Bilan de février

Février n’a pas été un mois très affriolant à Kdrama-land, c’est le moins que l’on puisse dire (j’espère que c’est le calme avant la tempête). Normalement j’arrive à trouver mon bonheur dans la programmation du mercredi/jeudi du Big Three et sinon je me rabat sur les dramas du câble, mais ce mois a été rude. Si on met l’OVNI qu’est History of the Salaryman et la petite sucrerie qu’est Operation Proposal à part il ne reste pas grand-chose à se mettre sous la dent. Mais ne voyons pas tout du mauvais côté : ça m’a permis de rattraper des bons dramas que j’avais négligé.

History of the Salaryman : L’art de la guerre (12/22)

Son nom est Bang, Yoo Bang, et il a sérieusement bouleversé la routine à Kdrama-land, renouvelant enfin le genre burlesque. Je n’en attendais pas moins des hommes de Giant. Je ne pense pas que c’est indispensable d’avoir vu les soixante épisodes de ce drama avant de regarder History of the Salaryman, mais ça apporte un agrément considérable à l’expérience. Ce sont les mêmes enjeux, souvent les mêmes acteurs (quel plaisir de retrouver le duo Kim Suh Hyung/Lee Dok Hwa et Lee Beom Su !), les mêmes thématiques (une logique de petite entreprise protectrice de ses employés contre le modèle du monstre-conglomérat qui broie ses effectifs humains sans ciller), les mêmes types de personnages, et pourtant tout est subverti. Le fils vengeur n’est plus le héros mais l’ennemi, l’ancienne maîtresse bienveillante qu’incarnait Kim Suh Hyung est ici une ambitieuse manipulatrice du pire acabit, l’héritière n’est plus une douce amie d’enfance mais une vraie mégère à apprivoiser. Yoo Bang est au départ le héros complètement incongru qu’on s’attend à trouver dans une comédie noire, mais des éclairs de Lee Kang Mo transparaissent quand il défend la cause des ouvriers. Et Jo Pil Yeon nous gracie d’un superbe caméo, plus diabolique que jamais. Toute la première partie du drama peut être regardée comme du fanservice, une sorte de version condensée de Giant sous stupéfiant, mais il réussit tout de même à créer sa propre mythologie. Elle est empruntée à la guerre Chu-Han et si ils suivent l’histoire, Yoo Bang/Lui Bang devrait finir par triompher et installer sa propre dynastie. A quand un autre sageuk de Kim Jung Sun et jang Young Chul ?

Les principales critiques que j’ai lues à l’encontre du drama concernent ce fameux humour noir, qui rend le drama irregardable pour certains et le peu d’investissement émotionnel qu’il inspire. En effet à force de faire de l’autodérision et de balader son spectateur vers l’imprévu le drama risque de le perdre en route. Pourtant au niveau des audiences c’est l’inverse qui s’est produit, et cette extension de deux épisodes est bienvenue. Elle va je l’espère permettre au scénariste de boucler de manière satisfaisante son projet ambitieux. Je me demande tout de même si ils n’ont pas vu trop grand, mais achevé ou pas History of the Salaryman reste une œuvre à part qui domine les autres Kdramas de plusieurs têtes.

Operation Proposal : Péché mignon 4/16

Je peux descendre facilement Operation Proposal, laisser parler le vilain petit démon sarcastique en moi qui se réveille dès que les signes d’un amateurisme alarmant se manifestent sous mes yeux. Mais ce drama est tellement inoffensif, tellement bien intentionné, tellement adorable que ce serait comme frapper un gentil petit lapin qui me fait les yeux doux. J’ai plutôt envie de le prendre dans mes bras et de lui faire un câlin.

Si vous tenez quand même à entendre le réquisitoire, le voilà : c’est très maladroitement réalisé (aucune énergie ne se dégage vraiment des scènes), les acteurs sont tous assez mous, en-deçà de leur énergie habituelle, le scénario est abrutissant avec ses métaphores à deux sous, les dialogues et les situations semblent tout droit sorti d’un manuel « la romance lycéenne pour les nuls », les monologues intérieures de Baek Ho parasitent la narration quand ils ne sont pas carrément redondants (si on se concentre on peut voir deux Yoon Seung Ho : celui qui joue et celui qui commente tout ce qui se passe dans un micro), les effets spéciaux sont ringards, l’OST est composé d’une seule chanson qui repasse en moyenne trois fois par épisode…et je vais arrêter là mais vous avez compris l’idée : c’est nul.

Alors pourquoi est-ce que je regarde religieusement ce truc ? Mon cerveau tourne constamment en dérision ce que je vois, mais d’un autre côté je ris aux blagues, je souris, je fond devant le couple naissant…au final ce drama c’est l’inverse de la version Japonaise. Le dorama avait un bon scénario, une réalisation correcte et des acteurs médiocres. Ici c’est l’inverse et ce qui n’a pas fonctionné pour moi dans le dorama, la romance (j’ai aimé ProDai pour la partie lycée, les années d’étude et le SP m’ont lassée) est dans le Kdrama ce qui me fait revenir. Après tout c’est peut-être vraiment comme je l’avais dit dans ma preview : je suis amoureuse du scénario. Cette histoire de deuxième chance et de retour dans le passé me plaît. Ça pourrait être joué par des grenouilles roses que je regarderai encore.

Verdict : Okay Kimchi (Sometimes good, sometimes bad). C’est vraiment fait avec les pieds mais c’est tellement sincère que le charme opère malgré tout. Ça me fait penser à un spectacle d’enfants de maternelle. Trop mignon, et impossible à critiquer sérieusement (parce que franchement, quel intérêt ?).

 Je continue

Padam, Padam : Seconde chance (8/20)

NB : Tant pis pour les articles complets sur Padam Padam et Salaryman, à ce train-là je ne vais jamais les terminer et finir par ne rien écrire dessus du tout. J’aime écrire mes premières impressions sur une impulsion, et je ne veux pas que ça devienne une corvée.

J’ai beaucoup aimé les premiers épisodes de ce drama, très chargés en émotions. Jamais Noh Hee Kyung ne semble être à court de ressources pour alimenter son histoire. Kang Shil et son « ange » Gook Soo sont bien installés dans leur nouveau job, ils commencent vraiment à se réintégrer dans la société et malgré les mauvaises nouvelles (la maladie de Kang Shil, la malveillance de ses ennemis) et ce petit monde apprend doucement à se connaître, à s’ouvrir sur ses blessures passées. Nous avons une belle bande de cœurs blessés et pourtant c’est Kang Shil, le personnage le plus abîmé du lot qui agit comme un curateur/révélateur des maux des personnes qui l’entourent. Son innocence et sa sincérité sont des qualités rares qui ont pour effet de renvoyer les autres face à leur propre hypocrisie, à commencer par l’héroïne, une boule de nerfs qui peut se révéler franchement intolérante quand elle l’a décidé.

Gook Soo est quasiment un personnage secondaire, presque relégué au rang d’accessoire pour l’intrigue (son rôle est quasiment identique à celui du pendentif qu’il a donné à Kang Shil : il accompagne son maître partout, il le protège). Pour un peu l’auteur aurait pu en faire un fantôme attaché à Kang Shil sans qu’il en soit gravement affecté. Il n’a pas d’autre désir que de sauver son « maître », mais le fait qu’il soit tout de même humain le rend plus attachant et plus fragile qu’une simple présence mystique. Cette nature humaine est remise en question lorsque ses ailes commencent à pousser, mais la transformation relève plus de la monstruosité que du miracle. Autre point pertinent que je salue Noh Hee Kyung de développer. Avec Kang Shil, Jina et son « ami » le petit groupe forme un drôle de ménage à quatre assez curieux où les couples ne sont pas ceux qu’on croise d’habitude. Les autres personnages sont divisés entre les opposants (une menace, même si techniquement Kang Shil pourrait être l’un de ces héros de Revenge Thriller et partir en chasse) et les alliés, souvent instables (une mère qui conserve un lourd secret, un père violent, un fils abandonné qui a du mal à se départir de son cynisme). Malgré tout ce qui a été déjà dévoilé l’un des intérêts de Padam Padam repose dans les mystères des rapports compliqués qu’entretiennent ces personnages (volonté divine, ironie du sort ou simple coïncidence ?), et Noh Hee Kyung ne nous a pas encore donné la clé pour les résoudre.

Casting : B – c’est là où le bât blesse. Je n’ai jamais trouvé Jung Woo Sung bon acteur, mais c’est sa fadeur que je lui reprochais. Ici…il en fait trop. Il ne cabotine pas exactement, il y a une sincérité et une énergie appréciables dans son jeu, mais la subtilité passe à la trappe. Il est tout le temps tendu comme un arc, extrêmement réceptif aux autres acteurs. Souvent ça paie, mais il lui arrive régulièrement de faire en surjouant des faux pas qui m’éjectent brutalement de l’immersion dans laquelle le drama m’entraîne. En face de lui Han Ji Min n’est pas au meilleur de sa forme. Elle a fait mieux par le passé, et à l’inverse de Jung Woo Sung elle se limite à un panel d’expression que j’aurais aimé un peu plus riche. Les deux acteurs font de leur mieux, mais j’aurais apprécié plus de maîtrise. Par contre Kim Bum s’en sort comme un chef. Il est entre temps devenu un homme (on le reconnaît à peine), et s’est complètement débarrassé de sa raideur d’hier pour adopter un jeu très fluide, tout aussi réceptif que celui de Jung Woo Sung mais sans les excès de ce dernier. Des trois c’est le seul qui réussit à réellement incarner son personnage sans me donner l’impression qu’il joue la comédie, et pourtant Gook Soo n’est pas un rôle plus facile que ceux des autres. A leur décharge, Jung Woo Sung et Han Ji Min ont une alchimie étonnante, qui prend immédiatement. Dès que leurs regards se croisent il se passe quelque chose de magique, et on y croit.  Ouf, l’essentiel est sauf ! Pour le reste nous avons (comme souvent dans les Kdramas) d’excellents vétérans qui sont là depuis Mathusalem et qui connaissent leur métier par cœur. Les rôles secondaires comme le collègue/compagnon de Ji Na et les ennemis de Kang Chil sont corrects.

Réalisation : A + Elle a beaucoup à voir dans la réussite du drama. Comme Vampire Prosecutor Padam, Padam est « bleu », mais d’un bleu beaucoup plus clair, presque gris. C’est d’une qualité habituellement réservée aux longs-métrages, avec un montage impeccable (adieu transitions brutales, adieu montage épileptique) Je ne sais pas s’ils ont appliqué un filtre ou travaillé avec une caméra spécifique pour obtenir ce résultat, mais l’image est comme vieillie, abîmée par le temps. Les teintes sont tendres pour les scènes heureuses (bleu pâle, beige, vert, une lumière douce) et glacées pour les scènes plus tendues (les ennemis en particulier sont mis en scène avec des décors et des costumes rouges, noirs, bleu et gris acier). Ces couleurs donnent l’impression qu’un orage menace toujours d’éclater au-dessus des personnages, ce qui cadre bien avec le rythme de l’intrigue et la personnalité houleuse des deux hommes. Le réalisateur utilise beaucoup de close-ups : il filme de très près le visage, les yeux de ses personnages pour rendre plus palpables leurs émotions. Je ne suis pas très douée pour blablater technique mais dans l’ensemble Padam, Padam m’a fait l’effet d’un drama très contemplatif, dans le sens où le réalisateur peut choisir de s’arrêter pour prendre un cadrage original, et aime bien filmer ses personnages de dos ou de loin pour faire de son drama une véritable promenade où chacun prend le temps d’apprécier l’instant présent.

Scénario : A + Il met du temps à se mettre en place, mais une fois que les petits indices disséminés çà et là au fur et à mesure se combinent pour laisser place au projet d’ensemble, c’est un tableau magnifique. C’est très stimulant, tant pour notre intellect que pour nos émotions. Vraiment, bien joué.

Verdict : Good Kimchi Padam, Padam est une jolie promenade contemplative loin des lieux communs du mélodrame. Si seulement Jung Woo Sung pouvait abandonner son expression de psychopathe dégénéré (je veux bien qu’il ait l’air d’une bête sauvage mais le plus souvent j’ai l’impression de voir mon frère en train d’imiter une poule, avec ses yeux écarquillés et ses mouvements de cou) et si Han Ji Min pouvait se réveiller de sa léthargie ce drama serait absolument cracktastic. Les derniers épisodes que j’ai vu montrent de sérieuses améliorations de ce côté là, espérons qu’ils poursuivent dans cette direction !

Kimchi Family : Enigmes 6/24

Peut-être que la mise en scène est trop flagrante, peut-être que les dialogues ne sont pas très subtils. Mais j’ai beau avoir mes réserves sur l’exécution générale, j’adhère invariablement aux message véhiculés par ce drama. Un « home drama » pour moi ce n’est pas l’histoire d’une famille qui s’entre-déchire, mais l’histoire d’individus solitaires, en difficulté, qui se réunissent et apprennent doucement à surmonter leurs traumatismes, leur égoïsme pour partager leur vie. C’est pour ça que « Bad Family » gagne sa place de meilleur home drama à mon sens (dans ce que j’ai vu de traduit jusqu’ici).

Le home drama est un genre qui peut être rapidement perverti par la tentation d’employer des ressorts faciles pour fasciner le spectateur et de faire du « scandaleux », tendance dans laquelle les dailies se vautrent jour après jour. Mais Kimchi Family fait partie de ces dramas qui rejettent cette idée et choisissent de garder une part d’innocence optimiste chez leurs personnages, une part de candeur qui peut ennuyer/agacer. Moi-même j’ai mes limites (par exemple je n’ai jamais compris pourquoi tout le monde était prêt à tout pardonner à Maru dans Can You Hear My Heart) et la niaiserie peut rapidement me porter sur les nerfs, mais je pense que tant que les personnages ne se comportent pas en martyrs à la Princesse Sara (l’anime, pas le livre) je suis prête à embrasser cette joie de vivre. Et Kimchi Family en a à revendre.

L’autre élément qui me plaît beaucoup est l’habile dosage des ingrédients : un peu de mystère (les devinettes qu’envoie le patron sous la forme d’ingrédients, les secrets de l’enfance du héros), beaucoup de nourriture, un peu de romance, un peu de problèmes professionnels (rivalités, soucis financiers, chantage, etc) et cette fameuse joie de vivre qui rend le drama si addictif. Les épisodes que j’ai vu dernièrement étaient moins bons que les premiers (un peu trop de filler sans rapport avec l’intrigue principale, un peu trop de violons, un peu trop de clichés dans la présentation de l’entreprise Handol). Je ne sais pas si Kimchi Family va progresser ou stagner sans prendre de risques (j’ai entendu dire qu’il s’améliore doucement), mais tant qu’il continue à me faire sourire, je lui laisse un place privilégiée dans ma programmation.

Bilan

Force est de constater qu’après l’euphorie du début d’année beaucoup de déceptions ont suivi, et même le câble a eu sa part de gamelles. Je ne pense pas pour autant qu’il faut lâcher l’éponge, mais plutôt apprendre à mieux connaître ces nouvelles chaînes pour savoir comment appréhender leurs projets. Je suis très occupée en ce moment et je n’ai pas le temps d’écrire ni même de regarder tout ce que je voudrais. Par conséquent, mes impressions sur les dramas dont je n’ai pas encore parlé (Hanbando, God of War, Syndrome, Feast of the Gods, etc) viendront probablement à la fin du mois. En attendant, c’est parti pour The March Madness !

3 réflexions sur “Bilan de février

  1. Merci pour tes avis.

    Je le partage complètement pour History of Salaryman! Je viens de le finir il y a qq minutes et c’est un vrai COUP DE COEUR !
    J’ai adoré la maîtrise du suspens, des dialogues, des clins d’oeil, bref du scénario en général !
    Il y a une vraie montée en puissance de l’histoire au fur et à mesure des episodes. Si Yoo Bang reste le symbole de l’éthique dans le travail, on arrive à se projeter dans les autres personnages également!
    Les deux couples qui se forment progressivement au cours des épisodes sont tellement adorables et jouent avec les clichés pour le grand bonheur des spectateurs.
    La légèreté des romances entre les 4 héros contrebalance avec l’inhumanité des relations internes professionnels (la fin justifie t’elle les moyens ?)
    Assez vite on comprend que le clivage Yoo Bang et Hang Wo est juste un prétexte pour mettre en scène « la cupidité et la course au pouvoir » des autres protagonistes!

    Jusqu’au dernier épisode…on ne sait pas comment l’histoire se finira …je me demande comment l’histoire tenait initialement en 18 episodes !

    Mention spéciale aux héroines qui gagne par KO le match!
    je pense notamment à tous les jurons prononcés par Jung Ryu Woon ! et aux nombreux de « Bip » ! et à la coquine manipulatrice secrétaire que joue ma Princess « Hong Soo Hyun » !
    Je suis fan de Jung Gyu Woon (qui est juste à croquer tellement il est beau en costume…) mais je dois dire que son rôle aurait mérité plus de complexité comme pour celui de Lee Bum soo (dixit Versailles – épisode 18 lol)!

    Bref je me suis régalée! et le carton en terme d’audience en est l’une des preuves !

    • Je suis arrivée à la fin, plus que deux épisodes (T_T) en fait il m’a fallu longtemps pour accrocher à fond mais quand les OTP se sont fixés je suis devenue totalement addict et je me suis enchaînée presque dix épisodes en deux jours. « Versailles Yoo » m’a fait mourir de rire. Je vais vraiment avoir du mal à lâcher la bande, en particulier Hang Woo/Woo Hee.

  2. je viens de comprendre que l’episode du jour n’était pas le dernier …heureusement car je ne comprenais pas pourquoi il n’y avait pas d’epilogue ! désolée pour ce commentaire qui n’enlève rien à mon jugement!

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