Wild Romance : Premières Impressions

Si j’étais restée sur l’impression que m’avait laissée le pilote, cet article aurait été largement positif et même élogieux. Malheureusement d’après ce que j’ai vu de la suite Wild Romance est l’un de ces soufflés qui retombent mollement aussi vite qu’ils avaient gonflés, et les faiblesses de son scénario sont accentués par trop de facteurs aggravants pour sauver ce qui aurait pu être sauvé.

Park Mu Yul (Lee Dong Wook) est en apparence un joueur de baseball talentueux, populaire, à la fois bel homme et propre sur lui. En tant que batteur prodige des Red Dreamers il est courtisé de toutes parts et sa véritable personnalité (c’est un fanfaron de première, méprisant et peu courtois) est soigneusement dissimulée derrière des sourires charmeurs. Mais un jour sa réputation est menacée par une vidéo qui filtre sur le net : une jeune femme le plaque au sol par une prise de judo bien sentie. Il s’agit d’Eun Jae (Lee Shi Young), garde du corps et supporter (à la limite du militantisme, voire même du sectarisme) des Blue Seagulls, l’équipe adverse des Red Dreamers.

Aux origines du problème : un soir de beuverie au Norebang (karaoke) du quartier elle croise Mu Yul, la tension monte et la déculottée que se prend le joueur le laisse lui et son manager (Kang Dong Ho) dans une situation difficile. Mais le patron d’En Jae réalise que si le métier de son employée est révélé, sa boîte déjà peu vaillante fera faillite. Les deux camps décident d’un compromis : Ils font croire à la presse que Mu Yul a reçu des lettres de menace et a embauché Eun Jae comme garde du corps, ce qui explique pourquoi elle lui donnait des « leçons d’auto-défense » prises par inadvertance en vidéo.  Les deux ennemis commencent à travailler ensemble en enchaînant coup bas sur coup bas et pique sur pique, mais bientôt le manager se rend compte que Mu Yul fait l’objet de menaces bien réelles, et Eun Jae va devoir prendre son job au sérieux.

Après la fin du pilote, j’y croyais vraiment. La partie introductive était maladroite et la sauce ne prenait pas, mais petit à petit l’animosité entre les deux ennemis monte de plus en plus jusqu’à des scènes proprement hilarantes qui m’ont laissé entrevoir une excellente comédie. J’ai lancé la suite dès que j’ai pu, et la déception a été amère. Toutes les faiblesses du pilote sont exacerbées, sans que ses qualités continuent d’être exploitées.

D’abord, cette histoire de rivalité stupide donne lieu à des scènes vraiment inégales. Par exemple la seconde partie du pilote nous concocte une course à pied à se rouler par terre, et pas mal de coups bas et de mauvaise foi réjouissants. Mais lorsque les choses commencent vraiment à dégénérer, cette lutte complètement vaine devient plus fatigante qu’autre chose. Lorsque c’est à qui aura le dernier mot ou prouvera sa supériorité l’humour fonctionne, mais lorsque cela tourne à qui humiliera l’autre en public, il tourne au vinaigre. Finalement la situation mène au cauchemar pour la jeune femme qui se retrouve dans une situation d’infériorité (c’est elle qui est à son service et non l’inverse) et si ses blagues à elles ne sont pas toujours de très bon goût, le « héros » tourne trop souvent au tortionnaire pour qu’on puisse tout de même adhérer à son camp. C’est un pari difficile de réussir à rendre sympathiques deux personnages qui passent leur temps à en découdre, et d’avoir terminé Can’t Lose récemment, une comédie romantique qui justement réussit parfaitement à maintenir l’équilibre jusqu’au bout sans tomber dans les excès embarrassants de Wild Romance ne m’aide pas à apprécier ce dernier.

Les aspects plus graves de l’intrigue ne donnent pas plus envie de s’investir pour le drama. Les histoires de rivalités professionnelles et sentimentales se profilent déjà comme un vivier de prétextes faciles au développement amoureux du couple principal. Nous avons un futur couple qui passe son temps a se battre (toute la première partie du drama se profile déjà à travers cette animosité), une histoire de sabotage, un journaliste fouineur, des blessures secrètes cent fois exploitées, des jeux de jalousie entre amis, une rivale mystérieuse, bref, les développements ultérieurs sont TRES prévisibles. J’ai vraiment l’impression de me retrouver avec un autre Me Too Flower sur les bras, c’est-à-dire une comédie potentiellement déjantée mais mal réalisée qui va virer très rapidement au vinaigre dès que ses fondations instables vont commencer à flancher.

Casting : B – Lee Shi Young porte le drama tant bien que mal sur ses frêles épaules, mais avec un personnage aussi univoque elle n’a pas vraiment l’occasion de faire dans la délicatesse. Lee Dong Wook n’est pas exactement mauvais, mais je ne sais pas qui a pensé que c’était une bonne idée d’engager Mr yeux de chien battu/poisson mort pour jouer ce rôle de batteur (supposé) caractériel et imbu de lui-même. Lorsqu’il se pousse un peu l’acteur parvient à sortir de sa léthargie chronique et à nous vendre du mieux qu’il peut son personnage, mais dès qu’il se relâche nous avons encore une fois l’impression d’avoir affaire à un ronchon mal réveillé qui a sérieusement besoin de café. Il marmonne son texte, et bientôt Park Mu Yul perd en crédibilité. Kang Dong Ho est encore plus atone. Pour le coup je ne pense pas que ce newbie soit à blamer, le rôle est désespérément plat et (comme le fait remarquer la d’Eun Jae) il ressemble à un robot. Je n’ai même pas envie de parler des excellent comédiens que sont Lee Won Jong et Oh Man Seok, ils n’en sont pas à un point de leur carrière où ils ont besoin d’une comédie romantique pour prouver quoi que ce soit.

Scénario : C Franchement pour l’instant aucune comédie de Park Yun Su ne m’avait déçue, que ce soit My Tutor Friend, Miss Kim Makes One Million ou Evasive Inquery Agency. Mais j’ai été très agacée par ses tentatives de thriller (White Christmas, Into The White Night) que j’ai trouvé prétentieux et sans âme, et maintenant Wild Romance touche à beaucoup de choses qui m’insupportent comme cette ridicule agressivité des supporters d’équipes rivales qui est présentée ici sans beaucoup de questionnement intelligent et le fait que l’on puisse se comporter ainsi envers une femme (même garde du corps et garçon manqué et insolente et agressive) ne me met pas exactement de bonne humeur, d’autant plus que Lee Shi Young n’a pas vraiment la carrure pour supporter ce traiement. Non, voir une jeune fille aussi frêle balancée en plein mois de janvier en pleine campagne, coincée en hauteur dans la fenêtre minuscule d’une baraque en bois branlante ou exposée dans une robe ridicule et trop légère pour la saison ne me fait pas rire. J’ai mes limites. Où est l’originalité promise, où sont les twists imprévus ? Je les cherche encore. Les personnages sont beaucoup trop caricaturés pour être attachants (même ceux qui ne surjouent pas !) et pour achever le tout, j’ai trouvé des grosses incohérences dans le scénario.

Réalisation : C – Si il y a un élément qui coule encore plus le drama, c’est bien sa réalisation. Pourtant son PD (Producteur/Directeur) n’en est pas à son premier essai, mais c’est clair qu’il est beaucoup plus à l’aise avec le mélodrame (My Rosy Life, Women in the Sun) qu’avec la comédie (son premier essai Single Dad is In Love n’a pas fait grand bruit). C’est évident qu’il n’a pas beaucoup de sens du timing indispensable pour faire fonctionner les gags mis en scène. La toute première scène du drama est même insupportable, avec des bruitages inutiles type cartoon qui polluent l’espace sonore, et même s’ils sont moins présents par la suite on les retrouve tout de même lorsque la comédie pointe son nez. La musique est redondante (voire même hors-sujet), la mise en scène maladroite accentue des passages sans intérêt, la direction d’acteur est très inégale. Visiblement le PD n’a pas compris que les dialogues de Park Yun Su n’ont pas besoin d’être surjoués pour fonctionner. Le montage est tellement mauvais qu’on peut repérer les scènes tournées spécialement pour la bande-annonce, et l’ensemble manque cruellement de cohésion narrative à cause des transitions brutales.

Bilan : Bad Kimchi Je ne sais pas ce que ça donnera sur le long terme, mais j’ai trouvé le second épisode tellement mauvais et irritant que je ne nourris pas beaucoup d’espoirs pour la suite. La seconde partie du pilote m’avait fait pleurer de rire, mais malheureusement je me suis ennuyée ferme devant le second et les diverses intrigues parallèles ont éteint mes espoirs de voir un showdown digne de ce nom entre les héros. Les indices sur la suite indiquent que c’est elle qui va tomber amoureuse rapidos de Mr goujat en premier (à confirmer), et rien ne pouvait mieux me dissuader de poursuivre. Même si sur le papier ça sonne bien, ça se dégonfle rapidement à l’écran et les quelques étincelles qui auraient pu faire de Wild Romance une sympathique comédie s’épuisent rapidement. En fait le scénario basique nécessitait vraiment une excellente réalisation pour sortir de la norme, et en l’occurrence celle que nous avons achève d’enfoncer le drama dans le piège du conformisme. Je ne renonce pas totalement à regarder ce drama et je lui laisserai peut-être une autre chance si la suite se révèle meilleure, mais pour l’instant le second épisode m’a tellement irritée que j’ai besoin de prendre mes distances.

18 réflexions sur “Wild Romance : Premières Impressions

  1. Aïe. Et moi qui ait abandonné Salaryman et qui espérait que Wild Romance remonterait la barre, tes premières impressions me font craindre le pire. Vu l’horreur que ça a l’air d’être (non, pas des incohérences ! Pitié ! >.<), je risque fort de le tenter demain pour l'abandonner au plus vite si c'est aussi mauvais que tu le dis. Cela risque même d'arriver très rapide, j'ai horreur des scènes d'humiliation.

      • Hello =)
        Je ne pense pas qu’on rate grand chose en faisant l’impasse sur celui-là. Si les choses en étaient restées à cette montée en puissance de la mauvaise foi obstinée des persos j’aurais continué, mais quand c’est Lee Shi Young qui a du baisser la tête la première j’ai commencé à tiquer, et à partir de là c’est allé de mal en pis. Merci pour ton commentaire ^^

  2. Ce drama ne me tentait déjà guère, je crois que ta critique vient de l’enterrer définitivement ! En plus des maladresses d’écriture, certains thèmes ne me tentent vraiment (notamment les humiliations). Bref, ce sera donc sans moi. En tout cas merci d’avoir testé pour nous ce drama ! ;)

    • Merci pour ton commentaire Livia ^^
      Vraiment je ne m’y attendais pas de la part de cette scénariste. D’habitude elle parvient à trouver le juste équilibre, mais là…à vrai dire j’avoue ne pas bien me rendre compte de l’influence néfaste que peut avoir une telle réalisation « tiens-dans-ta-face », et peut-être que ça aurait donné quelque chose de complètement différent avec un autre. En même temps j’ai trouvé trop d’éléments d’écriture impardonnables. Je garde un œil sur ce que les autres disent de la suite, mais pour l’instant ça m’étonne d’être la seule à avoir tiré la sonnette d’alarme au sujet du traitement qu’endure l’héroïne.

  3. Comme Salaryman, j’aurai tenu jusqu’à l’épisode 4 (non compris). Ce fut l’ennui total.

    Je ne sais pas si c’est moi qui ne suis pas dans une période pro-comédie mais à aucun moment je n’ai ri ou même souri. Comme tu le soulignes, l’histoire est cousue de fil blanc (et ils font sans cesse un foin pour pas grand chose, il suffit de voir ce qui fait démarrer l’intrigue), on ne croit pas à un seul moment au trip que se fait l’héroïne sur le couple d’amis, les personnages sont enfermés dans leur caricature et peu attachants (en fait, je n’en apprécie réellement aucun), voire extrémistes dans leurs comportements (les supporters sont graves ; limite, ils ne vivent que pour ça. Atterrant)… L’héroïne, comme tu l’as dit, s’écrase trop facilement. Il aurait fallu les mettre sur le même pied d’égalité (que « Lee Dong Wook » craigne un tant soit peu les menaces qu’il reçoit) pour que cela devienne intéressant.

    Contrairement à toi, je trouve que ce dernier se débrouille bien dans son rôle. C’est la première fois que je vois jouer Lee Si Young et elle s’en sort très bien (certes, elle surjoue, mais c’est son rôle qui veut ça). Néanmoins, comme toi, je trouve ça vraiment rude de la part du réalisateur (et du scénariste ?) de lui avoir fait porter une telle robe en cette saison. On voit qu’elle ne peut s’empêcher de renifler et qu’elle se choppe en direct un bon rhume (si ce n’est plus). C’est inhumain.

    L’O.S.T. ne m’a absolument pas marqué donc je passe. Pour ce qui est de la réalisation, elle me rappelle celle que l’on peut parfois voir dans les dramas taïwanais, aussi n’ai-je pas été choquée. Cela reste de bonne facture sans non plus être parfait.

    Bref, bye bye Wild Romance ! Il ne me reste plus qu’à tenter Take Care Of Us, Captain et The Moon That Embraces The Sun (en espérant qu’ils s’avéront plus intéressant).

  4. Ton article tombe vraiment bien. Je suis en mode « traductrice » pour Moon/Sun et je n’ai pas le temps ou l’envie de regarder un autre drama en parallèle. Je me demandais justement si j’allais stocker Wild Romance sur mon disque dur pour pouvoir le regarder plus tard. J’étais pas très chaude au départ mais j’avais vu de bonnes critiques sur le pilote. Heureusement que tu es là pour nous raconter « l’après ».

    Au revoir WR donc. Peut-être que Salaryman ou Brain me tenteront plus (je récupère les sous-titres de Bain sur With S2 au cas où)..

    Tu as pu jeter un oeil à Moon/Sun?

  5. Tu as terminé tes examens et moi je les commence ! Alors juste un petit mot rapide concernant WR qui ne m’a pas non plus fait très bonne impression malgré Lee Shi Young que je n’arrive pas à ne pas aimer (même si la liste de ses mauvais dramas s’allonge de plus en plus à mon goût!).
    Par contre, je me garde en réserve, pour après mes exams, Salaryman et MoonSun (dont j’ai adoré chacun des 4 premiers épisodes) !

    • Bon courage pour tes examens Luci8le !

      Ça m’embête de voir Lee Shi Young enchaîner les mauvais dramas en effet, surtout que son implication physique est particulièrement poussée (les cheveux, les vêtements, les situations qu’ont lui fait jouer…). J’espère qu’elle saura en tirer le leçons nécessaires et rebondira rapidement.

  6. Moi aussi j’ai été un peu déçue par ce drama, j’attendais pas quand chose donc d’un côté c’est pas la grande déception, enfin j’avais envie de regarder une bonne comédie, mais c’est raté…

    Il y a quelques éléments qui font sourire, mais ils les allongent et au final ça devient plat…
    La musique est horriblement choisit et les bruitages horribles.
    Enfin bref je sens que ce drama va me libérer de la place sur mon disque dur pour Moon/sun ui j’espère sera bien!

    • Yop !

      Moi aussi j’étais pile poil d’humeur pour regarder une comédie, et paf ! comme tu dis ils rallongent tellement les scènes qu’elles s’épuisent. Je crois que la première scène qui m’a vraiment agacée était celle de la baraque en bois. Il ne s’y passe rien d’intéressant, aucun avancement, aucune ambiguïté, niet nada. Et ce n’est pas la seule scène pas drôle qui ne va nulle part en plus.

  7. AHHHHHH!
    Qu’est ce que vous avez tous ou c’est moi qui perd toute raison?
    J’avoue que quand j’ai commencé alone in love et eia,je n’ai pas accroché tout de suite ,j’ai dû attendre au moins 5 ou 6 épisodes et aujourd’hui ils sont dans mon top 5.
    Pour WR,je crois que l’histoire et les perso sont plus complexes qu’ils en ont l’air .Déjà,c’est étrange que Yoo Mul n’ait pas peur du fou qui le harcèle .Je me demande pourquoi.
    Son ex n’a pas encore fait surface,ça va rajouter de la profondeur au perso et dans le dernier épisode où a perdu son collier ,j’ai bien aimé la scène finale car pour une fois j’ai compati pour lui.C’est sûr qu’il y a du sur-jeu de la part de Lee Si Young mais rien qui d’insupportable et dans son perso aussi y’a du potentiel car on a fait qu’effleurer l’histoire de sa famille,sa mère semble les avoir abandonner ,en tout cas,elle est partie .Et peut être que la passion familiale pour l’équipe de baseball vient de là .La première semaine ,le père m’avait saoulé mais après on le voit différemment
    J’aime aussi l’histoire du second couple ,ça me rappelle un peu alone in love, un sujet ordinaire mais réaliste ce qui est rare dans les dramas .
    Si j’ai une critique à faire ,c’est le manager qui comme toi m’ennuie.

    • Oho, je commençais justement à me dire que c’était curieux ce consensus, je suis contente de lire un contrepoint !
      En fait j’ai un seuil de tolérance pour la goujaterie, et lorsqu’elle dépasse la bornes le livre/drama/film/etc me tombe des mains. Wild Romance l’a dépassé.

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