Can You Hear My Heart : premières impressions

Can You Hear My Heart est un véritable casse-tête à analyser. C’est le genre de dramas qui a presque autant de points forts que de points faibles, parfois interdépendants. J’ai déjà vu à-peu-près cinq épisodes, certains d’une traite et d’autres plus péniblement. J’avais senti cette tension dès le pilote : la première partie contenait tout ce qui me plaît, c’est-à-dire des tonnes et des tonnes du « cœur » qui nous est promis dans le titre et la seconde m’avait beaucoup frustrée en révélant la dualité de certains personnages. Can You Hear My Heart est un drama qui vaut le détour pour son côté humain réussi mais qui commet en parallèle quelques clichés impardonnables. Mais développons.

그대만이 들려요 (OST Part.1)

NB : Vous avez peut-être remarqué que depuis quelques articles je n’écris plus systématiquement de résumés du synopsis. C’est surtout lié au fait que je résume déjà le scénario des dramas que je risque fort de tester dans les news et dans mes aperçus des dramas à venir, et j’ai eu l’impression de me répéter. Comme ces synopsis sont disponibles un peu partout, je ne m’y mettrai seulement si je juge utile de préciser quelques points (il arrive qu’un synopsis soit assez loin de la vérité). En l’occurence celui de dramawiki était terribelement vague et je essayer tant bien que mal de réparer ce manque de précision.

Bong Woo Ri habite avec Mi Suk, sa mère (?) atteinte de surdité dans un petit village modeste de province. Elle se lie d’amitié avec Ma Ru, le fils adoptif du prétendant de sa mère, l’adorable Young Kyu atteint d’un handicap mental qui limite ses facultés intellectuelles. Young Kyu s’occupe du fils abandonné par sa soeur, Ma Ru. Woo Ri aimerait bien que Ma Ru soit son « oppa » mais le jeune garçon fait tout pour l’ignorer. Elle rencontre ensuite Cha Dong Joo, petit garçon charmant et héritier de l’entreprise de son grand père. Mais son père adoptif convoite son héritage et manigance pour se faire élire directeur par son beau-père. Ce dernier comprend qu’il a été manipulé par l’ambitieux et tente de réécrire son testament, mais son gendre se met en travers de sa route et profite de son mauvais état de santé pour lui porter le coup fatal. Dong Joo assiste à la scène par la fenêtre et fait une chute de plusieurs étages. Il se réveille sourd. Sa mère prend connaissance impuissante ces évènements et apprend que son mari a un fils illégitime, qui n’est autre que Ma Ru. Suite à une incendie qui provoque la mort de Mi Sook à cause de la négligence de son mari, Ma Ru la supplie d’entrer à son service en échange de la libération de Young Kyu, accusé au nom de Mi Sook de l’incendie de la manufacture. Ouf, j’ai cru que j’allais louper quelque chose. Mais ce n’est pas terminé ! Dong Joo apprend à parler avec son handicap et à lire sur les lèvres pour cacher sa surdité, et devenu adulte il adopte des habitudes propres à Ma Ru, qui l’a élevé avec sa mère. C’est pour cela que lorsqu’elle le croise dans une rue, Woo Ri le prend pour son « oppa » disparu que Young Kyu cherche désespérément depuis toutes ces années. Voilà. Je ne sais pas si vous avez compris grand chose, moi aussi j’était assez interloquée devant tous ces rebondissements.

Prenons d’abord ce qui cloche. Si l’on met de côté Woo Ri, Dong Joo, Mi Sook et Yung Gu, la majorité des personnages sont foncièrement antipathiques.  J’appellerai ça le « syndrome Daddy’s Girl » ou « syndrome Believe in Love », deux dramas qui avaient exactement le même problème. C’est assez pénible puisque l’on se retrouve déchiré entre deux tendances : l’envie de suivre le camp des gentils pour le voir triompher, et le dégoût devant le camp du méchant trop caricatural pour susciter une quelconque fascination.

Prenez par exemple le père adoptif de Dong Joo : il est à la fois infâme et dépourvu de charme, ce qui en fait un personnage totalement méprisable à l’opposée d’un bon méchant (c’est le principe du méchant Disney : il doit être à la fois effrayant et séduisant). C’est amusant d’ailleurs de voir celui qui a incarné notre Bad Guy préféré de 2010, celui qu’on a adoré haïr, j’ai nommé sa majesté Jo Pil Yeon dans le rôle de l’homme le plus aimable du lot. Jung Bo Suk a pris le rôle (central) du père adoptif de Woo Ri et prouve encore une fois qu’il est capable d’incarner n’importe qui avec conviction. Le problème c’est qu’en face nous avons un cochon  homme assez répugnant qui rend l’affection des autres pour lui assez incompréhensible. Je n’ai rien contre l’acteur lui-même, mais nous sommes devant un exemple flagrant de casting raté.

L’autre principal grief que j’ai contre CYHMH est sa propension agaçante à sombrer dans le pathos gratuit. La scène de l’incendie à la manufacture qui dépend du « méchant » de l’histoire dans lequel Mi Sook trouve la mort est celle qui m’a fait décrocher. Cet élément du scénario m’a profondément irritée en commettant deux fautes impardonnables à mes yeux : Mi Sook qui retourne chercher la montre pour Dong Joo en bravant les flammes, complètement oublieuses de sa propre survie et surtout du futur de sa famille (je hais ce genre de comportements de noblesse de cœur soi-disant pur que je trouve très égoïste et surtout complètement irrationnel) et la façon dont ils ont réussi à emmêler l’incident avec les machinations du père adoptif de Dong Joo, afin de servir de prétexte à la disparition de ce dernier. La manière dont s’enchaînent les malheurs de la mère de Dong Joo m’a également parue bien mal écrite (elle est déjà veuve mais dans la même journée apprend que son père est mort, que son fils unique va être handicapé des suites de sa chute et que son mari a un fils illégitime, tout de même ça fait beaucoup). Et le pire c’est que c’est la même chose pour tous les personnages. Dong Joo perd l’audition et son grand-père de la pire des façons, Woo Ri perd sa mère, son « grand-frère » et son meilleur ami disparaît, Ma Ru abandonne sa famille et son identité, bref tout ce petit monde souffre plusieurs traumatismes sans que ce soit indispensable à mon sens. L’exemple The Duo prouve qu’on peut très bien doter les jeunes héros d’une enfance difficile sans pour autant les séparer jusqu’à l’âge adulte (ils grandissent ensemble et je peux vous dire que c’est mille fois plus cohérent et plus subtil que ce que l’on voit d’habitude). Les Kdramas ont trop souvent recours à ce prétexte pour pouvoir mettre en scène des réunions touchantes, mais je ne sais pas si c’était la peine d’en faire autant puisque souvent un simple déménagement peut suffire. Il fallait arriver d’un point A à un point B, et en l’occurrence je n’aime pas beaucoup les chemins empruntés.

Mais après avoir fait le tour des points faibles du drama, abordons ses points forts. Je disais donc que Can You Hear My Heart  a beaucoup de cœur. Vous vous en rendrez compte assez vite si vous regardez le drama, les scènes de complicité entre les personnages les plus aimables aura vite fait d’arracher un sourire d’attendrissement aux cœurs les plus endurcis. Le jeune casting est particulièrement bien choisit, et c’est difficile de les laisser partir (même si le scénario traîne un peu trop en longueur cette introduction). Le casting adulte est dans l’ensemble très satisfaisant (comment ne pas fondre devant Jung Bo Suk en idiot du village et papa gâteau ?)  et les acteurs qui prennent la place des enfants sont bien choisis (en particulier Kim Jae Won qui colle parfaitement au rôle). Tout le monde est très concentré sur sa performance, sans oublier d’interagir de façon charmante avec les autres membres du casting. 

Autres aspects très positifs : l’aspect visuel du drama est particulièrement soigné e reposant. Quelques cadrages prouvent un réel travail de recherche et le travail sur la lumière apporte la douceur nécessaire aux scènes touchantes tandis que le clair-obscur accompagne les passages plus tendus. L’OST lui-même est à mon grand plaisir plus acoustique que chanté (généralement une bande originale qui a été composée spécifiquement pour le drama est un gage de qualité par contraste avec un mélange de chansons pop récentes). Seuls quelques ballades très classiques ponctuent les scènes particulièrement chargées en émotion, mais le reste est laissé libre des habituels tubes plus rythmés que l’on nous sert.

Je ne vois pas grand chose d’autre à ajouter pour l’instant. Je ne suis pas certaine de vouloir continuer, les défauts du dramas contrebalancent sévèrement son côté charmant. Je pense que le scénario va chercher trop loin des développements pas forcément indispensables pour un thème déjà assez tragique en lui-même : un drama sur le handicap mental et la surdité nécessitait-il en plus une histoire d’héritage, de complots économiques et de vengeance familiale ? Je n’en suis pas certaine, et Can You Hear My Heart semble avoir oublié en route de rester simple et crédible. Malgré tout les personnages sont très attachants, et c’est difficile de les laisser partir.

Réalisation : A (je ne vois rien à redire c’est lumineux et joliment cadré, certaines scènes sont vraiment belles, notamment les scènes de rencontre)

Scénario : C+ (j’ai déjà développé, mais sincèrement j’en attendais plus de la scénariste de Last Scandal)

Casting : A (bon dans l’ensemble à défaut d’avoir trouvé un meilleur acteur pour jouer Bad Guy N°1)

Verdict : Okay Kimchi. Je ne sais pas si je vais continuer, mais c’est quand même le genre de dramas qui vous donne envie de revenir pour en voir plus.

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6 réflexions sur “Can You Hear My Heart : premières impressions

  1. Complètement d’accord. Encore une fois je te rejoins sur beaucoup des aspects que tu dépeins: la beauté tant visuelle et émotionnelle du drama sont des aspects solides mais, et c’est d’ailleurs ce qui m’avait fait pondre un pilote particulièrement négatif, le drama en fait trop dans dans les enjeux de l’histoire et sa manière de virer larmoyant en accumulant les handicaps, dans les deux sens du terme… Et ce défaut est loin de s’atténuer dans les épisodes suivants (que j’ai cependant beaucoup apprécié bien que depuis l’épisode 10 je traîne fortement la patte au point de me demander si je vais le continuer). De plus, à part le frère de Woo Ri et son père, j’ai beaucoup de mal avec le casting entre une actrice qui en fait trop et Jae Won qui manque un peu d’expression. Ce que je trouve particulièrement dommage, c’est le relationnel bâclé, tant des gentils que des méchants, et c’est principalement ce défaut qui m’empêche d’adhérer complètement à l’histoire comme aux personnages.
    Bref, merci pour ces premières impressions très intéressantes!

    • C’est vraiment dommage ça aurait pu être beaucoup mieux si seulement ces fameux clichés trop lourds étaient évités. Mais ce drama a un charme assez puissant qui donne l’envie irrésistible de continuer…même si l’on sait à quoi s’en tenir ! (je pense que je vais appeler ça syndrome de Stokholm, pour les dramas frustrants qui rendent accros)

  2. Oui c’est exactement ça, on veux savoir la suite, savoir la suite, savoir la suite … Non mais j’avoue que finalement j’aime les clichés … faut croire que lorsqu’on vieillis on se laisse plus facilement attendrir par ça …

  3. Bonjour
    je cherche par tout le titre de la musique que chante toujours Bong Uri avec son père
    help me please
    bref sinon j’ai adorer c’est un de mes meilleur drama

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