Bilan d’août : Rêveries

Il n’y aura pas de bilan d’août à proprement parler. Comme j’ai terminé beaucoup de dramas le mois précédent, mes commentaires sur les nouveaux que j’ai essayé figurent dans des premières impressions. Inutile de me répéter en reprenant ce que j’ai déjà dit. Enfin ce qu’il me reste à écrire sur mes autres dramas en cours a sa place dans le bilan de septembre, et je ne vais pas vider l’un pour remplir l’autre. 

Mais ça m’embête de laisser ce mois sans conclusion, et j’ai décidé d’y mettre autre chose que d’habitude. Je me suis longtemps creusé la tête pour trouver quoi, mais mon choix s’est finalement arrêté sur un article à thème écrit au fil de la plume du clavier.

Intro : Teen Top – Tell Me Why

En regardant The Princess’ Man, qui représente exactement ce que je cherche chez les dramas Sud-Coréens, je me suis trouvée dans un tel état de satisfaction que j’en suis venue à bouder un peu les autres dramas. Et à me poser des questions sur ma passion : qu’est-ce qui la rend si dévorante (de temps et d’énergie, en particulier) et qu’est-ce que ça m’apporte sur le plan personnel ? Est-ce que je viens chercher un divertissement, est-ce que je viens chercher une histoire qui ressemble à la mienne, est-ce que je viens chercher l’évasion ?

Mais je ne suis pas là pour vous ennuyer avec mon auto-analyse, mais plutôt pour essayer d’y voir plus clair. J’en suis arrivée à un point où j’attends des choses très précises d’un Kdrama avant même d’avoir vu son pilote : je veux voir tel acteur en couple avec telle actrice, je veux voir le travail de tel scénariste/réalisateur, je veux me changer les idées avec une histoire complètement folle, je veux me poser tranquillement devant mon home drama et boire mon chocolat chaud/café/thé, je veux un bon drama d’action et suspense pour frissonner d’excitation, je veux voir le comeback de tel acteur qui vient de terminer son service militaire, et que sais-je encore. Reste-t-il de la place à l’imprévu quand on a tout programmé à l’avance ?

Sans compter que j’en suis également arrivée au stade où j’ai mes préférences, mes idées sur une équipe de tournage, sur les acteurs que je connais souvent d’un autre drama (le monde des Kdramas est petit), sur les genres qu’on me propose, et même parfois sur un scénario. Il y a quelques années j’étais prête à découvrir n’importe quoi pourvu que ça me plaise, mais les choses ont bien changées. Je pars inévitablement avec des préjugés, qu’ils soient positifs ou négatifs, et au final c’est difficile de retrouver cette approche ignorante et bienheureuse des débuts. Bien sûr personne n’est à l’abri de nouvelles découvertes, de déceptions et de bonnes surprises, mais la place que je réserve à l’imprévu s’est inévitablement restreinte au fur et à mesure. Mon programme est rigoureusement réglé. Je teste, je choisis de continuer ou d’arrêter, je réfléchis et j’écris sur les raisons de mon choix, et je croise les doigts pour que ce choix se révèle être le bon jusqu’à la fin.

Inutile de dire que dans ces conditions, c’est difficile d’accepter qu’un drama auquel on est attaché soit soumis aux aléas du tournage « en temps réel » (le contraire des dramas entièrement pré-produits) ou qu’un projet alléchant soit abandonné par une chaîne. Les récents exemples d’Heartstrings et de Spy Myung Wol apportent une illustration amère à ces problèmes, même si le premier s’en est mieux sorti que le second. Récemment nous avons été assaillis de toute part par des nouvelles peu réjouissantes : accidents de la circulation, procès au pénal (soit en rapport avec ces accidents, soit pour des histoires ridicules de plagiat), changements d’équipe de tournage en cours de route qui la plupart du temps ne font qu’empirer les choses, réputations des stars qui volent en éclat pour un rien, dépressions, scènes filmées en catastrophe, emplois du temps cauchemardesques…c’est à se demander si ils attendent qu’il y ait des morts pour réagir. Même si « the show must go on », est-il nécessaire de continuer dans cette direction si au final le résultat s’en retrouve gravement affecté ? Etait-il justifié de sacrifier Spy Myung Wol pour permettre à Poseidon de tourner, au lieu de reporter tout simplement sa date de sortie ?

Par conséquent il est devenu risqué de s’investir sur le long terme pour un drama qui risque de partir en eau-de-boudin. Dans le pire des cas le drama est un désastre financier, et ses producteurs vont tenter par tous les moyens d’attirer l’attention pour amortir les dégâts. Le plus triste c’est que même un gros succès prends un risque majeur : celui d’être prolongé sans avoir le potentiel scénaristique suffisant. C’est arrivé de nombreuses fois, et désormais les dramas dits « trendy » (ceux qui ont le plus de potentiel pour attirer de gros chiffres d’audience, même si aujourd’hui cette expression commence à perdre son sens) font des spéculations. On fait signer aux acteurs des contrats pour plus d’épisodes que le nombre affiché, et on garde ouvertes les possibilités d’extension. C’était l’objectif de Lie To Me notamment, qui a tout misé sur son casting pour décrocher le gros lot. Mais le public escompté n’a pas été au rendez-vous et un plan de sauvetage a été préparé en quatrième vitesse pour essayer de garder au moins les spectateurs déjà impliqués, dans l’espoir de ne pas faire trop de pertes (avec ces deux acteurs principaux, on comprend où est parti le budget et surtout pourquoi des acteurs moins recherchés et donc au cachet moins conséquent ont été sélectionnés pour les seconds rôles). Ironiquement c’est Baby-Faced Beauty, peu populaire sur le net par rapport aux deux autres romances légères diffusées en même temps qui a été prolongé, non sans quelques problèmes pour trouver de quoi combler ces nouvelles heures en plus inattendues.


Dans ces conditions, il est naturel que les spectateurs soient de moins en moins dupes et de plus en plus exigeants. Mais d’un autre côté les investisseurs deviennent forcément plus frileux, et vont avoir tendance à miser sur ce qui a le plus de chance de fonctionner : les grandes fresques historiques, les reboots des sitcoms à succès, les grandes sagas familiales, les romances méli-mélo classiques. C’est vers les chaînes câblées que les regards se tournent pour espérer un peu d’originalité, et bientôt elle vont être de plus en plus nombreuses à vouloir entrer dans le marché. TVN a ouvert la voie, et de plus en plus d’acteurs et de scénaristes de renom sont intéressé : c’est une voie alternative lorsqu’ils n’arrivent pas à trouver leur place chez les chaînes publiques. Ces dramas ont un problème de visibilité et d’accessibilité, mais ils parviennent de plus en plus à assurer un gage de qualité et de constance pour le spectateur lassés des jeux de pouvoir des trois monstres que sont SBS, MBC et KBS.

Cette compétition sans merci était particulièrement flagrante cette année. Difficile de l’ignorer lorsque quasiment tout ce qui sort au même moment pour les même horaires emploie les même thèmes : une vague noire en hiver (Thorn Tree Birds, Royal Family, Sign, Midas…), une vague rose au printemps (Best Love, Lie To Me, Baby-Faced Beauty…), une vague entre histoire et action en été (Musa, GyeBaek, Spy Myung Wol…) et bientôt une seconde vague noire pour l’automne et l’hiver qui arrive, après un dernier sursaut romantique à la fin de l’été. Je n’ai pas le souvenir d’avoir vu une stratégie aussi…cohérente entre les différentes chaînes depuis que je surveille avec attention la programmation saisonnière. On peut dire que cela ne nous laisse que l’embarras du chois, mais on peut voir aussi les choses sous un jour moins optimiste et craindre l’overdose.

Intermède : Ephemera – Country Song

Mais assez parlé de ce qui ne va pas ! Cette année aura été particulièrement fructueuse, et elle n’est même pas encore achevée. J’ai continué et terminé beaucoup plus de dramas que l’année dernière. 2010 a été une véritable succession de déceptions plus ou moins acides et j’ai dû me tourner vers les dramas de long format pour trouver mon bonheur. Le premier drama qui me vient à l’esprit en repensant à l’année dernière, c’est Prosecutor Princess. J’aurais aimé savoir comment capturer des images pour prendre tous les angles du visage de Park Shi Hoo, les grands yeux effarouchés de Kim So Yeon et ses tenues improbables. Pourtant ce n’était pas le chef-d’œuvre millénaire qui a fait l’unanimité, juste une histoire d’amour impossible (encore une ?) un peu plus passionnante que les autres portée par de bons acteurs et un scénario bien ficelé. Mais il y avait cette « étincelle », cette petite flamme qui fait que j’ai le coeur qui bat pour cette histoire et pas une autre. Thunderbolt a écrit un article très enrichissant sur ce qui fait un bon drama, et j’ai pensé à ça : il me faut quelque chose  en plus que de la technique pure (je parle aussi bien des techniques de jeu que de réalisation). Est-ce un grain de folie ? Pas forcément : récemment Protect The Boss m’a prouvé qu’un drama peut bien avoir ce grain et ne pas allumer pour moi cette étincelle de je ne sais quoi. Est-ce l’identification avec les personnages ? J’ai ressenti ça pour Mary Stayed Out All Night et Who Are You, sans pour autant que leurs héroïnes me ressemblent. Mais ce n’est pas encore ça. C’est une drôle d’envie qui me prend, une envie de suivre les personnages que je vois évoluer jusqu’au bout, une sorte d’affection fictionnelle qui peut disparaître (ou pas) à la fin du drama. Mary Stayed…est un exemple particulièrement frappant de passion irrationnelle pour un drama. En réalité c’est aussi irrationnel que le sentiment amoureux, et ce n’est pas pour rien que nous utilisons si souvent les métaphores de l’amour pour parler des dramas que nous aimons. Javabeans a filé toute une métaphore là-dessus, et c’est frappant de voir à quel point les deux relations se confondent.

L’exemple le plus récent d’amour irrationnel qui me vient à l’esprit, c’est Heartstrings. Vraiment pas de quoi en faire tout un fromage, mais pourtant que de bons souvenirs ! Quelle ambiance, quelle tendresse ! Parfois pour rendre un drama vivant il vous suffit d’une bonne musique et de quelques filtres pour donner à l’image ces couleurs tellement belles qu’on les croirait toutes droit extraites de la palette d’un peintre. mais est-ce qu’un drama peut me plaire si seule son esthétique me plaît ? Au contraire, l’esthétique vide de sens me fait fuir. Donnez-moi quelque chose à admirer, mais si le cœur n’y est pas ces images me laisseront dans l’indifférence. Chuno et The Princess’ Man ont été tourné avec la même caméra, mais l’un m’a profondément ennuyée tandis que l’autre m’a happé dans son histoire sans espoir de retour. Je pense que c’est la même chose pour la musique, et que même un casting de rêve ne peut pas sauver un désastre. Et ça vaut pour tous les genres…

Puisqu’on parle des genres (et que mon article qui les détaille attend toujours que je le réécrive et le publie…hum hum…) il est intéressant de noter que si les critères de qualité fonctionnent pour tous, on peut constater que d’un genre à l’autre tel critère sera évalué avec plus ou moins de sévérité. Je n’attend pas la même chose d’un sageuk que d’une comédie romantique, cela va sans dire. Un casting en béton est fortement recommandé pour les reconstitutions historiques : il s’agit d’avoir un maintient impeccable, une bonne diction, et de pouvoir allier intensité ET subtilité (mission impossible pour certains acteurs). C’est le genre le plus exigeant qui soit, et c’est une sorte d’ « épreuve du feu » qui ne tolère aucun faux pas. Voyez ce qui est arrivé à Chun Myung Jung dans The Duo. L’année dernière Mickey Yoo Chun a surpris tout le monde en délivrant impeccablement les intonations et expressions si particulières du Coréen ancien dans Sungkyunkwan Scandal. Voilà qu’un petit nouveau, pire, une idole, se mettait à parler mieux que certains acteurs confirmés ! C’était le monde à l’envers, pour mon plus grand plaisir. C’est aussi pour ce genre d’imprévus délicieux que je regarde des dramas.

Mais les sageuks sont exigeants à d’autres niveaux : comme je l’ai écrit dans mes premières impressions sur King Gwanggaeto, la production doit être à la hauteur des ambitions affichées. Où serait le plaisir d’une « reconstitution » si le spectacle n’est pas satisfaisant ? Le sageuk est le genre le plus favorable à l’évasion, et il nécessite un budget conséquent. Souvent plus long que les autres dramas, le scénario doit également être riche en créativité. Quel est l’intérêt de raconter cent fois l’histoire tragique du prince Sado, de la fidèle Chun Hyang ou du rebelle Hong Gil Dong si elle n’est pas réinventée à chaque fois ? Malgré ses apparences rigoureuses et son langage codé difficile d’accès, le sageuk est propice à l’innovation. Je pense que c’est clairement mon genre préféré.

Aux antipodes, je place le mélodrama : ma bête noire. Pourtant j’aime bien les histoires tristes, ça fait du bien de temps en temps de verser une petite larme sur le sort tragique d’un amour interdit (en vrai, ce n’est pas aussi sexy). D’ailleurs c’est tout à fait d’actualité avec The Princess’ Man, et vous aurez droit à mes élans de lyrisme en long en large et en travers. Mais ne confondons pas épopée tragique et mélodrame. Drôle de situation que d’être accro aux Kdramas et de ne pas céder à la tendance « Winter Sonata » pourtant si populaire pour un public international. Qu’est-ce qui me rebute autant ? Le côté tire-larme ? Les relations familiales à dormir debout ? Le pessimisme ambiant ? Après réflexion, je pense que c’est l’attitude des héros. J’ai besoins de personnages qui vont de l’avant, pas de dépressifs coincés qui tournent en rond. C’est ce qui me rend dingue avec les dramas de Lee Kyung Hee : bien sûr que c’est difficile de traverser telle ou telle épreuve psychologique, mais est-ce que c’est nécessaire de se faire souffrir à ce point ? Je ne comprendrais jamais le goût des Coréens pour le tragique outrancier. J’adore la tragédie, c’est encore meilleur que la comédie romantique, mais pitié pas de haine destructive à la Cinderella’s Sister ni de misérabilisme à la Princesse Sara (je parle de l’anime stupide, pas du livre absolument génial). Ça gâche tout.

Pour réchauffer un peu l’ambiance parlons de comédie. Mais de comédie pure, j’entend. Mais où est-elle passée ? A croire que le genre n’est pas vendeur, à moins de le mélanger avec du mystère (Harvest Villa, Once Upon a Time In Saengchori), du policier ( My country Calls) ou de la romance (Spy Myung Wol, Protect The Boss, etc, etc…). Si ça se vend plutôt bien au cinéma, l’espace réservé à la comédie sur le petit écran est à chercher du côté de la sitcom. Encore un format qui me rebute, d’autant plus que je suis allergique aux rires pré-enregistrés. Si j’ai horreur qu’un drama me dise quand est-ce que je dois pleurer, l’inverse est tout aussi vrai. Je ne ris pas sur commande. Mais cette année, je pourrais me laisser tenter par la troisième édition de High Kick, en espérant qu’elle soit traduite et surtout qu’elle ne tourne pas comme la précédente.

Et je ne sais plus de quoi je voulais parler à l’origine. Ah oui, l’addiction, est-ce qu’il reste une place pour l’imprévu quand j’analyse tout à la loupe avant même d’essayer, qu’est-ce que je viens chercher, tout ça tout ça. Bon reprenons les choses dans l’ordre.

La recette de l’addiction est simple : il faut un élément auquel on devient dépendant. Cela peut être les interactions d’un couple adorable, des cliffhangers insoutenables, un mystère épineux ou une situation impossible dont il nous tarde de connaître l’issue, un objectif ambitieux que le héros doit atteindre et qui nous enchante, un ennemi machiavélique à battre, et même tout simplement une atmosphère particulière ou une sensation de réconfort. Je pense que mon moteur principal reste une romance palpitante. Rien de mieux que d’attendre une réunion passionnée entre des amants séparés de force. Donnez-moi de l’intensité, du sang et des larmes, et je mord à l’hameçon.

Ensuite, après avoir parlé longuement de mes attentes et de ce que j’estime faire la qualité d’un drama, parlons de l’imprévu. C’est la preuve que malgré tous nos efforts pour maîtriser tout à l’avance (pour nous rassurer il me semble, puisque pour beaucoup l’inconnu est synonyme d’angoisse) il reste une chance que nos prévisions soient fausses, de façon positive (la bonne surprise) ou négative (la déception). D’autres personnes fonctionnent différemment et refusent de regarder le moindre résumé de synopsis, trailer, image promotionnelle ou quoi que ce soit avant de se plonger dans un drama. C’est tenter de préserver avec minutie son impartialité, et je pense que c’est efficace à court terme (sur la longueur, la qualité du drama prévaut que l’on se soit renseigné sur lui ou non). Pour moi l’essentiel se situe en premier lieu dans la part d’importance que l’on accorde à l’opinion des autres. Tout objectif que l’on se veut d’être, il est impossible de renier totalement sa propre culture, sa propre expérience et ses goûts personnels. C’est pourquoi je préfère toujours écrire (et lire chez les autres) « je pense que tel drama est bon/mauvais » plutôt que d’écrire/lire « ce drama est bon/mauvais ». Mais c’est vraiment difficile de résister à la tentation de l’affirmation doctrinale valorisante plutôt que de constamment chercher des verbes qui conditionnent nos opinions, et je fait fréquemment emploi d’expression sans doute un peu trop péremptoires. Encore une fois : lire les autres c’est bien, se faire sa propre opinion c’est mieux. Quitte à bouder tout seul dans son coin.

Et pour répondre à ma dernière question, qu’est-ce que je viens chercher dans un Kdrama ? Après avoir écrit tout ça, la première chose qui me vient à l’esprit c’est le frisson. Ce qu’on appelle « The Thrill of the Hunt » (la chasse aux bons dramas, aux informations, aux images). Je suis une chasseuse de dramas, et je n’ai de cesse de trouver la proie légendaire, le drama ultime. Mais la chasse n’est-elle pas plus excitante que son issue ? Comme le dis l’héroïne de Millenium Actress du regretté Satoshi Kon,

« Maybe it doesn’t matter. After all…it’s the chasing after him that I really love. »

Conclusion : Lee Hyun – Bad Girl


6 réflexions sur “Bilan d’août : Rêveries

  1. Je te rejoins sur tes propos.

    Etudiant l’histoire, c’est bien sûr ce genre qui, qu’importe la nationalité, me fait directement accourir vers mon petit écran (moins vers le grand étant donné qu’il s’agit plutôt de blockbuster dont l’idée de base est historique que de films historiques à proprement parler).
    Comme toi, le mélodrame a tendance à me faire fuir : l’intrigue n’a plus ni queue ni tête, c’est extrême à en devenir malsain, les héros tardent (quand ils le font) à se prendre en main, on fait tout et n’importe quoi pour at(tirer) quelques (malheureuses larmes aux) téléspectateur, quitte à surenchérir, quand au final il n’y en a pas besoin. C’est l’altruisme et l’émotion qui nous font ressentir peine, tristesse, joie, angoisse… pas une surabondance de malheurs qui semble toucher une seule et même personne qui, elle, ne nous touche pas.
    De toute façon, pour moi, le meilleur drama est celui qui allie simultanément comédie et drame. Peut-être parce que plus proche de la vie finalement.

    Plus que tout le reste, c’est l’intrigue qui m’attire. Je peux aimer les acteurs, les réalisateurs, ceux qui font l’O.S.T., si l’histoire n’est pas cohérente (je ne suis pas contre les retournements de situation -au contraire quand ils sont bien faits/trouvés-, du moment que c’est logique avec l’univers mis en place), je ne suivrai pas. Bien sûr, tout le reste est important mais pour moi, il s’agit avant tout d’un bonus. La majorité des acteurs peut être mauvaise, la réalisation peut être maladroite par moment (perches qui apparaissent à l’écran), l’O.S.T. non exceptionnelle, l’histoire à elle-seule me retient (comme Sangdo en ce moment). Bien sûr, quand tout se réunit pour nous pondre une merveille, c’est le rêve.

    Comme toi, je suis une « chasseuse de drama », j’aime voir les nouveautés à venir, faire un classement de mes attentes (revu quand les affiches et les trailers paraissent), espérer tomber sur un petit bijou, que les séries que j’attends le plus ne vont pas me décevoir (ou comment tenter de redescendre la barre que l’on a monté [trop ?] haut).

    Contrairement à toi, je suis plutôt dans une tentative d’élargir mon champ d’attente. Bien sûr, j’ai des préférences, mais j’essaye néanmoins de ne plus trop tenir compte des avis (sans toutefois les fuir, j’aime lire les critiques, percevoir les différences de jugement…) ou uniquement des synopsis (pas toujours très proche de la réalité) pour me faire une idée. Après tout, je ne pourrai me faire qu’une impression juste de la série qu’une fois abordée.
    Là où je te rejoins, et c’est là que l’on voit que l’on est plus des petits nouveaux dans cet univers, c’est la faculté d’abandonner un drama quand il ne nous parle/accroche plus. Au début, j’étais consciencieuse, mais je me suis rendue compte que j’arrivais facilement et très rapidement (un épisode généralement suffit pour voir si l’intrigue a du potentiel ou non) à déceler si la série s’avérerait un coup de foudre/coeur. Une série m’ennuie ? Il y a de très fortes chances qu’elle le fasse jusqu’au bout. Car je ne suis pas dans le bon état d’esprit (ce qui m’amène à le retenter parfois plus tard, sauf quand réellement… je peux pas), car ça ne réussit pas à me toucher.

    Moi aussi je commence à fatiguer de cette volonté coréenne de tourner la série en même temps qu’elle est diffusée. Le moindre imprévu (avec tous ces accidents de voiture qui se multiplient, ils devraient l’envisager -ou interdir aux acteurs/staffs de s’approcher d’une voiture :p-) fait partir le scénario en vrille.
    C’est un des points qui me font préférer les séries japonaises. L’audience peut être désastreuse, le téléspectateur reste respecté : ceux qui aiment verront la série finir « normalement » (je ne dis pas de la meilleure façon puisqu’ils leur arrivent, à eux aussi, de foirer leur dernier épisode).
    Autre point fort des séries japonaises, c’est l’absence de rallongement. On préfère les suites. C’est entièrement gagnant : si la suite fonctionne, la production gagne des téléspectateurs pour une saison entière et non pour quelques épisodes en plus ; côté téléspectateur, on a la joie de revoir tout ce petit monde et un univers sans pour autant qu’il parte lui aussi en cacahouète parce qu’on cherche à le maintenir coûte que coûte alors qu’il s’éloigne de plus en plus du début et de ce qui le rendait, par conséquent, attrayant (= séries américaines). De plus, chaque saison ayant sa propre fin, la suite n’est pas à la hauteur, ce n’est pas catastrophique ! Le téléspectateur s’en tiendra qu’à la première saison.
    On aura compris que je n’aime pas trop cette idée de rallonger une série, ce qui la dénature le plus souvent : elle part en vrille, elle se « vide ». Tout comme l’idée d’annoncer une série, mais de ne pas la sortir (What’s Up ?) ou alors après un très long temps d’attente (The Musical, Poseidon). Cela n’engendre que frustration. Qu’ils fassent comme les Japonais : qu’ils n’annoncent que les séries qui vont sortir sous peu, et à qui on a déjà trouvé une case horaire ! >_<

    Enfin, un dernier mot sur la compétition entre les trois mastodontes. Leur rivalité se poursuit cet automne en effet. Elle sera avant tout, aux vues des rumeurs/annonces, médicale (Beautiful Life, Brain, Late Night Hospital…). C'est assez quitte ou double comme concept : soit le téléspectateur fuit/se lance très lentement dedans parce qu'il n'aime pas le thème (moi par exemple), frôle l'overdose et boude toutes les chaînes, soit, et ça se comprend, fait un tri encore plus sélectif, ne retenant que le meilleur, et comparant sans cesse les séries proposées par les trois chaînes…

    Wait & see ! ;)

    • Quelle beau commentaire *_*

      « Plus que tout le reste, c’est l’intrigue qui m’attire. »

      L’intrigue arrive en deuxième place pour moi. Je suis capable de fermer les yeux sur n’importe quelle incohérence si au fond le sentiment que j’éprouve est authentique. Mais ce sentiment à vraiment intérêt à être puissant, parce que je ne suis pas non plus prête à avaler n’importe quoi…

      « Là où je te rejoins, et c’est là que l’on voit que l’on est plus des petits nouveaux dans cet univers, c’est la faculté d’abandonner un drama quand il ne nous parle/accroche plus. »

      Pendant les premières années je finissais tout consciencieusement, mais aujourd’hui je suis devenue beaucoup plus attentive aux petits détails qui sont susceptibles de me perdre sur la longueur. J’ai noté également que j’ai de plus en plus besoins de renouvellement et que je suis de moins en moins tolérante avec les stéréotypes spécifiques des Kdramas. Ce qui est étrange c’est qu’il y en a certains dont la récurrence m’agaçait profondément au début, et que j’apprécie énormément de retrouver maintenant. D’autres que j’aimais bien au début me sont devenus insupportables. Je suppose qu’on jongle entre nostalgie et désir de renouveau !

      « Autre point fort des séries japonaises, c’est l’absence de rallongement. On préfère les suites. C’est entièrement gagnant »

      Je suis d’accord sur certains points, notamment sur les effets néfastes du rallongement mais je reste hostile aux secondes saisons : ce que j’ai vu des secondes saisons Japonaises ne m’a jamais vraiment plu, et j’aime beaucoup cette façon de raconter une histoire en une seule fois. Mais d’un autre côté ça dépend du drama, et j’aimerais beaucoup voir la suite de plusieurs d’entre eux. Comme pour tout, il faudrait une adaptation au cas par cas, ce qui reste souvent un idéal difficile à mettre en place.

      Et je n’avais pas du tout remarqué que tant de dramas sur le monde médical se préparaient ! En plus de Man of Honor (enfin celui-là je n’ai pas trop compris si c’était avant tout sur le baseball ou sur le destin d’une jeune infirmière) avec ceux que tu cites ça fait quatre, c’est énorme ! Il ne manquerait plus qu’ils ressortent des placards Faith (on peut toujours rêver T_T) ou Medical College…

      Merci d’avoir pris le temps de répondre aussi longuement à mon article Mosca, et à bientôt ! Comme tu dis nous verrons bien ce que la suite nous réserve ^^)/

  2. Article vraiment très intéressant!

    Personnellement je regarde un peu tout ce qui sort et après je choisis, en 2010 j’ai pas regardé beaucoup de Kdrama car j’avais pas vraiment le temps, mais en 2011 j’en ai peut-être un peu trop regarder et je me lasse un peu en ce moment! enfin je me tourne vers les Jdrama.

    J’aime aussi beaucoup les Sageuk, c’est vrai que souvent leur réalisation sont soignées, et les histoires intéressante, le seul problème que je leur reproche c’est que souvent les héroïne ne servent à rien, dans tous les dramas en général j’aime que l’héroïne soit combative, mais c’est souvent le contraire, elle a toujours les pires malheurs ect…
    Je trouve aussi que l’alchimie entre les personnages est très importante, elle peut me faire oublier que l’histoire part en vrille.

    Mais après j’ai constaté que j’ai des périodes, il y a certain drama que j’ai regardé et que j’ai pas du tout aimé juste car j’étais pas en mode drama romantique par exemple, alors maintenant je fais plus attention pour ne pas me gâcher un drama, c’est pour ça que Princess’ Man va attendre un peu avant que je le continue.

    Mais c’est vrai que certain drama, qui nous attire pas spécialement, capte toute notre attention, par exemple pour moi, Giant le poster m’a complétement repoussé, puis une amie me l’a conseillé et au final j’ai dévoré le drama. Pareil pour Jumong, jme suis transformée en hermite quand je l’ai regardé ( 1 semaine pour 81 épisodes c’était quand même a faire…)
    mais là dernièrement aucun drama a autant capté mon attention, et vu que je les regarde en même temps qu’ils sont diffusés, c’est plus dure de faire un marathon, mais j’ai aussi remarqué qu’on éprouve pas les mêmes sentiments avec 1 semaine d’attente entre les épisodes.

    Après pourquoi je regarde des dramas, bah jme suis déjà posée la question et on me l’a déjà posé, mais je suis pas bien-sur de la réponse. Je n’ai jamais vraiment regardé de série américaine ou occidentale, et au final j’ai commencé par les séries asiatiques.
    Surement le fait que ce soit une autre culture que je connais pas bien qui m’attire??
    et aussi le fait d’avoir une seule saison, enfin une histoire qui se finit relativement rapidement, comme Mina je suis contre les 2e saison et les rallongements, j’étais verte quand j’ai vu que Warrior Baek Dong soo allait avoir 6 épisodes de plus, alors que je trouve qu’il pers déjà un peu! et qu’ils vont surement nous rajouter des scènes love love, alors que jveux du fight!! le drama s’appelle warrior DBS pas lovely BDS ou je sais comment!!! (désolée petit moment d’énervement)

    • « Lovely Baek Dong Soo » …Merci pour le fou-rire ! XD Je suis tout à fait d’accord avec toi, à commencer par cette idée de « bon moment » pour regarder tel ou tel drama. Et parfois il suffit juste de laisser un peu de temps passer, de se vider la tête de nos préjugés et de se relancer dedans pour accrocher. Je te rejoins également sur l’alchimie, même si ça ne marche que si la relation entre les deux acteurs principaux est bien mise en valeur (si elle passe au second plan, le drama coule…) Merci pour ton commentaire ^^)/

  3. salut Mina!!
    ça doit faire 3 ans que je regarde des dramas -surtout coréens- et j’avoue que j’ai la nostalgie de cette époque.Par rapport à avant,maintenant je suis moins surprise et un peu moins enthousiaste.Quand j’ai commencé,j’étais abasourdie par les comportements des perso, par les coutumes du pays ,les relations familiales, sentimentales ,au travail… alors que je suis moi même asiatique.C’était d’abord l’histoire qui me faisait choisir un drama mais maintenant que je ne suis plus une novice et aussi parce que les dramas semblent se ressembler ,le casting est devenu aussi important pour moi.C’est drôle mais c’est seulement maintenant que je peux vraiment voir si tel ou tel acteur est bon .L’autre jour,j’ai eu envie de re-regarder A moment to remember . Son Ye Jin est pour moi une des meilleures et Jung Woo Sung m’avait impressionné ,mais en le regardant de nouveau j’étais étonnée par le jeu des deux que j’ai trouvé trop convenu ,pas assez subtil et naturel.C’est peut être ce que voulait le réalisateur mais ça m’a assez refroidie.Bien sûr il y a toujours des surprises agréables et plus sinon j’arrêterais.
    Pour finir,j’ai vraiment du plaisir à découvrir une autre culture(même si c’est un drama je me dis qu’ils sont forts ces coréens: par rapport à la politesse,supporter autant leur famille…), maintenant j’arrive à comprendre un bon nombre de mots et phrases simples et je suis contente de voir qu’il y a pas que les séries us qui soient géniales

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