Royal Family : premières impressions

J’étais partie avec peu d’espoirs sur Royal Family. Comme il avait commencé à peu près en même temps que Thorn Bird et s’était attiré quasiment la même indifférence de la part du public avec des chiffres d’audiences peu glorieux, je l’avais rangé plus ou moins consciemment dans la case « mélo lourdingue » au côté de son collègue dont j’avais eu toutes les peines du monde à finir le premier épisode, et il s’en est fallu de peu pour qu’il ne passe à la trappe. Je me suis posée devant le pilote avec à peine plus de motivation que si j’avais une paperasse administrative à remplir. Mais ce qui s’annonçait comme une simple formalité de constat (c’est nul, on passe à autre chose) s’est avéré rapidement comme une expérience bien plus intéressante et prenante que prévu.

Kan Jong Wook – Don’t Cry


La magie n’a pas opéré dès les premières scènes. Après une introduction un peu brutale présentant Ji Hoon (Ji Sung) en pleine séance d’intimidation officieuse avec un potentiel témoin pour son procès, nous voyons la fameuse belle-mère qui tient de la marâtre de Blanche-Neige choisir les modèles de chaussures de luxes qui seront vendues par son entreprise, le fameux complexe JK. Une présentation classique pour ceux qui se souviennent des premières scènes de Brilliant Legacy, à la différence qu’ici cette femme terrifiante n’est pas une vaniteuse qui fait ses emplettes, mais bien une chef d’entreprise impitoyable et intransigeante qui dirige sa famille comme elle dirige ses employés. C’est au cours du procès mené par Ji Hoon, réglant ses vieux démons en inculpant le véritable meurtrier d’une sale affaire de meurtre au cours de laquelle il avait été impliqué, que je me suis prise au jeu.

Mme Gong, la sorcière du drama se tient absolument au courant de tous les faits et gestes des membres de sa « famille » (ses trois fils, ses trois belles-filles, leurs enfants et sa propre fille)  via ses secrétaires particuliers, et Kim In Sook, la seconde belle-fille qui sert d’exutoire et de bouc émissaire à toute sa charmante belle-famille, est tout particulièrement surveillée.  Désignée par le diminutif méprisant « K », les autres la traitent plus comme un objet que comme un être humain, et Ji Hoon comprend sa situation lorsque sa belle-mère dit à ses hommes de mains « débarrassez-moi de ça » en parlant d’In Sook aux funérailles de son second fils, décédé dans un accident d’hélicoptère. Même si ses origines restent obscures In Sook ne vient visiblement pas du même milieu que les autres femmes de JK, entreprise aux allures de sévère matriarcat. On nous annonce la couleur assez rapidement : ici ce sont les femmes qui commandent. Mais revenons sur notre héros, le procureur Ji Hoon.

Il a un passé tumultueux, a grandi dans un orphelinat et a été au centre d’une affaire de meurtre. Accusé du crime, il a été protégé par Kim In Sook : la seule chose qu’elle était autorisée à faire étant des œuvres charitables, et elle a mobilisé les meilleurs avocats pour défendre son jeune protégé. C’est grâce à elle qu’il a trouvé la motivation pour passer les concours de l’Etat et devenir Procureur. Je craignais beaucoup qu’ils ne mettent des lustres à reconstruire cette histoire sordide d’inculpation pour meurtre, mais j’ai été très agréablement surprise du rythme adopté : le passé de Ji Hoon est subtilement et rapidement présenté à travers quelques flashs-backs, ce qui permet de faire partir le drama sur des bases crédibles sans pour autant en faire trop (par exemple dans Thorn Birds la quasi-intégralité du pilote est dédiée sans aucune délicatesse à l’enfance des héros, passé qui aurait très bien pu être montrées en accéléré). C’est incroyable comment quelques scènes expressives et significatives peuvent suffirent à parer d’intensité  le scénario central lorsqu’elles sont bien faites.

Aujourd’hui Ji Hoon réalise que c’est désormais à son tour de s’occuper de sa protectrice. Après la mort de son mari, le second fils JK, la belle-mère d’In Sook lui propose d’échanger la garde de son fils contre une somme conséquente. Elle refuse, mais la sorcière ne s’avoue pas vaincue et la fait passer pour folle afin de l’interner dans un institut, de la rayer de l’héritage et de lui enlever son fils. Témoins de ces manigances Ji Hoon décide d’entrer à JK en tant qu’avocat et responsable d‘ In Sook. Au même instant, Mme Gong propose aux princesses de JK (sa fille, jouée par Cha Ye Ryeun, et ses deux autres belles-filles) de se battre pour la place de président du JK club, le nouveau groupe de direction…c’est l’occasion pour Min Joo de prendre sa revanche.

Commençons par les acteurs.  Ji Sung n’a jamais vraiment emporté l’unanimité ces dernières années, que ce soit dans Swallow the Sun ou Kim Su Roo. Je n’avais jamais eu l’occasion de juger de ses qualités d’acteur, mais je dois reconnaitre qu’il est plus que convaincant dans ce rôle de procureur aux manières peu orthodoxes. Il s’amuse visiblement beaucoup dans ce rôle, et nous avec ! Il passe en un instant du sérieux au désinvolte et reste tout à fait crédible dans ce rôle de jeune premier prometteur. Yum Ah Jung (In Sook, « K ») est une actrice qui a déjà vingt ans de carrière derrière elle et son expérience se ressent. Elle joue un personnage à plusieurs facettes (Kim In Sook n’est pas aussi soumise qu’elle le laisse croire) et le maîtrise sans aucun problème.

Royal Family est un drama qui porte bien son nom. a première vue cette comparaison paraît surfaite, mais on réalise rapidement que le complexe JK et ses quartiers généraux fonctionnent comme une véritable Cour avec ses sujets, ses souverains, ses guerres intestines, ses bruits de couloirs…tout le monde surveille les autres et c’est chacun pour soi. Le casting féminin est parfaitement choisit (même Cha Ye Ryeun) et l’on devine tout de suite que chacune est une potentielle tigresse prête à tout pour monter sur le trône. Un drama de ce genre ne fonctionne que sur un élément : il faut que ce soit crédible. Qu’on puisse y croire, à ces histoires de guerres de successions et de patrimoine dépassant l’imagination. Et le point fort de Royal Family, c’est qu’on y croit. Il arrive souvent qu’ils en fassent des tonnes pour nous en mettre plein la vue, mais ce drama joue plus sur l’assurance de ses personnages et une certaine mesure très appréciable.

L’aspect visuel du drama n’est pas en reste. L’environnement architectural a été soigneusement réfléchi pour donner un sentiment de froideur glacial au « château » de JK group. Kim Min Joo est maintenu prisonnière dans cette prison dorée. L’immensité du complexe est elle-même trompeuse puisque Mme Kim surveille et contrôle les moindres faits et gestes de sa « famille ».


J’avais peur de cette histoire qui promettait pas mal de lourdeurs, sans aucun « gimmick » pour accrocher mon attention, mais il s’avère au final que les choses sont racontées de façon à ce que ce soit intense sans être pesant. Aucune scène n’est trainée en longueur inutilement, les transitions sont fluides, la musique est parfois un peu lourde, mais rien de trop gênants. Les violoncelles sont plus présents que les violons et les ballades sont moins standardisée que d’ordinaire.


Royal Family est un drama simple et efficace. Je n’en suis pas encore au point d’attendre la suite avec impatience, mais comme on part sur des bases solides je risque bien de placer Royal Family rapidement parmis mes dramas prioritaires. Si vous cherchez quelque chose de sérieux et de solide, vous êtes à la bonne adresse.

Casting : A (Un bel ensemble, avec deux acteurs principaux très impliqués)

Réalisation : A (élégante et efficace)

Scénario : A (on est encore sur du basique mais je sens le potentiel)

Verdict : Good Kimchi. Je ne vois pas encore l’étincelle qui pourrait le faire passer dans la catégorie supérieure, mais ça pourrait venir.


Advertisements

2 réflexions sur “Royal Family : premières impressions

  1. Un drama de fou!!! Dès les premières minutes, j’ai complètement accroché! Ji Sung fait parti des acteurs que j’aime beaucoup, il jouait magnifiquement bien dans New Heart et c’est un plaisir de le retrouver dans ce rôle. Le scénario est vraiment travaillé, tout est relativement fluide même si on sent que le réalisateur veut en mettre plein la vue (mais contrairement à Midas, il le fait bien…). En même temps, les jeux de « pouvoir » entre personnages donne une dimension plus complexe à l’histoire, bref ça fait longtemps qu’un drama ne m’avait pas tapé dans l’œil de cette manière! Par contre, pour trouver les épisodes traduits, c’est vraiment la galère…

    • Aaah une partenaire pour Royal Family ! J’étais en train de me dire que personne ne lui avait donné une chance, comme en ce moment les regards sont plutôt tournés vers 49 Days ou Crime Squad.
      Moi aussi j’ai été rapidement bluffée, au début je suis partie avec les pires préjugés possibles et je me demandais comment j’allais tenir les 50 minutes, et une heure après j’étais en train de fouiller partout pour trouver la suite et télécharger tout les épisodes sortis. C’est la première fois que je vois Ji Sung jouer, et il m’a entièrement conquise. Plus que Jung Il Woo c’est Ji Sung qui prend la place de bisho à suivre ce mois ci.
      Pour le drama lui-même c’est exactement comme tu dis, le réalisateur veut faire son effet, mais ça marche ! j’admire ! en fait c’est un peu le pendant de Midas (il y a pas mal de points communs même au niveau du scénario), mais son pendant réussi. Si ça continue sur cette lancée c’est Royal Family et The Duo qui vont s’affirmer comme les dramas les plus intéressants et les mieux réalisés de la saison.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s