Birdie Buddy : Premières Impressions

Il était temps. Souvenez-vous en 2009 le succès de You’re Beautiful, et la performance remarquée de UEE en rivale machiavélique délectable. Dès lors elle s’est lancée très rapidement dans un nouveau projet : Birdie Buddy, un drama sportif des plus classique qui devait lui assurer un tremplin plus solide pour une éventuelle carrière d’actrice. Mais il y a encore quelques mois, ce projet était a priori définitivement tombé en désuétude, abandonné par MBC après une promesse vaine de diffusion pour succéder à Queen of Reversals (finalement prolongé en catastrophe pour donner le temps à The Duo d’avancer son tournage). Deux facteurs ont pu dissuader les grands décideurs des grosses chaînes pour refuser le drama : d’une part les échecs plus ou moins cuisants de la totalité des projets sportifs précédents supposés relancer la vague « The Last Match » (Alien Baseball Team, Heading to The Ground, Triple) et d’autre part la diffusion d’un autre drama sur le golf (entre autres), Invincible Lee Pyung Kang par KBS. Autre échec financier malgré un budget plus que modeste, le peu d’intérêts éprouvé par le public pour Invincible… a du probablement achever de rendre Birdie Buddy démodé avant qu’il ait eu le temps de prouver quoi que ce soit. Le drama a manqué l’été 2010 pourtant propice aux sports et aux histoires légères, manqué l’hiver 2010 à cause des hésitations de MBC et a été heureusement sauvé des eaux par TVN pour août/septembre 2011. Ouf ! On y croyait plus.

J’admet qu’à l’origine j’étais plus que sceptique à l’annonce de ce projet : une majorité d’acteurs débutants, des affiches ridicules, un scénario vu et revu…rien ne m’attirait vraiment. Mais petit à petit à force de voir ce pauvre drama balloté dans tous les sens comme d’autres dramas « maudits » j’ai éprouvé plus de pitié que de mépris, et mon opinion a pris un autre tournant lorsque son producteur (Group Eight) a diffusé un long trailer en désespoir de cause pour essayer de relancer l’intérêt du public et des chaînes. Ce trailer contenait tout ce que je rêvais de voir mis en scène pour un drama sportif. Malheureusement, toujours pas d’acheteurs potentiels à l’horizon. Enfin la nouvelle est tombée en juillet : Birdie Buddy est finalement sauvé par TVN et programmé pour succéder à Manny. Aujourd’hui, après plus d’un an d’attente et d’incertitudes, Birdie Buddy apparaît enfin sur nos écrans ! J’avais un peu peur du résultat concret, et il a été prouvé que la pré-production intégrale d’un drama n’est pas la garantie de sa qualité (cf : Road N.1). Cela valait-il la peine de se préoccuper à ce point de l’avenir de Birdie Buddy ?

Oh que oui !

D’abord permettez-moi de pousser un cri du coeur d’entrée de jeu : Vive UEE. Voilà une actrice qui a la capacité d’être polyvalente (elle incarne des rôles différents d’un drama à l’autre), qui a du caractère, et du charme. Group Eight ne s’est pas trompé en la sélectionnant pour son drama, et je pense que son casting dans Ojakgyo Brothers n’est pas fortuit. Les sœurs Hong sont connues pour avoir l’œil lorsqu’elles décident des acteurs pour leurs dramas, et en particulier leurs acteurs secondaires : Lee Jun Ki, Park Shi Yeon, Jang Geun Seok, Park Han Byul, No Min Woo… autant de noms qui ne signifiaient pas grand chose à l’époque où leurs dramas sont sortis, mais qui provoquent aujourd’hui chez le fans des soupirs d’envie ou d’admiration. UEE n’a pas dérogé à la règle et continue de faire l’actualité. Mais je bavarde et je ne parle pas de ce qui vous intéresse : le drama.

Tout commence lorsque Sung Mi Soo (UEE), une petite fille douée pour le sport déniche le vieux club de golf de sa mère dans la réserve. Intriguée elle lui demande ce que cet objet vient faire ici, et elle apprend que sa mère a été autrefois caddie et en connaît un rayon sur ce sport. Ça tombe bien, Mi Soo est au même moment très impressionnée par une golfeuse pro qui vient de remporter la coupe du monde avec panache. Dès lors la petite fille se jette à corps perdu dans le golf, avec les moyens du bord. Son foyer modeste ne peut pas lui payer un entrainement de pointe comme celui de Min Hae Ryung  (Lee Da Hee), l’une de ces pauvres petites filles riches qui a constamment sa mère sur le dos. Mi Soo parvient néanmoins à développer sa technique grâce aux sacrifices de sa mère et au père de sa meilleure amie (Yoo In A) qui la fait entrer en douce sur le grand terrain de golf dont il est le gardien.

Les années s’écoulent et nous retrouvons Mi Soo devenue grande et prête à essayer pour la troisième fois de passer les épreuves de qualification nationales pro. Elle croise le chemin de John Lee, ex prodige du golf devenu entraineur officiel de Min Hae Ryung aux US. Les premières confrontations avec Hae Ryung et John Lee sont explosives, et les deux joueuses sont intriguées l’une par l’autre. Si Mi Soo a une force de frappe peu commune, elle est loin de maîtriser la dextérité technique et la précision d’Hae Ryung.

Avant d’entrer en compétition Mi Soo a quelques problème familiaux : sa passion met en danger sa famille (le golf est un sport qui nécessite des équipements coûteux) : son petit frère lui-même passionné de musique ne peut pas s’offrir un instrument, et son père finit par partir en mer faire l’un de ces jobs dangereux de pêche en haute mer (des métiers bien payés en raison des risques).  A première vue forcé ce développement n’en est pas moins nécessaire pour la maturation de Mi Soo. A travers les différentes épreuves qui se présenteront à elle, on nous propose de la suivre sur le chemin du succès.

Dans Birdie Buddy, ce qui apparaît comme un étalage de conventions fait partie du contrat. Comme le fameux carré amoureux de base, la recette peut lasser mais elle agit comme un cadre rassurant, et les meilleurs dramas peuvent en tirer le maximum. Birdie Buddy ne revendique aucune forme d’originalité, mais mise sur un premier degré de sincérité qui fait mouche. Je pensais que Can You Hear My Heart pouvait développer ce que j’avais aimé dans Running, mais finalement c’est Birdie Buddy qui reprend le flambeau.

Ce drama sympathique et tout simple réussit à provoquer chez moi le sentiment que je viens chercher dans une série sportive sur le dépassement de soi : ce sentiment d’impatience et de peur mélangés, qui vous plonge dans un état de tension en prévision de l’issue de la compétition. Comme si nous étions nous aussi des supporters de Mi Soo. Moi qui n’ait strictement aucun intérêt particulier pour le golf, j’anticipe avec excitation les prochaines épreuves que notre héroïne aura à traverser : son entraînement dans la montagne avec le super moine-ex-glofeur-pro-ex-mafieux-bûcheron-Français, Fabian (celui qui l’a inventé devait avoir ingéré quelque chose de pas très net), ses prochains affrontements contre Hae Ryung, et son propre combat contre elle-même. Vous ne trouverez pas ici de sabotages infantiles comme dans Invincible Lee Pyung Kang ou Baby-Faced Beauty, les joueurs sont leurs propres adversaires et la compétition est fair-play. Quel bonheur, vraiment, de nous avoir évité ces gamineries. Cela rend le show plus adulte et plus mature, et nous évitons l’engrenage répétitif des vengeances minables.


L’autre originalité qui détache Birdie Buddy des autres est le relation entre Mi Soo et sa rivale Hae Ryung. C’ est à ma grande surprise le point central du drama, celui autour duquel les autres intrigues vont graviter. Il ne s’agit pas d’une relation ordinaire : chacune possède ce que l’autre désire (de l’argent, une famille aimante) et désire ce que l’autre possède. Dans ce contexte leurs affrontements sont plus complexes qu’une guerre stérile entre une Cendrillon et une mégère. Entre fascination, empathie, jalousie et amitié électrique, cette relation est aussi le moteur qui fait avancer et grandir Mi Soo. Ça promet pour la suite !

Casting : B + UEE est sans hésiter l’une des meilleures idoles-devenues-actrices que j’ai jamais vues. Elle a une confiance en elle à toute épreuve, ce qui lui permet de passer à travers les scènes avec une assurance et une conviction peu communes. Immédiatement attachante, elle maîtrise déjà un panel d’émotions qui sonnent justes. Vraiment remarquable pour une chanteuse : c’est déjà difficile de réussir dans un seul registre, et voilà qu’elle passe d’un rôle à l’autre de façon presque naturelle. Lee Da Hee reste la meilleure actrice du lot, et son casting est immédiatement justifié par son talent évident. Plus que de UEE, j’avais peur de Lee Yong Woo, mannequin devenu acteur dont la réputation n’était pas à envier après le drama Style. Heureusement le rôle de John Lee n’exige de lui qu’un jeu décontracté qui lui permet de miser sur son physique de mauvais garçon insouciant, un peu trop séduisant pour être honnête, mais tellement charmeur qu’on est prêt à tout lui pardonner.

Le reste du casting est à la hauteur des ambitions du drama. j’apprécie tout particulièrement la présence d’Yoon So Yoon et de Oh Hyun Kyung, qui remplissent parfaitement leurs rôles de mères, presque en miroir : l’une chaleureuse mais têtue comme une mule et l’autre froide et mystérieuse.

Scénario : B Des hauts et des bas, mais dans l’ensemble l’histoire est assez solide pour tenir sans aucunes difficultés sur la longueur. A chaque fois que le drama est sur le point de trop donner dans le pathos, il se rattrape de justesse en faisant avancer ses personnages de l’avant assez rapidement pour que les conséquences de ces évènements peu réjouissants ne dégénèrent pas dans des complications sans fin. Le scénario et les dialogues sont écrits avec assez de bon sens pour éviter les incohérences, et même si le drama reste dans l’ensemble très prévisible il parvient tout de même à surprendre en ne versant pas systématiquement dans le stéréotype attendu au tournant.

Réalisation : A Birdie Buddy profite d’une cinématographie vive et colorée qui convient parfaitement à l’ambiance « nature » du drama. Jamais les escapades nocturnes sur un terrain de golf désert n’auront été aussi romantiques. Les deux chansons légères de l’OST, « Dream On » et « Windy » sont d’excellentes trouvailles et apportent une jolie touche finale aux épisodes.

Verdict : Good Kimchi. Un drama qui valait la peine d’être repêché.

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