Review : Good Luck! – Pas de chance.

Vous le savez sûrement, je voue un culte à Kimura Takuya. Ceci étant dit, il faut mettre une chose au clair : si Kimura est bon dans tous ses dramas, tous les dramas de Kimura ne sont pas bons. La preuve avec Good Luck qui se trouve être quelque peu creux, et pas franchement palpitant.D’abord, c’est une drôle d’idée que d’appeler un drama « Good Luck » pour faire référence au monde de l’aviation. Parce-que bon, miser sur la chance quand tu es un pilote qualifié, c’est pas très rassurant tout de même. Et d’abord, tu souhaites « Bonne chance » à qui? Aux passagers pour qu’ils ne meurent pas? Aux oiseaux, pour qu’ils ne croisent pas ton chemin? À toi-même, pour que tu ne rates pas ton atterrissage/décollage? Flippant.

De quoi ça parle?

Shinkai Hajime (Kimura Takuya) est un jeune co-pilote sûr de lui et très têtu travaillant pour la compagnie aérienne ANA et qui rêve de devenir à son tour capitaine de bord. L’arrivée d’un nouveau supérieur hiérarchique et pilote, Koda Kazuki (Tsutsumi Shinichi), sème le trouble dans la compagnie car immédiatement un antagonisme entre lui et le reste des membres de l’équipage naît. Koda est réputé pour être froid et absolument intransigeant lorsqu’il s’agit de la perfection et semble prendre en grippe Shinkai dès le début. En même temps, Shinkai rencontre Ogawa Ayumi (Shibasaki Kou), une jeune mécanicienne dont les parents sont morts dans un accident d’avion 12 ans auparavant.

Outre le scénario qui frise constamment l’absurdité (mais pas dans le bon sens du terme, Nodame Cantabile est absurde, mais c’est drôle), les personnages ne sont pas là pour rattraper la mise car ils sont eux-mêmes difficilement crédibles. Les seuls qui s’en tirent sans trop d’égratignures dans mon avis sont Koda, ce pilote-cyborg froid et robotique qui ne jure que par la perfection en tout temps, en tout moment ; Togashi (Kuroki Hitomi), l’hôtesse de l’air, sage, mature et qui partage le secret de Koda ; et bon, Shinkai, notre petit Kimura Takuya préféré en co-pilote immature, tête brûlée et plein d’énergie.

Le personnage de Koda (et la prestation de Shinichi Tsutsumi) est réellement la seule force de ce drama (oui, plus que Shinkai – je sais, je blasphème) car il faut reconnaître que c’est le personnage le mieux écrit ,et disons…celui qui a le plus de consistance. 

Il est froid, il est inflexible, il est perfectionniste et tout le monde le déteste car tout le monde pense qu’il est juste un mec pénible pour rien. Mais c’est là où tout le monde se trompe, et c’est là où moi, spectatrice, je me suis mise à détester ce petit monde de la compagnie Ana, car non, il n’est pas pénible pour rien.

Et en fait, c’est le seul professionnel de l’équipe (avec Togashi, et bientôt Shinkai). Parce-que oui, faire des erreurs sur un avion, c’est…dangereux. Et plus les épisodes passent, plus je me suis rangée de son côté, étant d’accord avec la majorité de ses décisions, à la fois à bord que à terre. 

Il y a des manières de faire et de dire bien sûr, et il n’a pas besoin de porter un jugement personnel sur la personne ; mais dans le fond, il avait toujours raison. Bien sûr au début, il se frite avec Shinkai – bon d’accord, c’est lui qui commence les hostilités en insultant son instructeur (tiens, ça ne vous rappelle rien?

Un nouveau qui critique les méthodes et les enseignements d’un ancien auquel Kimura Takuya est très attaché? Oui, j’ai nommé Pride). On attend qu’une seule chose durant la première moitié du drama : que Shinkai révise son opinion de Koda et qu’il devienne son disciple.

La raison pour laquelle Koda vole en quelque sorte la vedette à Shinkai (outre le fait que Shinichi Tsutsumi soit lui-même un bien joli spécimen dans son genre), c’est parce-que sa relation avec Togashi est mille fois plus intéressante que celle de Shinkai avec Ogawa. 

Togashi est vraiment une femme admirable, qui inspire tout de suite la confiance et l’affection. Elle est trop classe et trop belle en plus, et les sentiments et le passé qui la lient à Koda sont profonds et complexes. On sent, on voit tout de suite qu’elle est amoureuse de lui, mais elle doit toujours le réprimer car les réponses de Koda sont toujours simples mais tranchantes (et blessantes, même si ce n’était pas forcément fait exprès).

La dynamique Shinkai-Koda n’est pas déplaisante mais elle ne sort pas des sentiers battus. On a toujours la même progression :  le personnage principal déteste le nouveau venu, d’une part parce-que ce nouveau venu est trop critique, d’autre part parce-que le personnage principal est immature ; progressivement (mais pas trop vite), le personnage principal se rend compte qu’il n’y a pas que du mauvais dans le nouveau venu, et découvre son secret ; cette révision d’opinion sur autrui devient réciproque en ce que le nouveau venu en vient à admettre que le personnage principal n’est pas juste nul et incompétent ; le personnage principal et le nouveau venu partagent un respect réciproque et deviennent les meilleurs amis du monde. La principale (mais majeure) différence entre ces deux hommes c’est qu’il y en a un qui réfléchit avec sa tête, et l’autre avec son coeur. Je vous laisse deviner lequel. Mais personnellement, d’un point de vue strictement professionnelle, je me sentirais mille fois plus sereine avec un pilote tel que Koda aux commandes, plutôt que Shinkai, qui a tendance à se laisser influencer par ses émotions. Dans l’absolu, ce n’est pas un défaut, mais lorsque tu tiens une centaine de vie dans tes mains, euh, c’est pas une bonne idée.

Cela dit, Kimura Takuya est Kimura Takuya. Il reste (et il restera) égal à lui même : toujours aussi craquant, toujours aussi doué pour la comédie, ayant toujours autant de prestance et de charisme à l’écran (et mon dieu, que cette coupe de cheveux lui va bien!).  Il apporte un savant mélange d’humour et de fraicheur dans ce personnage. Shinkai n’est peut être pas le meilleur pilote, mais c’est un homme attachant et attentionné envers les autres (et son sourire est absolument irremplaçable).

Oui, même en mangeant une banane, Kimura Takuya a la classe.

Puisqu’on est dans les points positifs, on peut également citer la place faite à la famille. Shinkai a une relation particulière avec son frère et son père. Au début, on a l’impression qu’elle est conflictuelle, mais en réalité, c’est un peu plus subtil que ça. Et on ne va pas cracher sur cette part de subtilité lorsque son absence est ce que je reproche peut être le plus à cette série. L’autre famille, à laquelle on fait encore moins de place, c’est celle d’Ogawa, la mécanicienne. Une famille essentiellement composée de cette dernière et de son unique soeur. Et pourtant, il y avait une certaine chaleur dans cette petite maison, et la soeur est réellement un personne sympathique (mais complètement figurante, on s’entend). De plus, j’ai été surprise -non, choquée- de retrouver LE Strezemann pervers de Nodame Cantabile. Et il est toujours aussi taré, aussi fou, et aussi pervers. Haha. J’adore cet acteur.

Mais malheureusement, les points positifs s’arrêtent là, et ma foi…ça ne fait pas beaucoup n’est-ce pas, si on prend en compte le fait que mon dernier paragraphe concernait des figurants. Je ne saurais souligner assez le manque de crédibilité dont souffre la série. Ce ne sont pas juste les situations qui sont absurdes, les personnages ne rattrapent rien de leur côté, et à part ceux que j’ai cité plus hauts, ils se révèlent tous être superficiels, inintéressants (voir agaçants de stupidité) et il est difficile (en tout cas pour moi) de m’identifier à eux, ou même de m’attacher à eux ; à commencer par l’hôtesse de l’air Fukaura (Uchiyama Rina), qui me sortait par les yeux dès que je la voyais à l’écran.

  

Plus stupide qu’elle, tu meurs. Je lui aurais pardonné son statut de groupie hystérique dans la mesure où l’objet de son obsession est très compréhensible et se nomme Shinkai. Qu’elle jette sa fierté pour un regard ou une parole de lui était déjà suffisamment pénible comme ça, mais si elle avait été compétente dans sa profession, j’aurais pu la trouver sympathique. Et malheureusement, ce n’est pas le cas. On a tous des raisons différentes pour faire tel ou tel métier ou de réagir de telle ou telle manière qu’il faut certainement respecter. Mais j’avoue que le motif de Fukaura est juste…hallucinant. Elle n’est devenue  hôtesse de l’air simplement parce-qu’elle avait besoin d’être le centre de l’attention et qu’on lui dise qu’elle est mignonne. Et là, d’agaçante, elle est juste devenue pathétique. Sa confrontation avec Koda était donc inévitable, et c’était tellement satisfaisant de la voir se faire remettre à sa place. Mais son comportement par la suite est juste aberrant, et m’a encore moins permise de m’attacher à son personnage : porter plainte contre le pilote pour diffamation? Ah mais lol. Oui ta fierté en a pris un coup, et cette fois ton physique avantageux ne t’a servi à rien – mais porter plainte? EUH. Bon, je vais m’arrêter là (bien que j’en aie gros sur la patate concernant ce personnage) parce-que je ne voudrais pas qu’on pense que je me défoule sur elle haha.
L’autre personnage WTF, c’est la voisine coréenne de Shinkai. C’était censé apporter de l’humour, mais franchement, c’était teeeeellement inutile.

Si seulement le comportement illogique était limité au personnel, peut être que le drama en aurait moins souffert. Mais il fallait que parmi les voyageurs il y en ait toujours un qui perturbe par son attitude insensé (ou ses requêtes débiles) le vol. Non mais sérieusement, depuis quand on exige quoique ce soit du pilote? Je ne passe pas ma vie dans les avions, mais il se trouve que je suis amenée à le prendre fréquemment, et comment dire…le sens commun dicte à tous les passagers de laisser le pilote faire son boulot parce-que…a priori, il sait ce qu’il fait et que l’impossibilité d’atterrir n’est pas le fruit d’un caprice (sans blague!). Et même s’il est pénible et un peu flippant de ne pas savoir ce qu’il se passe, ou si on a des commentaires négatifs à faire, aucun passager dans ma mémoire n’a crée de tels scandales pendant un vol. Parmi ces voyageurs illogiques:
Le ministre : qui a la phobie de l’avion et qui demande à faire demi-tour.
La doctoresse : qui exige l’atterrissage immédiat malgré le brouillard et l’impossibilité physique dans lequel le pilote et le co-pilote se trouvent de le faire. Elle est stupide ou quoi: s’ils pouvaient seulement atterrir, ils le feraient! -__-.
Le rapatriement des sinistrés : une femme qui refuse de décoller avant de voir son mari. L’homme qui a un rendez-vous d’affaires urgent : qui veut atterrir malgré le fait que l’aéroport soit en train de brûler, et le personnel qui essaie de lui rappeler qu’il est..euh…une mauvaise idée que d’atterrir dans ces conditions.

Et le scénario : merci les clichés. Je ne suis pas contre le manque d’originalité : je suis capable de regarder une dizaine de dramas portant sensiblement sur le même sujet, et l’insertion de clichés n’est pas en soi quelque chose à blâmer. Mais là. Non. Merci. Pourquoi fallait-il que la mécanicienne soit la fille de passagers morts dans un accident d’avion, et que sa vocation soit née de ce drame? Pourquoi fallait-il que le pilote Koda ne soit strict que parce-qu’il porte en lui un lourd fardeau de culpabilité lié au drame d’Ogawa? Et quitte à être cliché, pourquoi ne pas être allé jusqu’au bout? Je veux dire : lorsque la culpabilité de Koda a été révélée, personne ne s’est senti trompé et bluffé à ce moment-là? Dans ma tête j’étais juste : « Hein? Quoi? C’est juste ça? ». Moi je pensais qu’il était le responsable du crash, ou au moins qu’il était dans cet avion pour raison x ou y, ce qui aurait été affreux oui, mais qui au moins, aurait donné un peu de poids et de consistance au drama (et de sens au pardon final).

Les autres éléments auxquels je pense sont par exemple l’accident de Shinkai mettant en péril sa carrière de pilote. Bon, en soi, la façon dont ça arrive (et le simple fait que ça arrive) est WTF. Mais quand on voit le twist, c’est encore plus WTF. Je vous jure. Et la panne d’électricité dans le dernier épisode. Ça devait être une blague. Et Ogawa qui ne réagit même pas alors qu’elle est censée avoir une peur monstre de l’avion. Ben franchement, à sa place, j’aurais été passablement traumatisée par une coupure d’électricité.

Comme dans tout drama japonais centré sur une profession ou un sport, il y a tout un processus d’édification et d’héroïsation plus ou moins poussé. On observe un tel phénomène dans Pride par exemple, où Halu est l’objet d’admiration et d’adoration quasi religieuse (alors qu’il ne faut pas exagérer, ça reste un homme hein, même si c’est Kimura Takuya). Good Luck ne fait pas exception, et tout au long des dix épisodes, on nous répète (au cas où on le savait pas déjà) à quel point le rôle du pilote et du co-pilote est primordial: « nous sommes responsables de centaines de vie (oui, c’est vrai, donc regarde devant toi s’il te plaît), c’est ma responsabilité et mon devoir de mener ces gens à destination », et bla. et bla. et bla.

Là où le drama pêche aussi, c’est dans sa présentation du couple phare Shinkai-Ogawa, qui est un échec. Le couple aurait pu bien fonctionner, et du côté Kimura, tout va bien ; il est toujours aussi adorable, drôle et choupinet. J’ai aimé que malgré le fait que Shinkai soit populaire, il ne soit pas un séducteur pour autant. Les filles qui lui tournent autour de l’intéressent clairement pas, et il n’a dans ses yeux et dans son coeur qu’une seule personne du premier au dernier épisode : Ogawa. Quant à Ogawa, elle était dans l’absolu un personnage intéressant. Elle partait déjà avec un sentiment favorable dès le début : pas une hôtesse de l’air mais une mécanicienne? Yeah. Un peu garçon manqué, mais pas trop? Yeah. Une fille qui ne se pâme pas devant le sex symbol qu’est Kimura Takuya? Yeah. Qui ne mâche pas ses mots? Yeah. Et pourtant, cruelle déception. Plus le personnage s’élabore, plus il perd en consistance et en intérêt. Et le jeu de l’actrice n’arrange absolument rien, car au lieu de paraître comme une fille de fort caractère, elle paraît juste comme une fille boudeuse, agaçante, qui passe son temps à fixer avec ses gros yeux son partenaire à l’écran. Quelque chose manquait dans cette relation, de l’alchimie? Une histoire intéressante? Je ne sais pas, mais ça n’a pas marché.

    

En bref, si Good Luck a un tant soit peu de charme, il ne le doit qu’à la présence de Shinichi Tsutsumi et de Kimura Takuya, incroyablement mignon dedans – comme d’habitude – avec les cheveux courts comme je les aime (et il porte bien l’uniforme). J’en ai dit beaucoup de mal, mais ce n’est pas aussi mauvais que ma critique peut le laisser croire. La série se laisse bien regarder (et oublier).

Faut-il le redire? Kimura Takuya est un Dieu.

2 réflexions sur “Review : Good Luck! – Pas de chance.

    • Bonjour Meriem,
      Nous ne donnons plus de liens au cas par cas à présent. Tu peux aller visiter la FAQ et les Liens mais il faut savoir que nous regardons essentiellement les dramas avec des sous-titres anglais, qui sont beaucoup plus nombreux et plus faciles à trouver que les français.

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