Quelques premières impressions sur les animes d’hiver 2012

Cette nouvelle saison n’a rien de vraiment extraordinaire. Plusieurs amines conventionnels mais solides, mais aucune gemme qui se détache des autres.

Bodacious Space Pirates : Cool !

Des vaisseaux spatiaux ! Des filles qui pilotent des vaisseaux spatiaux ! Des pirates ! Des costumes de pirate old school ! J’aime bien ces histoires de guerres du ciel. Je n’ai jamais compris l’attrait des animes mecha (le côté synchronisation avec la machine et la solitude des combattants, pas mon truc) mais lorsqu’il s’agit de gérer et de commander un équipage, c’est une autre histoire. J’ai fait partie des enfants qui pensaient que les pirates (de fiction bien entendue) étaient les gens les plus cools de la terre et qui trouvaient que la SF c’était fun. Alors une bande de copines en uniformes qui pilotent des vaisseaux dans l’espace, c’est idéal ! Pour l’instant il ne se passe pas grand chose, mais c’est le genre de show qui va se construire petit à petit et qui réserve le gros de l’action pour plus tard.

Inu X Boku Secret Service : A Dog In Shining Armor

Bon début. Nous découvrons Ririchiyo, une héroïne au passé trouble qui adopte une attitude détachée voire agressive pour donner l’impression aux autres que rien ne peut la toucher. Héritière d’une lignée richissime cette Ojou-sama aux abords de Tsundere est en fait un personnage plus complexe que les prémisses de l’anime ne le laissait prévoir. Elle reste polie, ne tombe pas dans des excès meurtriers envers son chevalier servant (Dieu merci je commence à en avoir assez des héros idiots qui se font tabasser) et s’installe entre elle et son « chien » une sorte de relation maître-esclave au sein de laquelle il n’est pas aisé de distinguer qui a le plus de pouvoir sur l’autre. Ririchiyo vient de déménager dans une résidence un peu particulière aux hôtes étranges, et toute la première partie de l’épisode peut déconcerter. La résidence est quasiment vide, cette histoire de « Secret Service » ne semble avoir ni queue ni tête, pas plus que cet homme suspect qui débarque sans crier gare pour se mettre au service de Ririchiyo, contre l’avis de la jeune fille. Ce n’est qu’à partir des dernières scènes que l’on commence à comprendre ce qui se trame, et notre curiosité est piquée.

L’animation est fluide et agréable à regarder sans être particulièrement sublime ni originale. Les décors manquent un peu de profondeur, mais cela renforce l’impression de solitude et d’étouffement qui entoure les habitants du bâtiment. Elément intéressant, ils ont choisi de développer un fanservice « double-face » moins lourd que d’habitude (pour les garçons et pour les filles), et l’anime se concentre aussi bien sur ses bishonen scintillants que sur son héroïne un brin moe. Le manga à l’origine du scénario n’étant pas encore terminé, nous risquons encore une fausse fin du genre « et ils continuèrent à vaquer à leurs occupations quotidiennes dans la joie et la bonne humeur » mais pour l’instant j’ai envie de laisser sa chance à l’anime pour encore au moins un épisode, histoire de voir si ce qu’il nous reste à découvrir de l’identité réelle des personnages et des enjeux de leur lutte vaut le coup. Si l’anime prend le chemin de l’excellente surprise qu’était Otoume Youkai Zakuro (un peu dans le même genre), je serai satisfaite.

Daily Lives of High School Boys : Virgin Power

En ce moment c’est la mode de reprendre le genre des animes comiques centrés autour de la vie de tout les jours de jeunes filles en l’adaptant avec des personnages masculins. En 2011 ils avaient commencé avec Kimi To Boku, mais les critiques n’étaient pas très engageantes, les personnages avaient l’air insupportables et surtout il s’agissait de garçons qui se comportaient plutôt comme des filles (l’un d’entre eux pouvait même passer pour une fille). A mon grand soulagement il s’agit bien ici de trois garçons qui ont des préoccupations basiques pour leur âge et leur sexe, avec en plus ce grain de folie indispensable à la réussite d’une bonne comédie loufoque.

Le format par « vignettes » ou mini-sketchs si vous préférez n’est pas aisé à maîtriser. Contrairement à un épisode standard qui a tout le temps pour la construction d’une introduction, d’un climax et d’une résolution, il exige de repartir à zéro à de nombreuses reprises. Il y aura forcément des sketchs qui seront moins réussis que d’autres, certains plus drôles, d’autres plus obscurs. Il s’agit de maintenir une qualité constante et une certaine cohérence, souvent dans le but de faire ultérieurement des allusions à un gag précédent. Pour ce qui est du pilote le bilan est plus que positif, et je n’ai compté qu’un seul sketch plus prévisible et conventionnel que les autres, en dessous de la moyenne générale. Le second épisode était moins réussi, mais comprenait tout de même quelques morceaux de bravoure mémorables. Daily Lives…n’est pas aussi bon que Nichijou, mais il ne joue pas vraiment dans la même cour (on lorgne plus du côté de la parodie et du comique de situation que vers l’absurde) et sait imposer rapidement ses personnages et les rendre attachants. Pour un anime de ce genre, c’est l’essentiel.

Ano Natsu De Matteru : Attendez…j’ai déjà vu ça quelque part…

J’avais beaucoup d’espoirs sur celui-là, étant donné qu’il est réalisé et écrit par des gens qui  ont bossé sur Toradora et AnoHana. Mais c’est aussi une nouvelle adaptation d’Onegai Teacher, et…le coup de la fille superbe et mystérieuse tombée du ciel (ou d’un ordinateur…vous avez compris l’idée) a tendance à me faire fuir. Oh ! My Goddess, Video Girl Ai, DearS…rien à faire, j’ai toujours l’impression désagréable que l’auteur de ce genre de fiction estime que la fille parfaite ne peut pas être de ce monde. C’est une déesse, ou un alien, ou un cyborg…et ça m’énerve. Et Ano Natsu a beau être très bien réalisé, je ne suis pas d’humeur à regarder un anime qui se déroule en plein été alors qu’il fait moins de zéro dehors. Bref, je passe.

Senki Zesshou Symphogear : Wait, what ?

Le synopsis de Symphogear ne m’intéressait pas vraiment (j’ai tendance à éviter comme la peste les animes qui prennent comme personnages principaux des ados qui combattent en armure, mecha ou pas). Mais personne n’attendait celui-là au tournant et il a finit par créer tout de même l’évènement. Je l’avais discrédité rapidement après la lecture de l’avis de Psgels. J’ai découvert son site Star Crossed Anime l’année dernière, et j’ai été impressionnée de lire dans un style élégant des avis éclairés qui rejoignent ma propre pensée la plupart du temps. Comme je n’ai pas le temps de partir moi-même explorer les dernières sorties pour dégager le meilleur de la masse qui sort de front chaque saison, je me fie souvent à son opinion pour me décider. Mais d’un autre côté Symphogear était tellement monté aux nues par les commentateurs et d’autres sites (même les traducteurs inscrivait « watch now » sous le pilote) que je me suis dit que ce serait dommage de ne pas l’essayer moi-même.

Je comprend pourquoi Symphogear a fait tant de bruit. D’abord l’anime a pris tout le monde de court en tuant dès les premières scènes l’un des personnages principaux. Ensuite, c’est le retour d’un style typique des années 80 : les filles chantent en combattant (d’ailleurs il y a tout une métaphore autour du son : les ennemis sont appelés « le bruit », les filles sont à la fois des idoles et les combattantes d’une force spéciale secrète…), elles ont des séquences de transformation très kitsch, des noms d’attaque flamboyants (pluie de larmes ou quelque chose comme ça…), les couleurs installent une ambiance électro, idem pour les arrangements sonores. En bonus le yuri annoncé est bien présent, et il a ses adeptes.

Je l’admet, pendant les scènes les plus impressionnantes du concert et des combats, j’étais fascinée. Le studio d’animation est une branche de Satelight, le studio responsable des Macross et de Shugo Chara (l’anime qui m’a donnée envie de m’y remettre il y a quelques années) et le character design est supervisé par Thomas Romain, le réalisateur de Code Lyoko. Gros point en plus : le superviseur des scènes d’action est un pro du genre, ce qui explique pourquoi elles sont aussi réussies. Le hic c’est que si on met de côté les scènes d’action, tout me pose problème. C’est parti pour le listing.

1. Le design des filles. Leurs tenues de scène ? J’ai l’impression d’avoir des sous Precure. Les tenues de combat ? Pas mal, mais rien de nouveau. J’ai l’impression qu’ils utilisent un peu trop la référence nostalgique pour justifier le manque d’originalité. Et ça continue comme ça pour le reste des décors, etc.

2. La musique. Les Zwei Wing sont supposées être des stars de renommée internationales, capables de combler un stade immense de fans pour un concert. Je l’admet Nana Mizuki a une jolie voix, mais rien d’intersidéral ni de futuriste (ça ressemble à n’importe quel tube de Jpop contemporain) et ne parlons même pas de l’insert song d’Hibiki (affreusement aiguë). Chanter pendant les combats c’est sympa, mais ça a déjà été fait, et mieux que ça.

3. Le scénario. WOW. Juste…wow. Regarder les deux premiers épisodes était une lutte permanente entre mon cerveau et…mes yeux ? Bref, une partie de moi pensait « Kyaaa zolies couleurs action badass transformations chansons aliens destin trop coooooool » et l’autre « wait, what ? attendez là qu’est ce que vous essayez de me faire croire ?! Le script a plus de trous scénaristiques que du gruyère ! » Je pourrais faire une sous-catégorie pour énumérer toutes les incohérences du scénario, mais je vais me limiter à un seul exemple : la technologie de l’armée locale n’a pas évoluée depuis…aujourd’hui ? Imaginez nos armées en train d’essayer de combattre des aliens avec des armes classiques, constater que ça n’a aucun effet sur eux, et CONTINUER A LES ATTAQUER AVEC LES MÊMES ARMES INUTILES PENDANT DES ANNÉES. Super, comme ça vous gaspillez soigneusement l’argent de l’Etat pour financer une armée qui ne sert à RIEN et vous continuez à envoyer vos effectifs vers une mort certaine sans arrières-pensées. OK. J’avais déjà lu les critiques du scénario dans l’article de Psgels et dans les commentaires, mais cette incohérence est celle qui m’a fait définitivement décrocher. Et encore, ce n’est pas la plus énorme ni la plus révoltante. Au final je reconnaît que le concept est bien pensé et le résultat agréable à regarder, mais à un moment donné mon cerveau a repris le dessus et a crié grâce.

Résultat des courses : cette saison n’a pas vraiment d’anime qui se détache du lot, si on met de côté les suites (Nastume Yujinchou 4, TOMH 2).

Pour que vous sachiez ce que je met de côté instantanément : Je ne regarde pas d’harem comedy à moins d’entendre dire qu’il faut absolument y jeter un œil, pas de mecha, pas d’horreur (petite nature parano inside), pas de sport (eurk), pas d’adaptations des mangas de Shonen Jump, et…c’est tout, ce qui exclue généralement la moitié si ce n’est les trois quart des sorties saisonnières. Ça me laisse les comédies pures, les adaptations de shojos/joseis (mais elles sont tellement rares et souvent tellement décevantes que ça ne compte pas beaucoup), l’historique, toute la SF et Fantasy sans mecha et sans harem (pas évident à trouver), les magicals girls, les romances et le slice-of-life. Et les œuvres originales, quand il y en a. Pour l’hiver 2012 je sélectionne Tantei Opera Milky Holmes 2 (trop drôle pour passer à côté), Inu X Boku SS (bishos ! super pouvoirs !), Daily Lives of High School Boys (j’adore les bonnes adaptations de mangas humoristiques) et Bodacious Space Pirates. Le bilan 2011 arrive bientôt !

3 réflexions sur “Quelques premières impressions sur les animes d’hiver 2012

  1. Bodacious Space Pirates : je n’ai jamais été espace mais l’anime est l’un des rares de cette saison dont les personnages ne m’énervent pas et pour lequel je sens un certain potentiel (cela dit, je n’ai vu que le premier ép. pour l’instant). Toujours est-il que c’est sympathique à regarder, sans toutefois être transcendant.

    Inu x Boku SS : déjà, je n’aime pas les relations dominant-dominé mais en plus le mec et ses déclarations guimauves sont à g*rber ! Bref, je n’ai vraiment pas aimé.

    Daily Lives : le dernier anime qu’il me reste à découvrir. J’en entend beaucoup de bien, ce qui me rend d’autant plus curieuse.

    Ano Natsu : Enfin quelqu’un qui trouve également étrange l’idée de diffuser un anime estival en plein hiver ! >.< Sinon, j'ai l'impression d'assister à un remake d'Onegai Teacher. Je l'apprécie davantage que ce dernier (devant lequel je me suis royalement ennuyée) mais pas assez pour le continuer. Le devenir des personnages me laissent de marbre et puis, bon, l'histoire, on la connaît d'avance.

    Symphogear : même si c'est pour moi un des animes de cette saison et que je prends beaucoup de plaisir à le suivre, je ne peux moi non plus pas faire l'impasse sur certains défauts. On est d'accord, l'O.S.T., surtout pour une intrigue qui se base sur le son, n'est pas terrible et Hibiki auraient dû naître muette (mes oreilles ont saigné quand elle s'est mise à chanter à l'épisode 2). Pour ce qui est des militaires qui tirent sur les Noises avec des armes classiques, c'est très con, mais malheureusement, "normal" (même chose dans Rinne No Lagrange). J'avoue que la transition entre le pilote et l'ép. 2 m'a quelque peu déçue, je pensais qu'ils iraient plus loin dans leur idée. Idem, je n'ai rien compris à leurs explications. L'héroïne non plus donc j'ai le secret espoir qu'on en aura de nouveau une plus tard. De plus, on ne sait toujours pas ce que sont les Noises, ce qui est un peu embêtant pour le télespectateur, même si j'ai conscience qu'une explication aurait été étrange étant donné que tous les personnages dans la série le savent déjà. Par contre, curiosité oblige : quelles sont les autres incohérences que tu as décelées ? Rien ne m'a particulièrement frappée et pourtant, je suis très ferme là-dessus, du coup, ça m'étonne un peu.

    Un anime très original – et très court puisqu'il ne fait que 3/6 épisodes (tout dépend de la façon dont on le découpe) -, et qui a rejoint (voire doublé) Symphogear à mes yeux cette saison, c'est Thermae Romae. C'est complètement barré mais ce que c'est bon ! J'ai enfin trouvé une comédie parmi les sorties de cet hiver qui me fasse rire (les autres n'étaient même pas parvenus à me faire sourire).

    • Ano Natsu : Qui a pensé que c’était une bonne idée de le diffuser en plein hiver ? Le bruit des cigales, les gens en uniformes d’été m’ont fait fuir. En ce moment si je regarde du slice-of-life je veux de la neige, des chocolats chauds et des doudounes >_<

      Symphogear : La plupart des incohérences sont discutables et ont peu essayer de les expliquer, mais j'avoue que je suis assez perturbée par cette histoire de secret des combats. Pourquoi faire signer aux gens des contrats pour obtenir leur silence ? Ça me rappelle les Transformers de Michael Bay où on nous dit que l'"Etat garde le secret" à propos des combats de robots immenses en pleine ville. Garder un tel secret alors que notre société actuelle est dominée par les médias sociaux paraît inconcevable, et en plus dans le futur pour Symphogear, avec de moyens probablement encore plus développés ! Sans compter qu'il est difficile de comprendre l'intérêt de continuer à faire croire aux gens que la situation est sans issue (rien de pire pour provoquer une panique générale, mais l'anime ne semble tenir aucun compte des sentiments de persos secondaires). Sinon il y a des polémiques autour du concert (pourquoi réunir autant de fans sans défense dans un stade alors que les filles sont les seules capables de combattre les aliens et qu'ils ont à proximité quelque chose qui semble les attirer ?) et du comportement des personnages (Kanade et Tsubasa ne cillent pas lorsque des milliers de gens sont tués sous leurs yeux, et lorsque Hibiki est touchée ça fait un drame, digne d'un sacrifice). Il y a aussi la question des aliens qui attaquent avec une vitesses déconcertante les figurants, mais qui ralentissent dès qu'un personnage doit prononcer un discours ou prendre une décision.
      En fait j'ai l'impression que Symphogear réunit tous les défauts de ce genre de fiction apocalyptique, et après tout dépend de notre tolérance =)

  2. « Qui a pensé que c’était une bonne idée de le diffuser en plein hiver ? » Pas mal de personne à en croire les forums. Personnellement, je trouve ça hors saison (un peu comme si je regardais un Winter Sonata en plein mois d’août). Moi aussi, je veux de la neige, du chocolat chaud et des doudounes ! >.<

    Pour Symphogear, j'y ai beaucoup pensé. Tout dépend des explications qu'ils donneront par la suite. Soit on en a qui sont en béton armé et qui rend le tout cohérent et dans ce cas, les quelques défauts seront acceptables (sans pour autant faire de Symphogear un anime parfait), soit on n'en a pas (de solides) et dans ce cas, cet anime aura été un énorme gâchis, car possédant un immense potentiel mal traité. Tout dépendra de la fin. Dans tous les cas, pour le moment, ça se suit bien (il faut dire que l'attente de réponses y jouent pour beaucoup).

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