. Jung Yumi joue parfaitement cette attitude d’intrigante qui voit les autres comme des objets à manipuler, et qui s’emmêle petit à petit dans son propre tissu de mensonges. C’est elle qui est à l’origine du déséquilibre du destin par ses actes, et j’espère qu’elle va se prendre un bon retour de Karma dans la figure. J’apprécie aussi beaucoup le choix du scénariste de ne pas faire des deux femmes des idiotes, comme c’était le cas dans Personal Taste par exemple (le personnage de Son Ye Jin était au moins touchant, mais celui de Wang Ji Hye qui se jetait sur Lee Min Ho comme une vamp désespérée était complètement débile). Le jeu de séduction de Se Na est très subtil, elle joue les innocentes et ne fait pas le premier pas. Elle a conscience de sa beauté sans être excessivement coquette (Jung Yumi n’a jamais été aussi belle, une vraie poupée de porcelaine), et cette assurance lui donne un sentiment de domination à toute épreuve. La scène où elle crache à la tête de Park Ha « je vais te prendre tout ce que tu possèdes » quand cette dernière lui demande à bout de nerfs jusqu’où elle entend aller était impressionnante.

Pour moi, Se Na suit l’exemple type d’une rivale de K-Drama : elle est frustrante, elle est pitoyable, et à chaque apparition elle nous fait grincer des dents et nous bourre d’ondes négatives. Plus que tout je hais le fait qu’elle se positionne constamment en victime, comme si le monde entier faisait en sorte de lui mettre des bâtons dans les roues alors qu’elle ne le mérite pas, et tout le monde en prend pour son grade : sa mère, Park Ha ou Tae Mu. À mon grand désespoir Se Na a eu de plus en plus de scènes avec Lee Gak ces derniers temps : je l’accepte bon gré mal gré parce que ces scènes étaient nécessaires dans la mesure où Se Na semble être la clé du mystère, mais je ne pouvais pas m’empêcher de trépigner de frustration. Mais heureusement, elle fait partie de ces rivales que l’on adore détester parce que Jung Yumi parvient à l’incarner avec subtilité (et qu’est-ce qu’elle est belle!).

 

Et ces réflexions m’amènent au dilemme central : il va bien falloir que Lee Gak choisisse une sœur, le lotus ou la rose d’épines. Pendant toute la première partie du drama il réussit à courtiser les deux. Au début Park Ha incarne pour lui une sorte de point de repère désagréable mais nécessaire et rassurant, tandis que Se Na est la femme désirée et inaccessible. L’ imposture du prince marque le premier grand tournant du drama, et à partir de là Se Na reprend la place qu’elle avait avant auprès de lui dans le passé (complimentée, elle répond par des platitudes et joue à la belle plante en cachant ses épines comme le fait Hwa Young) tandis que Park Ha redevient en quelque sorte une seconde Bu Young, plus intéressante, avec qui il se sent à l’aise et qu’il considère comme une amie estimée. La grosse, énorme différence qui vient tout changer : nous sommes en 2012, Lee Gak n’est pas marié à Se Na, et il habite chez Park Ha sans savoir son « identité ». Leurs rapports sont placés sur un plan totalement différent et c’est ça le cadeau du papillon, c’est cette opportunité offerte à Lee Gak de prendre un nouveau départ avec Bu Young et d’apprendre à la connaître sans le masque, et sans statut de belle-sœur. Et je n’y avais pas pensé avant, mais en réalité ça marche aussi si on part du point de vue de Park Ha. Tae Yong et elle seraient sans doute tombés amoureux aux US sans le geste de Tae Mu. En quelque sorte Tae Mu a « volé » Tae Yong à Park Ha, comme Hwa Young a « volé » Lee Gak à Bu Yong en la brûlant au visage. On a souvent le sentiment que tout ça c’est l’histoire de Lee Gak, mais je pense que c’est Bu Yong la clé de l’histoire. Et enfin quelque chose m’a frappée : c’est son papillon. C’est elle qui l’a créé. Je pense que toute sa tristesse et son amour mélangés sont symbolisés par ce petit motif brodé qui prend vie touché par les larmes de Lee Gak. Si ça ce n’est pas romantique !

 

Le gros point fort du drama, c’est quand même cette histoire d’amour. Il y avait récemment un article sur Couch Kimchi sur les différents types d’OTP, et je crois que celui de RT est l’un de mes préférés. C’est celui très classique où les héros commencent par construire une relation de confiance avant de réaliser que la personne la plus importante est celle qui est toujours à leur côté. Le drama soigne beaucoup leur relation, prend bien le temps de les faire évoluer doucement et de manière naturelle. Je trouve hilarantes les tentatives de Lee Gak de prendre le dessus. Leur couple bizarre avec les trois gugusses aux milieux fait penser à maman canard, papa canard et leurs canetons.  

 

Les trois canetons sont la plus parfaite incarnation du « comic relief » quand les choses deviennent tendues. Sérieusement, ils pourraient avoir leur propre sitcom indépendante. Celui qui a choisi ces acteurs et réparti les rôles a vraiment eu l’œil, ils se complètent parfaitement. Force Verte (Man Bo) est le coquet un brin précieux qui fait office de tête pensante et de tenant des bonnes mœurs traditionnelles, Force Jaune (Chi San) est le plus « moderne » des trois et le plus exubérant qui s’adapte vite à son nouvel environnement, et Force Bleue (Young Sul) est le tenant de la tradition guerrière qui agit avant de penser, à la fois très respectueux de ses supérieurs, courtois envers Park Ha. Son déchirement entre le respect de la hiérarchie et son agacement envers l’arrogance de Lee Gak (plus jeune que lui) est à la fois drôle et touchant. J’ai remarqué que le scénariste a parfaitement conscience d’emprunter ailleurs cette idée du Joseon F4 et paie sa dette à Sungkyunkwan Scandal (Park Yoo Chun, évidemment) et à Moon Embracing the Sun (Yeom adulte fait un adorable caméo).

Outre la romance, il reste indéniable que le drama doit son côté rafraichissant à ces trois Power Rangers de Joseon : sans cette fantaisie et ce voyage dans le temps, Rooftop Prince n’aurait sans doute été qu’une comédie romantique comme une autre, avec son lot de harpies et de pères diaboliques. La première partie de la série a été une merveilleuse aventure comique et mes abdos m’en veulent encore de les avoir tant sollicités ces dernières semaines (le dernier drama en date qui m’a donné des crampes d’estomac comme ça est You’re Beautiful je crois). Le grand prix comique ne peut être remis qu’à nos trois petits canards préférés parce que le mot « adorable » a certainement été fait pour eux et que leurs scènes étaient sans aucun doute le principal facteur de fous rires. Les voir apprendre le fonctionnement du monde est vraiment hilarant ; je pensais qu’un jour ces gags deviendraient trop répétitifs et finiraient par retomber à plat : mais que nenni! Oui, certains gags sont faciles et peu portés vers la subtilité ; mais que voulez-vous, ils sont diablement efficaces sur moi. Je pourrais regarder les pitreries de Chi San, Man Bo et Young Seol pour encore 20 épisodes et continuer à pouffer de rire comme une gamine. D’ailleurs, lorsqu’ils ne sont pas là (épisodes 11-12), on observe un léger manque de dynamisme et d’énergie.

Bien que je pensais pouvoir m’abstenir du Second Lead Syndrome pour cette fois, Rooftop Prince me rappelle à l’ordre et me voilà prise. Non, je ne parle pas de Tae Mu, qui jusque là n’a rien fait pour gagner mes faveurs (et je doute qu’il puisse y arriver un jour, peu importe le mal qu’il se donne pour le faire), mais de Young Seol (Force bleue). Sérieusement, ce personnage me tue. Son sérieux me tue. Ses applaudissements systématiques me tuent. Ses mimiques faciales me tuent (lorsqu’il essaie de sourire hahaha). Sa maladresse (et son mauvais timing) me tue. Et enfin, son attirance pour Park Ha me tue. Mais nos deux autres chevaliers ne sont pas en restent car Chi San et Man Bo se disputent la palme du dongseng le plus adorable au monde. Et l’alchimie entre les trois canards et maman canard est terriblement bien mise en valeur. S’ils pouvaient rester ensemble tout le reste de leur vie ce serait formidable ; hélas, il va bien falloir qu’ils s’en retournent d’où ils viennent : je prépare d’ores et déjà mes mouchoirs (oui, je sais qu’ils vont se retrouver dans une autre vie, mais quand même, ce ne sera pas pareil…!).

PS : je suis la seule à avoir pensé à Great Inheritance au cours des scènes de vélo sous les cerisiers ? Ça m’a projeté en arrière, quand Han Ji Min jouait une éducatrice dans une école maternelle qui venait d’être hérité par un gangster, joué par Kim Jae Won.  Une comédie romantique de 2006 inoffensive mais très mignonne avec plein d’enfants adorables, à la manière d’Oh ! My Lady. Ce sont des dramas comme Great Inheritance et Capital Scandal qui me rappellent que Han Ji Min est faite pour jouer dans des comédies. Elle est vraiment polyvalente (regardez le film Detective K pour vous en rendre compte, la médiocrité du scénario ne l’empêche pas de briller) mais je la préfère dans des rôles optimistes et actifs que la passivité de son personnage de Padam, Padam où elle avait tendance à sous-jouer.

Non Mina, tu n’es pas la seule : les grands esprits se rejoignent à ce que je vois! D’ailleurs, en regardant Rooftop Prince, j’ai eu soudainement l’envie de re-regarder les comédies d’Han Ji Min (j’ai sur ma liste Great Inheritance justement).

Equator Man : The Devil Inside (7/24)

 

D’abord à propos de ces quatre épisodes en plus, pour apporter une opinion légèrement différente à celle de Kaa, tout à fait justifiée par ailleurs : je suis plutôt favorable à cette décision. Je ne suis pas totalement hostile aux extensions, et parfois elles sont vraiment nécessaires (Giant, Salaryman, The Duo, ). Elles peuvent complètement enfoncer un scénario (Spy Myung Wol, Warrior Baek Dong Su) ou simplement permettre au drama de développer plus en avant les personnages en faisant durer le fun (Can’t Lose). Dans l’ensemble je suis très hostile aux prolongements des comédies romantiques (pas assez de matière pour tenir), et favorable aux prolongements des sageuks, thrillers, Home Dramas et autres quand le scénario est suffisamment riche et surtout quand l’annonce des épisodes supplémentaires intervient assez tôt pour permettre aux scénaristes de s’adapter. L’extension d’Equator Man me paraît être une décision sensée étant donné la bonne épaisseur de l’histoire, à condition que la scénariste ait été prévenue avant de commencer à écrire la fin de son drama de cette éventualité. Au final je suis mitigée, mais pourquoi pas.

 

Je voudrais commencer à parler du drama lui-même en remarquant qu’ils ont apporté des améliorations non négligeables à la musique et au montage. Les transitions sont moins anarchiques, la musique plus fluide et beaucoup moins envahissante. Le travail du réalisateur débarrassé de ces boulets est mis en valeur. Ils ont abandonné les morceaux classiques et Coldplay pour la vraie BO du drama, et au final on a un résultat qui a de la personnalité sans tomber dans la lourdeur.  Le travail sur la lumière du crépuscule est toujours aussi soigné (ces oranges en particulier sont magnifiques) et apportent un peu de chaleur à la froideur blanche des scènes de plein jour, qui rappellent l’ambiance glacée de White Christmas. Le réalisateur aime toujours autant les compositions asymétriques et continue de placer ses personnages dans des cadres qui les écrasent, qu’ils soient immenses ou étroits. Enfin son goût pour les plans « dos à dos » et les lignes parallèles donne lieu à des choses tout à fait intéressantes d’un point de vue artistique.

La musique cesse peut-être d’être absolument rébarbative comme dans la première moitié du drama mais continue cependant à être clichée et souligne inutilement l’atmosphère dramatique du drama. En fait, elle fait parfois l’impression d’être un pléonasme. Je ne voudrais pas spoiler Mina et ceux qui n’ont pas vu après l’épisode 7, mais il y a des moments où l’aspect dramatique est tellement ridiculement exacerbé par la musique qu’on finit par en rire. Et bon, Equator Man, ce n’est pas vraiment censé nous faire rire. J’aime toujours autant le travail de l’équipe de réalisation ; certains plans sont magnifiques, les jeux de lumière intéressants et je suis ravie qu’elle ait décidée d’abandonner l’utilisation des ralentis.

Ce drama est beaucoup plus centré sur la violence émotionnelle que la violence physique, mais il n’en n’est pas moins puissant (au contraire). Les scènes entre Sun Woo/Tae Wong et Jang Gil/Jun Hyuk sont d’une intensité palpable, ils semblent tous au bord du crime sans pour autant que le scénario ne les vide de leur innocence. Même M. Jin a sa part d’humanité, malgré le peu qu’il lui en reste. J’aime bien aussi la place accordée aux deux femmes pour l’instant, entre Ji Won immédiatement attachante grâce à son coup de foudre pour Sun Woo et Soo Mi dont l’attitude envers Jang Il se rapproche un peu de la nymphomanie (s’il ne veut pas de moi, il va le payer). Mine de rien c’est rare de voir les femmes prendre une place en retrait dans un Kdrama et l’attention qu’apporte Equator Man au duo masculin principal apporte un peu de fraîcheur au genre.

Pour les personnages féminins, je reste sur ma faim bien que j’apprécie beaucoup le travail de Im Jung Eun et de Lee Bo Young. Entre Soo Mi et ses motivations sentimentales et Ji Won qui reste inactive, on ne peut pas dire qu’il y ait une figure féminine qui brille par sa présence et son charisme. J’ai parfois l’impression de me retrouver face à un Story of a Man en (beaucoup) moins bon : la vengeance d’un homme, l’ennemi froid (mais Jang Il n’a rien à voir avec le psychopathe Do Woo dans la mesure où le premier a un semblant de conscience), une femme forte et décidée et une beaucoup plus effacée et douce. Cela dit, le manque d’intérêt des personnages féminins ne me dérange pas beaucoup car j’aime aussi le fait que l’on s’attarde plus précisément sur le duo masculin et leur bras de fer. Uhm Tae Woong offre une merveilleuse performance, sobre, retenue mais fascinante, tandis que l’on peut saluer Lee Jun Hyuk de parvenir à faire face à ce géant sans trop se faire ratatiner (je pense que parfois il surjoue, mais franchement, c’est du chipotage).

 

Et je trouve le personnage du père de Jang Il joué par Lee Won Jong absolument fascinant dans sa folie. Il y a une certaine naïveté dans son caractère, la conviction que tout ce qu’il fait pour assurer le bonheur de son fils est une bonne chose. Et c’est complètement paradoxal avec le résultat : Jang Il est confronté à un choix qui tient du cauchemar. La folie du père est comme contagieuse et le fils termine lui-même ce que Lee Yong Bae a commencé. Je trouve aussi assez intéressant le fait que ce dernier projette en quelque sorte sur son fils ses propres ambitions frustrées (il me fait un peu penser à ces mères hystériques qui habillent leurs petites filles en mini catins dans des shows comme Toddlers & Tiaras aux US). Pour moi il veut absolument compenser son propre échec, sa propre misère sociale (c’est le larbin de M. Jin) à l’aide de son fils, quel qu’en soit le prix et surtout en ignorant totalement les désirs véritables de ce dernier. Il n’a absolument rien à faire que son fils soit ami avec Sun Woo, et il ne prend pas non plus en compte une seconde le fait que c’est Jang Il qui aime et courtise Ji Won, et non l’inverse. Le voir déchiré entre ce qu’il lui reste de culpabilité et la conviction qu’il fait tout cela pour une Juste Cause qui transcende tout est fascinant. Et c’est juste un personnage secondaire ! Analyser le duo Soo Mi/Kwang Cheon est tout aussi passionnant, alors vous imaginez la richesse de la psychologie des personnages.

Equator Man ou le drama des hommes pris par leurs obsessions. Le Président Jin commence à devenir de plus en plus consistant et fascinant et l’acteur fait vraiment du bon travail pour y parvenir. L’ambiance du drama donne un peu la chair de poule justement parce que tous ces personnages ne sont pas vraiment équilibrés mentalement (jusque là, la seule qui s’en tire bien c’est Ji Won). Il en ressort donc une impression de malaise général car tous autant qu’ils sont ont des « raisons » d’agir comme ils le font aujourd’hui (peu importe la nature de leurs actions). Par la même occasion cela permet aux personnages d’être plus complexes et aux acteurs de couvrir une plus large palette d’émotions, ce qui est définitivement un plus.

Corbeille

Ten : Bad Feeling

Ce drama a quand même réussi un exploit : me faire détester le héros d’un drama policier. Je ne peux plus supporter Jae Hun, sa manière de mener ses enquêtes, sa fascination pour la perversion des meurtriers et sa propre perversion qui conduit les épisodes vers des scènes finales malsaines. C’était déjà le cas dès le premier épisode de deux heures, mais je n’ai réalisé qu’au quatrième que le scénariste a une prédilection que je trouve peu ragoutante pour les histoires de voyeurisme. Tout n’est qu’histoire de manipulations, et il est souvent question de violer l’intimité des victimes (que ce soit par la force ou insidieusement). De plus, j’ai vraiment été écœurée par le moralisme douteux que fait découler le scénariste des affaires. D’un côté je dis bravo, vous avez réussi à faire de votre personnage principal un monstre à l’intérieur, mais de l’autre je cours dans l’autre direction pour ne pas avoir à le supporter. Il y a une raison pour laquelle je ne regarderai jamais le Silence des agneaux, Manhunter & co, et pour laquelle je préfère les « cosy polars » aux polars gores et torturés.

Operation Proposal : On connaît la chanson

Je suppose qu’il remplissait la case comédie romantique quand il n’y avait rien d’autre à se mettre sous la dent, mais tenter de reprendre après des dramas comme Rooftop Prince et Kpop : Survival n’est pas une mince affaire. Operation Proposal a le mérite d’essayer de relancer les remakes de dramas Japonais type BBF et Playful Kiss, mais ce bateau a déjà coulé depuis longtemps, et les critiques négatives ne m’encouragent pas à reprendre. Je vais chercher un MV qui réunis toutes les scènes romantiques et basta.

Bilan

Kdrama-land est un endroit délicieux quand le Big Three produit de bons dramas. J’ai été assez surprise je dois dire de voir le niveau des scénarios atteindre des fonds de stupidité aussi atterrante au début de l’année. 2010 avait quelques gros ratages, 2011 a eu aussi son lot de mauvais scénarios, mais là quand même nous sortir en quelques mois Take Care of Us Captain, Dream High 2, Fashion King, et la première grosse déception de l’année (MoonSun, si il est encore besoin de le préciser), il fallait le faire. Tous les ans il y a ces dramas idiots qui tombent à plat sans faire de bruit parce que personne ne les attendais vraiment (Midas, It’s Okay Daddy’s Girl…), il y a les gros projets coûteux pleins de stars qui ne vont nulle part et qui explosent à grand fracas (Man Called God, Cain and Abel, Road N°1…), les déceptions amères (Triple, Lie To Me, My Fair Lady…), et enfin ceux que nous croisons décidément beaucoup cette année, ceux qui sont tellement mauvais qu’ils poussent les gens à écrire des articles entiers pour crier aux internautes de rester loin. Si j’avais le courage ce serait intéressant de faire un index de ces articles pour voir un peu si les reproches sont les mêmes d’un drama à l’autre, mais je crois que dans tous les cas c’est le mauvais scénario qui peut vraiment plomber un drama. De mauvais acteurs peuvent le rendre irregardable et une mauvaise réalisation peut faire beaucoup de dégâts, mais rien ne peut compenser un script mal écrit. Un drama avec de bons acteurs et une bonne réalisation peut faire illusion pendant quelques épisodes, mais les Kdramas sont tellement dépendant de l’écriture que ça finit toujours par ressortir. Et pour conclure : en ce moment, tout va bien dans le meilleur des mondes, et il y a même trop de bons dramas en même temps. Espérons que ça continue !

Avril a été une boîte de chocolats pleine de bonnes surprises et on espère que cela ne veut pas dire que Mai sera un mois où on devra se serrer la ceinture (enfin, ce n’est pas comme si il n’y avait rien à se mettre sous la dent lors des pénuries parce que personnellement j’ai toujours une tonne de dramas sur ma liste « à voir »)!

4 réflexions sur “Bilan d’avril

  1. Merci pour ce bilan toujours aussi complet, de mon coté :
    – je continue à savourer rooftop comme un petit bonbon ou un carré de chocolat (au choix), et effectivement lorsque les 3 acolytes sont un peu moins présents, le drama perd un peu de son rythme et il y a comme un vide
    – j’ai repris King 2 heart qui une fois passé les bouffonneries et autres errements des premiers épisodes, prend de l’épaisseur, surtout il faut bien l’avouer grâce au jeu de Lee Seung Gi qui a su révéler d’autres facettes de son personnage au delà du frère prétentieux et rebelle à toute autorité
    – je ne vais pas tarder à attaquer equator man tellement les bonnes critiques pleuvent de tous les côtés
    – et je mets sur la liste également Kpop the ultimate Survival qui je l’avoue ne m’aurait pas fait de l’oeil sans vos critiques et Love Rain pour lequel je me serai peut être laissée bêtement influencée par les audiences

    • Salut Petitange =) Il manque un peu King 2 Hearts là-dedans mais franchement nous n’avons pas la motivation de le reprendre pour l’instant, malgré tous les éloges. Je me demande vraiment ce que je vais en faire, et certains spoilers ne m’ont pas du tout donné envie de réessayer. On verra, peut-être que si cette vague de folie est suivie par un désert ? En tout cas pour l’instant, trop de concurrence, pas assez de temps. Merci pour ton commentaire !

  2. Salut les filles!
    Je suis toujours RP même si il y a 2 ou 3 semaines, je me suis posée la question si j’allais arrêter ou pas .Tout d’un coup ,j’ai eu du mal à supporter le jeu des acteurs surtout Han Ji min .J’ai aussi un problème avec le comportement de Sena et de Tae mu qui me paraissent souvent trop extrêmes.Et c’est vraiment dommage que l’histoire ne soit pas plus solide,je la trouve un peu bâclée parfois. C’est un petit détail mais j’ai été déçue que le prince ne cherche pas mieux à connaitre Sena.D’accord il aime sa femme ,donc il ne doute pas d’elle mais j’aurais voulu des échanges réels entre eux où il aurait pu mieux voir sa personnalité .
    Puis j’ai mis mes attentes à la baisse et j’ai pu re- profiter du drama .Je trouvais la mère de Sena un peu inutile mais la semaine dernière j’ai beaucoup aimé ses scènes ,celle quand Sena lui dit qu’elle va se marier et avec Park ha quand elles boivent ensemble.

    Je me demande vraiment comment le drama va finir ,est ce que le prince va re partir dans son monde et laisser Park Ha ?

    • Hello Flora!
      Pour le comportement du Prince, je pense que cela ne fait que souligner à quel point son attachement à la Princesse était superficiel, même à l’époque, et même s’il était sincère. Lee Gak n’a jamais été « intéressé » par sa femme, tout ce qu’il voulait, c’était qu’elle soit jolie. Dans le présent, il n’a pas plus de raison de s’intéresser plus profondément à sa réincarnation, surtout qu’il voit de plus en plus Se Na comme un moyen de rentrer chez lui plutôt qu’un ancrage sentimental.
      Et en ce qui concerne la fin, il me semble qu’il est inévitable que le Prince reparte dans son monde car il faut que l’équilibre temporel soit rétabli. Peut être que si le Prince apporte des modifications dans le présent, cela aura des répercussions sur le passé. Bu Yong et Yi Gak pourront vivre ensemble comme il l’était prévu et par conséquent, trois cent ans plus tard, Tae Yong et Park Ha auront la possibilité de se rencontrer et de tomber amoureux. Car il ne faut pas oublier que ce ne sont pas deux temps parallèles : lorsque le Prince va retourner dans le passé, il est probable que l’on revienne à la scène initiale où Tae Yong dessine Par Ha, lui donne rendez-vous et finalement la rencontre (parce que Tae Mu ne sera plus là pour les en empêcher). Je ne sais pas si mes hypothèses sont claires ^_^.
      Ou bien ils vont se débrouiller pour que Park Ha et le Prince restent ensemble, mais je ne vois pas comment ils comptent faire ça (à moins que Tae Yong remplace le Prince à Joseon, et le Prince devient Yi Gak…Mais je doute quand même de ce scénario =P)

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