Les In et Out du mois d’Avril – Petit meurtre entre amis : The Equator Man

Avril est plein d’entrées et de sorties, et il semble que je sois d’humeur plus mélodramatique que romantique si l’on en juge par mes choix actuels. Rapide récapitulatif des sorties : Fashion King – écriture du scénario et des personnages plus que douteuse, Love Rain – noyade sous cette pluie de sentimentalisme, King 2 Hearts – indifférence totale. Par conséquent restent en course Equator Man et Padam, Padam (oui, je sais, ce n’est pas un drama d’Avril, mais que voulez-vous, personne n’est parfait!) ; et parce-qu’on ne peut pas apprécier pleinement un drame, Rooftop Prince et Kpop Survival viennent efficacement alléger la tendance printanière. Actuellement, je suis en train de rattraper mes retards concernant Equator Man, et cet article couvrira seulement les épisodes 1 à 6 inclus.

Les grandes lignes : Kim Sun Woo (jeune : Lee Hyun Woo, adulte : Uhm Tae Woong) et Lee Jang Il (jeune : Siwon, adulte : Lee Jun Hyuk) sont camarades de classe et deviennent contre toute attente des amis très proches. Seulement, le père de Sun Woo meurt dans des circonstances plus que douteuses et Sun Woo décide d’enquêter dessus. Ce qu’il ne sait pas, c’est que le responsable n’est autre que le père de Jang Il, qui a accompli cette tâche ingrate pour son employeur, Mr Jin, qui lui a promis de s’occuper de l’éducation de Jang Il en récompense. Lorsque Jang Il le découvre, il tente de dissuader son ami de continuer l’enquête, à la fois pour protéger son père et à la fois pour ne pas compromettre son propre futur. Mais Sun Woo reste sur ses positions, et Jang Il ne voit pas d’autres solutions que d’éliminer son ami. Il part pour Séoul tandis que Sun Woo passe quelques années dans le coma. Lorsqu’il se réveille, il a perdu sa vue et sa mémoire. Il décide de partir à Séoul pour recevoir des soins supplémentaires et retrouver Jang Il. 

Commentaires : The Equator Man bénéficie d’un pilote qui aurait être beaucoup plus solide qu’il ne l’est déjà si seulement la réalisation avait été meilleure. Je ne dis pas qu’elle est absolument nulle, mais elle est affreusement prétentieuse. La musique grandiose et l’utilisation, que j’ai jugée, excessive des ralentis, auraient pu suffire à me refroidir tout de suite ; mais heureusement les acteurs ont retenu mon attention et le propos m’a semblé suffisamment intéressant pour lui donner une chance jusqu’au bout. Je ne dis pas non plus que j’ai tout à fait fermé les yeux dessus : je reste convaincue qu’une utilisation plus judicieuse et plus appropriée de la trame sonore et des techniques visuelles auraient grandement rendue service à Equator Man.

L’action et l’univers de ce drama mettent du temps à s’installer, et, bien que l’on soutient tout de suite l’amitié entre ces deux garçons que tout oppose, il nous faut quelques épisodes pour nous sentir un peu plus impliqués dans ce qu’il se trame. Ce n’est pas forcément un mal car j’aime bien aussi lorsqu’un drama prend le temps d’exposer les fondements qui viennent appuyer ou expliquer les tensions actuelles. Et le temps, Equator Man le prend : les 5 premiers épisodes ne sont qu’un introduction à ce qu’il va venir. Le ton monte en crescendo au fur et à mesure que les personnages choisissent leur camp et commettent des actions qui ne leur permettent plus aucun retour en arrière. On voit les éléments du noeud tragique se constituer sous nos yeux, sans que nos personnages n’en sachent rien, et l’on devine tout le poids que certaines paroles vont peser dans leur destinée. La tragédie se met en place, gagne en intensité d’épisodes en épisodes, tandis que les personnages deviennent de plus en plus complexes. À mon humble opinion, ces derniers sont le point le plus fascinant de Equator Man. Je vous mentirai en disant que ce drama est sensationnel et exceptionnel car rien pour l’instant ne constitue en soi un renouvellement du genre. Mais un bon mélodrame classique, lorsqu’il est bien fait, cela ne se refuse pas.

Equator Man est donc plutôt bien parti bien que les épisodes aient parfois un rythme très inégal : il est souvent bien géré, mais il est parfois trop lent (les scènes au ralenti peuvent être réussies mais elles peuvent aussi alourdir plus qu’autre chose. À mon grand bonheur, plus le drama progressait, moins il utilisait de ralentis), parfois on a l’impression qu’il n’avance pas (sur-utilisation des flashbacks), et parfois, on trouve que ça va trop vite (certaines scènes ne durent quelques secondes et on coupe pour passer à autre chose. Ça peut donner le tournis). Une des scènes qui m’a le plus marquée par sa longueur est le moment où Sun Woo adulte se réveille de son coma et se rend compte qu’il a perdu la vue ; c’est bien fait et on sent parfaitement l’angoisse du personnage (merci Uhm Tae Woong d’être aussi fantastique!), mais cela traine beaucoup trop à mon sens. Tout ce qu’il fait c’est de répéter pendant dix minutes qu’il ne voit pas, qu’il faut qu’on allume toutes les lumières, qu’il faut appeler un docteur. Et personne n’est là ni pour lui répondre, ni pour le rassurer (drôle d’hôpital où il ne semble pas y avoir de médecin…).

  

Cependant j’aime le fait qu’Equator Man ne ménage pas la sensibilité des téléspectateurs car de la violence (physique et morale), il y en a plus qu’assez, entre meurtres, trahisons, jalousie et chantages. C’est de la tragédie pure et dure, par conséquent le postulat de base nous est très familier. Nous avons bien sûr l’amitié improbable entre deux personnes aux caractères et philosophies différents, un personnage orphelin qui va partir en quête de son passé et surtout de son père biologique, et on se doute bien qu’il y aura conflits d’intérêts entre les deux amis que la vie et les choix personnels qu’ils vont entreprendre vont séparer pour finalement les opposer. Mais un drama aux thèmes vieux comme le monde peut encore être un bon drama s’il exploite suffisamment bien les personnages. Et c’est là où réside le plus grand intérêt d’Equator Man.

  

Les personnages sont dans la majorité tous complexes et suscitent des émotions différentes voire contradictoires. Ils font parfois des gestes atroces et entièrement répréhensibles mais ils parviennent toutefois à nous faire nuancer nos opinions sur eux (jusqu’à un certain point bien sûr, tuer quelqu’un peu importe pour quel motif est impardonnable) : Jang Il par exemple est un personnage torturé et extrêmement sombre, mais s’il peut être inébranlable, il n’est cependant pas tout à fait amoral (en tout cas au début parce qu’au vu des derniers épisodes visionnés, il est bien parti pour me contredire). Je ne dis pas que cela atténue l’horreur de son geste (quand on a un ami comme Jang Il, on n’a pas besoin d’ennemis) mais en tous les cas, il est satisfaisant de constater que cela lui laisse des séquelles psychologiques. J’étais à fond lorsque Sun Woo adulte lui fait subir de la torture mentale d’abord parce que c’est sadique comme il le faut, ensuite parce que cela prouve que la culpabilité pèse encore sur sa conscience. Quand on y regarde de plus près, on se dit qu’il n’est pas tellement étonnant finalement que Jang Il tourne de cette manière : déjà les premiers épisodes nous montraient un jeune homme froid et quasiment sans émotions. C’était d’ailleurs très intéressant de voir que le plus doux et et le plus sentimental des deux étaient celui qui avait tout le temps des pansements au visage.

  

J’ai beaucoup apprécié le fait que l’on ne présente pas Sun Woo comme une caricature du mauvais élève, tout comme Jang Il n’est pas la caricature de l’élève modèle. Inutile de dire que je trouvais le jeune Sun Woo adorable, aussi bien avec son père qu’avec Jang Il. Cela était nécessaire j’imagine pour que l’on soit encore plus impliqués dans les mauvais évènements qui lui arrivent parce que décidément, Sun Woo ne mérite pas qu’on détruise sa vie de cette manière-là. Et l’un de mes moments préférés je pense pour l’instant est lorsque Sun Woo adulte rassemble ses souvenirs et déclare à lui-même qu’il se souvient de tout, et qu’il ne pardonnera jamais. Ça m’a donné des frissons : une vengeance tout en étant aveugle? COUNT ME IN!

Cela dit, les relations familiales ne sont pas reluisantes (la seule qui soit positive est celle qui s’est terminée brutalement, celle qui unissait Sun Woo et son père) : le père biologique de Sun Woo semble l’avoir abandonné, le père de Jang Il est obsédé par la réussite sociale de son fils, ce qui le pousse à commettre un acte affreux, et on ne peut pas affirmer que la relation père/fille entre Soo Mi et son père soit si glorieuse. J’ai particulièrement du mal à ressentir de la compassion pour Yong Bae, le père de Jang Il : au début oui, mais plus il continuait dans sa folie, moins je le suivais (avoir tué son père ne suffisait pas?). On comprend qu’il veuille le meilleur pour son fils, mais comment peut-il penser une seule seconde que celui-ci puisse être heureux lorsqu’il en est venu à vouloir assassiner cet ami à qui il doit tant, et lorsqu’on lui interdit toute forme d’amour (la scène où Yong Bae va voir Ji Won pour lui demander de ne pas détourner Jang Il de sa carrière était proprement frustrante à souhait)? Et comment peut-il s’attendre à ce que son fils lui témoigne de la reconnaissance pour ça (hello, le prix pour son futur est un double meurtre sur la conscience, merci du cadeau papa)? À chaque fois qu’il arrivait à l’écran pour faire son petit numéro de père hystérique et excessivement protecteur me hérissait le poil. 

En ce qui concerne les femmes, je n’ai pas encore d’avis définitif car pour l’instant, elles n’ont qu’un rôle mineur à jouer, entre Soo Mi qui a une passion malsaine pour Jang Il depuis sa première rencontre avec lui, et la gentille et douce jeune femme que Ji Won est devenue. Soo Mi devient de plus en plus inquiétante à vrai dire avec ses fantasmes sur Jang Il et je ne sais pas encore à quel point son amitié est sincère pour Sun Woo (elle qui faisait semblant de ne pas le connaître lorsqu’ils étaient jeunes devient tout à coup une amie apparemment proche et aimante). Cela me perturbe qu’elle utilise l’aveuglement de Sun Woo et son histoire personnelle pour se rapprocher de Jang Il, parce que ce dont il a le plus besoin en ce moment, ce sont des amis fidèles (qui heureusement a pour nom Geum Jool). De plus, je n’ai jamais compris quel était son problème avec son père (que je trouve très attachant).

En ce qui concerne Ji Won, elle est douce, elle a du caractère, mais à ce point de l’histoire, on se demande encore quel est son rôle dans le drama (si tant et qu’elle en ait un). J’ai aimé cependant qu’elle ne soit non plus une caricature d’elle-même : elle a beau être douce et gentille, elle a ses principes et entend vivre comme elle le veut. Bien que je trouve le personnage un peu trop lisse pour le moment, j’aime déjà beaucoup sa relation avec Sun Woo qui est adorable au possible. Je garde espoir cependant que les femmes ne soient pas le simple miroir des frustrations et des désirs de ces hommes, comme on le voit dans beaucoup de dramas de vengeance, mais qu’elles auront réellement de la consistance et un rôle déterminant à jouer. Le fait que ce soit un carré amoureux (Soo Mi –> Jang Il –> Ji Won –> Sun Woo) me dérange un peu justement parce que j’ai peur que le drama s’enfonce dans ce genre de clichés.

Réalisation: B+ / A- Il y a des choses excellentes, et d’autres un peu moins ; ce qui explique pourquoi la note n’est pas plus élevée (ni tranchée). Les paysages de Yeonsu sont proprement à couper le souffle, surtout lorsque c’est filmé au bord de la mer. Sinon il y a quelques plans vraiment bien trouvés (comme la première rencontre entre Sun Woo et Ji Won, et le passage adulte de Siwon à Uhm Tae Woong par exemple), l’image est toujours soignée mais souvent classique. La mise en scène est généralement réussie, bien que parfois elle soit un peu ringarde (comme lorsque Jang Il voit pour la première fois Ji Won chanter « Moon River », si vous voyez de quoi je parle) mais ce sont des détails. Je ne suis pas non plus fan des ralentis, sauf lorsqu’ils sont utilisés à bon escient (comme pour la rencontre sous la pluie entre Jang Il et Soo Mi), ni des tournoiements de la caméra autour d’un personnage, que je trouve très très clichés. À cela s’ajoute la musique pompeuse (non, les violons, ce n’était vraiment pas indispensable. Vraiment pas.), mais cela, je l’ai déjà évoqué.

  

Casting : A+ C’est merveilleux un drama quand il n’y aucune fausse note au niveau du casting. Les jeunes s’en tirent à merveille (Lee Hyun Woo et Kyung Soo Jin ont totalement gagné mon coeur), les adultes sont fidèles à eux-même (Uhm Tae Woong toujours aussi fantastique, Lee Jun Hyuk toujours aussi fascinant, Lee Bo Young toujours aussi attachante et Im Jung Eun toujours aussi ambigüe), et les vétérans ne sont aucunement en reste. Cependant, on peut avoir un blocage en ce qui concerne la différence d’âge entre Lee Jun Hyuk et Uhm Tae Woong car ils sont censés avoir le même âge, et entre la tentative de meurtre et le regain de connaissance de Sun Woo, il n’est censé se passer qu’une ou deux années. Mais en fait, je m’en ficherais presque, parce-que Umh. Tae. Woong. 

Scénario : B Le scénario est d’une facture honnête, mais comporte un certain nombre de trous, de maladresses et de faiblesses scénaristiques (suis-je la seule à bailler lorsqu’on en vient aux scènes de la famille Jin?). L’écriture n’est pas toujours très subtile, et les « coïncidences » (lire : destin) sont parfois grossières. Cela dit les personnages sont dans l’ensemble très intéressants (j’attends un peu plus de développement concret des personnages féminins) et le tout parvient à rester cohérent. Ça ne te prend pas aux tripes tout de suite, mais au bout de 6 épisodes, tu te retrouves définitivement pris dans le tourbillon d’obsessions maladives et de paranoïas extrêmes. 

Verdict : Good Kimchi + Equator Man, c’est du bon. C’est pas du crack à l’état pur, mais c’est de la tragédie en bonne et due forme avec ses thèmes du destin, de l’amour, de la mort, d’Eros et de Thanatos. Ça te met facilement sous tension et les personnages sont tous plus inquiétants les uns que les autres (bon, sauf Geum Jool qui est la crème des crèmes et Ji Won qui est la gentillesse incarnée). C’est sombre, c’est parfois très intense, ce n’est certes pas exempt de défauts, mais c’est surtout servi par un casting royal. Alors, Equator Man, in? Définitivement.

6 réflexions sur “Les In et Out du mois d’Avril – Petit meurtre entre amis : The Equator Man

  1. Excuses, moi où pourrais-je trouver les épisodes d’equator man en téléchargement ? parce que le stream en vosta sur dramacrazy a une qualité pourrie -__- » Merci d’avance ^^

      • Sur dramafever j’ai: « Sorry, our videos are only available in North and South America. » T.T J’essayerai sur D-Addict merci :)

        • Ah, oui, c’est vrai. J’avais oublié que Dramafever ne marchait pas en France ^^ » Désolée pour la mauvaise information.
          Pour les sous-titres une fois les raws téléchargés sur D-Addict, tu peux aller les chercher sur Darksmurf (mais il faut s’inscrire)….

  2. Désolée, en fait j’aimerais savoir: j’arrive à télécharger les RAW et les sous-titres masi je ne sais pas comment les assembler pour regarder l’ep. Faut-il faire une manip ou avoir un logiciel spécial?? Merci d’avance ^^

    • Les softsubs tu veux dire ? Normalement il suffit de nommer les sous-titres exactement comme les Raws (par exemple pour Equator Man le Raw s’appellera EquatorMan01.avi et le softsub EquatorMan01.srt)

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