Premières Impressions en vrac : Feast of the Gods, Salamander Guru et Syndrome

J’ai trouvé un peu de temps pour regarder les sorties traduites de janvier/février que j’ai en retard, et autant vous dire tout de suite que ce n’est pas brillant. Elles renforcent une impression que j’ai depuis le début de l’année sur les Kdramas actuellement diffusés : c’est très contrasté, les bons dramas sont excellents et les mauvais dramas sont désespérants, et il n’y a pas grand chose au milieu…

Salamander Guru and the Gang : Le show tête-à-claque

Je n’avais pas l’intention de regarder ce drama, mais quand j’ai vu qu’il ne comptait que dix épisodes et qu’il était traduit, je me suis dit que ce serait bête de passer à côté. Salamander Guru est une comédie au premier abord bon enfant qui nous présente « le gang » : deux drôle de cambrioleurs Sun Dal et Won Sam, le genre de bras cassés qui provoquent un désastre partout où ils vont. Leurs « signatures » sont les fruits de la maladresse ou du hasard mais la police les prend pour des génies qui laissent intentionnellement des messages subliminaux de défi aux forces de l’ordre. Nos deux compères prennent pour cible la prestigieuse demeure du Gourou Salamandre, voyant réputé. Un petit génie de l’informatique les observe, et semble décidé à les faire chanter lorsque leur dernier cambriolage tourne mal.

Ce drama qui aurait pu être une vraie gemme s’enfonce rapidement à cause de facteurs trop perturbants pour être surmontés. Le réalisateur et le scénariste n’ont aucune expérience récente notable et la maladresse débutante de l’un accompagne la bêtise crasse de l’autre. Les gags sont vraiment inégaux, certains sont bien trouvés mais à partir de la seconde partie du pilote les choses tournent au vinaigre. Sun Dal et Won Sam supposés être des imbéciles diplômés es catastrophes ne sont rien de plus que d’insupportables escrocs, sexistes, matérialistes et sans aucune subtilité. Je n’ai pas de problème au fond avec ce type de personnages mais je n’aime pas qu’on me les présente comme des clowns comiques inoffensifs et supposément attachants. Je n’ai jamais vraiment compris si je devais les détester ou m’attacher à eux (mission impossible malgré toute mon admiration pour Im Won Hee). Et si seulement c’était le seul problème ! Les scènes sont répétitives (au bout du troisième plan sur les yeux inquisiteurs de Minho,on a compris le message) et l’histoire qui avait pourtant beaucoup de potentiel (une revanche, un gang loufoque, un jeune asocial à dérider, des interactions avec une police dépassée) n’est pas correctement développée. L’ensemble manque cruellement de rythme, l’idée est bonne mais traduite par des dialogues simplistes et parfois de mauvais goût, et cerise sur le gâteaux : la direction d’acteur est lamentable. Je suppose qu’on ne peut pas trop en demander à des débutants, mais réussir à faire jouer des acteurs (mêmes expérimentés) aussi mal tient de l’incompétence. Mention spéciale pour le jeu des acteurs secondaires, tous plus irritants les uns que les autres.

Verdict : Smelly Kimchi : C’était censé être l’un de ces dramas attachants basés sur des amitiés improbables, mais le résultat est complètement raté.  Ça tient bien sur le papier et ça fait illusion le temps des quelques scènes d’ouverture, mais il n’y a pas grand-chose à tirer d’une équipe aussi mauvaise. La réalisation est atroce, les acteurs essaient de nous vendre sans grande conviction leurs rôles mal écrits. Vous pouvez faire un effort pour les beaux yeux de Minho, mais sinon passez votre chemin.

Feast of the Gods : Le festin du makjang

En 1989 deux grandes dames se sont affrontées à l’occasion d’une grande compétition culinaire, pour le poste de directrice du grand restaurant traditionnel « Arirang ». L’une a passé des années à peaufiner sa technique  pour obtenir la place qu’elle coinvoitait mais considère la cuisine comme une souffrance, tandis que l’autre qui a les faveurs du jury prend du plaisir à confectionner ses plats. La première est prête à tout pour l’emporter, quitte à abandonner son fils à un grand frère violent et à empoisonner la carpe de sa rivale pour rendre cette dernière aveugle (oui moi aussi j’ai trouvé ce plan très tiré par les cheveux). Ainsi commence notre folle histoire de rivalités qui va s’étaler sur plusieurs générations.

Le premier élément qui m’a frappée est l’utilisation de la Noble Idiotie dans toute sa splendeur. Mais oui ! ce n’est pas grave si je perds la vue, tant que je gagne cette compétition ! Cette décision stupide va avoir des répercussions terribles pour ma santé et ma famille mais c’est moins grave que de déclarer forfait et renoncer à un poste que dans tous les cas je ne pourrais pas assumer ! Ha ha ha ! Des incohérences : quelqu’un qui devient subitement aveugle ne peut pas se mettre à cuisiner une recette compliquée avec autant de précision qu’un non-voyant qui a appris à utiliser ses autres sens avec le temps. La situation atteint des sommets de stupidité quand l’autre cuisinière (la méchante) se brûle la main à cause de sa nervosité et insiste également pour continuer, toujours sans se faire soigner. La compétition est à feu et à sang (littéralement, il y a du feu et du sang partout) et tout le monde laisse ces deux tarées continuer le massacre tandis que leurs enfants sont en train de regarder la scène/se faire agresser. A ce stade du drama je continuais à regarder par curiosité morbide, juste pour savoir jusqu’où ils allaient aller dans la surenchère. Ça devient complètement ridicule quand la méchante se fait embarquer à l’hôpital tandis que personne ne s’occupe d’embarquer l’autre qui a reçu du poison dans les yeux. Ô les possibilités de parodie…

Ensuite tout va très vite. Essayez de garder le fil, même en regardant le drama c’est compliqué : Gentille (mère de l’héroïne In Joo/Sung Yuri) retrouve la vue et gagne le poste (gné ?) tandis que Méchante perd son fils, la mobilité de sa main et son rêve (ne me posez pas de questions sur le fils, ce n’est pas  clair du tout). Nous avons des scènes mignonnes de l’enfance des héros (In Joo et Jae Ha/Joo Sang Wook le fils de la précédente directrice d’Arirang), du bla bla sur la quête du « Vrai Goût » (WTF ?). On continue avec les clichés : la mère de Yeon Woo (future rivale d’In Joo) a atteint la phase terminale de son cancer, Gentille découvre l’adultère de son mari…et à partir de là les choses dégénèrent. Gentille devient encore plus folle à l’idée que son mari veuille divorcer, elle se suicide dans son lit et offre à sa fille le superbe spectacle de son cadavre ensanglantée. In Joo monte sur le pont du bateau (ironie du sort : tout le monde est sur le même bateau de croisière !) et tombe sur la mère de Yeon Woo complètement ivre qui s’apprête à se suicider. Yeah comme si ça ne suffisait pas d’assister à une scène extrêmement traumatisante en une seule soirée ! In Joo trébuche, la mère de Yeon Woo essaie de la rattraper et tombe avec elle. Mais Gentille n’était pas morte (QUOI ?! Ok, ce drama vient de dépasser la limite du makjang pour tomber dans le Nawak.). Les parents d’In Joo la cherchent sans succès tandis que Yeon Woo est totalement livrée à elle-même. Personne ne s’inquiète de la disparition de sa mère, personne ne la prend en charge. Elle passe la nuit dehors et elle est sauvée par la mère d’In Joo qui se persuade qu’elle est sa fille parce qu’elle porte le Médaillon du Destin qu’elle avait donné à In Joo, ou quelque chose comme ça. Fin de l’épisode.

Verdict : Smelly Kimchi Les stéréotypes du makjang, Feast of the Gods les a tous et les concentre à un rythme tellement effréné que ça en devient écœurant. Adultère ? Check. Enfances tragiques ? Check. Rivalité sur plusieurs générations ? Check. Suicide(S) ? Check. Amnésie ? Check. Maladie mortelle ? Check. Sabotages ? Check, check et triple check ! La cerise sur le gâteau a été la scène du pseudo-suicide de la mère d’In Joo. Ça vous dirait pour une fois d’écrire un drama avec un peu de bon sens ? A côté, Man of Honor apparait comme un parangon de subtilité…

Syndrome : Maîtresses et patients

Fiston neurochirurgien (Song Chang Ui) bosse dans le même hôpital que sa mère, qui dirige l’établissement. Elle a une tumeur au cerveau, et exige que ses meilleurs chirurgiens acoomplissent pour la soigner une opération particulièrement complexe et coûteuse, afin de réduire à zéro les risques qu’elle deviennent muette (Môman en chef met tout en moyen pour éviter de perdre sa capacité à donner des ordres et  à crier sur les gens). Apparemment ce service de neurochirurgie est une véritable affaire familiale puisque le petit frère de Môman et même son mari y sont aussi chirurgiens. Papounet (Jo Jae Hyun, qu’est-ce que tu fais dans ce truc ?!) refuse de pratiquer cette opération.

Pour l’instant tout va bien (d’un point de vue scénaristique on est encore dans quelque chose de stable) mais dès la seconde scène le drama commence à s’enfoncer dans le délire tragico-familial. Papounet entend bien charcuter les capacités visuelles de sa chère et tendre pour des raisons auxquelles je n’ai pas compris grand-chose (une histoire de maladie mortelle contagieuse qu’il tient de sa mère et qu’il veut garder secrète, mais pourquoi rendre sa femme aveugle ?). Le drama devient irregardable quand on nous montre en direct le mari en train de couper les nerfs optiques de sa femme (un fœtus mort dans Bachelor Veggie Store, une petite fille qui voit sa mère les veines ouvertes et maintenant cette opération ! Décidément en ce moment le makjang fait dans la surenchère). On apprend ensuite qu’ils n’ont jamais consommé leur mariage, mais si on en croit le correlation chart du drama Papounet a aussi un autre fils illégitime, lui-aussi neurochirurgien dans ce service, et notre héros est le fils illégitime de Môman…et à partir de là j’ai renoncé à démêler ces intrigues débiles. Le reste est une suite pénible de clichés. Han Hye Jin entre en scène et bien sûr commence par entrer en conflit avec Song Chang Ui qui la prend de haut, nous avons quelques cas médicaux sans intérêt pour remplir les trous et le pilote se termine sur Môman qui réalise qu’elle a perdu la vue.

Verdict : Bad Kimchi Le drama médical est l’un de mes genres préférés, mais cette année force est de constater qu’il a perdu toute originalité et a foncé la tête la première dans les stéréotypes les plus ridicules. Brain a été plus ou moins sauvé par son acteur principal, et Syndrome s’affirme comme l’exemple le plus lamentable de médiocrité scénaristique irrécupérable, bon casting ou pas. C’est vraiment dommage qu’ils aient été chercher l’auteur de l’atroce Heading to The Ground pour écrire ce drama alors que le réalisateur est tout à fait correct (en tout cas on est déjà bien au-dessus de la réalisation cheesy de Brain), tout comme le casting littéralement pris en otage par ces dialogues abrutissants.  C’est vraiment du gâchis de potentiel : il aurait suffi d’embaucher un scénariste au moins correct pour rendre ce projet intéressant. Mais non, il faut qu’on nous inflige encore une fois un scénariste incapable, non seulement mauvais mais dénué de toute once de créativité. Je lui reconnais une chose : oser faire travailler la mère, le père, la maîtresse, le frère et les deux fils illégitimes dans le même service de neurochirurgie, c’est très fort. Dans un sens négatif, mais quand même.

Ce n’était pas une mince affaire de regarder ces trois objets télévisuels abrutissants et/ou irritants, mais je voulais le faire juste dans un objectif d’observation et d’analyse. Maintenant, ils peuvent nous diffuser une vraie bonne comédie romantique bien divertissante, pour changer ? Et makjang-free s’il vous plaît.

4 réflexions sur “Premières Impressions en vrac : Feast of the Gods, Salamander Guru et Syndrome

  1. Dans ces trois drama , il y avait que Feast of the Gods qui me tentait un peu, mais après avoir lu ton article, je crois qu’il va passer à la trappe!!
    Je vais retourner à Fermentation Family, même si galère à DL les épisodes!

    • Ce qui est dommage avec Feast of the Gods c’est que la réalisation est assez réussie, il y a de très jolies couleurs pastels et c’est agréable à regarder d’un point de vue visuel. Par contre pour le reste c’est à s’arracher les cheveux d’idiotie. Après il y a des gens qui apprécient le drama pour les relations entre les quatre personnages principaux, mais franchement si tu veux de belles images de plats traditionnels Sud-Coréens et du réconfort, regarde Kimchi Family. J’espère que ça va aller pour le ddl, c’est devenu compliqué aujourd’hui =)

  2. Ton article sur Feast of Gods m’a bien fait rire ! Pas besoin d’en faire une parodie, c’en est déjà une… En fait, il faudrait que tu nous fasses des recaps des dramas les plus ridicules, ça serait une torture pour toi de les regarder, mais qu’est-ce ça serait drôle à lire ! Tu pourrais commencer avec A man called god, un autre morceau d’anthologie… :)
    Et je suis bien d’accord avec toi, le début d’année est plus que pauvre et m’a presque dégoûtée des dramas… jusqu’à ce que je découvre History of Salaryman, qui est vraiment à part et que j’ai adoré du début à la fin !

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