La pause anime du 05/10/11


Cette « pause » est la conclusion de la précédente. De tous les animes que j’ai commencé récemment, Nichijou et Penguindrum sont les seuls qui se détachent vraiment des autres par leur originalité. Ikoku et Dantalian No Shoka ont bien commencé mais ont fini par me perdre en chemin pour aller rejoindre les rangs des animes « bien mais peut mieux faire » sans vraiment marquer la saison. Je suis en train de faire ma sélection pour les animes d’automne, et la prochaine pause sera consacrée à leurs pilotes. Pour l’instant seuls Chihayafuru et Guilty Crown m’intéressent vraiment, et éventuellement Last Exile : Fam, The Silver Wing mais j’attends que mes gourous aient prononcés leurs verdicts pour faire des choix définitifs.

Ikoku Meiro No Croisée : Apprivoise-moi (11/11)

Jusqu’au bout la qualité de l’animation est stable, les personnages sont suffisamment bien écrits pour qu’on prenne plaisir à les voir interagir, pas de temps morts, de l’humour, beaucoup de tendresse. Mais j’ai quand même quelques comptes à régler.

J’ai été plusieurs fois surprise de retrouver des choses que j’avais appris en cours d’histoire et d’histoire de l’art réutilisées pour les dialogues de l’anime : ça donne vraiment le sentiment que ses créateurs ont effectué une vraie recherche sur le contexte historique et surtout économique de l’époque. Ça reste basique mais ça fait vraiment plaisir de voir enfin une France reconstituée par des Japonais qui se sont renseigné un minimum avant de se lancer. La nouvelle classe bourgeoise dominante richissime est incarnée par la famille d’Alice Blanche, et le comportement de cette dernière correspond plutôt bien à l’idée qu’on peut se faire de la fille d’une famille de nouveaux riches du XIXème siècle. J’avais un peu peur de son entrée en scène, ayant entendu ici et là beaucoup d’hostilité contre ce personnage un peu trop cliché mais au final Alice n’est pas aussi agaçante que je l’avais craint, et même si les épisodes centrés autour d’elle sont moins intéressants que les autres elle fait avancer le scénario. De plus elle apporte avec elle Camille Blanche, sa grande-sœur qui semble beaucoup plus complexe que ses airs de parfaite demoiselle ne le laisse présager. On aurait pu tomber dans l’écueil « les gentils petits commerçants de la galerie du Roy VS les méchants propriétaires de la grande bourgeoisie » mais ce n’est pas le cas et l’anime ne donne ni dans le pathos ni dans la niaiserie.  Au contraire il aborde de front des questions simples mais pertinentes : comment nos ancêtres ont eu leurs premiers rapports, à quel point les écarts de mode de vie et de pensée ont pu choquer ou fasciner, quels peuvent être les bénéfices d’une telle découverte. Il n’y a pas une seule réponse à ces questions. L’anime ne se lance pas dans de grands discours ethnologiques, mais permet simplement d’ouvrir le débat.

Ikoku emploie le décalage entre ses protagonistes de diverses manières : certaines situations sont très drôles (par exemple lorsque Claude essaie de s’imaginer le Japon d’après la description de son oncle) d’autres prêtent à réflexion (comme le fait que Yune aimerait prendre un bain tous les jours comme chez elle alors que les Français de l’époque considérait cela comme un grand luxe) tandis que d’autres encore sont plus amères (en particulier lorsque Yune éprouve le fameux sentiment d’étrangeté dont nous parle le titre).

Mais la seconde partie de l’anime est moins réussie que la première. Une fois le charme de la découverte disparu, la tension retombe. Finalement le passé commun de Camille et de Claude est assez banal, et l’on ne dépasse pas le stade de l’amertume vis-à-vis de la séparation des classes. Le fait d’avoir réduit leur relation à un premier amour d’enfance amenuise considérablement les possibilités du scénario et range vite fait bien fait cette histoire dans les cartons du grenier et les vieilles malles à jouet des enfants au lieu de créer de nouvelles tensions. Claude et Yune eux-mêmes deviennent de plus en plus frustrants à force de rester sur leurs positions, l’un grincheux en permanence et figé dans le passé, l’autre un peu trop coincée sur ses traditions. Alice ne devient pas plus mature, Camille ne sort pas de sa coquille, ou si peu. J’ai bien conscience qu’un format court limite les possibilités et ne laisse pas beaucoup d’espace au scénario pour se lancer dans de grands développements, mais je pense que cette année AnoHana a prouvé que c’est parfaitement possible de faire évoluer drastiquement ses personnages en quelques épisodes sans tomber pour autant dans la brusquerie. Victime de ses propres préjugés, l’anime commence par les traiter frontalement avec intelligence mais échoue à s’en débarrasser complètement.

L’histoire de la grande-sœur de Yune apporte une parenthèse de fraîcheur et d’émotion, mais au final l’anime ne parvient pas à dépasser une image un peu trop gentillette des rapports humains. J’ai apprécié que certains détails de la vie urbaine de l’époque ne nous soient pas épargnés comme la mendicité des enfants, la mutation du commerce, le poids des traditions et du statut social, mais je pense qu’il y avait matière à creuser plus loin. L’anime est en quelque sorte pris au piège entre son désir d’aller au-delà des apparences et son incapacité à dépasser le stade de l’émerveillement enfantin, qui rend le monde de la famille Claudel et de la famille Blanche bien désuet et bien confortable par rapport à la réalité de l’époque. Ce choix se reflète dans l’esthétisme de l’anime, très agréable à l’œil mais un peu vide et froid, comme une belle affiche publicitaire du temps passé.

Verdict final : B Ikoku Meiro No Croisée jette un œil tendre sur l’intégration d’une petite étrangère au sein d’un quartier tranquille, et réussi à toucher grâce à une approche délicate et optimiste. Malheureusement l’anime ne s’affranchit jamais complètement des stéréotypes qu’il a voulu briser, et surtout ses intrigues ne vont pas plus loin le registre de l’anecdotique bon enfant. C’est un bon choix si vous cherchez un peu de dépaysement mais pour ma part je préfère retourner lire un bon Kaoru Mori. 

Dantalian No Shoka : Les chroniques de la bibliothèque mystique de Dantalian (8/12)

Dantalian no Shoka est un anime axé mystère qui se repose principalement sur son ambiance sombre et intrigante pour captiver son spectateur. Nous suivons un homme de la haute noblesse, Hughes, qui vient d’hériter du manoir de son grand-père maternel. Mais l’héritage comporte une condition à remplir : il doit s’occuper de la librairie du manoir, obsession de son défunt aïeul. Arrivé sur place il tombe sur une curieuse jeune fille qui ressemble à une poupée victorienne. Lorsqu’il part avec elle sur les traces du meurtrier de son grand-père, il découvre son secret. Nos deux larrons vont devoir éclaircir les phénomènes étranges qui se déroulent dans leur entourage, à chaque fois en lien avec d’étranges livres qui renferment d’immenses pouvoirs.

Après la grosse déception qu’était Gosick j’avais de gros doutes sur cette nouvelle adaptation d’une série de nouvelles, matière qui sert de manière récurrente de scénario aux animes depuis quelques années. Nous avions un peu le même principe de départ : un jeune homme attifé d’une jeune fille excentrique en jupons de soie et aux cheveux très longs doit résoudre des affaires de meurtre, de disparition, etc. Mais si dans Gosick le héros était affreusement passif et idiot tandis que Victorique faisait tout le travail, nous avons ici un duo beaucoup mieux équilibré. Hughes Disward a du répondant et ne s’aligne pas sur la longue lignée de héros incapables (et impuissants) qui fleurit ces derniers temps.

Les intrigues elles-mêmes sont inégales, comme l’animation.C’est l’un des animes les plus décousus que j’ai jamais vu, tant sur le plan de l’animation que du scénario. Vous pouvez avoir un épisode très violent et enchaîner sur un autre beaucoup plus soft, un épisode entier qui change entièrement la méthode d’animation utilisée jusqu’ici sans que le reste ne suive, un épisode consacré à des personnages que nous n’avons jamais vu jusqu’ici et que nous ne revoyons jamais, etc. La qualité opère le même yo-yo entre des intrigues vraiment captivantes et d’autres beaucoup plus prévisibles. Je ne sais pas si je vais le terminer (difficile de s’attacher aux personnages avec de tels sautes d’humeur dans le ton et la narration), mais Dantalian No Shoka a au moins le mérite de proposer des intrigues loufoques dont le côté fantastique est tout à fait assumé et une galerie de personnages secondaires travaillés. Vous vous souvenez du schéma de base des épisodes de Pokémon : Sacha et ses amis rencontrent de nouveaux personnages qu’on ne revoie souvent jamais, ils affrontent avec eux la team rocket et repartent à l’aventure. Bah Dantalian c’est un peu le même principe, avec des personnages intéressants, voire plus intéressants et attachants que les personnages principaux (ce qui n’arrange rien au problème de la cohérence de l’anime : lorsque l’intrigue secondaire tombe à plat, et ça arrive, il n’y a plus grand chose à sauver). Je pense que son format court n’arrangera rien au problème, au contraire. Dantalian exigeait au moins une vingtaine d’épisodes pour résoudre son intrigue centrale, mais encore une fois il faudra lui dire au revoir avant qu’il ait pu répondre à tous ses mystères.


Verdict : B + Un anime d’une belle facture et (la plupart du temps) doté d’intrigues passionnantes et originales, mais qui souffre de sérieux problèmes d’hétérogénéité. Il faut faire le tri.


Mawaru Penguindrum : Les pingouins de l’apocalypse (12/24)

Cet anime est extra, et s’élève déjà au rang des meilleurs de l’année avec Puella Magi Madoka Magica et AnoHana. Beaucoup se sont plaints de l’omniprésence de Ringo dans cette première partie, dont les instincts de prédateur ont repoussé les limites du supportable malgré une back-story touchante. J’ai senti cette lassitude notamment lors du fameux passage de la grenouille, complètement dingue mais un poil trop écœurant,  mais la conclusion de l’épisode 8 avant l’accident de Shoma a définitivement justifié cette montée en puissance de la violence de la jeune fille. La conclusion de son « plan » dans l’épisode 11 était magistrale. Et c’est grâce à Ringo que nous avons droit à ces séquences impayables de parodies inspirées de Lady Oscar et du Théâtre Takarazuka ! Les  épisodes 9 et 10 apportent une alternative bienvenue en se penchant sur Himari et Kamba. Himari n’est pas l’idiote que l’on croit, et le rôle de Kamba jusqu’ici très flou est de plus en plus intriguant. J’ai vraiment hâte de me plonger dans la seconde partie pour pouvoir enfin comprendre ce qui se trame.

Mawaru est un anime qui ne se repose jamais surs ses acquis, et qui relance inlassablement les limites de son intrigue toujours plus loin. La révélation centrale, qui relie implicitement la quête du penguindrum autour de l’attaque au gaz sarin du métro en 1995 par les membres de la secte Aum Shinrikyo élève d’un cran la réflexion proposée en réinterprétant l’acte terroriste. Je ne sais absolument pas où ils veulent en venir, mais considérant la puissance avec les sujets déjà abordés ont été traités, je leur fais confiance. Déjà culte, la révolution Mawaru Penguindrum est en marche.

Verdict : A + A ne rater sous aucun prétexte. 

Nichijou : Well done, Mio Chan ! (26/26)

Chaque semaine j’attendais le nouvel épisode de Nichijou pour avoir mon quota de fous rires, mais je ne m’attendais pas à ce que cet anime me fasse pleurer. A mesure qu’approche la fin le scénario est de moins en moins dispersé et déstructuré. Après avoir accordé aux personnages secondaires les plus intéressants l’attention qu’ils méritaient (Mohawk boy, goat boy, l’équipe de go-soccer…) il se recentre sur les personnages principaux et notre quatuor préféré. Le ton général de Nichijou étant largement absurde, je ne m’attendais pas à être autant touchée par cet avant-dernier épisode qui tire le maximum de tout ce que l’anime a construit jusqu’ici, à savoir l’amitié houleuse mais sincère entre Moi, Yukko, Mai et Nano. Mio a toujours été mon personnage préféré et la voir le cœur brisé n’était pas très réjouissant même si sa réaction est hilarante comme d’habitude.

Le dernier épisode par contre n’était pas à la hauteur du précédent. J’ai bien aimé la première partie, avec les prouesses physiques de Yukko et de Mio qui me font toujours beaucoup rire, mais la dernière scène était un peu trop centrée sur le professeur. Tous les personnages de l’anime ne sont pas attachants, et je me serais bien passé également de la prof-stalker et des histoires de Sakamoto. Je n’ai pas bien compris non plus qu’est-ce qu’un gag sur les dirigeants de l’école venait faire dans le final. Bref, je pense que ce dernier épisode était représentatif de l’anime tout entier : des belles tranches de rire grâce au duo Yukko/Mio, une pincée d’émotions, des sides-story qui font souvent mouche, beaucoup d’absurdité, et des blagues parfois d’un goût incertain. Dans l’ensemble c’était loin d’être parfait mais Nichijou a eu le culot de miser sur un humour complètement surréaliste, un peu difficile d’accès, mais diablement novateur et souvent efficace. Si vous ne savez pas quoi regarder pour vous changer les idées et rire un bon coup, Nichijou est l’anime de la situation.

Verdict final : A – Un anime complètement barré qui apporte un vent de renouveau dans la sphère comique du slice-of-life, et une déconstruction jubilatoire de plusieurs formes de comédie. Je regrette seulement que les instants d’émotion sincère si touchants soient si rares, et surtout quelque peu gâchés par les personnages « trolls » de l’anime. Dans l’ensemble une excellente production, qui mérite amplement une suite.

Cette saison n’a pas été particulièrement mémorable. Nichijou est un anime du printemps et Penguindrum d’automne, et entre les deux les shows de format court n’ont pas été d’une qualité transcendantale. J’ai testé Usagi Drop, c’est mignon, plutôt réaliste pour un anime sur les enfants, mais ça ne m’a pas marquée plus que ça et je n’ai pas estimé crucial de le poursuivre. Je n’ai pas essayé les autres animes axés mystère/thriller comme Blood : C et Kamisama No Memochou, mais je n’en ais pas entendu assez de bien pour être tentée. Octobre amène avec lui un vent épique plein de promesses, et la saison qui se profile s’annonce très ambitieuse. Croisons les doigts pour que ça ne recommence pas comme la déception Fractale en début d’année…

2 réflexions sur “La pause anime du 05/10/11

  1. Parmi les nouveautés, je n’attends que Chihayafuru. J’ai tenté Phi Brain : bof. Voyons si l’intrigue réussit à tenir la route, mais j’ai des doutes. Pour Guilty Crown & Un-go, ils sont d’ores et déjà licenciés par Kaze.

    Je n’ai pas encore vu Mawaru Penguindrum mais je n’en entends que du bien. Moi qui ait adoré Utena, je suis ravie d’en retrouver le créateur ^^ En espérant qu’il ne fera plus de pause aussi longue avant de nous présenter ses nouveaux projets.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s