Man of Honor : Premières Impressions

Yoo Jae In a trois vœux : rencontrer sa famille, devenir une excellente infirmière et trouver l’homme de sa vie. A Kdrama-land, tout est possible…

Pour les stéréotypes, que vous les ayez demandés ou pas, vous êtes servis : Young Gwang, le fils du chauffeur de taxi, est amoureux de la fille du patron de son père (et là j’ai des flashbacks de Smile, You ! qui me reviennent), son rival In Woo n’est autre que le fils de l’homme qui cause la mort du grand patron (le père de Jae In) et qui profite de l’occasion pour s’emparer de l’entreprise en faisant « disparaître » Jae In dans un orphelinat (et là j’ai des flashbacks de Can You Hear My Heart), et son père qui conduisait la Voiture Fatale couvre les méfaits de ce dernier en échange d’espèces sonnantes et trébuchantes (et là j’ai des flashbacks de…vous avez compris l’idée). Jae In devenue infirmière dans l’hôpital tenu par le père d’In Woo soigne Young Gwang. Les deux jeunes hommes devenus joueurs de baseball pour des équipes…importantes (pardonnez mon ignorance en matière sportive) se blessent en même temps, sont hospitalisés à ce même hôpital et leur infirmière est, vous l’avez deviné, Yoon Jae In !

Le fil du destin des trois jeunes gens est tellement entremêlé dans tous les sens qu’il devient difficile de tenir le compte : ton père a contribué à la mort de mon père, le tiens l’a aidé à couvrir le crime, ma mère est dans le coma indirectement à cause de ton père, le tien m’a abandonné dans un orphelinat mais m’a quand même laissé mon nom pour que je puisse retrouver qui je suis par la suite, je prend ton père pour mon père et je te prend pour mon frère. A.U.S.E.C.O.U.R.S. Et puis il y a le baseball. Le sourire de Chun Jung Myung. Des enfants qui jouent avec une sincérité désarmante des scènes qui touchent juste, même si on les a déjà vues une centaine de fois. Le sourire de Park Min Young. La clé magique de grand-père la bonne fée. La sauce prend, et dès les premières scènes j’ai eu envie d’en voir plus. La fin des épisodes arrive presque trop tôt, et je me suis surprise à guetter toute la semaine, plusieurs fois par jour les avancement de la traduction pour le second épisode. Même topo en ce moment pour la suite. Ça promet…

J’ai été très contente de voir ma principale attente comblée : oui, Man Of Honor (un jeu de mot puisque « Honor » se dit « Jae In ») est bien centré autour de l’histoire de Yoon Jae In/Park Min Young. J’ai eu peur que ce ne soit qu’un prétexte illusoire derrière lequel ils mettraient en place la même histoire que celle de Baker King, mais le héros n’est pas le fils caché d’un chaebol (OUF) et son rival n’est pas son concurrent pour l’Héritage dont il va être question (puisqu’ héritage usurpé il y a). Yoon Jae In est le personnage central autour duquel vers lequel vont converger les désirs, les espoirs, les rancœurs et les regrets. C’est elle aussi qui peut rayonner sur les autres en dispensant ses soins (et de ce point de vue son métier est bien choisi) et en cherchant son identité. Ce sont ses erreurs, ses réussites, ses choix qui seront capitaux pour la suite, et c’est ce que je voulais. Par conséquent le baseball passe un peu au second plan, et j’espère que le sport aura tout de même son importance dans la relation des personnages et dans le scénario en général étant donné la bonne maîtrise de cette dynamique par l’équipe du drama.

Heureusement ils semblent être conscients de l’absurdité de certaines situations, et savent rendre les choses juste un poil trop loufoques pour les rendre plus burlesques que pathétiques. Comme au cours de cette scène d’hôpital, où tous les médecins et les infirmières se précipitent pour soigner In Woo et délaissent complètement Young Gwang. D’autre part en dépit de cette base scénaristique des plus stéréotypées, Man of Honor fonctionne vraiment, vraiment bien. C’est une sorte de version light et pétillante de la recette tragico-nawak que nous connaissons bien, avec son armada de coïncidences incroyables, de vilains pas beaux très riches et très méchants, d’amis d’enfances liés par le Destin, avec en plus des éléments typiques des Kdramas comme le « fauxcest » (cette situation compliquée où le couple principal se croit à tort frère et sœur) et l’héritage usurpé sur fond de luttes des classes. Les scènes chargées d’émotions sont étonnamment très réussies, lorsqu’il ne s’agit pas de capitaliser sur les complots des adultes mais de mettre en valeur les sentiments des jeunes héros.

Je m’attendais à une énième histoire de Cendrillon, et c’est plutôt une exploration moderne des Fées de Grimm : l’héroïne est récompensée lorsqu’elle vient en aide à une fée déguisée en vielle mendiante. Ici Jae In vient en aide sans arrière-pensées à un vieux mendiant, et il lui donne la « clé » de ses rêves : le cadeau de son père. J’avais entendu parler de cet élément magique avant de regarder le second épisode, et il est plutôt discret par rapport au reste. En voyant au début l’herbe scintillante autour de Jae In et le son de clochettes, j’ai cru qu’ils allaient opter pour une magie apparente et effective, mais en réalité cette « magie » est plus suggérée que montrée, et n’est au fond qu’une manière de formaliser ce qui existe déjà dans ce genre de Kdramas : cette idée que quelqu’un file le destin des héros, qui coïncide avec le fait que le spectateur est dans 80% des cas déjà conscient de ce qui arrivera à la fin du drama. C’est une idée intéressante, qui a l’avantage de ne pas nous prendre pour des imbéciles tout en titillant la soif de merveilleux du spectateur. En effet, que venons nous chercher dans ce type d’histoire d’ascension sociale inespérée, de princesse retrouvée et d’amour invincible si ce n’est un peu de merveilleux ?

Réalisation : B + Ils ont choisi de mettre en valeur une jolie palette de couleurs douces en quelque sorte « délavées » : vert mentholé, corail, jaune citron, bleu ciel, rose pâle. C’est inédit, et même si Heartstrings garde le prix du « plaisir pour les yeux » cette année (je l’avais décerné l’année dernière à Sungkyunkwan Scandal) Man of Honor n’a pas grand chose à lui envier sur ce plan. Je pénalise surtout la mise en scène, peu subtile (par exemple les méchants seront forcément pris en contre-plongée lorsqu’ils arrivent quelque part). Un peu d’inventivité n’aurait pas fait de mal au drama, et aurait peut-être pu faire illusion sur les éléments les plus faibles du scénario, à la Bad Guy. Par contre dans le positif on peut mettre l’OST, et en particulier Who you are to me de Hyorin qui prouve que la meilleure chanteuse des SISTAR peut commencer une carrière solo quand elle veut. Suddenly a une concurrente pour meilleure ballade de l’année. La chanson thème est entrainante. Violons il y a, mais ils ne m’ont pas vraiment dérangée.

Casting : A + Pour le coup ils ne se sont pas trompés. Park Min Young est idéale pour ce genre de rôle. Elle n’est pas intimidante, et possède une sorte d’aura à la fois terre-à-terre et radieuse. Depuis ses débuts dans la première sitcom de la licence High Kick, elle n’arrête pas et enchaîne les dramas à succès. Elle a l’habitude de jouer avec des acteurs jeunes et en voie de reconnaissance (Jung Kyung Ho, Mickey Yoo Chun, Baek Sung Hyun, Lee Min Ho) et Chun Jung Myung est son premier partenaire dont la carrière a atteint sa maturité depuis Yang Dong Geun dans I’m Sam. Chun Jung Myung se remet tout juste de son accident intervenu sur le plateau de The Duo, et même s’il n’a jamais vraiment réussi à me convaincre pleinement dans cet excellent sageuk, il en a retenu quelque chose et nous revient avec une pointe de gravité et de maturité qui pimente le jeu de petit garçon boudeur qu’il réserve aux drama trendy. Lee Jang Woo dans le rôle de Seo In Woo (ce nom…je ne m’y ferait jamais) est l’un de ces jeunes talents prometteurs repéré dans des rôles secondaires et dans un drama special (Human Casino) à qui on donne l’opportunité de se faire connaître mieux du grand public, et ses premières scènes augurent du meilleur, en particulier une belle énergie. Du casting vétéran je retiens surtout Son Chang Min (un excellent choix pour le bad guy N°1) et Choi Myung Gil. J’ai été vraiment surprise de la voir dans un rôle de mère de famille du côté des gentils, après l’avoir vue enchaîner des rôles de délicieuse garce depuis un bon moment (non sérieux ? c’est bien elle ? l’épouse machiavélique du vieux roi dans King Geunchogo ? la mégère apprivoisée d’Invincible Lee Pyung Kang ? La vipère de Hateful but once again ? Waaaaaaaa)

Scénario : B – J’ai entendu les pires choses de ce scénariste, à tel point que la simple évocation de son nom dans un projet provoque des frissons d’horreur, mais je sais aussi qu’il a crée le monstre des audiences de l’année dernière, faisant ressurgir le pourcentage devenu mythique des 50% pour son final, un chiffre que même Queen Seon Duk n’avait pas réussi à atteindre en 2009. Réputé pour construire des twists risibles et tirés par les cheveux avec grand sérieux, je n’ai pas tendance à lui faire confiance (je n’ai jamais réussi à continuer Hello God, la suite imprévue de Dal Ja’s Spring a été un fiasco et la réputation de Powerful Opponent parle d’elle-même) mais je sens qu’avec ce réalisateur en particulier avec qui il a crée Baker King les choses peuvent fonctionner. S’ils ont réussi à tirer le meilleur des 30 épisodes de Baker jusqu’au bout, je ne vois pas pourquoi ils ne pourraient pas faire de même avec les 24 de Man of Honor. Pour l’instant c’est en effet très lourd côté pathos et ironie du sort, mais pas à un seul instant je me suis sentie piégée par le script ou contrainte de ressentir les émotions : elles sont venus naturellement. Man of Honor réussit là où Can You Hear My Heart a échoué.

Verdict : Okay Kimchi + Beaucoup de choses font pencher la balance du mauvais côté, mais mettez en jeu le plaisir que le drama procure et elle penche immédiatement de l’autre. L’élément fantastique joue beaucoup et aide à prendre les aspects les plus surréalistes du scénario avec sérénité, point de vue largement aidé par le ton léger et direct des dialogues. Il faut bien sûr être sensible à ce que le drama veut faire passer comme émotions pour se sentir attaché, et Man of Honor est un bon exemple de quitte ou double selon les goûts de chacun. Pour moi c’est déjà scellé depuis les scènes de l’hôpital : Yoon Jae In, j’irai où tu ira !

Who You Are To Me – Svetusikls4 (spoilers)

12 réflexions sur “Man of Honor : Premières Impressions

  1. J’hésite encore à tenter l’aventure. J’avoue que je ne suis pas insensible au charme de Park Min Young, mais un drama sur … le baseball ? Et qui sombre dans le pathos ? Dans le même temps tu sembles apprécier les pointes d’humour, mais est ce que tout cela est suffisamment équilibré pour me plaire ? Je vais probablement attendre d’en savoir plus sur les prochains épisodes, quitte à me laisser happer par un autre drama (je me connais, ça m’arrive trop souvent).

    • « Sombrer dans le pathos » n’est pas vraiment l’expression que j’utiliserai puisque c’est plutôt l’inverse : on part de là pour essayer de s’en sortir. Man of Honor est très addictif et les épisodes se dévorent rapidement. Un bon drama…non. On a des situations impossibles basées sur des malentendus extrêmement frustrants (enfant illégitime, fauxceste WTF ?), et de gros trous dans le scénario. Heureusement les acteurs sont excellents et s’amusent beaucoup à en faire des tonnes, en particulier Song Chang Min. On peut regarder juste pour Park Min Young, elle est vraiment touchante et très très attachante dans son rôle, et le couple qu’elle forme avec Chun Myung Jung est adorable.
      C’est vraiment la dynamique entre eux et Seo In Woo (Lee Sang Woon) qui m’a accrochée. Pour le baseball rassure-toi, pas de détails trop techniques, et rapidement le scénario s’en détache et on va plutôt avoir une compétition entre les deux hommes pour un job dans l’entreprise du père de Jae In. Bref, si tu te sens le courage de subir les malentendus et la frustration vas-y, sinon…non.

  2. Je pense que ce drama n’a rien de très original, c’est vue et revue. Ici ils sont joueurs de baseball, dans un autre ils sont boulangers, ou encore cuisiniers, etc… Enfin de compte il n’y a que les acteurs qui changent ^^. Mais moi je dois dire que j’aprécie ce drama, il bien dosé, dans le sens où c’est pas TROP dramatique, parceque parfois sa peut paraitre lourd.
    C’est cool, t’es article sont vraiment bien fournis, moi aussi j’ai fait le même article, mais moi j’ai vraiment pas la passion de l’écriture pour faire de si long article. ^^

    • Oui c’est aussi ce que je pense. C’est le genre de scénario interchangeable qu’on retrouve un peu partout. Mais comme tu dis c’est bien dosé entre l’humour et le drame, et au final on a un drama vraiment « complet » sans que le côté sombre sois trop lourd. Merci pour ton commentaire ! et en fait c’est vraiment en écrivant et en écrivant encore qu’on s’améliore, au début j’avais vraiment du mal ^^

  3. Je viens de finir ce drama (je ne suis pas un grand adepte j’avoue, je ne finis que ce j’aime …). C’est un bon drama mais avec un gros gros défaut : Chun Jung Myung qui ne m’a pas du tout convaincu (il m’a plus énervé qu’autre chose) sans oublier l’acteur qui joue son père ah la la c’est deux boulets.
    Heureusement le jeu de Park Min Young m’a enthousiasmé (non je n’ai pas regardé City Hunter qui m’a vite saôulé …) du début à la fin. Elle est rayonnante dans ce drama et formidable évidemment !
    C’est un drama à voir mais je ne le range pas la catégorie « à voir absolument ».

    • Hello, merci pour ton commentaire ! j’ai trouvé CJM franchement inégal, mais d’un autre côté son personnage n’a pas été soigné par le scénario. Je ne regrette pas d’ avoir vu ce drama (presque) en entier d’une part parce que c’était fun, d’autre part parce que Park Min Young et Lee Jang Woo valaient le détour. Je garde un excellent souvenir de la première dizaine d’épisodes.

      • Oui inégal est le terme approprié pour décrire la série. J’ai bien accroché à la série (terminée en 4 jours alors que je n’avais pas trop de temps libre XD avec un concert de Metallica au stade de France [mes potes hallucinnent que je puisse autant aimer la Kpop et à l’opposé les concerts de rock (Rammstein, Offspring, Green day, X-Japan, L’arc en ciel, Olivia, Guns n roses …) ]). Je me disais bien que j’avais déjà vu Lee Jang Woo quelque part en chair et en os, en fait oui c’était le présentateur avec Sooyoung à Music Bank Paris ! Comme quoi le monde est plus petit qu’on ne croît et oui il joue très bien dans ce drama (la mère de Yeong Kwang aussi). A voir quand tu verras la fin si tu auras la même impression que moi …

        • Ha Ha oui en effet rock, métal et Kpop ne sont pas a priori des genres musicaux compatibles XD mais pourquoi pas ? Et tu viens de m’apprendre un truc indirectement : Lee Jang Woo fait partie de la SME O_O et c’était lui qui était en couple avec Eun jong quand elle a fait We Got Married ! Ça explique peut-être sa participation au Musik Bank =) Je ne savais pas du tout qu’il venait du show-business, je pensais que c’était un rookie tombé de nulle part mais en fait il a déjà des fans et tout =O

          La mère du héros était jouée par Choi Myung Gil, c’est l’une de mes actrices vétéran(tes ?) préférée, elle est géniale même si le drama est nul, comme c’était la cas pour Invincible Lee Pyung Kang et King Geunchogo.

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