Warrior Baek Dong Su : Premières Impressions

Ce ne sont pas de véritables « premières impressions » puisque j’ai enchaîné rapidement les épisodes, mais j’en suis encore aux balbutiements de l’intrigue principale…alors ça va. Je suis en manque de sageuk depuis la fin de Princess’ Man, et Baek Dong Su s’impose comme une pause récréative avant d’essayer quelque chose de plus sérieux. 

BMK – Hey Buddy (WBDS OST)


Le drama raconte l’histoire du guerrier Baek Dong Su, dans un Joseon alternatif où le célèbre prince Sado a mis en place une véritable armée secrète pour défendre ses intérêts. Dong Su est le fils du bras-droit du prince, exécuté par le roi sous la pression des ennemis intime de Sado : les ministres du clan Noron. Sauvé par un éminent praticien des arts martiaux, Sword Saint, il est par la suite recueilli et élevé par Sa Mo, frère d’arme de son père.

Un autre compagnon de son père est séparé de son fils. Persuadé qu’Un a une destinée sanglante, il fait tout pour le réprimer sans parvenir à lui porter le coup fatal. Plein de rancœur Un finit par suivre Chun, le Sky Lord d’ Heuksa Choron, une guilde d’assassins à la botte des Noron. Le jeune garçon suit l’entrainement des assassins mais ne parvient pas à accomplir la dernière épreuve : tuer l’être qu’il aime le plus, son propre père. L’acte terrible de ce dernier (il s’empale sur l’épée de son fils) lui fait perdre la mémoire sur les évènements et Chun en profite pour le manipuler. Il lui fait croire que son père a été assassiné par des « gens d’en haut » et l’envoie chez Sa Mo pour ensuite infiltrer la troupe des guerriers/gardes du corps de Sado.

Dong Su et Un grandissent ensemble, et deviennent compagnons même si Dong Su ne cesse de le défier. Ils commencent leurs premières missions et croisent Sword Saint, revenu de son exil en Chine. Le vieil ennemi de Chun est rentré au pays, et les blessures du passé ressurgissent alors que le prince Sado est sur le point de mettre en œuvre son plan d’attaque vers l’Empire du Milieu. 

Warrior est une adaptation de Manhwa, et cela se ressent immédiatement. Je ne sais pas pourquoi mais j’avais oublié ce détail et j’ai commencé le drama en pensant commencer quelque chose de très sérieux et de très sombre, mais petit à petit je me suis dit que c’était beaucoup plus…espiègle que ce que je m’étais figuré. Le côté bouffon des sidekicks, l’héroïsme exacerbé, les amitiés viriles, un rythme rapide qui laisse une large place à l’action, les hommes d’arme légendaires, les tons contrastés des couleurs, les guerriers qui se lancent des répliques et des regards pleins de morgue avant de s’affronter, « je veux devenir fort »,  les pétales de cerisier sortis de nulle part qui se mettent à voleter autour des combattants, tout m’était familier et c’est là que je me suis souvenue que c’était l’adaptation Sud-Coréenne de ce que les Japonais appelleraient un shonen, et de ce que j’appelle plus précisément un « shonen de baston ».

Le casting est particulièrement représentatif de cette source bédéesque puisqu’ils ont vraiment choisi  les acteurs au physique et au jeu les plus exotiques pour incarner une galerie de personnages hauts en couleurs. Parfois on pourrait presque voir les grosses onomatopées se dessiner au-dessus de leurs têtes. Même la musique, entre rock et B.O de western s’accorde parfaitement avec cette ambiance. On peut même aller jusqu’à appliquer les trois mots d’ordre du fameux Shonen Jump, « amitié, courage, victoire » sous le titre.

En harmonie avec ces choix esthétiques, Baek Dong Su nous propose une dualité très simple sur le plan scénaristique, heureusement assez bien construite pour ne pas être stérile. Un enfant s’entraîne à devenir une machine à tuer tandis qu’un autre apprend à reconnaître les plantes pour soigner. Ils sont engagés dans la même aventure et pour l’instant dans le même camp, mais l’un a déjà un destin tout tracé dans l’ombre par ceux qui le manipulent tandis que l’autre doit encore trouver sa voie. Symbolisé par les vêtements blancs et noirs de leurs mentors, ce jeu des contraire est intéressant dans la mesure où chacun estime l’autre à la fois comme un ennemi ultime et un partenaire, et la frontière entre les deux camps n’est pas toujours très claire même si les uns protègent et les autres tuent. De plus, le camp des véritables « méchants » à proprement parler n’est pas celui d’Heuksa Chorong, mais plutôt celui des ministres Noron qui complotent contre le prince Sado. J’apprécie également que les rapports entre les membres d’Heuksa Chorong et les membres de la troupe secrète de Sado ne soient pas hermétiques. Ça pimente le jeu…

Après le saut dans le temps, nous découvrons comme d’habitude d’autres acteurs à la place des enfants auxquels nous nous étions attachés. Un a perdu sa férocité mais a gagné en mélancolie : Yoon Seung Ho a donné au personnage plus d’humanité et de douceur, mais a perdu la soif de violence quasi primitive qu’exprimait à merveille son jeune homologue. L’interprétation de Ji Chang Wook est sans aucun doute celle qui se rapproche le plus du jeune acteur qui joue Dong Su enfant : il a compris immédiatement l’essence de son personnage, à ma grande surprise. Je m’attendais à ce que soit lui le point faible du casting, et au contraire il s’impose immédiatement. Qui plus est il a dans les yeux la même lueur d’insolence et d’ambition mélangées qu’avait Yeo Jin Goo.

C’est plus contrasté chez les filles : Shin Hyun Bin a le maintient et le parlé qui manquait à Nam Ji Hyun pour faire honneur au personnage de Ji Sun. Cette jeune actrice est formidable : tout de suite à l’aise dans son premier rôle important, très charismatique. C’est la révélation du drama, et j’espère qu’elle aura d’autres rôles après Warrior. Par contre c’est moins glorieux pour Yoon So Yi. Cette dernière n’est pas vraiment mauvaise actrice, mais je pense qu’elle fait partie de celles et ceux qui n’ont pas leur place sur le plateau d’une reconstitution historique. Elle m’avait surprise et charmée dans Hero, mais je suppose qu’elle a ses limites, et elle est en décalage avec les autres. Ce genre de « miscasting » me fait comprendre qu’un rôle dans un sageuk nécessite en plus de savoir bien jouer une totale immersion dans la psychologie de son personnage. Il faut être capable de se figurer comment pouvait penser, réagir, parler et se maintenir une personne de l’époque, et sans une direction d’acteur pointue et/ou un sérieux travail de la part de l’acteur, son jeu peut tomber soit à côté de la plaque, soit manquer de profondeur comme en l’espèce. Pour l’instant je suis dubitative, mais les choses peuvent encore changer.

Je me souviens que pendant la promotion du drama toute l’attention a été pour Yoon Seung Ho, fort de la réussite de ses deux derniers dramas (God of Study et Flames of Ambition). J’ai eu peur qu’effectivement, avec un rôle supposément plus intéressant parce que plus sombre et une expérience plus valorisante que celle de Ji Chang Wook, Yoon Seung Ho ne vampirise tout l’intérêt du drama qui aurait alors mal porté son nom. Heureusement il en va différemment, et le drama ne s’appelle pas « Warrior Baek Dong Su » pour rien. C’est le personnage central du drama, et nous le suivons de sa naissance à sa maturation. De bébé Dong Su il va falloir faire « Honorable Baek Dong Su » !


Réalisation : A Je n’en suis pas à m’extasier à chaque plan, mais c’est du bon travail, très professionnel et surtout maîtrisé (une qualité qui n’est pas automatiquement au rendez-vous pour certains sageuks qui conservent une maladresse embarrassante). Warrior Baek Dong Su est un drama en parfait accord avec la mode et la technique de son temps. 

Scénario : B + On sent un relâchement dès la fin de la longue période introductive, et j’espère que le rythme soutenu des premiers épisodes va se remettre en place. J’ai entendu des critique négatives sur l’extension, mais j’en parlerai en temps voulu dans mes bilans futurs. 

Casting : B + De Choi Min Soo à Lee Won Jong, le casting vétéran est un pur délice, un rêve d’amateur un peu comme le cercle des politiciens véreux de City Hunter. Le casting des jeunes adultes est loin de la catastrophe OTT dont j’ai eu peur, même si Yoon Seung Ho manque encore de mordant et Yoon So Yi de profondeur de jeu. Ji Chang Wook et Shin Hyun Bin sont exemplaires, et c’est dommage que l’actrice n’ait pas été sélectionnée pour le rôle titre même si son personnage ne manque pas de subtilité et de potentiel.

Verdict : Good Kimchi. WBDS est un pur fusion sageuk, bourré d’énergie et de panache, d’une bonne dose de testostérone, et d’une intrigue politique assez bien écrite pour nous tenir en haleine. Le show bénéficie d’une réalisation racée qui le place immédiatement parmi les plus beaux exemples de son genre. Néanmoins, j’ai peur qu’il ne puisse pas devenir autre chose pour moi que « le drama qui plairait à mon petit frère » en raison de son goût un tantinet trop prononcé pour l’exacerbation des sentiments et des performances physiques. Parfois je regrette que les bad guys soient si bouffons, que les combats soient si esthétisés, que les héros soient si jeunes. Mais je suppose que ça fait partie du charme de Warrior Baek Dong Su. Pour l’instant ça tient la route et je suis plutôt enthousiaste, reste à savoir si le drama saura maintenir jusqu’au bout sa cadence infernale.

Man-ZZang !! le prince Sado n'a jamais été aussi sexy.

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3 réflexions sur “Warrior Baek Dong Su : Premières Impressions

  1. Un bon drama que je viens de finir. Effectivement on sent le côté shounen mais ça ne m’a pas déplu (bcp se sont d’ailleurs amusés à comparer ça à Naruto).
    Au niveau des performances des acteurs par contre, je crois que vous allez devoir revoir votre jugement sur Shin Hyun Bin: plutôt bonne dans les premiers épisodes, son jeu s’étiole complètement par la suite (pas aidée je l’admets par l’écriture de son perso) et honnêtement elle a été pour moi l’un des gros points faibles du casting. Au contraire, Yoo Seung Ho connait une incroyable croissance au fil du drama à tel point qu’on a l’impression qu’il a vraiment pris plusieurs années en l’espace de qqes épisodes: expressions du visage, voix, yeux (cold comme s’il était mort intérieuremt)…son Yeo Woon adulte et torturé est un vrai délice (un peu sadique j’avoue :p) une vraie prouesse quand on pense qu’il n’a que 18 ans, le contact avec Choi Min Su a dû lui être bénéfique . Quant à Ji Chang Wook, du bon travail sur tout le long mais malheureusement son personnage a lui aussi souffert de l’écriture du drama.
    Et c’est là le point faible de WBDS: le scénario qui n’a pas été aidé par l’extension de 5 épisodes et alors une fin qui me donne juste envie de mettre de grandes claques aux scénaristes. Mais bon ça reste un bon drama et j’ai passé un agréable moment en compagnie de tous ces acteurs avec une préférence pour les ‘faux méchants’ (Yeo Woon, Cheon et Ji/Gaok) ainsi que Jinju (Yoon So Yi s’améliore nettement avec le temps), leurs personnages étant de loin les plus intéressants et les mieux écrits selon moi.
    La B.O est splendide et la réalisation (à qqes erreurs près) est très soignée. Je le conseille même si la fin me reste encore en travers de la gorge (à moi et à peu près l’ensemble des téléspectateurs coréens apparement).

    • Merci pour toutes ces indications Sakuranoona ! Sérieusement, Naruto ? C’est un peu le dernier Shonen auquel j’aurais pensé pour la comparaison, surtout après avoir lu le début du Manhwa Honorable Baek Dong Su, mais bon je suppose qu’ils n’ont pas poussé jusque là. Je suis triste pour Shin Hyun Bin si elle est décevante au bout du compte. Elle m’a fait vraiment une forte impression jusqu’ici (ou alors j’ai un grooos faible pour les actrices à la voix grave). Par contre contente que Yoon So Yi s’améliore vu qu’elle a quand même un rôle important. Certains ne l’ont pas supportée pendant tout le drama. Je continue doucement, même avec ton indication sur la fin : WBDS est plus un divertissement passager qu’un véritable engagement émotionnel pour moi. Merci encore !

  2. Comme beaucoup de personnes, j’ai trouvé que l’extension était vraiment pas une bonne idée!!

    Alors personnellement je trouve que le personnage Jin Sun est important au début, mais il perd toute sa place après, et il fini par complétement s’effacer. enfin on sent qu’elle sert à rien, elle est là, mais elle ne parle pas, elle ne fait rien. Bref je l’ai pas du tout aimer!!
    c’est pas du tout le cas pour Jin Ju, qui prend de plus en plus de place et ils ont développé son histoire, le seul point négatif de son perso c’est qu’elle a vraiment pas eu de chance (jen dit pas plus pour pas spoiler les gens)

    Sinon c’est le genre de fusion sageuk que j’aime!! j’aime la baston donc j’étais bien servi et l’intrigue politique était aussi bien faite!
    bon il me reste toujours le dernier épisode, je l’ai regardé très rapidement sans les subs.

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